Hello, hello,
Je suis contente que cette fic vous plaise et que le chapitre de la semaine passé ait étonné plus d'une personne (héhé)
Un gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (y a des choses qui changent pas, on dirait :D)
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 23 - Enquêtes
Le réveil de Stiles sonna. L'hyperactif grogna, encore endormi, il alla l'éteindre sans regarder ce qu'il faisait – avançant donc l'horloge d'une bonne heure et trois minutes avant de trouver le bouton qui mettrait enfin fin à son supplice – et ne se leva pas. Pas envie. La flemme. Il était encore fatigué, en plus. Pire que tout, il était seul dans le lit... et ce n'était pas parce que Peter lui avait préféré le sol ou le canapé.
Quand Peter avait répondu qu'il ne savait pas quand il reviendrait à la maison, Stiles, honnêtement, n'avait pas cru que le loup-garou ignorait réellement quand il rentrerait. Que celui-ci ressente le besoin de partir après ce que l'humain lui avait reproché, soit, passe encore ; mais des mots tellement pires que ceux-ci avaient déjà été prononcés. Leurs disputes, d'après Liam, Derek et Jordan, avaient tendance à être explosives. Forcément, quand personne ne voulait admettre ses torts et renchérissait toujours, difficile de calmer les esprits échauffés.
Stiles avait attendu l'avocat une bonne partie de la soirée – et de la nuit, aussi. D'abord avachi, avec une telle grâce qu'il en ferait pâlir de jalousie n'importe qui, sur le canapé, un paquet de chips sur le ventre et une bouteille de coca entre les pieds. Rideaux comme volets étaient, encore une fois, grands ouverts. Il avait une vue pas trop mal sur l'allée du garage. Pas parfaite mais il saurait s'en contenter.
Roscoe se sentait seule, sans son amie le Chrysler. « Hors de question que je donne un prénom à ma voiture, Stiles. Après je la verrais comme une personne, qu'elle n'est pas, et ne saurais plus m'en débarrasser quand bien même fut-elle scotchée de partout et puante à souhait » Ce à quoi Stiles n'avait pu s'empêcher de rétorquer que, venant d'un homme incapable de jeter des stylos qui ne fonctionnaient plus, c'était un poil culotté.
Au milieu du générique de fin de la troisième série de la soirée – et de loin la plus intéressante – l'humain avait choisi de migrer sur la table basse. Les fesses au bord, les coudes sur les genoux, ses jambes incapables de tenir en place plus de trois secondes et quatre centièmes, il avait fixé la rue. À chaque voiture qui passait, un soupçon d'espoir qui disparaissait trop vite. À deux heures, il avait bougé jusqu'aux escaliers et ne s'intéressait désormais plus qu'à la porte d'entrée. À trois heures, il était monté et avait guetté une petite demi-heure le moindre son. Pour rien. Il s'était fait une raison.
« Oh pu- »
Il avait cru se rendormir pour cinq minutes, tout au plus... une heure dix plus tard, il se réveillait seulement. Douche froide sèche dès le premier coup d'œil vers l'objet du diable posé près de sa lampe de chevet et de son téléphone. Roulant hors de son lit, Stiles se dirigea à quatre pattes – mais non pas moins rapide – jusqu'à la commode puis à la penderie. Il jeta ses affaires de la nuit, ainsi que la chaussette verte retrouvée sous le lit, dans la salle de bain et s'habilla au milieu du couloir, sautillant sur un pied, comme si ça réduirait son monstrueux retard. Pour une fois qu'il aurait pu profiter d'une bonne et longue douche bien chaude et relaxante... Stiles savait choisir son jour pour être à la bourre au boulot, y avait pas à dire.
L'humain dévala les escaliers et fit tomber un cadre en y crochant son épaule. Tant pis. Il rangerait ça au soir. Il attrapa ses chaussures et ses clés de voiture pour s'y précipiter. Il allait se faire tuer en bonne et due forme.
Stiles imaginait sans trop de mal, pour avoir déjà un sacré palmarès de retards à son actif, le savon que lui passerait son père qui accuserait, pour ne pas changer, Peter. Il voyait aussi la surprise du shérif au moment où son gamin répliquerait que le loup-garou n'avait rien à voir car toujours pas présent à la maison au moment des faits. Et, parce qu'il connaissait vraiment très bien son vieux père, Stiles l'entendait aussi marmonner « Justement, c'est qu'il soit pas là qui a fait que. Donc sa faute ». John ? De mauvaise foi ? Si peu.
