Hello, hello,

Deux semaines c'est hyper long, en fait. Surtout quand ça rime avec "famille, famille, FAMILLE" (j'aime ma famille... mais de loin).

Première chose (fin ça sera plutôt la seconde en fait mais passons) : BANANE NEE 2016 ! Puisse cette année être pleine de bonnes choses et de choses encorse meilleures !

Un gros groooos merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (y a des trucs qui veulent dire quelque chose que dans ma tête donc BOOOON sans elle ça serait pas folichon). Elle mériterait, et la mérite carrément, une montaaaaagne de... de ce qu'elle veut (si si, carrément !)

Bonne lecture !

PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme


Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.


Chapitre 04 - Le meilleur des mondes

Stiles était appuyé contre un muret, face au poste. Smartphone entre les doigts, il essayait – sans grand succès – de passer un autre de ces satanés niveaux de ce tout aussi satané Candy Crush. Il avait vraiment intérêt à réussir, cette fois, car il était en train de jouer sa dernière vie. Après la perte de celle-ci, il lui faudrait patienter cinq longues et pénibles minutes... ou bien changer de jeu. L'un comme l'autre était impensable !

Il n'avait pas oublié le bref message que Peter avait envoyé à Jordan dans la matinée. Il espérait simplement que Peter non plus, ne l'avait pas oublié. Voilà qui serait plutôt fâcheux, sinon. Le silence-radio du loup-garou ne lui disait rien qui vaille. Après un énième regard sur l'heure affichée en haut de son écran, Stiles soupira. Peter avait l'art et la manière de savoir se faire attendre, désirer, tout ce qu'il voulait. À cette allure, Stiles aurait tout aussi vite fait de rentrer à pieds, ou d'accepter l'offre de son paternel.

Quand celui-ci avait su, et vu par la suite, que Stiles était exceptionnellement non-véhiculé, le shérif avait proposé à son fils de le déposer chez lui, au soir, à la fin du service. Passer un peu de temps avec Stiles, seul à seul, tendait à être de plus en plus difficile avec les années. John Stilinski avait même été jusqu'à promettre de ne pas accabler Peter de reproches en tout genre, et plus ou moins mérités, le long du trajet. Avant et après, il ne disait pas... mais rien pendant. Croix de bois, croix de fer, s'il mentait, qu'il aille en enfer.

« Mais qu'est-ce qu'il fout encore, l'autre ? » Ronchonna Stiles qui n'en pouvait plus d'attendre comme un crétin.

o o o

À quelques mètres de là où se trouvait l'humain, stationné derrière une camionnette qui avait dû être blanche dans un passé particulièrement lointain, Peter attendait lui aussi. Un stylo dans la main droite, un fluo entre les dents et un dossier sous le nez, le loup-garou relisait, cette fois, le dossier Parker... à son plus grand bonheur, y avait pas à dire.

Plus vite il trouvait le moyen de boucler ce dossier de malheur, plus vite il serait débarrassé de cet enfoiré de balafré qui sortait les crocs à la moindre petite contrariété. Littéralement les crocs, bien évidemment ! Ça, il devait toutefois bien se garder de le mentionner à Blaise lorsqu'il lui demandait des comptes. « J'ai refilé le dossier à Jenna. Je n'en pouvais plus de voir ce crétin de renard essayer de faire le fier. Le loup domine, le renard s'incline, merde ! ». Aussi patient et ouvert d'esprit puisse être le name partner du cabinet, Peter avait comme l'impression que lui présenter les choses de cette manière lui vaudrait un allée simple pour Eichen House. Merci mais non merci. Il avait déjà donné. Renouveler l'expérience ne le tentait pas.

Pour la énième fois, Peter leva les yeux. Un peu. Juste un peu. Un tout petit peu, et très brièvement, histoire d'aller zyeuter sur la montre qu'il avait laissée pendre au rétroviseur. L'heure était largement dépassée et toujours pas trace de Stiles. Pas d'humain en uniforme qui se précipitait hors du commissariat et cherchait la Jeep des yeux, ni SMS brefs pour lui annoncer son retard et dire de ne pas l'attendre. L'avocat quitta la vieille caisse à savon de son compagnon afin d'aller aux nouvelles.

