Hello, hello,

Je suis vraiment contente que More Human Than Human vous plaise (pour l'instant, en tout cas)

Un gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre, les modifications apportées, tout ça !

Pas de soucis cette semaine et pas de passages en italiques !

Bonne lecture !

PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme


Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.


Chapitre 07 - Réunion

Comme la veille, le portable de Peter qui vibrait sur sa table de chevet, couplée à la voix nasillarde du présentateur qui s'extasiait sur Thriller, fut la cause du réveil de Stiles. Toujours comme la veille, pas de loup-garou dans les parages pour tâtonner, à la recherche de l'appareil, et l'éteindre. L'humain grogna de mécontentement, la tête cachée sous l'oreiller. Bien qu'il se doutait de ce qu'il allait trouver, il tendit quand même un bras afin de tâter la place de Peter. Comme prévu, pas là. La couette en vrac. La place froide. Ça devait faire un moment déjà que son compagnon s'était fait la belle.

« Pff. » Souffla Stiles, tirant à lui davantage de couverture et se mettant en boucle.

Il grappilla à peine trois minutes de sommeil – ou de pas sommeil, il ne dormait pas – supplémentaires. Il fallait bien qu'il quitte le lit à un moment ou un autre pour se préparer. Il fallait aussi que quelqu'un descende réveiller Peter qui, Stiles n'en doutait pas, avait dû se rendormir sur le canapé devant The Weather Channel, ou pire encore.

« À faire ça, il serait mieux au lit. » Grommela l'humain, avisant le lycanthrope affalé dans le salon. Stiles avait eu tort de penser que Peter s'était installé devant la chaîne météorologique, le loup lui ayant préféré Cozi TV et son énième rediffusion de Highway to Heaven. Jonathan et Mark avaient encore de belles années de rediffusion devant eux – même si on ne pouvait pas en dire autant pour ceux qui les incarnaient.

Sur le ventre, les doigts de la main droite frôlant le carrelage, une jambe pliée, la joue déformée sur le coussin, Peter était loin du Peter tiré à quatre épingles, costard-cravate, rasé de près, qu'il serait d'ici une petite heure. Stiles se moqua un peu. Il s'installa sur le bord de la table basse et prit une paire de clichés, histoire de refaire son stock de photos « à montrer à la meute si tu m'agaces et tu pourras dire adieu à ta crédibilité de psychopathe après », puis, seulement, le réveilla.

« Pas maint'nant. » Ronchonna Peter, sa main cherchant à chasser l'importun.

« Je vais pas te refaire le coup des réunions d'hier... mais ça change rien au fait que tu doives te lever, Pet'.

« Suis malade. »

« De un, tu n'es jamais malade car tu ne peux pas être malade donc tu n'es pas malade. De deux, Catherine ne gobera jamais ça puisque point un. De trois, je doute que ce soit une excuse suffisante pour sécher le boulot. »

« Grmpf. »

« On ne grmpf pas. » Se moqua l'humain qui, après avoir passé une main dans ses cheveux, sourire aux lèvres, se redressa. « Je te fais le petit déj', après tu te lèves. »

« Compte là-dessus, ouais. »

« Ah mais je compte bien compter là-dessus ! »

« Satan. » Peter retira le coussin de sous sa tête et le planqua plutôt sur son visage. « Lucifer. Belzébuth ! »

o o o

« Peter ? Y a une réunion, ce soir? » Les yeux sur son téléphone, un toast beurré dans la bouche, Stiles envoya quelques miettes à la figure de son voisin qui grimaça, dégoûté. « Ce soir ? Mais genre... ce soir, ce soir ? »

Si le loup-garou avait eu des lunettes, il aurait pu regarder Stiles par-dessus celles-ci. Son regard « Tu te fous de moi, chéri ? » aurait alors eu nettement plus d'impact, foi d'humain. Un peu comme les regards agacés, les « Êtes-vous un sombre crétin, Stilinski, ou vous contentez-vous d'être un parfait abruti ? » du professeur Harris en son temps – paix à son âme et puisse-t-il brûler en Enfer encore une ou deux années. Mais Peter n'en avait pas, ce qui était dommage.

