Hello, hello,
Vraiment merci de lire cette fic, de me laisser vos impressions et tout ! Ca fait hyper plaisir ! (j'ai pas encore répondu aux reviews du chapitre 20 mais ce sera fait, bien sûr :D)
Comme d'habitude, les scènes (la scène) en italique est une scène qui ne se passe pas dans le présent ;-)
Merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (y avait des fautes vraiment pas belles !)
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 21 - Coupable
Installé dans un coin de la cafétéria du lycée, la préférant à la bibliothèque qui était en plein réaménagement et donc loin d'être le lieu de détente auquel il aspirait, son sac de cours grand ouvert devant lui, empêchant – normalement – qui que ce soit de normalement constitué de venir prendre place face à lui, Peter bouquinait. Au beau milieu d'une énième relecture du chef d'œuvre de Harper Lee, l'adolescent se disait, un brin naïf, que personne ne viendrait le déranger.
Enfin personne... exception faite de Catherine, bien entendu. Catherine qui n'allait plus tarder à arriver et à se laisser tomber, avec une délicatesse et une grâce à faire pâlir de jalousie un éléphant d'Afrique adulte, sur le banc, à côté de lui, une pomme dans les mains. Elle utiliserait l'épaule de son meilleur ami en guise d'oreiller et, distraitement, s'amuserait à lire en même temps que son voisin. Il y avait aussi fort à penser qu'elle s'amuserait à commenter toutes les phrases qu'elle lirait, ayant toute connaissance de l'amour que Peter pouvait vouer à ce livre qui, pour sa part, ne l'avait jamais attirée. Ça ne dérangeait pas Peter. Catherine, privilégiée, avait le droit de faire tout ça.
« Encore ! » S'esclaffa-t-elle en arrivant. N'ayant pas immédiatement reconnu l'ouvrage, elle l'avait doucement retiré des mains de son ami pour en découvrir la couverture. « Tu l'as pas déjà lu le mois dernier ? »
« Si. »
La jeune blonde éclata de rire. Pas longtemps. Elle savait se reprendre vite. Elle en était sûre ! Un jour, Peter allait pouvoir lui répéter, de mémoire, chacune des pages de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. Sans se gêner, et contrairement aux attentes de Peter, elle ne chercha pas à lire par-dessus son épaule. Pas plus qu'elle ne transforma le jeune Hale en oreiller humain. À la place, elle attrapa le sac à dos de ce dernier et, l'air de rien, commença à fouiller dedans.
« T'as pas ton manuel de chimie ? »
« Dans mon casier. » Soupira Peter. Catherine n'aurait jamais ses affaires, il s'y était fait. « Par contre, j'ai celui de français. Tu peux toujours t'avancer là-dedans. »
Catherine grimaça, tirant la langue autant que possible pour bien signifier son dégoût. « Urgh, non. Pas moyen que je bosse toute seule pendant que tu te paies du bon temps avec ton bouquin. C'est une langue de barbare, le français... et tu m'avais promis qu'on la bosserait toujours à deux. »
Peter quitta sa page des yeux pour, plutôt, regarder sa voisine. Une telle promesse ne lui disait rien.
« De barbare ? Tu es sûre que c'est le bon mot ? »
« De barbare, oui. » Confirma Catherine. « Non seulement ils ont des mots imprononçables mais, en plus, ils s'amusent à nous mettre des exceptions partout. Bientôt ça sera une exception de ne pas avoir d'exception, tu vas voir. » Peter sourit. « Et, tu vois, j'y ai pas mal réfléchi... ça m'étonnerait pas qu'il y ait un taux de criminalité plus élevé en France qu'ici juste à cause de l'apprentissage de la langue. Y a de quoi devenir sérieusement cinglé. »
Les yeux plissés, Peter dévisageait son amie. Quand elle parlait comme ça, il ne s'étonnait plus des regards un peu perplexes que pouvaient, à l'occasion, leur lancer ses parents. C'était surtout quand Catherine et lui étaient affalés dans le canapé, devant la télévision, et qu'ils partaient dans un débat passionné sur un sujet tout sauf passionnant. Comme le pourcentage de viande de chat dans les nems ou le nombre de grenouilles que devaient manger un français avant de se transformer en batracien et se faire manger à son tour.
