Hello, hello,

Et voici donc le troisième chapitre de More Human Than Human ! Je suis hyper contente de voir que, pour l'instant, ça vous plait et... et bah j'espère vraiment que ça continuera comme ça (tant qu'à faire hein :D) !

Un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre et les petites modifications ! Elle mériterait une montagne de chocolat pour la remercier (ou un Ben Whishaw - pas en chocolat mais du chocolat peut venir s'ajouter à l'équation) !

Bonne lecture !

PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme


Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.


Chapitre 03 - Au boulot !

Le fils du shérif de Beacon Hills se figea d'un coup. Pris d'un affreux doute, il préparait déjà mentalement mille et une malédictions à proférer contre son traître de compagnon. Les sourcils foncés, les joues gonflées... ses épaules s'affaissèrent. Il espérait avoir tort. Oh que oui, il espérait avoir tort ; être en train de totalement se méprendre au sujet de Peter, de le diaboliser, de lui attribuer des intentions qu'il ne pourrait jamais réellement avoir – ou, plutôt, ne pas oser mettre à exécution. Stiles ne pouvait exclure la possibilité que Peter ait retrouvé le fameux trousseau égaré et, malgré tout, décidé de partir au volant de la Jeep.

Oserait-il pousser le vice aussi loin pour une histoire de vengeance ridicule ?

« Merde... »

Stiles avait tout intérêt à se préparer, lui aussi, en quatrième vitesse. Il avait une maison à retourner de fond en comble et avait moins d'une heure pour y parvenir. Oubliant totalement son café, qui refroidissait dans la cuisine, l'humain fila à l'étage. Il manqua dévaler une dizaine de marches quand son pied en manqua une, mais il sut se retenir au dernier moment. Très mauvaise idée de tomber maintenant qu'il était seul et sans téléphone à portée de main.

L'humain râla un peu plus encore lorsqu'il s'aperçut que la salle de bain était un véritable champ de bataille. Pressé, Peter avait tout laissé traîner. La serviette avait simplement été passé au dessus de la porte de douche, ses affaires traînaient autour du lavabo... et quelques gouttes de sang attendaient d'être essuyées. S'il ne savait même plus se raser correctement !

« La prochaine fois, je le réveille, au lieu de le regarder pioncer. » Siffla Stiles, attrapant vite fait toutes les affaires de son compagnon pour tout abandonner dans la baignoire – Peter n'aurait qu'à ranger en rentrant du bureau.

Tel le chien de garde qu'il n'était pas, Stiles guettait l'arrivée de Jordan. Privé de sa chère et tendre Jeep - merci Peter, vraiment - il n'avait pas trouvé d'autres solutions. Enfin... si. Techniquement si, il en avait trouvé d'autres. Le fait étant qu'elles étaient toutes incroyablement mauvaises.

Son père, l'unique autre personne qui aurait pu accepter de passer le prendre sans le tuer ou chercher à le tuer, n'aurait pas manqué de cracher sur Peter. Scott serait arrivé beaucoup trop tard et Stiles n'aurait, de ce fait, jamais pu être à l'heure au boulot. Fidèle à elle-même, Lydia se serait moquée de lui. Il aurait mis Kira en retard, la Kitsune n'osant toujours pas l'envoyer promener, et ce, même lorsqu'il était évident que Stiles n'attendait que ça. Malia, en digne fille de Peter, aurait été capable de le faire monter dans la voiture et, au choix, de le conduire à l'exact opposé du poste ou de lui demander de sauter en marche. Voire les deux à la fois !

« Ai-je vraiment besoin, et envie, de savoir pourquoi tu avais besoin que je passe te prendre ce matin ? » Demanda Jordan, avisant du coin de l'œil son collègue qui s'empressait de monter à ses côtés. « Ou est-ce que c'est encore une de vos histoires où il est préférable pour tout le monde, à commencer par moi, d'en ignorer tous les tenants et aboutissants ? »

« Peter trouvait pas ses clés. Je l'ai pas aidé à chercher. Il me l'a fait payer en me chourant les miennes, de clés. » Marmonna Stiles, masquant à peine son sourire. « Et il a légèrement mal pris le fait que je me sois moqué de lui. Mais juste légèrement. »

« Dire qu'on s'est demandé pendant des années ce que vous foutiez ensemble... alors que, bon... vous êtes aussi tordus, bizarres et étranges l'un que l'autre. »

Le plus jeune acquiesça d'un vague signe de tête. La tête tournée vers la vitre, regardant défiler toutes ces maisons qui ne se ressemblaient pas, Stiles était malgré tout concentré sur ce que disait son chauffeur. C'était la moindre des choses, après tout, que d'écouter celui qui lui sauvait la mise.

