Hello, hello,
Je suis vraiment contente de voir que cette fic vous plaît ! Vraiment ! :-)
Un gros groooos merci à LiliEhlm pour sa correction, et tout, et tout.
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 14 - Vie de mensonges
Catherine resta sans voix. À plusieurs reprises, et dans un intervalle restreint, elle cligna des yeux. Son cerveau traitait l'information. L'analysait. La tournait et la retournait dans tous les sens, comme pour trouver une explication plus facile à accepter. La digérait. Terre à terre, et malgré les points communs qu'elle pouvait avoir avec l'hyperactif, elle n'était pas Stiles qui avait trouvé ça drôle à une époque – nettement moins aujourd'hui.
« Un loup-garou. » Murmura-t-elle, haussant les sourcils. « Comme... Remus Lupin ? »
Peter n'avait pas prévu ce genre de commentaire. Il s'était imaginé une grimace dégoûtée avant de partir sans un regard en arrière. Une mine terrifiée avant de quitter le restaurant sans mot dire. Un silence particulièrement long et pesant avant qu'elle ne décide, enfin, de tourner les talons. Il s'était imaginé beaucoup de chose, qui se terminaient étrangement toutes par la fuite de Catherine – à se demander pourquoi il avait tout de même décidé de lui avouer ce qu'il était – mais pas cette réaction-là, non.
Le serveur qui s'occupait d'eux, et qui avait paru sur le point de venir leur demander si tout se passait comme ils le voulaient et s'ils avaient besoin de quelque chose, se ravisa en les voyant. L'ambiance entre ces deux-là ne semblait pas être au beau fixe et les interrompre aurait été une très mauvaise idée. Il retourna donc en cuisine voir si les plats pour la table sept étaient déjà prêts.
« C'est une blague ? » Murmura Catherine, du bout des lèvres. « Peter ? »
En guise de réponse, et c'en était une bien étrange, l'avocat posa sa main droite sur la table et, dès l'instant où son amie la regarda, fit apparaître ses griffes. Ce qu'il lut dans les yeux bleus de Catherine terrifia Peter. Ses craintes s'avéraient finalement vrai. La peur. L'horreur. On ne pouvait se méprendre. C'était clairement ça. Précisément ce qu'il avait voulu éviter.
« Et tu... tu es comme ça depuis... un mois ? Comment tu as pu me cacher un truc pareil aussi longtemps ! » Reprocha-t-elle, son débit s'accélérant indubitablement. « Peter ! »
Fini le ton doucereux, le regard amical et le sourire réconfortant. Peter allait la perdre. Il n'aurait pas dû tenter l'aveu. S'il ne lui avait jamais dis avant... maintenant ne pouvait qu'être trop tard.
« Non. Pas un mois. »
« Combien ? » Elle savait combien. Elle avait craint entendre Peter réfuter. Le silence de son ami était criant de vérité. « Je... je vois. »
« Cath'... » Peter voulait la retenir. S'il la laissait partir ce midi, sans qu'ils n'aient le loisir de s'expliquer, c'était fini.
« Je retourne au bureau. » Annonça-t-elle d'un ton sans appel, tournant les talons.
Le loup-garou la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle ait finalement disparu dans un taxi. Les coudes posés sur la table, la tête entre les mains, il soupira. Ferma les yeux. Soupira de plus belle. Quelques minutes plus tard, sans plus toucher au plat dans lequel il n'avait pratiquement pas pioché, il demanda l'addition pour eux deux. Le pas lourd, le cœur lourd, soudainement d'accord pour aller voir Scott le soir-même au lieu de malencontreusement oublier la demande, il retourna au cabinet.
o o o
Jordan zyeuta, peu discret, vers son coéquipier. La bouche pleine d'un morceau de sandwich acheté tout préparé – et absolument immonde de son avis – Stiles ne parut pourtant pas remarquer être soudainement au centre de l'attention. Au centre de l'attention d'une seule personne, certes, mais tout de même. L'un surveillait l'immeuble face auquel ils étaient stationnés, particulièrement la fenêtre du deuxième étage où une silhouette enchaînait les va-et-vient, tandis que l'autre terminait son repas. Chacun son tour. Toujours opérationnels... ou presque.
« Ton père veut que je te surveille et m'a demandé d'aller plus souvent aux réunions pour... hmm... » Parrish se demandait s'il faisait bien d'en parler à Stiles ou pas.