« C'est l'anniversaire de mariage de Scott et Kira, samedi. Ils ont avancé la réunion à ce soir pour ne pas devoir voir ta tronche samedi. Cadeau d'anniversaire, tout ça. »

Stiles ne rebondit pas sur la remarque, habitué à ces dernières – et ne se privant généralement pas pour en faire de similaires. À la place, l'humain fronça les sourcils, se battant avec le beurrier.

« Et tu sais ça parce que... ? »

« Parce que c'est marqué sur le frigo depuis quinze jours. Sous le décapsuleur. En gros. De ton écriture de... ton écriture. 'S21, AM S&K'. »

« Aaaaah ! Parce que c'est ça que ça voulait diiiire ! »

Au vu du regard blasé qu'était, encore une fois, en train de lui lancer Peter, Stiles songea qu'il était plus que temps pour l'avocat de mettre une paire de lunettes sur le bout de son museau. Ça manquait au personnage. Son regard manquait de pep's et... Non. Pas de pep's, mais ça ne faisait pas terminé. Un vieux mug ébréché entre les pattes, Peter souffla sur son thé.

« Oui Stiles. C'est ça que ça voulait dire. » Il leva les yeux au ciel. « Et comme ton crétin d'ami tient à ce qu'on fasse impérativement au moins une réunion par semaine, pour être sûr de ne rien louper... on se tape une réunion ce soir, après le boulot. » Il s'interrompit pour prendre une longue gorgée de sa boisson. « Pour ce que ça nous réussit, en plus, de nous réunir aussi souvent. »

Grimace. Sur le visage de Peter. Sur celui de Stiles aussi. Le dernier problème qui les avait frappé – très méchamment frappé même – remontait à quelques semaines à peine, et il n'avait rien eu de surnaturel ! Du moins... pas directement. Le surnaturel était simplement la raison de leur venue.

« Ça ne se reproduira pas. » Asséna le plus jeune.

L'autre n'était pas de cet avis. Peter marmonna un petit « Mouais, c'est ce qu'on verra » tout ce qu'il y avait de moins convaincu et convaincant. Son pied commença à taper contre le sol de la cuisine. À deux reprises, son genoux fit trembler la table. Sans prendre le temps de terminer son thé, et sans une parole supplémentaire, le loup-garou recula sa chaise et quitta la pièce, direction l'étage.

« Peter... » Appela Stiles.

« Je vais me préparer. » Répondit-on depuis le milieu des escaliers

« Tu peux pas partir comme ça. Pas comme ça. Ça se fait pas. Peter ! »

Pas de réponse. Juste le grincement des marches que l'on montait deux par deux.

« Fait chier... » Les coudes posés sur la table, les mains dans les cheveux, Stiles saturait. La situation devenait invivable.

o o o

« Salut. » Stiles n'avait pas envie de sourire. Il prenait sur lui pour faire bonne figure mais, ayant ruminé toute la journée l'incident de la matinée, ne ferait pas l'effort supplémentaire nécessaire à l'ambiance. Il fit rapidement la bise à Kira puis entra. « J'suis pas trop à la bourre, j'espère. »

« On attend encore Derek, Peter et Malia. »

Stiles commença aussitôt à se mettre à l'aise. Il retira sa veste d'uniforme, et tout l'attirail qui allait avec, pour déposer le tout sur le fauteuil qui avait déjà recueilli celles des autres. Après quoi, l'agent se tourna vers la maîtresse de maison. Un peu malgré lui, un sourire amusé était apparu, il ne put retenir la remarque qui lui brûlait les lèvres.