Il entrouvrit la bouche, prêt à répliquer quelque chose, mais se ravisa. Il ne voyait même pas ce qu'il pouvait répondre à ça, en fait. Même en cherchant bien.
« Tu vas à la soirée de Fergus ? »
« Ouais. Toute l'équipe est invitée. Si je n'y vais pas, je vais encore en entendre parler pendant six mois. » Marmonna Peter qui n'avait pas l'air enthousiaste. « Et je t'assure que s'il continue à penser qu'on est 'potes' parce qu'on est dans la même équipe... je l'égorge. »
« J'aimerais bien te voir essayer d'égorger ce grand dadais. » Se moqua la jeune femme. « Tu devrais monter sur une échelle pour atteindre sa gorge. »
Peter ronchonna et donna un petit coup de livre dans le visage de la mécréante. Ce n'était pas sa faute, tout de même, s'il était – presque – le plus petit de l'équipe. D'autant plus que c'était grâce à ça qu'il était meneur de jeu et capitaine de l'équipe. Enfin, peut-être pas pour le poste de capitaine. Il soupçonnait le coach de l'avoir choisi, lui, car il était celui qui avait l'air le plus futé.
« Hey ! Hale ! »
Un grand gaillard, tout sourire, venait de s'installer à la place juste en face de Peter. Celle qu'il espérait justement garder vide de toute vie décérébrée. L'air de rien, on venait de repousser le sac en toile qui s'y trouvait et on y avait, à la place, posé deux énormes bras.
« Quand on parle du loup... » Chuchota Catherine à son oreille, lui arrachant un ricanement. Parfois, c'était à se demander si elle n'était pas au courant du secret des Hale.
« Tu viens, samedi, à ma fête ? »
« Oui. »
Les sourcils de Fergus se haussèrent de quelques millimètres, il secoua légèrement la tête et ses mains s'ouvrirent. Il en attendait un peu plus, il fallait croire. « Oui », pour lui, n'était pas assez. Génial. Parfait.
« Oui, je viens. »
Il en voulait davantage mais n'attendait pas ça.
« Et qu'est-ce que tu comptes ramener ? »
« Ma personne. » Claqua Peter. « Et une tenue de rechange car, comme d'habitude, je suis persuadé qu'on trouvera malin d'asperger mes fringues d'alcool bas de gamme. »
« Mec, sérieux... » Souffla Fergus, se passant une main sur le visage. « T'as pas besoin de te changer parce que cinq gouttes de whisky se trouvent sur ton tee-shirt. »
« Cinq gouttes ? » L'autre n'en revenait pas d'entendre ça. « Je me suis pris la moitié de la bouteille sur le futal ! Même mes chaussettes étaient trempées. Mes. Chaussettes. »
Fergus et Catherine, en bonne amie qui se respecte, ricanèrent à la mention de l'événement. Ils n'étaient, ni l'un, ni l'autre – et heureusement pour eux – responsables de cette maladresse mais s'en souvenaient quand même parfaitement. De la colère de Peter aussi. Exagérée mais tellement drôle à voir. L'entendre maudire sur trente-sept générations et demie – oui, et demie – la malheureuse, le tout avec son pantalon trempé, valait le détour.
« Ouais, en parlant de ça... au lieu de juste ramener ta Ô combien précieuse personne et des vêtements secs au cas où tu ais une petite fuite. » Peter grogna. Le sourire de Fergus ne fit que croître. « Tu pourrais pas ramener quelques bouteilles ? Des bonnes. Tu vois ce que je veux dire ? »
D'un coup sec, à la limite du violent, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur fut fermé. S'il n'avait pas été ici question du livre préféré du jeune Hale, l'objet aurait probablement fait son baptême de l'air pour artistiquement aller refaire le portrait de son coéquipier. Catherine, vigilante et le connaissant sur le bout des doigts, attrapa Peter au niveau du coude afin de l'empêcher d'aller chercher embrouiller avec Fergus. Il ne faisait pas le poids une seule seconde.