En arrivant au boulot, Stiles ne se vit pas qu'il était étrange de voir un parking aussi vide – mais, paradoxalement, plein des voitures de patrouilles. Non. Aveuglé par son retard, rien d'autre ne saurait capter son attention. Pas même tout ce qui pourrait lui servir d'excuse... ou ce qui était susceptible de pouvoir le rassurer. À quoi bon puisqu'il était mortellement à la bourre ?
« Stiles ? » S'étonna John, un café dans les mains et deux dossiers sous le bras.
« J'suis désolé. J'voulais pas. Je. J'ai pas fait gaffe. Je sais, j'aurais pu prévenir que je me mettais en route mais... j'aurais perdu encore plus de temps alors autant en gagner et... »
Le shérif écoutait son gamin sans rien cerner au problème rencontré.
« Où sont tes chaussures ? »
C'était la question qui le torturait depuis qu'il avait vu son abruti de fils – parce qu'il était clair que Stiles devait au moins être ça – arriver en courant, essoufflé comme un bœuf et les pieds nus. Ça et « pourquoi diable la braguette de ton pantalon est-elle derrière ? Comment peux-tu seulement réussir à mettre un jean à l'envers, bon sang, fiston ? ». Bien que, sur ce dernier point, il n'étais pas sûr de vouloir savoir.
« Dans la voiture. » Ça ne faisait pas tilt dans son esprit, visiblement. « Faut que j'aille les chercher ? »
« Ce serait bien, oui. » Confirma John, balançant la tête de haut en bas, moqueur. « Et, après, tu pourras peut-être me dire pourquoi tu es là, avec une heure d'avance par rapport aux autres, alors que tu ne travailles pas aujourd'hui. »
Stiles cligna des yeux. Une fois. Deux fois. Trois fois. Quoi ? Pas possible, non. Il se sentait comme un des adorables petits trolls dans la reine des Neiges à un moment où ils ne pigeaient plus rien, au milieu d'une chanson.
« Je... travaille pas ? »
« Jamais à cette date, non. Tu as supplié tout le monde pendant quinze jours pour trouver quelqu'un pour te remplacer, cette année encore. Santiago a cédé. » Moui. Elle avait surtout perdu à la courte-paille.
« Eeeet... j'ai une heure d'avance sur l'horaire que j'aurais eu si j'avais travaillé ? » Marmonna Stiles, les yeux plissés, le nez froncé, la bouche déformée. « C'est possible, ça ? »
« Oui, Stiles. C'est ce que je viens de dire. »
Le plus jeune Stilinski grogna. Il se frappa le front avec la paume de la main, il comprenait ce qui s'était passé avec le réveil. Ça ne serait pas sa première fois. En revanche, Stiles dut réfléchir quelques minutes avant d'être en mesure de remettre la date du jour... et s'insulter de tous les noms. Ça ne changeait toujours pas. Il restait la première victime de ses injures, Peter le second.
« Je pensais que Peter aurait eu l'amabilité de te le signaler. » Enchaîna John. « Bien que te voir te précipiter comme ça devait être un bon spectacle, bien divertissant, et lui changer les idées. »
Stiles passa sa langue sur ses lèvres, voulant les humidifier. Non mais quel idiot. Quel idiot. Et Peter l'était plus encore pour avoir préféré rester à l'hôtel plutôt que de rentrer.
« M'enfin, pendant que tu es là... Lecter m'a signalé un troisième corps, ce matin. J'ai prévenu Jordan qui se charge de mettre Scott au courant. C'est un homme et, encore une fois, il n'y a rien de commun entre les victimes. »
« Je... j'vais regarder ça tout à l'heure. »
« Demain. Aujourd'hui, éloignez-vous de tout ça. » John soupira. « Peter est le pire homme que tu aurais pu choisir, mais... » Il passa outre du 'j'te remercie' de son fils. « Le surnaturel lui a tout pris. Éloigne-le de ça pour la journée, au moins. »
L'hyperactif commença à sourire. À sa seule vue, le shérif en vint à regretter ses dernières paroles. Qu'est-ce qu'il avait encore dit que Stiles allait retourner contre lui ?
