Chapitre 26 : Je suis désolée

Ron était choqué par ce qu'il voyait. Jamais il n'aurait put imaginer Hermione aussi faible que maintenant. En la voyant ainsi, tous ses doutes s'envolèrent, laissant juste un sentiment de remord envahir sa poitrine, lui serrant le cœur. Etait-il responsable de ce désastre ? Ses accusations avait-il conduit à ça ? Elle avait l'air si innocente à ce moment là. Etait-ce ses sentiments qui l'avaient vraiment aveuglé au point d'oublier qui était la vraie Hermione Granger ? L'Hermione qui avait toujours été là pour eux, avec eux dans les pires situations. Harry avait raison. Elle ne pouvait pas les avoir trahis. Rien que sa condition d'enfant de moldu n'aurait pas jouer en sa faveur pour rejoindre le camp adverse. Le Seigneur des Ténèbres ne se serait jamais abaisser à faire ça. Mais qu'est-ce qui c'était passé alors ? Il y avait quelque chose c'était sûr mais quoi ? Une autre larme coulant sur la joue de la lionne eut raison de lui. Il en oublia toutes ses interrogations.

- Hermione ! cria-t-il au bout d'un moment en se jetant à ses pieds.

Il la regarda dans les yeux pendant un instant avant d'essuyer de son pouce les larmes qui marquaient ses joues. Hermione ne savait pas quoi faire face à lui avec ce qu'elle avait entendu mais quand le rouquin lui sourit comme il l'avait toujours fait auparavant, elle ne put s'empêcher de lui sauter dans les bras. Une douce chaleur envahie son cœur. Ron ne lui en voulait plus enfin elle l'espérait. Elle savait qu'ils devaient s'expliquer. Que le moment était enfin arrivé. Elle ne pouvait plus faire machine arrière. Elle s'écarta de Ron pour le regarder. Aucun sentiment négatif ne se lisait sur son visage. Elle en fut soulagée. Alors elle tourna la tête vers Harry. Son visage fermé et ses yeux brillant, comme s'il allait pleurer, lui fit comprendre qu'il était au courant. Mais au courant de quoi exactement ? Elle se leva, aidée par Ron, essuya les dernières larmes qui persistait et s'avança vers lui, déterminée, en gardant le silence. Et sans plus de cérémonie, elle se jeta aussi dans ses bras. Harry se sentait soulagé lui aussi de la tournure des choses et l'avoir dans ses bras le réconfortait. Mais son regard … Il le dérangeait car il ne comprenait plus. Il la pensait détruite par Nott mais là, malgré les larmes, elle avait tout d'une battante. Une nouvelle motivation avait envahi ses yeux bruns. Elle était redevenue celle qu'il connaissait. Celle qu'il considérait comme sa petite sœur. Il était perdu. Il voulu poser les questions qui tourbillonnaient dans sa tête quand elle lui prit la main et le tira vers Ron pour faire de même avec lui. Elle avait décidé de leur parler mais bien au calme dans la salle commune des Préfets-en-Chef. Elle savait Blaise absent, ils seraient tranquilles. Arrivée devant le tableau, elle souffla le mot de passe et entra avec les deux autres à sa suite. Harry et Ron rejoignirent le canapé tandis qu'Hermione se tourna vers la cheminée réfléchissant à ce qu'elle pouvait dire ou non. Mais elle voulait d'abord éclaircir ce que savait Harry.

- Harry de quoi es-tu au courant ? Que Ginny t'a-t-elle dit ?

Harry resta abasourdi. Comment avait-elle su qu'il était au courant ?

- Comment ? réussit-il à dire.

- Tes yeux, sourit-elle faiblement en se retournant vers eux. J'ai vu tout à l'heure que tu savais, souffla-t-elle.

Le survivant plongea dans les méandres de son regard. Il voulait comprendre d'où venait cette flamme qui brillait dans ses yeux. Il n'arrivait plus à mettre les évènements bout à bout. Il comprenait la situation de sa meilleure amie ainsi que les larmes qui coulaient sur ses joues, un quart d'heure auparavant. Mais là, elle était déterminée comme elle l'avait toujours été. Comment pouvait-elle être ainsi alors qu'elle … qu'elle avait vécu … ça.

- Harry ? l'appela-t-elle voyant qu'il était partit dans ses pensées.

Harry la regarda avec plus de recul et vit son inquiétude. Il se tourna vers Ron qui s'inquiétait encore plus car il ne savait rien de ce qu'Hermione sous-entendait. Devait-il vraiment dire ce qu'il savait devant lui ?

- Oui vas-y, murmura-t-elle en voyant qu'il hésitait. Je crois qu'il est tant qu'on mette les pendules à zéro.

Il observa de nouveau ses deux amis puis hocha la tête.

- Je sais ce que tu as vécu, murmura-t-il. Ce que Nott t'a fait.

