Hello, hello,
Wouhou ! Dixième chapitre ! Dixième chapitre est une belle avance pour moi, que ce soit dans les chapitres intégralement rédigés/terminés que dans ceux uniquement brouillonnés. Le chapitre 28 est en cours de rédaction (au brouillon, donc) et marque, plus ou moins, la fin de la seconde "partie" de More Human Than Human. A vue de nez, je dirais donc que la fic comportera une quarantaine de chapitres, environ (peut-être plus, donc) étant donné que j'ai encore beaucoup à dire et montrer.
Merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre :D Teteneem
Pas de scène(s) en italique(s) aujourd'hui... désolée ! Il n'y en aura pas non plus dans celui de samedi prochain... mais la suite du chapitre 8 "Oncle et neveu" sera dans le chapitre du 27 février.
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 10 - Coeur de meute
Il avait peut-être décidé de se rendre ici de son propre chef, sans que personne ne tente de l'influencer – pas de soucis à se faire de ce côté-là vu que personne n'était au courant – mais ce n'était pas pour autant facile pour Peter de pousser cette satanée porte d'entrée. Il savait que, sitôt l'aurait-il fait, faire marche arrière lui serait impossible. Interdit. Quelle idée, aussi, de foutre une clochette ridicule pile à cet endroit. Quelle autre utilité que celle de prendre le potentiel client en traître ? Le contraindre à rester maintenant qu'il avait annoncé sa présence.
Quand faut y aller... faut y aller.
Peter avait passé la journée à peser le pour et le contre. Ou presque la journée. En tous les cas, il avait passé une bonne partie de la journée à y penser. Harry lui avait demandé ce qui se passait et si tout allait bien pour lui – puis s'était enfui en courant avant d'obtenir sa réponse... qu'il n'aurait, de toutes manières, pas eue. Catherine, elle, avait demandé, l'air de pas y toucher, qui était Alan. Elle avait toujours eu le chic pour lire par-dessus l'épaule de Peter – très pratique pendant les cours – puis d'esquiver les réflexions qui suivaient invariablement. Elle ne manqua pas, au passage, de demander pourquoi elle n'en avait jamais entendu parler, elle qui se targuait de tout connaître de la vie de Peter ! Si seulement elle savait...
« Parce que c'est un con. Et je ne te parle pas de tout, Cath'. »
« Sache que c'est un tort. » Catherine posa une main sur l'épaule du loup-garou près duquel elle était et lui baisa la joue, tout sourire. « Je devrais tout savoir afin d'être la plus efficace possible. »
« Tu es déjà la plus efficace possible. »
« De toute évidence non. »
Un des arguments clés qui avaient eu raison de l'avocat, et qui avaient achevé de le convaincre de faire un arrêt par la case « clinique vétérinaire » avant de rentrer... fut le fait que c'était le jour de congé de Scott. S'il ne s'y rendait pas aujourd'hui, Peter serait contraint d'attendre une semaine pour interroger Deaton et avoir un semblant de début de réponse qui, il le savait déjà, ne lui suffirait absolument pas. Les réponses de l'émissaire ne suffisaient jamais. Une semaine. Le lycan n'était même pas sûr de tenir aussi longtemps sans perdre la boule. Encore une fois.
« Peter ? » S'étonna Alan.
Il fallait dire que Peter ne venait jamais le voir de son plein gré. Il ne venait jamais le voir tout court, d'ailleurs. Le loup-garou, contrairement à ses compagnons de meute, n'accordait qu'une confiance très, très limitée au vétérinaire-émissaire. Ça remontait à son adolescence. Les années ne l'avaient pas changé de ce côté-ci... et ça n'allait pas aller en s'améliorant entre eux.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Je suis venu invoquer le monstre spaghetti volant. »
« Peter. »
La mâchoire du loup se contracta. Peter expira lentement et fuit le regard du vétérinaire. Il prenait déjà sur lui alors qu'ils n'avaient pas encore commencé à parler, qu'ils n'avaient pas encore effleurer le vif du sujet. Ça commençait bien. Autant faire demi-tour de suite.
« Il se pourrait que j'ai un problème. » Marmonna néanmoins l'avocat, se fustigeant mentalement d'être entré au lieu de fuir tant qu'il en était encore temps. Il ne se sentait pas en sécurité ici. « Et tu es, à ma connaissance, le seul à avoir connu les Hale. La meute Hale. »
« J'étais l'émissaire de ta sœur, oui. Mais tu dois t'en souvenir... non ? »
Des questions. Toujours des questions. Peter hocha la tête.
