Chapitre 5


Le lendemain du bal d'Elredor, Elsa s'était levée tôt, décidée à faire bouger les choses concernant la lettre. A son réveil, elle partit prendre un bain afin de se ressourcer l'esprit. Les questions se bousculaient dans sa tête, et elle était bien décidée à trouver des réponses.

Sortant de l'eau, elle alla par la suite s'habiller d'une robe mauve aux broderies dorées, et s'attacha les cheveux en un chignon décoré de deux tresses. Elle se regarda un bref instant dans le miroir de sa chambre, et ajouta à sa coiffure le petit diadème d'Arendelle. Enfin satisfaite, elle sortit de la pièce, et chercha le bureau du Roi.

Elle demanda à plusieurs reprises son chemin à des domestiques, prétextant une entrevue avec Hodin, et ceux-ci finirent par la guider dans le dit bureau.

Une fois laissée seule, elle toqua à la porte, espérant que personne ne lui réponde. Les quelques secondes qui s'écoulèrent par la suite restèrent silencieuses, si bien qu'Elsa entra discrètement dans la pièce. Elle s'élança avec hâte vers les tiroirs du bureau, et chercha la lettre que le Roi avait dû récupérer à Kristoff deux jours auparavant. Par chance, elle la trouva dans l'un des nombreux dossiers officiels, et le manque de sérieux de l'elredorien lui parut alors évident. Satisfaite de sa trouvaille, elle glissa le morceau de papier entre deux épaisseurs de tissus qui constituait sa robe, et elle ressortit telle une voleuse, regagnant le long corridor.

Cherchant alors un salon de libre, elle repassa devant sa chambre et aperçut deux gardes veiller face à la porte. Elle ralentit quelque peu le pas, les observant curieusement, et découvrit la porte ouverte. La silhouette du souverain s'afficha alors au fond de la pièce, et, surprise de le voir ici, Elsa accéléra sa démarche, espérant atteindre le bout du couloir avant qu'il ne la voit. La chance sembla être avec elle ce matin là, car elle ne croisa personne, et le Roi ne la vit apparemment pas.

Finalement, elle trouva facilement un petit salon, et ouvrant la porte, elle sentit une chaleur rassurante l'envelopper. Elle s'avança avant de refermer l'entrée derrière elle, et alla jusqu'à la cheminée, ou le feu crépitait doucement. Elle s'agenouilla, observant calmement les flammes, appréciant ce moment de détente. Puis, la lettre lui revint en mémoire, et elle la sortit d'entre les couches de tissus pour l'ouvrir et la lire à nouveau.

Elle observa chaque détail, cherchant un quelconque indice qui aurait pu lui être utile pour découvrir le mystérieux expéditeur. Plongée dans ses recherches, elle fut soudain sortie de ses pensées en entendant la porte s'ouvrir brusquement. Ne voulant pas être dérangée, elle se déplaça presque en rampant derrière le fauteuil qui faisait face à la cheminée, et attendit patiemment, espérant que la personne s'en aille.

« -Elle n'est pas ici votre Altesse.

-Vraiment ?

-Voyez par vous-même, Sire. »

Les pas retentirent derrière le fauteuil, et finirent par s'éloigner de nouveau. « Non, vous avez raison. Il n'y a personne. » Sur ces mots, la porte claqua et Elsa poussa un soupir de soulagement. Elle se remit face au feu, sentant la chaleur des flammes sur son visage, et se replongea dans ses recherches. Elle n'eut pas le temps de réellement s'y remettre qu'elle entendit un cliquetis en direction de la porte. Reconnaissant le son d'une clé dans une serrure, un frisson la parcourut, se sentant désormais observée et prise au piège. De nouveaux pas raisonnèrent dans son dos, et la souveraine ferma ses yeux bleutés en pinçant des lèvres, se sentant stupide de s'être ainsi fait prendre. Les pas s'arrêtèrent, alors qu'Elsa sentit une pression derrière son dos. Deux mains derrières elle se mêlèrent à sa chevelure, défaisant son chignon, et elle sût qu'elle se trouvait en compagnie du Roi d'Elredor. Ce dernier ne bougea d'abord plus, continuant la danse de ses mains aux milieux des mèches blondes de la jeune femme, puis il finit par s'accroupir, se mettant plus ou moins à la hauteur de la souveraine.

