Hello, hello,
Je suis contente que ça vous plaise pour l'instant, j'espère que ça continuera comme ça (bah oui, tant qu'à faire, hein)
Un gros groooos merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre ! Tenem fort fort
Comme la dernière fois, ce qui ne se passe pas dans le présent-réel est en italique
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 05 - Repas d'anniversaire (partie I)
Peter était tombé endormi, comme une masse. Sans un mot, il avait profité du fait que Stiles fut à fond dans la série qui passait à la télévision – ou ne passait pas, c'était peut-être ce qu'il avait piqué chez Scott lors de la dernière réunion de meute – pour s'éclipser. Qu'on oublie, même momentanément, sa présence était une bénédiction. Il ne s'était pas éternisé dans la salle de bain, donc il n'avait déjà pas pu profiter au matin. Son bureau, l'avocat l'avait fuit comme la peste. Dormir était la seule chose qui l'intéressait.
Le loup-garou s'était laissé tomber sur le matelas avec aussi peu de délicatesse que possible. Son bras droit s'enroula aussitôt autour de son oreiller et sa tête s'enfonça dans les plumes. Il en aurait presque soupiré de contentement. Tant pis pour les volets. Qu'ils restent ouverts, tiens ! Peter n'en avait rien à fiche. Rien du tout. De toute façon, Stiles s'en occuperait quand il monterait à son tour. La seule chose que Peter eut le courage de faire avant de totalement se laisser aller, s'oublier avec un peu de chance, ce fut de brancher son téléphone et d'y programmer son réveil. Ça, Stiles ne le ferait pas à sa place. Inutile de nourrir cet espoir-là.
Trois heures quarante-sept minutes plus tard, la porte de la chambre se rouvrait. Sur la pointe des pieds, une silhouette se déplaçait aussi silencieux que possible pour aller rejoindre son loup sous la couette. Le couloir toujours allumé, Stiles sourit en voyant que Peter n'avait pas manqué de profiter d'avoir le lit pour lui seul. En plein milieu du matelas, les bras écartés, une jambe se baladant en dehors de la chaleureuse protection, son compagnon dormait à poings fermés.
Le sourire de Stiles s'agrandit. Il laissa la porte grande ouverte et s'en alla remettre Peter convenablement. C'était son lit à lui aussi, non mais ! Dans son sommeil, l'aîné grogna et tenta de chasser le malotru qui le dérangeait. Être déplacé alors qu'il ronflait, ignorant tout du monde réel ? Merci, non merci. Très peu pour lui. Il passait son tour.
« Cath' donnerait cher pour voir ça. » Stiles n'en doutait pas. Il connaissait suffisamment l'assistante et amie de Peter pour l'affirmer.
Ce fut presque à regret que Stiles fit demi-tour pour éteindre le couloir. Presque. Il était claqué et l'appel de la couette était plus fort que l'envie de regarder Peter être aussi paisible, normal. L'humain dut alors se diriger à tâtons dans la chambre à coucher, privée de toute lumière. Le pire étant qu'au moindre bruit, Stiles risquait de réveiller Peter... ce qui était terriblement mal placé dans la hiérarchie de ses dernières volontés.
« Aoutch. » Grimaça Stiles. Il venait de se cogner le petit orteil contre un pied de lit.
Associant douleur et sens pratique – à défaut d'utile et d'agréable – l'hyperactif se pencha et plaqua ses mains sur la couette grise. Il n'avait plus qu'à contourner l'objet de ses envies. Hop ! Aussi simple que ça. En une autre occasion, Stiles aurait pu – et l'aurait assurément fait – s'essayer aux acrobaties ou au saut en hauteur mais une petite voix, futée et pleine de bon sens, lui faisait remarquer que, dans la liste des bonnes idées qu'il pouvait avoir, passé minuit, celle-ci n'y figurait pas... et Stiles n'avait pas trop de mal à la croire.
Il était maintenant, lui aussi, bien au chaud. Le froid n'avait qu'à bien se tenir, ah ah. D'aise, le jeune agent de police tira sur la couverture. Son visage disparut pratiquement dessous. Stiles se tourna vers la masse endormie et essaya d'obtenir une super-vision nocturne qui lui permettrait de profiter et de la chaleur, et de Peter. Il fut étonné du succès qu'il rencontra... jusqu'à ce que se rappellent à son bon vouloir les volets restés ouverts. Stiles gémit. C'était pas juste. Il était bien calé, bien positionné et il devait déjà tout abandonner pour... pour rien !