« Avoue, tu commences à l'apprécier, en vrai. » Se moqua son fils, heureux de cette déduction. « C'est un emmerdeur-né mais tu sais que j'ai besoin de ça. Et puis, je le suis aussi. Au moins c'est donnant-donnant. »
« Au moins tu en es conscient. »
Il tira la langue à son père qui, au lieu de s'en offusquer, demanda, d'un signe de tête, à son fils de le suivre jusqu'à son bureau. Stiles accepta. Il n'avait pas le choix, de un, et, de deux, il pourrait mettre ses pieds sur son siège et essayer de réchauffer les deux malheureux.
« Je pense que Peter et toi devriez faire une pause. »
Stiles haussa les sourcils, essayant de leur faire quitter son front. De quoi je me mêle ?
« Avec le surnaturel, Stiles. » Soupira le shérif face au regard noir de son fils. « Occupez-vous juste des pleines lunes et c'est tout. J'ai repensé à ce dont on a parlé, tu sais, au Dinner et ne pas être confronté à tout ça lui permettrait, vous permettrait, c'est valable pour toi aussi, de ne pas oublier ce qui passe avant. »
« Et c'est quoi qui passe avant ? »
« Vivre. » John sourit quand Stiles roula des yeux. « Je sais, c'est bidon, mais vivez. Soyez normaux, pour une fois. Au lieu de sauver le monde, sauvez-vous, vous. » Derrière son bureau, le shérif s'enfonça dans son siège et croisa bras et jambes. Il semblait d'un seul coup faire exactement son âge. « Jordan m'a un peu expliqué les conditions dans lesquelles ils ont retrouvé Peter... » Le plus jeune le regarda, intéressé. Lui ne savait pas et imaginait juste. Et, bon sang, ce qu'il pouvait détester son imagination, des fois. « Rappelle-lui qu'il est humain. C'est ce qui lui a manqué pendant sa... captivité. Être traité comme tel. »
Génial. Parfait. Comme s'il ne culpabilisait pas déjà suffisamment, il fallait que son père en rajoute une couche. Stiles se mordit les lèvres et serra les poings. Ces mots faisaient échos à ceux utilisés quelques deux jours plus tôt. Il revoyait le regard perdu et blessé de Peter. Un regard que le Bêta n'aurait jamais dû avoir. S'il l'avait eu, c'est que vraiment la situation lui échappait au point qu'il n'en contrôle plus ses réactions.
Le poids des mots. Leur sens. Tout ce que Stiles avait dit en ne voulant pas le dire. Tout ce que Stiles avait dit et qui avait été interprété ensuite. Tout était toujours interprété. On ne pouvait jamais être assuré de la parfaite compréhension d'autrui. Il l'avait vu en première année de fac, avant d'abandonner et passer le concours d'entrée dans la police.
« On s'est... disputés. » Chuchota-t-il du bout des lèvres. Il était content de ne rien avoir aux pieds, ça lui donnait une bonne excuse pour se recroqueviller sur sa chaise. « Y a deux soirs de ça. Enfin, tu... tu le sais déjà. »
« Oui. » Confirma John.
« Il... Peter a rien dit. Que moi. » Stiles serra le jean de son pantalon. « Je lui ai, entre autres choses, dit qu'il ne savait pas ce que c'était qu'être humain. Juste humain. Et... je crois qu'il a cru que, je sais pas, que je lui disais qu'il l'était pas. Qu'il sait pas agir comme un humain de base. Qu'il est... j'en sais rien. Un monstre, un animal ou... un truc que j'ai absolument pas voulu dire. »
Le shérif se tourna vers la fenêtre et ferma les yeux. Son fils s'était loupé, sur ce coup.
« Moi, je voulais juste dire qu'il avait tort de nous prendre pour des êtres faibles mais c'est... pas vraiment sorti comme ça. Je pense pas que ce soit sorti comme ça. Je... je sais plus. » Les mains de parts et d'autres de la tête, Stiles essayait de se souvenir. « Il a cru, je pense qu'il l'a vraiment cru, que je lui reprochais d'être un loup, comme lui me reproche d'être un humain. Et il est parti. Il a pas essayé de se défendre, de rejeter toute la faute sur moi ou Scott ou Derek ou le pape, il est juste parti, p'pa. » Stiles soupira. « D'habitude il va chez Derek et il rentre le lendemain car il le trouve trop chiant mais là... il est pas allé chez Derek et il est pas revenu alors qu'aujourd'hui c'est... Il est parti, p'pa. »
« Et toi, petit fouineur, tu n'es pas parti le chercher ? » Son père était étonné. « Il me semblait t'avoir demandé de le faire, hier, pourtant. »
o o o
L'appartement de Derek ne ressemblait plus à rien. Pas qu'il ressemble habituellement à grand chose lancerait, l'air de rien, un Peter les mains dans les poches, mais quand même. La table de la salle à manger avait été poussée près de la baie vitrée, là où elle se trouvait déjà quelques années plus tôt. Les clichés sauvés s'y trouvaient étalés. Plus le temps passait et moins il y en avait. Petit à petit, Derek allait les accrocher sur la vitre. Chronologiquement, avec quelques notes ou réflexions de temps en temps.
