Chapitre 22 : Un pas de plus
- Mais réellement qu'est-ce qui c'est passé ? demanda Harry rompant le silence pesant.
Ses trois amis se retournèrent vers lui et le regardèrent, abasourdis. La tentative de Ginny avait échouée. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien lui dire ? Ne sachant pas, ils se turent. Harry les regarda un à un avec insistance se demandant vraiment pourquoi ils n'arrivaient pas à lui dire la vérité. Ron tient son regard sans baisser les yeux et sans ouvrir la bouche. Il avait plein de détermination dans le regard. Détermination et assurance. Pour lui, il n'était pas en tort, il avait raison. Hermione avait la tête baissée. Il en fut surpris. Elle, qui avait tant de force et qui faisait face à toutes les épreuves la tête haute. Avait-elle honte ?
Hermione aurait répondu oui. Oui, elle avait honte de faire ça à son ami car elle était en faute dans l'histoire mais elle n'était pas la seule fautive. Ron y avait sa part dans tout ça. S'il n'avait pas interprété ses gestes, ses actions et sa façon d'être de cette façon, ils n'en seraient pas là. Alors elle releva la tête et croisa son regard vert. Elle frissonna devant cette inspection minutieuse mais ne flanchât pas non plus. Là, Harry reconnaissait sa meilleure amie, celle qui se bat avec détermination et assurance. Il en fut un peu perturbé. Ses deux meilleurs amis avaient l'air sûr d'eux mais ils sentaient que c'était sur des positions différentes. Il sentait la tension qu'il y avait entre eux depuis que les filles avaient pénétré dans l'infirmerie. Il avait remarqué qu'ils ne s'adressaient plus la parole ou du moins pas directement.
Aussi perdu qu'avant il décida de rechercher de l'aide près de celle qu'il aimait. Ginny regardait le plafond blanc de l'infirmerie. Couchée à ses côtés, elle ne pouvait trop éviter son regard alors elle tourna la tête pour regarder sa meilleure amie. Harry observa l'échange de regard mais ne comprit pas. Pour elles, c'était naturel. Elles parlaient souvent par des regards. Les yeux étaient souvent meilleurs que les sons. Que les mots pouvant faire tant de mal mais s'ils ne sont pas dit en le pensant. Seuls les yeux permettent de savoir si quelqu'un ment ou pas, s'il était sincère ou non. Cette fois-ci, au fin fond de leurs regards, elles surent qu'il serait mieux qu'Harry apprenne la vérité de leurs bouches plutôt que dans les couloirs du château, par de mauvaises langues. Elles devraient se lancer mais par quoi commencer ?
La rouquine détestait de plus en plus cette situation. Elle avait promis à Hermione mais elle aimait Harry plus que quiconque au monde. Que devait-elle faire ? Elle vit Hermione la supplier du regard et son cœur se serra. Elle prit donc la décision d'attendre un peu, elle ne dirait rien aujourd'hui sauf si Harry venait à lui poser une question ayant pour réponse la vérité. Elle ne pouvait lui mentir. Mais il venait de revenir, elle ne voulait pas que le trio soit encore plus dissout. Il avait besoin d'eux. Elle devait le protéger. Quand Harry vit qu'il n'obtiendrait aucune réponse, il décida de les obtenir de force. Il prit de ses doigts le visage de Ginny puis le tourna vers lui. Il fixa ses yeux bruns. Pleins de sentiments y étaient mélangés. De la tristesse, de la désolation peut-être mais il n'en était pas sûr. Il n'arrivait pas à la déchiffrer comme à son habitude. Qu'essayait-elle de lui cacher ?
- Qu'est-ce qui s'est passé Ginny ?
Il sentit la jeune fille déglutir. Il savait qu'il avait gagné alors il sourit. Sourire qui ravagea le cœur de la seule fille Weasley. Alors elle se lança.
- Il y a eu une dispute, souffla-t-elle.
- Dispute ? demanda-t-il en regardant ses deux amis qui ne se regardaient même pas, soutenant toujours son regard. Quel genre de dispute ? Ce n'est rien, ça va passer entre eux ? dit-il finalement à Ginny.
