Hello, hello,
On me demandait sur facebook combien de chapitres devrait avoir la fic... alors j'ai rédigé jusqu'au chapitre 30. Le chapitre 33 est en cours. Il devrait y en avoir une quarantaine, donc. Suivit d'une petite partie bonus/HS qui sera certainement directement à la suite de la fic ;-) donc il reste encore une bonne partie (je suis en train de faire les chapitres pour début juillet, là, dooonc)
J'ai un petit peu de retard dans les ràr des fics et OS, je m'y attaquerais dans la semaine !
Un gros groooos merci à LiliEhlm pour sa correction !
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 16 - Mission suicide
La soirée avait été bonne. Pas parfaite. Certainement pas parfaite. Mais pas trop mauvaise c'était déjà bien, donc bonne c'était mieux. Il y avait eu quelques bas mais, pour une fois, ils étaient presque anecdotiques aux yeux de Stiles. Peter était resté, avait mangé avec lui, n'était pas parti travailler dans son bureau en oubliant l'heure de souper, n'était pas monté se coucher sans mot dire. Il s'était installé à côté de Stiles, un peu hésitant au début, et, peu après la première page de publicités, entre une pub pour un nouveau dégraissant miracle et des couches pour bébé ultra absorbantes, s'était allongé. La tête sur les genoux du plus jeune, le lycanthrope ne semblait pas se forcer à agir ainsi. Comme avant. Il avait grogné chaque fois que Stiles avait eu le malheur de bouger, arrachant chaque fois un sourire au coupable. Plusieurs fois, Peter avait cherché à taper le bras de l'humain qui en venait à faire exprès de gigoter pour l'embêter.
Toute bonne chose a une fin. C'est connu, c'est établi. Qu'il est pourtant difficile de mettre fin à un événement qui tendait à se faire de plus en plus rare. Eux, rien qu'eux. Tous les deux sur le canapé, devant une fiction à deux balles dont ils auraient oublié le nom à la moitié du film. Ensemble, c'est tout. Sans personne pour les déranger, les appeler. Peter et Stiles, sans problèmes surnaturels pour venir foutre un peu plus le bordel dans leur vie jamais si simple.
C'était devenu plus compliqué encore lorsque Peter, sur le point de s'endormir sur le canapé, avait décrété qu'il serait judicieux de sa part de ne pas laisser filer Stiles. L'humain avait attendu ce genre de réaction depuis tellement longtemps qu'inciter le lycan à le lâcher avait été un véritable crève cœur – en rien comparable avec le fait de devoir laisser Roscoe chez le garagiste. Plus douloureux ! Il était question de Peter, ici, non de sa voiture, voyons !
« Tu devrais monter aussi. » Avait murmuré Stiles, le rallongeant sur le canapé et espérant être écouté.
« Hmpf. J'veux savoir si Kit Harington meurt à la fin. »
« Il meurt à la fin. C'est Pompéi. Ils meurent tous à la fin. » C'était logique comme raisonnement, non ? Peut-être pas, c'était un film à gros budget Hollywoodien après tout, ils allaient peut-être sauver le beau gosse. Tant pis. « J'espère qu'ils meurent tous à la fin. Ils méritent de tous mourir à la fin pour avoir fait un film aussi naze. »
« J'ai envie de voir Harington mourir. »
Stiles sourit. Il passa rapidement une main dans les cheveux de Peter, qui ferma les yeux à ce contact. Il s'en voulut un peu plus encore de le laisser là, seul.
