Hello, hello,
Cette semaine, pas de passages en italiques (ça va, ça vient)
Un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (et des autres, et de tout le reste) !
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 20 - Confiance
Les heures étaient passées. Elles passaient toujours, les heures. Lentes et rapides à la fois, personne n'avait encore été en mesure de faire s'arrêter le temps. Peter avait donc eu l'occasion de ressasser le passé en long, en large et peut-être même en travers ; avait tourné, tel un fauve en cage, dans la chambre qu'il s'était payé pour la nuit – et les suivantes ? Il n'en savait rien. Un fauve ! Le terme « fauve » désigne, certes, les mammifères carnivores mais les félins sont les plus souvent concernés. Avait-il la tronche d'un félin ? Non. D'un canidé à la rigueur, mais d'un félin, quelle idée saugrenue !
Bien trop fier pour admettre qu'il avait peut-être – seulement peut-être – eu tort de réagir de la sorte et de quitter la maison, Peter n'avait pas essayé d'aller se coucher. À quoi bon ? Si c'était pour se réveiller deux heures plus tard, en nage sous les draps, paniqué et plus fatigué qu'auparavant, il n'en voyait pas l'intérêt... même en cherchant bien – chose qu'il n'avait pas faite. Son ordinateur portable sur les genoux, en tailleur sur le lit deux places de la chambre louée pour la nuit – même s'il pensait rester plus longtemps – le loup-garou commençait, enfin et pour de vrai, ses recherches sur ce qui frappait Beacon Hills, cette fois-ci.
Quand Stiles et lui s'étaient mis en route, en début d'après-midi, le premier avait déjà eu connaissance de ces informations depuis quelques heures. Il avait cependant préféré attendre de rencontrer le premier feu de signalisation – rouge à ce moment, en plus – pour mentionner à son compagnon les récents cadavres retrouvés.
L'humain avait semblé apprécier voir les sourcils du conducteur se froncer. Peter réfléchissait à toutes les entités qu'il connaissait et qui, tant qu'à faire, étaient susceptibles d'agir ainsi. Le reste du trajet avait été du genre animé. Peter citait, une à une, des créatures dont Stiles n'avait pas même connaissance de l'existence... et les éliminait tout aussi vite.
« Pas possible, ça. » Pesta le loup en ouvrant un nouvel onglet internet – encore un.
Comme il l'avait craint, et comme le pensait le reste de la meute, les éléments en leur possession étaient encore trop peu nombreux pour pouvoir sérieusement envisager une piste plutôt qu'une autre. Des monstres qui vidaient leurs victimes de leur sang et qui ne se souciaient ni du sexe ni de l'âge de leurs proies... ça ça ne courait pas les rues mais pas loin.
Peter allait d'un document à l'autre. Les bestiaires des Argent et des Hale y passaient, évidemment, mais aussi, et surtout, internet. Faute d'avoir accès à la bibliothèque surnaturelle originelle des Hale, c'était en ligne qu'ils trouvaient le plus d'informations, en règle générale. Où se terraient les créatures ? Leurs atouts dont il faudra se méfier – magie, télékinésie, vitesse... ? Leurs faiblesses – gros sel, aconit, pomme de terre flambées ? Comment en venir à bout ?
Le loup-garou notait, raturait, réécrivait par-dessus ses gribouilles sur le calepin posé à côté de lui, à quelques centimètres de sa cuisse. Pour une fois qu'il travaillait seul, il pouvait se permettre de travailler – aussi – sur papier, de mêler les deux supports. Il ne risquait pas de voir Stiles débarquer derrière lui, se pencher au-dessus de son épaule, et grimacer avant de commenter, l'air de ne rien dire mais n'en pensant pas moins, son écriture illisible ; l'agrémentant, de temps en temps, quand l'humeur lui en disait, d'un « t'es sûr de pas avoir fait médecine, toi, en fait ? ».
o o o
Le jour était tombé, la nuit était arrivée et, bien entendu, Peter n'était toujours pas revenu. Cette andouille à plumes n'allait pas changer d'avis aussi facilement ! Pas sans un bon coup de pieds dans le fessier ce qui, vu la distance, était inenvisageable pour le moment. Ce n'était que partie remise.
