Chapitre 35 : L'amie du petit pote Potter
Il fut surprit de la voir là devant lui. Il ne s'y attendait pas. Et pourtant il aurait pu s'en douter. Il était Préfet-en-chef, oui, mais il n'était pas seul. Il y avait son homologue féminin. Il y avait Hermione. C'est à ce moment là qu'il réalisa totalement l'ampleur de ses actes. Il faisait tout pour l'éviter depuis la veille mais cela ne pouvait durer comme ça, ils devaient travailler ensemble. Ils seraient obligés de se faire face comme ils le faisaient maintenant. Avec toute cette histoire, il avait vraiment détruit quelque chose …
Chacun continua d'avancer l'un vers l'autre tout en se jaugeant du regard. La confiance n'était plus là, elle était totalement inexistante. Une fois devant la porte du bureau, ils restèrent là un moment à se regarder sans bouger. Blaise savait qu'il devait dire quelque chose de blessant, quelque chose qui ferait croire un peu plus à Hermione ce mensonge absurde. Il le devait mais il ne pouvait pas. Il était sans voix. Elle était trop près de lui et il en était subjugué et choqué. Subjugué par sa beauté, celle qui l'avait séduit. Choqué par la pâleur de son visage et ses yeux cernés. Il le voyait, elle s'abimait la santé, pour lui et pour toute cette histoire. Ça la rongeait de l'intérieur mais malgré ça, elle le regardait la tête haute, sans détourner le regard. Avec cette position, elle le provoquait.
« Ose me dire quelque chose et tu verras »
Voilà ce qu'il lisait dans ses yeux quand il la voyait. Elle ressemblait un peu aux Serpentards, avec sa fierté et sa façon de mettre un masque pour cacher ses émotions. C'était un côté d'elle qu'il ne connaissait pas. Il se croyait capable de lire en elle mais la connaissait-il vraiment ? Il connaissait son corps. Ses yeux bruns et ses regards expressifs. Ses fossettes qui rougissent. Ses lèvres qui font ses si beaux sourires. Ses cheveux qui sentent si bon. Son visage si doux quand elle le regardait. Ses formes généreuse qui …
Oui tout ça il connaissait mais son « elle » intérieur ? Lui avait-elle vraiment montré ? Est-ce que l'impression qu'il avait était fausse ? Pour lui, c'était une femme forte mais si fragile en cet instant. Faux ou pas, celui lui donnait juste envie de la prendre dans ses bras.
Gênée par son regard insistant, Hermione toussota. Cela eut l'effet d'une douche froide sur le Serpentard. Qu'est-ce qu'il pouvait se détester quand il avait ce genre de digression. Elle le rendait faible et il n'aimait pas ça, mais vraiment pas. Il se détourna brusquement vers la porte pour échapper à ses yeux si particuliers. La Gryffondor eut la même pensée et c'est donc ensemble qu'ils toquèrent au bureau du professeur de Métamorphose. Mais avant qu'ils puissent toucher le bois, leurs mains se frôlèrent. Ce fut comme un électrochoc. Tout deux reculèrent d'un pas, brûlés par ce contact pourtant si doux et chaud mais surtout brûlés par leur souvenirs qui refaisaient surface.
- Tu ne peux pas faire attention ! cracha-t-il pour cacher son trouble, il était vraiment énervé.
Hermione allait répondre quand le bureau s'ouvrit de lui-même. McGonagall se tenait dans l'embrasure de la porte, en les observant de son regard sévère.
- Entrez, dit-elle en pénétrant dans la pièce.
La brune en profita pour s'y faufiler et s'éloigner de son ex petit-ami.
Une fois tous les deux assis, ils attendirent en silence que leur sous directrice veuille bien dire le pourquoi du comment de leur présence.
- Je vous ai convoqué, comme vous pouvez vous en douter, pour faire une petite mise au point sur vos responsabilités.