« Tu montes dès qu'il meurt ? »
« Je monte dès qu'il meurt. » Assura Peter, souriant un peu. « Et s'il meurt pas, je monte après le générique quand même. Ou pendant le générique. Juste avant le générique. »
Il savait que Peter ne monterait pas.
o o o
Installé sur le siège passager avant, ceinturé en vitesse par un Alex au bord de la rupture, aux gestes plus machinaux que réfléchis, Peter tremblait, pleurait. La douleur n'était plus la seule cause de ses larmes, désormais. L'adolescent savait que ses parents étaient morts, ce soir. Tous les deux. Et il savait pourquoi. Il savait comment. Pire encore : il savait que sa mère était restée en retrait pour leur donner une chance de s'en sortir. La tête appuyée sur l'appuie-tête, le monde environnant ne l'intéressait pas. Voir à quoi ressemblait la résidence pavillonnaire dans laquelle il avait été gardé prisonnier lui importait peu. Quant à s'apercevoir que ceux qui habitaient alentours ne se rendaient compte de rien... non merci.
Alex quittait, le plus rapidement possible, afin que le sacrifice de Kieran et Hestia ne soit pas vain, son stationnement. À cheval sur la bordure du trottoir, la descente risquait de faire grincer des dents Peter. Le loup-garou pianota, sans y réfléchir, le numéro de téléphone de son domicile afin de prévenir Talia. Elle décrocha presque aussitôt.
Bien sûr, songea, amer, Alex. Talia savait que ça avait mal tourné. Pas besoin de la mettre au courant des pertes.
« Alex ? » Le peu de contrôle qu'il avait encore s'ébranla en entendant la voix teintée de panique de sa femme. Elle s'était imaginé le pire. Ne devait même plus espérer ce coup de fil, en fait.
« Je suis dans la voiture. J'emmène Peter à l'hôpital. Rejoins-moi là-bas. »
« Comment il... comment il va ? »
« Il a connu mieux. » Se contenta Alex, après un coup d'œil rapide sur son passager, amorphe. « Je te le passe. T'entendre va peut-être ai... ça lui fera du bien. »
Alex connaissait suffisamment bien Talia aujourd'hui pour savoir que la louve avait la tête pleine de questions, d'interrogations, de peur. Il savait que si on ne lui demandait rien, pour l'instant, c'était parce que, malgré la distance, on sentait sa détresse. Talia avait certainement remarqué que son mari s'exprimait uniquement au singulier, qu'il n'incluait jamais Kieran ou Hestia. Qu'il avait veillé à ne pas dire qui était tombé en cours de route.
Le loup-garou tendit doucement son téléphone portable à Peter qui ne put le prendre. L'adolescent paniqua un peu plus, au grand dam d'Alex qui s'insultait mentalement d'idiot pour avoir oublié l'état des doigts de son beau-frère. Peter n'avait pas tourné la tête vers son aîné, il ne se sentait pas de bouger, trop douloureux, toujours. Désolé, Alex activa le haut-parleur et la voix de Talia résonna dans toute la voiture.
« 'li' ? » Appela Peter, pour faire comprendre à sa sœur qu'il était bien là.
« Peter ? Peter, chaton, ça va ? »
Peter, malgré son état, trouva encore le moyen et la force de grogner à ce surnom. Alex en sourit, Talia s'en réjouit.
o o o
BOUM !
Stiles grogna. Toujours endormi, il se tourna dans le lit. Son oreiller sous la tête, le nez dans celui de Peter, le sommeil de l'hyperactif avait été perturbé par le fracas venant d'en bas. Il ne voulait pas se lever. Il était beaucoup trop bien, là. Au chaud sous la couette, une merveille ! Quitter ce précieux cocon alors qu'il faisait encore nuit noire au dehors ne le tentait pas. Plutôt être privé de petit-déjeuné pendant une semaine qu'aller voir ce qui se passait.
Il entrouvrit pourtant un œil. Stiles aimait se contredire et faire l'exact opposé de ce qu'il souhaitait faire en réalité. Il tendit son bras gauche, sans le sortir de sous la couverture, et alla tâter la place d'à côté. Vide. Froide. La couette même pas en vrac. Stiles souffla. Il avait le lit pour lui tout seul et ça ne le réjouissait pas. Avoir eu raison, tantôt, le rendait malade. Pourquoi ne s'était-il pas trompé ? Imaginer le pire scénario pour finalement s'apercevoir qu'il ne se réalisait pas était tellement mieux.
