Chapitre 24 : Encore et encore …

Une semaine. Une semaine que la situation n'avait pas changé pour nos héros. Le mois de novembre avait laissé place au mois de décembre avec son froid si caractéristique. Personne n'osait l'affronter et le parc de Poudlard était vide de monde. Une seule personne osait s'y aventurer. Elle avait besoin de réfléchir et quoi de mieux qu'être seule. Seule devant ce paysage si beau qu'était le parc en hiver. La neige n'était pas encore tombée mais elle n'allait pas tarder, peut-être dans les jours à venir. Quelques rayons de soleil parvenaient encore à percer les nuages. Les sirènes du lac venaient d'ailleurs en profiter avant que l'eau ne soit plus que glace. L'une d'elle tourna la tête vers cette personne courageuse portant bien les couleurs de sa maison autour du cou. Elle fit un signe léger de la tête avant de plonger à nouveau dans les profondeurs du plan d'eau. Cette personne répondit en faisant de même, un sourire aux lèvres. Lèvres cachées par l'écharpe rouge et or. On ne pouvait apercevoir que ses yeux d'un vert émeraude et sa légère cicatrice en forme d'éclair dissimulée par quelques mèches de cheveux rebelles. Harry aimait ce moment. Cela faisait une semaine qu'il se cachait des personnes chères à son cœur. Il vivait dans la salle sur demande, mangeait aux cuisines. C'est seulement pendant les cours qu'il n'avait pas le choix de les côtoyer. Et en les voyants, le doute réapparaissait. Il se disait que ce que lui soufflait son cœur était peut-être faux. Une semaine qu'il se torturait l'esprit. C'est pour ça qu'il aimait ses moments de solitude où il ne pensait à rien. Rien d'autre que ce qu'il avait autour de lui. Comme cette sirène qui lui rappelait le tournoi des trois sorciers en quatrième année. Comme le saule cogneur, au loin, qui lui rappelait son arrivée fracassante avec Ron lors de sa deuxième année. Comme la cabane de Hagrid. Il se souvenait très bien des gâteaux immangeables de son ami, sa troisième année quand ils avaient sauvé Buck ainsi que … Sirius. Son parrain. Le gros chien noir, qui avait kidnappé Ron et Croutard, et qui s'était réfugié dans le passage secret sous le saule cogneur. Oui, ce parc faisait partie intégrante de l'école, de sa maison, de sa vie. Avec Ron, Hermione et Ginny, ils avaient vécu tellement de chose. C'est dans ces moments-là qu'il se disait qu'aucun de ses trois-là ne le trahirait jamais. Mais soudain les images de Malfoy parlant à sa meilleure amie lui revenaient en tête. Les images de Ron lançant des regards noirs envers Hermione. En une semaine il n'avait vu que ça quand ils les avaient près de lui. Malfoy n'arrêtait pas de lui lancer des piques mais celle-ci ne réagissait même pas, seule la tristesse transparaissait dans ses yeux. Alors le doute était encore plus grand. Il ne comprenait vraiment plus. Voldemort était-il devenu encore plus fort pour que celui-ci arrive à détruire le trio d'or ? Il était supposé être le seul à pouvoir le détruire mais sans ses amis il n'était pas sûr d'y arriver. Il était tout simplement perdu.

- J'étais sûre de te trouver là un jour ou l'autre.

