Hello, hello,

J'ai normalement répondu à toutes les reviews, peu importe que ce soit une fic ou un OS. Si tel n'est pas le cas, j'en suis navrée. Y a quelques mails que je ne reçois pas de la part de ff (comme beaucoup, j'ai l'impression)

Merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre :D

Bonne lecture !

PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme


Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.


Chapitre 17 - Réactions en chaîne

Derek et Peter avançaient côte à côte, silencieux. Malgré leurs bons rapports aujourd'hui, faire équipe ne les enthousiasmait pas particulièrement. Derek préférerait être avec Isaac, qui patrouillait toujours en compagnie de Christopher Argent, à présent. Peter serait infiniment soulagé s'il pouvait avoir l'assurance qu'il n'arriverait rien à Stiles.

Il ne pouvait pas l'avoir, cette assurance. Il ne pourrait même pas le protéger et assurer ses arrières, dans la mesure où Scott les séparait à chaque fois. Peter avec Derek, Stiles avec Malia, aucune protestation possible. Non que Stiles ait besoin d'être réellement protégé, hein ! Le passé avait démontré que l'hyperactif était parfaitement à-même de se défendre seul ; d'éliminer les ennemis d'un coup de batte dans la figure ou d'une balle adéquat là où il fallait – Stiles était bon tireur. Faire déguerpir l'ennemi la queue entre les jambes ? Les doigts dans le nez ! L'humain était mieux armé, et ce à tous les points de vue, qu'au cours de ses années de lycée. Il était mieux préparé, aussi. Ça ne le rendait pas infaillible ou intouchable et certainement pas immortel.

« Tu soupires encore une fois et je te jure que je t'égorge avec les dents. »

L'avocat roula des yeux. Cette menace ne faisait plus peur à personne. Elle n'avait jamais inquiété quiconque, en vrai. Peter singea son neveu qui leva les yeux au ciel quand il s'en aperçut mais Derek n'ajouta rien. Ce Peter lui avait manqué. Il avait beau l'avoir retrouvé bien des années plus tôt... il lui avait vraiment manqué. Derek se sentait seul à avoir remarqué ce changement. Peter et Stiles agissaient comme si ça avait toujours été comme ça ; Cora ne se souvenait pas vraiment de l'ancien Peter et trouvait étrange de voir son oncle évoluer de la sorte. Elle n'avait pas conscience qu'il redevenait juste l'homme qu'il avait été avant tous les drames ; avant l'incendie ; avant tout ce qui les avait frappé, détruit, malmené, bousillé.

« Ta menace fonctionne-t-elle encore sur quelqu'un ? » S'amusa Peter, les mains dans les poches. « Et qu'est-ce qu'on fiche ici, tu peux me dire ? On rentre et on dit à Scott qu'on a été deux petits Bêtas consciencieux qui n'ont malheureusement rien trouvé ? » Il sourit. « Il en saura rien. »

« Le cœur. » Souligna Derek, amusé. « Il saura. »

« Laisse-moi faire. Je mens comme un chef. »

Oncle et neveu continuaient à avancer, silencieux de nouveau. Ne pas être avec le binôme souhaité ne devait pas les empêcher de profiter de celui avec qui ils étaient. Hors patrouilles, Peter et Derek avaient rarement l'occasion de se croiser. Voir Peter en dehors des réunions hebdomadaires et des surveillances était difficile. Ses horaires étaient flexibles, changeaient selon les dossiers et l'urgence de ceux-ci. Ses réunions pouvaient être décalées au dernier moment, programmées en urgence. Ce n'était pas pratique pour prévoir quoi que ce soit. Si Peter arrivait à venir presque chaque samedi, c'est parce qu'il avait été s'inventer des rendez-vous réguliers avec ses médecins – mensonge qui semblait passer crème auprès de Catherine et de son patron.

« Si on tombe sur eux, je doute qu'on soit de taille à quoi que ce soit. » Avoua Peter, rompant le silence. « Se séparer était une connerie. »

« Je sais. »

Silence. Encore. Pas pour longtemps.

Derek, le premier, s'arrêta. Il avait perçu quelque chose. Il obligea Peter à faire de même en lui saisissant le bras au niveau du coude. Le plus jeune lui fit comprendre d'un habile mouvement de sourcils qu'il fallait tendre l'oreille. Se concentrer un peu plus qu'ils ne le faisaient jusqu'alors sur ce qui les entourait. La scène leur semblait étonnamment familière, à tous les deux. Elle ne l'était pas. Ils n'avaient jamais été dans cette situation après tout. Si ?