« Pour surveiller que Peter ne pète pas complètement un plomb. » Pas difficile à comprendre. « T'as accepté ? »
« J'aurais dû ? »
L'humain ne répondit pas à la question. Il ignorait la réponse, après tout. De plus en plus, Stiles se disait qu'il ne saurait gérer la situation seul. Peter avait des soucis, et pas uniquement de contrôle, sans que personne n'en sache rien. À part lui. Et Liam. Un peu, Liam. Lydia avait certainement des doutes. Tous devaient en avoir, des doutes, à bien y réfléchir. La dernière réunion, où Peter et lui avaient tout nié en bloc, les avait trahis. Son père aussi en avait, des doutes, sauf que le shérif ne comptait pas. John doutait de Peter à longueur d'années. Il attendait depuis toujours le jour où l'avocat déraperait enfin.
« Peut-être... »
Jordan tourna la tête, d'un coup sec, vers son coéquipier et montra sa surprise. Deux mots qui ne voulaient rien dire et tout dire.
« Vous avez un problème ? »
« Peut-être, ouais... » Redit le plus jeune, se passant une main dans les cheveux, nerveux. « Purée, j'en sais rien. »
« Que te dit ton instinct ? »
Le fils du shérif grogna. C'était quoi encore que cette question à la mord-moi le nœud ?
« Mon instinct, j'en sais rien. Mes cours de philo, que les humains en sont dépourvus... »
La main de Parrish se leva. Il invitait Stiles à se taire. Du mouvement. Là ! Juste là ! Dans l'appartement qu'ils surveillaient. Qu'ils étaient supposés surveiller et ne pas quitter des yeux. À sa grande surprise, son geste suffit. Le plus jeune agent avait remarqué, lui aussi, l'évolution de la situation puisqu'il se jetait d'ores et déjà hors de la voiture, arme au poing.
« Je vais le tuer, celui-ci... » Marmonna Jordan en l'imitant rapidement.
o o o
Catherine leva les yeux de son écran quand elle entendit quelqu'un approcher de son bureau. Elle retourna aussitôt à ses occupations, donc à ses e-mails, lorsqu'elle vit Peter arriver. L'homme chercha à capter son regard mais n'insista pas sitôt comprit-il qu'elle le fuyait.
Il évita l'associé un peu trop pressé qui manqua de le percuter et entendit la langue de Catherine claquer contre son palais. Elle prenait ce réflexe pour ce qu'il n'était pas, quelque chose de propre à sa condition particulière dont elle ne savait rien.
Il aurait dû se taire.
o o o
« Peter est là ? » Harry, une paire de classeurs bleus et verts dans les bras, semblait pressé. Tout le monde l'était toujours cabinet. « J'ai les dossiers qu'il... fin... qu'il a demandé. »
« Il est là. »
« Et je peux entrer ? C'est sûr ? Je vais pas me faire menacer de renvoi, encore une fois ? »
« Harry, tu entres dans le bureau si tu dois entrer dans le bureau. »
Sèche, Catherine n'était pas d'humeur pour toute cette comédie.
Le jeune associé le comprit parfaitement vu qu'il n'insista pas plus longtemps. Prudence était de mise quand on travaillait aux côtés de Peter et Catherine, le duo infernal. Hâtif, il dut s'y reprendre par deux fois pour réussir à ouvrir la porte. Harry fut étonné de voir que personne ne se trouvait derrière le bureau. Le laptop était fermé. La bouteille de scotch à laquelle ne touchait jamais Peter dé-bouchonnée et, il le jurerait, diminuée.
Sa surprise ne fut que plus grande encore quand il trouve enfin la silhouette de son patron. Allongé sur le canapé. Le visage vers le dossier. Les jambes pliées. Un bras sous la tête, son autre main serrait la veste utilisée comme couverture. Peter dormait. À poings fermés, qui plus était. Il n'avait pas bronché malgré l'intrus qui venait de pénétrer dans son bureau. Harry savait qu'il aurait dû demander à Catherine de vérifier ! Il allait se faire incendier par Peter lorsqu'il se réveillerait.
« Tout va bien, Harry ? » Demanda Catherine, venant le rejoindre, une main au-dessus de l'épaule du plus jeune.
« Il a bu. » Fit remarquer l'associé, pointant la bouteille.