Depuis bien vingt minutes, Stiles tournait en rond dans le salon. Les rideaux grands ouverts, il s'était abstenu d'aller fermer les volets. À l'affût, il surveillait la rue. Il passait et repassait devant la fenêtre et son regard allait souvent se perdre au niveau de l'allée du garage où seule se trouvait la Jeep. Il espérait voir la Chrysler revenir. La voiture devait revenir, avec Peter au volant. Tant qu'à faire. C'était le loup-garou qui l'intéressait plus que la voiture, après tout.
Son téléphone portable dans la main droite, l'appareil n'avait de cesse de tourner et tourner – et parfois tomber – entre ses doigts. L'humain se refusait à poser l'objet sur la table basse devant laquelle il n'avait de cesse de passer. Ne serait-ce que le glisser dans la poche de son pantalon ou de son sweat rouge à capuche était une idée un peu folle, pour Stiles, alors même que le smartphone lui restait accessible en un rien de temps s'il venait à sonner.
C'était ça le problème ; ou un des problèmes, c'était pareil. Stiles désespérait d'un coup de fil. Il n'en aurait pas. Peter n'appellerait pas ; ne l'appellerait pas. Peter avait dit qu'il reviendrait, pas qu'il téléphonerait alors qu'il lui en voulait. Peter avait dit qu'il reviendrait « il ne savait pas quand ». C'était vague, ça, mine de rien, comme réponse. Le loup pouvait très bien ne jamais revenir. Volontairement ou non.
« Y a intérêt à y avoir un cadavre dans ton jardin. Non. Dans ton lit ! » Grogna celui à qui l'hyperactif avait finalement, après de longues hésitations et un débat passionné avec lui même, décidé de téléphoner malgré l'heure tardive et la petite aiguille qui s'approchait, lentement mais sûrement, du chiffre deux. « Tu as vu l'heure, Stiles ? »
« Peter est parti. »
Son interlocuteur mit quelques instants à percuter ce qu'on venait de dire et à enregistrer l'information. Il était passé une heure, il fallait l'excuser.
« Parti ? Peter ? »
« Oui. » Souffla simplement Stiles.
« Qu'est-ce que tu as fait ? »
L'appel ne durait même pas depuis deux minutes que Stiles avait déjà envie de raccrocher au nez et à la barbe de l'autre. Ce qui serait une très – vraiment très – mauvaise idée. On ne téléphonait pas à quelqu'un à une heure du matin pour lui raccrocher au nez une minute trente-sept secondes plus tard. Enfin, si, on le faisait, on pouvait le faire... si, et seulement si, on souhaitait mourir dans d'atroces souffrances. Stiles ne voulait pas mourir dans d'atroces souffrances. Pas ce soir, pas demain, jamais de préférence. Ce n'était pas dans ses projets d'avenir à court, moyen ou très long terme.
« On s'est disputés. »
« J'espère bien, ouais. S'il s'était barré après que vous vous soyez envoyés en l'air, j'aurais eu quelques questions à te poser. »
« Et t'as pas quelques questions à me poser, là, peut-être ? » Marmonna Stiles, agacé.
« Si. »
OK. D'accord. C'était officiel, Stiles détestait les Hale, quels qu'ils soient. Ces êtres infâmes avaient l'art et la manière de le prendre pour une gourde et se moquer de lui alors que la situation paraissait l'interdire. Quand Derek abandonnait son masque de grand vilain ronchon des bois, de Sourwolf mal luné – un comble pour un loup-garou – il savait se montrer aussi pénible que son oncle. Ou peut-être un peu moins, quand même, parce que Peter en tenait vraiment une sacrée couche.
