Hello, hello,
Comme d'habitude, si je puis dire, les passages en italiques sont des flash-back... =)
Merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre :D
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 18 - Un mois plus tôt
Le trajet avait été silencieux. Il l'avait été si, et seulement si, on exceptait les insultes de Stiles à l'attention des feux tricolores qui passaient toujours au rouge à son approche et les sobriquets divers et variés adressés aux chauffeurs qui n'avançaient pas. Derek se demandait comment Stiles pouvait avoir son permis. Et comment il avait su le garder toutes ces années, aussi. Et obtenir un badge. Le permis plus que tout, quand même. Encore que, le loup-garou aimerait aussi savoir comment l'humain pouvait ne pas encore s'être tiré une balle dans le pied lors d'une descente. Littéralement.
« Calme-toi. »
« Excuse-moi de pas être comme toi et avoir l'air d'avoir bouffé le Dalaï-Lama. »
Le loup-garou leva les yeux au ciel mais ne répliqua pas ; même pas pour faire comprendre au conducteur que ce qu'il disait n'avait pas le moindre sens. C'était Stiles, il y avait fort à penser qu'il le savait déjà. C'était d'autant plus inutile que l'humain venait de garer la Chrysler devant chez Jordan.
Stiles quitta immédiatement l'habitacle du véhicule ; sans couper le contact, sans verrouiller, sans rien faire si ce n'était partir. Et c'est donc sans une parole que Derek le laissa filer. Peter et Stiles étaient du même acabit, dans ces moments-là. Les deux, si réfléchis, en temps normal, fonçaient sans penser à rien d'autre qu'à l'autre. Le lycanthrope roula des yeux, arrêta le moteur, ferma la Chrysler avant d'enfin descendre le rejoindre. Parrish était en train d'essayer de bloquer l'accès à Stiles, d'essayer de lui dire de ralentir l'allure quand le loup les rejoignit.
« Stiles. » L'adjoint était à cran. Il devait toujours bouger, pencher à droite puis à gauche, pour empêcher son jeune collègue de le contourner. « Peter ne va pas bien. »
« Et tu penses que cet argument de merde va me faire reculer ? »
« Non. » Parrish n'était pas stupide ; mais il ne voulait pas laisser Stiles passer sans avoir pu le mettre en garde avant. « Mais je veux dire... il, il s'est enfermé dans la salle de bain. » Il inspira un grand coup. Expira lentement. « Et on dirait qu'il y a un problème avec ses doigts. Qu'est-ce qui s'est passé, Stiles ? »
Derek repensa à la remarque d'Isaac. Ça ne pouvait pas être un hasard. Comme l'avait fait remarquer Stiles la semaine précédente, « Hale » et « Hasard » ne faisaient pas bon ménage.
« Il n'est pas blessé alors arrête de me grogner dessus. Quand ça vient de toi, on dirait un chaton de trois mois. »
Son grognement peut-être. Son regard noir était, quant à lui, on ne peut plus humain, inquiétant et menaçant. Stiles voulait entrer et tout de suite de préférence. Jordan le comprit puisqu'il leur libéra finalement l'accès. Sans piper mot, du bout de l'index, il indiqua la porte de la salle d'eau. Verrouillée. Évidemment.
« Peter ? Je sais que tu es là. Tu sais qu'on est là. Je sais que tu sais et tu sais que je sais que tu sais. Tout le monde sait tout. Et maintenant que tout le monde sait tout, tu pourrais... ouvrir ? C'est un exemple, hein. » Stiles attendit. « Pet' ? T'es en vie, n'est-ce pas ? Grogne si tu... t'as grogné, là ? Là c'est carrément un grognement de chaton même pas né. »
Appuyé contre la porte, la joue plaquée sur le bois et l'oreille posée dessus tel un indien à l'écoute d'un troupeau de bisons à l'approche, Stiles attendait quelque chose qui ne viendrait pas, que Peter vienne ouvrir.