« Il manque le clan Hale, quoi... »

« Tu peux parler, Bilinski. » Se moqua une voix depuis le salon. « Celui qui est le plus souvent en retard, ici, c'est toi ! »

« Et, techniquement, ils ne sont pas encore en retard. » Intervint Liam.

L'humain entendit Isaac grogner après la dernière remarque, qui lui était tout particulièrement adressée. Stiles n'assistait pas à la scène mais la voyait quand même se jouer sous ses yeux. Il savait, au geste près, ce que chacun faisait. Isaac, allongé de tout son long sur le canapé, ses longues jambes dépassant largement et traînant dans le passage, s'était tourné – abandonnant la position parfaite si difficile à trouver – afin de foudroyer Liam du regard. Liam, enfoncé dans le fauteuil au niveau de la tête du bouclé souriait, fier d'avoir pu le moucher.

Sans être houleux, les rapports entre Lahey et Dunbar n'étaient pas non plus au beau fixe. On pouvait leur faire confiance pour travailler en binôme lorsque la situation l'exigeait mais pas à un autre moment. Sauf si envie d'une Apocalypse imminente.

« Il manque aussi Jordan. » Rappela Lydia, levant les yeux vers eux, sans, toutefois, jamais vraiment se décoller du téléphone qu'elle avait dans les mains et sur lequel elle n'avait de cesse de pianoter depuis son arrivée, un quart d'heure plus tôt.

« Hmm, y viendra pas. » Stiles pensait qu'elle s'en serait doutée. C'était Lydia, la femme à laquelle on ne peut rien cacher ! « C'est pas une réunion urgente, donc... »

« Et c'est quoi, pour lui, une réunion urgente ? » Installé sur le bord du fauteuil où Liam avait pris ses aises tantôt, Mason fixait l'autre humain de la bande. Sourcil haussé, sa question en était vraiment une. Elle n'était pas que pour la forme.

« Quand je me fais kidnapper. » Claqua Peter, le visage fermé, réussissant ses entrées comme personne. « Enfin.. c'est ce que j'en déduis puisqu'il était présent au moment où vous m'avez récupéré. »

Mason hocha la tête. Il s'en voulait d'avoir trop parlé, trop vite, comme en témoignait son sourire crispé. Le jeune homme détourna les yeux, surtout pour ne plus voir celui qui venait de répondre. Il trouva tout à fait passionnant le tableau à sa droite, posé sur le buffet. Qu'est-ce que c'était, au juste ? Peut-être qu'en le fixant assez longtemps, il allait avoir une révélation ! Liam comprit le malaise de son meilleur ami et, compatissant, lui tapota doucement la jambe.

Bien que ce soit d'une manière totalement différente des années précédentes, Peter avait encore le chic pour mettre mal à l'aise son auditoire en deux phrases et un sourire. Voire deux phrases et pas le moindre sourire. L'avocat, pourtant, ne s'intéressait déjà plus à Mason. Après avoir déposé sa veste de costume sur le dossier d'une chaise – il refusait de la laisser se froisser au milieu du tas de blousons et vestes des autres chimpanzés – Peter venait de desserrer sa cravate, la gardant autour du cou.

« Oh. Tout le monde est déjà là. » S'étonna Scott, dévalant les escaliers, manquant de tomber au passage. « Fallait m'appeler, hein ! »

« Mais quel idiot. » Peter s'était contenté de marmonner sauf que, entouré de loups-garous, c'était comme s'il ne s'était pas donné cette peine. Isaac lui jeta un petit regard en coin, amusé. Stiles aussi. Ils furent les seuls. à

« Malia et Derek sont pas encore là, Scotty. » Soupira Stiles, roulant des yeux. « Peter est le plus ponctuel des Hale. »

« T'as pas intérêt à ce que Malia t'entende dire ça... » Ricana Mason qui avait retrouvé sa langue. « Elle déteste qu'on rappelle qu'elle est liée aux Ha- »