« Sauf que les contraires s'attirent. » Ricana Stiles. « Bien que... qui se ressemble, s'assemble. »

L'adjoint du shérif sourit au fils de celui-ci. Jordan aimait, et c'était à n'y rien comprendre, écouter divaguer l'hyperactif. A petites doses. A très petites doses, même, mais il aimait bien. Stiles savait se montrer des plus intéressants, lorsqu'il s'en donnait la peine. Et intelligent !

« Si les contraires s'attiraient vraiment, tu serais avec Derek. Pas avec Peter. »

« Brrr. Parle pas de malheur, veux-tu. » S'esclaffa le plus jeune. Il alla jusqu'à mimer un frisson d'horreur, lié au seul fait de pouvoir former un hypothétique couple avec Derek. « A petites doses ça va, mais à fortes doses... je le supporterais pas. Et il me supporterait encore moins. »

Jordan hocha la tête. Donner raison à ce que Stiles venait de dire était la seule chose à faire pour quiconque connaissait un tant soit peu les deux énergumènes concernés. L'amusement de Parrish s'accrut un peu plus encore quand il remarqua enfin que son passager tripatouillait sans cesse la radio dans l'espoir de trouver une station à sa convenance.

« Voilà pourquoi j'aime pas pas avoir ma voiture. Dedans, y a tous mes trucs, c'est la meilleure fréquence qui passe et du coup y a que des bons trucs qui passent. Ma voiture me maaaaanque. »

« Tu la reverras ce soir. Et "La mare au canards" n'est pas rangée dans la catégorie "bons trucs" en règle générale. »

« Mais arrêêêête ! » Stiles réagissait comme si Parrish venait de proférer la pire insulte qui soit. « Ça met trop de bonne humeur, cette connerie-là, hein ! T'as même pas idée, sérieusement quoi ! Tu mets la danse des canards et y a rien qui peut pas pas aller bien dans ta vie. Enfin... si... mais c'est parce qu'on est à Beacon Hills. »

Cette fois, l'adjoint prit le parti de lever les yeux au ciel.

« Tu es le seul à penser ça, Stiles. »

« Pet' aussi a sa chanson "avec cette chanson ça peut pas pas aller bien dans ta vie parce que cette chanson c'est la vie". »

« Ah ouais ? » D'un seul coup, il était plus qu'intéressé. « Et c'est quoi ? »

« Tu veux pas savoir. »

« Si. Maintenant j'ai envie de savoir, Stiles. J'ai même besoin de savoir. »

« Hmm... non. »

« Tu peux pas balancer un truc comme ça puis te rétracter. » Parrish n'en revenait pas du sale coup que lui faisait Stiles. « Accouche ! »

« Mais ça va briser un mythe ! C'est comme quand t'es gosse et qu'on t'annonce que le Père Noël n'existe pas. Ce genre truc c'est genre... BAM ! Fin du monde ! » Pour appuyer ses propos, Stiles claqua dans ses mains. « Si je te dis ce que c'est, Peter aura plus l'air d'être le taré psychopathe qu'il s'efforce d'être en société. Ou juste en meute, en fait. En société il est étonnamment distingué. »

Arrêté à un feu rouge, les doigts tapotant contre le volant en attendant de pouvoir redémarrer, Jordan regarda son passager d'un air blasé. Ce qu'il était.

« Peter a cessé d'être un taré psychopathe à partir du moment où il a balancé une bombe à eau sur ton père. Et il suffit de vous voir ensemble pour qu'il ait plus l'air de tenir du chiot que du loup-garou psycho. »

La jambe de Stiles s'agitait de plus en plus. Sa chaussure cognait en rythme contre la portière, imitant plus ou moins bien les doigts de l'autre homme. Un petit sourire vint étirer les lèvres de l'humain. Entendre les autres dire que Peter n'avait plus l'air aussi dangereux et instable qu'auparavant était particulièrement enthousiasmant.

