Hello, hello,
Après le onze mais avant le treize... c'est le douze. Je pense ne rien vous apprendre, héhé.
Un gros merci à LiliEhlm pour sa correction ! Vraiment... merci, tenem fort
Et on revient, plus ou moins, à la fin du chapitre 8 "Oncle et neveu" pour les passages en italiques.
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 12 - Prisonnier
L'adolescent prit sur lui pour ouvrir les yeux. Les mains liées dans le dos, appuyé contre deux murs, il grimaçait. Sa jambe lui faisait un mal de chien. Son pantalon était poisseux de sang, collait. Peter gémit. De douleur ? De peur ? De froid ? Le tout à la fois ? Il frissonna. C'est vrai qu'il faisait froid, ici. L'air était humide, les courants d'air abondants. Une larme coula le long de la joue du jeune Hale.
Il n'était pas mort. On ne l'avait pas tué. Pourquoi ne l'avait-on pas tué ? Les chasseurs qui leur été tombés dessus n'ignoraient pourtant pas qui il était. Ils l'avaient tout de suite identifié. Il était un Hale, ils le savaient et il savait qu'ils le savaient. Depuis quand les chasseurs ne tuaient-ils plus directement les loups-garous qu'ils rencontraient, croisaient, dénichaient après des heures de marche ? Depuis quand les capturaient-ils, les enfermaient-ils dans... où exactement ? Une cave probablement. À leur place, c'est là que Peter enfermerait un potentiel loup-garou, aussi clichée soit cette idée. L'adolescent essuya du mieux qu'il put ses larmes sur son sweat. Ses épaules trouvaient un semblant d'utilité, au moins.
Peter ne comprenait toujours pas ce qu'il faisait là. Il avait beau réfléchir, réfléchir, rien à faire. Il devrait être mort, à l'heure qu'il était. Ce serait mieux ainsi. Sa jambe lui faisait vraiment très mal et ça n'était que le début. Sa respiration se fit plus saccadée quand son regard se posa une énième fois sur sa jambe et qu'un semblant d'explication lui sauta aux yeux. Un seul motif tenait la route. Ces chasseurs ne savaient pas uniquement qu'il était le fils Hale. Ils savaient aussi qu'il était humain. Restait à déterminer depuis quand ils le savaient. Avant ou après lui avoir tiré dessus ?
Après. C'était certainement après. Il espérait que ce soit après, en tout cas. Ça les rendait un peu moins monstrueux et inquiétants. Un peu plus humains, aussi. Ce qu'ils étaient totalement, en théorie. Depuis quand capturaient-ils des non-loups-garous ? Qu'espéraient-ils obtenir, au juste, en agissant de la sorte ? À quoi s'attendaient-ils ?
La porte s'ouvrit. Évidemment, elle devait grincer. Ils avaient bien retenu le B-A-BA du manuel du petit kidnappeur. Peter ferma les yeux.
Qu'on vienne le chercher, et vite si possible.
Le cherchait-on ? Derek avait-il pu alerter quelqu'un ou avait-il été blessé – tué ? – lui aussi ? Le mioche avait-il prévenu quelqu'un d'autre ? Peut-être le pensait-on déjà mort, Derek n'ayant pas dû manquer de mentionner qu'on lui avait tiré dessus.
« Ça carbure là-dedans... » Ricana une voix vaguement familière. Les pas se rapprochaient. Avoir quelqu'un auprès de lui pour lui parler, ennemi qui plus est, rendait la situation plus réelle qu'elle ne l'était. Comme s'il avait besoin de ça pour comprendre qu'il était dans les ennuis jusqu'au cou. « Peter. On a trouvé ton permis dans la poche de ta veste. »
Le lycéen entrouvrit les yeux.
« Fallait le dire tout de suite que tu n'étais pas comme eux. » Reprocha le chasseur. « Ça t'aurait évité de te faire tirer dessus. »
« Et kidnapper. »
L'autre individu leva les yeux au ciel et sourit.
