Chapitre 23 : Pourquoi ?
- Je te déteste Draco Malfoy, cracha Hermione en se retournant vers lui.
Draco perdit son sourire. Il regarda Hermione qui le fixait avec tellement de rage et de haine. Oui, cette fille ne pouvait pas l'encadrer. Il voulut répliquer mais il n'eut pas le temps, les deux lionnes avaient déjà tourné les talons. Hermione vouait une vraie haine envers lui, pas celle qui permettait d'ignorer la personne détestée, non, celle qui vouloir voir la personne morte et enterrée. Son sourire refit surface sur son visage pâle. Il préférait ça à de l'indifférence, pour lui ce serait plus facile. Oui, beaucoup plus facile …
Ginny suivait Hermione en silence. Pourtant au fond d'elle brulait un vrai volcan prêt à exploser. Elle n'avait qu'une envie, c'était de crier combien la vie était injuste, de crier sur Harry et Ron pour leur dire combien ils étaient stupide, de crier sur Malfoy pour être le pire salaud de tous les temps, et aussi sur Hermione pour les avoir mit dans cette situation par amour …
Oui, l'amour avait du bon mais, en temps de guerre, cela pouvait mener à des conséquences désastreuses. On ne pouvait choisir celui qui kidnapperait notre cœur, qu'on aimerait plus que tout. Elle avait eu la chance d'aimer Harry le grand héro, l'élu, mais Hermione n'avait pas eut le choix d'aimer un Mangemort, son ennemi. Cela lui rappelait une histoire qu'Hermione lui avait racontée. Celle-ci relatait la vie de deux moldus, un homme et une femme qui s'aimaient mais qui n'en avait pas le droit. Ces deux là appartenaient à deux clans différents, à deux clans ennemis. Si elle se souvenait bien les deux personnages portaient le nom de Roméo et Juliette. Hermione et Zabini leurs ressemblaient mais pourtant le contexte était si différent.
Ginny le trouvait pire car dehors c'était la guerre et personne n'était au courant de leur idylle, personne sauf elle. On pouvait la comparer au prêtre, du conte de Shakespeare, qui maria les deux ennemis. Elle était maintenant leur lien, qui prouvait que leur amour était réel. Elle était prise entre deux feux, pour une chose qu'elle ne comprenait pas totalement. Elle pouvait comprendre que deux personnes s'aiment vraiment mais elle avait du mal à saisir le pourquoi du comment. Comment le Zabini qu'elle connaissait pouvait être celui qui était avec sa meilleure amie ? Pourquoi était-il aussi différent de ce qu'il montrait aux autres ? Il était dans le camp du mage noir, camp qui interdisait toutes formes d'amour et d'amitié. Comment pouvait-il être dans ce camp ? Ou est-ce que tout cela cachait quelque chose de bien plus grave ? Elle ne savait plus quoi penser, vraiment plus. Et puis pourquoi Malfoy s'acharnait-il ainsi sur elle. Est-ce lui qui a été désigné pour faire la mission contre elle ? Apparemment oui. Et il commençait fort. S'attaquer au sujet le plus sensible et faire d'une pierre deux coups.
Toucher Hermione au plus profond d'elle et faire douter l'élu de sa meilleure amie. Oui, Ginny voyait clair dans le jeu du Serpentard. Celui-ci avait tout prévu et elle se demandait vraiment si la réunion qu'il avait mentionnée aurait lieu réellement. Et comme par hasard Nott était convié. Elle regarda Hermione. Celle-ci avançait d'un pas rapide, tout en ayant la tête baissée. Ginny était sûr qu'elle retenait ses larmes de sortir. Cette attaque l'avait vraiment touché. Elle ne pouvait comprendre ce que la brune ressentait exactement, n'ayant jamais vécu de viol. Mais elle pouvait facilement voir que ce drame l'avait totalement transformé. Elle était devenue vulnérable à la moindre attaque.