« Qu'est-ce que vous vous êtes dit, Stiles ? » Soupira Derek, un peu plus alerte, ce qui se sentait même à travers le combiné. « Qu'est-ce que tu lui as dit ? »
« Il rêve des situations où il se sentait faible et s'imagine humain à chaque fois. J'ai peut-être un peu râlé à ce sujet. » Avoua l'humain, penaud. « Mais c'est vrai, quoi. Je sais que c'est un truc de garous, de penser que les humains sont tous faibles et des sortes de princesses en détresse, mais Peter et toi vous êtes quand même les champions, hein ! Et puis, toutes les princesses ne sont pas en détresse, y en a des carrément badass, mon cher. Et... j'aurais dû me taire, ouais. Je sais. J'ai pas réfléchi, sur le coup. J'l'ai compris que quand il est parti faire sa valise. »
Derek jura entre ses dents. Il insultait toutes les divinités qui lui passaient par la tête, qu'elles soient Grecques, Nordiques ou Aztèques. Stiles en oublia momentanément son inquiétude quand la déesse Miccapetlacalli fut mise sur le tapis. La pauvre n'avait rien demandé et la voilà réveillée pour rien.
« J'arrive Stiles. Bouge pas. »
« Tu arrives ? Pourquoi tu arrives ? »
« Pour retrouver mon crétin d'oncle, abruti. » Siffla Derek. « Tu as vu dans quel état il est ? Tu tiens vraiment à le laisser seul alors qu'il a l'impression de devenir fou et ne dort plus la nuit ? »
« Il mange plus. »
« Pardon ? »
« Il ne mange pratiquement plus non plus. Il saute des repas quand je suis là car il ne veut pas manger avec moi ; et quand je suis pas là il oublie de manger. Y a que quand il est avec Catherine qu'il mange correctement, j'ai l'impression. »
Le loup-garou, après avoir grogné quelques invocations à l'adresse d'Ometeotl, Thor et Hermès, avança l'idée de mettre la meilleure, et seule, amie de Peter dans la confidence. Il serait peut-être temps et ça leur faciliterait vraiment la vie, en plus. Si quelque chose venait à mal se passer au bureau, si Peter venait à perdre le contrôle, Catherine serait forcément dans les environs... mieux valait qu'elle sache à quoi s'attendre et, éventuellement, comment réagir et calmer le loup.
« Peter refuse de la mettre en danger en révélant ce qu'il est. » Rappela Stiles. « Alors on continue à rien dire. On, Derek. Donc toi aussi et tout le monde aussi, capiche ? »
« Peter est parti. »
Et ce n'était pas ça qui allait convaincre Stiles d'aller à l'encontre de la décision de Peter.
« Il reviendra. »
« Il pourrait ne pas le faire. »
Stiles se laissa tomber sur le canapé à ce moment-là. Les fesses au bord du siège, il jura entre ses dents. Il savait que Peter pouvait choisir de ne pas revenir, merci pour lui. Fuir ressemblait bien au loup-garou ; qui en avait les moyens, en plus. Laisser Derek le dire était d'une stupidité sans nom.
« Il reviendra. »
« Je ne suis pas si sûr, Stiles. » Insista Derek. « Peter a enfui de fuir et d'être seul. Il serait venu chez moi, sinon. S'il le voulait, il pourrait être en Europe demain midi que nous n'en saurions rien. » Il soupira. « Je sais que ce n'est pas ce que tu veux entendre mais tu dois l'entendre. »
« Dans deux jours tu me diras que Peter ne peut pas avoir quitté Beacon Hills car il a jamais quitté Beacon Hills. » Reprocha Stiles.
« Peut-être, oui. »
o o o
Derek n'était finalement pas passé. Stiles avait su se montrer suffisamment convaincant pour parvenir à le faire changer d'avis. Ça n'avait pas été une mince affaire. Loin de là. Si l'hyperactif avait cru l'homme difficile à vivre lors de leur première rencontre – et au cours des suivantes aussi, il ne faut pas se mentir – car taciturne, dépourvu de tout humour et borné comme un Stilinski... il avait fini par apprendre qu'être « borné comme un Hale » était une expression toute aussi correcte, à son grand désarroi. Après l'appel de l'humain, Derek était retourné dormir. Stiles aussi, sauf qu'il n'y retournait pas vraiment.
Allongé dans le salon, sur le ventre sur le canapé, Stiles se demandait comment Peter avait pu le préférer au lit. Confortable à souhait quand il s'agissait d'y comater devant un énième navet télévisé, il ne l'était plus dès lors où il était question d'y passer la nuit.
Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait seul à la maison ; ça ne serait pas la dernière non plus. Peter partait, pas régulièrement mais de temps en temps quand même, en voyage à travers le pays. En dehors parfois, aussi, pour satisfaire les lubies des plus gros clients du cabinet. Ça l'agaçait. Ces départs étaient parfois précipités. Ils semblaient se faire sur un coup de tête d'un tocard millionnaire... mais qui était Peter pour contrarier les désirs d'un de ces-dits tocards millionnaires qui lui permettaient de vivre plus que convenablement ?
« Reste chez toi aujourd'hui. On t'appellera si besoin de renfort. »
Le SMS que son père venait d'envoyer fit grincer des dents Stiles. Derek n'avait pas su tenir sa langue. Un comble, ça, tout de même, quand on connaissait l'énergumène ! Depuis quand le lycan se permettait-il ce genre de comportement ? Depuis la veille, au moins.
Si l'hyperactif doutait que Derek ait directement cherché à joindre John Stilinski, shérif de son état et presque beau-père de Peter – John était celui qui veillait à toujours ajouter ce presque en regardant le loup-garou droit dans les yeux – le Bêta avait en revanche dû contacter Parrish qui avait, lui, mis son supérieur au courant. Les joies de travailler avec son paternel, tiens.
« Non. Je viens. » Sa réponse était courte. Pas besoin d'en faire une tartine indigeste.
« Reste à la maison et retrouve-moi cet abruti-garou si tu ne veux pas que je le fasse moi-même et l'étripe au passage. » Son père savait, lui aussi, se montrer persuasif. N'est pas Stilinski qui veut et Stiles avait de qui tenir. Il n'avait pas le monopole de la chose. Non qu'il l'eut un jour cru. Difficile d'être le roi de la persuasion quand on connaît Lydia Martin et une belle ribambelle de loups-garous tous plus bornés les uns les autres – la palme revenant, sans conteste, aux deux loups de naissance.
« Papa... »
« Exécution. »
Bon et bien... exécution, alors. Il n'avait pas trop le choix.
o o o
Alan Deaton, vétérinaire le jour et émissaire le soir – et le jour aussi, en fait – était plongé dans les comptes du cabinet. Il leva prestement les yeux quand il entendit la clochette de l'entrée tinter. Il fut presque déçu d'y voir Derek, les mains dans les poches, avec sa tête des mauvais jours. À tous les coups, il y avait de nouveaux corps aux blessures mystérieuses – il ne dirait pas encore mais n'en pensait pas moins – un problème avec Peter ou un problème avec Stiles. C'était les trois seules raisons qui pouvaient faire venir le fils de Talia. Enfin, les trois seules auxquelles il pensait spontanément, s'entend.
« Faut qu'on parle. »
L'entrée en matière avait le mérite d'être on ne peut plus claire. Derek n'était pas ici parce qu'il s'ennuyait, seul chez lui, et avait décidé de passer au cabinet lire les affiches punaisées sur les murs. Las, alors qu'ils n'avaient même pas encore commencé à échanger, Deaton quitta son siège et ouvrit le loquet qui bloquait la porte. Les Hale défilaient, en ce moment, et l'émissaire n'était pas sûr de la marche à suivre.
Habitué à ce que ça se passe comme ça, Derek ne cilla pas quand tous les chats que le vétérinaire soignait actuellement se mirent à lui feuler et lui cracher dessus. Impassible, il laissa le vétérinaire aller fermer la porte pour que les malheureux félins n'aient plus à voir et sentir le grand méchant loup qu'il était.
« Que puis-je faire pour toi, Derek ? »
« Arrêtez vos conneries. Qu'est-ce qui se passe avec Peter ? »
« Derek... » Soupira Alan, levant les yeux au ciel.
« Y a pas de 'Derek' qui tiennent. Qu'est-ce qui se passe ? Je sais qu'il est passé, il y a quelques jours. Je veux savoir de quoi vous avez parlés. »
Bien que le ton ne soit pas des plus amicaux, Deaton ne se sentait pas menacé comme avec Peter. Derek avait toujours été plus fiable que son oncle. Tout le monde était plus fiable que Peter, il faut dire. Aujourd'hui, exceptionnellement, l'homme voyait vaciller cette conviction pourtant profondément ancrée en lui. Derek et Peter se ressemblaient peut-être plus qu'il n'y paraissait de prime abord. Ils s'étaient entendus, avant d'en venir à se détester. Et malgré les erreurs des uns et des autres, de Peter qui tuait Laura et de Derek qui tuait Peter ensuite, ils avaient su commencer à enterrer la hache de guerre.