« C'est un mot assez... négatif. Kidnapper. Non ? »
« Négatif ou non, c'est un fait. Vous venez de me kidnapper. »
L'homme ricana une nouvelle fois. Accroupi juste devant son jeune prisonnier, il regarda brièvement vers la jambe blessée... et s'en désintéressa tout aussi vite.
« T'as pas envie d'être là, hein. »
Peter fusilla l'illustre inconnu du regard. Il en avait d'autres, des évidences de ce genre ? Non parce que... bon... quand même... pas besoin d'avoir été dans une grande école pour le deviner. N'importe quel clown aurait tôt fait de comprendre qu'être attaché dans une cave humide avec une balle dans la guibolle, c'était pas l'éclate.
« On va te libérer mais en échange... faudrait que tu répondes à quelques petites questions. C'est donnant-donnant, tu vois ? » Le chasseur attendit un peu. « Et avant que tu me répondes, sache que j'aimerais que ça se fasse en douceur. Je n'aime pas m'en prendre à un humain... même s'il pactise avec des loups. »
« Ma famille. »
« Mais tu ne fais pas partie de leur meute. » Souligna-t-il, doucereux. « Et la meute... c'est la famille. »
Les mains du plus jeune fils des Alphas Hale, heureusement cachées derrière son dos – ça avait du fond d'être attaché, tout compte fait – tremblaient. Son cœur battait un peu trop vite. Sa respiration se faisait saccadée.
« Li-libérez-moi. » Murmure. Supplication. Il voulait juste partir. « Même si... abandonnez-moi où vous voulez. M-même l-loin de chez moi, je... je veux juste... je suis qu'un humain. Un pathétique et misérable humain. »
« Exactement. » Malgré le faible taux de décibel, impossible d'ignorer la joie qui se cachait derrière ce simple mot. Le sourire fou qui y était rattaché non plus. « Tu es humain. Et le morveux qui a pris la fuite grâce à toi sait que tu es blessé. Ce sera la première chose qu'il ira leur dire. Que l'humain est blessé. Que tu es blessé. »
La tête contre le mur, Peter essayait de ne plus prêter attention aux folles paroles du chasseur près de lui. Ni à son visage rayonnant, ni à son visage fanfaron, ni à ses mots réalistes.
« Tu n'es pas que le fils des Alphas. Pas plus que tu n'es qu'humain. Tu es tellement, tellement plus que ça. » Sourire fou, toujours. « Tu es un humain fils d'Alphas. À ton avis, la meute Hale est dans quel état, actuellement ? »
« Taisez-vous. » Peter gémissait. Ses larmes coulaient. Il voulait rentrer. Qu'importe le prix à payer tant qu'il retournait à la maison. « Taisez-vous. »
« Un humain dans une meute est toujours une bénédiction. Tu dois le savoir, n'est-ce pas ? Ils te considèrent comme un des leurs tout en étant conscients que tu n'es pas comme eux. Que tu es faible. Différent. Il faut le protéger. Il faut empêcher qu'il lui arrive quelque chose, qu'il se blesse. Coûte que coûte. On t'a toujours surprotégé, n'est-ce pas, Peter ? »
Pas de réponse.
« Tu ne connais pas la douleur. » Le chasseur vit un coin des lèvres du gamin s'étirer. Son assurance et son self-contrôle de l'après-midi étaient aux oubliettes. Il venait d'en récupérer une infime partie. « Tu ne connais pas la vraie douleur. »
« Évidemment, j'ai que seize ans. » Siffla Peter. « Vous m'avez laissé en vie pour atteindre mes parents. Et les autres, vu que je suis... l'humain de la meute, c'est ça ? » Il secoua la tête. « Vous avez tiré sur un lycéen car un gosse refusait de vous obéir alors que vous braquiez une arme chargée sur nous. Vous vouliez, vous voulez, tuer le-dit gosse. Vous m'enfermez dans une cave de banlieue un peu chic, tout à fait normale, qui n'attire pas l'attention et certainement pas celle des loups qui sont convaincus que vous vous cacherez. Vous attendez de moi que je vous dise tout ce que je sais sur ma famille, les loups en général en échange de... bons soins ? » Peter croisa le regard de l'adulte. « Vous espérez néanmoins que mes parents ne tarderont pas trop à venir afin de les tuer au plus vite... mais vous ne savez pas encore ce que vous ferez de moi ensuite. J'en sais trop et je suis blessé, donc je finirai forcément à l'hôpital. On m'interrogera. Et vous, vous ne voulez pas qu'on m'interroge. C'est pas le but. Vous êtes pourtant descendu pour jubiler de votre pseudo-victoire et me raconter vos plans. » L'adolescent se moqua légèrement. Il parlait maintenant et regretterait plus tard. « Vous savez exactement comment tout ça va se finir, n'est-ce pas ? »
Le chasseur ne répondit pas.
