Hello, hello,

Je suis contente de voir que cette fic vous plaît ! Vraiment ! Je pensais pas que ce serait comme ça :D

Ce chapitre est un de mes préférés... tout en étant celui qui m'effrayait le plus ! Heureusement que j'ai un super-héros en guise de bêta, hein

Donc... un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (et de tous les autres, passés comme futurs) **

Bonne lecture !

PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme


Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.


Chapitre 22 - Famille

Il grimaça une paire de fois, grogna – mais le tout fut étouffé par son oreiller – et chercha à se soustraire aux rayons du soleil venus le réveiller. Sans succès. Bien sûr. À regret, donc, Peter ouvrit lentement les yeux puis tourna la tête. Les yeux plissés, à cause de la lumière mais pas que, un « What the... » lui échappa. Dire qu'il était étonné de se trouver ici était un euphémisme ; qu'il était surpris de se trouver dans le lit et, surtout, près de Lui était juste... incroyable.

Intrigué, et son instinct de survie pas encore tout à fait réveillé, Peter glissa son bras sur le matelas jusqu'à ce qu'il percute la cuisse de l'autre. Autre qui grogna mais qui, étrangement, ne chercha pas à l'assommer. Étrange. Tellement étrange que Peter ne résista pas. Il leva la main gauche, la sortant, à regret, de sous la couette, et l'agita devant le visage de son cadet.

« Arrête ou je te coupe la main. » Grogna une voix ensommeillée, les yeux clos.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » Grommela Peter. Oui, il allait arrêter d'agiter ses doigts sous le nez de l'autre ; non, il n'allait pas le laisser dormir tranquille.

« C'est encore mon lit, aux dernières nouvelles. »

Par le nez, Peter souffla. Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ? Il regarda ensuite autour de lui, les yeux toujours à moitié fermés. Ça le frappa. Il n'était pas à la maison. Ce n'était pas ça, sa chambre. Le lycan fronça les sourcils. Il avait dû louper un truc.

« Allez... rendors-toi. » La voix s'était faite moins bourrue. Une main s'était posée sur l'épaule de Peter et on essayait de le faire se rallonger. « Ou lève-toi, mais reste pas là à me fixer comme un idiot. »

Peter cligna vite et plusieurs fois des yeux ; comme si ça allait régler ses problèmes de vue ! Une fois. Deux fois. Trois fois. Rien ne changeait. C'était bien sa chance, ça !

« Qu'est-ce que je suis... pourquoi je suis... »

« J'en sais rien. Tu t'es pointé cette nuit et tu t'es couché, c'est tout. Je te dis pas comme je regrette de t'avoir donné une clé. » Il ne le pensait pas. C'était encore plus étrange.

L'avocat expira lentement. Il se passa une main sur la joue, se la frotta, et alla ensuite faire de même avec ses yeux. Qu'est-ce que c'était encore que ce binns ? Dans quoi s'était-il inconsciemment fourré, hier ? Peter s'arrêta seulement quand la main de son voisin l'obligea à stopper ce qu'il faisait. L'aîné secouait la tête, dépassé. Dire qu'il se vantait de savoir réagir vite et bien ! La bonne blague.

« Je te préviens, je ne pourrai pas être ta roue de secours chaque fois que tu te disputeras avec lui. » Sourire sur un visage qui en était si souvent dépourvu ; surprise sur celui de Peter. « Peter ? »

« Qui ? »

« Stiles. »

Il y avait au moins quelque chose qui tournait encore à peu près rond. Quel soulagement.

« Euh... loin de moi l'envie de vous embêter, hein, mais... D', papa va plus tarder, là, je crois et... je... je pense pas que tu ais changé d'avis et envie de le voir, n'est-ce pas, Peter ? »

Hébété, l'aîné dévisageait sa nièce qui, depuis le pas de la porte, leur souriait. Depuis combien de temps Cora était-elle revenue du Mexique et logeait-elle chez Derek ? Depuis quand les deux avaient-ils renoué contact avec leur père ? Comment l'avaient-ils même retrouvé ? Il ne comprenait pas. Ne comprenait plus. Il n'aimait pas ça. Peter regarda ses doigts, sans trop faire attention de ce à quoi ils ressemblaient, et le compta. Encore. Encore. Encore. Leur nombre ne changeait pas. Jamais. Dix. Toujours.