« J'en ai deux, là ! »

Derek ne se formalisa pas du mouvement de recul qu'eut Peter à ces mots. Si Stiles se jetait les bras grands ouverts vers le danger... Peter était plus raisonnable, plus frileux, jouait toujours la prudence et préférait laisser les autres se battre. Il évitait toute sorte de confrontation, sauf la verbale. Être mort une fois lui suffisait, qu'il disait. Avoir brûlé deux fois aussi. Il avait assez connu. En avait suffisamment bavé, par le passé, pour toute une vie et plus encore. Que les autres compensent un peu, mince ! Derek savait qu'il y avait plus derrière tout ça, que les souvenirs l'avaient marqué plus que la meute le supposait. Qu'il y avait quelque chose que Peter taisait. Stiles aussi savait. Ça n'étonnerait pas Derek qu'ils soient les seuls. Personne ne faisait vraiment attention à Peter.

« Éloignez-vous de trois pas l'un de l'autre. Levez les mains en l'air. Mettez-vous à genoux. »

« C'est tout ? » Ricana Peter. « On doit pas aussi faire trois petits tours sur un pied ? »

« Tout de suite. »

Peter ferma les yeux à cette voix. Tout son corps se raidit. Il ne savait pas pourquoi. La première, la menaçante, lui donnait envie de ricaner. La seconde de pleurer après être allé se terrer dans un coin. Elle le faisait frissonner. Derek se plaça devant son oncle. Un bras dans son dos, il incitait son aîné à ne pas faire de vague. Ils auraient mieux fait de s'enfuir. D'alerter les autres. C'était trop tard.

« Fous le camp. » Grinça Derek à voix basse, pour qu'il soit le seul à entendre. « Joue pas à l'idiot. »

Peter ne bougea pas d'un poil. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait, pourtant. Fuir ne le dérangeait jamais.

« Tu guéris pas. » Rappel inutile.

« Si. C'est juste long. »

Quelle excuse !

« Tout. De. Suite. »

Un cœur pouvait-il réellement louper un battement ou n'était-ce qu'une expression ? Pouvait-il avoir un raté ? Parce que Derek jurerait que c'est ce qui venait de se passer dans son dos. Et toujours cette impression de déjà-vu, déjà vécu.

Le chasseur qui insistait avait un petit sourire en coin. Grand, large d'épaule, taillé comme un lineman de football américain, ça avait pourtant peu d'importance face à des loups-garous. D'un signe de tête autoritaire, il commanda à un des siens d'activer les ultra-sons. Ils profiteraient du trouble des deux loups pour tuer l'un et embarquer l'autre. Mettre en garde la meute en la privant de deux des siens et savoir où se cachait cette dernière en faisant parler le prisonnier.

Les deux lycans, pourtant, restaient debout. Le son les dérangeait mais ils restaient debout et ne bronchaient pas. Tiquaient mais ne perdaient pas l'esprit. Qu'à cela ne tienne, ce n'était pas ça qui allait compromettre ses projets. Le chasseur tira sur le premier. Celui qui protégeait clairement l'autre, plus inquiet.

Tuer le plus fort, embarquer le plus faible. Ébranler un maximum le reste de la meute. C'était une des rares choses qui empêchaient l'homme de ne considérer les loups-garous que comme des bêtes – même si c'était un caractère qu'ils partageaient avec leurs homologues non-humains – ils protégeaient les leurs, même les plus faibles.

Surprise pourtant. Peter venait de pousser Derek, l'envoyant valser contre un arbre. Les deux Hale avaient vu venir le coup foireux – merci les ultra-sons qui faisaient une parfaite sonnette d'alarme. L'oncle avait viré son neveu de la trajectoire de la balle. Empoisonnée, pour sûr. Elles l'étaient toujours. Quel intérêt qu'elles ne le soient pas ?

« Pe- »

Peter serra les dents. Une main plaquée sur son épaule touchée, le sang coulait. Derek tiqua. On venait de le protéger. Le sauver, peut-être. La balle, s'il l'avait reçu, aurait dû lui être fatale. Alors qu'il voulait aller relever Peter pour partir avec lui, quitte à devoir le traîner sur les derniers kilomètres, le cadet fut renvoyé tel un malpropre.