« On pourrait... aller ailleurs ? » La situation n'était pas idéale pour parler. Ainsi exposés, à portée d'oreille de n'importe qui, la porte du cabinet non verrouillée... hors de question d'aborder le problème – même en surface – et le pourquoi de sa visite. « Si tu pouvais, hmm, m'ouvrir, ça ne serait pas de refus. »
On avait beau davantage lui forcer la main que lui demander une faveur, ça n'empêcha pas Deaton d'obtempérer. Il était curieux de savoir ce qui amenait Peter. Il tira le taquet qui verrouillait la porte de sorbier et l'ouvrit pour laisser entrer le loup-garou. Sans un merci, sans même un regard, Peter passa derrière le comptoir et gagna la salle de soin.
L'humain connaissait Peter depuis son plus jeune âge, pour avoir toujours été l'émissaire des Hale. De Kieran et Hestia d'abord, de Talia ensuite. Laura était partie. Peter ne lui avait jamais fait confiance. Derek n'avait pas eu le temps de le considérer comme son émissaire – il avait par contre poussé Scott à ne pas réitérer l'erreur. Alan l'avait vu grandir. Évoluer. Apprendre. Désapprendre. Perdre et gagner. Changer. Comprendre le monde qui l'entourait. Détester ce qu'il y voyait. Il n'avait, par contre, jamais compris la méfiance de Peter à son égard. La seule chose qui, malgré les années et les épreuves traversées, n'avait jamais changé. La seule chose que l'enfant, l'adolescent et l'adulte avaient de commun c'était ça. Juste ça.
« Qu'est-ce que... » Le nez froncé, Peter grimaçait. « C'est vrai. J'ai tendance à oublier que tu es aussi payé pour tuer ceux que tu es supposé soigner. » Le loup alla entrouvrir la fenêtre. « Ou les laisser souffrir pendant quelques années. » Il se tourna vers le vétérinaire, posant nonchalamment les mains près des multiples médicaments entreposés là. « Alors ? Combien en as-tu tué pendant qu'on me torturait ? Tu aurais aimé qu'ils t'invitent à leur petite fête, hein ? »
Il valait mieux ignorer les dernières remarques. Peter cherchait à se faire chasser manu militari avec ses stupides provocations. Le loup avait dû hésiter et prendre sur lui pour venir. Une fois devant le fait accompli, face à une personne prête à l'écouter et l'aider, maintenant qu'il était bien trop tard pour lui de partir, Peter préférait faire machine arrière. Ou presque. Il n'allait pas au bout des choses. Il avait un problème, après tout. Il semblait penser que Deaton était le seul être susceptible de lui venir en aide – certainement à raison. Si Alan le chassait avant qu'il n'ait pu parler... alors Alan serait fautif si ça empirait. Pas lui. N'est-ce pas ?
Ça ressemblerait bien au personnage, songea avec amertume l'émissaire.
« Que se passe-t-il, Peter ? » Demanda-t-il à la place.
« Il y avait un humain dans le cœur de la meute, n'est-ce pas ? »
Le cœur de la meute. Le noyau central de celle-ci. Depuis combien de temps Alan n'avait-il plus entendu cette expression ? Il parlait rarement de ça avec sa sœur – leurs divergences d'opinions y étant pour beaucoup – et Scott était un mordu dans une meute disparate au possible. Derek avait perdu cet usage. Seul Peter aujourd'hui employait encore ces termes. Certainement le fruit de ses lectures passées et présentes.
Le cœur de la meute désignait les membres les plus proches de l'Alpha – des Alphas dans le cas des Hale de l'époque. Ce n'était pas forcément les Bêtas les plus forts de la meute ou les enfants des-dits Alphas qui s'y trouvaient. La confiance était le maître mot. Le seul qui importait. Les Bêtas qui avaient le plus confiance en leurs Alphas, et qui avaient tout celle de ceux-ci en faisaient partis. C'était ceux qui assistaient à toutes les réunions – d'urgence ou non. Ceux avec lesquels on discutait des plans au lieu de simplement les mettre devant le fait accompli.