« Des bonnes bouteilles ? »
« Hmm, moui. Ta famille doit bien en avoir quelques unes, non ? Tu vas pas me faire croire que vous achetez votre alcool au monop'. » L'autre joueur se massa la nuque, souriant maladroitement. « Ta famille est pas, euh, genre... bourrée de fric ? »
« Ce n'est pas parce que ma famille est 'euh genre bourrée de fric' que je dois être celui qui te ramène de quoi te bourrer la gueule à ta stupide soirée. » Siffla Peter, qui prenait la mouche un peu trop vite. « De plus, tu ne saurais pas profiter comme il se doit d'un tel alcool. Tout ce qui t'intéresse, c'est tes 'cul sec'. »
o o o
Pour tout le monde, la journée avait été relativement calme. Relativement.
o o o
Suite à sa petite visite de courtoisie à l'actuel émissaire de la meute – et à son Alpha, aussi, mais ça, ce n'était pas prévu dans le programme initial – Derek était retourné chez lui. Pressé. Un peu trop, peut-être. Personne n'était là pour lui poser de question ou simplement lui faire remarquer donc ça n'était pas si grave d'avoir l'air concerné et inquiet par la situation.
Il s'était tout de suite replongé dans la paperasse familiale. Si tout ça avait été jugé suffisamment important pour être conservé à l'écart et mis à l'abri de tout, Derek se faisait un devoir d'y jeter au moins un œil. Voire même un peu plus que ça. Que les documents soient utiles ou non dans sa folle quête à l'humain, le loup-garou avait rapidement décidé de lire tout ce qui lui tombait sous la main et sous les yeux.
Plus il lisait, plus il se replongeait dans une dynamique de meute qui appartenait au passé et qu'il n'avait plus espoir de retrouver un jour. Une mécanique qui n'avait rien à voir avec celle qu'il connaissait aujourd'hui ou celle qu'il avait connu avec Laura. Une « meute » de deux, ça n'avait pas grand chose d'imposant et restreignait drastiquement les possibilités. Quand tous les Hale étaient présents, réunis, soudés, aimants ; quand son père et sa mère étaient encore ensemble ; quand tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes... tout semblait tellement plus simple.
De temps en temps, quand ça devenait trop difficile de se concentrer sur les diverses écritures qui se partageaient la place sur les pages des carnets noirs, jaunes, verts, arc-en-ciel, Derek se re-concentrait sur les photos. Il regardait ces visages souriant qui lui manquaient cruellement. Sa famille. Il imprimait autant que faire se pouvait le portrait de sa mère qui, il s'en rendait compte, s'estompait peu à peu. Il se souvenait de ce à quoi Talia Hale ressemblait... mais quelques menues détails changeaient ci et là. Ses cheveux étaient plus foncés en vrai ; ses yeux plus clairs ; son sourire moins parfait.
À force de lire, les mots finissaient par tous se ressembler. Les lettres par s'emmêler. Derek, pourtant, continuait, s'acharnait.
« Nouveau groupe de chasseurs à BH. Installés par loin du cabinet de Deaton. Il faudra redoubler de prudence, d'après mon père. Quand on sort et, surtout, quand on ira voir l'émissaire. Talia a suggéré que […] sois, pendant quelques temps, le seul à le contacter. Alex a refusé. La réunion s'est terminée. »
Petite écriture illisible mais pas brouillonne, Derek relut à plusieurs reprises les quelques lignes écrites par son oncle dans un carnet qu'il semblait, à en croire les pages suivantes, monopoliser. Le lycan s'étonna de voir que Peter participait déjà aux réunions de meute alors qu'il n'avait pas seize ans ; âge qu'il avait quand il avait été fait orphelin. Derek oublia bien vite cette petite surprise. Il y avait mieux et plus surprenant ! Pour la première fois, il avait vraiment l'impression de tenir une piste tangible.