« -Vous vouliez faire des recherches sans moi ?

-Vous ne vous décidiez pas à le faire... »

Hodin saisit la lettre des mains d'Elsa et la laissa glisser plus loin.

« -Vous savez, je me souviens du jour où je suis parti.

-Ah oui ? Pourtant on croirait que vous l'avez vite effacé de votre mémoire.

-Oh non, jamais je ne ferais une chose pareille. Lorsque je repense à ce jour, je me sens terriblement frustré. C'est très ennuyeux. Je me rappelle aussi du soir où vous étiez venue reprendre votre couronne. Et à tout cela s'ajoute la soirée d'hier.

-Je vous serais grée d'oublier tout ceci.

-Pourquoi cela ?

-Pour vous éviter de faux-espoirs. »

Sans décrocher un mot de plus, Elsa se releva, faisant fi du Roi. Celui-ci se leva également et bloqua la jeune femme en l'encadrant de ses bras qui s'enroulèrent autour de sa taille. Une plaque de glace se dessina alors à leurs pieds, faisant sourire l'elredorien plutôt que l'effrayer.

« -Pourtant, il y a certaines choses que j'aimerais retenter.

-Vous risqueriez un incident diplomatique.

-Je n'en suis pas si sûr. Je vais vous dire quelque chose, ma Reine. Votre petite vengeance d'hier était très bien trouvée. Malheureusement pour vous, on a dû oublier de vous apprendre que jamais on ne nargue un homme de la sorte, car ce dernier pourrait ne pas arrêter ses désirs.

-Je vous prierais de me relâcher sur le champs sinon...

-Sinon quoi ? »

A la fin de ses mots, Hodin déposa un baiser dans le cou de la jeune femme, et retraça un nouveau parcours avec ses lèvres.

« -Pourquoi ne pas accueillir mes avances à bras ouverts alors que, nous le savons tout les deux, vous mourrez d'envie de continuer dans cette voie.

-Vous vous surestimez...

-Prouvez moi que j'ai tort dans ce cas »

Elsa se mordilla la lèvre inférieure, cherchant une idée pour freiner l'élan du Roi. Ce dernier la pressa plus fort contre lui, si bien qu'elle pu parfaitement sentir son corps dans son dos. Il enfoui son visage dans la chevelure blonde de la souveraine, et bien qu'elle apprécia ce moment à la fois doux et excitant, elle posa sa main sur une hanche de l'elredorien, et transforma le cuir de son pantalon en glace épaisse, provoquant un cri chez le principal intéressé. Sur le coup, il relâcha l'arendellienne, ne sachant plus quoi faire, trop crispé par le froid.

« -Ceci vous suffira t-il votre Majesté ?

-Je...Je pense que oui...

-Très bien. Dans ce cas, vous m'excuserez, je dois continuer mes recherches.

-Vous n'allez pas me laisser comme cela ?!

-Hm...Non, vous avez raison. Je ne vais pas vous laissez comme ça. »

Elsa se posta face à lui et sembla réfléchir un bref instant, jusqu'à ce qu'un sourire ne s'affiche sur son visage. Satisfaite de son idée, elle fit un geste gracieux avec ses mains, et Hodin se retrouva habillé tel le père noël des légendes, à la différences que ses vêtements n'étaient pas en velours rouges, mais en glace blanche. La souveraine acheva son œuvre en fixant les pieds de l'elredorien au sol avec deux gros blocs de neiges compacts, et elle se dirigea vers la porte.

« -J'espère que vous n'oublierez pas ceci non plus, votre Majesté. Importuner une femme est bien dangereux, surtout lorsqu'elle est Reine. »

Sur ses derniers mots, elle tourna la clef dans la serrure et passa la porte. Elle fut accueillie par les deux gardes qu'elle avait vu auparavant, et leur indiqua poliment que leur souverain avait besoin d'aide. Les deux hommes pénétrèrent alors dans la pièce, et Elsa les entendit étouffer des rires. Satisfaite d'elle, elle partit pour la bibliothèque, espérant ne plus être importunée par ce Roi qui avait cette fois-ci, prit une bonne leçon.