Plus le loup-garou avançait dans son projet d'envergure, qui n'allait peut-être même pas s'avérer utile au bout du compte, et plus ça prenait forme dans son esprit, plus ça y devenait clair. Mieux Derek visualisait et mieux il savait où tout accrocher. Ça allait dans les deux sens.
Le point culminant de sa journée fut quand il trouva deux photos qui dataient du même événement. De la même année. Deux identiques... ou presque ! À cette époque, Ricky, un oncle éloigné, avait découvert les joies de la retouche photo. Il proposait toujours de les bidouiller, les améliorer, effacer quelques petits détails... tout en promettant à ses parents de ne pas écraser les originales.
« C'est pas vrai... »
Derek en arrivait toujours au même résultat et ça l'agaçait. Vraiment. Beaucoup. Énormément même. Des jours qu'il cherchait, des jours que jamais ses conclusions ne changeaient. Qu'est-ce qu'elles pouvaient lui déplaire, pourtant. Elles ne lui convenaient absolument pas. Elles n'étaient pas crédibles une seule seconde, en fait.
À cause de cette certitude, Derek recommençait à chaque fois. Il cherchait autre chose. Une autre voie, un chemin différent, une nouvelle explication plausible, elle, au moins. Le loup-garou n'était pas habitué à fouiner comme ça, même s'il s'agissait juste de souvenirs de famille. C'était Stiles, Lydia et Peter qui s'occupaient de ça, normalement. Comment faisaient-ils ? Comment pouvaient-ils toujours trouver une réponse à leurs problèmes alors qu'ils partaient toujours de zéro ?
Peut-être devenait-il fou – vu sa vie il y aurait franchement de quoi l'être – mais, quand il laissait ses idées divaguer un peu, il entendrait presque Stiles et Peter se moquer de lui et de ses doutes. Il s'imaginait sans peine les deux lascars l'encourager à se faire un peu plus confiance, arguant qu'il n'était pas idiot. S'il trouvait toujours la même chose, ça ne pouvait pas être pour rien. « Si ça ressemble à un canard, marche comme un canard et coin-cointe comme un canard... ça ne risque pas d'être un dromadaire, Der' ».
Peter ne pouvait pas l'aider, sur ce coup-là. Il refuserait net. Peut-être même essaierait-il de tuer son neveu pour le réduire au silence. Stiles non plus ne pourrait rien faire. Lydia le pousserait à aller confronter les deux premiers. Derek se tourna donc vers Liam. Il demanda au plus jeune de la meute, qui avait l'air, en plus, d'avoir une carte dans sa manche mais attendait avant de la jouer, de passer le voir le plus vite possible. Ce soir, donc. L'autre loup saurait peut-être pointer du doigt un nouvel élément que Derek manquait depuis le départ. Deux cerveaux valaient mieux qu'un !
o o o
Derrière le comptoir de sorbier – ouvert pour sûr – Scott écoutait Jordan d'une oreille attentive. L'adjoint, exception faite du nouveau corps, n'avait pas grand chose à lui apprendre à rapport à ce que Stiles avait annoncé à la dernière réunion ; avant l'épisode « Peter ». Les victimes étaient mortes de la même façon et n'avaient toujours rien en commun, quand bien même fussent elles désormais au nombre de trois. Le seul élément nouveau était que les trois semblaient ne pas s'être débattus alors qu'on les vidait de leur sang... mais c'était bien le choc hypovolémique la cause du décès.
Pire ! Ils paraissaient en paix.
« Quoi ? On les a vidé de leur sang mais ça leur a causé une très grande joie ? » Grommela Scott. « Je pensais que c'était pas agréable, ce genre de truc, pourtant. »
Parrish haussa un sourcil et retroussa un coin de ses lèvres. Ce n'était pas ce qu'il avait espéré entendre. Vraiment pas. L'avant-bras posé sur le comptoir du cabinet, il regardait l'Alpha, amusé.