« Et tu n'as pas intérêt à terminer cette phrase, Mason, si tu ne veux pas que je t'égorge. » Menaça l'avocat. « Et avec les dents, si ça peut te faire plaisir. »

Liam pouffa. Mason avait l'art et la manière de se mettre les Hale, les purs et durs, à dos. Peter comme Derek. Ni l'oncle, ni le neveu ne semblaient porter Mason haut dans leur cœur. Ils ne lui laissaient rien passer, réagissaient au quart de tour pour des remarques qui ne les auraient même pas fait broncher si elles avaient été dites par un autre. Les menaces de mort à son encontre fusaient, et étaient toutes plus imagées les unes les autres – celle que Peter venait de grogner était la version classique.

Stiles, au contraire, l'avait rapidement adoré et adopté. Parce que Mason était un autre humain – et à 100% s'il-vous-plaît – dans la meute très hétéroclite et un peu étrange, à certains égards qu'ils formaient, oui. Parce qu'il avait su reprendre le flambeau et réussissait merveilleusement bien à agacer les Hale à sa place aussi.

Sans un regard ni une parole pour son conjoint, Peter s'avança vers le canapé, sa mallette de travail de nouveau en main. Il ne se soucia pas des jambes d'Isaac, qui prenait toujours toute la place malgré les nouvelles arrivées et personnes à faire s'asseoir, et s'installa. Le bouclé se retira au dernier moment, quand il comprit que Peter n'allait pas faire cas de sa présence. Isaac marmonna qu'il avait été le premier à être là et que la moindre des choses serait de demander pardon. Un regard le fit taire. Stiles lui déconseillait de chercher des noises à Peter... et pour que même cet abruti de Stilinski lui prodigue ce sage conseil, lui qui, pourtant, aimait tellement leurs prises de bec, c'est que c'était du sérieux.

« Vous savez qu'après l'heure, c'est plus l'heure, hein ? » Lança Stiles en voyant Derek et Malia arriver derrière Kira.

« Tais-toi. » Derek, fidèle à lui-même, se contentait du minimum et allait droit au but ;

« Oui m'sieur. »

o o o

L'ordre du jour était bref. Très bref. Il ne se passait rien à Beacon Hills. Tout allait bien. Tout le monde était en bonne santé. La réunion aurait donc dû, selon toute vraisemblance, être rapidement expédiée. La majorité de la meute aurait même été jusqu'à dire que c'était là tout ce dont ils rêvaient. Ce ne fut pas le cas. La réunion ne fut pas brève du tout. Même quand il n'y avait rien à dire, les rendez-vous de meute duraient des heures car tout traînait en longueur. Le samedi n'avait pas été choisi pour rien. Ils avaient tous, plus ou moins volontiers, plus ou moins ravis aussi, su agencer leur emploi du temps pour les avoir libres.

Le coude posé sur l'accoudoir, le menton sur le poing, Peter commençait à somnoler. Les incessantes discussions des autres l'ennuyaient. Les questions idiotes. Les réponses idiotes aux questions idiotes. Les élucubrations farfelues de Stiles. Les réflexions – idiotes – de Mason, qui devait s'ennuyer au moins autant que lui pour en arriver là... tout était agaçant. Et incompréhensible. Une minute ils parlaient des chasseurs et l'instant d'après de ce que Scott et Kira avaient organisé pour dans deux jours pour en revenir à la prochaine pleine lune dont ils ne parlaient plus depuis bien dix minutes.

Derek, sur une chaise de cuisine, plaçait de temps à autre un grognement dans la conversation, histoire de rappeler sa présence et faire croire à tout un chacun qu'il suivait encore ce qu'ils racontaient. Son regard fixé sur l'abat-jour en disait pourtant long sur son état d'esprit véritable. Les doigts de Lydia, à défaut de pianoter sur son smartphone, tapotaient sur ses genoux et son air pincé était assez parlant pour que personne n'ose se risquer à lui demander son avis sur telle ou telle chose. Liam et Malia, qui participaient pourtant à la discussion, jouaient en même temps à 'pierre, feuille, ciseaux' pour mettre un peu de piment – oui, c'était triste.