« Pet... » Marmonna-t-il, la voix étouffée par l'oreiller de Peter qu'il serrait un peu plus fort. « Qu'est-ce que tu m'fais, toi. »
Insister. Il aurait dû insister, tout à l'heure. Obliger Peter à monter en même temps que lui plutôt que le laisser voir les dernières minutes d'un film qu'il avait critiqué deux heures durant. Il ne l'avait pas fait. Il ne le faisait jamais lorsque son loup utilisait l'excuse « mais je veux voir le crétin de personnage principal mourir, moi », à croire que cette excuse était, à ses yeux aussi, une raison suffisante pour traîner devant le téléviseur. Ça et le fait qu'il laissait une totale liberté à Peter depuis un mois, le laissant prendre toutes les mauvaises décisions du monde en se disant, naïf, que son compagnon finirait par comprendre à quel point ça ne leur réussissait pas.
Si Peter était resté au rez-de-chaussé, il n'avait même pas dû bouger du canapé, d'ailleurs, il était responsable du boucan ! Non sans ronchonner de mécontentement, il était vraiment trop trop bien sous la couette, Stiles décida d'aller voir ce qui se passait.
o o o
Talia Hale, son portable collé à l'oreille, restant aussi longtemps que possible en ligne avec son mari et son frère, était allée réveiller ses trois monstres. Laura avait râlé comme quoi elle avait cours le lendemain, dont un devoir d'anglais en première heure, et qu'elle était bien assez grande pour rester à la maison, malgré l'absence de ses parents. Cora avait ronchonné et essayé d'utiliser les mêmes arguments que son aînée, allant même jusqu'à demander si sa mère pourrait lui faire un mot pour expliquer à son professeur pourquoi elle dormait sur sa table. Seul Derek avait obtempéré sans rien dire. Silencieux, il avait passé sa veste sur son dos et enfilé ses chaussures puis avait attendu le reste de la troupe assis dans les escaliers. Il savait ce qui se passait. Ses grands-parents et son père avaient retrouvé Peter.
Après être allée déposer Laura, Derek et Cora chez Deaton, Talia s'était précipitée en direction de l'hôpital de Beacon Hills. Ce n'était, heureusement pour elle, pas un endroit où elle avait souvent à mettre les pieds. Les personnes dont elle était la plus proche, les seules qu'elle était susceptible d'aller visiter, étaient toutes des loups-garous... excepté Peter. Peter était l'exception à toutes les règles qui avaient toujours dicté la vie de Talia. La louve ignorait ce qu'elle aurait fait si le vétérinaire, et, surtout, l'émissaire et ami de longue date de la famille, n'avait pu ouvrir la porte de sa demeure et accueillir les trois enfants. Avec des chasseurs dans les parages, aux trousses de leur famille, Talia se refusait à les laisser seuls – seuls à trois mais seuls toujours. De même qu'elle ne se voyait pas arriver avec les trois à l'hôpital.
Il était tard. Minuit n'était pas très loin. Était-ce passé ou est-ce que ça n'allait plus tarder à sonner ? Talia ne savait plus. Talia s'en moquait. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle avait été infiniment soulagée lorsque l'homme avait décroché son téléphone après la troisième sonnerie, comme d'habitude, et n'avait pas paru hésité avant d'accepter d'héberger Laura, Derek et Cora pour la nuit. Il n'avait même pas dû concerter sa femme, songea-t-elle, s'en voulant presque. Talia se demanda si cette dernière était au courant des affaires surnaturelles dans lesquelles trempait son époux depuis plus d'une décennie.
Talia se précipita vers Alex. Il faisait les cents pas devant l'entrée de l'hôpital. Le loup-garou faisait peu cas des regards agacés qu'on lui lançait lorsque les portes automatiques, de manière systématique, s'ouvraient sur son passage. Plusieurs personnes étaient déjà venues lui faire une réflexion à ce sujet. On lui avait demandé d'au moins s'en éloigner afin que les courants d'air, qui les dérangeaient vraiment, puissent cesser. Le sang sur ses vêtements, ses mains, son cou, son regard un peu fou les avait, chaque fois, poussé à reculer. On était jamais trop prudent.