Un mot avait été rendu illisible. Vraiment illisible. Plus illisible que ça, c'est un trou dans la page. Là, ce n'était désormais ni plus ni moins qu'une grosse tâche sombre au milieu de l'ignoble et indéchiffrable – à l'époque déjà – calligraphie de Peter. On avait, non seulement plusieurs fois réécrit par-dessus ce mot – un nom ? – pas bien long pourtant mais, encore en plus, on avait raturé et gribouillé au marqueur. Qui que soit celui qui avait fait ça, il était plus que décidé à ce qu'on ne sache pas qui Alex avait voulu protéger.
o o o
Une fois Derek parti, Scott ne s'était pas éternisé dehors. Vite, il était allé rejoindre Alan, resté seul au cabinet. Sans trop de surprise, le loup-garou trouva l'émissaire toujours debout dans la salle de soin, à la différence près qu'il avait un chiot blessé à la patte à ses côtés. Son patron n'était pas encore retourné se pencher sur ses comptes et avait préféré aller s'enquérir de l'état d'un de ses petits patients à quatre pattes. Les deux hommes, qui mettaient au placard leur relation Alpha/émissaire lors des heures de travail, évitèrent, pendant une grosse partie de l'après-midi, de parler de la visite impromptue du Bêta.
« Scott ? Peux-tu, s'il-te-plaît, cesser de toujours soupirer ? » Demanda Alan, à cran. « Et dis-moi plutôt ce qui te met aussi mal à l'aise. »
« Les Hale. » Grommela le plus jeune. « Derek et Peter. »
« Les Hale, oui. » Se moqua le plus vieux, se tournant vers le lycanthrope. « La question est : pourquoi ? »
« Parce que Peter et Derek mettraient mal à l'aise n'importe qui. Et parce que je me demande pourquoi Derek est venu vous voir pour vous parler de Peter. »
« Ton Bêta a quelques soucis ces derniers temps, Scott. » Expliqua rapidement Deaton. Ça aurait dû suffire... ça ne suffit pas. « Tu n'es pas au courant ? »
« Je ne sais rien de précis. » Scott grimaça. Il avait l'impression d'être un petit enfant sur le point d'avouer une faute à son père. « Juste ce que Stiles laisse échapper quand il s'énerve. »
« Tu devrais aller voir Peter, alors. » Conseilla le vétérinaire. « C'est ce qu'un bon Alpha ferait. »
« C'est ça aussi, le problème. Ils ne croient plus que je suis un bon Alpha. Ils ne croient plus en moi. »
« À toi de faire en sorte que ta meute recroit en toi. » Le vieil homme sourit. « Donne leur des raisons de croire en toi, de te faire confiance... et ils croiront en toi et te feront confiance. C'est aussi simple que cela. »
« Mais... »
« Scott... Stiles et Peter sont, que tu le veuilles ou non, au centre de tout tes problèmes actuellement. Ce qui ne fait pas d'eux tes problèmes, attention. » Mieux valait préciser. « Si tu perds Peter, tu perds Stiles. Si tu perds Stiles, tu peux être sûr de perdre Peter. Et tous les autres. Reconquiert Peter et Stiles et tout ira mieux. »
Le Véritable Alpha aimerait bien pouvoir y croire. Il ne demandait d'ailleurs que ça, y croire ! Pour de vrai ! Ce serait tellement plus simple si ça pouvait se passer de la sorte ; s'il suffisait de faire quelques concessions auprès du couple pour regagner leur confiance et, par extension, celle des autres. Mais peut-être le pouvait-il, après tout. Peut-être Scott pouvait-il réellement y croire. Tout le monde lui disait que Stiles et Peter étaient, à leur manière – et ça devait plaire au loup – ceux qui contrôlaient tout. L'humain davantage que son compagnon. Tous semblaient graviter autour du fils du shérif bien plus qu'autour du Véritable Alpha. À commencer par Lydia, Jordan et Derek.