« Ça va, Peter ? » Murmura Kira, assise près de lui. Elle qui, d'habitude, restait concentrée un maximum sur ce qui se disait afin de recadrer ceux qui dérivaient un peu trop, avait exceptionnellement décroché. La Kitsune regardait le loup-garou, la tête légèrement penchée sur le côté, concernée. Un brin inquiète, aussi, on dirait.

« Hein ? » Sursauta presque Peter. Il ne l'avait pas vu venir, celle-là. Kira qui initie un contact, qui essaie d'établir un semblant de conversation avec lui alors même que Scott, Mason et Stiles commençaient à se chamailler – encore. « Ouais... ouais. » Simples murmures. « Ça va. Toi ? »

« Et le boulot ? » La jeune asiatique souriait. Elle n'était pas toujours à l'aise avec Peter, ce qui convenait au principal concerné. D'ailleurs, la situation n'avait pas totalement changé, Kira s'était contentée d'un signe de tête pour lui répondre.

L'avocat fronça les sourcils. Fatigué, l'anodine question paraissait être aussi farfelue que les idées les plus tordues de Stiles. C'était dire !

« J'étais au tribunal toute la matinée. » Il haussa les épaules. « Réunions cet après-midi. »

« De quel côté de la barre, au tribunal ? » Vint se moquer Isaac, dont les oreilles traînaient partout sauf là où on voulait d'elles.

« Du bon côté. »

L'autre lycan ricana, pas convaincu.

« T'as encore réussi à faire acquitter un bourreau d'enfants ? »

Peter serra les poings. Il allait finir par faire bouffer ses diplômes – ou des copies, oui, des copies c'était mieux – à ce crétin à bouclette. Peut-être qu'ainsi, il saurait faire rentrer dans cette tête de piaf que se taire peut, parfois, être la plus intelligente des réactions.

« Je suis avocat d'affaires, Isaac. »

« Mais tu es bouché ou quoi ! » S'écria Stiles, de l'autre côté du canapé, captant l'attention de tous, même de ceux qui étaient mentalement à des lieues d'eux. « Je te dis. Que tout. Va bien ! Scott, quand je te dis que tout va bien, tout va bien. C'est le principe. » Il foudroyait son Alpha de meilleur ami du regard, plus assassin, plus venimeux que jamais. « Te prends pas pour Harry Potter et essaie pas d'aller sauver Sirius. C'est à cause de ça qu'il se fait buter par sa cousine. »

Les poings toujours serrés, sur le point de commencer une nouvelle partie, Malia et Liam jugèrent pourtant préférable de s'abstenir et de se contenter de suivre. Heureux de l'animation, la vraie, qui s'annonçait – et ce même si ça allait barder pour l'un, l'autre ou les deux – Mason s'était laissé tomber sur les genoux de son ami de lycée, plus à son aise pour suivre l'échange. Il termina pourtant par terre, poussé tel un malpropre. Derek se désintéressa des abats-jours et Lydia revint sur terre.

Les trois derniers, Isaac, Kira et Peter, mirent eux aussi leur ébauche de conversation en suspend. Que se passait-il ? Pourquoi entendaient-ils, tout à coup, Stiles s'énerver après Scott ? Ça avait beau être devenue monnaie courante, la meute demeurait perplexe à chaque fois. Quel avait pu être l'élément déclencheur, cette fois-ci, et pourquoi pas un seul d'entre eux semblait en état de comprendre ? Il devait quand même bien une personne qui avait suivi. Non ?