Saïnika était déjà levée lorsqu'elle entendit une porte claquer. Haussant les épaules, elle continua son chemin jusqu'à un petit salon où elle avait l'habitude de déjeuner. Pour cette journée, la jeune femme avait choisi une tenue de cuir et de daim, espérant pouvoir partir à la chasse comme elle le faisait au moins une fois par semaine. Ses guêtres épaisses tenues entre ses doigts, elle atteignit la petite pièce réchauffée et alla s'installer sur l'une des chaises habillées de velours. Elle enfila les morceaux de cuirs autour de ses mollets, et attendit patiemment qu'une des domestiques vienne lui apporter son repas. Une fois cela fait, elle déjeuna calmement, réfléchissant au butin de chasse qu'elle rapporterait en fin de journée.

Alors qu'elle saisit sa tasse de thé pour la porter à ses lèvres, Hodin entra dans la pièce, et sans plus de manière, alla s'affaler sur le fauteuil face à la cheminée.

« -Bien le bonjour très cher cousin. » lui dit Saïnika d'un ton neutre, « Et après, c'est moi qui suis la plus impolie. Il va falloir revoir ça.

-Pas maintenant Saïnika. Je n'ai pas envie de rire.

-Pourquoi donc ? Que t'arrive t-il ?

-Rien, oublis. » Le Roi tourna alors son regard vers sa protégée et ouvrit de grands yeux étonnés. « Où comptes-tu aller habillée comme ça ?

-Tu me fais marcher j'espère ? Ce sont les vêtements que je porte pour la chasse, tu le sais bien.

-La chasse ? Non, pas aujourd'hui, retournes te changer. »

La jeune elredorienne laissa tomber sa tasse à l'entente de ces mots, lui causant diverses brûlures à cause du thé chaud. Elle poussa un juron et se releva d'un bond, épongeant sa tenue avec une serviette.

« -Hodin ce n'est vraiment pas drôle !

-Je ne cherchais pas à être amusant. Tu n'iras pas à la chasse aujourd'hui. Ni demain.

-Quoi ?! Mais pourquoi ! Qu'ai-je encore fait ?!

-Rien de spéciale. Seulement, te savoir à la chasse alors que tu ne connais pas encore toutes les manières princières me met hors de moi.

-Cela ne te dérangeais pas plus que ça avant !

-Avant quoi ?

-Avant que ces arendelliens arrivent au Royaume ! » Le Roi soupira et se releva, s'approchant de sa cousine. Il lui posa les mains sur ses joues rosées, soutenant son regard.

« -Saïnika, il faut que tu comprennes. Tu dois pouvoir te comporter en parfaite princesse, et ce, le plus rapidement possible. Sans cela, tu m'empêches de mettre en place mes projets.

-Mais quels projets ?! Si tu me gardes juste pour m'éduquer comme une bourrique au sang royal, tu te fous le doigt dans l'œil ! » Cette fois-ci, la main du Roi partit d'un coup sec s'aplatir sur la joue de la jeune femme.

« -Prends garde à tes mots ! Je t'apprécie grandement ma chère cousine, mais il y a des choses que je ne tolérerais pas sous mon toit. Tu n'iras pas à la chasse aujourd'hui, à point c'est tout. Tu continueras d'apprendre les bonnes manières, chose que ta petite tête à apparemment bien du mal à assimiler.

-C'est elle qui t'a mis dans une telle colère, n'est-ce pas ? C'est cette Reine ? Jamais tu n'aurais osé lever la main sur moi !

-J'ai su être patient. Aujourd'hui je vois que nous perdons trop de temps à cause de tes caprices !

-Trop de temps pour quoi !

-Cela ne te regardes pas ! Vas te changer sur le champs ! Tu passeras ta journée à apprendre à être courtoise. Et pour se faire, quoi de mieux que de rester en présence de la Reine et de sa sœur ?

-Mais...

-Je ne discute plus. »

La jeune femme eut un grognement presque enragé, et elle sortit du salon en claquant la porte.