Hermione avala difficilement sa salive. Ce qu'il lui disait lui rappelait les évènements qu'elle essayait d'oublier. Elle était soulagée. Il n'était au courant que de ça mais…était-ce vraiment tout ou lui cachait-il quelque chose ?

- C'est tout ? lui demanda-t-elle finalement.

- C'est tout ? cria Harry en se levant. C'est déjà bien non ? Comment peux-tu dire ça comme ça ? Hermione bon sang !

- Harry s'il te plait, supplia-t-elle pour qu'il se calme. Cela fait deux mois, ça n'est plus tout frais.

- Ce n'est pas une raison ! Cela te touche toujours autant. Tu t'es vu dans le couloir !

Elle se tut, ne sachant pas quoi dire, tout en continuant de le regarder dans les yeux. Que pouvait-elle dire de plus ? Harry n'avait pas tort. En deux mois, tout n'avait pas été effacé, c'était certain. Elle pouvait dire que tout était de la faute de Malfoy. Que lui et Ron était aussi responsable de ce qu'ils avaient vu. Mais elle ne voulait pas les culpabiliser maintenant qu'ils étaient au près d'elle. Oui, c'était l'accumulation de toutes ses choses qui avait mené à son moment de faiblesse mais comment le leur expliquer ?

- Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer ce qu'il se passe là ? se rappela Ron à eux presque énervé d'être ignoré.

Harry et Hermione se tournèrent vers lui. Ils avaient oublié sur le coup sa présence. Comment dire au rouquin ce qu'il s'était passé sans qu'il s'énerve ? Hermione était persuadée qu'il n'y avait aucune solution pour le protéger. Elle allait devoir le lui dire et ensuite le calmer après. Elle ne voulait pas que ses amis ouvre complètement la plaie qu'elle avait eu tant de mal à refermer grâce à Blaise. C'était son amour pour elle qui l'avait sauvé et elle comprenait pourquoi Harry ne pouvait concevoir qu'elle allait si bien. Il lui manquait des pièces du puzzle mais elle ne les lui donnerait pas.

- Je me suis fait attaquer par Nott et sa bande pendant l'une de mes rondes, dit-elle à l'intention de Ron.

- Quoi ? Pourquoi tu ne nous as rien dit ? cria-t-il, énervé contre le Serpentard.

- Parce que ce qu'elle ne te dit pas c'est qu'il a abusé d'elle, et qu'elle a trop honte pour nous le dire, ajouta Harry.

Les deux autres se tournèrent vers lui, surpris, puis Hermione baissa la tête pour cacher les larmes qui voulaient revenir et Ron se tourna vers elle. Il était sous le choc. Il ne voulait pas croire ce que Harry venait de dire. Il aimait Hermione plus que tout. C'était une personne d'une bonté infinie, aimante et courageuse qui ne méritait vraiment pas ça. Savoir que quelqu'un ait pu abuser d'elle lui faisait mal.

- Non Hermione dit-moi que c'est faux ! la supplia-t-il.

Elle releva la tête et Ron sut tout de suite que cela était vrai. Une colère immense l'envahit contre Nott. Il voulait lui faire payer la douleur de son amie. Puis sa colère doubla quand il se rappela son erreur. Il l'avait aussi fait souffrir. Il s'en voulait tellement de n'avoir rien vu, d'être resté aussi aveugle devant son comportement. Sa jalousie lui avait fait voir ce qu'il ne voulait pas voir, celle qui l'aimait dans les bras d'un autre. Oui, sa jalousie avait masqué le vrai problème. Comment avait-il fait pour être aussi nul ?

- Je suis désolée, chuchota-t-elle au bout d'un moment, attirant sur elle l'attention.

La colère de Ron tomba net. Encore une fois, il se concentrait sur lui-même en oubliant qu'il fallait d'abord s'occuper de la Gryffondor. Il fallait ressouder le trio d'or afin qu'ils puissent la protéger du mieux qu'ils le pouvaient. Il ne la quitterait plus, ni elle, ni Harry. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras. Lui montrant que, malgré tout, elle n'était pas seule. Harry se joignit à ses amis pensant la même chose que le rouquin.

- C'est nous qui sommes désolés, dit soudain Ron.

- Cela ne change rien Hermione, tu es notre amie et on sera toujours là, quoi qu'il arrive, ajouta Harry.

- Merci je vous aime tant.

- Nous aussi.

Dans la pièce à côté, Blaise regardait cette scène en étant très ému. Il était heureux pour sa lionne, heureux qu'elle récupère ses amis. Il avait eut raison de lui dire de tout leur avouer même s'il savait qu'elle leur cachait encore plein de chose. Mais il l'avait vu rentrer dans la pièce avec les yeux gonflés et rouges. Il se doutait qu'il s'était passé quelque chose avant qu'ils arrivent dans l'appartement et les paroles de l'élu le lui avaient confirmé.