« On est dans un foutu mauvais film bourré de clichés à deux balles. Le chasseur un peu badass qui tue les méchants et qui, parfois, pour réussir, doit franchir la ligne entre le bien et le mal. Kidnapper, blesser, tuer ceux qu'il se vante de protéger. C'est cliché. » Peter haussa les épaules. « Dans certains films, vous pourriez être le gentil... mais dans d'autres, vous seriez le méchant. Et, dans ceux-là, ça finirait mal pour vous. » Exit la douleur, mieux valait montrer à l'autre à qui il avait affaire. « Et ça finira mal pour vous. »
« C'est une menace ? » Ricana le chasseur. « Une promesse ? »
« Un constat. »
Au-dessus d'eux, dans les pièces à vivre, des bruits de pas. Quelques éclats de voix. Des chaises que l'on tirent et des verres que l'on claquent sur la table, aussi. Une réunion allait commencer. Le clan se réunissait pour parler de... trucs de chasseurs. Peter ne savait pas trop en quoi consistaient les réunions de chasseurs. Il était plus familier avec ce qui se passait dans l'autre camp, celui des lycans.
L'homme qui était descendu le voir recommençait à sourire, à ricaner, rien qui ne soit bon signe pour le prisonnier qui avait eu la langue un peu trop pendue. Un petit canif venait d'apparaître dans les mains du chasseur, sans que Peter ne sache d'où il venait – de sa poche ? De sa manche ? De sa botte ? – et menaçait de l'utiliser à tout instant.
« On-on oublie la méthode douce, c'est ça ? »
o o o
Le salon, une seconde fois, plongé dans l'obscurité, le saladier de pop-corn de nouveau rempli et posé entre l'humain et son comparse, Star Wars pouvait reprendre. Les yeux ronds, Stiles ne quittait pas l'écran une seule seconde. Même pas pour regarder ce qu'il allait piocher et combien de grains de maïs allaient s'échouer entre les coussins du canapé. Connaître le film sur le bout des doigts et être en mesure de dire les répliques en même temps que le protagoniste ne l'empêchait pas de refuser d'en perdre une miette. Pas comme Liam. Liam qui gigotait depuis plusieurs minutes. Liam qui n'arrêtait pas de toussoter, comme pour attirer l'attention de son hôte. Liam qui jetait de petits coups d'œil fort peu discrets en direction des escaliers.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? » S'agaça Stiles, mettant le film sur pause. « On avait dit 'pas de pause' et résultat, là, c'est déjà la deuxième fois qu'on met sur pause. »
« Tu peux... tu peux remettre. »
« Non. Tu me dis ce qui se passe. »
« Rien. Il se passe rien du tout. »
Le loup-garou s'enfonça dans le canapé. Les bras croisés, son regard ne quittait plus l'image fixe. L'humain soupira. Soit. Bon gré, mal gré – Stiles aurait vraiment aimé être mis au parfum – il appuya sur la flèche blanche et le film put reprendre.
o o o
Peter ferma les yeux. Désespéré. Il avait appris à craindre ces pas qui descendaient les escaliers plusieurs fois par jour. Une marche. Deux marches. Treize marches. La réponse était toujours treize. À chaque fois, l'adolescent espérait que celui qui descendait en loupe une et dégringole. Qu'il se casse quelque chose. Qu'il se blesse gravement. Qu'il faille faire venir les urgences... même si on ne risquait pas de les inviter à descendre à la cave.