« Tu espères me convaincre que tout va bien, là ? » Grimaça Scott, dubitatif. « Sérieusement ? »

« Oui. »

« Je te connais mieux que n'importe qui, Stiles. » Rappela l'Alpha, sonnant le glas de la conversation courtoise. « Je sais quand tu me mens... et tu me mens. »

« Tu me connaissais mieux que n'importe qui. » Stiles avait limite craché ces mots. « Connaissais. T'es peut-être toujours mon meilleur pote mais t'es loin de toujours être celui qui me connaît mieux que n'importe qui. Et je t'interdis de prétendre le contraire. »

« Stiles... »

« Pcht ! » L'interrompit l'humain, un doigt dressé. « Je parle. Tu te tais. Tu m'écoutes. »

Yeux dans les yeux, McCall et Stilinski s'affrontaient. Alpha contre humain, ils étaient comme seuls au monde. Les autres n'avaient pas la moindre espèce d'importance. Eussent-ils été invisibles que ça n'aurait rien changé. Trente-sept secondes plus tard, Scott baissait les armes. Soupirant, il leva les mains en l'air puis désigna son meilleur ami. Stiles pouvait continuer, il se tairait et écouterait comme demandé. Exigé.

« Je t'ai pardonné beaucoup de choses, Scott. Et je t'en pardonnerai encore beaucoup. Les menaces. Les attaques. Les grognements. Les abandons lorsque je suis en fâcheuse posture, par ta faute, mais que tu préfères batifoler dans la forêt. Theo. Je t'ai même pardonné Theo. » La bouche de Stiles formait une simple ligne, bien qu'il se força à sourire. « Pardonné. Pas oublié. »

Malia s'agitait, mal à l'aise. Comme les autres, elle garda le silence. Derek, lui, avait décroché à la mention de l'abandon et de la forêt. Il avait porté son attention sur son oncle. Peter donnait l'impression d'avoir du mal à suivre et il ne comprenait pas les motivations de son aîné. Comme s'il pouvait faire croire à qui que ce soit qu'il perdait le fil de la discussion, alors qu'il était parmi les trois personnes les plus intelligentes de la pièce.

« Je ne t'ai pas pardonné ce qui s'est passé avec Peter, par contre. » Claqua Stiles, perdant quelques décibels. « Tout ce qui se passe actuellement, tout ce qui lui arrive actuellement... je considère que c'est ta faute. Uniquement. Ta faute. » Il détachait ses mots pour qu'ils s'imprègnent bien dans la tête de l'Alpha. « Derek pouvait rien faire. Tu les avais envoyés tout droit à l'abattoir. C'est. Ta. Faute. Alors ne m'oblige pas à te dire tout ce qui ne va pas actuellement... car ce qui ne va pas, c'est ta faute. »

D'ici une paire d'heures, peut-être moins, Stiles se mordrait les doigts d'avoir dit tout ça. Il se reprocherait de ne pas savoir réfléchir avant de parler. Maudirait de tous les noms d'oiseaux imaginable cette langue qui prenait trop souvent son indépendance et dédaignait consulter son cerveau. S'en voudrait d'avoir balancé tout ça devant témoins, devant Peter. Celui-ci, justement, toussota. Il fallait que quelqu'un interrompe cet idiot avant qu'il ne dépasse les limites... et il était le seul susceptible de remplir cette mission. Lydia mise à part.

« Stiles... » Intervint justement la Banshee. « Tu ne penses pas un mot de tout ça. »

« Si je n'en pensais réellement pas un mot... pas un de ces mots ne seraient sortis de ma bouche. »

« Tu sais que ça aurait pu tomber sur n'importe qui. Tu le sais. Ça aurait tout aussi bien pu être Liam et Mason. Scott et Kira. Isaac et Chris. Jordan et moi. N'importe qui, Stiles. Même Malia et toi. Le hasard a voulu que ce soit Peter et Derek, et que... »

« Le hasard ? » Les yeux ronds, un coin de sa lèvre supérieure retroussé, Stiles répéta, dubitatif. « Parce que tu crois encore au hasard, toi ? Parce que moi pas. Et certainement pas quand le hasard. » Il cracha le dernier mot. « Touche un de ces deux idiots. » Aidé de ses pouces, Stiles désigna Peter et Derek, installés à l'opposé l'un de l'autre.