Surtout qu'il pouvait être sûr qu'une fois de retour dans le lit, sa position parfaite, il pouvait toujours faire une croix dessus.
« Fais chier. »
o o o
Toute la famille était là. Toute la famille, donc toute la meute. Qui disait « toute la meute » disait assurément « ribambelle de petits loups-garous qui courent partout sans faire attention où ils mettent les pattes ». Ça courait dans la maison et le jardin. Dans le salon et la salle à manger. Autour de la table et dans les escaliers. Peu importait l'endroit où Peter posait les yeux, il était assuré de tomber sur un loup.
Pour les dix ans de Laura, Talia avait tenu à inviter toute la meute. Évidemment, tous n'avaient pu faire le déplacement, distance et travail obligent, mais une bonne partie était venue malgré tout. C'était l'occasion de se revoir ; de renforcer le lien de meute ; de permettre aux enfants de se voir et jouer ensemble. Arrivait alors la seconde raison, celle que tous taisaient mais que personne ignorait. Les plus jeunes – tous les loups mais à plus forte raison encore les enfants – avaient besoin de côtoyer leurs Alphas. L'anniversaire de la fille aînée de Talia était l'occasion rêvée pour ce faire.
Alex avait essayé de freiner son épouse. Laura n'avait peut-être pas envie d'être aussi entourée, après tout. Peut-être préférerait-elle un anniversaire plus intimiste, seulement composé de sa famille la plus proche, de ceux qu'elle connaissait le mieux. Talia avait balayé tout ça d'un geste de la main. Elle avait appelé sa fille, qui jouait dans la pièce d'à côté avec son frère, et lui avait demandé si ça lui ferait plaisir d'avoir ses cousins pour son anniversaire. Évidemment ! En posant la question de cette manière, Talia risquait peu d'essuyer un refus.
Alex avait songé un moment, à la fois très bref et trop long, à pousser la situation à l'extrême. Toute la meute Hale était conviée ? Il n'y avait pas de raison que celle de Satomi, la sienne, ne profite pas, elle aussi, de l'invitation. Talia n'avait pas fait Laura toute seule, après tout. Ils avaient été deux dans l'affaire. Bien qu'Alex fasse en général profil bas en présence de Hestia et Kieran, n'en demeurait pas moins qu'ils n'étaient pas ses Alphas. Pas totalement, du moins. Ce qui avait longtemps dérangé la meute Hale. La sienne aussi, s'il décidait d'être totalement honnête. Un couple de loups-garous qui n'appartenaient pas à la même meute ? Et puis quoi encore !
L'usage aurait voulu que soit lui, soit Talia quitte sa meute de naissance pour rejoindre celle du conjoint. C'était plus facile ainsi. Les liens étaient plus forts. Plus réels. Paraissaient l'être, en tout cas. S'ils ne l'avaient pas fait, c'était bien parce que les meutes Hale et Ito n'étaient pas ennemis. Étaient-elles amies pour autant ? Peut-être bien. Il était toutefois bien difficile de quitter la meute qui nous avait vu grandir... au diable, l'usage !
« Peter ne sera pas à l'aise. » Avait-il argué, maints et maints fois, auprès de son épouse, espérant ainsi la faire changer d'avis. « Il n'aime déjà pas être entouré par une demi-douzaine de loups, son entourage proche, alors par toute votre meute ? »
« Laura tient à voir ses cousins. Tu peux comprendre ça, non ? »
Tout en jouant avec le couteau qu'il avait dans les mains, le faisant tourner et tourner sur le set de table taché par Derek, Alex secoua la tête. Cet argument était irrecevable. Pas si seule une meute sur deux était présente.
« Elle pourra les voir une prochaine fois. À la prochaine pleine lune, si tu veux... mais pas à son anniversaire alors que Peter sera... »
« Son anniversaire. » Talia avait évidemment fortement insisté sur le premier mot. « Et ça ne pourra que faire du bien à mon frère de rester un peu avec des gamins de son âge. »
Le second avait grincé des dents mais s'était tu. Son combat était un combat perdu d'avance. Il n'avait pas la moindre chance de l'emporter face à Talia, ce qu'il regrettait profondément. Sans un mot, il recula sa chaise et quitta la cuisine.
