Chapitre 20 : Mauvaise et bonne nouvelles

Un silence régnait dans la salle commune des préfets-en-chef. Personne n'osait faire quoi que se soit de peur qu'une dispute éclate. Ginny regardait tour à tour Blaise puis Hermione, de même pour le couple. La situation était gênante pour le Serpentard. Il ne savait pas vraiment où se mettre. Est-ce qu'il devait les laisser entres filles, ou parler à Hermione devant Ginny ou même parler avec les deux ? Il donnait carte blanche à sa petite amie sur ce coup là. Elle connaissait mieux la rouquine que lui.

- Bon on ne va rester debout dans l'entrée toute la journée, dit Hermione en allant s'assoir sur le canapé, brisant ainsi le silence pesant.

Malgré l'initiative de la brune, les deux autres ne bougèrent pas d'un pouce.

- Vous venez ? A moins que vous vouliez prendre racine, c'est votre problème.

- Tu as raison, répondit Blaise en rejoignant sa petite-amie sur le canapé.

Ginny, quand à elle, avança de quelques pas, suivant l'initiative du Serpentard mais hésita. Finalement, après quelques secondes, elle alla s'assoir sur le fauteuil en face du couple. Elle n'avait pas vraiment confiance, voir aucunement confiance, en le vert et argent. A ses yeux, quoi qu'en dise sa meilleure amie, il serait toujours celui qui la traitait de traite à son sang avec son prince d'ami. Elle ne voulait plus rien dire, de peur de tendre une perche qui pourrait aider Zabini à la détruire. Hermione la connaissait assez pour dire que ce silence n'était pas normal. Il fallait qu'il éclate sinon elle n'allait pas supporter bien longtemps ce silence pesant.

- Bon vous allez dire quelque chose ! s'exclama-t-elle, elle n'avait pas tenu longtemps.

- Désolé Hermione, mais je ne peux pas lui faire confiance comme ça du jour au lendemain.

- Elle a raison et je la comprends, ajouta Blaise.

- Oui mais tu fais confiance en mon jugement non ?

- Oui Hermione mais ce n'est pas le souci. Nous n'avons jamais été amis alors pourquoi je le deviendrais maintenant que tu sors avec ?

- Je ne te demande pas d'être ami. Je ne veux pas qu'Harry te crois autant coupable que moi s'il vient un jour à l'apprendre.

- Et t'inquiète il l'apprendra. Pas maintenant, ajouta-t-elle en voyant sa meilleure amie ouvrir la bouche pour protester, mais je n'ai pas l'intention de lui mentir toute ma vie. Je ne sais pas comment votre histoire va finir au bout du compte mais après la guerre je lui dirais tout et peut-être aussi à mon frère. Tu sais que j'ai du mal à lui cacher quelque chose c'est mon frère Hermione.

- Tes relations tu y arrivais.

- Votre relation n'est pas la mienne.

- Mais il va me tuer s'il l'apprend un jour, s'exclama Hermione en se levant. Déjà qu'il ne veut plus m'adressez la parole !

- Calme-toi, dit blaise en lui attrapant le poignet pour qu'elle reste là. Viens là.

Il l'attira sur ses genoux et la serra dans ses bras avant de déposer un baiser sur le haut de sa tête. Hermione se laissa aller à cette étreinte oubliant la rouquine assise en face d'eux. Elle n'en pouvait plus de cette pression. Ginny fut surprise de cette attention de la part du Serpentard. Eux, pourtant réputé pour ne pas montrer leurs émotions et ne pas afficher de tendresse envers quelqu'un. Elle devait peut-être réviser son jugement sur ses préjugés. Peut-être n'était-il pas tous les même mais … elle ne se laisserait pas berner non plus. La confiance ça se gagne.

- Elle a raison, Hermione. Elle ne devrait pas me faire confiance. Souffla-t-il au bout d'un moment à l'oreille de la Gryffondor.

- Oui mais pourtant là tu m'as bluffé, dit la rouquine

- Pourquoi cela ? demanda-t-il intrigué.

- Parce que …, dit-elle en s'arrêtant. « Devrait-elle vraiment dire ça ? »

- Parce que ? insista-t-il tout en ce concentrant sur sa belle.

Ginny le regarda faire avant de répondre. Hermione n'avait pas bougé, toujours blottit contre lui. D'une main, il lui caressait les cheveux, de l'autre, il entrelaçait ses doigts au siens. Ses yeux étaient fixés sur leurs mains serrées. Elle lui répondrait qu'elle ne serait pas sûre qu'il l'écoute. Alors elle décida de changer de sujet mais quoi ? Et si elle le testait ?

- Autrement pourquoi Malfoy était là ? demanda Ginny pour changer de sujet.

- En quoi cela te regarde ? répondit froidement Blaise.

- C'est bien ce que je pensais, les Serpentards tous les mêmes.

- Ginny ! Blaise ! s'exclama la brune.

- C'est lui qui a commencé !

- Oui très mature Ginny, rouspéta Hermione en s'enlevant des genoux de son petit-ami.