Ses mains n'étaient plus liées. À croire que l'on ne craignait pas – plus ? – qu'il s'enfuit. Ils n'avaient pas totalement tort, non plus. Les quelques fois où on l'avait invité – sous la contrainte mais ce n'était de l'ordre que du détail – à bouger, à marcher au lieu de ramper loin de son coin... le résultat n'avait pas été fameux. S'appuyer sur l'ennemi pour avancer, dépendre de ceux qui s'en prenaient à plus faible pour se déplacer... le tout assaisonné d'un « C'est pour mieux te blesser, mon enfant » : sa vie avait pris un tournant radicalement différent ces derniers temps. Tournant qui ne lui plaisait en aucun cas, allez comprendre.
À côté. Il était juste à côté de lui. À quelques mètres. Certainement moins. Nul besoin de voir pour savoir. Pas besoin non plus de sens sur-développés pour sentir. Entendre. L'adolescent approcha sa jambe saine de son torse et la serra de toutes ses forces. En boule dans son coin, qu'il ne quittait que pour rejoindre l'opposé et fondre un peu plus en larmes chaque fois, il se sentait pitoyable. Il se savait pathétique. Il voulait rentrer à la maison. Se coller contre sa mère, nicher son visage dans le cou de son père, peu importait. Être seul et séparé de ses parents ? Plus jamais.
Le pire était de se dire qu'ils avaient eu raison de s'inquiéter pour lui. De craindre, depuis toujours, qu'on l'utilise pour les atteindre. De se méfier de son humanité et de ce qui découlerait de sa différence. Le pire, c'était d'avoir confirmation de sa faiblesse et son incapacité physique à évoluer au milieu d'une meute de loups. Un humain parmi les lycans ? À quoi s'était-il attendu, au juste ? Ce n'était pas idiot de toujours l'avoir empêché de chahuter avec Robin, Leonard, tous les autres. Il n'était rien. Rien d'autre qu'un humain.
« On ne fait plus le fier, hein. » S'amusa la voix.
La tête dans les bras, Peter sanglota. Sa manche était mouillée. Elle ne tarderait pas à être trempée, à cette allure. Restait à savoir si ce serait de larmes ou de sang. Bon dieu, que pleurer pouvait faire mal. Son visage lui faisait mal. Les coupures, son œil gonflé à moitié fermé, les plaies à vif. Son corps faisait mal dans son entièreté. Pas que la jambe. Plus que la jambe.
« Comment ? Qu'as-tu dit ? » Ricana-t-il, l'agrippant par les cheveux et le contraignant à lever les yeux.
« P-pitié... stop... s-stop... »
Parler faisait mal aussi. Hurler de douleur. Crier à l'aide. Espérer alerter quelqu'un, n'importe qui... ce n'était pas les meilleures conditions pour économiser sa voix. Loin de là. Peter s'en moquait. Il n'en avait pas l'intention.
On lui posait des questions. On lui en posait toujours, des questions. Beaucoup. Toujours les mêmes. Au début, Peter avait eu l'audace de leur rire au nez... ils le lui avaient donc cassé. Ne pas leur répondre avait été sa décision. Difficile à tenir, assurément mauvaise, mais ses parents allaient le retrouver. Vite. Ils ne devraient d'ailleurs plus tarder. Puis Peter avait baissé les bras. On le retrouverait, certes, mais peut-être pas aussi vite que prévu. Peut-être même pas en vie, en fait. Peut-être était-ce pour le mieux ?
Des questions, on lui en posait encore. Bien sûr. Elles entraient par une oreille et ressortaient aussitôt – sans prendre la peine de sortir par l'opposée. L'adolescent serrait les dents, les poings, tout ce qu'il fallait, prêt à faire face à la douleur d'un instant à l'autre. Il n'était pas prêt. Il ne l'était jamais. Il savait pourtant que ça n'allait plus tarder. Ça allait venir. Il le sentait. Le savait. S'en doutait.