C'était pas croyable, ça ! Peter n'était que son beau-frère – très jeune beau-frère – mais Alex avait souvent le sentiment d'être celui qui s'inquiétait le plus de ce que le gamin pouvait penser ou ressentir. Les Hale oubliaient un peu trop souvent que Peter était différent. Humain.
Certes, c'était l'anniversaire de Laura. Il ne l'avait pas oublié. Il ne l'oublierait pas. Pas plus qu'il ne pouvait faire abstraction qu'elle n'avait, à la base, même pas émis le souhait de les voir, ses cousins et cousines du côté Hale. Si sa mère n'avait pas été là pour les lui rappeler, pour lui proposer de les inviter, jamais elle n'en aurait parlé.
« J'espère juste que ça se passera bien pour ton frère. » Grinça tout de même Alex, au milieu des escaliers.
o o o
Si toute la meute Hale n'avait pu faire le déplacement, une bonne partie si. Force était de constater que les craintes d'Alex se révélaient fondées. Assis dans son coin, Peter regardait Derek qui jouait avec Zachary et Anna. Son regard passait ensuite sur Cora, qui collait Laura depuis le début de la journée, en compagnie de Leonard et Georges. On lisait dans le regard de Peter l'envie de rejoindre l'un ou l'autre des deux groupes. Un peu plus loin, Sally et Robin se chamaillaient, sous les rires des trois autres pour une histoire de piles de Game-Boy que l'un aurait piqué à l'autre. Il avait envie de se mêler à eux également. Tout plutôt que rester seul.
« Allez un peu jouer dehors, les enfants. » Proposa gentiment Kieran, bien que sa suggestion tienne davantage de l'ordre aux oreilles de son beau-fils.
Avec une synchronisation qui amuserait presque Peter s'il ne s'ennuyait pas autant, les plus jeunes bêtas de la meute se redressèrent pour prendre la porte. Ils se bousculaient en riant, riaient en se bousculant. Les trois petits groupes, qui s'étaient si naturellement composés un peu plus tôt, volèrent en éclat sitôt un pied dehors.
Plein d'espoir, se sachant du même âge que Robin et Leonard, Peter quitta enfin son bout de canapé et les rejoignit. Il en avait assez, aussi, de jouer avec ses doigts en regardant les autres s'amuser tous ensemble. Ce n'était pas normal d'être aussi mal à l'aise en présence de la meute. OK, d'accord, il était humain et donc un membre négligeable de la meute. Un poids, même. N'en demeurait pas moins que la meute était la famille, et qu'il avait, là, par contre, toute sa place en son sein.
« Qu'est-ce que tu fais ? » La question de Robin était innocente. C'était le plus douloureux. Il se demandait sincèrement ce que Peter venait faire parmi eux.
« Je... viens avec vous. » Bah quoi ? C'était vrai, non ? « Mon père a dit « les enfants ». Je pense en faire partie, non ? »
Zachary ricana. Le nez en trompette, l'une des rares petites têtes blondes de la famille adhérait totalement à la réponse donnée. Robin, meneur auto-proclamé du « groupe des enfants » - d'après les mots des adultes, fallait pas croire hein – ne tarda pas à faire de même. Peter n'avait pas tort. Son raisonnement se tenait. Kieran n'avait rien précisé.
« On fait quoi, maintenant ? » S'enquit Derek.
« Loups contre Chasseurs ? »
Anna avait proposé le premier qui lui passait par la tête. Celui-ci fut accepté à la presque unanimité. Seuls deux n'avaient pas paru plus enthousiastes que ça à y jouer, Robin et Peter. « Par contre, on est treize. » Grimaça-t-elle. « C'est pas top pour faire les équipes. »
« On a qu'à faire six loups contre six chasseurs, plus Peter. » Suggéra, l'air de rien, Leonard. Il n'avait pas envie de passer une éternité à composer les équipes. Jouer était nettement plus intéressant ! Se diviser en deux clans n'était qu'une simple formalité... sur laquelle ils allaient s'éterniser connaissant l'équipe de bras cassés.
« J'suis chasseur, alors ! » S'écria Derek, se moquant de la dizaine de regards perplexes qu'il reçut – il ne connaissait même pas le mot perplexe donc bon, c'était pas grave – et courant se coller à Peter.