Hermione ne pu retenir un petit soupire de soulagement car toutes ses hypothèses, pire les unes que les autres, étaient fausses. Cela tira un sourire à la femme d'habitude très sérieuse.
- Vous n'avez rien fait de mal miss Granger, la rassura-t-elle.
La Gryffondor hocha la tête et eut un pincement au cœur de laisser croire ça à son professeur préféré. Cette dame avait confiance en elle et Hermione avait l'impression de la trahir. Elle se sentait cerner. D'un côté elle voulait lui dire qu'elle se trompait. Mais de l'autre, si elle disait ça elle devrait aussi raconter l'histoire qu'elle avait vécue avec l'homme assis à ses côtés. Donc oui, elle n'avait rien fait de mal sauf aimer la mauvaise personne.
- Avez-vous rencontré des problèmes depuis le début de l'année ?
- Non professeur, quelques élèves hors de leur dortoir mais rien d'inhabituel, répondit Hermione.
- Ni au retour des vacances ?
- Non plus, nous n'avons rien remarqué d'insolite, pourquoi y a-t-il un problème ? demanda Blaise.
Hermione frissonna en attendant sa voix, cette voix sans reproche et sans haine. Elle lui manquait tant.
- Non monsieur Zabini, c'était juste pour me tenir au courant. Donc vous pouvez y aller sauf vous miss.
Cette fois-ci la brune sentit sa respiration se bloquer. Savait-elle quelque chose, pour qu'elle soit dans le besoin de discuter seule à seule avec elle ? Elle n'osa pas regarder le Serpentard de peur d'y voir de la menace dans son regard. Menace qu'elle savait être présente. Elle fixa alors sa directrice de maison jusqu'à ce qu'elle entende la porte se refermer derrière l'homme qu'elle aimait.
- Je tiens à vous féliciter miss Granger. Tous les professeurs et moi-même avons encore observé des progrès dans votre travail et avec cela une augmentation du nombre de point de notre maison alors je ne peux que vous féliciter.
- Merci professeur, je …
- Oui je sais mais avec tout ce qu'il se passe en ce moment, le poids doit être énorme. Vous êtes la meilleure amie de Harry Potter en plus d'être la meilleure élève de Poudlard. Vous avez un sacré courage pour tout mener de front comme vous le faite.
Ce fut trop pour Hermione d'entendre ça. Les larmes coulèrent toutes seules sans qu'elle puisse les retenir. Minerva McGonagall avait toujours été son modèle et l'entendre lui faire des éloges alors qu'elle ne les méritait pas la touchait énormément. Elle devrait être contente mais elle ne l'était pas pleinement. Pourquoi était-elle sortie avec Blaise Zabini ? Pourquoi avait-elle tout gâché en faisant ça, même l'estime qu'elle avait d'elle ?
- Ne pleurez pas miss, je le pense vraiment.
- Justement …merci beaucoup professeur, ça me touche.
- Oui je vois ça, répondit-elle avec un sourire attendrit.
- Puis-je …? demanda la Gryffondor en montrant la porte.
- Bien sur, c'est tout ce que j'avais à vous dire.
- A plus tard.
Hermione s'essuya les yeux puis quitta le bureau. Elle ne pleurait pas souvent mais là c'était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase et qui nouait encore plus son estomac. C'était trop pour elle. Il y avait beaucoup trop de« trop ». Trop de bonheur, puis trop de malheur et de tristesse, et pour finir trop de mensonge. Aux yeux de tous, elle était elle, tout simplement Hermione, Hermione Granger pour toujours, la fille qui ne change pas. Mais au fond d'elle tout avait changé. Elle ne contrôlait plus rien du tout. Elle aimait une personne qu'il ne fallait pas et qui ne voulait plus d'elle. Elle mentait à longueur de journée, sur sa vie ainsi que sur sa santé. Tout ça la touchait beaucoup trop. Sa mère, lui aurait dit que c'était la maladie d'amour. L'amour était censé rendre heureux pas malheureux, lui aurait-elle répondu malgré qu'elle n'avait plus dix ans. Elle avait dix-sept ans, elle savait que la vie était fausse et que tout ne correspondait pas à ce qu'on imaginait avant, dans nos rêve de petite fille. La guerre lui avait montré la monstruosité que pouvait avoir la vie envers les Hommes. Oui tout avait changé même si personne ne le voyait. Tout le monde avait changé.