« Toujours pas, hein. »
Le chasseur attrapa le coude du lycéen. Tira. L'obligea à lâcher sa satanée jambe. Toujours de force, nourri par les incessants sanglots du gosse, il déplia ces doigts qui tentaient de rester ensemble. En tordit un. Les deux l'entendirent craquer. Le cri et le surplus de larmes qui suivit ne le laissa pas insensible. Pas totalement, du moins. L'adulte libéra sa prise. Peter ramena à lui sa main. Appuyé contre le mur, l'adolescent n'avait pas encore autant pleuré depuis son arrivée. Il n'en avait pas l'impression, en tout cas. Il venait d'atteindre son point de rupture.
« Je ne te demande pas la lune... »
« Mais je sais pas. » Gémit Peter, la tête contre le mur, son visage tuméfié noyé de larmes. « Je sais pas. Je sais pas. Je sais pas. » Sa main gauche serrait ses cheveux et tirait dessus alors qu'il répétait encore et toujours les même trois mots. « Je sais pas. Je vous dis que je sais rien. »
« Tu espères me faire avaler que tu ne sais pas où va ta meute à la pleine lune ? Tu manques décidément pas de culot, toi. »
« Je suis pas avec eux à la pleine lune. C-c'est trop dangereux. »
Le chasseur ricana. Cette réponse lui plaisait pas mal.
« Dangereux, hein. »
« Dangereux. Mais ils ne m'ont jamais blessé comme vous êtes en train de le faire, ces monstres. »
Mauvaise réponse. Très mauvaise réponse, même. Peter le savait mais n'avait pu retenir sa langue. L'expression « Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler » n'avait jamais été son expression favorite. L'adolescent dut sentir que quelque chose se tramait car il jeta un coup d'œil craintif et hésitant vers son locuteur et, d'horreur, se figea.
Derrière lui, ses parents. L'autre homme dut le sentir lui aussi. Il se redressa, tout sourire, l'air de rien ; sortit une arme accrochée à la ceinture de son pantalon. Tel Lucky Luke, sans regarder qui il visait, il se tourna et... PAN. PAN.
o o o
« Liam ! » Cria Stiles. « Encore une fois, juste une fois, et je te fous dehors sans chaussures, sans veste, sans clés, pigé ? »
L'image s'était arrêtée sur Han Solo sur le point de finir dans la carbonite. Stiles savait ce qui allait arriver. Liam tout autant. Le malheureux contrebandier avait déjà dû terminer plus d'une vingtaine de fois dans l'alliage... n'en demeurait pas moins sacrilège que de pousser Stiles à sans cesse stopper le film. Cette fois, c'était un brusque sursaut de la part du loup-garou qui n'avait pas manqué faire réagir l'humain. La télécommande posée à portée de main, il s'en était aussitôt emparée pour appuyer sur le bouton. à ce rythme, ils étaient loin de le terminer, ce marathon !
« Tu devrais peut-être monter. » Chuchota le jeune entraîneur, en alerte. « Non, tu... tu devrais monter. Pas peut-être. »
Le bruit de chute qui suivit explicita rapidement la situation. Ce n'était pas une étrange idée farfelue de son ami, c'était réel. Stiles soupira. Évidemment, ça devait arriver alors que Liam était présent.
Liam, celui qui était le plus fidèle à Scott. Liam, l'unique véritable bêta de Scott. Liam... qui ne dirait peut-être rien à son foutu Alpha si Stiles lui en faisait la demande. Ça ne coûtait rien d'espérer. Juste le risque d'être déçu.
« C'est... ça arrive souvent ? »
« Pas un mot à Scott. » Oui, ça arrivait souvent. « Ni deux mots. Ni trois. Ni plus. » Siffla Stiles, aussi menaçant que possible – donc pas des masses. « Ni aux autres. Et tu ne l'écris pas. Ne le dessine pas. Rien. Niet. »
« Stiles... »
L'hyperactif escaladait le dossier du canapé pour économiser un peu de temps. Temps gagné immédiatement perdu lorsqu'il eut la bonne idée de s'emmêler les pieds dans ses propres pieds. L'appel, un chouïa désespéré, de Liam l'arrêta net dans le hall d'entrée. Tiens, le cadre n'était pas droit.