« Si j'avais su que c'était un piège... je les aurais jamais envoyé là-bas. » Scott, mal à l'aise, triturait le cordon de son sweat.

« Le problème, c'est que tu les as envoyé là-bas... alors que Jordan et Chris t'avaient tous les deux dit qu'ils le sentaient mal. Qu'ils le sentaient pas. » L'humain parlait lentement. Ses mains s'agitaient plus que sa langue, pour le coup. « Un foutu flic, ex-militaire, et un tout aussi foutu chasseur te disent que ça pue et toi... pfiou... tu envoies Derek et Peter ! Que tu ne m'écoutes pas, c'est vexant, mais je peux comprendre. Tu penses que je manque d'objectivité dès que ça concerne ce crétin. » Liam et Isaac ricanèrent. Peter ne réagit pas à l'insulte. « Ni Jordan, ni Chris ne vivent avec Peter ou Derek. Ou alors j'ai loupé un sacré truc. Ils avaient aucune raison de s'inquiéter plus pour eux que pour les autres. »

Ils avaient tous su, dès le départ, que ces événements seraient, un jour ou l'autre, remis sur le tapis. Plus le temps passait, plus les semaines défilaient, plus ils s'étaient surpris à espérer s'être trompés.

« Tu aurais fait quoi si Peter était mort ? S'ils avaient tué Derek et embarqué Peter ? L'inverse ? T'aurais fait quoi ! »

Dommage que ni Jordan, ni Chris ne soient présents ce soir. Le chasseur faisait, comme Parrish, rarement acte de présence aux réunions, sauf absolue nécessitée.

« Je peux te pardonner toutes tes putains de mauvaises décisions lorsque tu nous concertes et qu'on penche du même côté que toi... parce qu'on fait la même connerie et qu'on est tous fautifs. Je peux même te pardonner tes décisions de merde quand tu ne nous concertes pas et fais tout dans ton coin en mode 'rien à foutre, c'est moi l'Alpha, j'fais tout qu'est-ce que j'veux, d'abord'. Même ça je peux te le pardonner, Scott. Là où ça pêche, c'est quand on te dit que c'est risqué... et que tu mets quand même la vie de ta meute en danger. Ça... ça, ça passe pas. »

La tirade de Stiles à peine terminée, Peter se redressa dans son coin de canapé. Le coude sur l'accoudoir, la joue appuyée sur son index et son majeur, l'avocat intervint pour la première fois de la soirée dans la conversation générale.

« On va peut-être y aller, non ? » Proposa-t-il. « Stiles ? »

Stiles se tourna vers son compagnon et le fusilla, lui aussi, du regard. Ça n'aurait pas d'effet sur Peter donc il pouvait se le permettre.

« Non. »

L'aîné Hale souffla. Un petit sourire en coin aux lèvres, il secoua la tête.

« Si. On va y aller. T'es en train de péter une durite sur cet abruti qui, aussi abruti soit-il, n'est pas responsable de ce qui s'est passé. » Scott regarda d'un regard noir son Bêta qui arrivait à l'insulter et le défendre à la fois. « Alors on va y aller avant que tu dises le mot de trop. »

« T'as écouté ce que j'ai dis ? » Demanda Stiles. « Il a pas écouté ce que... »