« Et après ce qui s'est passé le mois dernier... » Ajouta Parrish. L'air grave qu'il affichait allait de paire avec la mine sombre de Stiles, qui avait perdu son sourire en un instant. « C'est... plutôt difficile de le prendre pour un dangereux prédateur après... ça. A tort, j'en conviens, mais... c'est difficile. »

La gorge nouée, les mots lui manquaient. Stiles hocha la tête. Ni plus, ni moins. Certainement pas moins. Ça faisait un mois que c'était arrivé, tout était pourtant encore parfaitement clair dans son esprit. Un mois, c'est rien, quand on y pense. Rien du tout. C'était pourtant l'éternité.

Depuis lors, quelque chose s'était brisé entre eux. Naïfs qu'ils étaient, ils pensaient que tout irait bien. Ils s'imaginaient qu'après des années à vaincre problèmes sur problèmes, rien ne pourrait venir affecter leur vie de couple, il fallait croire qu'ils s'étaient fourvoyés, et pas qu'un peu !

Stiles ignorait ce qu'il pouvait faire pour aider Peter. C'était pourtant pas faute d'avoir cherché, cherché, cherché. Il avait regardé sur internet ; parcouru des forums à en perdre la tête ; demandé conseil à Melissa ; il avait même été jusqu'à contacter Rafael McCall afin de savoir si le FBI n'avait pas une méthode top-secrètes qui pourrait lui servir - et la réponse était non, pas de méthodes top-secrètes -. Le jeune Stilinski avait essayé d'être là autant qu'il était humainement possible de l'être. Il avait essayé de lui changer les idées, de l'empêcher de broyer du noir, d'être là, tout simplement. Peter semblait y être plus insensible que jamais.

Tout ce que l'avocat faisait, depuis, c'était se montrer distant. De plus en plus distant. Beaucoup trop pour que ses « Je te dis que tout va bien, chéri. » puissent être crédibles. Il se dérobait chaque fois où Stiles cherchait à initier un semblant de contact physique entre eux. S'isolait dans son bureau, soi-disant pour revoir un dossier, quand l'autre s'installait un peu trop près de lui dans le canapé. Peter ne rejoignait plus Stiles dans la cuisine afin de le déconcentrer dans sa préparation, se moquer, lui filer un coup de main. Il fuyait au moment de faire la vaisselle, se moquant que ce soit son tour ou non ; il ne pouvait pourtant pas ignorer la paire d'yeux inquiets qui le suivaient jusqu'à ce qu'il ait quitté la pièce.

Peter avait créé cette distance et rien de ce que pouvait faire Stiles semblait être suffisant pour en venir à bout. Comment faire disparaître un problème quand le principal concerné décidait de l'ignorer et faire comme si tout allait bien ?

Stiles ne pouvait aider Peter si Peter refusait l'aide de Stiles. C'était du bon sens.

« La musique des Ghostbusters. » Stiles souhaitait changer de sujet et avait craqué. « Je sais pas ce qu'il a avec ce film mais heureusement que je l'aime bien, moi aussi, parce qu'entre ses "Who you gonna call ? GHOSTBUSTERS" qu'il hurle parfois, comme ça, sans raison, qui me font foutre du café partout sauf dans ma bouche, et ses imitations de Marty McFly, qui n'a rien à voir avec Ghostbusters, quand il commence à saturer d'un dossier... j'ai parfois l'impression de vivre avec un parfait taré. »

Jordan préféra garder le silence.

« Ouais. Je sais. Je vis avec un taré mais le taré vit avec un autre taré donc je peux pas me plaindre. » Stiles souffla. « Mais j'me plaignais pas. »

Parrish continua à ne rien dire. Encore quelques mètres et ils seraient arrivés. Le conducteur se gara sur la première place qu'il vit. Que ça ne soit pas la plus proche du poste n'avait aucune espèce d'importance. Pour lui, en tous les cas, ça n'en avait pas... et pour Stiles non plus puisqu'il était déjà en train de se diriger vers le poste, se souciant peu de voir si on le suivait ou non. La question ne se posait pas !