Le cœur de la meute McCall avait longtemps été restreint. Stiles et Scott. Scott et Stiles. Aujourd'hui plus élargi, Stiles n'en faisait en revanche plus partie... quand bien même continuait-il à assister à chacune des réunions.
Alan contourna sa table de soin, l'air de ne pas y toucher. Être proche de Scott ne le dérangeait pas. De Liam, Derek ou Isaac non plus. Malia savait se contrôler. Kira maîtrisait ses capacités. Deaton avait toujours quelques doutes au sujet de Peter. Talia vivante, Peter n'était déjà pas le loup le plus stable qui soit. C'était pire aujourd'hui. Il n'aurait pas cru ceci possible. Deaton préférait donc mettre un peu de distance entre le lycanthrope et lui, histoire d'être un peu mieux protégé et d'avoir quelques précieuses secondes devant lui pour réagir au besoin.
« J- »
« Je veux dire... la meute était grande avant de se dissoudre et se disperser après l'incendie, j'en suis conscient mais... dans le cœur de meute, il... il y avait un humain. »
« Pas à ce que je sache, non. »
Peter roula des yeux.
« Même Stiles sentirait ton mensonge... et pas parce qu'il est un menteur invétéré. » Le loup fusilla l'émissaire. « Il y avait un humain dans le cœur de meute. Je ne te demande pas de confirmer ou d'infirmer mes dires. J'ai raison et tu as tort. Tort de penser pouvoir me faire avaler le contraire. Tort de penser qu'une infime partie de moi doute. Tort de penser pouvoir commencer à me faire douter. Tu as tort. Ce que je veux savoir, c'est ce qu'il est devenu après l'incendie. »
« Il s'en est sorti. Il est en vie. Ne me demande pas de t'en dire davantage, je ne peux pas. »
La tête de l'avocat se balança de haut en bas, plusieurs fois. Peter sourit en coin. Il acceptait cette réponse, plus honnête que celle qui l'avait précédé.
« Et pourquoi ne pas avoir parlé de son existence à Derek et Laura lorsqu'ils se pensaient seuls ? »
« Ça n'aurait servi à rien. Qu'aurait-il pu faire, dis-moi ? » Deaton le regardait droit dans les yeux. « Il n'est qu'humain. »
« Stiles n'est qu'un humain or il a géré la première pleine lune de Scott... alors que tu es le pro, l'émissaire, et que tu as laissé le gamin se débrouiller seul. » Contra Peter. Certes, il avait aussi sa part de responsabilité dans cet événement mais on ne faisait pas son procès, là. « Et il avait grandi entouré de loups. Il devait pouvoir se défendre, se protéger et aider. Surtout s'il était dans le cœur. »
« Laura et Derek ont eu besoin d'un temps d'adaptation avant de se maîtriser lors des pleines lunes qui ont fait suite au drame. »
Peter céda sur ce point. Alan souhaitait le baratiner ? Qu'il le baratine ! Le lycanthrope avait d'autres questions à poser, d'autres pistes à explorer et préférait les aborder au plus vite. Il n'était pas tant venu chercher des réponses que des éclaircissements pour ses recherches futures – même si, dans un monde parfait, l'émissaire aurait répondu sans mentir, lui facilitant ainsi l'existence.
Bien sûr, Peter espérait aussi que Deaton accepterait de lui donner un petit coup de pouce. L'envie de demander ce service le quittait peu à peu.
Les problèmes de confiance dans la meute étaient décidément bien trop présents.
o o o
« Pourquoi avons-nous tous oublié son existence ? À l'humain. »
Malgré ses efforts, Peter n'arrivait pas à faire s'encastrer les quelques pièces que Deaton daignait lui donner. Il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. Un non-dit. Un flou. Un vide. Ça l'agaçait. Il n'aimait pas ne pas comprendre.
Ne pas comprendre, c'était laisser la porte ouverte aux dangers. Aux chasseurs. Aux créatures en tout genre. À tous ceux qui, pour une raison ou une autre, souhaitaient leur peau. Ne pas comprendre, c'était s'exposer à des risques inutiles. Combien de situations périlleuses auraient-ils pu éviter, avec la meute, s'ils avaient toujours su ? Beaucoup. Trop. Beaucoup trop pour que sa rancœur vis-à-vis de l'émissaire ne puisse se justifier de la sorte.
Même s'il y avait encore bien des choses susceptibles de l'expliquer.