« Scott, ta meute n'est pas la première meute que je rencontre qui a des soucis avec son Alpha. » Assura avec bienveillance Deaton, comme si cette information sonnait comme rassurante. Génial ! Scott n'était pas le seul à craindre comme Alpha, la belle affaire !
Lydia avait menacé de quitter la meute si les deux autres partaient – et nul doute à avoir, elle oserait s'exécuter. En tant que Banshee, elle n'avait pas le même besoin qu'eux de vivre en groupe, en communauté, quand bien même vivaient-ils tous séparément. Derek avait mieux voilé son avertissement mais était dans le même cas que la première. Ce qui étonnait déjà davantage Scott. Derek était-il vraiment prêt à devenir un oméga pour soutenir son oncle ?
Non. Il avait mentionné la meute Ito. Tout le monde avait mentionné la meute Ito. Si Satomi était prête à accepter Peter près d'elle malgré son passif douteux... pas de doute qu'elle accueillerait Derek les bras ouverts et sourire aux lèvres.
« Pourquoi Satomi apprécie-t-elle à ce point les Hale ? »
« Le père de Derek était un membre de sa meute. » L'explication ne s'était pas faite attendre. « Elle a vu Derek et Peter grandir. »
C'était loin de tout justifier, surtout en ce qui concernait Peter qui n'était que le petit frère de la compagne d'un de ses Bêtas, mais tout de même un peu. Scott ne pouvait pas espérer en apprendre davantage. Il connaissait suffisamment bien Alan aujourd'hui pour s'en douter. S'il posait trop de questions à ce sujet, l'émissaire aurait tôt fait de lui rétorquer qu'il n'avait qu'à aller demander aux principaux concernés. Peter. Derek. Non. Mauvaise idée. Il chercherait plus tard.
« D'autres questions, Scott ? » Soupira Deaton, pas aveugle.
« Qu'est-ce que Derek voulait dire quand il vous a demandé si Peter valait moins qu'une vieille promesse que vous avez faites à sa mère ? »
« Ce n'est pas ce qu'il m'a demandé. »
« C'est tout comme. » Répliqua Scott, formel.
« Ça voulait dire ce que tu penses que ça voulait dire. Ne va pas chercher plus loin. » Le vétérinaire éloigna rapidement sa main de la patte griffue du chat, venu remplacer le canin blessé, qui lui feulait dessus.
« Vous n'allez pas me dire ce qui se passe avec Peter, hein... »
Deaton regarda l'Alpha et remua doucement la tête de droite à gauche.
« La première chose à faire pour regagner leur confiance est de renouer contact. Aller demander ce qui se passe, car tu sais qu'il se passe quelque chose, peut être une première étape. » Il sourit. « S'ils refusent de parler, n'insiste pas. Redemande leur plus tard mais ne leur force pas la main. Ça ne fonctionnera jamais avec Stiles et Peter. »
« Ils sont trop indépendants. »
« Aussi. »
La bouche entrouverte, le fils de Melissa McCall s'interrogeait sur le sens de ce « aussi ». Enfin, non. Pas vraiment. Il l'avait compris. Ce « aussi » voulait juste dire qu'il y avait une autre explication qui, elle, par contre, lui échappait complètement à l'heure actuelle.
« Ça ne fonctionnera jamais tant qu'ils ne te feront pas confiance. La confiance doit aller dans les deux sens. Si eux ne viennent plus à toi... va à eux. »
« C'est Peter. » Grogna Scott. « J'arrive pas à accepter que je peux lui faire confiance. »
« Je ne te dis pas de mettre ta vie entre ses mains. Peter, bien qu'il se soit refait une conduite, reste Peter et... bien... tu... restes Scott. » Le loup-garou souffla par le nez. Heureux de ne pas être seul à penser comme ça. « Tu peux te méfier de lui... évite juste de tout le temps lui rappeler que tu te méfies de lui. Ça n'incite pas à la confidence. »
« La confidence ? Avec Peter ? »
Deaton secoua la tête.