« Ça fait quelques jours, oui. »
Cette réponse suffisait à Liam. Stiles n'avait pas menti. Joué sur les mots peut-être, c'était son genre, mais son corps ne l'avait pas trahi. Ce faisant, le lycan accepta de garder le silence. Tant que la situation ne s'envenimait pas et que ça ne devenait pas dangereux pour Stiles comme pour Peter.
o o o
À l'entrée de la chambre du couple, Liam coinça. Y entrer ne le dérangeait pourtant pas. Il était déjà plusieurs fois venu faire le gentleman cambrioleur, à la demande de l'un ou l'autre, lorsqu'un objet ou un vêtement déplaisait vraiment trop. Il ne comptait plus le nombre de chemises, cravates, sweats et peintures qu'il avait discrètement subtilisé avant de les remettre à son commanditaire. Liam ne comprenait pas leur méthode mais puisqu'elle paraissait leur convenir et qu'ils ne faisaient jamais la moindre réflexion à ce sujet... il se taisait.
C'était Stiles. C'était Peter. C'était eux. Ni plus, ni moins. Mieux valait ne pas chercher, il risquerait de s'en mordre les doigts.
Peter était au sol. Il s'était cogné dans sa chute, inévitable après la bataille laborieuse qui l'avait opposé aux draps. L'odeur du sang titillait les narines de Liam. Le liquide rouge et pas encore sec sur la joue et la tempe, qui entamait à peine le processus de guérison, de l'avocat confirmait l'information transmise par son nez à son cerveau.
Les mains de Peter, les griffes pas loin d'être de sortie elles aussi, s'accrochaient au bras que Stiles avait passé autour de lui. La lampe de chevet était au sol, son ampoule éclatée. Le réveil était en morceau au pied du mur. Le lit complètement défait, la moitié des couvertures par terre, l'autre en vrac sur le matelas. Liam regrettait déjà la promesse fait. Stiles gérait, de toute évidence, mais un rien pouvait tout faire chavirer... et il serait trop tard pour regretter.
« Reste pas planté là ! » Reprocha Stiles, plus inquiet qu'en colère. « Fais quelque chose. Descends préparer un truc chaud. Ramasse l'ampoule. J'sais pas, mais... je... »
Les jambes de l'aîné battaient l'air. Elles n'avaient pas dû se mettre d'accord avec les bras et les mains. Quand les unes cherchaient à retenir l'humain auprès de lui, coûte que coûte, s'agrippant à son maillot et se cramponnant à ses avants-bras, les autres voulaient s'en éloigner.
En plus du sang, la chambre empestait la peur et, plus surprenant, la douleur. Se cogner contre la table de chevet ne devrait pas faire cet effet-là à un loup-garou, quel qu'il soit. À petits pas, Liam s'approcha. Il attrapa, maladroit, une main de Peter et voulut le décharger de son mal. Pas moyen. L'avocat n'avait pas une once de souffrance à transmettre.
Pas bon. Pas bon du tout.
« Peter... Peter... » L'humain l'appelait. Peter était éveillé mais ne semblait pas pour autant être conscient du monde alentour. Il était là sans l'être. Ça commençait à être fréquent, ça aussi. « T'es à la maison. »
« 'Lex ? » Peter releva le nez avant de s'éloigner brusquement. « Stiles ? Que... »
Ce genre de questions, furent-elles posées de la plus innocente manière, étaient particulièrement douloureuses. Ce n'était rien, cependant, comparé aux actes. Peter chassait Stiles. Il semblait même le craindre.
o o o
Quelques minutes plus tard, après que Stiles ait, à contrecœur bien sûr, accepté de le laisser s'éloigner, Peter initia de lui-même un nouveau contact. Il posa sa tête au creux du cou de l'autre. L'humain ne se fit pas prier pour repasser un bras autour de ses épaules encore tremblantes et le ramener à lui.