L'humain, qui ne tenait, de base déjà, pas plus que ça à jouer aux Loups et aux chasseurs, s'était carrément fermé suite à la remarque, anodine mais loin d'être innocente, de Leonard. « Six loups contre six Chasseurs, plus Peter ». Tout humain qu'il était, Peter se retrouvait d'office dans l'équipe des chasseurs, sans pour autant être considéré comme tel à part entière. Il était plutôt vu comme un handicap. Aucun loup ne voudrait jouer avec un handicap.
« J'veux bien être chasseur aussi. » Sourit Robin. « Y faudrait qu'on soit encore, hmm, j'sais pas moi... genre trois ou quatre en tant que chasseur et c'est bon. »
Depuis le jardin, en bordure de forêt, ceux qui ne s'étaient pas encore portés volontaires pour être chasseurs n'étaient pas prêts à changer cet état de faits. Dans ce jeu, auxquels ils jouaient tous depuis tout gamin, c'était toujours beaucoup plus marrant d'être un loup. Ils pouvaient utiliser leur ouïe et leur odorat pour s'échapper et mettre à mal le clan adverse. Pas les autres. Grâce à ce jeu, leurs parents leur apprenaient à maîtriser leurs capacités, à les contrôler, à s'en servir pour se protéger, mais aussi qu'ils ne pouvaient pas se contenter de se reposer dessus.
« J'veux bien être chasseuse mais seulement si, après, on échange. Et que les chasseurs y deviennent les loups. »
Jenna connaissait ses cousins et cousines. Décider qui serait chasseur pouvait limite prendre plus de temps que jouer et éliminer l'entièreté d'un clan. « 'Fin, sauf pour toi. »
L'humain inspira un grand coup pour, ensuite, hocher la tête et faire un sourcil forcé. C'était toujours difficile d'entendre les autres lui rappeler qu'il n'était pas comme eux, qu'il ne le serait jamais, qu'il serait toujours sur le côté et considéré différemment. Ça l'était plus encore du fait que ça ne soit pas dit de manière méchante. C'était un constat. Peter était humain, il était donc logique qu'il ne puisse jouer en tant que loup.
« Der', Pet', Jen' et moi. » Récapitula Robin. « Allez quoi, encore deux... après on inversera, promis. »
Les deux qui manquaient serait les plus durs à trouver.
« Sinon on peut faire la variante humaine. » Sourit Robin. « Comme ça, tout le monde est à égalité. »
Ou presque à égalité. Les lycanthropes restaient plus endurants et plus rapides que les humains. Détails, détails.
« Nàn ! On fait Loups contre Chasseurs. » Intervint Laura. « Der', Pet', Jen', Rob', vous êtes chasseurs. Cora et Leo aussi. Zach, Anna, George, Liz, Oscar, Sal' et moi, les loups. Et après on inversera, ouais. »
Laura avait tranché. De ses dix ans, elle savait déjà se faire obéir au doigt et à l'œil, y compris par ses aînés.
« Hey ! Nàn ! » Protesta aussitôt Leonard. « Tu peux pas nous mettre et Peter, et Cora. C'est pas juste. Tu nous fous un handicap de malade, là. Vous prenez Cora et nous on prend Liz. »
Fatigué par tout ce temps perdu pour des broutilles, Robin avait fini par s'éloigner du groupe. Il était allé s'asseoir sous le porche. En tailleur, un coude posé sur ses genoux te la tête appuyée dans sa paume de main, l'aîné écoutait ses cadets... et mourait d'envie d'aller leur cogner la tête contre un arbre. Peut-être que ça les rappellerait à l'ordre, on sait jamais et ça ne coûtait rien d'espérer.