« Où est Peter ? »
« Avec les médecins. » Murmura Alex, allant aussitôt nicher son nez dans les longs cheveux noirs de son épouse, la serrant de toutes ses forces, s'accrochant à elle pour ne pas tomber. Il était sur le point de flancher. La soirée était trop éprouvante. Il ne se sentait pas d'être le pilier de Talia, quand bien même en aurait-elle besoin. « J'en sais pas plus pour l'instant. Je suis pas de la famille. Pas suffisamment pour eux, en tout cas. »
La louve s'écarta doucement de l'autre lycanthrope. Les sourcils froncés, elle l'interrogeait silencieuse, suspicieuse, aussi. Comment Alex pouvait-il ne pas en savoir davantage quant à l'état de Peter ? Il était toujours là, à fouiner, à tendre l'oreille afin de savoir ce qui se disait et qu'on ne lui disait pas. Ce qu'on lui taisait ayant, à ses yeux, toujours plus d'intérêt que ce qu'on voulait bien partager avec lui. Ce qui n'était pas totalement dénué de logique.
« Mes parents ? » Souffla Talia, les cherchant du regard.
Sa mère ? Son père ? Lequel des deux avaient-ils perdu cette nuit ?
Les griffes d'Alex s'enfoncèrent dans le dos de sa veste, à travers ses vêtements. Sa poigne se fit plus fort. Elle jura avoir entendu un sanglot étouffé suivi d'un « Je suis désolé ».
Talia n'était pas aussi surprise qu'elle aurait voulu l'être. Elle savait qu'un des deux avait disparu. Elle avait senti que c'était peut-être pire que ça quand elle avait eu Alex au téléphone. Les mots choisis allaient dans ce sens. Le silence dans la voiture, où seuls les appels inquiets d'Alex qui cherchait à garder Peter éveillé venait interrompre le monologue de Talia aussi. Leur absence, ici, tout de suite.
« Il n'a plus que nous, c'est ça ? » Renifla Talia, tout bas, si bas que c'était comme si elle n'avait fait que mimer les mots.
Soudain, sans crier gare, Talia recula d'un pas. Repoussa Alex. Elle se tendit. Se plia. Grimaça. Gémit de douleur. Commença à pleurer de plus belle.
« Tal' ? Tal' ? »
Talia se laissa tomber. Alex l'accompagna dans sa chute. Il ne la lâcherait sous aucun prétexte. Pas maintenant. Jamais.
« Talia ? »
Le Bêta de la meute Ito allait demander ce qui se passait, s'il devait appeler Alan pour qu'il les rejoigne, quand il croisa le regard de sa femme. Pour la première fois de la soirée, le loup prit conscience de ce que la disparition des Alphas Hale signifiait. Talia allait leur succéder. Ce fut confirmé quand, au lieux des yeux ambrés qu'il croisait habituellement, il put saluer une paire d'orbes rouges. L'homme se mordit aussitôt les lèvres, renifla et grimaça. Vu la réaction de la nouvelle Alpha Hale, ce n'était pas difficile de comprendre qu'Hestia venait, à son tour, de perdre la vie.
C'était d'ailleurs étonnant qu'elle ait su tenir jusqu'alors.
o o o
Seules les lumières des escaliers et de l'entrée furent allumées. Stiles s'était gardé, de justesse, d'appuyer sur l'interrupteur du salon. On y voyait bien assez clair, là. Plus prudent que d'ordinaire, les yeux rivés sur ses pieds pour ne pas les cogner n'importe où – ou trébucher sur quelques rien du tout comme il savait si bien le faire – l'humain alla retrouver le loup-garou perturbateur. Il fronça les sourcils et accéléra un peu l'allure.