« Il va bien ? » Demanda-t-elle à son aîné, désignant Peter de son index.

La tête sur l'oreiller, le regard tourné vers son oncle toujours assis sur le matelas, il soupira. Il pouvait dire adieu à sa nuit de sommeil ; à cette grasse matinée qui l'avait motivé toute la semaine. Il avait espéré pouvoir en profiter un petit peu plus. Juste un petit peu, il ne se faisait pas d'illusion.

« Dis, Der', par hasard... t'as plus de beurre de cacahuète du tout ou t'en as encore un pot caché quelque part, dans une de tes réserves sec- salut Peter. »

De pire en pire, songea Peter au lieu de répondre. Robin se tenait debout derrière Cora et lui souriait, l'air de rien, comme si la situation tout entière n'était pas un énorme n'importe quoi. Peter savait le loup-garou absent le jour de l'incendie, celui-ci préférait rester dans sa chambre universitaire aussi souvent que possible au lieu d'aller perdre de son temps aux réunions de meute au cours desquelles il n'avait pas voix au chapitre... mais Peter ne pensait pas le recroiser un jour, quand bien même fussent-ils de la même famille. Robin avait perdu ses deux parents dans le feu et était ensuite sorti des radars de Laura !

« Ah ouais. Pas du matin. Je zappe toujours. » Sourit-il en faisant demi-tour.

« Pousse-toi. » Ronchonna Leonard. Il haussa ensuite le ton, s'adressant à son cousin depuis le milieu du couloir. La démarche n'avait, en soi, pas tellement d'intérêt mais ça lui permettait de couvrir les voix de ses cousins. Ça ne l'empêcha pas de continuer à se diriger vers la chambre de Derek, qui, décidément, accueillait bien du monde ce matin. « Der'k, tu ranges où la confiote ? L'autre crétin décérébré a fini le beurre de ca- oh, Peter. Tu t'es encore disputé avec le crétin humain hyperactif ? C'est pour te sentir plus malin dès le réveil que tu as rejoint Derek ? Pousse-toi, Cora, tes énormes chevilles m'empêchent de passer. »

La louve grogna, et les crocs furent de sortie, tout de même, quand son bien-aimé cousin la bougea de sur son passage. Leonard l'agaçait autant qu'il amusait Peter, c'était dire.

Tout le monde, que ce soit Derek et Robin ou Leonard et Cora, agissait comme si tout était normal alors que, honnêtement, rien ne l'était. Leonard avait été au manoir Hale, le soir de la tragédie. Il avait été à la maison car son secteur aussi grouillait de chasseurs venus traîner dans le coin dans l'espoir d'y tuer quelques loups. Ses parents n'avaient pas voulu les laisser, Sally et lui, quand bien même fut-il majeur et buté comme pas deux. Leonard avait été présent.

« Merde. » Murmura Derek en voyant la manière qu'avait son oncle de fixer le dernier arrivé.

Leonard comprit aussi ce qui se passait. Il s'approcha, à pas lents, calmé d'un seul coup, de son cousin et Peter.

« Peter ? » Appela-t-il. Il espérait capter son attention et, pourquoi pas, s'ils avaient de la chance, faire en sorte que l'autre se souvienne seul. Il ne se souviendrait pas seul. « Je suis sorti avec Cora, tu te souviens, n'est-ce pas ? »

Pas de réponse. Rien, juste le silence et Derek et Cora qui le regardaient faire. Bien sûr que Peter ne se souvenait pas ! Comment pourrait-il s'en souvenir alors qu'il ignorait que Leonard était encore de ce monde ! Son cadet, de sept petits mois, prit Peter en accolade et le serrait avec précautions.