« Peter ! » D'un signe de tête, il invita l'humain à venir le rejoindre. « Viens. Reste pas avec ces crétins qui savent pas se décider. »
« Mais, je... »
« Laisse tomber. Leo est un idiot et c'est tout sauf un scoop. Ils sont tous idiots, t'façon. » Ricana Robin. « Ils me saoulent. Et à chaque pleine lune c'est pareil. Toi, au moins, quand c'est la pleine lune, t'es peinard. T'as pas à te coltiner cette bande de bras-cassés même pas capable de faire la différence entre l'odeur d'un lapin et celle d'un puma. Tu sais qu'y a trois mois, Sally et George ont failli se faire bouffer parce qu'ils ont confondu l'odeur d'un puma avec celle de leurs parents ? De leurs parents, mec ! Plus con, tu meurs. C'est ce qui a failli arriver, en plus. »
« A chaque pleine lune, je suis coincé chez le putain d'émissaire de mes parents... » Fut la réponse de Peter. « Encore maintenant. Ils se rappellent que je suis humain quand ça les arrange. »
Le loup-garou se tourna un peu, s'adossant contre le rambarde. Il pencha ensuite la tête sur le côté. Serrant sa jambe contre lui, Robin souriait à Peter et l'incitait à en dire davantage. Il avait toujours été curieux, voulut savoir comment ça se passait pour un humain... et n'avait jamais osé le demander. Ça ne se faisait apparemment pas, d'après son père. Ce n'était pas très sympa de rappeler à Peter qu'il était différent, d'après sa mère. Donc il se taisait. Ses questions ne disparaissaient pas pour autant.
« Ils savent que la pleine lune, c'est pas mon truc... mais zappent la moitié du temps que je guéris normalement. »
« Tu sais, pour eux, une guérison normale, c'est une guérison presque immédiate. »
Le menton sur ses genoux, Peter hocha la tête. Pas faux. Pas plus facile à accepter mais pas faux. Son regard se tourna brièvement vers tous les autres, qui continuaient à se chamailler pour des broutilles. Leo refusait net d'avoir, à la fois, Peter et Cora dans son équipe ; et Laura refusait d'entendre les arguments avancés par son cousin. Cora chouinait comme quoi c'était trop pas juste, qu'elle aussi elle voulait jouer et qu'elle voulait être dans l'équipe de Peter, tout comme Derek.
« Moi, je crois que t'as du bol d'être humain, tu vois... » Robin souffla ces mots, comme s'il avait honte de les prononcer à voix haute. La grimace confuse de Peter le fit rire. « Même si c'est cool d'être un loup-garou, je dis pas le contraire, hein, mais... t'es celui qui a le plus de libertés. D'une certaine manière, en tout cas. Mes vieux sont déjà là, à me bourrer le crâne avec leurs idées stupides. Y m'disent déjà qu'après le lycée, je pourrais pas viser n'importe quelle université, qu'il y en a des très biens en Californie, et que je suis même pas obligé d'aller à l'univ', en fait, si j'veux pas, même s'ils ont les moyens de m'payer les études. Le lien de meute est trop fort ; partir trop loin à mon âge serait apparemment hypeeeer risqué, bla bla bla. » La langue tirée, faisant rouler ses yeux, le jeune loup ne cachait pas ce qu'il en pensait. « J'suis même pas au lycée, merde ! »
Seuls six mois séparaient Robin et Peter. Cette faible différence d'âge leur avait toujours convenu. Aussi proche puisse être Peter de ses nièces et neveu, être avec Robin était plus facile et plus agréable... en grande partie car celui-ci avait pleine conscience de sa différence mais n'en faisait pas une montagne infranchissable.
« Ose me dire, toi, que tes parents sont en train de te prendre le chou pour ces conneries. »
« Le lien de meute ne me concerne pas. La seule chose qui me lie à vous, à eux, c'est la famille... » Un sourire aux coins des lèvres, l'envie manquait. « C'est pas pareil. » Cruellement même. « La meute c'est la famille, la famille c'est la meute. Meute égale famille. Famille égale meute. Et pour moi, c'est quoi ? » Robin ne répondit pas. « Famille égale rien du tout. J'irai loin avec rien du tout ! »
Être loup parmi les loups n'était pas idéal. Être humain parmi les loups n'était pas condition plus enviable.
« La poisse. » Grimaça robin.