« Il y a une baignoire ? »
L'humain et le chien de l'enfer se tournèrent de concert vers loup-garou et le regardèrent comme s'il venait tout juste de perdre l'esprit, lui aussi. Parrish hocha tout de même la tête. Derek sourit.
« Tu permets ? » Demanda-t-il à Stiles, une main sur son épaule.
Il ne laissa pas le temps à Stiles de lui permettre quoi que ce soit. Il le poussa, doucement mais sûrement, pour l'éloigner de la porte et prendre sa place. De l'autre côté, Peter avait perçu le changement. Il venait de bouger, de relever les yeux et regardait la poignée. Avoir senti l'odeur de son neveu était une chose, l'entendre en était une autre. Se rendre-compte que son cadet se souvenait de ces événements passés en était d'ailleurs une merveilleuse.
« Je ne t'ai jamais vu t'enfermer dans une pièce où il y avait une baignoire. »
Derek qui plaisante, ou tente de le faire, était une chose. Que la-dite plaisanterie semble porter sur les baignoires en était une autre – qui arracha un rire au second loup-garou, d'ailleurs. Que Stiles ne comprenne pas ce qui semblait évident pour les deux Hale, une troisième. Ce n'était pas grave. L'hyperactif saurait s'en contenter si ça signifiait que Peter se décidait enfin à ouvrir cette satanée porte. Ce qu'il pouvait être borné et têtu, des fois, c'était fatigant !
Les baignoires. Les sourcils de Stiles se froncèrent tandis que leur propriétaire relevait les yeux de sur ses chaussures pour fixer, à la place, bouche-bée, le profil de Derek. Ils en avaient visité, des maisons, Peter et lui, mais il y avait toujours eu quelque chose qui faisait grimacer l'avocat. Une voisine avec sept chats ; une cuisine trop petite et peu opérationnelle ; des escaliers trop dangereux qui tueraient Stiles en moins d'une semaine... jusqu'à ce que Peter ait finalement un coup de cœur pour l'actuel – ce que Stiles n'espérait même plus.
Il n'y avait pas de voisine à chat, la cuisine était jugée suffisamment grande pour monsieur, les escaliers étaient pas trop abruptes et, à première vue, pas plus dangereux que d'autres et, surtout... deux salles de bain, dont une seule pourvue d'une baignoire. Celle où se trouvait la douche avait presque été privatisée par Peter. Ceci expliquait peut-être cela. Étrange peur que celle-ci, se dit Stiles. Il devrait, un jour, interroger un Hale à ce propos.
« Tu te souviens, tu m'attaquais à chaque fois... »
Sacré bon souvenir à partager pour inciter Peter à sortir !
« Pet' ? Tu m'ouvres ? »
Stiles était prêt à manger sa chaussette assaisonnée à l'huile de moteur si Peter déverrouillait.
Il déverrouilla.
Stiles était prêt à manger ses chaussettes assaisonnées à l'huile de moteur si ça décidait Peter à déverrouiller. Il le fit. Heureusement que l'humain n'avait pas parlé à voix haute.
D'un pas faussement assuré, Derek baissa la poignée et entra dans la salle de bain. Il se l'était joué confiant mais n'avait pas pensé que son idée fonctionnerait. Le nombre de fois où Peter l'avait blessé dans une situation similaire ne se comptaient plus et jamais son oncle l'avait bien vécu. Raviver le passé n'aurait pas dû l'inciter à le laisser entrer, et pourtant... allez comprendre Peter ! Derek n'eut pas le temps de faire trois pas que son oncle venait lui griffer l'avant-bras, l'air de rien, feignant l'innocence. La plaie guérit et disparut de suite.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? » Murmura Derek, sans rebondir sur sa blessure qui n'était déjà plus et qu'il s'expliquait.