« Là. Inspire. Tu sens ma délicieuse odeur, là, ou... »

« C'est bon, oui. » Murmura Peter, de plus en plus perdu. On n'avait jamais été particulièrement tactile, avec lui, et il n'allait certainement pas s'en plaindre. « Je sens. »

Leonard sourit, soulagé. Ça lui faisait toujours quelque chose – et pas quelque chose d'agréable – de devoir régulièrement – systématiquement en fait – réexpliquer à Peter ce qui s'était passé. Peter, c'était celui qui comprenait tout, toujours, tout le temps. Celui que Talia et les autres loups-garous écoutaient alors qu'il n'était pas encore majeur. Enfin, ça, c'était avant.

« Faudrait peut-être que j'aille bosser, moi... » Percuta l'avocat. Vu l'agitation qu'il y avait chez Derek, l'heure devait déjà être plus qu'avancée.

Derek le regarda étrangement.

« Tu as trouvé un boulot ? Depuis quand ? Pourquoi tu ne me l'as pas... »

« Laisse-le. » Souffla Cora, partagée entre agacement et amusement. « Il n'a pas à tout te dire. Vous êtes effrayants, des fois, sérieux. »

Un peu perdu, Peter regarda sa nièce, tête penchée sur le côté.

« Quoi ? Derek a jamais jugé bon de te dire qu'il refusait net de donner ses clés à quiconque n'est pas toi ? » Non. Non, il ne l'avait pas dit. D'un autre côté, Peter ne se souvenait déjà pas que Derek lui ait fourni un double donc... bon... c'était dans l'ordre logique des choses. « Mais c'est surtout pour lui que je dis ça. Il se rend pas compte qu'il t'étouffe et tu oseras jamais rien lui dire. »

« Cora ! Derek ! Il est là ! » Entendit-on de l'autre bout de l'appartement. « Tiens, entre. »

La douce et mélodieuse voix de Robin, à peine moins agaçante que celle de Leonard, venait se rappeler à leur bon vouloir. Le loup-garou avait senti l'odeur d'Alex avant que celui-ci ait à sonner et s'était précipité pour lui ouvrir. Cora alla de suite retrouver son père tandis que Derek devait encore trouver le courage de s'extirper du lit... et trouver une solution pour Peter.

« Je peux te laisser t'occuper de lui ? » Demanda-t-il à Leonard. Il ne vit pas le roulement d'yeux de son oncle.

« Yup. Pas de prob'. » L'autre sourit à Peter. « Tu passes la journée avec nous ? Ça fait longtemps. »

« Euh... le boulot. »

Leonard hocha la tête.

« Je vais appeler Stiles. » Il se releva. « Bouge pas. Je reviens. »

Il se retrouva seul. Seul dans la chambre de son neveu. De celui qui ressemblait à son neveu. Jamais Derek n'aurait accepté de le laisser sans surveillance, il aurait eu bien trop peur que Peter fasse une bêtise quelconque visant à l'embêter ou le ridiculiser. Peter en profita pour se rallonger. Les mains sur le ventre, les yeux tournés vers le plafond, il réfléchissait et cherchait à déterminer où il se trouvait et ce qui lui arrivait.

Difficile de se concentrer sur un élément précis quand tout, absolument tout, semblait délirant à souhait. Entre Robin et Leonard qui se chamaillaient pour leur beurre de cacahuète ; Derek qui semblait étonnamment proche de lui et Cora qui essayait de raisonner son frère ; les deux cadets de sa sœur qui essayaient dorénavant de retenir leur père dans les pièces principales à renfort de « Non. Je ne pense pas que... n'y va pas... il n'est pas prêt... il ne veut pas »... tout semblait juste impossible. Leonard revint après quelques minutes et sans que Peter se soit expliqué quoi que ce soit.

« Tu ne bosses pas, aujourd'hui, tête de piaf. » Lança le jeune loup, à la volée. Peter le traduisit plutôt par un 'tu n'as pas de boulot, Derek a raison, je ne sais pas ce qui se passe mais je te ménage comme on le fait tous' ce qui lui plaisait plutôt moyennement. « T'as faim ? »

Une nouvelle grimace déforma ses traits. Ça commençait à lui chauffer les oreilles, toute cette histoire. Ne pas comprendre l'agaçait et être couvé, protégé et pris avec des pincettes n'arrangeait pas son humeur. On le ménageait, on agissait différemment avec lui et c'était franchement agaçant. Il n'était pas impotent et, s'il tenait à avoir quelque chose, il pouvait très bien aller se le chercher lui-même, comme le grand Peter qu'il était.