« Fous le camp, crétin. » Les cheveux dans la terre, Peter ne lui laissait pas le choix. À juger son visage crispé de douleur, il souffrait – merci Captain Obvious. C'était trop tôt. Soit l'aconit était une espèce puissante, soit l'organisme de son oncle était encore plus faible que ce à quoi il s'était attendu. Il ne pourrait pas l'aider ; s'il essayait, ils mouraient tous les deux.

Quand Derek obéit... ils eut vraiment l'impression de lui faire faux-bond un peu trop souvent.

De toujours l'abandonner alors qu'il était à terre, blessé pour l'avoir trop protégé.

Mais ce n'était qu'une impression.

o o o

« On a un nouveau problème, les g-tout le monde. » Stiles avait directement engagé les hostilités.

Il n'avait pas de temps à perdre avec des banalités, qu'elles soient d'usage ou pas. Qu'est-ce qu'ils en avaient à faire, franchement, qu'Isaac se soit coupé les bouclettes ou que Malia ait l'air de sortir d'une bonne baise ? Rien. Le nouveau produit que l'entreprise où travaillait Kira l'intéressait autant que la paire de basket hors de prix que Mason semblait avoir aux pieds. Rien, rien, rien, absolument rien. Et reparler de son coup d'éclat de la fois passée n'était pas important non plus. Pas pour Stiles.

Petit à petit, la meute mettait la main sur le commissariat. Le shérif. Jordan. Stiles. Bientôt, ils seraient tous au courant du monde surnaturel, qui existait sans qu'ils ne soupçonnent jamais rien. La vie en serait que plus simple. Oui. Non. Certainement pas. Stiles rêvait. La simplicité n'existait pas, elle. C'était une vraie chimère. Il fallait être idiot pour encore y croire.

Toujours était-il que maintenant, avec trois hommes à l'intérieur, dont un plus que bien placé, c'était beaucoup plus simple. Quand une nouvelle étrange victime, morte ou vivante, était retrouvée... enquêter pour savoir quel problème surnaturel leur était, cette fois, tombé sur le coin de la figure devenait un jeu d'enfant. Ils avaient leur place sur le terrain. Ils n'avaient pas à trouver une explication tarabiscotée pour justifier leur présence sur le lieu du crime ou pourquoi ils se trouvaient dans la chambre de la victime.

« Qu'est-ce qui se passe ? » S'enquit de suite Mason, se redressant sur le fauteuil. L'attention de l'humain était d'ores et déjà captée, comme celle des autres.

Stiles ne se lança pas tout de suite dans ses explications. Son attention avait été attirée par quelqu'un d'autre. Il regardait, d'un œil inquiet, en direction de Peter. Le loup-garou ne l'écoutait pas. Le bras posé sur l'accoudoir, la tête sur la main, il somnolait. Kira aussi l'avait remarqué. Elle se tut. L'hyperactif se fit la note mentale de l'en remercier plus tard.

« Stiles ? » Appela Lydia.

« Les victimes, on en a deux pour l'instant, ont été vidé de leur sang. » Informa Stiles, annonçant la couleur sans faire de chichis.

« Un vampire ? » Identifia de suite Liam.

« Non. Peut-être. J'en sais rien. Je pense pas. »

Scott fronça les sourcils.

« Pourquoi ne pas en avoir parlé la semaine dernière ? »

Stiles grinça des dents, serra les poings. Il avait envie d'aller prendre le cadre posé sur le bahut, derrière le canapé, puis d'aller l'éclater sur la tête de l'Alpha. Il n'aimait pas le tableau, ne comprenait pas comment Scott et Kira avaient pu vouloir l'acheter et serait heureux de lui trouver une réelle utilité.

La subtilité de l'art, le message que leur peintre avait voulu transmettre à travers leur tableau, ça lui avait toujours échappé. Autant analyser chaque vers d'un poème, ça lui allait, mais une peinture... Après Van Gogh, Stiles abandonnait. Peu importait les courants, surréalisme, cubisme, art contemporain, ce n'était pas pour lui. Dali, Picasso... à part quand il était bourré, merci mais non merci.

« On a retrouvé les deux corps cette nuit. » Marmonna Stiles entre ses dents. Même si Picasso ne lui plaisait pas des masses, peut-être que ré-arranger le faciès de Scott à sa sauce donnerait un résultat pas trop mauvais. « On a retrouvé. Les deux corps. En même temps. Au même endroit. Cette nuit. C'est assez clair ou je dois répéter plus lentement ? »

Peter s'était calé dans le fond du canapé et avait fermé les yeux. Il ne pensait pas s'endormir. Vraiment s'endormir. Et pourtant.