Derek était comme tout un chacun. Il était humain. Avait ses forces et ses faiblesses. Ses forces étaient souvent ses faiblesses. Il s'inquiétait pour sa famille. Toujours. Enfant, adolescent, adulte, ça ne changeait pas. Peter était sa famille. La seule qui était restée à ses côtés. Cora s'était définitivement installée au Mexique et revenait juste pour les fêtes de Noël – elle n'arrivait jamais à convaincre son frère et son oncle de faire le déplacement alors il fallait bien qu'elle se dévoue... mais une fois l'an, pas plus.
« De la meute. »
Le loup-garou fut surpris.
« La meute ? Quelle meute ? »
« Les deux. »
C'était un sujet qui frisait les tabous. Peter évitait un maximum de parler de l'ancienne meute. Des Hale décimés comme de ceux qui s'étaient évaporés dans la nature ensuite sans se soucier des survivants. Les uns étaient morts, les autres avaient fait semblant de l'être et ne méritaient guère d'avoir sa considération.
« Et quoi d'autre ? »
Derek ne pouvait accepter l'idée que les deux hommes se soient contenter de mentionner les meutes passées et présentes et partager quelques anecdotes rigolotes. Peter n'irait jamais voir Deaton sans avoir une excellente raison derrière la tête ; et ressasser le passé n'en était clairement pas une. L'émissaire, bien sûr, ne répondit pas. Le lycan se dit que son oncle, face à ce silence, aurait ricané avant de grogner un « typique » amer.
« De l'humain. » Lança, l'air de rien, Derek. Deaton ne dirait rien tant qu'il ne serait pas au pied du mur.
Bingo. Le vétérinaire se tendit de manière sensible à ces deux seuls mots et regarda vers la sortie. Pas de chance pour lui, Derek se trouvait dans le passage et bloquait sa seule issue. Oh ! Alan n'avait pas eu l'intention de se mettre à courir, ni de faire une glissade en bonne et due forme pour passer entre les jambes d'un loup-garou qui le regarderait d'un air perplexe. Non. Il n'avait pas ce genre d'idées aussi folles qu'irréalisables. Deaton aimait juste ne pas avoir le sentiment d'être prisonnier dans son propre cabinet.
« Aussi. Oui. »
« Que lui avez-vous dit ? »
« Qu'il y avait un humain. » Avança, prudent, Deaton.
« Et, bien sûr, vous lui avez aussi dit de trouver qui il est, seul, car vous ne l'aiderez pas. »
« Oui. Et non. » Le regard du loup-garou se fit plus dur. « S'il veut une réponse, c'est effectivement à Peter de la trouver. Seul. Je lui ai cependant déconseillé de chercher à en avoir une. »
« Et ça c'était avant ou après lui avoir dit de chercher par lui-même ? » Siffla Derek, poings serrés. « Et vous ne pouviez pas vous taire, vous ? Vous savez pourtant que Peter est prompt à faire une fixation sur un événement particulier. Vous le savez ! Ça a toujours été comme ça. C'est d'ailleurs à cause de ça que Scott a été mordu. »
De l'autre côté, un nouveau diling, diling résonna. C'était la seconde fois en peu de temps. La seconde fois alors que le cabinet était supposé être fermé. Ni l'humain, ni le lycanthrope ne s'y intéressèrent.
« Peter est venu me poser des questions. J'y ai répondu. »
Derek ricana.
« Vous y avez répondu ? Si je demande à Peter, il me dira aussi que vous y avez répondu ou il recommencera à vouloir soudoyer Loki pour qu'il s'en prenne à vous ? »
« Il y a des choses que je ne peux pas dire, quand bien même le voudrais-je. »
« Heureusement que vous ne le souhaitez pas, alors. Ça vous évite d'être tiraillé entre deux pensées contraires. »
« Je ne peux pas, Derek. Ta mère était très claire, là-dessus. Je ne dois rien dire. Jamais. »
Le loup-garou secouait la tête, exaspéré.