« Je m'en occupe. Tu n'as pas à t'en faire. »
Parce qu'il n'avait pas d'autre choix que celui de la croire sur parole, Harry laissa ses dossiers bien en évidence sur le bureau du partenaire-associé, près de l'ordinateur, puis regagna son propre espace de travail. Il n'y avait pas grand chose d'autre à faire. Il avait d'autres dossiers dont il lui fallait s'occuper et une paire de synthèses à fignoler, vraiment pas le temps de s'occuper des états d'âmes de Peter – si tant est qu'il en possédât une.
Une fois qu'ils furent seuls, Catherine alla remonter la veste sur les épaules de son ami afin qu'elle couvre un peu mieux le loup-garou endormi. Elle remit le bouchon sur sa bouteille, qu'elle alla ensuite remettre à son exacte place – Peter en ferait une syncope, autrement. En sortant, elle tourna le store pour empêcher les autres de voir ce qui se passait dans le bureau.
Dès le départ, dès son départ, elle avait su qu'elle ne lui en voudrait pas longtemps.
o o o
« Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond, chez toi, Stiles ! » Jordan était furax, et encore, c'était un euphémisme. Le suspect au sol ne se débattait pas, heureusement pour eux. « Et ne me répond pas 'un paquet de choses' sinon je t'étripe et je fais disparaître ton corps. »
« Beaucoup de trucs... » Tout sourire, le jeune agent Stilinski était satisfait de sa connerie.
« L'est malin, l'gamin. »
« Ta gueule. » Grognèrent les deux coéquipiers, synchrones.
Menottes aux poignets, entre les mains d'un Parrish à prendre avec des pincettes, le gamin, plus jeune qu'eux, ne se disait pas que sa remarque était mal-venue et qu'il ferait mieux de se la jouer discret. Fort heureusement pour les deux agents, leur suspect ne se débattait pas, conscient que ça n'améliorerait pas ses affaires.
o o o
Un téléphone portable, rangé dans la poche intérieure de la veste de son propriétaire, vibrait. L'appareil sonnait, encore et encore, et ne réveillait pas le dormeur. L'air faussement épique qui avait été choisi comme son d'alerte continuait à résonner dans le bureau. Peter grogna. Se tourna sur le fauteuil et, tout de même, finit par péniblement ouvrir les yeux... qu'il referma de suite, ébloui. À tâtons, il chercha l'appareil honnis. Il entrouvrit une paupière, pas encore franchement convaincu de répondre, et ses sourcils se froncèrent lorsqu'il lut le nom affiché à l'écran.
« Un problème ? » Demanda Peter en guise de salutations.
« C'est toi qui a appelé. » Fit remarquer l'autre.
« C'est... sympa de rappeler. » Le premier soupira. « Mais c'était y a plus d'une heure. »
Peter ne dit rien de plus. C'était à Derek de le faire, d'y mettre un peu du sien. C'était à son neveu qui avait, forcément, une raison de l'appeler et qui ne consistait pas à lui renvoyer la balle. Derek n'était pas de ceux qui appelaient sous le seul prétexte qu'on avait tenté de le joindre plus tôt dans la journée. Derek n'était même pas de ceux qui appelait, en fait. Pas du tout.
« J'ai peut-être une piste pour ton humain. »
L'autre déglutit. Mince.
« C'est probablement un loup, maintenant. » Continua Derek, loin de connaître le trouble de son oncle. « Y a dû lui arriver un truc en tant qu'humain et la morsure l'a sauvé. Oublier également. »
Double mince.
Comment son neveu, loin d'être un Sherlock Holmes des temps modernes – ou pas modernes – avait pu en arriver à pareille conclusion et, surtout, aussi vite ? Comment pouvait-il avoir raison ? L'avocat se pinça l'arête du nez et réfléchissait sur la réponse à donner. Machinalement, il ramena ses jambes contre son torse, téléphone toujours collé à l'oreille. Au diable les « Pas de chaussures sur ce canapé, nom de Dieu ». C'était le sien. C'était lui qui faisait les règles... qui les défaisait aussi.
« On devrait peut-être éviter de le chercher. Si on nous l'a fait oublier, c'est peut-être pour son bien. Nous revoir pourrait faire... revenir des souvenirs, non ? »
« Éventuellement, oui. » Confirma l'aîné dans un souffle. « Mais, en général, ce qui est oublié reste oublié tant que rien est fait pour retrouver ces souvenirs. Et encore... il faut savoir quoi chercher pour les trouver. »
« Donc même si on le retrouve, ils ne reviendraient pas, les souvenirs, » Comprit Derek. Une pointe de regrets se faisait entendre.