« Mais il se fout de moi, l'animal... » Souffla Peter lorsqu'il aperçut Stiles, adossé contre un mur, la langue tirée, concentré sur son téléphone. « Stiles ! Tu te fous de moi ? »

Les épaules du loup-garou s'affaissèrent. Désabusé. Toujours en uniforme, ses affaires en vrac dans le sac de sport qui traînait à ses pieds, Stiles réagit à peine à la question posée. Peter se répéta donc, mot pour mot, dans l'espoir d'avoir droit à un peu plus de considération la seconde fois. Suite à cette question, culottée il va sans dire, de Peter, Stiles leva le nez vers l'avocat et le regarda, paumé... avant de hausser les épaules et recommencer à changer de place ses damnées confiseries et empêcher ses bombes d'exploser.

« Ça fait vingt minutes que je poireaute comme un gland, tu peux bien attendre trente secondes que je perde, tu crois pas ? »

« Que tu poir- » Redit Peter, estomaqué. « Je suis garé devant ce foutu poste depuis presque une heure. »

« Une heure ? Vraiment ? » Ricana le premier. Elle était bien bonne, celle-là ! « Tu veux me faire croire que tu m'as attendu une heure ? Sérieusement ? Toi ? »

« Presque une heure. » Rigueur. Rigueur. Presque une heure n'était pas une heure.

« C'est ça, joue sur les mots, j'te dirai rien. » Stiles rangea son téléphone dans la poche de son pantalon, attrapa son sac et alla rejoindre le lycan à cran. Il lui laissait le bénéfice du doute. Ce n'était pas totalement impossible que ça fasse bel et bien presque une heure que Peter l'attende... juste vraiment surprenant. « Puis-je récupérer mes clés, maintenant ? »

Un petit sourire en coin, celui qui avait le chic pour faire grogner Stiles, Peter ignora la demande de son vis-à-vis et tourna les talons. L'humain, qui s'était attendu à pareille manœuvre de la part du traître avec qui il vivait – c'est qu'il avait finit par le connaître, le bougre, à force – marmonna quand même quelques insultes à son encontre, frustré. Il ne le resta pas longtemps. Après s'être installé à la place du mort, Peter avait jeté le trousseau de clé sur le siège conducteur et laissa Stiles y prendre place à son tour.

Le policier laissa son sac sur la banquette arrière. À tous les coups il allait l'y oublier une fois à la maison. Qu'à cela ne tienne, il n'aurait qu'à faire les yeux doux à Peter pour qu'il brave l'obscurité et s'en aille le récupérer. Peter, lui, récupéra sa montre, toujours accrochée au rétro intérieur.

« Tu comptes quand même pas bosser pendant le trajet ? » Murmura Stiles, le voyant avec ses dossiers sur les genoux. « Pet' ? »

« Non. »

« Et... bonne journée ? » L'humain avait un peu attendu avant de reposer une question. Il avait espéré voir Peter ajouter quelque chose. Il croyait encore aux miracles.

« Oui. »

Stiles, sur le point de mettre son clignotant et s'engager dans la circulation, s'en abstint au dernier moment. Les réponses faites étaient courtes. Trop courtes. Bien trop. Peter, au contraire de son neveu, avait l'habitude de faire des phrases un minimum construites. Pas de grognements en guise de ponctuation, pas de monosyllabes non plus. Parfois quelques menaces, certes, mais comme n'importe quel Hale, pas de quoi en faire un drame. Une seule exception : lorsque le oui n'était pas un vrai oui.

« Blaise t'a pris la tête ? » Simple supposition.

« Non. »

« L'autre crétin, là ? Trevor, Travers, j'sais plus trop quoi ? »

« Non. Oui, mais démarre, qu'on rentre... »

Les doigts de Stiles prirent leur envol et allèrent attraper ceux de Peter. Il les serra doucement. C'était peu de choses mais c'était tout ce qu'il pouvait tenter pour le moment. Ou pas uniquement pour le moment, à vrai dire. Stiles n'était pas tout à fait certain que le loup accepterait davantage de sa part.

Si Blaise, le name partner du cabinet dans lequel exerçait Peter depuis qu'il avait repris le chemin du travail, et le fameux Trevor, Travis, machin-chose, n'avaient – presque – rien à voir avec le problème... alors ça ne pouvait que concerner Catherine, une des rares connaissances avec qui Peter avait souhaité renouer contact. La seule connaissance, d'ailleurs. Ou bien Harry, son jeune associé, un peu bêta au premier abord mais qui avait su gagner le respect et l'affection de Peter ; ce qui n'était pas tâche facile !