C'est pourquoi l'avocat ne laissa pas le temps à Leonard d'aller plus loin dans son offre, de lui proposer de l'apporter ici, dans la chambre, et encore moins celui de réagir, Peter alla retrouver les autres. Voulut aller retrouver les autres serait plus exact. Il manqua tomber dès les premiers pas.

« Holà, amigo ! Pas sans les béquilles, on t'a déjà dit. Je pensais qu'on était d'accord... »

On aida Peter à se rasseoir sur le matelas, juste le temps nécessaire au loup-garou pour attraper les fameuses béquilles, à moitié sous le lit. Peter les regarda, plus curieux qu'horrifié – nuance que ne comprit pas Leonard.

« C'est Alex pas loin qui te met dans cet état ou t'es simplement pas réveillé ? »

Il n'était surtout pas à sa place, pensa Peter. Quel était donc ce monde où Derek, Cora, Leonard et Robin se réunissaient tous comme si tout allait bien dans leurs vies ? Où tout le monde semblait considérer normal – ou presque – de retrouver Peter avec Derek, au petit matin, alors qu'ils ne l'étaient pas la veille ? Où il avait des... ces machins ?

Maladroit, ce qui, au passage, inquiéta l'autre lycanthrope qui suivait l'aîné de près, Peter utilisa les béquilles tendues pour avancer. Plus d'une fois, il manqua de tomber mais il savait se rattraper. Il souffla de soulagement une fois à la cuisine. Il se demandait comment faisaient ceux qui en avaient pour une longue, très longue, durée. Les six mètres entre la chambre, dieu soit loué au rez-de-chaussée – ce qui n'était peut-être pas qu'un bienheureux hasard – et la cuisine l'avaient déjà saoulé à un point.

Les conversations cessèrent et les regards convergèrent vers les deux qui manquaient jusqu'alors. Cora et Robin se placèrent aussitôt devant Alex, comme pour le cacher, quand Alex allait plutôt rejoindre Peter et fusillait du regard celui qui suivait. Leonard haussa les épaules. C'était pas sa faute ; Peter était du genre buté, lui aussi.

« Peter. »

Les yeux grands ouverts, Peter avala difficilement sa salive. Il ne quittait plus Alex des yeux. L'imposante carrure de Robin cachait presque entièrement son beau-frère mais ce n'était pas important. Honnêtement, Robin aurait été invisible que ç'aurait été pareil. Depuis combien de temps Peter n'avait-il plus vu Alex ? Beaucoup trop. Des années !

Toujours pas assuré, un peu trop pressé aussi, Peter s'approcha du seul loup qui n'était pas venu déranger Derek dans sa chambre. Tous furent surpris – et c'était là bien peu dire – de le voir aller étreindre Alex. Lui le premier. Il n'était pas sûr de devoir répondre à l'embrassade ou rester les bras ballants.

« C'est pas un chapitre que j'ai manqué. Là, c'est carrément un pavé de mille pages. » Souffla Leonard, aussitôt approuvé par Robin.

Peter finit par s'éloigner d'Alex, sur lequel il s'appuyait de plus en plus. Sa nièce, du bout du pied, tira la chaise la plus proche de lui pour qu'il puisse s'y laisser tomber, ce qu'il fit bien volontiers, vu ses jambes qui commençaient à flageoler. Chaque fois que Peter se disait qu'il ne savait peut-être pas où il était mais saurait s'en accommoder et se faire à ces changements... un détail venait sournoisement lui dire que non, il ne pourrait pas.

C'est sans un mot que Derek fit glisser une assiette avec deux toasts au beurre de cacahuète – oui Robin, Derek avait bien une réserve mais non il ne dirait pas où – suivi d'un thé déjà infusé. Tout était déjà prêt, apparemment. Leonard aurait pu ne pas lui poser la question tantôt ç'aurait été pareil.