Ginny fit non de la tête.
- Non, et cela ne concerne pas que nous deux, lança enfin Ron.
- Comment ça ? Ginny ? Hermione ? Ron ?
- Je suis désolée, murmura Ginny en s'enlevant à regret de ses bras et se plaçant à côté d'Hermione.
Harry ne comprenait plus rien. Bon sang, qu'est-ce qui avait bien pu se passer entre eux ?
- Je veux l'entendre de votre bouche s'il vous plait. Hermione ? demanda-t-il à sa petite sœur qui n'avait pas encore ouvert la bouche.
L'entendre supplier son prénom lui serra le cœur. Mais que pouvait-elle dire ? Elle était considérée comme la méchante par Ron.
- Harry …, finit-elle par dire.
- Ton départ nous a plus bouleversé que tu ne le crois, répondit Ginny à Harry. Elle voyait que les autres n'y arriveraient pas.
Harry ne répondit pas et s'en voulut. Alors ainsi, il était responsable de leur dispute. Il était partit sans eux pour les protéger et il ne regrettait pas, mais pourquoi il sentait une boule lui tomber dans l'estomac. La dispute avait l'air plus sérieuse que d'habitude surtout si Ginny y avait prit part. Il avait voulu les protéger de l'extérieur mais jamais il n'avait pensé aux attaques intérieures.
- Ne t'en veux pas, s'il te plait, tu n'y es pour rien, dit Hermione déchiffrant facilement son regard.
- Oui au moins on a pu voir qui elle était réellement, ajouta Ron.
- Ron ! gronda Ginny.
- Quoi ? Toi aussi, tu y as cru avant que tu me tournes le dos pour des raisons que j'ignore.
- J'ai de bonnes raisons et si je l'ai fais c'est que je la crois !
- Tu la crois ?
- STOP ! cria Harry. Croire quoi ?
- Que je suis, oui ou non, une traitresse, murmura la brune.
- Pardon ? demanda Harry décontenancé par la phrase d'Hermione.
- Demande à Ron.
- C'est une traitresse ! réagit tout de suite le rouquin.
- Pourquoi tu dis ça Ron ? demanda Harry qui prenait peur de la tournure de la conversation.
- Parce qu'elle a disparu toute la journée quand tu es partit.
- C'est ridicule, siffla la brune. Je n'ai pas quitté le château comme tu peux le penser Ron. J'ai déjeuné tôt ce jour là, je voulais faire mes devoirs et c'est ce que j'ai fais. N'ayant pas vu le repas de midi passé, je suis allée en cuisine, c'est pour ça que vous ne m'avez pas trouvé à l'appartement. Après j'y suis retournée et vous m'avez trouvé quand vous êtes venu me voir le soir pour me dire qu'il était partit.
- Et tu lui fais la tête pour ça ? demanda Harry à Ron.
- Tu es de son côté ? cria Ron vexé. Je te croyais mon ami !
- Mais … Ron ! appela Harry désespéré.
- Il n'y a plus de Ron, dit celui-ci en quittant l'infirmerie.
- Je suis si désolée Harry, je n'arrive pas à lui faire entendre raison jamais je ne vous trahirais. Crois-moi !
- Je sais Hermione, je sais.
A l'extérieur de l'infirmerie, une personne avait tout entendu et il souriait de toutes ses dents. Le trio d'or n'était plus. Pour une fois que la belette lui servait à quelque chose. Il s'en alla en laissant germer pleins d'idées.
- Et toi Ginny ? Quel est ton rôle dans cette histoire ?
- J'étais tellement en colère contre toi que j'en ai voulu à Hermione de ne pas avoir été là pour nous alors qu'on avait besoin d'elle, et du coup j'ai fait pareil que Ron. Pendant une semaine, on ne lui a pas parlé …
Harry perdu de l'éclat dans ses yeux à ses mots. Il regarda la brune et la vie baisser la tête devant son regard. Il la connaissait assez bien pour dire que quand elle faisait ça, c'est qu'elle ne voulait pas montrer sa tristesse. Elle en avait souffert, il le savait. Même s'il les comprenait dans un sens, il se demandait comment ils avaient pu faire ça à Hermione, celle qui l'avait suivi dans toutes ses aventures depuis sa première année. Comment ?