« Qu'est-ce que tu nous as fait ? Quand ? »
Deaton était forcément responsable. Qui, si ce n'était lui ?
« Pourquoi ? »
« Plus que quand et pourquoi, je me demande comment tu peux te souvenir de ça, et ce dont tu peux te souvenir. »
« Pas d'importance. »
« Si ça n'avait pas d'importance, tu ne serais pas ici. »
Pire que toutes les non-réponses de Deaton : ses questions.
L'homme n'était pas idiot. Peter aurait préféré qu'il le soit. Si le vétérinaire avait été un parfait abruti, au même titre que son jeune employé – oui, c'était gratuit – l'avocat lui aurait nettement moins tenu rancune. Ç'aurait été normal qu'Alan ne réponde pas à toutes leurs questions. Normal qu'ils se retrouvent parfois dans la panade à cause de ses silences.
« Pas. D'importance. »
Sa tête penchait légèrement sur la droite tandis qu'un sourire en coin se dessinait sur les lèvres de Deaton. La situation ne s'y prêtait pas. Peter perdait patience. À se demander comment il s'y prenait pour se maîtriser face à ses clients et ne pas leur présenter le mur ou le coin de la table à la première occasion.
« Tu attends de moi que je sois entièrement honnête avec toi et tu me caches pourtant des choses, Peter. » D'où son sourire... « Tu sais pourtant que chaque détail à son importance, dans une histoire. Tu t'en es toujours amusé, plus jeune. Il me semble même avoir dû, à plusieurs reprises, aider ta sœur à refaire toute l'histoire en comblant les trous laissés par tes mensonges. »
« Pour ce que ça te réussit, d'être honnête. » Cingla Peter, les poings serrés, appréciant peu la mention à Talia. « Tu ne dis que ce qui t'arrange, et ça ne date pas d'aujourd'hui. Il me semble avoir dû, à plusieurs reprises, faire des recherches pour ma sœur afin de combler les trous laissés dans tes explications... ayant pour but de nous garder en vie. » Le ton était venimeux. « Comment la meute peut-elle te faire confiance en toutes occasions, j'avoue ne pas comprendre... et pareil pour l'ancienne, qui acceptait de te le confier à la pleine lune. C'est... insensé. »
Les sourcils haussés de Deaton disaient l'inverse.
« Tu ne m'as jamais fait confiance, Peter. »
Le loup-garou haussa les épaules. Cette critique ne l'atteignait pas. Il était le premier à le revendiquer.
« Et pourtant tu es là... pourquoi ? »
« J'ai besoin d'en parler à quelqu'un. Or Derek et Stiles risqueraient de vouloir m'aider. »
De l'avis de Peter, Deaton méritait complètement cette pique.
De l'avis de Deaton ? Tout l'inverse.
« Passons. » Souffla l'émissaire. Essayer de faire comprendre à Peter que son attitude était irraisonnée ne servirait à rien. Il était trop têtu, trop borné, et son animosité bien trop ancienne. « Tu es venu pour en savoir plus sur l'humain ? »
« Bravo. Tu as deviné ça seul ou tu as demandé l'aide du chien que tu viens d'euthanasier ? »
Encore heureux que les face à face entre Alan et Peter fussent rares !
« Peter... »
« Je me souviens pas de grand chose. » Grommela enfin Peter. « Rien que son prénom m'échappe. Son visage. Tout. Il n'y a que des bribes, qui reviennent, et elles... elles sont comme... pourries par mon subconscient et votre tour de 'abracadabra zoupla zoupla' à la con. Ça me met systématiquement à la place de l'humain. » Le loup-garou ricanait fasse à l'absurdité qu'il venait de dire à haute et intelligible voix. « À chaque fois, c'est comme si j'étais l'humain. À. Chaque. Fois. »
« Et combien y a-t-il eut de fois, précisément ? »
« Trois ou quatre. »
« Étrange. »
Deaton n'avait pas l'air de trouver ça étrange. Peter manqua ce détail.
« De quoi penses-tu te souvenir ? »
« C'est surtout des... événements isolés et sans aucune espèce d'importance. Mais... le... le... le mari de Tali' avait l'air, dans tous, de... hm... beaucoup tenir à lui. »
« Et c'est ce qui t'étonne ? » Comprit l'homme.