Amie de longue date, amie de toujours à bien y voir, Catherine était une des rares amies qu'un Peter adolescent avait su garder au lycée. De vrais amis, s'entend, ce que n'avaient jamais été les autres gars de l'équipe de basket. Trop présents, trop intrusifs par moment. Catherine avait été celle qui lui avait amené les cours, et tout ce qui allait de paire avec, lorsqu'il avait été blessé, et presque laissé pour mort, par les chasseurs qui avaient tué ses parents. Elle était venue aux nouvelles, avait paru concernée et inquiète. Elle avait compris qu'il ne voulait, et ne pouvait pas davantage, lui en parler. À ce niveau-là, elle avait eu bien plus de respect que les autres. Venir le voir au détour d'un couloir parce qu'il était subitement devenu intéressant ; ne voir en lui que « Celui dont les parents ont été assassinés » et « Celui qui a rencontré des vrais gens du FBI, trop de la balle, mec » quand ces derniers avaient repris l'enquête.

Elle, comme tous les autres, élèves comme professeurs, avait été témoin du changement dans le comportement de Peter, suite à la tragédie. Aux premières loges, même ! Des souvenirs manquaient à l'appel, semblaient avoir été totalement oubliés du jour au lendemain, quand d'autres sortaient de nulle part. Plus instable, il avait tout à coup cessé d'être le pilier sur lequel elle se reposait. Elle était devenue le sien.

« Désolé pour cette nuit. » Marmonna Peter, serrant les doigts qui agrippaient les siens, fuyant malgré tout le regard inquiet de son voisin. « Je pensais pas retrouver le sommeil et, et je voulais pas te déranger. Avec ton boulot de dingue, je préfère te... mmm... savoir reposé. »

« D'ailleurs y s'est passé quoi cette nuit ? »

« Je suis tombé du lit. » Le loup-garou essayait de plaisanter. Seul moyen, à sa connaissance, de ne pas avoir à répondre à la question.

« Tu sais que tu peux tout me dire ? » Stiles trouvait que ça commençait à sentir mauvais, toute cette histoire. Il y avait quelque chose que Peter refusait de lui dire, ce qui ne pouvait qu'être symbole de soucis à venir. Ou déjà présents. « Y compris 'Cause toujours, Stiles, j'te dirai que dalle' même si c'est pas vraiment ce que j'aimerais entendre. Mais tu peux tout m'dire... même 'J'aimerais bien aller manger thaï, ce soir' ce qui n'aurait absolument rien à voir avec la conversation mais bon... »

« Quoi ? » Ricana nerveusement Peter. « Je peux tout dire, tu seras toujours là, pour le meilleur et pour le pire, c'est ça ? »

« Ouais. Sauf qu'on est pas mariés, je te rappelle. »

« Oh arrête ! » S'esclaffa Peter, plus joyeux tout à coup. « Je t'ai montré le cadavre que j'avais dans le coffre de 'ma' voiture et tu m'as cramé la tronche en retour. On a pas besoin de signer des papiers et porter l'anneau unique de Sauron pour être mariés. On a dépassé tout ça, tu crois pas ? »

Le tic tic du clignotant qu'on activait fut la seule chose qui donna un semblant de réponse à Peter... mais le sourire en coin qu'arborait Stiles valait bien tous les mots du monde.

Ou presque.

o o o

Stiles avait espéré qu'une fois de retour à la maison, Peter se montrerait un peu plus enclin à discuter. À dire ce qui le chiffonnait au point qu'il en perde le sommeil. L'humain aurait aimé beaucoup de choses et en aurait accepté tout autant. Avec, certes, quelques réticences au départ, Stiles aurait même pu accepter que le loup-garou ne lui en dise rien... pourvu que tout revienne à la normale entre eux.

Depuis combien de temps ne s'étaient-ils pas tranquillement posés devant le téléviseur pour ensuite se chamailler sur le programme qu'ils regarderaient – mais n'écouteraient pas ? Depuis combien de temps n'avaient-ils pas joué ce genre de décisions, anodines d'apparences, à pile ou face ? Depuis combien de temps le lycanthrope n'avait-il pas essayé de tricher lors du tirage ? La mauvaise foi de Peter lui manquait. La proximité aussi.