- Mais je l'observais beaucoup. Je voyais combien cela l'affectait et puis …
Hermione retient sa respiration. Allait-elle tout lui dire ?
- On a discuté, je me suis rendu compte que je lui en voulais d'être juste Hermione, celle qui aime faire ses devoirs à l'avance, celle qui oublie des repas quand le ventre de Ron n'est pas là pour le lui rappeler, celle qui t'aime comme un frère et qui est incapable de te trahir.
Hermione fut touché par le discours de sa meilleure amie. Elle vit Harry esquisser un sourire, contagieux. Puis bientôt, tous les trois riaient.
oO0Oo
Quelques jours plus tard Harry sortit enfin de l'infirmerie. Ron n'était toujours pas réapparu et il devait le trouver. Il devait le voir pour discuter. Lui faire comprendre qu'il n'avait aucune raison de croire qu'Hermione était dans l'autre camp. Au bout d'une demi-heure à le chercher et à répondre aux questions des élèves curieux, il le trouva dans leur dortoir. Il était couché sur son lit tout en regardant le plafond. Harry le connaissait bien pour savoir que c'était sa position quand il réfléchissait. Pour Ron, il lui avait tourné le dos et cela devait être dur pour lui de se retrouver seul. Mais quand il pensait à Hermione qui avait vécu la même chose pendant une semaine entière, son cœur se serra. Il ne comprenait vraiment pas. Ron était fou d'elle comment pouvait-il lui tourner le dos à ce point ? Ils se disputaient sans cesse mais au bout de deux jours Ron venait s'excuser maladroitement ou faisait comme si de rien. Il n'était pas rancunier et Hermione non plus. Alors que c'était-il passé dans la tête du rouquin pour qu'il ne revienne pas vers elle au bout de deux semaines ? Harry s'avança vers son lit qui était juste à côté du sien et s'y assit face à lui. Ron faisait comme s'il était seul. C'était comme s'il avait tiré ses rideaux, comme s'il n'existait pas.
- Ron, dit Harry en coupant ce silence pesant qu'il ne supportait plus.
Mais c'est ce même silence qui lui répondit et Harry fut blessé par le fait que son meilleur ami l'ignore. Eux deux avait déjà été en froid, lors de leur quatrième année par exemple. Quand Ron ne l'avait pas cru quand il disait qu'il n'avait pas mit son nom dans la coupe. Il ne l'avait jamais dit directement mais cela l'avait tout de même affecté qu'il ne le croit pas. Comme s'il était suicidaire au point de vouloir participer au tournoi des trois sorciers.
- Ron, s'il te plait, souffla Harry craignant la réaction du rouquin.
- Quoi ! Que me veux-tu ? cria Ron comme l'avait craint le brun.
- Juste parler. On n'a pas beaucoup eut le temps de discuter toi et moi depuis mon retour.
- Non puisque je ne suis plus ton ami, cracha Ron.
Cette phrase atteint Harry en plein cœur. Comment pouvait-il dire ça ? Ron, Hermione et lui formaient un trio inséparable depuis leur première année. Que se passait-il ? Pourquoi tout avait tant changé en une semaine ? Pourquoi les avait-il laissés là ?
- Je suis toujours ton ami Ron. Ce n'est pas parce que …
- Parce que quoi ? Hein ? Parce que je ne parle plus à Hermione ? Mais tu n'as pas compris que si tu lui parles je ne te parle plus non plus !
- Tu ne peux pas me demander de choisir Ron ! cria à son tour Harry perdant tout son sang froid.
- Oh que si !
- Oh que non ! Hermione n'a rien fait ! Donne-moi une seule bonne raison de ne pas la croire. De ne pas croire celle qui est pour moi comme une petite sœur, celle que tu aimes comme un fou. Elle nous a toujours été fidèle Ron … et l'ait toujours.