« Je deviens fou. » Cette remarque n'était qu'un murmure mais n'échappa à personne. « Je deviens vraiment fou, cette fois... »
« Bien sûr que non. C'est encore tout récent, Pet'. C'est normal que tu ais encore du mal avec ça. C'est jamais aussi facile. Ça se saurait, sinon. »
Les ongles de Peter – et dieu merci ce n'était que ça, des ongles – s'enfonçaient dans les avants-bras de Stiles, dont les manches du pull étaient retroussées. Incapable de tenir longtemps sa position, toujours à la recherche de l'idéale, sa tête reposait maintenant sur le bord du matelas. Il tremblait. Stiles chercha en tâtonnant, et trouva, la couverture au boule au bout du lit et les enveloppa dedans. Ce n'était pas utile mais le geste aiderait. Peut-être.
« C'était pas réel. » La voix du loup manquait singulièrement d'assurance. « J'étais ado. Et ils étaient là. » La respiration de Stiles était lente. Stupeur. Ce soir, Peter semblait accepter la discussion. « Et mes parents aussi. »
« Ah... » L'hyperactif soupira. « Ouais. Effectivement... c'était pas réel mais... c'est pas pour autant insensé. Il paraît que les rêves ont une signification, après tout, non ? Et... t'as peut-être fait un mix de plusieurs événements traumatisants. »
La vie de Peter n'en manquait pas, après tout.
« Ce qui ne serait pas la meilleure idée que ton cerveau ait pu avoir, j'en conviens, mais... parfois même les meilleurs ont des belles idées de merde. Et par 'belle' je veux dire 'tout sauf belles' les idées. »
« J'étais humain. »
Silence. Stiles comprenait mieux cette ouverture soudaine. Ça n'en était pas une. Son compagnon lui racontait quelque chose de réel... mais uniquement dans sa tête. Et encore ! Même pas tout à fait.
« Tu te sentais faible et inutile dans toutes ces situations et... te rêver humain était peut-être une manière plus sympa de te le dire. Ou pas plus sympa. Fin... tu vois... humains, faibles, inutiles, tout ça, quoi. »
Peter pesa le pour et le contre. Soupir. « Peut-être, ouais. »
o o o
Les cheveux qui lui démangeaient le nez n'étaient pas des plus gênants. Stiles saurait s'y faire et s'endormir malgré ce petit désagrément. Peter endormi sur son épaule était un petit miracle dont il saurait aisément se contenter. Cette nuit était pire que la précédente. Nettement. Pas uniquement parce qu'il y avait eu témoin. Liam ne dirait rien tant qu'il ne serait pas primordial que toute la meute soit au courant. Stiles espérait que ce temps n'arriverait jamais... ou qu'il ait suffisamment de jugeote pour demander de l'aide avant que Liam intervienne à sa place. Il n'en aurait pas, de la jugeote. Il était Stiles, après tout.
« Tu veux de l'aide pour le mettre au l- »
« Non. Ça ira. On va rester là. Merci. »
Liam hocha la tête.
« Par contre, tu peux redescendre la tasse, s'il-te-plaît ? » Arrêta Stiles. « Mets-la dans l'évier, ça suffira. »
« T'es sûr que tu préfères pas que je reste ? »
« T'inquiète... la prochaine étape difficile, c'est demain matin. »
Fin du douzième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de dromadaires pendus par les cheveux ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le treizième chapitre, Le déjeuner des révélations ?
J'en profite pour dire que, dorénavant, j'ai une page facebook (lien disponible sur mon profil - parce que, oui, les liens vers facebook marchent mais pas vers wordpress & co). Un calendrier prévisionnel des chapitres et one-shot s'y trouvera ; des extraits des prochains chapitres (ou des one-shot aussi) ; l'annonce de certaines fics et/ou OS avant. Des petits concours aussi, parfois. Fin bref ;)
Skayt