Peter s'interrogeait quant au pourquoi de ces intentions jusqu'à ce qu'il avise ses doigts. Ses poignets. Tout. Il ferma les yeux et chercha à calmer sa respiration qui commençait à s'agiter. Bien, il éviterait peut-être, à l'avenir, de se moquer de Stiles dont le cœur s'affolait pour un oui et pour un non. Un semblant d'explication venait enfin de frapper Peter qui comprenait, plus ou moins, dans quel monde il était. Pas comment c'était possible, pas encore, mais ça ne saurait tarder.

Soucieux de vérifier ses hypothèses et de ne tirer aucune conclusion hâtive, Peter voulut s'assurer que ce qu'il craignait était bel et bien arrivé. Qui ne tentait rien n'avait rien, en plus ! Il garda ses yeux fermés et, la main droite posée sur sa jambe, essaya de sortir ses griffes. Rien ne vint. Rien, si ce n'est la main toute fine de Cora qui lui caressa le dos de la main.

« Laisse... ça nous dérange pas. Si ça peut t'aider... »

Il ne voulait pas être aidé.

Pas loin – à moins d'un bras de lui, d'ailleurs, donc vraiment très proche – Leonard annonçait à Derek que Stiles allait passer chercher Peter et ne devrait plus tarder. Le plus jeune hocha la tête avant de refixer toute son attention sur son oncle. Peter semblait ailleurs depuis leur réveil. Plus qu'à l'accoutumée, c'était dire ! Le seul fait qu'il n'ait pas – mal – réagit à la mention d'Alex l'avait alerté ; qu'il aille l'étreindre était tout bonnement insensé, là, par contre. Peter avait refusé net d'avoir affaire à son beau-frère depuis le décès de Kieran et Hestia Hale. Il le considérait responsable de ces deux morts en plus de lui reprocher sa propre situation. Il avait laissé les Alphas derrière afin de conduire Peter à l'hôpital pour mieux convaincre Talia ensuite de ne pas mordre son frère souffrant ; alors même qu'ils n'étaient pas encore assurés de sa survie. Alex avait été le seul à trouver à y redire.

Alex ne parlait pas et préférait faire profil bas. Il voyait rarement Derek et Cora – quand bien même habitaient-ils tous à Beacon Hills – mais il savait que ses enfants préféraient privilégier le bien-être de leur oncle que passer la journée avec leur vieux père. Des années qu'il n'était plus considéré comme le fervent défenseur de Peter et que son fils l'avait remplacé. Alex et Peter, c'était devenu incompatible aux yeux des Hale.

Depuis les seize ans de Peter, la situation était restée inchangée. Dans le genre borné, le gamin en tenait une sacrée couche. Même après l'incendie, et son réveil, Peter avait refusé net de parler ou voir Alex. Seul Derek avait eu le droit de venir. Même Laura avait été chassée telle une malpropre, à l'époque. Alex ne s'en était donc pas formalisé. Peter refusait tout le monde, ce n'était pas spécifiquement contre lui... sauf qu'une fois encore, ça avait duré. Ça s'était éternisé. Peter s'était rouvert aux autres mais le chassait toujours ; et pas de la plus agréable des façons. Il avait recommencé à s'isoler après les chirurgies réparatrices et esthétiques ; seul Derek, une fois encore, avait été en droit de venir aux nouvelles.

Aujourd'hui, son fils devait être la seule personne à ne pas craindre voir Peter disparaître de sa vie. Cora, Robin et Leonard n'étaient à l'abri de rien. Même le fameux Stiles, malgré sa patience d'ange – il fallait au moins ça pour supporter Peter, non, ou alors s'appeler Derek – pouvait voir son compagnon le fuir du jour au lendemain.

« Tu veux qu'on aille parler, après ? »

Un coin de sa lèvre supérieure retroussée, grimaçant, Peter tourna la tête vers Derek et lui lança son regard « tu es sérieux, là ? Pitié, dis-moi que tu ne l'es pas ». Derrière lui, une main sur son épaule, son neveu le regardait d'un air soucieux. Il entretenait avec ce Derek une relation qu'ils n'avaient jamais réellement eu. Parce que Peter était resté humain après avoir protégé son neveu et souffert des chasseurs – ce que Derek n'avait jamais eu à oublier ? Parce que Peter n'avait certainement jamais conseillé la morsure pour Paige ? Pourtant, l'incendie semblait avoir quand même eu lieu... sans que Derek soit utilisé par Kate, peut-être. Il ne pouvait que l'espérer pour son neveu.