Depuis combien de temps le loup-garou ne s'était-il pas endormi sur l'épaule de son humain ? Depuis combien de temps ? Facile. Un mois.

« Pet' ? Qu'est-ce qui se passe, à la fin ? »

Peter s'arrêta net. Dans l'allée du jardin, planté comme un prunier, les poings serrés, le lycan ferma les yeux. Si Stiles avait eu un quelconque sens sur-développé, il n'aurait pu manquer la détresse dans laquelle l'autre se trouvait. Stiles aurait alors pu entendre son cœur s'accélérer de manière drastique, suite logique du mensonge qu'il s'apprêtait à lui donner. Il aurait pu sentir l'appel à l'aide silencieux que Peter se refusait à formuler à voix haute. Sauf que Stiles ne pouvait rien entendre de tout ça car Stiles était humain.

« Rien d'important. »

« Dixit celui qui fait toujours chier avec son putain de « Rien d'important ? Donc y a un truc de pas important, gna, gna, gnaaa. » hein ? » Railla Stiles, abandonnant la veste de son uniforme sur la rampe d'escalier et son sac de vêtements au pied de celui-ci. « Et arrête, s'il-te-plaît, arrête de me prendre pour une truite... et dis-moi enfin la vérité. Tu penses quoi de ça, ? De cette idée ? Elle est cool, tu crois pas ? »

« Bof... » Se contenta de répondre Peter, tout en disparaissant dans la cuisine. « Stiles ! Pourquoi y a encore ton café sur la table ? Tu devais mettre en route le lave-vaisselle avant de partir ! C'est pour ça que je l'ai pas fait ce matin, j'te signale. »

L'humain soupira. Il n'aimait pas parler par pièce interposée, ce que Peter paraissait ne pas encore avoir compris, ou préférait s'en moquer. Stiles alla donc rejoindre le loup-garou. Il arriverait bien à tirer quelque chose de cette tête de mule, non ? Au passage, il ne manqua pas l'occasion en or qui se présenta à lui : il singea avec bonheur son aîné. Ce n'était pas comme s'il pouvait le voir, après tout, et, comble du bonheur, ou presque, Peter n'avait pas encore d'yeux derrière le crâne. Il y travaillait certainement mais son but n'était pas encore atteint.

« T'as surtout pas eu le temps de le faire, ouais. » Grogna Stiles, vidant le reste de son café dans l'évier. « Et si, au lieu d'aller me chercher des problèmes là où y en a pas, tu me disais ce qui va pas ? Y a un soucis avec Catherine, ou bien... ? »

Les joues légèrement gonflées et les sourcils froncés, Peter, appuyé contre le réfrigérateur, un verre de limonade bien fraîche dans la main droite, cherchait à déterminer s'il était bien réveillé. Pas moyen que Catherine pense à Stiles et Stiles à Catherine sitôt sentaient-ils qu'il avait un problème ! C'était trop gros.

« Non. Aucun. »

« Alors quoi ! Il se passe quoi, à la fin ! Je suis pas encore devin, moi, hein ! Je peux pas deviner. J'essaie... mais non. J'y arrive pas. Tu dois me dire ce qui se passe pour que je sache ce qui se passe ! » Les bras de Stiles s'agitaient dans tous les sens et allèrent cogner dans le lustre – il était vraiment trop bas.

« Mauvaise nuit. »

Stiles leva les yeux au ciel. Souffla par le nez. Sans blague !

« J'ai rêvé de... de quand... pff... » Une main dans les cheveux, les yeux clos, les épaules tremblotantes, Peter se laissa finalement glisser afin de s'asseoir par terre. « Tout allait bien. »

Le plus jeune n'aimait pas cette manie qu'avait Peter de s'installer à même le sol alors qu'ils avaient quatre chaises autour de la table de la cuisine. Non mais c'est vrai, quoi ! Le carrelage, c'est froid. On a pas idée d'y poser les fesses, hormis en plein été lorsque tout le monde crève de chaud et qu'on a cassé le climatiseur. Cependant, il l'imita.

« Et c'est quand que tout allait bien ? » Stilinski se doutait que la réponse ne lui plairait, au mieux, qu'à moitié.