Que c'était-il donc passé ? Malfoy venait de quitter l'appartement une bonne demi-heure auparavant. Est-ce qu'il était responsable des pleurs de sa belle et donc de cette réconciliation sans le vouloir ? Il savait juste que cela allait l'énerver encore plus qu'il ne l'était déjà. Le Serpentard avait quitté la salle commune en colère. Il avait reçu une lettre de son père. Cela lui rappelait la mission qu'il avait eut de tuer Dumbledore en sixième année. Il recevait une lettre de son paternel toutes les semaines pour savoir comment avançait la mission lui mettant la pression. Cette fois, il était content de pouvoir dire qu'elle était en bonne voie sachant que le trio d'or n'était plus. Blaise l'avait énervé en tentant de lui dire qu'il ne fallait pas qu'il se réjouisse trop vite.

Sur le coup il avait eu peur d'être découvert. Le regard plein de colère de Draco sur lui l'avait fait frissonner. Il s'était sauvé de peu en racontant une discussion qu'il avait soi-disant entendu entre les deux filles de Gryffondor. Jamais il n'avait pensé que ce qu'il avait raconté allait se réaliser. Surtout si peu de temps après son entrevue avec le Serpentard. D'un côté, il était content pour sa petite amie et de l'autre il avait peur de la colère de son « ami » quand celui verrait le trio de nouveau réunit à la table des rouges et or. Il avait peur qu'un nouveau plan germe dans sa tête l'incluant cette fois-ci totalement dans la mission.

Soudain il croisa le regard d'Hermione. Un échange de regards se passa entre eux. Elle lui montrait sa joie de retrouver ses amis et lui, son bonheur qu'elle soit à nouveau heureuse. Elle recula des bras de ses amis qui tournaient dos au Serpentard. Ce dernier referma la porte pour éviter d'être repérer. Il entendit sa lionne leur dire qu'elle était fatiguée et qu'elle préférait être seule. De toute façon elle les verrait demain dans la grande salle. Une fois le tableau refermé sur les deux Gryffondors, elle rejoignit son serpent dans sa chambre.

- Je ne savais pas que tu étais là.

- Oui, je sais que je devais être dans la salle commune mais …

- Malfoy et toi êtes venu ici, finit-elle.

- C'est ça. C'est lui qui…?

- Oui mais dans un sens je l'en remercie, fit-elle avec un sourire qui encouragea Blaise.

- Viens là, dit-il en la prenant dans ses bras pour l'embrasser tendrement.

Ils restèrent là un instant, profitant de leur bonheur.

- J'ai oublié de te demander, commença Blaise.

- Oui ?

- Tu voudrais être ma cavalière pour le bal de noël ?

Hermione rigola. Le bal qu'ils devaient organiser pour la semaine d'après était obligatoire pour les Préfets-en-Chef. Ils devaient y aller ensemble comme le voulait la coutume mais elle décida de rentrer dans son jeu.

- J'ai cru que tu ne me le demanderais jamais, rit-elle avant de l'embrasser à nouveau. Il faudra qu'on fasse attention, ajouta-t-elle.

- Oui mais ce ne sera pas facile, soupira-t-il.

- Comment ça ?

- Comment faire pour détester une femme qui sera la plus belle de toute la salle.

- Qui te dit que je serrais la plus belle, répondit-elle en rougissant, consciente du compliment qu'il lui faisait.

- C'est toi et la robe que tu viens de recevoir qui me le dit, le mélange des deux promet d'être époustouflant.

- Ma robe ?

- Elle vient d'arriver, je l'ai mise dans ta chambre.

Hermione courut jusque dans sa chambre et vit un immense paquet sur le lit. Il avait donc ouvert son colis, mais bon, sa curiosité remporta sur l'agacement. Elle s'approcha tandis que Blaise s'appuyait sur le cadre de la porte. Il la vit prendre la petite carte qu'il avait lue auparavant. Une carte venant de sa mère qui disait qu'en entendant parler du bal, Hermione serait contente de ce présent. Celui-ci lui portera chance. Ensuite, Hermione ouvrit la boite blanche et retira la robe étincelante. Hermione fut surprise car elle était magnifique. C'était une robe bustier en satin rouge. Des perles blanches recouvraient une partie du haut.

(http:/ da. images22 .51img1 .com/ 6000/ soleil2000 /a44dd c9b7c02 8f50024 bb2499 6ee3476 .jpg )

Soudain elle réalisa qu'il y avait toujours Blaise dans la pièce. Elle se retourna vers lui avec un regard méchant.

- Oust monsieur Zabini. Un cavalier n'est pas censé voir la robe avant le bal.

- Avoue qu'elle te plait, la taquina-t-il, un grand sourire sur les lèvres.

- Oui, finit-elle par dire, elle est magnifique.


Chapitre corrigé par Julia Erwelin ^^