« Où est Laura ? »

Peter ne pouvait pas l'avoir tué pour son pouvoir. Rien que pour ça, cette réalité marquait de nombreux points. Les yeux rouges de Derek répondirent à la question posée sans arrières-pensées. Peter s'en voulut d'avoir parlé quand les autres paraissaient tant souffrir, de la réponse comme de la question. Plus de la question. À cause du rappel de la disparition de Laura ou parce que Peter avait encore oublié quelque chose ?

« Désolé. » Quel mot étrange venait de sortir de sa bouche ? C'était officiel, il redevenait fou.

« Chht. C'est rien. » Assura Derek, sa main toujours en contact. Il pouvait pas l'enlever ? C'était gênant, à force, et Peter n'allait pas s'envoler.

« C'est ouvert ! » Cria Cora. Pareille à son cousin plus tôt, elle avait entendu Stiles s'extirper de l'ascenseur en se prenant les pieds dans elle ne savait quoi... et préférait que ça reste comme ça. La maladresse de l'agent n'aurait de cesse de l'étonner.

Souvent, les deux Hale se demandaient par quel heureux miracle Stiles n'avait encore jamais blessé Peter. Trébucher dans ses béquilles était tout à fait le genre de l'énergumène. Par bonheur, Stiles semblait laisser ses deux pieds gauches au placard, était moins dangereux auprès de leur oncle. Plus concentré aussi, certainement.

« Et voici donc le fameux Stiles. » Sourit Alex en voyant le fils du shérif Stilinski, toujours en uniforme, entrer et approcher.

Le-dit « fameux » jeta un regard glaçant au loup-garou, rappelant à Derek la période où l'hyperactif était possédé par le Nogitsune. La colère de Peter vis-à-vis d'Alex avait déteint sur lui. L'humain, qui se satisfaisait de son statut merci bien, reprochait au Bêta d'avoir condamné Peter à cette vie qui aurait pu lui être épargnée d'une simple morsure. Lycanthrope, Peter n'aurait pas autant souffert. S'il savait à quel point il se méprenait.

« Bon sang, laisse-moi un mot, au moins, quand tu demandes à Isaac de te conduire ici. » Stiles se laissa tomber auprès de Cora et lui piqua son pain au chocolat, faisant fit son grognement de désapprobation. Si elle savait à quel point elle était moins effrayante que son Alpha de frère ! Derek étant auprès de Peter, mieux valait rester loin. Le loup aurait toujours la priorité sur lui, il s'y était fait. Il comprenait... des fois. Et d'autres pas. « Je sais que c'est l'explication la plus logique mais... je m'imagine toujours le pire. Un mot, Peter. Juste un mot, s'il-te-plaît. »

Ce Stiles était de loin l'élément le plus normal de la matinée ; ce qui voulait en dire pas mal car Stiles était tout sauf quelqu'un que l'on pouvait qualifier de normal – même au sens très large du terme – sourit Peter alors que Derek, sans rien demander – bieeen, ça c'était Derek – le relevait et lui servait d'appui.

L'hyperactif les regarda faire et soupira. C'était Derek et Peter. On ne pouvait pas avoir l'un sans avoir l'autre... et heureusement, d'un côté. C'était en restant dormir un soir chez Derek, trop épuisé pour conduire, qu'ils s'étaient rencontrés. Ouais. Cliché quand tu nous tiens. Même si Stiles avait cru un moment – très long, le moment, d'ailleurs – que Derek le loup-garou le menait en bateau quand il lui affirmait que Peter était son oncle. Bordel, mais fallait le comprendre aussi... toute la famille Hale était loup-garou ! Bah apparemment pas ; et on s'était bien gardé de l'en informer.