« ... »
« Alex n'était... il n'est pas comme toi. Il n'était pas un Hale. Il aimait les autres et la différence ne lui faisait pas aussi peur qu'à ta famille. Elle ne le faisait pas fuir. Je pense que c'est notamment à cause de ça qu'il n'a jamais voulu reconnaître tes parents comme ses Alphas. »
Peter grinça des dents.
« Tu étais certainement trop jeune pour le percevoir ainsi mais c'est ce que ta famille a toujours eu tendance à faire : éviter, voire fuir, ce qui ne lui ressemblait pas. Alex était le plus à l'aise avec l'humanité dans sa globalité, et avec l'humain en particulier. Naître humain dans une famille de loups est chose rare, quoique considérablement plus fréquent que naître loup dans une famille humaine. Et les Hale étaient une meute de loups sur... je ne sais combien de générations. Ils n'étaient pas préparés. » Deaton zyeutait souvent vers son locuteur, s'assurant qu'il l'écoutait toujours et ne s'imaginait pas mille plans pour le tuer dans l'instant. « Ce que je sais, par contre, c'est qu'Il avait de la chance d'avoir Alex. »
« Oui. Lui au moins a eu Alex. » Siffla le loup.
« Peter... »
« Non. Pas de Peter qui tiennent. Alex aimait cet humain plus que sa famille. C'est ce que vous venez de dire. Alex n'aurait jamais dû privilégier un humain au détriment des siens. »
« C'était un humain dans une meute de loups, Peter. »
« Stiles a été un humain dans une meute de loups jusqu'à l'arrivée de Mason. Ça ne l'a pas tué que je sache. » Non, ça aurait juste pu.
« La question ne se pose pas dans la meute de Scott car le problème ne se présente pas. De base, elle est très disparate. Peu commune. Je n'irai pas jusqu'à dire « unique » mais c'n'est pas loin. »
Peter leva les yeux au ciel. Son attitude disait une chose : abrège.
« Humains, Kitsune, Banshee, Garous se mélangent parfaitement. Vous vous comprenez plus ou moins tous. » Plus moins que plus, songea le lycan, amer. « Les Hale étaient des loups. Uniquement des loups. Ils savaient comment vivaient, pensaient, réagissaient les loups-garous... nettement moins les humains. Pas plus que les bases nécessaires pour survivre et se fondre dans la masse. »
On écoutait à peine l'émissaire.
« Isaac, Liam et Scott ont été transformés par Derek, Scott et toi. » Comme si Peter l'ignorait ! « Ils savent ce que signifie être humain. Le sais-tu, toi ? »
« Oui. »
« Et le savais-tu avant de vivre avec Stiles ? »
« Non. »
Le vétérinaire hocha la tête. Souriait. Rassuré. Peter ne semblait pas prêt à croire en la thèse du souvenir, du souvenir pur et dur. Qu'il ait un jour pu être humain, et juste humain, était une idée qu'il rejetait en bloc sans même s'en rendre compte.
« Et de quoi penses-tu te souvenir ? »
« De choses insignifiantes. Je viens de le dire. »
Le vieux devenait-il gâteux ?
« Je sais. Mais que se passe-t-il dans ces événements tellement insignifiants que tu viens m'en parler ? »
« Pff. » Peter ferma les yeux et haussa les épaules. Un instant, Alan crut revoir l'adolescent en colère après sa sœur pour l'avoir obligé à passer au cabinet après les cours pour demander un renseignement à l'émissaire. « Un bras cassé. Un anniversaire. Des chasseurs. »
Les yeux ronds, Deaton ne manqua pas de réagir.