« Ma mère était souvent très claire sur ce qu'elle voulait, oui. » Concéda-t-il. « Et une des choses qui lui importait le plus... c'était Peter. » Une main sur la poignée, Derek ne comptait pas s'attarder plus longtemps. Deaton était sûr de sa décision et ne lui dirait rien. « Est-ce que garder Peter sauf, au sacrifice de cette vieille promesse, serait vraiment un mal ? Pensez-y. »
Ce fut tout. Derek ne chercha pas à intimider Deaton comme l'aurait fait son oncle ; ne le noya pas sous les questions comme Stiles ; n'emprunta pas de chemins détournés pour le faire parler comme Lydia. Le lycanthrope acceptait l'idée de devoir chercher, et trouver, seul ce qui se passait. Il connaissait déjà une partie du problème et ne partait donc pas à l'aveugle. Alan avait confirmé que le problème « Humain Hale » était réel, fiable. Certainement même le nœud du problème, celui qui perturbait Peter au point qu'il ne sache plus quoi penser et perde de sa superbe – qui avait toujours paru être à toute épreuve.
Peter aimait tout connaître, tout savoir, tout comprendre. Il avait besoin de tout connaître, tout savoir, tout comprendre. C'était ce qui le rendait aussi bon dans les recherches à faire à chaque nouveau problème – ça et ses connaissances initiales bien plus conséquentes que celles de Lydia ou Stiles qui avaient embarqué tardivement dans le bateau du surnaturel. Peter ne se forçait pas à fouiner pour faire plaisir à la meute et espérer entrer dans les bonnes grâces de Scott. Il le faisait car il le voulait. Découvrir, d'une façon que Derek ne s'expliquait toujours pas, qu'un humain avait grandi au milieu de la meute et n'en avoir aucun souvenir ? Ça ne pouvait que lui déplaire.
« Bonjour Scott. » Grogna Derek en lui passant devant.
o o o
L'Alpha, sourcils froncés, le regarda passer et en oublia presque de retenir le Bêta. Quand, en arrivant, il n'avait pas vu Deaton derrière son comptoir, il s'était immédiatement inquiété. Deux cadavres de retrouvés et un émissaire qui abandonne sa paperasse alors qu'il s'acharnait dessus depuis le début de la journée, ça ne faisait pas bon ménage dans la tête de Scott qui avait, de suite, commencé à s'imaginer le pire. À tort, fort heureusement.
« Qu'est-ce qui se passe avec Alan ? Peter a réussi à te faire douter de lui, toi aussi ? »
Le regard de Derek se durcit.
« C'est avec ce genre de comportement et d'accusations, Scott, qu'une meute implose. Les Bêtas doivent avoir confiance en leur Alpha, je te l'accorde, mais l'Alpha doit être en mesure de se fier à ses Bêtas, aussi. Tant que tu douteras de Peter et Stiles, ne t'étonne surtout pas que rien aille. » Scott le regarda, étonné. Ce n'était pas ce qu'il avait demandé. « Satomi a toujours apprécié Peter, malgré son passif. Elle serait prête à l'accueillir dans sa meute s'il venait à lui demander. Si tu perds Peter, tu perds Stiles. Tu perds Stiles, tu perds Lydia. Tu perds tes trois préposés aux recherches... la meute est perdue. C'est un très mauvais calcul de ta part. »
« Je ne peux pas lui faire aveuglément confiance. »
« Bien sûr que si, tu peux. Stiles et moi le surveillons et tu le sais. » Sifflement réprobateur de la part de l'ex-Alpha. « Tu sais que ça ne va pas recommencer. Livré à lui-même, il ressasse le passé, mais Stiles est là. Ton. Meilleur. Ami. Est. Là. Et ça aussi tu devrais t'en rappeler. »
Scott était sur le point de faire flasher ses yeux et soumettre Derek. Trop. C'en était trop.
« Fais des efforts ! »
« Il a essayé de me tuer. Plusieurs fois. »
Comme si ça avait encore besoin d'être signalé. C'était assez régulièrement remis sur le tapis pour qu'il soit impossible, même avec beaucoup de bonne volonté, d'oublier les premières années.