« Je deviens fou. »
« Mais non. Ça fait longtemps que tu l'es. Je pense même que je t'ai toujours connu comme ça. » Peter leva les yeux. La tête entre les mains c'est vrai qu'il n'avait pas l'air bien. « Et pourquoi tu penses l'être devenu ? »
« J'ai. Je sais pas. » Murmure. Aveu. « Mais j'ai pas l'impression d'aller bien. »
« On est pas fou juste parce qu'on va mal. » Assura son neveu, allant prendre place à sa gauche. « Et tu as de quoi ne pas aller bien, Peter... tu as pris une balle pour moi. »
Deux, songea l'autre.
« Ils comptaient te tuer. » Chuchota Peter, tournant la tête vers son cadet. « Et m'embarquer pour me faire parler. » Son visage se retourna vers la porte et ses yeux se fermèrent deux secondes. « Tuer le plus fort. Prendre le plus faible. Ils l'ont dit. Puis ils m'ont reconnu. »
Derek plissa les yeux. S'arrêta. Quoi ?
« Reconnu ? »
La salle d'eau n'était pas bien grande. Une troisième personne aurait du mal à venir prendre place auprès d'eux. La jambe gauche pliée, ramenée à lui, la droite tendue à travers la pièce, le dos contre la baignoire, la tête de Peter bascula vers l'arrière pour aller se poser sur le bord de cette dernière. Le visage légèrement tourné vers Derek, il ne le regardait pas. Parrish n'était pas un as du ménage, une toile d'araignée se trouvait dans le coin opposé.
« Ils ont tué mes parents. »
Le fils de Talia Hale comprit d'office l'autre partie. Il aurait aimé que ça ne soit pas aussi clair, pour lui, qui n'était qu'un gosse à l'époque. Ça l'était. C'était limpide. Évident. La fameuse partie avait plus d'impact encore que les cinq mots chuchotés d'un air absent. Le fragment tu fut celui qui le fit réagir et grogner. « Ce sont eux qui m'ont presque tué, à l'époque ».
Juste derrière, à l'écoute depuis le début, Stiles se rongeait l'ongle du pouce, nerveux. Heureux aussi. Surtout nerveux. Il se disait que, au moins, Peter acceptait enfin de parler de ce qui s'était passé. Il s'ouvrait à Derek. C'était le choix le plus logique. Le loup était son neveu, celui avec qui il avait grandi, celui qui comprenait les non-dits et les sous-entendus d'un passé trop souvent passé sous silence.
« Ils t'avaient reconnu dans la forêt, ou... »
« Non. Ils m'ont identifié comme un Hale plus tard. » Peter soupira. « Quand j'ai fais mon malin et annoncé que j'étais un Hale, d'ailleurs. » Derek sourit. Ça ne l'étonnait pas. Avait-on jamais su faire taire Peter ? « Ils pensaient que j'étais mort depuis longtemps. » L'aîné ricana. « Je le suis. Mort. Techniquement. »
« Et tu es aussi en vie, techniquement. » Rebondit Derek. « Tu as toujours aimé compliquer les choses. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et embrouiller tout le monde. »
« Seuls les imbéciles sont embrouillés. »
« Comme si. Tu embrouilles tout le monde. »
L'autre Hale haussa les épaules. « Les imbéciles abondent, que veux-tu. »
Le sujet déviait à mesure que l'humain, qui espionnait, curieux et concerné, s'éloignait pour les laisser un peu seuls. Il manqua la tête tatouée qui apparut à la fenêtre pour, à son tour, observer et écouter ce qui se disait. Jordan, quant à lui, avait déjà tourné les talons. Il avait compris plus vite que Peter et Derek seraient mieux seuls, sans témoins. Dans le salon, il avait relancé son film qu'il suivait avait moins d'attention encore que tantôt – si c'eut été possible.