« Pardon ? »
« Des chasseurs. On se faisait attaquer. »
« On ? »
« Derek et moi. » Peter ricana. « C'est ce que je m'évertue à te dire ! C'est débile. Derek et moi. Des chasseurs. Les mêmes chasseurs que... je suis en train de tout mélanger et... faut que ça cesse, Alan. »
« Si tu fais des cauchemars à cause de ce qui s'est passé le mois dernier, ce n'est pas à moi que tu devrais en parler. C'est à un psy. »
« Si je voulais parler de mes états d'âme à quelqu'un, il est certain que ce n'est pas ton écoute que j'irais chercher. » Cracha Peter. « Mais je cherche une solution. Tu viens de me confirmer qu'il y avait un humain dans la meute avant. Je ne veux pas le retrouver. Il est assurément bieeeen mieux sans nous. Je me fiche aussi pas mal de ne plus avoir souvenir de lui. Ça m'arrange, même. Ce que je veux, c'est arrêter de rêver que je suis un putain d'humain à qui il arrive que des couilles. Ou, au moins, ne... ne pas me voir humain et blessé par des chasseurs. C'est plutôt traumatisant, je t'assure. »
« Peter. »
« Je viens à peine de finir de cicatriser. Je te demande pas de régler ce satané problème de cicatrisation, j'ai fini par apprendre à vivre avec ; même si j'aimerais que vous m'expliquiez pourquoi j'ai une cicatrisation plus lente que la normale. Je veux juste... je veux que tu assumes un peu ton rôle d'émissaire, pour une fois. Que tu fasses ce qu'il faut pour régler un problème, DES problèmes, dont tu es le responsable originel. »
Deaton enfonça discrètement sa main dans un pot, posé sur une étagère de sa table de soin, et, sans se faire remarquer, dessina un cercle autour de lui.
« Je ne peux pas faire ça, Peter. » Affirma-t-il ensuite. « On, on ne sait même pas ce qui t'arrive précisément. »
« On ne sait pas. » Répéta le loup-garou. « On ne sait pas. C'est ta devise, non ? Si on était encore au temps des blasons et devises familiales, la tienne serait I know nothing. Sacré émissaire que l'émissaire qui ne sait rien. »
« Peter. »
Il avait l'impression de passer son temps à soupirer la même chose.
« Tu as su nous priver, tous, des souvenirs de l'humain... et tu vas faire en sorte de m'en priver, encore une fois. Tu as mon autorisation, cette fois, pour faire mumuse sur mon cerveau. Utilise ta poudre de perlimpinpin, du wicca, de la magie noire s'il le faut... mais retire-moi ça ! »
« Je ne peux pas. »
« Un peu que tu peux. » Ses yeux clignotèrent de bleu. « Règle. Moi. Ça. Immédiatement. » Peter était désespéré. « Je n'en dors plus la nuit. Je panique. Je deviens fou. » Et son ricanement tendait à confirmer ses dires. « Tu as les plein pouvoir sur ma personne mais fait ce qu'il faut. »
Désormais chacun d'un côté de la table, ils avaient, l'un comme l'autre, l'impression de faire du sur place. Il fallait que quelqu'un baisse les armes. Soit l'avocat arrêtait d'insister sur ces derniers points, soit le vétérinaire cédait un peu de terrain et répondait aux questions posées.
Il ne fallait pas rêver.
« Il faut que tu trouves et acceptes qui est l'humain. » Soupira Deaton. « C'est la seule chose que je peux faire à mon niveau. »
« Que je trouve et que j'ac- quoi ? » Peter tiqua. « Je te dis que je me fiche de savoir qui il est. En quoi savoir qui il est m'empêchera de tout mélanger ? »
Le sombre crétin qui suivit fut juste sous-entendu.
« Y a-t-il des constantes dans tes rêves ? Des événements qui reviennent tou- »
« Je sais ce qu'est une constante, merci. » Ne pas passer par le cabinet après le boulot aurait été une idée plus judicieuse. « Alex. Il est presque toujours là. »
« Mais encore... »
« Je suis humain. » Deaton sourit, heureux d'entendre ça et de voir ce froncement de sourcils. L'idée commençait à faire son chemin, on dirait. « Et Derek. Derek est toujours là... Derek s'en est sorti. Après l'incendie, Derek... » Peter grimaça. « Derek était humain ? »
Ce n'était pas gagné. Pas gagné du tout. Dire que le loup était un des trois piliers de la meute dès lors qu'il fallait faire quelques recherches surnaturelles – ou non. Stiles et Lydia étant évidemment les deux autres chargés de cette lourde et noble mission. La jeune Banshee se chargeait, en règle générale, de traduire les ressources les plus anciennes que pouvait trouver le couple. Du moins, c'est ce qu'elle faisait lorsqu'ils daignaient lui en faire part et ne se lançaient pas dans un de leurs stupides concours de « Qui est le meilleur traducteur ? ». Ça ne finissait jamais bien ce genre d'affaire. Une paire de fois déjà, Peter avait dû aller trouver refuge chez Derek car il avait perdu. Stiles, lors de ses défaites, préférait squatter chez son père et le remettre à la « nourriture pour lapin ».