Harry sursauta vivement n'ayant pas entendu la personne arriver. Il se tourna vers elle et tomba sur des yeux d'un brun brillant qu'il reconnaitrait entre mille. La chevelure rousse si flamboyante qui entourait ce visage angélique le lui confirmait. C'était sa Ginny. Elle lui manquait plus que tout. Ils ne pouvaient sortir ensemble, pas jusqu'à ce que Voldemort soit six pieds sous terre. Mais il l'aimait comme un fou et être éloigné d'elle ainsi pendant une semaine l'avait torturé. Alors sans s'en rendre compte, il avança sa main vers sa joue. Elle s'était assise près de lui, trop près pour lui. Quand le contact se fit, Ginny ferma les yeux. C'était si bon quand il faisait ça. Elle aussi avait du mal à faire semblant de ne plus être un couple, car, au fond d'eux, ils en étaient toujours un. Elle avait juste envie qu'il pose ses lèvres sur les siennes et qu'il l'embrasse. C'était une vraie torture de ne pouvoir le faire quand elle le voulait, quand l'envie lui prenait. Alors, quand il le fit, elle fut électrisée. Le charme était là et Harry avait totalement oublié qu'il ne devait pas. Une fois son regard posé sur ses fines lèvres trop tentantes, il ne pouvait plus les ignorer. Il fallait qu'il les touche, qu'il les embrasse. Et c'est ce qu'il fit. Le baiser si chaste au début s'intensifia. Il n'y avait plus qu'eux au monde. Ginny était aux anges. Ce qu'elle souhaitait le plus au monde arrivait, elle en avait totalement oublié pourquoi elle était venue le voir jusqu'à …

Crack !

Le couple qui n'en était pas vraiment un sursauta et les deux se détachèrent l'un de l'autre. Ils s'étaient éloignés d'au moins un mètre, leurs regards braqués sur la personne qui n'aurait pas du voir ça. Mais ils se détendirent car, heureusement pour eux, c'était Hermione. Celle-ci avait suivit Ginny. Elle l'avait vu sortir dehors et se demandait pourquoi. Alors elle avait essayé de la rattraper et quand ce fut fait elle les avait vus. C'était si mignon. Elle était contente qu'ils nourrissent encore un amour aussi fort l'un pour l'autre. Mais elle était gênée d'assister à un moment si intime sans qu'ils le sachent donc elle avait voulu s'en aller discrètement mais une branche n'était pas d'accord avec elle. Maintenant elle avait devant elle deux regards différents. Un remplit de culpabilité, celui de Ginny. S'en voulait-elle de sortir en cachette avec Harry vu la situation ? Mais Hermione ne lui en voulait pas, elle comprenait très bien les amours interdits puisqu'elle-même était embourbée dans les méandres d'un amour comme celui-là. Par contre le regard d'Harry était remplit d'hésitation. Que devait-il faire ? Quelle réaction devait-il adopter ? Il ne put y réfléchir plus.

- Désolée, dit Hermione en tournant les talons.

Le silence retomba sur le parc et avec lui des remords. Harry s'en voulait d'avoir cédé à ses pulsions. Cela aurait pu être quelqu'un d'autre qu'Hermione mais qu'est-ce qu'il se sentait mieux, vraiment mieux. Il jeta un rapide coup d'œil à la rousse et regretta tout de suite. Elle était si belle avec le soleil qui rendait encore plus éblouissant sa chevelure de feu. Il se leva donc afin d'échapper à ses pensées.

- Harry, attend ! s'exclama-t-elle après qu'il eut fait quelques pas.

Il se retourna malgré sa raison qui lui criait le contraire. Ginny s'était relevée elle aussi avec un nouvel éclat de détermination dans le regard.

- Gin, s'il te plait.

- Je ne veux pas te parler de ce qui vient de se passer Harry, je sais ce qu'il en est.

- Ne le prend pas ainsi tu sais …

- Je sais Harry, ne t'inquiète pas pour moi, ce baiser me donne encore plus confiance en toi et en nous alors …

Harry hocha la tête en signe de compréhension. Ce baiser disait tout. Cette situation était difficile pour eux deux et dire quoi que ce soit de plus ne servirait à rien, la guerre devait finir au plus vite c'est tout ce qu'ils savaient.

- De quoi veux-tu me parler ? demanda-t-il plus détendu par ce changement de sujet.

- C'est pour ça que je suis venue te voir à la base, je veux te parler d'Hermione.

- Ginny, supplia-t-il.

Ce sujet n'était pas mieux que l'autre.