« Tu leur as parlé des corps ? »
« Vite fait, ouais... après, Scott a encore fait son Alpha de... pff... il me fatigue. » Grogna Stiles en s'asseyant sur un fauteuil. « Il comprend pas qu'on fait des efforts, qu'on est pas son ennemi, au contraire. »
« Vous... Peter pourrait aller voir Satomi, non ? Elle avait l'air prête à l'accepter dans sa nouvelle meute malgré ses... antécédents. » »
Stiles hocha la tête.
« J'ai jamais pigé pourquoi Satomi l'appréciait et se souciait autant de lui alors qu'ils ont rien à voir l'un avec l'autre. »
o o o
Le départ précipité de Stiles et Derek n'avait pas apaisé les esprits. Loin de là. Deux groupes s'étaient formés, chez les McCall, et débattaient sans relâcher. Se disputaient sans hausser le ton – ce qui était déjà un net progrès. Il y avait ceux qui estimaient que Scott avait tort de réagir ainsi, que ce soit cette fois-ci ou en général... et les autres. Les uns étaient nettement majoritaires par rapport aux seconds. Seuls Malia et Mason donnaient un tant soit peu l'impression de défendre l'Alpha et comprendre la méfiance qu'il pouvait avoir vis-à-vis du couple. Même Liam le regardait d'un air « J'suis désolé mais je suis pas avec toi, sur ce coup-là, mon pote ».
« Chérie ? » Murmura Scott, comprenant que Kira ne l'approuvait pas, elle non plus.
« Non, Scott. Non. » Souffla la Kitsune, désolée. « Tu n'aurais pas... tu n'aurais pas dû faire ça. Dire ça. Agir comme ça. Stiles et Peter font partie de la meute, au même titre que n'importe lequel d'entre nous. Ils nous aident, s'impliquent autant que nous et tu n'as de cesse de les considérer comme des sous-membres. On parle de Stiles, là... »
« Kira... »
Lydia roula des yeux. La petite moue de chiot battu que Scott essayait de faire à son épouse pour s'attirer sa sympathie l'exaspérait. Elle fut soulagée de voir que son amie ne se laissait pas avoir aussi facilement... quand bien même Stiles et Peter furent-ils au centre de la discussion et Scott doué pour avoir l'air adorable et repentant.
« J'suis désolé, mec. » Isaac avait un sourire contrit. « Mais il s'est fait tirer dessus. Ils l'ont embarqué. Ils... ils l'ont torturé, bon sang ! À leur place, je viendrais même plus aux réunions avant... un moment. Un sacré moment, vu comment tu les traites. »
La Kitsune ne parlait plus, ne reprochait plus si ce n'était par son air froid et fermé et par ses bras croisés sur sa poitrine. Les silences de la jeune femme étaient pires que ses paroles. On craignait Lydia lorsqu'elle parlait ; on craignait Kira quand elle se taisait. Trop peu le savaient. Ou, alors, peut-être que Scott était seul dans ce cas. Les yeux de chiots quittèrent Kira et allèrent se poser sur Isaac. Depuis le départ, le loup-garou n'était pas souvent intervenu. Il était celui qui semblait le plus indécis quant au côté qu'il choisirait.
« Il se passe quelque chose. » Assura le Bêta, les mains dans les poches. « J'pense qu'on est tous d'accords là-dessus, il se passe un truc. Mais les brusquer comme ça... ça doit être une bonne idée que pour toi, Scottie. » Il avait un sourire en coin et secouait la tête. « Non seulement c'est pas comme ça qu'ils viendront se confier à toi et te demander de l'aide mais, en plus, tu... » Isaac se passa une main dans le cou. Scott pouvait être un ami génial mais ça ne l'empêchait pas d'être un parfait abruti avec les amis en question... alors avec ceux qui ne l'étaient pas, ou plus ! « Accuser Stiles de cacher des informations ? Non mais sérieusement, Scott ? Sérieusement ? »
o o o
Derek ne savait pas quoi dire pour aider le loup-garou à ses côtés. Ses doigts s'agitaient et tapotaient sur le jean de son pantalon, mal à l'aise. Il savait que c'était à lui de trouver quelque chose et, si possible, les mots adéquats. Une parole maladroite, la spécialité du plus jeune, et c'en était fini ! Il ne se faisait pas d'illusion. Il marchait sur des œufs, là.