Elle se dirigeait vers la bibliothèque quand une ombre lui barra le chemin. Elle était tellement dans ses pensées qu'elle ne reconnu pas tout de suite Blaise dans l'obscurité du couloir. Mais quand elle vit ses traits singuliers, elle sursauta et recula le plus possible.
- Je t'ai fait peur ? demanda-t-il d'un ton moqueur.
Hermione le regarda sans répondre. Elle n'allait pas lui avouer que oui elle avait bien eut peur de lui. Voyant qu'elle ne répondrait pas, il continua.
- Tu lui as dit quelque chose ?
- Oh monsieur Zabini a peur de ce que je pourrais dire ? Ça t'embêterait bien que je dise quelque chose, dit-elle d'un ton hautain en se rapprochant de lui.
- Ne fais pas ta maligne. Ça nous ferait du tord à tous les deux.
- Ah parce que tu crois que je ne le sais pas ? Je sais ce que j'ai à faire pour me protéger, ne t'inquiète pas, je suis une grande fille, cracha-t-elle doucement tout en s'approchant encore plus de lui. Maintenant si tu veux bien, j'ai une retenue à préparer, ajouta-t-elle en le contournant comme s'il n'était plus là.
Blaise la regarda s'éloigner en se sentant totalement impuissant. Il détestait qu'elle lui parle ainsi. C'était le cas pour tout le monde mais elle, il avait l'impression de l'avoir perdu pour de bon, qu'elle le détestait. Ça lui faisait mal. Mais lui ? Ne la détestait-il pas ? C'était un juste retour des choses. Il le méritait, il l'avait voulu.
oO0Oo
En revenant de sa retenue, Hermione se coucha sur son lit, prête à s'endormir toute habillée. Cette journée l'avait vidé bien plus que d'habitude. Elle était à bout de force. Des pas dans la salle commune ainsi que le son caractéristique du tableau de l'entrée lui rappelèrent ses responsabilités. Elle avait encore sa ronde à faire. Elle se releva à contrecœur et partie faire son rôle de Préfète-en-chef. Elle marcha dans les couloirs de l'école sans vraiment faire attention à ce qui l'entourait. Seule sa discrétion habituelle lui permit de mettre la main sur deux Poufsouffles qui avaient osé enfreindre le règlement en dépassant le couvre-feu. Autrement, ses pensées l'envahissaient et elle se battait pour les maintenir éloignées. Seule la nuit, dans le château, ne lui rappelait pas de bon souvenir. Du coup, au moindre bruit, elle sursautait alors que ce n'était qu'un tableau qui bougeait ou qui ronflait un peu trop fort. Elle avait prit l'habitude d'avoir Blaise à ses côtés, alors reprendre ses rondes toute seule ne la rassurait pas du tout. Elle ne se sentait pas en sécurité. Elle entendait encore les rires de Crabbe et Goyle alors que … Non. Il fallait qu'elle arrête d'y penser. Elle était seule d'accord mais il fallait qu'elle soit forte. Mais était-ce idiot de vouloir le Serpentard à ses côtés ? Elle ne connaissait pas la réponse et l'heure de la fin de sa ronde approchait enfin. Elle regarda enfin ce qu'il y avait autour d'elle et elle se rendit compte qu'elle était loin, totalement à l'opposé de son appartement. Pour rentrer dormir, elle devait traverser tout le château en sens inverse. Elle fit demi-tour mais elle décida de prendre un raccourci pour aller plus vite sauf qu'elle n'en connaissait pas beaucoup. Elle était au septième étage pas très loin du tableau de la grosse Dame. Elle se souvint que les garçons lui avaient parlé d'un passage derrière une tapisserie tout près de là où elle était, quand ils avaient trouvé Ginny en train d'embrasser Dean Thomas l'année passée. Elle trouva la tapisserie assez facilement et en un rien de temps elle se retrouva au deuxième étage. Son étage. Du coup, elle n'était plus tellement pressée, vu qu'elle était bientôt arrivée, alors elle marcha tranquillement.