Hodin laissa son regard se plonger au milieu des flammes qui dansaient au creux de la cheminée, réfléchissant à ses plans qui se voyaient compromis. Il regretta son comportement envers Saïnika et se dit que niveau bonne conduite, même lui n'était pas l'un des meilleurs professeurs. Il soupira une nouvelle fois, perdu dans ses pensées, et au bout d'un moment, il sortit de la pièce, se préparant à souhaiter un bon départ aux invités qui reprenaient la route le matin même.


« Elsa ?

-C'est toi Anna ?

-Oui ! Qui veux-tu que ce soit d'autre ?

-Je ne sais pas. Qu fais-tu ici ?

-Je t'ai cherchée partout. Et puis, j'ai pensé à la bibliothèque...

-Tu as bien fait.

-Ça va ? Tu me sembles bizarre ce matin. »

La rouquine ferma la porte derrière elle, essayant de faire le moins de bruit possible en voyant sa sœur si concentrée sur un bout de papier. Elle s'avança d'un pas de velours et s'agenouilla aux côtés de son aînée, observant l'objet de sa concentration. Lorsqu'elle vit la lettre, elle eut un petit sourire soulagée, et elle posa son front contre celui d'Elsa avant de lui déposer un baisé sur la joue.

« -Toujours cette lettre.

-Oui, que croyais-tu que c'était ?

-Une déclaration de guerre, bien entendu. » La cadette avait répondu avec un tel sérieux que cela fit lever le nez de la souveraine, qui en oublia un court instant sa lettre.

« -Pardon ?

-Ben oui, après la soirée d'hier soir.

-Et bien quoi ? Que s'est-il passé hier soir ? » répondit nerveusement la jeune femme blonde.

« -Oh ça va Elsa ! Tu ne pensais tout de même pas que ça passerait inaperçu ! De la glace sur les mains du Roi, en intérieur, ce n'est pas très courant, tu ne crois pas ?

-Oh non, ça se voyait vraiment alors ?!

-Rien qu'un chouilla. Et puis, je te surveillais de très près, d'où le fait que j'ai insisté auprès de Kristoff pour que nous vous rejoignions sur la piste et que les autres invités suivent le mouvement. Ainsi, personne ne s'est rendu compte de rien. » La Reine laissa passer un soupir de soulagement en entendant sa cadette. Elle avait joué avec le feu ce soir là.

« -Merci Anna...

-Mais de rien ! Lorsqu'il s'agit de veiller tes arrières, je suis toujours présente ! Mais dis moi, c'était quoi ton idée en faisant ça ?

-C'est que...

-Oh la la. Je crois qu'on en a pas fini entre toi et Hodin. »

Elsa baissa la tête, rouge de honte, puis se détendit lorsque sa sœur la prit par les épaules.

« -Bon, et sinon ? Tu as trouvé des choses intéressantes ? » La souveraine se ressaisit brusquement et secoua la tête en fronçant les sourcils.

« -Non, rien de rien. Je ne comprend pas. Et Hodin ne m'aide en rien.

-Le sceau, tu as regardé le sceau ?

-Oui mais je ne le connais pas.

-Attends, quoi ? Toi ? Ne pas reconnaître un sceau ?!

-Oui...

-As-tu pu comparer à celui de Hodin ?

-Il me semble que le sceau d'Elredor représente la silhouette d'un dragon.

-D'un dragon ?

-Oui, je suppose qu'il s'agit là d'un clin d'œil à l'une des nombreuses légendes qui doivent peupler le pays. Quoi qu'il en soit, le sceau de la lettre représente un bateau tout en longueur qui semble entouré d'une aura.

-Et tu n'avais pas vu ce détail lorsque nous avons reçu la lettre ?

-Non, je...J'étais trop heureuse de me dire que...

-Oui, je comprend. Hm...regardons dans les livres de la bibliothèque et cherchons une légende ou un événement qui puisse avoir un rapport avec un bateau tel que celui-ci.

-Mais il doit y en avoir pleins ! Non il y a sûrement un autre détail quelque part. »

La rouquine observa le sceau de plus près et posa son doigt dessus.

« -Là ! Qu'y a t-il de marqué ici ?

-...Te waka a Maui. Je l'avais déjà vu mais, je ne sais pas ce que cela signifie.

-Et bien cherchons.