Le canapé était de travers. La table basse du salon aussi. Stiles ignorait ce qui s'était passé de manière précise – bien qu'un semblant d'explication se dessinait dans son esprit – mais comprenait mieux ce qui l'avait réveillé. Il trouva Peter allongé, dos au sol, les yeux rivés sur le plafond, immobile. Le lycanthrope n'avait pas réagi à l'arrivée de son compagnon. En d'autres circonstances, Stiles aurait supposé que Peter ne l'avait pas entendu, concentré sur tout autre chose que sur sa descente... mais Peter l'avait forcément entendu. Il avait dû l'entendre se réveiller ; l'entendre grogner ; l'entendre descendre ; l'entendre approcher. Peter était toujours sur le qui-vive et n'avait pu manquer ces bruits suspects qui approchaient.
« Y a un trou dans le plafond. » Peter avait fait sa remarque à voix basse mais suffisamment fort pour que Stiles comprenne. Il l'avait bel et bien entendu. « Faut vraiment plus laisser Mason ouvrir les bouteilles de champagne. »
« Il est le seul à bien vouloir prendre le risque. »
« Je crois que je suis allongé sur la télécommande. »
Ce... ce n'était pas ce à quoi s'était attendu Stiles. Il fronça les sourcils et entrouvrit la bouche. Il se reprit vite.
« Elle a connu pire. Elle s'en remettra. »
Derrière le canapé, les mains sur le dossier, jouant nerveusement avec la couverture qui y était toujours pliée, l'humain attendait. Que Peter se redresse. Que Peter lui fasse comprendre, d'une manière ou d'une autre, qu'il pouvait approcher. Il pouvait ?
« Mon client est un Kitsune. Je crois bien que c'est pas les chats qui vont nous envahir, tout compte fait. »
« Green ? » Supposa Stiles, qui avait entendu le nom plusieurs fois lors des appels que passait Peter dans son bureau.
« Parker. C'est un connard. Il veut me tuer, je pense. Lui aussi. Tout le monde veut me tuer. » Peter soupira. Toujours allongé, n'ayant pas l'air prêt à se relever, il tourna légèrement la tête pour voir Stiles. « Pourtant je suis toujours là. Y a que Derek qui a réussi à me tuer. » L'autre ne répondit rien. « Pourquoi seule une personne à laquelle je tiens arriver à me tuer ? »
« Tout le monde ne veut pas te tuer, Peter. »
« Je crois que si. Si. Les chasseurs veulent me tuer parce que je suis un monstre. Et je suis un monstre. Ma famille veut me tuer parce que je suis un monstre. D'autres créatures surnaturelles veulent me tuer pour... je sais pas. Faudra leur demander. » Énuméra l'avocat. « Tu as voulu me tuer. Scott avait prévu de me tuer. Alors qu'il veut tuer personne. »
Qu'y avait-il à répondre à ça, se désolait Stiles, se balançant désormais d'un pied à l'autre. Il ne pouvait réfuter ces dires sans mentir. Ces discours paranoïaques n'en étaient pas.
« Je suis désolé. »
« Non. Tu l'es pas. Il fallait me tuer. » Peter ferma les yeux une seconde puis se redressa un peu. Il retira la télécommande dont les boutons lui rentraient dans la peau du dos et se rallongea, l'air de rien.
Les mains toujours sur le dossier du canapé, serrant et desserrant nerveusement le plaid qui s'y trouvait, Stiles se mordait les lèvres. Son genou droit venait, parfois, taper contre le siège. Son regard ne quittait plus la silhouette installée par terre. Par terre. Encore par terre. Toujours par terre. Stiles fronça les sourcils et, par réflexe, avança un peu la tête pour scruter Peter. Du sang.