Cette scène renforça les dires d'Hermione. Celle-ci ne pouvait mentir, la rouquine était d'autant plus sûre maintenant. Une nouvelle détermination l'envahie. Il fallait à tout prix la sauver de ce piège. Il fallait à tout prix qu'elle parle à Harry et le convainque, quitte à dire son secret tout en cachant sa relation avec Blaise. Il comprendrait l'allusion de Malfoy et ainsi reviendrait vers sa petite sœur de cœur qui avait plus besoin de lui que Ron. Oui, Harry était moins têtu que son frère, il comprendrait enfin … elle l'espérait …
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Quand à Harry, il avait courut aussi loin que possible, aussi loin que son souffle lui permettait d'aller, loin des filles. Les rares personnes dans les couloirs le regardaient avec des yeux ronds. Pourquoi l'élu courait-il ainsi dans le château alors que cela était interdit par le règlement. Et surtout y avait-il urgence ? Mais l'impression que Harry donnait ne lui faisait ni chaud ni froid. A ce moment là, rien n'importait et encore moins l'avis de personne qu'il ne connaissait pas ou juste de vue. Il n'arrivait pas à croire ce qui venait de se passer. Il était totalement déconnecté de la réalité, réalité si brutale et violente. Il n'arrêtait pas de se répéter que « non », elle ne pouvait être vrai, Hermione ne pouvait pas leur avoir fait ça. Ce n'était pas possible ! Pas elle ! Mais par-dessus tout, le doute régnait. Il craignait que Ron ait raison. Il avait confiance en eux alors comment savoir ? Il savait que le rouquin pouvait se tromper, enfin … il l'espérait surtout. Mais pourquoi Malfoy serait venu à elle ainsi ? Pourquoi lui avait-il dit ses mots là et pas des autres ? Et surtout pourquoi avait-elle hoché de la tête pour affirmer les dires de leur ennemi ?
Il savait que cela pouvait être prit de différente façon mais le doute était là. Les paroles de Ron résonnaient en lui. Et Ginny ? Il se rappela soudain de la rouquine qui était aussi présente. Elle n'avait pas réagit comme lui, voir pas du tout devant cette discussion. Etaient-elles toutes les deux des « traitresses » ? Ou est-ce vraiment son imagination qui lui jouait des tours ? Ou était la vérité dans les paroles de ses meilleurs amis ? Ron ? Ou les filles ? Il s'arrêta soudain de courir, il n'en pouvait plus. Il se plia en deux, le souffle coupé. Il reprit son souffle puis regarda autour de lui pour se situer. Il aperçut le tableau de la Grosse Dame au bout du couloir. Sans le vouloir, il s'était dirigé vers sa maison, le dortoir des Gryffondors.
Mais ce soir, il ne voulait pas rentrer dans la tour des lions, il ne voulait pas rejoindre Ron. Il avait peur que celui-ci tire les conclusions qu'il voudrait bien y voir. Il n'était pas obligé de lui raconter mais non. Rien que sa présence le ferait douter. Tant que cette histoire ne serait pas tirée au clair, il n'irait pas voir Ron, ni Hermione, ni Ginny. Il voulait réfléchir seul sans quelqu'un pour interférer dans un sens ou un autre. Mais où allait-il aller ? Où pourrait-il dormir ? Il marchait sur place depuis un moment, cherchant un endroit où dormir quand il sursauta. Une porte était apparue à côté de lui. Il se rappela soudain où il se trouvait exactement, devant la tapisserie de Barnabas le Follet qui essayait d'apprendre à des trolls l'art de la danse. La salle sur demande venait de lui donner la réponse à sa question. Il venait de trouver l'endroit qui lui permettrait de réfléchir et de se protéger de tout doute.
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Hermione s'arrêta devant le tableau cachant leur appartement. Elle n'osait le franchir de peur d'affronter Blaise. Elle savait qu'il n'était pour rien mais son cœur n'arrêtait pas de lui crier qu'il était responsable du départ d'Harry. En fait, c'était surtout à elle-même qu'elle en voulait. Elle ne pouvait s'empêcher de culpabiliser pour n'avoir su se protéger lors de ce jour fatidique et pour avoir cédée à son égoïsme lors du départ d'Harry. Elle ne se reconnaissait plus du tout et elle comprenait pourquoi Ron et Ginny lui en avait voulu. Elle sentait justement celle-ci derrière elle. La seule personne de qui elle avait encore le soutien, mais si Harry lui demandait de choisir ? Resterait-elle avec elle, la pauvre Hermione ? Elle s'en voulait aussi pour se dénigrer ainsi. Elle était Hermione Granger bon sang ! Comment pouvait-elle arrêter de se battre contre le destin qui s'acharnait contre elle ? Il fallait faire face. Fuir n'était pas la meilleure solution car les problèmes nous rattrapaient toujours. Elle souffla alors le mot de passe et entra dans la salle commune. Il n'y avait personne. Où était Blaise ?