« Alors contente-toi de faire des efforts quelques semaines. » Était-ce une supplique ? Ça y ressemblait, en tout cas. On ne dirait plus Derek qui parle. « C'est clairement pas le moment d'être autant sur son dos, Scott. »
« Maintenant, plus que jamais, c'est le moment d'être sur son dos et de veiller au grain. » Assura l'Alpha, tirant son Bêta jusqu'à l'extérieur du cabinet. Deaton n'avait pas à tout entendre. « Alors tu vas me dire tout ce qui se passe avec Peter et Stiles, puisqu'ils ne m'en parleront pas d'eux-mêmes. »
« Devine. » S'agaça Derek, se défaisant de la prise. « Un de tes Bêtas se fait enlever et torturer et tu l'accables plus que tu ne l'aides, Scott. Bon sang ! As-tu si peu appris des responsabilités qui incombent aux Alphas ? De l'importance de la meute, chez un loup ? Et, à plus forte raison encore, chez un loup de naissance ? » Il n'espérait pas de réponse. « On a grandi dans une meute, Scott. Une meute. Pas une famille. La dynamique y est radicalement différente. »
Les bras croisés, le jeune vétérinaire, Alpha à ses heures perdues – et pas que – à défaut d'être émissaire, écoutait les remontrances de son Bêta et plus ou moins bras droit. Derek ne lui apprenait rien. Scott n'arrivait juste pas à avoir confiance en Peter. À le croire quand il disait vouloir bien faire, s'intégrer au sein de la meute et ne pas faire de vague. Tout ce qu'il voulait, c'était ne pas être un Oméga.
« Ne demande pas à Peter de faire une croix sur ce qu'il a toujours connu. Toi-même tu ne le fais pas. »
« Mais je ne tue pas, moi. »
« Peut-être, mais tu avais prévu de le faire. » Rappela Derek. « Tu voulais tuer Peter. Tu m'en as voulu d'avoir tué un homme à terre. Mon oncle. »
Scott grogna. Un point pour lui.
« Et tu renies aussi celui que tu as toujours été. » Le Bêta avait un sourire en coin. « Tu te souviens ce que tu lui reprochais, il y a quelques années ? Outre le fait qu'il essaie toujours de te tuer. Parce que tu es devenu cette personne... que Stiles t'empêchait d'être, à l'époque. » Ses lèvres s'étirèrent un peu plus encore. « Maintenant c'est Peter. »
« Maintenant c'est Peter ? »
« Qui reprend contact avec l'humanité. Il reste très obtus sur certains points, j'en conviens, c'est Peter... va-t'en le faire changer d'avis. » Derek soupira. « Mais tu l'oublies, toi. Ce qu'être humain signifie. » C'était un constat plus qu'un reproche, ce qui rendait étrangement le tout plus difficile à admettre. « C'est ce qui faisait de toi un bon Alpha, Scott. Ton humanité. Il est regrettable que tu t'imagines aujourd'hui pouvoir t'en passer. » Scott resta silencieux. « Certes, ça t'a joué des tours. Tu faisais confiance à tout le monde, y compris aux mauvaises personnes... mais quelques mauvaises personnes ne doivent pas t'empêcher de faire confiance aux bonnes personnes. »
« Parce que Peter est une bonne personne, pour toi ? Réellement ? »
« Non. » Admit Derek du bout des lèvres. « Mais Stiles oui. »
« Qu- »
Ignorant les appels et questions de Scott, Derek partit. Un petit sourire satisfait aux lèvres, il espérait que ses mots n'étaient pas entrés dans l'oreille d'un sourd et que Scott leur accorderait le crédit requis. Rien était moins sûr... mais il pouvait toujours espérer.
Fin du vingtième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de guitares punk ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour vingt-et-unièe chapitre, Coupable.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
La personne (les personnes) qui trouvera(ront) le nom de la créature concernée avant que son nom soit révélé (dans une paire de chapitres) pourra (pourront) me donner le prompt de son (leur) choix (personnages ; situations générales ; phrases ou mots à caser etc.)
Skayt