« Qu'est-ce qui se passe ? » S'inquiéta Derek, une fois hors de portée d'oreilles de lycans, sur le balcon. « Tu es encore plus... »

« Encore plus ? » Insista Peter. « À l'ouest que d'habitude ? »

Il parut décontenancé par la remarque de son oncle.

« Y a un truc entre Stiles et toi ? »

Derek étant Derek, il se reprit cependant vite. Peter haussa un sourcil. N'était pas arrivé le jour où il parlerait de ses hypothétiques problèmes conjugaux avec Derek, autre dimension ou pas autre dimension. Sauf que son cadet avait l'air de penser l'inverse. Une main se posa sur la nuque de Peter – encore une, décidément, on était bien tactile par ici – et Derek le regardait, toujours inquiet.

« Tu devrais t'asseoir, tu sais. » Il pointa du menton la chaise près de laquelle ils se tenaient. Non mais quel hasard.

Derek était étrange, c'était un fait avec lequel Peter avait appris à jongler – pas qu'il soit mieux, mais bon. Peu importait leurs rapports conflictuels d'antan et ceux plus courtois d'aujourd'hui, Derek était un loup à l'apparence un peu rustre et avec lequel on n'avait pas envie de discuter – exception faite de Stiles mais il n'était pas tout à fait net. Ce n'était pourtant rien comparé à celui à qui Peter avait présentement affaire. Cet intérêt qui se lisait dans son regard, c'était comme si deux sentiments étaient en pleine joute pour savoir lequel d'entre eux primait sur l'autre. Lequel importait le plus.

La gratitude pour cet oncle qui s'était un jour sacrifié pour son neveu ingrat, infect et qui s'était voulu menaçant quelques minutes plus tôt, et qui en payait encore le prix ? Pour Peter qui avait tant perdu suite aux dix jours de captivité qui en avaient résulté ; ses parents comme la santé. Derek pensait ne pas pouvoir en vouloir à Peter d'être celui qu'il était aujourd'hui car, d'une certaine manière, tout était de sa faute.

Arrivait là le second. Très proche du premier et pourtant bien éloigné. Derek s'imaginait devoir quelque chose à Peter. Il était coupable, était aussi responsable, si ce n'était plus, qu'Alex des drames survenus. Si Kieran et Hestia avaient été tués, si Peter était entré dans le système et avait passé quelques mois en foyer, s'il avait tant de problèmes aussi. S'il n'avait pas joué au petit crétin capricieux et convaincu que les loups-garous valaient davantage que les humains... son humain d'oncle n'aurait jamais eu à lui prouver le contraire. Culpabilité quand tu nous tiens.

« Peter ? Il se passe quelque chose ? »

« C'est possible. » Confirma Peter, du bout des lèvres, allant finalement prendre place sur la chaise précédemment indiquée. Ce corps n'était pas son corps. Ce n'était pas celui auquel il était familier. Les limites non plus.

« Mais tu ne veux pas en parler... »

« Je ne saurais même pas par où commencer. » Admit l'autre, ricanant. « Mais ouais, en parler me tente pas davantage. »

Le balcon était suffisamment grand pour que la meute – élargie – puisse, à l'occasion, s'y installer au complet pour manger, jouer, discuter, parler de problèmes surnaturels absolument pas réjouissants. Peter ne pensait pas que c'était là quelque chose qu'ils faisaient souvent, à part peut-être pour la partie « problèmes », et encore... pas à l'extérieur ! Pas d'après l'agencement de la terrasse et les chaises branlantes qui étaient loin d'être idéales. C'était dommage. Ce Derek-ci faisait plus d'efforts que son homologue, était plus ouvert, ça pourrait valoir le coup.

« Tu m'assures qu'il ne se passe strictement rien avec Stiles ? Parce que père shérif ou pas, on peut lui faire payer et faire disparaître son corps. Cora et Leo ont regardé Breaking Bad et Dexter. »

Peter haussa les sourcils, perplexe. Il y avait des phrases, comme celle-ci, qui n'étaient tout simplement pas faites pour sortir de la bouche de Derek. La preuve que tout était possible ! Lui en fallait-il toujours une, de preuve, considérant qu'il était dans une réalité qui n'était pas sa réalité ? Était-ce encore une réalité, de ce fait ?