« Tu viens à la réunion de samedi ? » Voulut savoir Stiles quand Jordan l'eut rejoint.

« Y a un soucis ? »

« Hmm... nope... pas à ma connaissance. »

« Alors non. »

Stiles soupira.

« Pourquoi tu continues à vouloir venir que quand y a un problème ? Les meilleures réunions sont quand y en a pas, justement ! »

« J'essaie de garder un minimum de contrôle sur ma vie, et de pas laisser le surnaturel prendre le dessus. La meute est immanquablement associée à "surnaturel" et "problème" dans ma tête, tu vois ? »

« On bosse ensemble j'te signale, juste comme ça. »

Jordan haussa les épaules. Cet argument, comme tant d'autres, lui passait par-dessus la tête et ne fonctionnait pas avec lui. Rien ne pourrait le faire changer d'avis à ce propos, il était catégorique.

« On bosse ensemble pour faire quelque chose qui n'a rien à voir, que ce soit de près ou de loin, avec tout ce boxon. » Répondit machinalement Parrish. Les yeux baissés vers son téléphone, il regardait qui venait d'essayer de le joindre. « Peter me dit qu'il passera te prendre ce soir et que j'ai pas à te ramener. Comment il a... »

« ¨Par élimination. T'es un peu le seul assez digne de confiance, t'sais. Puis cherche pas. C'est d'Peter dont on parle, là. »

« Justement. »

« Bonne chance pour trouver comment fonctionne précisément Peter. » Stiles ricanait. « Si tu trouves, fais-moi signe. »

La porte du poste s'ouvrit sur l'agent Lecter à l'instant même où l'hyperactif s'apprêtait à tirer dessus pour l'ouvrir. De justesse, il eut le temps de reculer d'un pas, écrasant le pied de Parrish au passage. Agacé, Stiles souffla et fusilla le responsable du regard.

« Tu peux pas faire attention, merde ! »

Blasé, Lecter regardait le plus jeune Stilinski - et de loin le plus pénible de tous - puis haussa les épaules, indifférent aux remontrances proférées. Cet énergumène était une telle plaie qu'il aurait largement été préférable qu'il se fasse assommer par une porte de bon matin.

o o o

Peter essayait de se concentrer sur le dossier Green. Essayait. Pas moyen d'y parvenir. Ses pensées étaient beaucoup trop parasitées pour y arriver ; par l'étrange disparition de ses clés mais aussi, et surtout, par le rêve étrange qui l'avait poussé hors du lit à une heure bien trop matinale. Par un rêve qui ne ressemblait pas à un rêve. Par un rêve qui n'avait rien d'un rêve. Ça paraissait foutrement réel. Tellement, tellement réel. Beaucoup trop pour que ça ne lui fasse pas tourner la tête. Si ce n'était pas un rêve car trop réel... ça ne devenait pas pour autant la réalité. Là était tout le problème.

Derek et Laura qui se chamaillaient pour un rien, c'était réel. Son père qui le déposait chez Talia pour la journée, c'était réel. Alex aux petits soins pour lui, c'était réel. Seul restait son bras en écharpe pour lui signifier que rien de tout ceci ne pouvait être vrai. Il en viendrait presque à le regretter.

« Tout va bien, Peter ? »

« Hein ? » Sursauta-t-il.

Catherine roula des yeux. Bien qu'elle pressentait qu'elle n'en aurait plus envie bien longtemps, elle sourit face à la mine perdue de Peter. Sans tarder, sans même attendre d'y être conviée, elle entra dans le bureau du loup-garou. D'un pas assuré, Catherine alla ensuite prendre place sur le canapé - rarement utilisé par quiconque n'était pas elle, d'ailleurs - puis attendit que Peter lui en dise davantage. Ce qu'il ne semblait pas prêt à faire à en juger son air de merlan frit.

« Est-ce que tout va bien, Peter ? » Insista-t-elle, inquiète.

« Hun, hun. » Acquiesça le lycanthrope, sans grande conviction, les yeux de nouveau tournés vers le dossier sous son nez.