« Âge différent. Sexe différent. Casier vierge pour l'un, possession pour l'autre. Catégories socio-professionnelles différentes. Célibataire, en couple. Enfant, pas d'enfant. Rien en commun. On pourrait même difficilement faire plus différents. À la rigueur... le seul truc en commun qu'ils auraient, c'est d'être humain. Enfin... c'est ce que j'en conclus vu que Jordan a pas eu envie de leur cramer la tronche à poil sur le Nemeton donc... je... je suppose tout ça. »

Consciencieuse et concentrée, Lydia pianotait sur son téléphone pour tout y noter. C'était le début d'une nouvelle enquête. Ils n'avaient pas grand chose pour le moment, c'était un fait, mais ils avaient déjà eu à faire avec moins. Peu importait la créature qui avait été attirée à Beacon Hills, elle n'allait pas sévir longtemps.

« Ils avaient des signes de lutte, ou... »

« Rien. » Stiles était désolé de donner cette réponse. La présence de blessures sur le corps était un précieux indice ; leur absence non.

« Peter, tu... » Scott se rendit alors compte, et les autres suivirent le mouvement, que l'avocat s'était endormi. L'Alpha se leva, prêt à le réveiller.

« T'avise pas de faire ça. » L'arrêta Stiles, menaçant. « Réveille-le et tu vas t'en mordre les doigts. »

Personne ne comprenait pourquoi, et certainement pas comment, l'humain considérait toujours Scott comme son meilleur ami, comme il l'avait répété sept jours plus tôt. Peut-être était-ce parce que Stiles avait toujours eu un Scott dans sa vie, un Scott-meilleur-ami, et que s'en passer devait être une épreuve plus difficile encore que supporter cette relation houleuse et peu amicale qui était devenue la leur. Ils passaient leur temps à se cacher des informations, quand celles-ci n'étaient pas de première importance, et se mettre des bâtons dans les roues. Quand ils étaient dans la même pièce, ils finissaient immanquablement par se disputer, se hurler dessus et se menacer. Scott se tourna vers l'hyperactif.

« C'est une menace, Stiles ? »

« Une promesse. »

Derek sourit. Nostalgique. Amusé aussi, un peu. Ça lui arrivait un peu plus qu'avant, de sourire. Sourire redevenait de l'ordre du possible maintenant que famille et meute recommençaient à ne faire qu'un. Il y avait des tensions, des querelles, des affinités plus évidentes que d'autres mais c'était ça aussi, une famille. Ce n'était pas que des bons moments, des rires et des cris de joie. Pour un peu, la nouvelle relation mi-chat/mi-chien de Stiles et Scott lui rappellerait celle entre Talia et Peter, quand le dernier était venu vivre avec eux. Mais non. Peter et Talia, on ne pouvait pas douter de l'affection qu'ils avaient l'un pour l'autre. Pour Stiles et Scott, on pouvait. Derek doutait.

« Disons qu'il a passé une mauvaise semaine. » Tout en se passant une main nerveuse dans les cheveux, Stiles venait d'avouer... au plus grand bonheur de Lydia, Derek et Liam, soulagés de l'entendre confirmer leurs soupçons et en parler à tout le monde. « Je lui ferai un compte-rendu dans la voiture. Et il sait déjà pour les corps. On en a parlé en route. Il a quelques pistes sur la créature qui a pu faire ça et vérifiera ce soir. »

« Quelles pistes ? »

« Des pistes. Tu ne connais pas la créature et tu ne saurais même pas répéter le nom quand bien même te le dirais-je dix fois, donc inutile que je te le dise. On est le cerveau. Tu es les muscles... et encore. »

L'hyperactif avait toujours eu coutume de lancer de petites piques, plus ou moins bien senties, à Scott, avant. Elles étaient quelques fois gentillettes, d'autres moins, avant. On savait qu'il plaisantait, avant. Mais ça, c'était avant.

Il ne plaisantait pas, là.

« Stiles... » Kira l'appelait.

La Kitsune était, comme souvent, malgré le fait que les deux ne soient pas spécialement amis, celle qui était assise la plus proche de Peter. On laissait rarement Peter et Stiles côte à côte. Trop dissipés, trop bruyants... tout le monde était d'accord pour séparer le couple agaçant, ce qui n'était pas une surprise. Kira, sans les capacités des loups et de la coyote, sentait bien que celui à côté d'elle n'était pas au mieux. Les rides sur son front et sa bouche qui se tordait en une grimace étaient claires.