« Souviens-toi que, si tout le monde devait toujours écouter tout le monde... aucun de ce petit monde ne serait ici ce soir. » Peter expira. « Scott ne serait pas Alpha. Il ne serait même pas loup-garou car je ne l'aurais jamais mordu. Je n'aurais pas été Alpha, et c'est en partie pour ça que je n'aurais pas mordu cette andouille. On aurait pas... été... on nous aurait pas... brûlés vifs. Pas d'incendie, pas de coma de six ans pour moi. Pas de moi Alpha. Laura serait toujours en vie. Ma sœur aussi. Et pas de moi Alpha, pas de Derek Alpha. Pas de Derek Alpha, pas de Isaac loup-garou. Pas de Scott loup-garou, pas de Scott Alpha, pas de Liam loup-garou. Pas de Scott loup-garou, pas de Malia hu-hmm-humaine. Pas de Scott loup-garou, probablement pas de Scott et Kira McCall. » Énuméra-t-il à toute vitesse. Bien que butant sur certains mots, et éludant certains événements dont les plus graves, Peter semblait y avoir déjà longuement réfléchi. Stiles souriait. Regardait Peter, rassuré. Ça lui faisait du bien de l'entendre parler ainsi et prouver à tous qu'ils n'étaient que des crétins – ou presque que des crétins. « Si tout le monde devait écouter tout le monde... pas de toi et moi non plus, Stiles. Non seulement parce que ton père m'aime pas des masses, et Scott non plus. Mais surtout parce qu'on ne se connaîtrait probablement pas. Ou alors je ne serais que l'oncle d'une de tes camarades de classe, et ce serait pas terrible. »

Stiles se passa une main sur la mâchoire et soupira. Soit. Son raisonnement se tenait. Peter n'avait pas entièrement tort, il pouvait bien l'admettre.

« Certes... » L'humain se tourna vers l'Alpha de la meute. « Désolé. »

Il n'avait pas l'air désolé.

« Pas grave. »

Scott, quant à lui, n'avait pas l'air de ne pas trouver graves les accusations de Stiles. Au moins étaient-ils quittes niveau mensonges.

Pour que la meute tienne le coup, prospère et survive dans le temps, ils devaient pouvoir se faire confiance, se parler. Peut-être pas tout se dire mais pas loin. Ce que le fils du shérif venait de lui cracher à la figure inquiétait Scott. Si un membre de la meute, quel qu'il soit, perdait la foi, c'était terminé. C'était la porte ouverte aux prises de risques inconsidérées, aux décisions prises sans en informer les autres.

Suite à ce qui s'était passé avec Paige, Derek avait perdu foi en sa famille. Les conséquences avaient été désastreuses.

Si jamais Stiles répétait le schéma et s'éloignait de la meute, cessait de les écouter, Peter ferait de même. Nuls doutes à avoir là-dessus. Le Bêta n'appréciait pas l'Alpha plus qu'outre mesure et se méfiait de leur émissaire comme de la peste. Rien ne le retenait parmi eux exceptés Stiles et Derek. C'était peu.

« Peter ? Tout va bien ? » Chercha à savoir Scott, mal assuré.

« Ouais. » Peter sourit. Derek, moins que les autres, ne le crut pas.

« S'il y avait un problème, j'ose espérer que Stiles et toi en parleriez. »

« Moi de même. » S'amusa l'avocat, au grand dam de Lydia qui se pinça le nez.

« On est une meute. On doit pouvoir se faire confiance. » Rappela l'Alpha.

« La confiance doit aller dans les deux sens. »

Liam et Mason soupirèrent de concert. C'était reparti pour un tour.


Fin du septième chapitre.

Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de canards rois du monde ?

Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !

A bientôt pour le huitième chapitre, Oncle et neveu.

Skayt


J'en profite pour dire que, dorénavant, j'ai une page facebook (lien disponible sur mon profil - parce que, oui, les liens vers facebook marchent mais pas vers wordpress & co). Un calendrier prévisionnel des chapitres et one-shot s'y trouvera ; des extraits des prochains chapitres (ou des one-shot aussi) ; l'annonce de certaines fics et/ou OS avant. Des petits concours aussi, parfois. Fin bref ;)