Chapitre 32 : « Je vais me battre … »

Une fois dans le couloir, Harry regarda un instant Ron qui était aussi énervé que lui. Mais c'est l'inquiétude qui remportait sur tout le reste. Ou était leur amie ? Elle qui était pourtant en forme la veille. D'un hochement de la tête, les deux garçons pressèrent le pas vers le deuxième étage. Ils avaient besoin de voir Ginny. Celle-ci avait eut cours de Sortilège dans la salle qui serait la leur avec les Serdaigles dans le cours suivant. En chemin, ils virent la rouquine en grande conversation avec une autre Gryffondor.

Quand elle les vit, la dernière des Weasley se posa des questions. Elle n'avait pas l'habitude de voir son frère et l'homme qu'elle aimait avec les traits plissés par l'inquiétude. Etait-ce le fait qu'Hermione ne soit pas avec eux ? Où était-elle ? Elle qui était toujours avec eux entre les cours. Elle se tourna vers son amie, Lana Sweet, et lui demanda de partir devant. Elle hocha la tête et Ginny pu venir à la rencontre des deux Gryffondors.

- Où est Hermione ? demanda-t-elle dès qu'elle arriva à leur niveau.

- Justement on ne sait pas, répondit le brun.

- Comment ça ?

En entendant Harry, elle eut un pincement au cœur. Son mauvais pressentiment du matin refaisait surface avec violence.

- Elle n'est pas venue en potion ce matin et Rogue lui a mis une retenue tous les soirs de la semaine, dit Ron.

- Elle allait bien pourtant hier, ajouta Harry. Tu ne saurais pas pourquoi ?

- Non. Je l'ai vu au repas hier soir tout comme vous.

- Et Zabini qui ne l'a pas vu ce matin, marmonna Ron, c'est louche.

- Comment ça Zabini ? demanda Ginny qui paniquait à la prononciation du nom du petit-ami d'Hermione.

- Rogue lui a demandé s'il savait pourquoi elle n'était pas là et il a dit qu'il ne savait pas.

La rouquine hocha la tête. Elle trouvait cela louche. Pourquoi Zabini ne saurait-il pas où était Hermione ?

- On fait quoi alors ? On reprend les cours dans 15 minutes.

- Je vais voir à son appartement et vous, à l'infirmerie, on ne sait jamais, décida Ginny en partant déjà dans la direction opposée.

Les garçons se précipitèrent vers l'infirmerie en courant, renversant au passage quelques élèves malchanceux de se trouver sur leur passage. Arrivés devant le dispensaire de madame Pomfresh, ils reprirent leurs souffles. Tous les deux espéraient qu'elle ne soit pas là et que la sœur de Ron ait plus de chance qu'eux. Alors, c'est avec appréhension qu'ils poussèrent les larges portes de l'infirmerie. Ils s'avancèrent et virent qu'il y avait qu'un lit où les rideaux étaient tirés. Le cœur de Ron se serra. Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé de grave, pensa-t-il.

- Pourquoi êtes-vous ici jeunes hommes ?

La voix de l'infirmière les tira de leurs pensées et tous deux se tournèrent vers elle.

- On vient voir Hermione, dit Harry.

- Hermione Granger ? demanda Poppy avec un air surpris.

- Oui, acquiescèrent-ils.

- Mais elle n'est pas ici. Qui vous a dit cela ?

- Elle n'est pas venu en cours tout à l'heure alors on a pensé …

- Qu'elle était ici, finit-elle. Je vois mais je suis désolée messieurs, elle n'est pas ici. Dépêchez-vous de retourner en cours avant que la récréation ne se finisse.

- Oui madame, au revoir.

Une fois les portes refermées derrière eux, ils se regardèrent en silence. Chacun pouvait lire le soulagement sur leur visage. Ils retournèrent vers leur cours de sortilège en espérant que leur amie soit de nouveau présente.

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De son côté, Ginny courut vers l'appartement des préfets-en-chef. Une fois sur place, elle râla en se rendant compte qu'elle n'avait pas le mot de passe. Alors, elle toqua comme une folle sur le tableau qui l'empêchait de rentrer, lui tirant des exclamations. Mais personne ne lui répondit. Elle attendit quelques minutes où elle tournât en rond dans le couloir. Finalement, quelqu'un ouvrit la porte mais ce n'était pas Hermione. C'était Zabini qui ressortait après avoir changé ses affaires de cours.

- Qu'est-ce que tu veux Weasley ?

- Je viens voir Hermione.

- Je ne sais pas où elle est.

- Comment ça ? demanda-t-elle soupçonneuse.

- Je ne sais pas. Tu peux entrer mais tu m'excuseras j'ai cours et je ne suis pas à l'heure.