« Mince. »

À l'opposé de la pièce, sur une chaise entre Derek et Malia, Stiles se releva d'un coup. Il s'élança, voulant contourner le salon pour aller rejoindre le loup endormi et éviter qu'il ne fasse le même genre d'esclandre qu'à la maison. Il trébucha dans le pied de la chaise de Derek, qui le rattrapa, sans oublier de se moquer. Stiles la sentait, il la voyait, à présent, la ressemblance entre les Hale. Depuis qu'ils ne se détestaient plus et essayaient d'améliorer leurs rapports, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. L'humain n'eut pas le temps de se remettre à avancer, prévoyant de faire plus attention à où il mettrait les pieds, que Peter s'était réveillé en sursaut.

« Tout va bien ? » Demanda Kira, une main sur la cuisse de l'avocat, le visage pas loin du sien.

Il se redressa tout de suite et donna, au passage, un coup dans la main de la Kitsune pour l'éloigner. Elle comprit et n'insista pas. Peter se passa une main dans les cheveux et fit un tour, son regard passant, sans les voir, sur chaque membre de la meute présent. La peur dans ses yeux alerta de suite Kira, Derek et Stiles. Il avait peur ! Peter avait peur. Comment ? Pourquoi ? De qui ?

Derek se leva à son tour. Moins brusque que l'humain avant lui, sa chaise ne recula pas de trente centimètres. Juste derrière Stiles, il dévisageait Peter. Son oncle était perdu. Il ne reconnaissait pas le lieu où il se trouvait. Ou peut-être que si mais le considérait comme un terrain hostile. Ses yeux changèrent de bleus une seconde. Ça sonna le glas.

« Peter ? »

Pas de réponse. On le snobait en toute beauté. On se désintéressait totalement de celui qui avait parlé. Peter se précipita vers la sortie, comme s'il avait le feu aux trousses. Sa veste resta posée sur un dossier de chaise. Près de l'entrée, le loup put constater que la porte était fermée à clé. Elle l'était toujours. Le trousseau se trouvait encore dans la serrure mais semblait pourtant être un obstacle quasi-insurmontable pour Peter. Après quelques tentatives infructueuses, le lycanthrope baissa enfin la poignée et disparut sans demander son reste, continuant à ignorer ceux qui l'appelaient et lui demandaient de rester.

« C'est moi ou on aurait dit qu'il était plus foutu de plier les doigts ? » Demanda Isaac, tendu et inquiet.

o o o

Parrish paressait, allongé sur son canapé déglingué. Son énorme téléviseur, qui datait du siècle dernier, diffusait un film d'action – pas terrible de son avis. Son ordinateur portable, allumé et posé sur son ventre, commençait à chauffer un petit peu trop sans qu'il n'en fasse grand cas. L'adjoint jouait aux cartes et regardait – écoutait plus qu'il ne regardait – distraitement l'autre écran à l'autre bout de son salon. Il aurait dû choisir quelque chose d'autre.

Il n'était jamais clairement entré dans la meute. Scott n'était pas son Alpha, ne le serait jamais, quand bien même cette décision devait-elle le condamner à être considérer comme une créature Oméga. Il se sentait plus libre ainsi. Ne pas assister aux réunions rendait ce petit plaisir, tout simple, hebdomadaire. Jordan n'était pas de garde et, sauf cas de force majeure, ne risquait pas de devoir aller bosser... donc il glandait. Paressait. Laissait le temps filer. S'ennuyait.

Il avait la paix, jusqu'à ce que l'on sonne.

Ça craignait, grimaça-t-il.

L'ancien militaire n'était pas décidé à bouger ; il se demandait s'il ne ferait pas mieux de laisser son gêneur à la porte. On était samedi, c'était son jour de repos... et tout le monde savait qu'il ne fallait pas le déranger ce jour-là. Pas tout le monde, non, conclut-il à regret quand son visiteur insista. Le second coup de sonnette fut plus long. Trop long, même, si on s'en tenait aux conventions. Ça décida Jordan. Il laissa son ordinateur sur le canapé et, traînant les pieds, alla voir.

« Peter ? »

Alors là... il ne s'y était pas attendu, à celui-là. Pas du tout.