« Et toi La petite maison dans la prairie ? » S'agaça-t-il pourtant. « Derek, bon sang, lâche moi la grappe ! »

Le plus jeune écarquilla les yeux. S'il suffisait de ça pour le mettre dans cet état, Peter allait s'en donner à cœur joie et faire tourner en bourrique le pauvre bougre qui n'aurait bientôt plus que ses yeux pour pleurer. Derek laissa Peter seul sur le balcon et alla retrouver les cinq autres, toujours dans la cuisine. Il tournait néanmoins la tête vers lui toutes les deux secondes, alors qu'il demandait rapidement à Robin s'il pouvait venir parler à Peter. Cora et Leonard se regardèrent, inquiets. Il n'y avait pas trente-six raisons qui pouvaient pousser Derek à appeler son cousin à la rescousse, malheureusement pour eux.

« Peter ? »

« Quoi ! » S'agaça Peter. « Vous allez tous défiler ou... »

« Tu veux que je reste à Beacon Hills un peu plus longtemps ? » Proposa Robin. « Je peux, hein. Je peux toujours. Je peux annuler mes rendez-vous et rester ici, si c'est ce que tu préfères et... si tu en as besoin. C'est possible. Ça ne me dérange absolument pas, d'accord ? »

« Moi si. » Le ton était rude mais la ribambelle de Hale commençait à passablement lui chauffer les oreilles.

« Je sais que la période est pas idéale, pour toi. Que c'est... 'fin c'est normal. Il y en a pour qui c'est plus difficile et... »

Et rien du tout. L'humain roula des yeux puis, bien décidé à ne pas se faire avoir deux fois de la même façon, se releva le plus doucement et prudemment possible. Ses béquilles étaient restées dans la cuisine, merci Derek. Peter prit le mur comme appui et s'en aida pour avancer. Pas bien vite mais il voulait se débrouiller seul ; de toute façon, il ne comptait pas rester coincer dans ce corps bien longtemps et les éventuels problèmes qui en découleraient seraient ceux du vrai Peter – oui c'était bizarre à penser quand on était un autre vrai Peter. Il feignit ne pas voir Robin, prêt à le rattraper au besoin et commençait à se dire que Catherine, la sienne, avait eu raison de dire que ce mensonge, son oubli, était peut-être pour le mieux. Sa vie humaine lui semblait de piètre valeur, pour l'heure.

« Stiles ! » Héla Peter, dans l'encadrement de la baie vitrée. « Tu peux... » Il n'eut pas à finir. L'hyperactif, à défaut d'apporter les béquilles comme il l'espérait, se précipita pour donner un coup de main. Il enroula son bras autour de la taille de l'autre et passa, tel un automatisme – en était-ce un ? – celui de Peter autour de son cou, lui murmurant qu'il pouvait s'appuyer, qu'il le tenait.

Et, honnêtement, Peter le crut de suite. Il ne savait pas comment Stiles et lui avaient pu finir ensemble dans cette réalité, si différente, mais c'était rassurant. Comme si peu importait où il allait, ce qu'il était, comment il allait et ce qu'il vivait, Stiles et lui finiraient toujours par se croiser, quand bien même rien ne sembla être fait pour aller en ce sens.

« Peter... » Chuchota Derek.

« Toi, tais-toi. » Siffla l'aîné. « Tais-toi. » Stiles le serra un peu plus, le ramenant à lui, et baissa les yeux. L'ambiance n'était pas au beau fixe entre Derek et Peter et ça ne lui disait rien qui vaille. « Tais-toi. »


Fin du vingt-deuxième chapitre.

Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de salsifis voleurs de macaques ?

Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !

A bientôt pour vingt-troisième chapitre, Enquêtes.

J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !

La personne (les personnes) qui trouvera(ront) le nom de la créature concernée avant que son nom soit révélé (dans une paire de chapitres) pourra (pourront) me donner le prompt de son (leur) choix (personnages ; situations générales ; phrases ou mots à caser etc.)

Skayt