« Derek n'était pas humain quand il était enfant. »
« Pourquoi tu me réponds ? »
« On risquerait, autrement, de m'accuser de ne jamais répondre. » Deaton était calme.
Pour la première fois, Peter parut vraiment apprécier la réponse donnée. Il fit un signe de tête à Deaton, amusé. Pour autant, il décida qu'il s'était suffisamment attardé ici – pour rien – et que le moment de partir était amplement dépassé. C'était pas tout mais il était à deux doigts de rêver rejoindre son bureau pour se remettre à ses dossiers. Le monde ne tournait plus rond.
« Je suis désolé de ne pas pouvoir faire davantage. »
Une main sur la poignée, la porte d'ores et déjà entrouverte, Peter se retourna et haussa un sourcil.
« Tu n'as pas à l'être, je t'assure. »
L'autre était étonné. C'était plutôt... gentil de sa part et vraiment inhabituel.
« Je suis venu ici sans nourrir beaucoup d'espoir. Tu ne nous aides jamais du premier coup. Il n'y avait aucune raison valable pour qu'aujourd'hui fasse exception, n'est-ce pas ? » L'avocat souriait à mesure que son interlocuteur se tendait. « Maintenant, quand la situation empirera, et elle empirera, je connais Beacon Hills, je connais la meute, je connais ma chance... elle empirera. Donc quand elle empirera, je pourrai te tenir pour unique responsable de ce qui se passe. »
« Tu es venu pour pouvoir, à l'avenir, me détester davantage ? »
« Non. Te mépriser. » Peter mit à mal les quelques mètres qu'il venait de franchir, bien qu'il eut toujours prévu de partir. La porte de sorbier avait été refermée, de toute façon. Il en était persuadé. Le petit vicieux qui lui faisait fasse ne lui aurait pas laissé une aussi belle échappatoire. « Tu te targues tout savoir mais tu ne vaux pas un clou. »
« Peter... »
« Tsht ! » Il le coupa net. « John, Mason et Liam m'ont retrouvé. Christopher s'est chargé de les faire entrer dans la planque. Melissa, Kira et Jordan m'ont soigné. Stiles et Lydia continuaient leur veille pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'autres problèmes qui risquaient de leur tomber dessus, d'autant plus que j'étais hors service et un sacré poids mort, pour eux. Même Scott servait à quelque chose. Il maintenait tout le monde calme. Tu as tué combien de chats, le mois dernier ? » Même attaque que tantôt. Ils tournaient en rond. « Tu n'aides jamais. À part quand ta vie commence à, hypothétiquement, être menacée. C'est du beau. »
Peter n'était pas la personne la mieux placée pour faire ce genre de réflexions. Peu importait. Ce n'était pas ça qui allait l'empêcher de les faire, de toute façon. Le loup-garou refit quelques pas dans la salle de soin et commença à contourner la table. Il se rapprochait vraiment de Deaton. Il se rapprochait même tellement que son regard finit par se poser sur la poudre noire que le vétérinaire avait autour de lui. Peter grinça.
« Mettez vos vies entre mes mains, je ne mettrai pas la mienne entre les vôtres. »
Pas un mot.
« Ne te fatigue pas. Je connais la sortie. » Les épaules bien droites, la tête haut, Peter refit demi-tour. « Et si la porte est fermée comme je crois qu'elle est fermée, je n'aurai qu'à me tenir en embuscade de l'autre côté, attendre que tu l'ouvres pour partir... puis t'égorger. » Le loup sourit devant la mine déconfite de l'humain. « Je plaisante, Alan. »
Fin du dixième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de loutres qui dansent la javanaise ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le onzième chapitre, Te souviens-tu ? (oui, avec Derek au programme)
J'en profite pour dire que, dorénavant, j'ai une page facebook (lien disponible sur mon profil - parce que, oui, les liens vers facebook marchent mais pas vers wordpress & co). Un calendrier prévisionnel des chapitres et one-shot s'y trouvera ; des extraits des prochains chapitres (ou des one-shot aussi) ; l'annonce de certaines fics et/ou OS avant. Des petits concours aussi, parfois. Fin bref ;)
- Actuellement, petit "sondage" pour savoir quels cousins/cousines vous souhaiterez revoir. Qui voudriez-vous voir sauvé ? (et un autre qui concerne Harry Potter ;))
Skayt