Le loup-garou semblait mal. Était mal. Parrish avait espéré que ça se passe comme ça, à peu de choses près. Il ne pensait juste pas que Peter viendrait à lui. Il s'imaginait plutôt qu'il irait voir Christopher Argent, Melissa McCall voire, pourquoi pas, s'il était un brin suicidaire, John.

L'agent avait croisé les doigts pour que Peter se réveille, un jour, et réalise ce qui lui était arrivé. Accepte ce qui s'était passé. Comprenne qu'il ne pouvait s'en sortir seul. Que ça ne fonctionnerait pas, même en y mettant toute sa bonne volonté. Le chien des enfers se décala et invita Peter à entrer.

L'intérieur de la petite maison, plain pied, était sobre. Simple. Minimaliste. Derek et lui avaient les mêmes goûts niveau décoration intérieur. Lydia n'avait jamais dû venir ici, elle en serait devenue folle. Parrish avait le confort moderne, et encore, mais guère davantage. Les murs étaient vides de photos, de peintures, rien.

« Assieds-toi. » Souffla Jordan en désignant le canapé. Il savait que Peter avait ses préférences. La place près de la sortie la plus proche, entre autre. « Parle. Je dirais rien aux autres. »

Pas même à Stiles.

« Je deviens fou. » Bas. Simple murmure. Ses yeux étaient cloués sur ses mains. Parrish était désarçonné. Peter avait un problème avec ses doigts. Il ne les bougeait pas et grimaçait quand il n'avait pas d'autre choix que le faire.

« Un fou ne sait pas qu'il est fou. »

Les lèvres du loup-garou s'étirèrent d'un côté. Il ne répliqua pas. Dire que beaucoup donneraient cher pour le faire taire en temps normal.

« Peter, c'est normal que ça n'aille pas. C'est récent et... et t'en parles pas. Ne pas parler de ce qui s'est passé, ça va te bouffer, crois-moi. » Il soupira. « Quand je suis rentré, j'étais pareil. Et on ne m'a pas torturé pour me faire parler, moi. »

« En parler ? » Ricana Peter. « Et à qui ? »

« N'importe qui. Tout le monde veut t'aider. Tu ne le remarques simplement pas, trop occupé à refuser l'aide de tout le monde, justement. » Parrish ne s'était pas préparé à être celui vers qui Peter se tournerait mais y avait quand même réfléchi après la visite de Lydia. « Dis-moi si je me trompe mais tu es distant avec Stiles, non ? »

Le lycan ne répondit pas de suite.

« Il paraît. Oui. »

« Tu veux un café ? »

Une grimace sur le visage du Hale fit sourire Parrish. Pas facile de surprendre l'homme, il était fier d'avoir réussi. Son changement de sujet était brutal. Peter le sentait non-radical. Jordan lui offrait un petit temps pour remettre ses idées en place et se calmer. Un peu de répit pour essayer d'aller un peu mieux avant l'inévitable rechute dans quelques minutes.

« Un. Un t- »

« Thé, comme si c'était fait. »

Sans attendre, l'ex-militaire disparut dans la cuisine. Laisser le loup-garou seul n'était pas un grand risque, surtout dans cet état. Parrish ne retourna pas au salon le temps que l'eau chauffe. Peter avait besoin de solitude et tant pis si ça devait le virer de son propre canapé et écourter son samedi relax. Ça en sauvait peut-être bien d'autres.

« Tiens... »

Quelques minutes avaient suffi pour que Parrish oublie ses craintes quant à l'état des mains de l'homme qui l'attendait au salon. Il lui tendit la tasse chaude et la lâcha sitôt l'autre eut-il enroulé ses doigts autour. Peter n'attrapa pas correctement l'objet. Il l'avait en main... puis il ne l'avait plus. Le mug ne se brisa pas en touchant le sol, en revanche le liquide ne se gêna pas pour s'échapper. Jordan ne commenta pas. Le regard paniqué et désolé du loup l'avait convaincu de se taire.

« Il y a un problème avec tes doigts ? »

« Non. » Il soupira. « Non. Ils vont bien. »

Peter ne mentait pas.

o o o

Scott s'était tourné, d'un demi-tour savamment exécuté, vers Stiles dès que Peter fut parti. Le loup-garou était encore à portée d'oreilles, capable de les entendre, mais l'Alpha n'en avait pas grand chose à faire pour l'heure. L'hyperactif n'avait pas bougé. Derek non plus. Ils étaient inquiets. Craignaient le pire et, ils n'étaient pas prêt à l'avouer à qui que ce soit, craignaient un débordement.