- Tu ne vas pas nous fuir toute ta vie Harry ! gronda-t-elle. J'en ai marre de vous voir vous détruire tous les trois. Et je vais te donner ma version de l'histoire.

- Qu'est-ce que cela changerait ?

- Cela devrait tout changer Harry, bon sang !

Harry regretta sa question. Oui, cela pourrait tout changer. C'était Ginny, son amour, sa vie. Il savait que c'était réciproque alors pourquoi ne devrait-il pas la croire ? S'il devait croire une personne c'était bien elle.

- Désolé, vas-y, je t'écoute.

Ginny ouvrit la bouche mais la referma. Elle voulait tout dire et changer la situation mais par quoi commencer ? Une fois devant lui, elle ne savait plus quoi dire.

- Ginny ? appela Harry inquiet par son silence.

- Je ne sais pas par quoi commencer.

Harry rigola un peu mais s'arrêta. La situation ne réclamait pas d'humour et surtout pas le regard noir de sa belle.

- Par le début non ?

- D'accord…

Elle fronça légèrement les sourcils, cherchant le bon commencement avant de reprendre :

- Quand tu es parti, j'étais vraiment en colère contre toi, j'étais totalement aveuglée. Je voulais parler à tout prix à ma meilleure amie mais elle était introuvable. Ron à tout de suite supposer qu'elle nous avait trahis. Il disait qu'elle était avec nos ennemis pour leur dire que tu étais parti alors je l'ai écouté sans réfléchir. Je ne sais pas pourquoi il a pensé ça mais maintenant je sais que c'est faux.

- Comment tu le sais ?

- Car j'ai vu la vérité.

- Vu ?

- Oui …

Elle s'arrêta un instant. Elle voulait protéger Hermione et en même temps tout dire à Harry. Elle n'avait qu'à faire moitié, moitié. Hermione n'apprécierait pas mais savait qu'elle serait contente du résultat. Ginny était sûre qu'Harry comprendrait.

- Oui, je l'ai vu dans ses yeux.

- Ses yeux ? demanda Harry totalement perdu.

- Tu te souviens, nous avons remarqué bien avant ton départ qu'il y avait quelque chose qui clochait chez elle. On a mit cela sur le compte de la fatigue, comme elle nous l'avait dit, mais cela n'avait rien avoir du tout. C'était bien pire.

- Quoi ? demanda Harry, avec un peu d'inquiétude dans la voix. Comment ça pire ?

- Elle s'est fait attaquer dans les couloirs lors d'une de ses rondes.

- Pardon ?

- Oui.

Ginny ne rajouta rien de plus laissant la vérité parcourir son chemin dans la tête d'Harry.

- Quand ? Et par qui ?

- Peu avant son anniversaire. Par Nott et des autres Serpentards.

- Mais on a rien vu ! On l'aurait vu si elle avait été attaquée. Elle n'avait aucune blessure ! s'énerva Harry qui ne voulait pas comprendre.

- Oh si on l'a vu. Le lendemain, elle a sursauté et c'est éloignée de toi quand tu as posé ta main sur son épaule. Elle réagissait excessivement dès qu'on parlait des Serpentards et surtout de leur première fête.

- C'est Zabini qui surveillait les cachots. Pas elle !

- Mais ils étaient totalement saouls et pas dans les cachots.

- Mais je ne comprends pas, elle n'avait pas de blessures …

- Oh Harry, ouvre les yeux ! cria-t-elle désespérée. La blessure est interne, au plus profond d'elle-même …

- Je …

- Elle a faillit être violée Harry ! Nott a abusé d'elle voilà pourquoi elle est devenue différente.

- Ce n'est pas possible, murmura-t-il tout bas pour lui-même.

- Si et cette histoire l'a détruite de l'intérieur et ce que vous lui faites tous les deux ne fait qu'empirer les choses… Sans parler de Malfoy.

- Malfoy. Parlons-en de celui là !

- Il a su ce que Nott avait fait et s'en sert pour la détruire encore plus et pour vous séparer.

- Nous séparer ?