Ginny hocha la tête et se recula pour le laisser passer. Tout en retenant le tableau, elle le regarda partir sans un regard en arrière. Elle l'avait sentit froid, distant. Ils n'étaient pas amis mais ils avaient un secret en commun alors pourquoi lui parler ainsi ? Elle laissa toutes ses questions de côté pour se concentrer de nouveau sur Hermione. Elle entra dans l'appartement. Celui-ci n'avait pas changé de la dernière fois mais une autre atmosphère y régnait sans qu'elle sache pourquoi. Elle appela son amie mais elle n'eut aucune réponse. Elle réitéra plusieurs fois son appel mais rien, juste le silence. Sur le moment elle eut un doute. Zabini lui disait qu'il ne savait pas où elle était alors…était-elle dehors ? Ils dormaient ensemble. Comment pouvait-il ne pas savoir ? Surement était-elle sortie avant lui mais où pouvait-elle bien être ?

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Hermione se réveilla quand elle entendit des coups mais elle ne bougea pas. Elle était totalement amorphe comme si son cerveau était totalement déconnecté, il refusait d'obéir. Elle savait ce que représentaient ses bruits. Elle savait qu'elle devait se lever pour ouvrir à la personne toquant à sa porte mais elle resta là, allongée parmi les bouts de verre. De plus, elle ne voulait voir personne, elle n'était pas prête pour ça. Elle avait besoin de temps car elle n'avait pas envie de faire semblant d'aller bien. Elle faisait semblant depuis le début de l'année et elle était trop fatiguée moralement pour continuer. C'est pourquoi son corps ne bougeait plus malgré ses entailles, malgré les coups à la porte. Elle ne savait pas l'heure qu'il était, si les cours avaient commencé ou non mais elle s'en fichait. Dans cet état, la fille sérieuse avait disparu. Son cœur était toujours blessé. Il fallait que sa tristesse se transforme en colère pour qu'elle puisse se relever …

Après quelques minutes de silence dans la salle commune, elle entendit sa voix … Dur et froide comme la veille. La réalité la frappa à nouveau de plein fouet. Les larmes qui s'étaient taries recoulèrent de plus belle. Elle qui pensait ne plus en avoir après avoir passé la nuit à pleurer tout son soul. Oui, elle n'était pas encore prête à s'ouvrir de nouveau au monde. Elle ne pouvait pas se permettre de sortir de sa chambre et se mettre à pleurer dès qu'elle l'apercevrait. Il fallait que personne ne se doute de sa trahison, surtout pas ses amis. D'ailleurs qu'allait dire sa meilleure amie de tout ça ? Elle avait défendu Blaise malgré les doutes de la rouquine le concernant, malgré son camp. Est-ce qu'elle allait du coup lui tourner le dos à nouveau ?

A cette pensée, elle se replia sur elle-même en position fœtus, ignorant les nouvelles coupures que les morceaux de verre lui firent. Elle avait trop mal pour y seulement faire attention. Son cœur se serra quand elle entendit son nom. Non ! Elle ne voulait pas ! Elle reconnaissait cette voix, c'était celle de Ginny. Elle ne voulait pas qu'elle la voit ainsi. Elle avait l'habitude de se montrer forte devant les autres mais pourtant malgré cette conviction, elle n'arrivait pas à bouger. Elle avait l'impression d'être prisonnière du sort de pétrification. Mais en même temps, tout au fond d'elle, une petite voix lui criait de se battre, de ne pas donner à Blaise ce qu'il voulait c'est-à-dire sa force et son courage et surtout qu'elle avait besoin de sa meilleure amie. Quand elle était petite, un garçon s'était joué d'elle comme Blaise mais à l'époque elle n'avait que sept ans et c'était des gamineries. Cependant, elle en avait pleuré quand même, comme aujourd'hui. Le petit garçon en avait profité pour se moquer d'elle et avait insisté sur ses différences qui la marquaient déjà comme étant une sorcière. Des différences qui avaient fait celle qu'elle était devenue en entrant dans le monde de la magie. Blaise lui rappelait beaucoup ce petit garçon qu'elle avait tant haïs à l'époque. Il avait été son meilleur ami pourtant il l'avait abandonnée, rejetée, tout comme le Serpentard.

Mais Blaise n'était pas son meilleur ami, il était bien plus que ça … C'est ce qui faisait que sa douleur était énorme, pire que dans son enfance. Elle aurait dû s'en douter. Sa colère était surtout dirigée contre elle. Elle, qui avait été si naïve, conne et … amoureuse. L'amour rend aveugle, c'est bien connu. Mais pourquoi devrait-elle s'en vouloir pour avoir aimer ? On ne pouvait pas choisir celui qu'on aimait, ou celui qu'on aimera. C'est l'amour qui nous choisit. En pensant à sa meilleure amie qui l'appelait dans la salle commune, elle eut un pincement au cœur. Ginny aimait Harry et c'était réciproque mais ils ne pouvaient pas être ensemble. Son cas était bien moindre que le leur. Comment pouvait-elle s'apitoyer sur son sort ? Elle devait se montrer forte. Pour eux. Oui, elle ne devrait pas donner le plaisir à Blaise de gagner pour avoir blessé son ennemie. Elle l'aimait, elle l'aimerait sans doute toujours mais il fallait qu'elle se relève et qu'elle affronte ses peurs, ses démons et celui qui venait de la trahir. Elle avait assez pleuré pour lui, qui n'en valait pas la peine …

Alors elle se releva en s'appuyant sur son bras.