« Normalement non. » Approuva Peter. « Mais il ne se souviendrait pas de nous non plus. On a oublié son existence, pourquoi n'aurait-il pas oublié la nôtre ? »
« Parce qu'on était déjà des loups. Si on veut lui faire croire qu'il en est un de naissance, c'est bien de rester au milieu d'eux, tu ne crois pas ? » Derek attendait une réponse qui ne venait pas. « Je veux dire... On connaît peut-être encore son nom et son visage. Tout. On sait peut-être tout de lui, Peter, sauf le fait qu'il ait été humain, qu'il est un mordu. »
Satané Derek dont un cerveau doué pour les recherches semblait s'être développé durant la nuit.
« Peter ? Je peux te poser une question ? »
« Quoi ? » Murmura Peter, las, oubliant de charrier son neveu quant au fait qu'il était bien bavard, aujourd'hui.
« Comment tu t'es souvenu de lui ? »
L'aîné des deux Hale avait les yeux rivés sur les buildings adjacents. En se concentrant bien, il pourrait presque voir le comptable d'en face se cogner la tête contre son clavier tandis qu'un stagiaire le regardait faire, perdu. Les jambes toujours contre lui, le menton sur les genoux, ce n'était, encore une fois, pas une question à laquelle Peter pouvait, ou même voulait, répondre.
« Je m'en suis souvenu. Retiens juste ça. »
La porte du bureau s'ouvrit doucement et une paire de talons claquèrent sur la moquette – le son était à peine atténué. Le loup-garou ne le remarqua pas. Trop occupé avec Derek, le monde qui l'entourait, le cabinet, les associés, les dossiers, ne l'intéressaient aucunement. Appuyée contre le mur parallèle aux fenêtres, derrière le canapé sur lequel était assis un Peter au bord du gouffre, Catherine soupira. Elle n'aimait pas le voir ainsi.
« On pourrait se voir pour en parler de vive voix ? » Demanda Derek, qui n'était pas un grand fan des conversations téléphoniques. « Ce soir ? »
« Pas ce soir, non. Je dois passer chez Scott. »
« Il s'est passé quelque chose ? » Le plus jeune loup paraissait inquiet. Il l'était !
« Rien de grave. » Derek eut tôt fait de traduire ces trois mots. Dans la langue de Peter, c'était les plus faciles à comprendre. Quelque chose de grave était arrivé, oui, mais qui ne nécessitait toutefois pas la présence de toute la meute.
« Il s'est passé quelque chose ce midi. C'est pour ça que t'as appelé. Stiles répondait pas. » Vraiment, Peter était impressionné par son neveu. Loin d'être un idiot, la perspicacité n'était pas pour autant son fort. « Peter... »
« C'est rien. » Peu importe ce dont il était question, ce n'était certainement pas rien, non. « J'ai failli perdre le contrôle ce midi. J'ai pu m'isoler avant. Scott a su me faire revenir. » Résuma l'oncle. « C'est tout. »
« À cause de quoi ? »
« Rien. »
« Ce n'est jamais pour rien quand tu... » Derek grogna. « Bon, ce n'est en général pas pour rien que tu perds le contrôle. Il s'est passé quelque chose. Stiles va bien ? »
« Je pense. Ouais. »
Tirer les vers du nez à un lycan récalcitrant à la seule idée de causer n'était pas dans la « liste des choses à faire avant de mourir, dans d'horribles souffrances ou sans horribles souffrances » de Derek. Bien que concerné et inquiet, il ne pouvait contraindre Peter à tout déballer. Et certainement pas par téléphone. Le point rassurant était que personne ne le pouvait.
« On reparlera de ce qu'on fait au sujet de l'humain plus tard. Je vais te laisser. »
« Der' ? »
« Ouais ? »
« On lui fout la paix. Une vie sans nous connaître, sans nous... c'est la meilleure chose qu'on puisse lui offrir, tu crois pas ? »
« Peter... »
Décidé à ne rien ajouter, Peter jeta, sans y faire cas, son portable sur le canapé. L'objet rebondit et se glissa à-demi sous un coussin. Toujours dans la même position, le loup-garou s'autorisa à ouvrir les vannes et à se laisser un tant soit peu aller. Ce n'était pas souvent qu'il était suffisamment seul pour se le permettre.