Alors que Peter avait fait la sourde oreille aux appels de Stiles, son oncle avait accepté de lui ouvrir. À lui. Pas à quelqu'un d'autre. À lui. À lui tout seul.
o o o
Peter grogna sitôt reprit-il conscience. À genoux dans la poussière, seul, dans une cave aussi sombre qu'humide – même les caves avaient droit à leurs clichés – les mains attachées à des câbles électriques, le loup-garou sentait le faible courant parcourir son corps en continu afin de l'empêcher de se transformer.
Il grogna encore une fois. Mal. Il avait mal. Son regard alla se poser sur son épaule, encore douloureuse. Heureusement qu'il n'avait pas mis une chemise et avait préféré un de ses habituels cols en V, Peter aurait eu l'impression d'étouffer, autrement. Son maillot, déchiré, était trempé de sang et la blessure certainement pas encore guérie. C'eut été trop beau !
Le loup s'étonna malgré tout. Tout n'était pas parfaitement normal, outre le fait qu'il était de nouveau le prisonnier d'une bande de chasseurs assurément un peu trop zélés – ils ne pouvaient pas faire comme tout le monde et se contenter de le tuer, franchement ? La douleur à son épaule était moins lancinante que précédemment. La dose d'aconit, et sa variété plus encore, auraient déjà dû lui être fatale.
« La belle au bois dormant se réveille enfin ? » Ricana un chasseur en descendant, sans se presser, les escaliers. « Tu aurais dû reprendre connaissance plus tôt. »
« Désolé. » Siffla Peter. « Mais vous m'avez empoisonné avec une sacrée dose. »
L'autre homme eut un sourire.
« On se connaît, non ? » Demanda le loup-garou. Cette impression de déjà-vu ne le quittait plus depuis la forêt. « Remarquez... tous les cons se ressemblent... et j'en ai vu un certain nombre. Ça doit être ça. »
Pas de réponse. L'humain, avec un inquiétant sourire, opta pour quelque chose d'autre. À la place, il préféra mettre à mal les quelques mètres qui les séparaient encore et s'abaissa. Toujours sans un mot, sans chercher non plus à ne pas se montrer trop brusque dans ses mouvements, il tourna la tête de Peter pour le faire regarder dans la direction opposée et examina la blessure.
Comme Peter s'y attendait, et l'avait d'ailleurs compris quelques minutes avant son vis-à-vis, la plaie n'était toujours pas guérie. Son épaule avait toujours piètre allure, en plus d'être douloureuse. Le chasseur s'en étonna.
« Avec ce qu'on t'a donné, il ne devrait plus rien y avoir. » Annonça-t-il d'une voix bourrue. « Ça devrait être guéri. »
Le lycan ricana.
« Et bah non. J'aime bien prendre mon temps. »
L'autre individu soupira. De sa botte, il sortit un petit canif et, silencieux, appliqué, alla entailler la joue de son prisonnier.
« Non mais ça va pas ! » Peter pestait. « Faut pas vous gêner, surtout. »
En guise de réponse, cette fois-ci, on le tua du regard. On lui intimait de se taire. « Cours toujours, mon lapin » ricanait Peter. L'humain face à lui n'était pas particulièrement bavard. Génial. On croirait avoir un Derek version chasseur sous les yeux, c'était bien sa veine, ça. Le regard du tueur de loup-garou fixait la blessure infligée à son prisonnier. La joue ne guérissait pas. Le sang coulait tout du long, continuait dans son cou et ne s'arrêtait qu'une fois l'encolure en V atteinte. Ce n'était pas normal.