« Vous ne vous ferez jamais aveuglément confiance ; notamment car Peter ne fait jamais aveuglément confiance. »
« Stiles et Derek l'ont. Sa confiance. »
« Pas aveugle. Sinon Derek ne serait pas venu me voir pour me demander ce qui se passait. »
o o o
Le crâne appuyé contre l'appuie-tête, les yeux rivés sur le pare-soleil tiré de la Chrysler, et sur les tickets de caisse qui s'y trouvaient rangés, Peter attendait un peu avant de démarrer. Il était encore tôt. Une fois n'est pas coutume, Blaise l'avait viré du bureau en lieu et place de Catherine. Le partenaire nominatif du cabinet était entré dans le bureau du partenaire associé, avait calmement fermé la porte derrière puis était, l'air de rien, parti s'installer dans le canapé.
« Je veux que tu quittes le cabinet. » Avait-il annoncé, sans détour, les jambes croisées. « Tu reviendras demain, tu n'es pas renvoyé, mais je veux que tu quittes le cabinet. Si je t'entends encore une fois hurler sur un associé, et sur Travis encore plus, je sens que je pourrais t'arracher les yeux et en faire une paire de boucles d'oreilles. »
Peter s'était exécuté sans rechigner. Il aurait pu. Dû aussi, certainement. Blaise n'attendait certainement que ça de sa part et avait dû, en plus, songer aux contre-arguments à exposer à un Peter en désaccord – pour rien, donc. Le loup-garou, silencieux, avait éteint son ordinateur, baissé l'écran et était parti chercher sa veste. Pas un mot... et Blaise était suffisamment maître de ses émotions pour masquer sa surprise.
C'était pour ça qu'à seulement dix-neuf heures trente, Peter se trouvait derrière le volant, les clés sur les genoux, loin d'être prêt à démarrer.
Il réfléchissait. Il se demandait s'il rentrait à la maison ce soir ou si, au contraire, il retournait à l'hôtel. Dormir auprès de Stiles, même si ça n'était qu'une partie de la nuit, lui avait manqué. Dormir près de l'humain ou ne pas dormir du tout était son dilemme Le choix n'était pas compliqué à faire. C'est pourquoi il trancha rapidement. L'hôtel, c'était pas si mal.
« On a un repas au Riddle à finir, il me semble. » Sourit Catherine, posant son sac à main sur la banquette arrière et attachant d'emblée sa ceinture, insensible à l'air perdu de son ami. « En route, Peter. J'ai une faim de loup. » Elle s'arrêta, la bouche entrouverte. « Euh... ça te dérange pas, au moins, que je dise que j'ai une faim de loup, hein ? C'est pas un manque de respect ou... »
« Si je devais m'offusquer chaque fois qu'une expression semblable était utilisée... je serais mal barré, Cathy. » Il sourit. Elle sourit. Ils se sourirent. « C'était un des passe-temps favoris de Stiles, avant. Essayer de m'embêter avec ça. »
Les yeux de sa plus vieille amie pétillaient de bonheur. C'était bizarre. Passée sa surprise suite à la révélation choc ; passée la colère d'être si tardivement mise au parfum... elle avait fini par se réjouir d'être au courant de ce secret jalousement gardé. Tout serait plus simple pour Peter, et elle aussi, maintenant que le premier n'aurait plus à cacher ce qu'il était. Peut-être pourrait-elle l'aider, par la même occasion.
« J'ai fait quelques recherches sur les... loups-garous. » Elle butait malgré tout sur le mot chaque fois qu'il lui fallait le prononcer. « Et y a un truc que j'ai pas... que j'arrive pas à comprendre. Évidemment, la source d'origine était en français donc, forcément, ça m'aidait pas. Mais avec google traduction je m'en suis plus ou moins sortie quand même. »
Peter sourit.
« Tes parents étaient des Alphas, tu m'as dit. Leur pouvoir est allé à ta sœur, pas à toi, car tu étais humain à ce moment-là. Comme elle est devenue Alpha, elle a pu te mordre et te sauver. C'est ça ? J'ai tout bon ? » Il hocha la tête. « Lors de l... l'incendie, c'est Laura, ta nièce, qui est devenue l'Alpha, c'est ça ? »
« Oui. »
« Pourquoi c'est pas toi ? »
« Parce que j'arrivais après Laura, Derek et Cora en terme de... succession. » Le dernier mot était hésitant.