Stiles, Catherine, Harry... il y avait toujours quelqu'un.
Derek, Travis, Blaise... qu'il le veuille ou non.
o o o
Catherine était indécise. Le laisser seul comme il semblait le souhaiter... ou lui montrer qu'il ne pourrait jamais l'être, quand bien même le craignait-il ? La question n'avait pas lieu d'être. Bien sûr qu'elle allait rester avec lui ! Jaime, son compagnon, lui reprochait de toujours faire passer Peter avant le reste. La surprenante révélation de son ami n'y changerait rien. Même si elle l'avait cru. Même si elle l'avait espéré. Même si elle l'avait voulu. Le voir endormi, un peu plus tôt, lui avait rappelé ce fait. Le voir maintenant dans cet état le confirmait. C'était Peter. Juste Peter.
Doucement, la femme au chignon blond s'approcha. Elle contourna le canapé. Accroupie face à lui, elle posa une main sur un bout de chaussure de l'avocat. Peter leva les yeux vers elle. Humides, les yeux. Rougis, aussi. Ce n'était pas l'image qu'elle se faisait d'un loup-garou – même si elle avait, dans un premier temps, pensé à Remus Lupin et que Peter avait l'air aussi misérable que lui actuellement. Catherine se redressa et, cette fois-ci, s'installa aux côtés du lycan qu'elle attrapa par les épaules et amena contre elle.
Quand les bras de Peter l'encerclèrent, l'enserrant comme si une vie – sa vie – était en jeu, elle le laissa faire.
« Tu veux bien m'expliquer ? » Demanda-t-elle, afin de bien lui faire comprendre qu'elle comptait rester.
Peter avait beau être intelligent... il savait aussi être le plus idiot des hommes.
« De quoi ? Ex-Expliquer quoi ? Je... »
« Tout. Depuis quand tu es... comme ça, par exemple. »
Grimace. Catherine, sans le savoir, posait précisément LA question qui fâchait. Celle qui n'avait pas une once de chance d'aider Peter à se calmer ou se changer les idées.
« Je... je sais pas. »
Novice dans le domaine du surnaturel, qui venait tout juste d'entrer dans la case « Possible et réel » dans son esprit, la femme se crispa. Cette non-réponse était là le nœud du problème. Celui qu'il taisait depuis des semaines. Impossible de l'ignorer.
« Tu devrais le savoir, n'est-ce pas ? »
« J'ai toujours su que j'en étais un de naissance. Toute ma famille l'est-tait. Mes parents étaient deux Alphas et... les Alphas, c'est des... »
« Je sais. L'Alpha, c'est le chef d'un groupe, d'une... vous appelez ça comment ? »
« Meute. » Murmura Peter, du bout des lèvres, amusé que son amie puisse déjà s'intéresser à ce genre de détails purement optionnels. « Et famille, aussi. Vu qu'on était la meute Hale. »
Elle hocha la tête.
« Et des Alphas mettent forcément au monde des... des... Alphas ? »
« Non. On ne naît pas Alpha. On le devient. »
Catherine sourit, une main dans les cheveux de Peter. « On ne naît pas criminel. On le devient. »
Le loup-garou, calé contre elle et pas décidé pour deux sous à bouger – enfin un élément qui n'avait jamais changé entre eux – se tendit. Encore une boulette de sa part. Une !
« Je ne sais pas si je suis né comme ça ou si on m'a mordu. » Il avait inspiré un grand coup avant de tout déballer d'une seule traite. « Je sais pas. » Il haussa les épaules et, Catherine le jurerait, un grognement lui avait échappé. Ces derniers avaient un tout autre sens, maintenant qu'elle savait. « Et je devrais savoir. Et ne pas savoir devrait m'aider à savoir. Et, au fond... je sais. » Peter souffla par le nez. « Tu me l'as confirmé ce midi. »
« Ton bras cassé. » Elle avait compris. « C'est pour ça que tu as réagi aussi... bizarrement et excessivement ? »
Les deux amis s'étaient quand même éloignés l'un de l'autre. Peter, étalé sur le canapé, les jambes tendues en plein dans le passage. Catherine, elle, assise de manière à peine plus conventionnelle, tournée vers le lycan.