- Blaise ? appela-t-elle d'un ton hésitant.
- Hermione ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il
en apparaissant dans la pièce inquiet par le ton de sa petite amie.
Quand il vit son visage, il craint le pire. Qu'est-ce qui s'était passé ? Le visage grave de la Weasley prouvait qu'il y avait bien eut quelque chose mais quoi ?
- Pourquoi ? cria soudain la brune en s'approchant d'un pas.
- Pardon ? demanda Blaise qui ne comprenait pas où elle voulait en venir.
- Pourquoi existe-t-il le jour et la nuit ? Pourquoi la lumière et les ténèbres ? Pourquoi ? cria-t-elle toujours en s'avançant vers lui.
- Hermione, supplia-t-il pour qu'elle se calme.
Il ne comprenait toujours pas où elle voulait en venir même s'il se doutait du thème. Mais qu'est-ce qui avait mit la brune dans cet état ?
- Pourquoi es-tu à Serpentard et moi à Gryffondor ? Pourquoi deux camps différents ? Hein, pourquoi ?
- Parce que c'est comme ça, dit-il sans savoir trop quoi dire.
- Pourquoi cette foutue guerre ? Pourquoi ?
Une goutte d'eau salée coula le long de sa joue, silencieuse. Une deuxième s'en suivit puis pleins d'autres. La tristesse se mélangeait à la rage et ce visage ravagé par les larmes marqua Blaise. Il ne l'avait jamais vu ainsi. Il l'avait vu déprimée, en colère, triste, heureuse, mais jamais ce mélange. Il ne savait quoi faire pour arrêter ce désastre, pour la voir sourire à nouveau, la voir heureuse. Il regarda la rouquine quémandant de l'aide mais son regard surpris lui fit comprendre qu'elle ne savait pas non plus comment faire.
Il remarqua aussi que, derrière cette surprise, il y avait de la compréhension. Elle savait qu'Hermione allait pleurer. Mais qu'est-ce qui c'était donc passé pour la voir dans cet état ? Il regarda à nouveau sa petite amie. Elle avait des sursauts dus aux larmes et à la colère. Elle essayait de reprendre son souffle pour sortir une nouvelle tirade. Il fallait que ça sorte, il le savait, alors il décida de la laisser s'exprimer. Elle ne pouvait pas tout garder en elle ainsi. Il savait que toute cette histoire la bouffait de l'intérieur, lui rognait le cœur petit à petit. Mais que pouvait-il faire de plus qu'être présent à ses côtés ?
- Pourquoi un mégalomane doté d'un esprit plus que tordu, à la tête de serpent, est-il venu au monde ! Pourquoi a-t-il voulu régner sur le monde alors qu'il ne sait même pas ressentir quoi que ce soit à part de la haine et de la jouissance à torturer ? Je déteste sa mère pour l'avoir mit au monde et surtout pour l'avoir abandonné ! Hein, dis-moi pourquoi Blaise ? Dis-moi pourquoi à cause de lui, j'ai Malfoy à mes trousses, que j'ai mes deux meilleurs amis qui me tournent le dos et que tu ne penses qu'à tes réunions ?
C'était donc ça ? Elle était arrivée devant lui et frappait sa poitrine de son doigt à chaque nouvelle question. Les larmes ne s'étaient pas taries. Juste le ton de sa voix avait diminué. La colère laissant place de plus en plus à la tristesse. Il ne supportait pas de la voir ainsi et il fit la seule chose qu'il pouvait faire à ce moment là : la prendre dans ses bras. Elle résista un instant puis céda. La colère était totalement partie et elle pleura encore plus. Il comprenait maintenant de quoi il en retournait. Malfoy avait attaqué, l'affaire était lancée. Il avait réussit à éloigner Potter et Weasley de la brune.