- Tiens, tiens, mais qui voilà ? dit une voix espiègle dans son dos.
Elle sursauta et se tourna vers un petit homme au regard noir et méchant, avec une grande bouche, volant dans les airs. Peeves, l'esprit frappeur de Poudlard était devant elle.
- Oh mais c'est miss dents de lapin.
- Bonjour Peeves, répondit-elle poliment.
- Tu crois me flatter comme ça ?
- Euh … non, pas du tout.
- Car si c'est ça, c'est raté, dit-il avec un grand sourire avant d'ajouter : ELEVE HORS DU DORTOIR ! ELEVE HORS DU DORTOIR !
- Peeves arrête, je suis Hermione Granger !
- Oui je sais qui tu es. L'amie du petit pote Potter !
- Je suis préfète-en-chef !
- Et alors ? ELEVE HORS DU DORTOIR !
- Je viens de finir ma ronde, je rentrais à mon appartement.
- En utilisant un passage secret ?
- Bah oui, pour aller plus vite.
- C'est ça. ELEVE HORS DU DORTOIR !
Cela énerva beaucoup la Gryffondor qu'il ne veuille pas l'écouter et sa tête lui tournait. Elle s'appuya contre le mur pour se maintenir droite afin d'avoir une certaine contenance. Elle venait de se souvenir ce qu'avait dit Percy lors de son arrivée à Poudlard en première année. Elle avait la même place que lui aujourd'hui.
- Peeves ! Si tu n'arrêtes pas ça tout de suite je vais prévenir le Baron Sanglant.
Le fantôme s'arrêta tout de suite de crier et s'immobilisa dans un de ses loopings. Doucement, il s'approcha d'elle le regard suspicieux.
- Tu es une Gryffondor pourquoi t'écouterait-il ?
- Je te l'ai dit, je suis préfète-en-chef.
Des bruits de pas se firent soudain entendre ainsi que des miaulements. Rusard arrivait accompagné de miss Teigne comme toujours. Dans la panique, elle avait rompu le contact visuel avec l'esprit frappeur et celui-ci s'éloigna un peu avec un sourire plus que malveillant.
- Je ne te crois pas !
- Mais …
- Pourquoi serais-tu inquiète si tu étais dans ton droit ? ELEVE HORS DU DORTOIR !
Hermione soupira, elle ne savait pas quoi faire pour le raisonner et puis maintenant que le concierge était averti par les cris, elle n'avait plus vraiment le temps pour ça. Elle ne voulait pas qu'il la voie, car lui non plus ne la croirait pas et il l'emmènerait voir le professeur McGonagall. Elle ne voulait pas la déranger à cette heure-ci pour rien, elle décida alors de courir en sens inverse. Son appartement n'était plus très loin. Elle entendait au loin Peeves chanter une chanson absurde comme à chaque fois.
Elle court se cacher « dent de lapin ».
Ce n'est pas très malin,
car Peevy sait tout de ses déplacements clandestins.
Heureusement, au bout d'un moment elle n'entendit plus rien, personne ne l'avait suivit. Mais elle ne s'arrêta pas pour autant de courir. Elle était tellement énervée que courir lui faisait du bien. Le tableau de son appartement apparu devant elle et elle ralentit enfin le pas. Elle marcha les quelques mètres totalement essoufflée. Elle se tint au mur pour reprendre son souffle, afin de dire le mot de passe. Mais elle ne pu le dire. Son esprit se fit soudain lourd, sa tête lui tourna puis elle finit par s'écrouler au sol, évanouie.
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