« Tu t'es bles- »
« C'est pas grave. Ça va guérir. » Murmura le loup-garou, levant la main au niveau de son front où se trouvait le coup. « Je sais pas en combien de temps. Rapidement. C'est pas grave. Ça va guérir. »
Stiles hocha la tête. Fatigué, il se passa une main sur le visage et s'essuya le coin des yeux. S'il cherchait à dire quoi que ce soit, sa voix vacillerait. Peter paraissait confus. Pas incohérent mais ça ne tarderait plus à l'être, à cette allure. Ce que Stiles aimerait ne pas être seul, ce soir. Avoir quelqu'un, n'importe qui, à ses côtés pour l'épauler. Des personnes de confiance. Lydia. Jordan. Liam. Derek. Son père. Oui. Derek ce serait bien. Ce serait idéal, même. Mais qu'est-ce que Derek ferait ici, près de lui, près d'eux ?
« Qu'est-ce que tu fais en bas ? » Interrogea le lycan. « Stiles ? »
« Le bruit m'a réveillé. »
« Ah. » Il hocha la tête. « C'est sans doute la table quand elle a reculé. »
« Non. C'est quand tu es tombé Peter. »
« Elle est tombée quand j'ai reculé. » Peter fronça les sourcils, réfléchissant à ce qu'il venait de dire, puis ricana. « L'inverse, plutôt. Tu... tu devrais retourner dormir. Tu bosses demain. Je veux pas te perdre. »
Bien. Trop, c'en était trop. Sans plus attendre, se fichant des répercussions possibles, faisant fit de Peter qui pourrait vouloir le fuir, Stiles contourna enfin le meuble qui les séparait toujours et força le loup-garou à se redresser. Le faire passer en position assise, d'abord. Debout, plus tard.
« Tu dois me dire ce qui se passe. Maintenant. » Le ton était sans appel. « T'as vu un peu dans quel état tu te mets ? »
« J'ai tué mes parents. »
Stiles se recula de quelques bons centimètres. Sa prise sur Peter fut plus lâche. Bien sûr, il fallut que l'autre le remarque et fixe la main qui ne le serrait plus aussi bien.
« Tu as quoi ? »
Le loup-garou pencha la tête sur le côté. Un sourire moqueur aux coins des lèvres.
« Ils sont morts par ma faute. Plus que n'importe quel groupe de chasseurs, je suis la plus grande menace de la meute Hale. » Il s'esclaffa. « J'étais. Y a plus de meute Hale. »
« Mais. Je. » Stiles était perdu. Jamais il n'y arriverait. Peter n'était pas le seul à avoir besoin d'aide, il fallait croire... sauf que lui avait besoin d'aide pour aider le loup, ça changeait tout. « Je pensais que tes parents avaient été tués par des chasseurs quand tu... quand... »
« Par ma faute. » Coupa Peter , catégorique. « C'était ma faute. J'ai cru. On m'a fait croire que. J'ai... cru qu'on était... venu chez nous pour nous tuer mais... c'est... c'est pas vrai. C'est pas... c'est faux. »
« Quoi ? »
À présent, Stiles était fin content de s'être gardé d'allumer les lumières du salon. Bien qu'il y voyait suffisamment clair pour pouvoir se repérer dans la pièce sans tâtonner, éviter les meubles qui trouvaient toujours le moyen de se mettre sur son passage et détecter le sang qui coulait le long de la joue de Peter, il faisait encore suffisamment sombre pour que la lueur un peu folle dans le regard de son interlocuteur ne soit guère plus que ça, une lueur. Stiles n'aurait pas supporté la voir aussi clairement. Pas alors que les inquiétudes de son père étaient plus fortes que jamais. Pas alors que celles de Scott refaisaient surface avec une force déconcertante. Pas alors qu'il commençait à avoir lui-même peur de Peter.
« C'est pas vrai ! Tu comprends ça ! C'est. Pas. Vrai. »
L'éclat avait été soudain. Inattendu. C'était là toute la spécificité de l'éclat. Surpris, Stiles ne laissa pas Peter lui échapper pour autant. Un bras passé autour de ses épaules, l'humain le gardait contre lui. Avait-il bien fait de descendre voir ce qui se tramait au rez-de-chaussé et comment allait le loup-garou ? Stiles n'en était plus tout à fait sûr... et, pourtant, il n'aurait pas voulu être ailleurs. Peter avait traversé suffisamment d'épreuves horribles dans sa vie pour ne pas en ajouter une.