-On ne sait même pas en quelle langue c'est écrit, Anna.

-Ce n'est pas bien grave. On va tranquillement se plonger dans la lecture et nous finirons bien par trouver quelque chose.

-Oui...Tu as raison, il faut rester optimiste. Mais nous perdons tellement de temps.

-Ne t'en fais pas pour cela. »

La cadette pressa le bras de sa sœur, se voulant rassurante, et toutes deux commencèrent leurs recherches sur les mystérieuses inscriptions.

Personne ne vint les importuner durant la matinée, et les domestiques leur apportèrent le repas dans la bibliothèque. Peu de temps après s'être rassasiées, les arendelliennes furent rejointes par Kristoff.

« -Où étais-tu durant tout ce temps ?! » demanda la princesse.

« -Je cherchais un ami, mais rien n'y fait, je ne le trouve pas.

-C'est celui dont tu m'avais parlé ?

-Oui, Kassam. Tant pis, je finirais bien par le retrouver avant que nous repartions d'ici. Et vous, que faites-vous ?

-On fait quelques recherches pour en savoir plus sur la mystérieuse lettre.

-Et vous avez trouvé quelque chose ?

-Non, pas encore, mais je garde espoir.

-Kristoff ? » demanda la souveraine.

« -Oui ?

-Aurais-tu vu le Roi, par hasard ?

-Non, pourquoi ?

-Comme ça. Il agissait bizarrement ce matin.

-Que faisait-il ?

-Oh, qu'importe...

-J'ai trouvé ! » la coupa Anna, « Regardez ! Te waka a Maui signifie le waka de Maui. Maui est un personnage issu d'une légende Mãori. Maui serait un demi-dieu. Un jour il serait parti pêcher avec son frère, et lors de sa pêche, il aurait remonté deux poissons. Il nomma le premier Te ika a Maui, qui veut dire littéralement le poisson de Maui, et il appela le second Te waka a Maui, qui lui veut dire le waka de Maui...

-Cela ne nous avance pas beaucoup malheureusement.

-Attends Elsa, notre réponse est dans ce qui suit. Te ika a Maui serait la représentation de l'île du nord, et Te waka a Maui serait...les îles du sud...

-Comment ?!

-Au moins nous savons à qui nous avons affaire maintenant... » La rouquine ouvrit de grands yeux effrayés « Oh non...

-Qu'y a t-il Anna ? » demanda le jeune prince.

« -Saïnika...Hier...Elle était en compagnie d'un homme qui ressemblait étrangement à Hans...

-Et tu ne le dis que maintenant ?! » s'énerva la souveraine .

« -Mais tout était fait pour nous permettre de passer une bonne soirée. Cet homme ressemblait à Hans mais, ce n'était pas lui, je ne voyais pas de raison de m'inquiéter.

-Ce n'est pas grave, de toute manière les invités devaient partir ce matin » intervint Kristoff.

Les jeunes femmes poussèrent un soupir de soulagement, lorsque Hodin entra précipitamment dans la pièce. Elsa le dévisagea du regard en le voyant entrer, puis fit fi de sa présence. Pourtant, ce dernier arborait un air paniqué.

« -Saïnika est avec vous, n'est-ce pas ?

-Non... »répondit la Reine, « Nous ne l'avons pas vu depuis hier soir.

-Il faut la chercher !

-Que racontez-vous ? Que se passe t-il ?

-Nous nous sommes disputés tout à l'heure, je ne souhaitai pas qu'elle parte à la chasse et elle est partie quand même, sans mon accord, et je ne sais pas où...

-Et bien il n'y a pas de quoi s'inquiéter, je croyais que la chasse était une activité quotidienne chez vous ? »

Le Roi acquiesça avant de tendre un arc devant lui.

« -La chasse,oui. Mais pas sans son arc, sinon à quoi bon ? »

Tous se regardèrent, comprenant la situation inquiétante qui venait de s'installer. Sortant de la pièce, le petit groupe partit à la recherche de la jeune elredorienne.


A la suite de sa dispute avec son cousin, Saïnika avait obéi et était partie se changer. Portant une robe de velours grenat, elle était par la suite partie se réfugier dans le jardin royal, s'asseyant au pied d'un papayer. Elle se demanda ce que projetait de faire Hodin, pour qu'il se soit montré si agressif plus tôt dans la matinée.