- Bon je l'accorde je n'ai pas été très faire plait sur ce coup là mais je n'en parle pas avec Hermione alors pourquoi j'en parlerais avec toi ?

- Mais à elle tu ne lui parles pas comme ça ?

- Normal c'est ma petite-amie !

- Tu avais raison Hermione.

- Bah oui pourquoi je te mentirais, répondit celle-ci comprenant le sous-entendu de sa question.

- Eh oh ? Parler de quoi ?

- En quoi ça te regarde ?

- Ginny ! On ne va pas s'en sortir comme ça. Je lui ai dit qu'on ne parlait pas de la guerre ni le l'autre camp ensemble.

- Bien sûr comment s'attirer des problèmes !

- Sur ce point on est d'accord, donc je vous crois c'est bon, dit Ginny.

- Mais …, commença Blaise.

- Mais ? demanda Hermione.

- Il y a un souci et je t'ai dit quand cela devait nous concerner tous les deux je t'en parlerais je te le dirais tout à l'heure.

- Je dors ici Zabini alors il n'y aura pas de tout à l'heure.

- Vas-y Blaise, je lui dirais tout après.

- Je ne peux rien dire exactement mais il faut que tu fasses attention à toi, et … toi aussi, ajouta-t-il à l'adresse de Ginny.

- Quoi qu'est-ce qui se passe ? demanda Hermione paniqué.

- Ne panique pas s'il te plait, supplia-t-il.

- Comment veux-tu que je ne panique pas quand tu nous dis un truc pareil ?

- Il y a une mission contre vous c'est tout ce que je peux dire.

- Quoi ! cria Ginny. Je savais que ce n'était pas une bonne idée, ajouta-t-elle en se levant pour partir.

- Non attend ! Reste Weasley.

- Et pourquoi je resterais ? Tu pourrais très bien nous faire du mal dans notre sommeil. Tu es dans l'autre camp Zabini et ça je ne l'oublie pas. De plus cette histoire n'aide pas à ce que j'ai « confiance » en toi, répondit-elle en imitant les guillemets.

- Je ne ferais jamais de mal à Hermione !

- Oui parce que moi on s'en fou ? demanda Ginny d'un ton sarcastique.

Blaise se prit la tête dans les mains. Qu'est-ce que cette fille pouvait l'exaspérer.

- Tu ne peux pas dire ça Blaise, dit Hermione au bout d'un moment. Tu ne peux pas dire que tu ne feras jamais de mal en étant dans l'autre camp.

- Voilà pourquoi je ne voulais pas en discuter.

- Mais ce n'est pas ça qui va faire que je vais rompre Blaise. Je sais très bien dans quoi je m'engage. Et je sais très bien me défendre !

- Malfoy sait tout de notre secret.

- Quoi ? s'écria Hermione cette fois-ci.

- Quel secret ? demanda Ginny.

- De mon …

- Comment le sait-il ? l'interrompit-elle comprenant ou elle voulait en venir.

Le silence répondit à la question de la cadette des Weasley.

- Zabini ?

- Quoi ? Je ne peux rien dire de plus. J'en ai déjà trop dit. Au moins faite attention à vous maintenant, c'est tout ce que j'ai à dire. Et je serais là Hermione, pour toi. Je serais avec toi pour affronter ce monstre qui te ronge s'il l'utilise contre toi, dit-il en la regardant dans les yeux. Je ne veux plus que tu es peur comme avant mais je ne peux rien faire contre lui.

Hermione serra Blaise très fort dans ses bras. Elle se rendait compte qu'elle l'aimait bien plus qu'elle ne l'aurait pensé. Cela la touchait beaucoup ce qu'il venait de dire. Pour Ginny, ce qu'il venait de dire la touchait aussi. Dans le sens où c'était un amour vrai qu'il ressentait pour sa meilleure amie. C'est deux là étaient vraiment dans une situation délicate.

- Je me demandais si vous saviez ce que vous faites, mais en faite non, dit-elle soudain.

Ne s'y attendant pas du tout, elle entendit sa meilleure amie fondre en larmes. Larmes trop longtemps gardé en elle. Mais c'était la vérité, leur histoire était voué à l'échec si personne ne choisissait un camp. Hermione ne pouvait allez dans le camp sombre de Voldemort à cause de son sang impure, il n'y avait que Blaise qui …

- Hermione ne pleure pas s'il te plait, je ne voulais pas …

- Non mais tu as raison, on ne sait pas où on va, on a jamais su. Ce qui comptait jusqu'à présent c'était d'être ensemble et d'oublier le monde extérieur, d'oublier nos problèmes, dit-elle se mettant assise sur les genoux de Blaise. Il n'y avait que nous qui comptait.

- Et cela compte toujours, dit Blaise en remettant une de ses mèches derrière l'oreille tout en l'observant dans les yeux.

Ginny trouvait cette scène touchante. Un simple geste mais pourtant si beau venant d'un couple si peu ordinaire qui constituait les deux opposés. La nuit et le jour. L'obscur et la lumière, le noir et blanc.

Toc ! Toc ! Toc !