« Tu es hu- »
« On a pas élevé les gorets ensemble, vous permettez ? » Ronchonna Peter, habitué à sa lente guérison inexpliquée. « Et non, je ne suis pas humain, bon sang. C'est quoi cette question à la con, encore ? »
Le chasseur resté en haut des marches tandis que son ami descendait rencontrer leur prisonnier leva les yeux, agacé. Il le préférait dans les vapes, celui-ci. Sa voix lui tapait sur le système. Il avait envie de descendre les treize marches, sortir l'arme qu'il avait glissé à la ceinture de son pantalon et de lui mettre une balle entre les deux yeux. Hop. Affaire réglée, loup suivant.
« Ton nom. » Exigea-t-on.
Peter haussa un sourcil. Un coin de ses lèvres se retroussa. L'humain commençait à perdre patience, on dirait.
« Ton. Nom. » Répéta-t-il, plus lentement.
« Ce n'est pas en parlant plus lentement et avec un air passablement excédé que je me montrerai plus coopératif. » Le loup-garou souriait, heureux d'encore être en mesure d'agacer son monde. « Hale. »
Le chasseur ne manqua pas réagir. Il tressaillit, son précieux couteau toujours entre les doigts. Il craignait la suite. Une des rares fois de sa – longue – vie de chasseur où il craignait ce qui allait suivre, d'ailleurs, et où il avait peur de connaître l'identité de sa nouvelle prochaine victime. Si ses craintes étaient fondées, ça expliquerait le comportement sur-protecteur de l'autre loup.
« Hale comment ?
« Hale-oooo. »
Il allait le tuer. Tant pis pour son prénom. Tant pis aussi pour toutes les informations qu'ils auraient pu lui arracher en titillant, d'une main de maître, les cordes sensibles et en cherchant, sans relâche, à franchir le seuil de douleur maximum que le Hale pouvait supporter. Tant pis pour tout ! Le chasseur n'aillait pas supporter longtemps d'avoir affaire à pareil inconscient.
« Peter. »
« Hale. »
« Non. Jackson. » Le lycan roula des yeux. « Et c'est tout ce que vous obtiendrez de moi car, ça, vous étiez supposé déjà le savoir, si vous saviez bien mener l'enquête et cherchiez à connaître ceux que vous chassez. »
Hébété, sur les fesses, sidéré au possible, l'humain se passa une main sur le front, son annulaire allant gratter un petit bouton à la racine des cheveux. Il soupira. Sans un mot, sans un coup ou coupures supplémentaires non plus, le chasseur se releva et tourna les talons.
« Mitch ? Qu'est-ce qui... » Interrogea le guetteur qui ne comprenait pas la réaction.
« J'ai besoin de vérifier quelque chose. »
« Vérifier quoi ? »
« Quelque chose. »
« Vous pensez que je vous baratine et donne un faux nom ? » Comprit Peter, le nez retroussé. Il regardait son ex-locuteur comme s'il était un parfait crétin... ce qu'il ne pouvait qu'être, somme toute, puisqu'il n'avait pas songé à enquêter sur la meute qu'il poursuivait. « Bon sang, mais vous vous êtes pas du tout renseigné avant de venir nous tuer ou quoi ? »
Au milieu des escaliers, le-dit Mitch se tourna vers Peter, l'air grave.
« Peter Hale est mort. »
« Oui. Je suis mort. Mais plus maintenant. » Ronchonna le loup-garou entre ses dents, alors que la porte de la cave se refermait sans qu'on l'ait entendu.
o o o
Sans faire de gestes brusques, il ne s'agissait pas de le surprendre, Derek attrapa le poignet de son oncle et chercha à le débarrasser de sa douleur. Peter n'avait plus l'air d'avoir du mal avec ses doigts, il recommençait à les plier et les bouger, mais s'agrippait maintenant l'épaule. Le geste ne manqua pas de faire grincer des dents Derek qui se rappelait que c'était celle qui avait été touché lors de sa capture. Il avait pourtant cru que c'était terminé, tout ça. Que c'était derrière eux. Que seuls restaient les souvenirs désagréables.