« Ils étaient venus me sauver. » Peter chuchotait. La tête appuyée contre Stiles, il ne cherchait plus à regarder celui à qui se destinaient ces mots. Se serait-il adressé au canapé que ç'aurait été la même chose. « Les chasseurs. Ceux du mois dernier. Ils m'avaient. C'est. C'est pour ça qu'ils étaient si... bizarres. Ils m'avaient déjà eu. Y m'avaient déjà eu et... ils m'avaient eu. » Stiles passa une main sur le front du loup. Maladroit, il ne savait comment l'apaiser. Il comprenait ce que ça voulait dire. « I-ils avaient pu tuer deux Alphas. Deux. Mes parents. J'ai tué mes parents, Stiles. »
« Non. » Chuchota Stiles. « Ça... ça change tout, Peter. Tu ne les as pas tués, si c'est ça. »
Il chercha doucement, discrètement aussi, à changer de position. À se mettre plus à l'aise, si possible. Peter et lui étaient bons pour, une fois encore, finir la nuit à même le sol – oui ça commençait vraiment à devenir une habitude –, alors autant faire en sorte qu'elle soit la moins inconfortable possible.
Le plus jeune s'appuya contre le canapé. À tâtons, il tenta d'attraper un coussin pour le mettre derrière son dos. Se faisant, Stiles ne pouvait pas ne pas gigoter. Quand bien même l'aurait-il voulu, ça n'aurait pas été possible. La démarche fit grogner et grimacer Peter qui n'aimait pas toute cette agitation. Forcément... lui, il était bien, adossé contre son compagnon. Une fois fait, Stiles aida l'avocat à se re-caler confortablement et le laissa se détendre, souffler, respirer. Avec un peu de chance, peut-être que Peter finirait par croire ce que Stiles venait de lui dire.
« Tu dois penser que je deviens fou. » Souffla finalement Peter, la tête légèrement en arrière, sur l'épaule de l'hyperactif, les yeux fixés sur le téléviseur éteint.
« Non. »
Il ricana, pas convaincu pour un sou.
« Et je devrais croire ce 'non' parce que... ? »
« Parce que je le dis. »
Ce fut, cette fois, au tour du loup-garou de changer de position. D'essayer d'échapper à l'étreinte soudainement un peu trop étouffante d'un Stiles clairement inquiet. Inquiet à cause de ce qu'il avait entendu, de ce qu'il avait vu, de ce qu'il ignorait toujours. Stiles ne le laissa pas s'éloigner... alors Peter abandonna. Simplement. Pourquoi lutter ? Il n'en avait ni le cœur – ou pas suffisamment –, ni le courage. Pas ce soir. Demain peut-être. Dans une heure probablement. Pas maintenant.
« Si je te dis que je suis une licorne, tu ne dois pas me croire juste parce que je le dis. » Marmonna le loup, fermant ses paupières. « Si je dis ça, tu devrais même plutôt pas me croire. »
Stiles ricana, les doigts de Peter entre les siens. « C'est noté. Peter, pas licorne. Enregistré. J'oublierai pas. »
« Merci. » Murmura Peter, se lovant contre l'autre, oubliant qu'il avait voulu l'inverse une minute plus tôt. « Merci. »
Le lycanthrope enfouit son nez dans le cou de l'humain, reposa sa tête dans le creux de son épaule et ferma les yeux. Il cessa de parler. Laissa le sommeil le reprendre. C'était une idée qui paraissait pas trop mauvaise, dormir. Et peut-être qu'avec Stiles à ses côtés, ça allait bien se passer.
Mais pourquoi ça se passerait bien ?
Fin du seizième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez d'oeufs en chocolat à l'anis ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le deix-septième chapitre, Réactions en chaîne
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Skayt