« Avant que je sois orphelin. » Ça avait été lâché comme ça. Juste comme ça. Et ça, ça ne ressemblait pas à Peter. Peter ne parlait pas aussi facilement, aussi légèrement de ces événements qui avaient tout foutu en l'air, selon ses propres mots. Tourner autour du pot pendant cent cinquante ans, c'était ça qui lui ressemblait ! Pas autre chose.

« Euh, désolé. » Mal. Il se sentait mal. Stiles ne savait jamais comment réagir les rares fois où le sujet était évoqué – ce qui était rare. Il attrapa la main libre de Peter et entrelaça leurs doigts, encore. « Je... désolé. » Il se gratta la tête, souffla. Les mots lui manquaient ! « Hmm, tu, tu veux peut-être te reposer un peu, du coup ? Dans le salon, en haut, ou... par terre, ou ailleurs mais là je vois pas trop où... Je peux même te réveiller dans une heure, que tu dormes quand même ce soir, si tu veux. »

Silence. À croire que Peter n'avait pas entendu son offre. Il l'avait entendu. Forcément. Ce n'était pas comme si Stiles était de ceux que l'on pouvait ne pas entendre, après tout. On aimerait ne pas l'entendre, ça oui, mais on pouvait rarement ne pas l'entendre, malheureusement.

« Peter ? »

« Mouais. »

Face à tant d'enthousiaste, et cet air vaguement absent, Stiles sut ce qui allait suivre. À contrecœur, il lâcha donc les doigts de Peter. À choisir, il préférait encore être celui à l'origine de cette perte de contact que de voir, et sentir, ceux du loup se détacher de lui pour aller trouver refuge sous sa cuisse, là où rien ne pouvait venir les déranger, les attraper, les emprisonner. Peter ne fut étrangement pas de cet avis. Sur le point de se remettre debout, convaincu que le lycan monterait se reposer et ne resterait pas sur le sol de la cuisine, Stiles fut stoppé au dernier moment. Une main pleine de griffes – presque rangées – s'était saisie de son poignet.

Heureux comme un pape – probablement plus encore vu qu'il avait un Peter dans sa vie, lui – l'hyperactif se relaissa tomber par terre. Un peu trop tombé, d'ailleurs. Il grimaça quand ses fesses tapèrent contre le carrelage. Aoutch. Après quelques secondes à se tortiller à la recherche de LA position – agréable et confortable, sur le long terme, pour son fessier douloureux – il accueillit avec surprise et ravissement la tête de Peter sur son épaule et le bras qui se posa sur son ventre.

Le sol... c'était pas si mal, au final.

« Tu sais qu'on est par terre, là ? » Chuchota Stiles, sur le ton de la confidence.

« Hmm. » Hochement de tête. Peter était bien installé. « Pourquoi ? »

« Pour rien. » Sourit le premier. « Je voulais juste m'assurer que tu savais que t'étais en train de te dire que dormir par terre, dans la cuisine, contre le frigo, était une idée pas trop trop mauvaise. » Il n'était pas moqueur. Ou alors juste un peu. Stiles recommença à gesticuler. Il passa un bras derrière Peter et, à son tour, le serra. « Parce que j'aimerais que tu saches que c'est pas une si bonne idée que ça, en fait. »

« Je vais pas dormir. »

« Tu m'en diras tant. »

Une dizaine de minutes plus tard, la tête sur les jambes agitées de l'humain le plus important dans sa vie, Peter dormait. La fraîcheur du carrelage ne le dérangeait pas. Pas plus que le fait que, bon sang, Stiles mourait de soif... et ne pouvait pas accéder au réfrigérateur, un loup ayant décidé de se reposer devant, tel un dragon protégeant l'entrée de sa grotte pleine de merveilles. Remarquez, c'était presque ça.

« Je peux ni boire, ni faire à manger, moi... » Ronchonna Stiles avant de comprendre ce que ça signifiait réellement. « Cool... ce soir, c'est pizza. »

o o o

Toute bonne chose à une fin. Celle-ci arriva après un tour d'horloge. Sitôt Stiles eut-il secoué Peter par l'épaule pour le réveiller que le loup se déroba à son toucher. Un mois avait suffit à Stiles pour se faire à cette nouvelle pseudo dynamique entre eux, aussi invivable soit-elle et vouée à l'échec sur du long ou moyen terme... pas Peter. Comment s'accoutumer à un problème quand on ne remarquait pas qu'il existait ?