Le coude posé sur l'accoudoir du canapé noir, la tête appuyée contre sa main, les jambes croisées, la femme grimaça. Catherine n'était pas dupe. D'accord, elle était beaucoup de choses... mais dupe ? Certainement pas ! Les lèvres pincées, elle n'appréciait que peu le mensonge proféré par Peter, aussi peu crédible soit-il.

« C'était une question qui t'invitait à me dire un peu plus qu'un petit "hun hun" aussi crédible que Travis qui fanfaronne auprès des autres en affirmant qu'il prendra bientôt la place de Harry en tant que ton associé. » Catherine savait que là n'était pas le sujet, mais c'était le meilleur angle d'attaque qu'elle avait pu trouver. Décoincer Peter, l'obliger à s'exprimer... puis le faire parler. C'était comme ça qu'il fonctionnait.

« Il ose vraiment dire ça ? » Grimaça l'avocat, levant de nouveau les yeux vers sa locutrice. « Je préférerais encore travailler avec un... canari. »

Catherine leva les yeux au ciel. Peter avait décidément toujours eu l'art et la manière de la faire réagir ainsi une bonne dizaine de fois par jour !

« Il est aussi fiable que Vina, de l'école élémentaire. » Crut-il bon d'ajouter, histoire d'appuyer un tant soit peu ses propos. « Quelle face de rat... »

Dès l'arrivée de Travis dans le cabinet, en tant qu'associé, Peter avait pris ce dernier en grippe. Il évitait de lui confier ses dossiers, prétextant toujours qu'un autre partenaire trouverait bien quelque chose à lui faire faire. Il l'envoyait promener sitôt en avait-il la chance et ne manquait jamais une occasion de lui faire comprendre que le travail réalisé n'était guère le travail demandé. Catherine ne comprenait pas le pourquoi du comment de cette hostilité flagrante, pas plus qu'elle ne s'expliquait l'acharnement qui l'accompagnait, mais c'était ainsi et elle avait appris à composer avec.

Ces remarques confortèrent cependant Catherine dans ce qu'elle avait craint : Peter n'était pas fermé à la discussion. Il était juste peu motivé à répondre aux questions qui touchaient à son bien-être. Qu'à cela ne tienne, elle n'aurait qu'à insister un peu plus. Il finirait par céder. Il finissait toujours par céder et tout expliquer.

« Plus sérieusement, Peter... que se passe-t-il ? C'est par rapport à ce qui s'est passé le mois dernier ? Des mauvaises nouvelles de l'hôpital ? C'est grave ? » Plus elle parlait, plus elle s'inquiétait. « Peter ! Est-ce que c'est grave ? »

Dire que Catherine, pourtant pourvue d'un véritable radar à mensonges, continuait à tout ignorer de l'existence du surnaturel ; de la double vie - et bon sang, heureusement que Stiles ne pouvait pas lire ses pensées actuellement, il ne serait que trop content des termes usités - qu'il pouvait mener. Parfois, souvent même, Peter regrettait de ne rien pouvoir lui dire... mais Catherine ne méritait pas d'être embarquée là-dedans. Aucun humain ne le méritait.

« Rien d'important. »

« Dit l'homme qui se fait toujours un malin plaisir à rappeler à qui veut, ou non, l'entendre que "rien" et "rien d'important" sont deux réponses différentes... mais qui veulent toutes deux généralement dire qu'il y a bel et bien un problème. »

Prit à son propre jeu, Peter sourit.

« Ce n'est pas vraiment important, Cath'. »

« Donc il y a bel et bien quelque chose. » Conclut-elle, à regret. Elle s'enfonça un peu plus confortablement dans le canapé et dévisagea plus que jamais Peter. « C'est à propos de Stiles ? »

Cette fois-ci, l'avocat soupira. Elle ne le lâcherait pas tant qu'il n'aurait pas craché le morceau. Tout le morceau. Il n'y avait pourtant rien qu'il puisse lui révéler. Il n'avait lui-même pas la moindre idée de pourquoi ce stupide rêve à la gomme l'obsédait à ce point ; ni pourquoi il s'en souvenait aussi bien. Que dire du fait que ça le retournait totalement ; tellement qu'il n'avait rien retenu de la réunion de la matinée avec les autres partenaires !