- Oui, il l'a fait devant toi, justement, car il savait que tu étais là. Il fait tout pour vous détruire.

- Comment le sais-tu ?

- Es-tu si aveugle Harry ? Je le sais parce qu'il n'arrête pas depuis une semaine de faire souffrir ta meilleure amie. Et puis son sourire triomphant quand tu es parti en courant était assez clair pour moi.

- Et la réunion ?

- Il n'y a jamais eut de réunion Harry. Il l'a mentionné pour citer Nott. Pour la faire souffrir et te faire douter encore plus. Il savait que Ron ne parlait déjà plus à Hermione. Il ne manquait plus que toi et ça a marché.

- Ça n'a pas marché.

- Non bien sûr et c'est pour ça que tu nous évites depuis une semaine.

Harry ne répondit pas. Tout devenait clair dans sa tête. C'était logique, parfaitement logique. Mais Hermione … Il n'en revenait pas. Pourquoi n'avait-elle rien dit ? Ils auraient pu la soutenir, l'aider, la protéger. Il eut soudain mal au cœur. Il s'en voulait d'avoir agit ainsi, d'avoir laissé Ron diriger ses pensées. Il était inquiet pour elle.

- Hermione … Elle …

- Oui, elle essaie d'aller mieux. Elle se montre forte mais dès que j'ai le dos tourné elle redevient elle-même, ça la hante constamment. Un geste, une parole, une image, peut la blesser. Et Malfoy sait très bien utiliser cela.

- Mais pourquoi ?

- Pourquoi ne vous l'a-t-elle pas dit ? Pour évitez que vous la regardiez différemment. Elle pense être un monstre et elle ne veut pas que vous pensiez la même chose.

- Mais c'est faux !

- Je sais, Harry, je sais. C'est pour ça que je te le dis malgré ses interdictions. Elle a été faible ce soir là et elle ne veut pas montrer ses faiblesses.

- Hermione, murmura-t-il pour lui-même en un soupir, regrettant tant que sa petite sœur de cœur n'est rien dis plutôt.

oO0Oo

Hermione était repartie dans le dédale de couloir pour rejoindre sa salle commune. Elle voulait réfléchir et donc être seule. Normalement, Blaise devait être avec les Serpentards, elle aurait donc l'appartement pour elle toute seule. Elle ne savait pourquoi mais ce qu'elle venait de voir l'avait un peu bouleversée. Harry parlait toujours à Ginny mais plus à elle. Elle ne se sentait pas trahie mais plutôt abandonnée, seule. A part la rouquine, elle n'avait plus d'amis. Elle avait juste Ginny … et Blaise. Blaise et Ginny …

Elle était tellement dans ses pensées qu'elle ne vit pas la personne qui vient droit sur elle, elle aussi dans ses pensées.

Boum.

- Désolée, je ne vous avez pas vu, s'excusa-t-elle en se remettant de choc.

- Tu ne peux pas faire attention ! cracha la voix parfaitement reconnaissable de Malfoy.

- Ou pas si désolée que ça, souffla-t-elle pour elle-même.

- Ce n'est parce que tu as eu un Serpentard que tu es obligée de te jeter sur moi sale, Sang-de-Bourbe. Dégage !

Hermione resta bouche-bée. Elle fut surprise par les paroles du blond, d'habitudes plus subtiles. Il avait l'habitude de dire les choses de façon maquillée pas de façon aussi directe. Si le doute était encore permit sur le fait que Malfoy était au courant de l'accident, et bien maintenant, il ne l'était plus. Malfoy savait pour Nott, c'était plus que certain. Une fois la surprise passée, la douleur envahie sa poitrine lui coupant le souffle. Les images de Nott bien trop près d'elle refit surface. Heureusement pour elle que le Serpentard était déjà partit car elle sentit ses forces la quitter. Elle s'assit contre le mur pour reprendre une respiration normale. Malfoy avait un don très développé pour enfoncer le couteau dans la plaie … Encore et encore …


Chapitre corrigé par Julia Erwelin