« Peter, j'ai besoin de savoir ce qui se passe. »
Pas de réponse. Il n'avait pas espéré en obtenir une.
o o o
« Peter Hale, c'est bien ça. »
« Ravi d'apprendre que je connais encore mes noms et prénoms. »
Les hostilités démarrèrent de suite. Que les banalités d'usage aillent au diable ! Chasseur et loup-garou savaient s'en passer lorsqu'ils se parlaient. Ils s'entre-tuaient, oui, mais sans hypocrisie, merci. Peter ne comptait pas rester assis, bien sagement, sans rien faire et sans rien dire... surtout s'il s'agissait d'agacer l'homme qui prévoyait, à terme, de le tuer.
« Ça fait quel effet de tuer sa famille ? »
Peter grinça des dents. Pour un coup bas, c'était un sacré coup bas qu'on lui portait là. Encore un comme ça et il finissait KO. Ce fut son tour, cette fois, de privilégier le silence à la parole. Le sujet devenait de plus en plus douloureux à mesure que les années passaient. Les chasseurs s'en moquent, pour sûr !
« Devenir un monstre pour survivre ? Je pensais qu'on avait dépassé ce stade et que tu valais mieux que ça... »
« Allez vous faire voir. » Il ne comprenait pas les délires de l'humain.
« Comment ? »
« Allez cordialement... vous faire voir. » Répéta le lycan, plus lent, avant de sourire. « Vous voulez peut-être que je parle encore plus lentement ? Un assassin professionnel, ça doit être un peu idiot, non ? »
Le chasseur – Mitch – fut amusé plus qu'agacé. Il regarda, encore une fois, vers l'épaule du loup prisonnier. Elle n'était toujours pas guérie. Alors, certes, le courant ralentissait la guérison des lycanthropes mais l'épaule, au même titre que la joue, devrait aujourd'hui être indemne.
« Si tu es humain, dis-le tout de suite. On arrêtera le courant. »
Peter fronça les sourcils. À force de le faire, il allait finir par rester bloqué comme ça. Cette fixette faite sur son lui-humain le perturbait en bien des points. Les Calaveras n'avaient pas autant fait cas de son cas. Loups-garous, humains, qu'importait, il fricotait dans les deux cas avec l'ennemi.
« Nope. Touj- » Il s'arrêta. Mauvais calcul de sa part. « Comme si j'allais vous croire. Vous vous moquez bien que je sois humain, au fond. »
« Peter. »
« Vous me tirez dessus. Me coupez la joue comme de rien... et vous me pensez suffisamment bête pour vous croire lorsque vous me dites que vous couperez le courant ? » Peter ricana jaune. « Je suis avocat, crétin. Je sais quand on me ment. Du moins, la plupart du temps. Je suis faillible, comme tout être humain. »
Le chasseur le considérait, sans mot dire.
« Si tu es humain, je coupe le courant et nous parlerons calmement. »
« Je suis humain. » Assura Peter, sans ciller. Il n'allait pas dire non pour un peu de répit... et puis c'était vrai, qu'il l'était, juste pas totalement.
o o o
Stiles ne voudrait rien dire... mais il commençait à trouver le temps long. Très long. Beaucoup trop long pour quelqu'un de très peu patient au naturel. Inquiet, l'humain voulait aller s'assurer que tout allait bien ; ce qu'il n'avait pas encore eu le loisir de faire puisque Peter n'avait pas voulu de lui à ses côtés. Stiles voulait vérifier que le loup-garou n'était pas blessé, contrairement aux craintes de Parrish. Pas flippé. Mais ça ne servait à rien d'aller vérifier car Derek gérait, non ?