« Qu'est-ce qui se passe, Stiles ? » Impossible de se défiler. Pas cet après-midi.

« Contrecoup de ce qui s'est passé. » Stiles secoua la tête tandis que ses épaules s'affaissaient. « Et un petit peu d'autre chose. Je pense que mentir au boulot commence à être dur et à lui peser. »

« Pour Peter ? » Railla Isaac, un sourcil en l'air. « Mentir a jamais paru le déranger, j'te ferais dire. »

« Parce que mentir à une pauvre cloche ne le dérange effectivement pas. Mentir à Cath', c'est sans doute aussi dur pour lui que ça l'était pour moi de mentir à mon père. »

« Mais pas pour me mentir. » Grogna Scott, amer et plein de reproches.

Kira, Lydia et Liam soupirèrent de concert. Leur cher Alpha était bien gentil et moins stupide que par le passé mais le redevenait – stupide – dès lors où Stiles était concerné. Il ne lui avait jamais pardonné son silence lors de l'affaire Donovan.

« Tu m'as bien facilité la tâche à ce sujet. Et je ne t'ai pas menti pour Tu-Sais-Qui. »

« Non, mais pour Peter oui. »

« Je ne t'ai pas menti non plus. Je t'en ai pas parlé. »

« Par omission, c'est précisément ce que tu as fait, Stiles. »

« Parce que tu te crois pur comme Blanche-Neige, toi ? » Craché. « Tu as menti à tout le monde pour Gérard. Tu as menti à tout le monde au sujet de tes projets d'avenir. Tu as menti à tout le monde pour Hayden ! »

Sujet douloureux. Sujet qui fâche. Sujet, encore une fois, souvent remise au goût du jour.

Stiles, à bout, avait de la fumée qui lui sortait par les oreilles. Et par le nez. Métaphoriquement, s'entend. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait encore là au lieu d'essayer d'arrêter Peter pour, aidé de Derek, il l'espérait, le faire parler une bonne fois pour toute.

« Stiles... » Derek avait parlé. Stiles s'était aussitôt arrêté pour le regarder.

« Quoi ? »

« Qu'est-ce qui se passe ? » C'était la même question que celle posée par Scott deux minutes plus tôt, à la différence que lui semblait inquiet. Et l'était. « Est-ce qu'on devrait être au courant de quelque chose ? »

« Toi. Peut-être. » Murmura l'humain. « Mais Scott aura encore la bonne idée de demander à Isaac de l'attaquer ou vouloir l'attacher à la pleine lune, la semaine prochaine. » Il grogna. « Et j'y tiens pas. »

« Il a perdu le contrôle dans un resto. A failli le reperdre ici. Tu crois qu'il fera quoi, à la pleine lune ? Qu'il se mettra en boule et ronronnera ? Qu'il posera sa tête sur tes jambes et te laissera lui grattouiller la tête ? Redescends, Stiles. »

« Non.. mais il te remettra peut-être les pendules à l'heure. » Siffla Stiles. « Tu crois que c'est à cause de qui que tout ça arrive ? La Mère Groseille ? »

C'en était trop. Lydia fit claquer sa langue sur son palais pour les rappeler à l'ordre. Ces deux idiots – oui, Stiles inclus – avaient grand besoin qu'elle leur remette les pendules à l'heure. Lentement, elle se releva et s'approcha de l'hyperactif. Sa préférence ne faisait pas le moindre doute. Le passé avait démontré que ça fonctionnait mieux, qu'il était plus facile de s'en sortir avec eux, Stiles et Peter, qu'avec Scott. Plus malins. Leurs plans étaient moins bancals et voués à un échec plus ou moins certain. Surtout ceux de l'avocat.

S'ils venaient à se dissocier de la meute, et elle ne doutait pas que, à terme, c'est ce qui finirait par arriver, la Banshee ferait de même. Ça mettrait les autres dans la panade, n'étant pas les plus doués pour les recherches, mais tant pis. Lydia mettrait sa main à couper – la droite, celle dont elle avait vraiment besoin pour travailler, en plus – que l'idée les tiraillait de plus en plus. Stiles devait être celui qui freinait. Il hésitait probablement à franchir le pas pour ne pas faire de Peter un Oméga... même si restait la meute de Satomi qui, peut-être, voudrait bien de lui. Elle ne prendrait que le loup-garou, par contre.