« Non. Et il me semblait que nous étions d'accord pour ne jamais parler de Stiles. »

« J'ai changé d'avis. » Catherine souriait. « Mais vous ne vous séparez pas, rassure-moi. »

« Quoi ? » Murmura, du bout des lèvres, Peter, tout en se demandant comment diable elle avait pu en arriver à une conclusion aussi absurde. « Non. Non, on... non. »

La tête penchée sur le côté, la femme plissa les yeux. Ces derniers réduits à deux simples fentes, elle observait l'avocat et cherchait à déterminer si, oui ou non, il lui disait la vérité. On ne sait jamais, avec lui.

« Si je l'appelle, il me confirmera que tout va bien entre vous ? »

« Oui. » Il n'en était pas tout à fait certain mais il l'espérait. « Mais inutile de te donner cette peine. Tout va bien entre nous. » Ajouta-t-il dans un soupir. « Et si ce n'était pas le cas, tu serais probablement la première à le savoir. Contente ? »

« Alors pourquoi as-tu l'air d'avoir mangé un clown mort ? »

Peter n'en pouvait plus. Il ne tenait plus. Il opta donc pour la solution de facilité numéro deux - dans la mesure où la première consistait à prétexter une réunion, ce n'était même pas la peine d'y compter ; Catherine saurait forcément que ce n'était là qu'un pieu mensonge : la vérité. Ou, du moins, une partie de celle-ci. C'était déjà pas mal.

« Famille. »

« Haricot. » Catherine avait lancé le premier mot lui venant à l'esprit. « Fais des phrases, Peter. Sujet, verbe, complément. »

« J'ai rêvé de ma famille. Ma sœur. Son mari. Les enfants. Mon père. Tu... tu vois. Rien d'important. » Il s'était forcé à terminer.

« Ooooh Peter. Je... je suis désolée. » Murmura Catherine. Elle s'était relevée d'un bond, par réflexe. Elle ignorait toutefois si Peter souhaitait qu'elle s'approche ou qu'elle s'en aille. « Tu veux que je te laisse ou que... je... oh bon sang, quelle idiote... »

L'avocat haussa les épaules. Il se moquait d'être seul ou non. Ceux dont il avait présentement le plus besoin étaient absents.

Dire tout ça à voix haute, parler de sa famille, même de manière aussi brève, l'achevait. Il fallait croire que la solution de facilité numéro deux n'était pas aussi bonne qu'il n'y paraissait au premier abord !

Catherine, quant à elle, ne savait plus où se mettre. Elle s'en voulait d'avoir tant et tant insisté. Une petite voix lui susurrait, narquoise, qu'elle aurait pu se douter que la défunte famille Hale était concernée ; que l'air morose de Peter avait plus de chance d'y trouver là son origine. Un problème avec Stiles ? Non mais quelle idée !

« Autre chose ? » Peter soupira. La voir rester là, dans son bureau, les bras ballants, les yeux ronds et se confondant en excuses qui n'en finissaient plus l'avait aidé à savoir ce qu'il voulait. Être seul, c'était pas si mal.

« Non. Rien d'autre. Encore désolée, Peter. »

Le loup-garou répondit d'un signe de tête. Comme pour achever d'obliger Catherine à tourner les talons, son téléphone sonna. Elle se précipita donc hors du bureau de Peter afin de rejoindre le sien. Catherine ne manqua pas de jeter un dernier regard navré à Peter.

Au moment où, derrière elle, elle fermait la porte du bureau vitré aux stores restés ouverts, Travis contourna Catherine afin d'entrer. Un dossier dans les mains, un air victorieux sur le visage, il devait encore une fois essayer de se faire bien voir ; qu'il était regrettable que ces tentatives visent à chaque fois l'homme qui refusait de lui laisser la moindre chance.

« J'ai trouvé ce que vous demandiez pour le dossier Green. Et, si je peux me permettre, le marché que vous pouvez proposer est... »

Peter regarda l'associé de son air le plus glacial.

« Il me semblait pourtant avoir Harry pour associé. »

« Hmm, oui. Mais je, je l'ai entendu parler du dossier à Chandler et je me suis dit que... » « Que vous étiez plus malin que tout le monde et que vous trouveriez donc avant tous les autres. » Termina Peter d'un ton sec. Enfoncé dans son fauteuil, le lycanthrope aimait mettre Travis mal à l'aise.