Ron ne lui répondit pas, cherchant sûrement une bonne raison. Au bout d'un moment, comme il ne répondait toujours pas, Harry sortit du dortoir. Il ne supportait plus cette scène. De voir Ron lui tourner le dos. Il décida alors de rejoindre Hermione et Ginny qu'il savait ensembles. Les deux filles ne se quittaient plus depuis la rupture du trio. Harry n'aimait pas se retrouver entre deux feux. Mais il savait que les filles ne lui demanderaient pas de choisir. Qu'il pouvait rester avec elles le temps que cela se tasse. Si cette histoire se tasserait vraiment. Alors il traversa la salle commune bondée à cette heure tardive puis sortit dans les couloirs en coupant net d'un geste de la main tous ceux qui voulaient lui adresser la parole. Il n'avait pas la tête à ça, à cette célébrité maladive.
Une fois le tableau de la Grosse Dame fermé dernière lui, il put enfin respirer tranquillement, sans pression. Il marcha d'un pas lent dans les couloirs sombres. La nuit ayant déjà prit place au jour par cette saison d'hiver. Il réfléchissait à la situation. A un tournant, il vit ce qu'il cherchait. Les deux filles marchaient dans le couloir sûrement en direction de la salle commune de la Préfète-en-Chef. Soudain il s'arrêta net quand il aperçut Malfoy se dirigeant vers elle. Que leur voulait-il ? Il s'approcha un peu pour mieux entendre ce que le Serpentard voulait dire. Apparemment ce n'était pas secret puisqu'il y avait encore plusieurs personnes dans les couloirs se dirigeant vers leurs dortoirs respectifs.
- Granger, pourrais-tu dire à Blaise que la réunion de ce soir tient toujours ?
- Qu'est-ce que cela peux me faire Malfoy. Va lui dire toi-même, répliqua-t-elle en voulant reprendre son chemin.
- Et dit lui aussi que Nott sera là, ajouta-t-il en ignorant totalement la réplique de la Gryffondor.
Hermione ravala sa salive à ce nom qui lui rappelait tellement de choses … horribles. Ça commençait. Il profitait de son savoir pour l'enfoncer. Elle hocha la tête. Que pouvait-elle dire d'autre ? De toute manière elle le dirait quand même à Blaise. De son côté, Harry crut mal voir ce signe de tête. Hermione ne pouvait pas accepter toute demande de Malfoy. Que lui prenait-elle ? Les paroles de Ron résonnèrent en lui. « C'est une traitresse. » Ce ne pouvait être vrai. Il ne pouvait avoir un sens caché sous ses paroles. Et si elle devait participer elle aussi à la réunion ? Il commença à reculer de peur tout en faisant non de la tête. Cela ne pouvait être vrai, pas Hermione, surtout pas elle. Il avait totalement oublié Ginny qui se tenait tranquillement à côté d'elle sans réagir. Cela ne lui mit pas la puce à l'oreille sur ce quiproquo. Quand Hermione l'aperçut, elle vit son regard apeuré. Elle su tout de suite qu'il venait de tout entendre et de tout voir. Elle eut peur aussi. Avait-il compris de travers cet échange tout à fait inopportun ? Venait-elle de perdre son deuxième meilleur ami ?
- Harry ! cria-t-elle quand elle le vit tourner les talons en courant sans voir le sourire qu'arborait le Serpentard.
Malfoy était fier de lui. Il venait de faire un pas de plus vers la réussite de sa mission. C'était un nouveau plan qui avait germé dans sa tête quand il avait entendu la conversation du trio à l'infirmerie. Il avait attendu que Potter sorte de sa prison blanche pour le mettre en œuvre. Weasley s'était détaché d'eux tout seul sans qu'il fasse quoi que se soit. Il ne manquait plus que de semer le doute dans l'esprit de Potter par rapport aux paroles du rouquin et il venait de réussir. Il espérait par-dessus tout que, par fierté, Potter et Weasley ne se raccommode pas, maintenant que le balafré pensait la même chose que la belette. Mais malgré tout, quelque chose le chiffonnait. Pourquoi Weasmoche croyait dur comme fer que la Sang-de-Bourbe était dans son camp à lui, celui des sang pur ?
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