Soudain, une main se posa sur son épaule, la faisant sursauter. Elle se releva aussitôt et se tourna afin de faire face à la personne qui l'avait tirée de ses pensées. Elle reconnu alors le jeune homme avec qui elle avait dansé la veille, et se sentit alors rassurée.

« -Messire Connor...Que me vaut ce plaisir ? N'êtes vous pas censé être parti à cette heure-ci ?

-Si, Mademoiselle Saïnika. Hélas, il semblerait que j'ai oublié ce pourquoi je suis venu. Vous comprenez, je ne puis partir sans. Mon frère y tient énormément.

-Oh...Et qu'avez-vous donc oublié ? » Le jeune homme s'approcha de l'oreille de son interlocutrice avant de lui saisir un bras d'une main, et de poser sa seconde main sur la bouche de la jeune femme.

« -Vous. »

La pupille du Roi se débattit comme elle pu, mais trois autres hommes vinrent rejoindre Connor pour lui prêter main forte. Saïnika fut donc, en un rien de temps, mise à bord d'un galion arborant des couleurs bleues et blanches. Les minutes qui suivirent, ce dernier quitta le port d'Elredor, emportant avec lui la précieuse parente du Roi.


Anna, Elsa, Kristoff et Hodin arrivèrent au port essoufflés et complètement désemparés. A leur arrivée sur les quais, ils aperçurent un navire au loin, aux voiles blanches gonflées par le vent. Le Roi serra ses poings et donna un coup de pied au sol, ne sachant où défouler sa colère.

« -Ils sont partis, il est trop tard !

-Non » intervint Kristoff, « Je pense que certains qui ont eu un rôle dans cet enlèvement sont encore à Elredor. Sinon, pourquoi nous faire quitter Arendelle ? Nous devons continuer de chercher.

-Non, nous devons récupérer Saïnika. Je vais de ce pas faire préparer un navire. »

Les arendelliens se fixèrent mutuellement, ne sachant que faire face à la détresse du Roi. Finalement, ils hochèrent la tête et se préparèrent à partir pour les Îles du sud, accompagnés de la colère de Hodin.

Le soir, le galion était déjà en préparation. Le souverain d'Elredor avait prévu de partir dès le lendemain matin. Chacun retourna dans sa chambre respective, sauf Elsa qui cette fois, alla toquer à la porte de l'elredorien. Ce dernier répondit d'une voie triste, et lui demanda d'entrer. La jeune femme referma la porte derrière elle et s'avança prestement jusqu'au lit royal, sur lequel s'était assis Hodin. Elle se posa à ses côtés, et fit glisser sa main dans la nuque du souverain. A son contact, il releva la tête et observa longuement les yeux azurs d'Elsa, qui la fixait d'un air compatissant.

« -Nous la retrouverons, Hodin. Quoi qu'il arrive, nous retrouvons toujours nos proches.

-Si vous le dîtes...

-Croyez-moi. Nous la ramèneront à Elredor. Nous nous battrons pour elle, et les Îles du Sud paieront l'affront causé.

-Merci Elsa... »

Le Roi continua de la regarder, détaillant chacun des traits de son visage, jusqu'à ce qu'il pose une de ses mains sur l'une des joues rosées de la jeune femme. Cette dernière se laissa faire, et le visage de Hodin se rapprocha dangereusement du sien, si bien que quelques secondes plus tard, la Reine ne pu éviter le contact de ses lèvres contre les siennes. Le duo échangea ainsi un premier baiser, et cela désola presque l'elredorien qu'il ait fallu attendre une tragédie pour qu'Elsa s'ouvre enfin à lui.

La souveraine resta au creux des bras de Hodin toute la nuit, lui offrant un certain réconfort dans ce moment difficile qu'il vivait. Les deux amants s'endormirent tardivement après avoir longuement échangé sur les plans à prévoir pour sauver Saïnika. Le Roi serra tendrement la jeune femme contre lui, tombant au pays des songes, rêvant d'offrir sa revanche aux Îles du sud pour leur donner une bonne leçon.