« Rob' ! Peter ! » Vous ramenez vot' cul ? » Héla Oscar. « On garde les mêmes équipes sauf que je viens avec vous. »
Robin souffla. « T'as vu. On en revient à sept à six pour les Chasseurs. Si on m'avait écouté dès l'départ, on aurait gagné dix minutes. »
o o o
Un instant plus tard, à croire qu'ils n'avaient pas perdu un temps précieux à se prendre la tête et se disputer sur la constitution des deux clans, le jeu commençait. Les chasseurs murmuraient, bien à l'abri des oreilles indiscrètes des loups – qui s'étaient, eux aussi, éloignés pour les mêmes raisons – afin de se mettre d'accord et établir un plan d'attaque. En supériorité numérique grâce à Oscar, ils ne perdaient pas pour autant de vue les membres faibles de l'équipe. Cora, du haut de ses cinq ans, ne faisait pas le poids face à ses cousins qui avaient, pour la plupart, plus du double de son âge. Derek, sept ans et court sur pattes, était à peine mieux que sa sœur. Oscar essayait de calmer les chouinements de sa plus petite cousine tandis que Robin et Leonard étaient, une fois de plus, en désaccord sur l'utilité de Peter au sein de l'équipe.
« Ça change rien, sombre crétin ! On peut pas utiliser les oreilles, le nez et les yeux de loups ! Ça change quoi, pour toi, d'avoir Peter dans l'équipe. On joue comme des humains. Il est humain. »
« Ça change que c'est qu'un putain d'humain, justement. » Siffla Leonard. « Non seulement on se tape les mioches mais, en plus, l'humain de service ! Tu vois pas comme un problème ? »
Mal à l'aise, Peter s'était éloigné d'un pas. Il maudissait Laura pour avoir cru bon de mettre Leonard dans la même équipe de Robin. Jenna était vite allée le rejoindre mais ne lui parlait pas. Ils n'avaient jamais grand chose à se raconter et se contentaient de se dire bonjour et au revoir quand ils se voyaient. Un peu plus quand ils jouaient ou que l'un avait besoin que l'autre lui passe le sel, guère plus.
« Mais t'es vraiment un abruti, toi, en fait. » Cracha Robin. « Tu dois jouer comme un humain. Il est humain. Le problème, il est que dans ta tête. »
« Non. Le problème, il est là. » Peter fut désigné d'un air dédaigneux. « Qu'est-ce qu'il fout avec nous ? On va tous devoir faire attention pour ne pas blesser Monsieuuuur pour qu'il n'aille pas se plaindre à ses parents. »
« Les Alphas. » Rappela Robin à son cousin. « Tu viens ? On va leur expliquer pourquoi Peter ne peut pas jouer avec nous. »
Les épaules de Leonard s'affaissèrent. Il ne bougea pas.
« T'as toujours eu un sérieux problème avec les humains... » Fut la dernière chose qu'il dit avant d'abandonner la partie. « Bon, alors... c'est quoi ton plan pour éliminer six loups-garous avec deux microbes et un humain, gros malin ? Parce qu'on est que quatre, en gros. »
« Tu veux dire 'avec deux gosses, un crétin, trois loups qui ne peuvent pas être loups et Peter' ? » Corrigea Robin, tout sourire.
Robin ne savait pas s'arrêter quand il le fallait. Il se plaisait à dépasser les bornes. À renchérir, à ré-attaquer quand bien même son adversaire venait d'abandonner. À plus forte raison quand Leonard était l'adversaire en question.
« Ils vont nous sous-estimer justement parce qu'on a Cora, Derek et Peter avec nous. Nos deux vrais handicaps sont, je suis d'accord avec toi, Cora et Derek. Cora qui sait se faufiler et se cacher donc qu'ils auront du mal à trouver et éliminer. Derek qui, si j'me souviens bien, sait plutôt bien sauter sur le dos des gens par derrière... donc pour les tuer, ça m'semble nickel. »
« Et Peter ? » Demanda Leonard, faisant soupirer Oscar et Jenna.
« Peter joue avec les mêmes armes que nous. »
« Mais eux ils jouent pas avec les mêmes armes que nous. » Leo n'en pouvait plus. Il aimerait réussir à faire entendre raison à Robin avant qu'il soit trop tard et que le jeu commence vraiment. « Ils jouent avec les griffes et les crocs. T'as besoin que je te rappelle les règles du jeu ? Les chasseurs tuent les loups avec un bâton en les touchant à la gorge ou dans la poitrine. Les loups tuent les chasseurs avec un coup de dents ou de griffes. Et on s'en fout parce qu'on guérit. Comment ils vont tuer Peter, Einstein ? »
Fin du cinquième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de belettes vertes à pois rouges ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le sixième chapitre, Repas d'anniversaire (partie II)
Skayt