« Euh... »

« Harry m'a déjà fourni tout ce qu'il fallait. Hier soir. » Siffla le partenaire. « J'espère que vous avez mis autant de cœur à l'ouvrage quand il s'agissait de vous occuper des dossiers que Blaise vous a donnés qu'à vous occuper de ceux que je ne vous ai pas donnés. »

Travis ouvrit grand les yeux.

« Mais ce matin Harry disait que... »

« Que quoi ? Qu'il ne trouvait rien après deux jours de recherches ? Et vous, en moins d'une matinée, c'est réglé ? Prenez-vous vraiment Harry pour un imbécile ? Et moi aussi, par la même occasion, pour m'accabler d'un associé pareil ? »

« Euh... non... non. Bien sûr que non ! » S'indigna Travis. « Je ne... »

« Alors foutez-moi le camp. »

Sans plus attendre, Travis se tourna vers la porte. Vitré, le bureau n'en demeurait pas moins bien insonorisé. Aucun témoin, exception faite de Catherine. Son pauvre dossier toujours entre les doigts, l'associé dut prendre sur lui pour ne pas le laisser tomber avant de prendre ses jambes à son cou et d'aller se terrer au fin fond des archives pour le reste de la journée.

« Tu as été un peu injuste. Et dur. » Lui reprocha Catherine, appuyée contre le chambranle de la porte, une fois l'associé de retour à son bureau.

« Et alors ? »

Elle n'insista pas davantage, cette fois.

o o o

« Pourquoi y a pas de brigade top-secrète pour le surnaturel, d'après toi ? » Stiles était un brin désespéré. Coincé au poste depuis le début de la journée, n'importe quelle question lui traversant l'esprit devenait plus qu'intéressante. Après un dernier coup d'œil, direction le bureau de Lecter, l'humain se tourna et, par-dessus son épaule, lança une énième boule de papier vers l'espace de travail de son collègue absent. Il percuta un pot à crayon qui se renversa sous le coup. « Yes. » Souffla-t-il, fier de lui. « Nàn mais c'vrai, quoi. On est à Beacon Hills. C'est pas comme si on en avait pas besoin, en plus. »

Installé à son bureau, juste en face de celui de Stiles, à son plus grand malheur, Jordan grogna de frustration. Il essayait de boucler un de ces satanés rapports mais, sitôt parvenait-il à se concentrer un tant soit peu, que Stiles s'empressait de venir le couper dans son élan.

« Parce que tout le monde n'est pas au courant de ça, Stiles. » Marmonna l'adjoint, son stylo entre les dents. « D'où le 'sur' de surnaturel. »

« Et d'où le top-secret de brigade top-secrète. » Répliqua le plus jeune, du même ton. « 'Fin, le top-secrète de brigade top-secrète, techniquement. »

« Tu es déjà dans la brigade top-secrète du surnaturel. Techniquement. » Reprit Parrish. « T'as juste pas de badge pour l'attester... mais comme c'est top-secret. »

Le fils du shérif marmonna un « mais c'est pas pareiiil, çaaa, aussiii » un peu trop distinct de l'avis de son interlocuteur. Il s'affala, par la même occasion, sur toute la paperasse qui lui faisait face et à laquelle il n'avait pas encore touché. Bof. Il s'en occupera plus tard. Raconter n'importe quoi en noyant le bureau d'un crétin sous les boules de papier, c'était tellement plus amusant.

« Le shérif voudrait te voir dans son bureau. » Parrish avait entendu Lecter arriver et avait préféré transmettre le message tant qu'il y pensait. « C'est plutôt urgent, apparemment. »

Plus vite que jamais, Stiles se jeta hors de son siège, l'envoyant rouler à quelques mètres. À quatre pattes, il contourna son bureau afin d'aller trouver refuge sous celui de son partenaire, qui leva les yeux au ciel le voyant faire.


Fin du troisième chapitre.

Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de lama cracheur de feu ? (oui j'ai un soucis avec les lamas ces derniers temps, mais j'me soigne)

Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !

A bientôt pour le quatrième chapitre, Le meilleur des mondes :) (PS. pas de chapitre samedi prochain. Avec les fêtes de noël, tout ça, tout ça...)