« On ne peut pas se casser le bras. Ou autre chose. On peut mais... ça guérit rapidement, en général. Quand tout va bien. » Peter ricana. « Si j'ai eu un bras plâtré, c'est que je ne l'étais pas à ce moment-là. »
« Tu le serais devenu quand, alors ? » La joue contre son avant-bras, Catherine ne perdait pas une miette. Peter lui parlait – enfin ! – de ce qui le rendait odieux, désagréable et tête à claque depuis plusieurs semaines. Elle était rassurée.
« À la mort de mes parents. Je pense que ma sœur m'a transformé pour me sauver... et que j'aurais dû mourir en même temps qu'eux. »
L'humaine agrippa les doigts de Peter. Elle manqua de les broyer tant elle serrait fort. Elle voulait bien les broyer si ça pouvait signifier que son ami se méprenait sur toute la ligne. Si la famille de Peter avait décidé de ne jamais le transformer, qu'est-ce qui avait bien pu arriver pour qu'ils changent leur fusil d'épaule ?
« Attends... » Catherine venait de poser sa main sur la cuisse de son voisin. « Je comprends pas. Tu as été mordu pour ne pas mourir. Ne pas mourir de tes blessures, donc. On t'a donc transformé relativement vite. Sinon ton pronostic vital n'aurait plus été en danger et l'intérêt de te transformer s'amoindrissait. » Elle fronça les sourcils. « Pour-pourquoi tu as mis aussi longtemps à être sur pied, après ? Si vous êtes supposés guérir vite... »
« Quand tout va bien. » Rappela Peter. « Ce qui n'était pas mon cas. »
Catherine grimaça. Pour être allée le voir à l'hôpital et chez lui, elle confirmait.
« Et comment tu, excuse hein, mais comment tu peux ne pas te souvenir d'avoir été transformé ? »
« On m'a bloqué mes souvenirs. » On arrêtait plus Peter. Parler avait un certain côté rassurant. Surtout que son amie ne pouvait pas juger comme le reste de la meute. Stiles et Derek inclus. « C'est pas pour rien. On a même bloqué ceux de Derek et Cora. Pourquoi ? » Il hésitait. S'interrogeait. « Quel intérêt ? Qu'est-ce qu'on voulait que j'oublie ? Qu'est-ce que je risquais à me souvenir ne pas toujours en avoir été un ? »
Bien sûr, la blonde n'avait pas de réponse à fournir.
« Quand on prend des souvenirs, il y a toujours un risque. Non négligeable, en plus. Entraîner la mort. Faire perdre la raison. Tout faire disparaître. » Peter pensait à voix haute. Il connaissait Cath et savait qu'il pouvait se le permettre, qu'elle l'écoutait et interviendrait si elle en ressentait le besoin. « Qu'est-ce qu'on m'a fait ? »
« On t'a peut-être protégé. » Proposa Catherine, prudente. « Tu n'avais peut-être rien à y gagner, à te souvenir. »
« C'est ma vie. Mes souvenirs. »
« Si tu as été transformé pour échapper à la mort, je doute sincèrement que tu veuilles te souvenirs de ceux qui t'auront, pour ainsi dire, tué. »
« Donc on m'a achevé. » Catégorique. « Si on a pris mes souvenirs, qu'on a légèrement modifié les autres pour me duper... alors je ne suis plus qui j'étais. Comment savoir qui je suis maintenant si je ne sais même pas d'où je viens ? Qui j'étais ? »
Une main devant la bouche, Catherine se mordait la lèvre inférieure et cherchait à le cacher. Peter avait effectivement changé après le meurtre de ses parents. Difficile de manquer la différence – considérable – entre le Peter d'avant et d'après. Tous l'avaient vu. Comment, en tant que meilleure amie, aurait-elle pu le manquer ? Elle se rapprocha de lui et, tout en posant sa tête sur son épaule – chacun son tour – elle commença à jouer avec les doigts du lycanthrope.
« Tu as toujours été Peter. Mon Peter, Peter. »
« Pas vraiment... puisque tu as su noter une différence dans mon comportement. »
« Mais ça pouvait s'expliquer. » Souffla-t-elle. « Si tu étais resté le même, là, ça aurait vraiment été inquiétant. »
Fin du quatorzième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez d'hippocampes strudel ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le quinzième chapitre, Tout va bien ?
J'ai une page facebook (lien disponible sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
Petit "jeu/concours" sur la page actuellement :-)
Skayt