Les trois élèves sursautèrent quand ils entendirent quelqu'un tambouriner au tableau de l'entrée.

- Ginny ! Ginny ! Ouvre-moi s'il te plait !

Hermione et la rouquine se regardèrent en reconnaissant la voix de Ron. Qu'est-ce qu'il voulait ? Hermione se leva et regarda Blaise. Celui-ci comprit qu'il était de trop dans la pièce. Il se leva et Hermione l'embrassa tendrement avant qu'il ne parte dans sa chambre. Ensuite elle alla ouvrir le tableau avant que celui-ci ne soit séparé en plusieurs morceaux.

- Qu'est-ce que tu veux Ronald ? demanda-t-elle en ouvrant.

- Je veux parler à Ginny.

- Bah vas-y parles, dit la concerné.

- Seul à seul !

- Parle ! Je ne quitterais pas l'appartement.

Ron soupira. Il ne voulait pas parler devant Hermione mais il était obligé voyant que sa sœur était en colère. Il connaissait trop les colères de sa mère pour affronter celles de sa sœur qui étaient vraiment semblables.

- Harry est revenu ! Il est à l'infirmerie !

- Quoi ? crièrent en chœur les filles.

- Tu ne pouvais pas le dire plutôt, rouspéta sa sœur qui partit en courant vers l'infirmerie suivit de prêt par Hermione et son frère.

C'est donc en trombe qu'ils arrivèrent à l'infirmerie, totalement essoufflé.

- Mais où vous croyez-vous jeunes gens, râla madame Pomfresh.

- Excusez-nous madame mais nous voudrions voir …

- Harry Potter, oui je sais mais ce n'est pas une raison pour faire autant de bruit dès votre arrivé. C'est une infirmerie ici pas une court de récréation.

Ginny se retint de dire qu'elle faisait plus de bruit à crier ainsi sur eux qu'eux en courant. Tout ce qu'elle voulait c'était voir Harry. Alors ils dépassèrent l'infirmière en ignorant totalement ses cries indignés. Ils s'approchèrent du lit où était allongé celui qu'ils voulaient voir, celui qui leur avait manqué pendant plus d'une semaine. Dumbledore était là ainsi que McGonagall et Rogue mais ils ne dirent rien devant leur venue. Les professeurs passèrent au second plan quand ils virent dans quel état était Harry. Il avait un bandage entourant sa tête et à son poignet, ainsi que plusieurs égratignures sur le visage et les bras. Les trois arrivants n'osaient se demander s'il y avait la même chose sur le reste du corps. Ginny tremblait retenant de toutes ses forces ses larmes. Elle n'en pouvait plus. Elle avait attendu plus d'une semaine sans rien savoir et elle le retrouvait tout abîmer. Mais ce qui forçait par-dessus ses larmes à sortir, c'était qu'il les regardait avec un grand sourire comme si c'était habituel. Comme s'il avait l'habitude d'être dans un lit à l'infirmerie, comme s'il avait l'habitude de disparaitre aussi longtemps. Voyant ça, Harry ouvrit ses bras invitant la rouquine à approcher. Celle-ci ne se fit pas demander deux fois. Elle couru vers le lit et sauta dans ses bras, ses larmes coulant pour de bon.

- Aie ! cria Harry en se tenant le ventre.

- Oh excuse-moi Harry. Je suis vraiment désolé.

- Ce n'est rien. Ne t'inquiète pas ça va passer Je t'assure. Je suis en vie c'est le principale.

- Oui, dit-elle en éclatant encore plus en sanglot.

- Ne pleure plus, Ginny, s'il te plait.

Elle s'assit sur le bord du lit et essuya ses larmes.

- Ne me refais plus jamais ça Harry James Potter, cria-t-elle changeant du tout au tout.

Tout le monde se mit à rire de bon cœur même Harry. Il était vraiment content d'être de retour parmi les siens.

- Bon nous allons vous laissez. On pourra se parler demain, dit soudainement Dumbledore.

Hermione le regarda et elle se rendit compte que lui aussi avait subi des dommages. Une marque de brûlure marquait sa joue, preuve qu'un sort l'avait frôlé. Sa main droite était toujours en mauvais état, comme l'année passée. Et on pouvait voir apparaitre un bandage autour de l'autre. Elle observa les deux autres professeurs. Eux aussi avaient l'air d'avoir combattu. Voilà la raison du pourquoi les cours de l'après-midi avait été annulé. Après-midi, qui avait passé bien vite entre sa dispute avec Ron et sa conversation avec Ginny et Blaise.

- Bon retour parmi-nous professeur, dit-elle lorsque les professeurs s'éloignait.

Dumbledore se retourna et fit un clin d'œil à l'élève la plus doué de sa génération. Oui il n'y avait qu'elle pour voir qu'il n'était pas revenu comme tout le monde le pensait.

- Alors racontez-moi. Comment c'est passé cette semaine sans moi ? demanda Harry lorsque les portes de l'infirmerie étaient à nouveau fermé et madame Pomfresh dans son bureau.

- Horrible, dirent en chœur les trois amis sans s'en rendre compte.