- Aie !

Les bouts de verre venaient de lui couper la main. Une larme solitaire coula le long de sa joue mais pas de tristesse ou même de douleur. Non, c'était une larme de joie. Elle était contente. Elle venait de ressentir autre chose que la douleur au cœur qui lui comprimait la poitrine. C'était le premier pas vers son rétablissement. Il sera long, très long, elle était faible à l'intérieur mais elle allait se battre. Elle en faisait la promesse pour ses amis, pour son camp, qui avaient besoin d'elle. Elle allait mettre sa carapace et cacher à tous sa nouvelle faiblesse : Blaise Zabini.

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- Aie !

Ginny se retourna d'un seul coup alors qu'elle se dirigeait vers la sortie. Il y avait encore quelqu'un ici alors pourquoi Blaise aurait dit qu'il ne savait pas où était la Gryffondor ?

- Hermione ! appela-t-elle à nouveau.

- Je suis là Ginny, lui répondit son amie.

La rouquine courut vers la chambre d'Hermione. Quand elle entra dans la pièce le spectacle la surprit. Hermione était assise par terre au milieu de débris de verre dans un état lamentable. Elle regardait sa main coupée où du sang coulait. Sa main n'était qu'un petit reflet de toutes les coupures qui ornaient ses bras et son visage. Des énormes cernes avaient prit place sous ses yeux rougies par les larmes encore présentes. Ginny en était presque sûre, la Gryffondor n'avait surement pas beaucoup dormi de la nuit. Des traces de larme plus ancienne ornaient ses joues. Elle ne l'avait jamais vu ainsi et cela la choqua profondément. Elle avait toujours vu Hermione comme une femme forte sur qui on pouvait se reposer dans n'importe quelle situation. Elle l'avait déjà vu triste bien sûr surtout quand son frère était sortie avec Lavande lors de l'année passé. Mais là, elle ne la reconnaissait plus, c'était bien pire que tout. Elle n'était pas seulement effondrée par un chagrin d'amour, non, elle était détruite …

- Hermione ! cria-t-elle en tombant à genoux près d'elle.

- Je vais bien, ne t'inquiète pas.

- Ne pas m'inquiéter ! Mais tu as vu dans qu'elle état je te retrouve ! Tu loupes les cours et …

- Il est quelle heure ?

- Tu ne sais pas ?

- Non je viens de me réveiller.

- Il est dix heures Hermione. Tu as loupé ton cours de potion et si tu ne te dépêche pas tu louperas aussi celui de sortilège. Au faite, Rogue t'a mise en retenue toute la semaine.

- Saperlipopette ! dit-elle en tirant un sourire à Ginny grâce à son expression typiquement moldue.

Hermione se leva et une fois debout sur ses jambes, elle chancela. La dernière des Weasley l'a rattrapa et l'emmena jusqu'à son lit. Elle s'y assit et regarda tout autour d'elle.

- Ma baguette ? demanda-t-elle.

- Pas de baguette. Je vais t'emmener à l'infirmerie, dit Ginny d'un ton stricte.

- Non pas la peine, je vais très bien je t'assure. J'ai juste besoin de ma baguette pour guérir mes coupures. Je vais boire un peu de filtre de paix pour me sentir mieux et ça ira.

- J'accepte seulement si tu me dis pourquoi tu es dans cet état ? décida-t-elle finalement devant les arguments de sa meilleure amie.

- Gin …, dit-elle comme une supplication.

- C'est Zabini c'est ça ? insista la rouquine.

Hermione ferma les yeux en entendant son prénom. Le nom qu'avait pour elle, l'amour interdit. Elle essaya de calmer son cœur qui battait la chamade, ce qu'elle réussit à peu près. Mais elle ne pu empêcher une nouvelle larme de couler le long de sa joue se trahissant sur le sujet de sa peine.

- Il a fait quoi ce Serpentard ? cracha-t-elle comme si le nom de la maison des verts et argents était une insulte.

- Il a rompu.

- Oh …, réussit-elle à dire tellement elle était choqué. Je vais l'étriper et …, ajouta-t-elle une fois le choque passé.

- Mais ce n'est pas lui qui m'a fait ça, précisa Hermione en montrant ses coupures.

- Parce que tu crois que c'est ça qui va m'arrêter ? Il t'a fait souffrir et je l'avais prévenu …

- Ginny …

- Quoi ?

- S'il te plait …

La rouquine la regarda un instant sans savoir quoi dire. L'image de sa meilleure amie quand elle était entrée dans la chambre la faisait bouillir de rage. Zabini lui avait dit qu'il ne lui ferait jamais de mal mais pourtant le mal était fait …

- … je vais me battre, finit-elle.

La Ginny était scotchée par la nouvelle détermination qu'animait son amie. Elle l'a retrouvait bien là. Elle n'était pas si détruite que ça …


Chapitre corigé par Julia Erwelin ^^