- Chut, calmes-toi, je suis là, Weasley est là, tu n'es pas seule et tout s'arrangera.
- Tu es sûr ? demanda-t-elle d'une toute petite voix.
Blaise la trouvait très vulnérable à ce moment là. On aurait dit la petite voix d'une enfant qui ne demandait qu'à être rassurée. Qu'avait fait exactement Malfoy pour qu'elle soit réduite à ça ? Et de quelle réunion parlait-elle ?
- Quelle réunion ? demanda-t-il soudain rompant le silence qui s'était installé.
- Malfoy lui a demandé de te dire que tu n'oublies pas la réunion de ce soir avec lui et Nott. répondit Ginny à la place d'Hermione qui ne s'en sentait pas capable.
- Nott ? demanda-t-il en s'éloignant un peu de la brune pour croiser son regard. Mais Nott n'a jamais participé à ces réunions !... Ah le salaud !
- Mais tu avoues que tu avais une réunion ? demanda la rouquine d'un ton accusateur.
- Non, il y en n'avait pas de prévue. Je n'aime pas appeler ça des réunions, plutôt des conversations mais bon … Argh !
Il venait de sortir un cri de rage remplit d'impuissance et de frustration, tout en s'éloignant de sa petite amie. Il lui tournait le dos et il prit sa tête dans ses mains. Il s'en voulait d'avoir dit à Draco le secret de la Gryffondor. Oui, il lui en voulait de lui faire autant de mal mais il s'en voulait aussi de ne pouvoir rien faire pour la protéger. Il était coincé entre deux feux, entre deux camps. Il se retourna vers elle. Elle avait un regard vide qui lui serra le cœur encore plus. La seule chose qu'il pouvait faire, était être là pour elle quand il le pouvait. Mais il trouvait cela insuffisant.
- Je suis désolé mon cœur, murmura-t-il en prenant le visage de celle-ci entre ses mains. Tellement.
- Je sais, dit-elle en un souffle.
Il se pencha vers elle et l'embrassa avec plein de douceur et d'amour. Il ne le savait pas encore, mais c'était de l'amour qu'il ressentait pour elle.
- Tout s'arrangera, ne t'inquiète pas.
- Comment veux-tu que tout s'arrange si tu es dans le camp qui à produit tout ça ? demanda agressivement la cadette des Weasley.
- Laisse Ginny, dit Hermione, il n'y peut rien.
Personne ne la contredit même si tous n'en pensait pas moins. Blaise savait qu'il était responsable de cette situation. Il avait l'obligation d'aider Draco dans tous ses projets. Il détestait ça. Il détestait avoir l'impression d'être au service d'un Malfoy. Il détestait être justement dans ce camp qui faisait tout le malheur de sa petite amie. Leur relation n'avait pas d'avenir mais il ne pouvait se résoudre à rompre. Il tenait trop à elle pour ça, il avait besoin d'elle, comme elle avait besoin de lui.
Il sursauta un peu quand il entendit le tableau claqué, Ginny venait de quitter l'appartement des Préfets-en-Chef. Il savait qu'elle aussi se sentait impuissante et qu'elle préférait se sentir plus utile ailleurs.
- Je ne veux plus que tu doutes de toi ainsi Hermione. Tu es incroyablement belle et intelligente. Tu sauras faire revenir tes amis vers toi, j'en suis sûr. Peut-être devrais-tu leur dire, ils pourraient comprendre et du coup se rapprocher de toi. Comme cela nous a rapprochés, toi et moi.
- Non, je ne veux pas, fit-elle d'un ton suppliant, ils me prendront pour un monstre.
- Tu es folle ! Pour eux ce sera Nott le monstre, crois moi.
- N'importe quoi !
- Réfléchis-y, c'est tout ce que je te demande. Allez viens dormir, tu as besoin de repos.
Ils se dirigèrent vers la chambre de la Gryffondor. C'était souvent dans cette chambre qu'ils dormaient ensemble et Blaise commençait à s'habituer aux couleurs rouge et or décorant la pièce.
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