Catherine, la bouche entrouverte, traduisait mentalement son meilleur ami.
« Tu es le prince Harry, en fait. Et le prince George passe avant toi. »
Le loup-garou éclata de rire.
« C'est une manière de voir les choses, ouais. » Il la regarda.
« Et en sachant que tes deux parents étaient des Alphas et que, normalement, du coup, leurs deux enfants auraient dû le devenir... y a jamais personne qui s'est dit que c'était bizarre que tu ne le soi pas devenu ? »
Silence.
« Tu ne t'es jamais demandé pourquoi tu ne l'étais pas devenu ? » Insista Catherine.
« Non. » Avoua Peter. « Principalement parce que je ne pensais pas que ma famille pouvait me faire ce coup-là. »
Catherine grimaça. Elle décida de changer de sujet, tout en restant dans le surnaturel, et de revenir là-dessus plus tard. Que Peter ne se soit posé aucune question quant à ça la laissait pantoise.
« Et comment Laura a pu se faire tuer par un animal sauvage ? C'était une Alpha donc un loup-garou amélioré, plus puissant, avec plus de gadgets, tout ça, nàn ? » La question la taraudait vraiment. Peter détourna les yeux et se mit à observer les voitures en circulation. Fuite discrète mais fuite malgré tout. « Et Derek aurait dû être l'Alpha, après. Pourtant il n'est pas Alpha et vous êtes tous les deux les Bêtas du... du meilleur ami de Stiles. » Le loup-garou se passa une main sur la nuque, nerveux. Bien sûr que Catherine allait comprendre. Ils n'étaient pas amis pour rien. Il savait s'entourer, lui. « Et j'ai lu qu'on pouvait devenir un Alpha en tuant un Alpha... du coup, je me suis dit que c'est peut-être pour ça que Derek n'était pas Alpha. Car c'est un autre Bêta qui a tué Laura pour devenir Alpha. »
Catherine s'arrêta sitôt la tête de son ami eut-elle cognée contre la fenêtre. Elle se mordit la langue. Avait-elle manqué de tact avec ses questions ? Certainement un petit peu. Dire qu'elle voulait changer de sujet pour ne pas mettre Peter trop mal à l'aise... voilà qu'elle lui rappelait sa défunte nièce. Bravo !
« Oublie. »
« J'ai tué Laura. » Souffla Peter sans la regarder. « Quand je suis sorti du coma, j'ai attiré Laura à Beacon Hills et je l'ai tuée. Elle ne se méfiait pas de moi et j'en ai profité pour... pour la tuer. »
« Quoi ? »
« J'ai tué Laura. Puis j'ai mordu le meilleur ami de Stiles pour me constituer une meute afin de pouvoir venger le meurtre de ma famille en tuant les responsables. » Il tâcha de faire abstraction du 'Marie, Joseph' qu'on venait de souffler depuis le siège passager. « J'ai tué les responsables et terminé par la commanditaire, l'ex-petite-amie de Derek. Je l'ai égorgée, et je l'ai cru morte, puis Stiles et... les autres m'ont arrêté avec un cocktail molotov avant que Derek me tue et récupère le statut qui lui était dû. » Il s'humidifia les lèvres. « Qu'il a perdu en sauvant Cora. »
Le silence était pesant. L'annonce de la lycanthropie de Peter, comparée à ces nouvelles révélations, paraissait presque ridicule, à présent. Les yeux rivés sur ses mains tremblantes, la gauche tournant nerveusement, encore et encore, les bracelets autour du poignet droit, Catherine regrettait d'avoir mis tout ça sur le tapis juste avant d'aller manger. Elle n'était plus certaine d'avoir envie d'aller au restaurant, maintenant.