« Ils résolvent tous nos problèmes. Laissez-les résoudre les leurs. Ni Stiles, ni Peter ne te font suffisamment confiance pour t'en parler... »

« Peter m'appelle quand il... »

« Quand il quoi ? Quand il perd le contrôle ? » Siffla Lydia. « Et après ça tu penses encore qu'il est un danger ? Alors qu'il essaie de ne pas l'être ? » Son regard était noir, assassin, terriblement Lydia. « Obtiens leur confiance, Scott. Je te le dis depuis des années. On te le dit depuis tes années mais tu laisses couler... vois-en les conséquences, à présent. » Elle secoua la tête, fatiguée. « C'est ça ton plus gros problème, pour l'heure. Ne pas avoir leur confiance. Et tant que tu ne l'auras pas... ça n'ira pas dans la meute. »

« Et les deux c- »

« On se fiche d'eux. » Elle ne s'en fichait pas. « Vous ne pouvez pas continuer comme ça, tous les trois ! Ils ont fait des efforts, pendant des années, à ton tour d'essayer de réparer les pots cassés puisque, de toute évidence, le problème vient de toi. » Stiles avait envie de siffler pour l'encourager. « Scott. Tu te rends compte de comment tu es ? De celui que tu deviens ? »

L'Alpha ne répondit pas. Personne ne broncha. Le premier qui parlait risquait de se faire lyncher sur place.

« Tu deviens Peter. »

Stiles avait envie d'aller serrer Lydia dans ses bras. Fort. Très fort. Il se sentait tellement moins seul, d'un seul coup. Soulagé d'un poids qu'il se savait incapable de supporter plus longtemps sans un petit coup de pouce. Peut-être que Lydia et Derek pourraient le lui donner.

« Lydia... »

« Tu as merdé, Scott, et il est vraiment temps que tu répares tes erreurs. Qu'on arrête aussi de te reprocher des faits qui datent. » La Banshee jeta un regard entendu à Stiles. « Mais toi, fais en sorte de ne pas toujours les reproduire. »

o o o

Depuis la cuisine, parti y chercher de quoi essuyer les dégâts provoqués par un Peter mortifié, Parrish envoya un bref message à Stiles pour le sommer de venir le plus rapidement possible. Pour le rassurer, aussi. Son collègue, et ami, ne savait peut-être pas que Peter se trouvait chez lui. Ce serait logique. Personne n'irait sucer ça de son pouce.

La réponse fut immédiate.

« J'arrive. »

L'inverse l'aurait étonné.

o o o

« J'y vais. » Lancé à la va-vite, Stiles avait déjà contourné contourné Derek pour aller chercher sa veste, quelque part dans le tas sur le fauteuil.

« Tu ne vas nulle part. »

L'humain haussa un sourcil.

« Et tu comptes m'en empêcher de quelle façon ? » Railleur. Provocateur. « En me gardant enchaîné dans ta cave, peut-être ? Tss. Cinglé. »

En quelques jours, leurs rapports étaient passés de 'cordiaux à tendance houleuse' à... à ça. Ce n'était même plus un simple manque de confiance, à ce niveau-là. Les deux compères, les deux amis de toujours, ceux qui avaient longtemps eu leur photo en face de l'article meilleur ami d'un hypothétique dictionnaire ayant ce genre de paragraphes, se déchiraient comme jamais.

« On doit par- »

« Je sais pas pour toi, et je m'en fiche, moi, je dois aller récupérer Peter chez Jordan. » Stiles souriait en coin. « Derek, tu viens ? »

Derek sortit un « Uh ? » intelligent au possible.

« C'est Peter. Crois-moi, il sera content de t'avoir. » Le fils du shérif de Beacon Hills changeait d'humeur sans problème. Il ne perdait pas de vu contre qui il était en colère afin d'éviter de faire payer ceux qui n'y étaient pour rien. « Et il te préférera peut-être même à moi. » Son sourire n'en était plus un. « Bon, tout le monde, la réunion est terminée. De toute façon... j'en sais pas plus au sujet des victimes. »

o o o

Le temps que Jordan revienne de la cuisine, Peter avait disparu.


Fin du dix-septième chapitre.

Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez d'Ents nuagivore ?

Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !

A bientôt pour le dix-huitième chapitre, Un mois plus tôt.

J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !

La personne (les personnes) qui trouvera(ront) le nom de la créature concernée avant que son nom soit révélé (dans une paire de chapitres) pourra (pourront) me donner le prompt de son (leur) choix (personnages ; situations générales ; phrases ou mots à caser etc.)

Skayt