À en juger sa bouche entrouverte et sa langue qui ne trouvait rien de mieux à faire que d'humidifier ses lèvres encore et encore... c'était nouveau pour lui, tout ça.

« Excuse, je... réflexe. »

Ouais. Réflexe. C'était justement ça le problème. Réflexe. L'hyperactif ne savait pas d'où ce maudit réflexe sortait. Ou si. Il savait. Il savait trop bien. Ça aussi, c'était leur faute. Tout était entièrement leur faute. Uniquement leur faute. À qui d'autre sinon la leur ?

« Pas grave. L'habitude. »

« L'hab- » Peter ouvrait grand les yeux avant de les froncer, quelques secondes après. En tailleur par terre, le coude posé sur son genoux et une main devant la bouche, le lycanthrope digérait la nouvelle. « Depuis quand je suis... distant ? »

« Laisse tomber. »

« Depuis. Quand. » Insista l'avocat avant de se redresser un peu. « Un mois. Ça fait un mois, c'est ça ? »

L'humain hocha juste la tête. Le lave-vaisselle grand ouvert, il bougeait bols et verres afin de pouvoir y glisser son mug du matin. S'occuper l'esprit en s'occupant les mains pour annihiler ses envies de fuites, c'était le plan parfait, non ?

« C'est pas ta faute. »

Peter grinça les dents. Rit jaune. Tu parles !

« Tu parles, Charles. »

« Ce n'est pas ta faute. » répéta Stiles, plus sec.

« Alors pourquoi tu ne m'en as pas parlé plus tôt ? »

« Parce qu'à la place, j'ai préféré essayer de t'aider. » Murmura le jeune policier, les mains sur le plan de travail. Peter et lui se regardaient yeux dans les yeux. « Si ça changeait, je voulais que ce soit parce que tu allais mieux et pas parce que tu te disais qu'un câlin sur le canap' ça pourrait peut-être me faire plaisir. » Souffla-t-il. « Toi, moi, toi dormant sur moi dans la cuisine, t'accrochant à moi, même, c'était... plus que tout ce qu'il y a eu entre nous depuis un mois, Peter. »

Le loup-garou ne lui coupa pas la parole. Stiles avait besoin d'exprimer tout ça à voix haute. De tout dire. De tout lui dire.

« Mais tout ça, c'est pas ta faute. Et j'insiste sur ce point. Ce. N'est pas. Ta faute. » Silence. « Ça fait qu'un mois. » Soupir. « Ça fait qu'un mois. »

Jusqu'ici assis par terre, Peter se redressa enfin. Tout ankylosé et engourdi, il fallut quelques secondes pour qu'il n'y paraisse plus. Les joies de la lycanthropie, qu'il dirait ! Contournant la table, et la chaise qui traînait dans le passage – merci qui ? – Peter alla prendre Stiles contre lui. D'abord réticent à cette étreinte – Peter se forçait, il se forçait forcément pour lui faire plaisir – il finit par se détendre.

Voilà ! Voilà ! Ça c'était Peter. Ça c'était l'homme avec qui il voulait vivre, vivait. L'homme avec qui tout le monde pensait qu'il vivait, d'ailleurs. Quelqu'un qui ne s'enfuyait pas quand quelqu'un était sur le point de le toucher. Quelqu'un qui ne fuyait pas les regards qui se faisaient un peu trop insistants. Peter était plutôt celui qui, yeux dans les yeux, sourire aux lèvres, envoyait un bon « Je vous emmerde. ».

« Ce soir c'est pizza, rassure-moi. » Chuchota le loup à l'oreille de l'humain, le faisant éclater de rire. « C'est que j'ai les crocs, moi. »

Dans un geste machinal, Stiles donna une tape derrière le crâne de l'andouille qui le serrait. Il ferma ensuite les yeux. Il profitait de l'odeur et de la chaleur du loup contre lequel il se trouvait. Qui savait quand ça se reproduirait ? Ça pouvait aussi bien être le soir même que le mois suivant.

« Je t'aime. »


Fin du quatrième chapitre.

Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de hamburgers dans une soucoupe volante ?

Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !

A bientôt pour le cinquième chapitre, Repas d'anniversaire (partie I)

Skayt