« Tu crois qu'on trouvera la créature qui a fait ça avant qu'on ait d'autres corps sur les bras ? » Jordan était devin, c'était pas possible autrement.
« Honnêtement ? » Souffla Stiles, se renfonçant dans son siège et se détournant du couloir. « Non, je crois pas. On a pas encore suffisamment d'éléments... et on ne sait pas à quelle fréquence on va retrouver les victimes. On sait rien, là. C'est ça le pire. Ne rien savoir. »
Pas sûr qu'ils parlent bel et bien de la même chose.
o o o
Comme promis, et ça l'étonna, le courant fut arrêté. On alla même jusqu'à lui délier les mains et lui tendre une petite bouteille d'eau que Peter s'empressa de vider. « Trop facile » jubilait le loup, qui s'imaginait déjà fausser compagnie à toute la clique et partir retrouver la meute le plus tôt possible. Pas tout de suite, par contre. Non. Ils se méfiaient encore trop. Dans une paire d'heures, en revanche, une fois qu'il aurait bien endormi leur méfiance...
Pour la première fois de ses deux vies, Peter fut heureux de ses problèmes de guérison.
« Parle-nous de la meute McCall. »
« C'est une meute... qui s'appelle McCall. » Sourit-il. « Vous croyez qu'il y a un lien de parenté entre le McCall qui a donné son nom à la meute McCall et le Rafael McCall qui bosse au FBI et qui était venu enquêter à Beacon Hills il y a quelques années ? »
Peter vit avec plaisir le chasseur déglutir. Ce dernier ne savait pas si lien il y avait réellement, mais doute y était, dorénavant. Et d'ici à ce qu'il ait vérifié qu'un agent McCall – Rafael de surcroît – travaillait bel à bien pour Quantico depuis quelques décennies... et cette partie était pour ainsi dire gagnée.
« Tu te crois malin, hein ? »
« Je suis malin. »
« Tu crois que, parce que tu es humain, tu es hors de danger ? Tu es un humain dans une meute, je serais juste un peu plus gentil que si tu étais un loup. »
Peter haussa haut, très haut, les sourcils. Ses doigts frottaient ses poignets endoloris, plus dans un réflexe humain que par nécessité.
« Vous avez déjà fait ça ? Torturer un humain ? »
Mitch sourit. Sa réponse ne faisait aucun doute.
« Un humain fils d'Alphas. » Expliqua-t-il. Il n'avait pas besoin d'en dire autant, mais préciser qu'il s'en était pris à un fils d'Alphas et qu'il était encore en vie aujourd'hui pour s'en vanter n'était pas rien. « Il n'était pas en très bon état, suite à ça. Je me suis demandé pendant des années s'il avait survécu. »
« Et ? Vous... vous savez ? »
Malgré ses actes passés et les chasseurs croisés ; les personnes qu'il avait lui-même tuées et les pertes subies, Peter trouvait que Mitch faisait froid dans le dos.
« Il a survécu. »
Soulagement.
« Et vous... vous en êtes satisfait ou... ? » Oui. Peter aimait se faire du mal en posant les questions qui fâchent. « Pas. »
« Honnêtement ? » Demanda Mitch avant de hausser les épaules, l'air de rien. « Je m'en fiche. Le gamin était intelligent mais l'ouvrait un peu trop, si tu veux mon avis. »
Derrière chaque mot qui sortait de la bouche du chasseur semblait se cacher un sous-entendu aussi subtile qu'un éléphant caché sous une chaussure. Comme une private joke à laquelle Peter était supposé adhérer... mais qu'il ne comprenait pas.
Fin du dix-huitième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez d'Ents nuagivore ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le dix-neuvième chapitre, Bouleversements.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
La personne (les personnes) qui trouvera(ront) le nom de la créature concernée avant que son nom soit révélé (dans une paire de chapitres) pourra (pourront) me donner le prompt de son (leur) choix (personnages ; situations générales ; phrases ou mots à caser etc.)
Skayt