« Tu peux partir, tu sais. » Annonça placidement Peter. « Je comprendrais tout à fait, Cathy. »
« Y a même pas une semaine, je te proposais mon aide si tu avais un cadavre à faire disparaître et... et je m'en irais ? »
Il se tourna vers elle, perdu.
« Laisse-moi juste quelques minutes le temps de digérer le fait que... tu... es... mort ? »
« Non. Je suis vivant. J'ai juste été mort à un moment. Quelques semaines. »
« OK. Stop. C'est trop pour moi. » L'arrêta-t-elle, plaquant une main sur la bouche du loup. « On... on en reparlera... on en reparlera plus tard. Au Riddle. Je pense que maintenant j'ai besoin d'être... seule pour, tu sais, assimiler. »
« À demain. »
Elle sourit tendrement et regarda Peter, désolée. Catherine ne s'offusqua pas du peu de réaction qu'avait son ami, qui n'essayait pas de la retenir. Il s'était certainement attendu à pire de sa part, au moment de commencer ses explications. Ce qu'elle pouvait totalement comprendre. S'il n'avait pas ici s'agit de Peter, Catherine savait qu'elle serait partie en courant avant même d'avoir les explications quant aux motivations de Peter lors de sa – courte – période Alpha ; avant qu'il avoue l'avoir été ; avant qu'il lui explique qu'il était un mordu. Elle aurait pris ses jambes à son cou, et n'aurait jamais fait demi-tour, si elle avait vu des griffes au bout des doigts de n'importe qui d'autre. Mais c'était Peter et, encore une fois, elle ne pouvait s'éloigner.
o o o
Les plans de Peter se retrouvaient donc inchangés. Pas de restaurant ce soir. Pas de Catherine non plus. Encore moins de Stiles prévu au programme. Tout ça pour ça, ricana-t-il, amer. Il retournait à l'hôtel, reprenait sa chambre pour la nuit, certainement la dernière. Sa valise, dans le coffre, contenait suffisamment pour qu'il n'ait pas à s'infiltrer chez lui en pleine nuit pour récupérer les quelques babioles qui lui manqueraient.
L'établissement que le loup-garou avait choisi n'était pas loin du cabinet dans lequel il exerçait. C'était en grande partie ce détail qui avait motivé son choix, la veille. Ce soir, c'était surtout parce qu'il y avait séjourné la veille. Pourquoi toujours chercher compliqué ?
La veille, avec le même faux sourire qu'il adressait à longueur de journée aux crétins du bureau, Peter s'était pointé à l'accueil, sa valise entre les jambes, et avait demandé une chambre. Normal. La réceptionniste s'était aussitôt exécutée et lui avait donné un jeu de clé, lui signifiant au passage l'heure à laquelle il devait avoir débarrassé ses affaires et rendu la clé. Il y avait aussi eu quelques petits détails au sujet du service d'étage. Le loup-garou n'en avait pas écouté grand chose. Il n'était même pas certain, à ce moment-là, de rester toute la nuit. Peter avait, par contre, eu un léger sourire quand il avait remarqué qu'il avait la chambre 24, comme par hasard. Si la vie se foutait pas littéralement de sa gueule, il ne savait plus quoi penser.
Ce soir, pourtant, Peter eut à peine le temps de garer sa voiture sur le parking. Envolé, disparu celui nécessaire pour aller ouvrir le coffre, verrouiller la Chrysler, payer une chambre, se replonger dans des recherches surnaturelles qui, il le savait, ne mèneraient nulle part faute d'éléments suffisants.
Il venait juste de claquer sa portière quand ses yeux s'écarquillèrent en voyant la paire d'orbes bleues qui le fixait, appuyé sur le capot de la voiture stationnée juste à côté.
« Merde... »
Fin du vingt-et-unième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de crocodiles-sauterelle ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour vingt-deuxième chapitre, Famille.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
La personne (les personnes) qui trouvera(ront) le nom de la créature concernée avant que son nom soit révélé (dans une paire de chapitres) pourra (pourront) me donner le prompt de son (leur) choix (personnages ; situations générales ; phrases ou mots à caser etc.)
Skayt