« Non. C'est plus comme si elles avaient été droguées par... quelque chose. J'irai dire ça à Stiles et Peter demain. Enfin... je le dirai à Stiles demain, surtout. Ils pourront ainsi affiner leurs critères. Pas de beaucoup m'enfin. » Il haussa les épaules. « Ça sera toujours ça de moins. »
« Demain ? Demain on aura peut-être une autre victime. »
« On aura. Toi pas. Tu es vétérinaire, Scott. Juste vétérinaire. On pourrait très bien, Stiles, John et moi, ne pas tout mélanger et ne pas vous fournir les informations du poste. » Rappela Parrish. « On risque notre job, voire pire, à chaque fois qu'on fait ça. Ne l'oublie pas. »
Les yeux du loup-garou flashèrent rouge.
« Sérieusement, Scott ? » Le chien de l'enfer le regardait, peiné. « Tu n'as pas encore compris qu'en plus de ne pas être de la meute, ça ne fonctionne pas, sur moi, ton truc ? » Il paraissait dubitatif. Depuis le temps, quand même ! « Et, pour un Alpha, pour un Véritable Alpha, je te trouve peu concerné par ta meute. Stiles et Peter ne sont pas disponibles pour la journée, dirons-nous. »
« Dirons-nous ou diras-tu ? » Releva Scott.
« Dira n'importe qui un minimum concerné par le bien-être de la meute. » Parrish fut rassuré en voyant Scott changer d'air et paraître plus penaud. « Il faut vraiment que vous régliez ce manque de conversation et cette absence de confiance. Ça va causer votre perte... si ça n'a pas déjà commencé. »
Scott le savait. Le comprenait. L'acceptait. Tout le monde n'arrêtait pas de lui dire ça depuis une semaine. Tous ne pouvaient quand même pas avoir tort. Si ? Bien sûr que non. Pas Lydia, Deaton et Derek. Pas à ce sujet. Surtout que Parrish s'ajoutait désormais à la liste.
« Scott... samedi, Peter... je ne sais pas ce qui se passe, personne ne doit savoir ce qui se passe, à mon avis, mais ce qui est arrivé le mois dernier n'y est pas étranger. Même s'il ne doit pas y avoir que ça. » L'Alpha soupira. Il savait tout ça, merci pour lui. « Essaie de chercher de ton côté ; de montrer que tu te sens concerné car leur sort t'importe. Et si ça ne t'importe pas... laisse-les partir. Retiens-les car tu les veux à tes côtés et non parce que tu préfères qu'ils ne soient pas trop loin pour pouvoir les surveiller. » Parrish ne lui apprenait strictement rien. Derek lui avait déjà dit tout ça. « Je pense que Derek, et Lydia mais surtout Derek, font des recherches de leur côté. Ils pourraient avoir besoin d'un coup de main, qui sait. »
Sans rien ajouter de plus, alors que c'était le moment de le faire, Jordan tourna les talons. L'adjoint avait à peine rejoint sa voiture que, déjà, Scott criait à Deaton qu'il devait passer voir Derek... ce que son patron comprit et accepta de suite. On ne pouvait pas être émissaire et ne pas être conscient de l'importance d'une meute soudée – surtout si celle-ci courait après les ennuis, sautait dedans à pieds joints, les embrassait.
Le vétérinaire n'avait pas tout entendu de la conversation entre Parrish et Scott. Il n'avait pas tout écouté non plus. Il savait qu'une nouvelle créature était arrivée en ville – rien d'étonnant – et vidait, au hasard, ses victimes de leur sang en les droguant au passage. Plusieurs monstres étaient envisageables. Certains étant considérablement moins rares que d'autres.
Alan aurait bien été poser quelques questions à l'agent mais il était parti avant. Ça l'étonnait peu. Peter avait su transmettre ses doutes à son encontre à Stiles qui avait fait de même avec son collègue ; inconsciemment ou non. L'agent Parrish restait toujours à la frontière du surnaturel ; évitait autant que possible de la franchir. Il fuyait autant que faire se pouvait ce monde de fou et n'y connaissait toujours pas grand chose... quand bien même en fit-il directement partie.
o o o
On frappa trois petits coups contre la porte de l'appartement du Bêta, ancien Alpha. Derek ne chercha pas à deviner à l'odeur qui allait faire irruption d'ici peu. Il avait demandé à Liam de passer, ça devait être lui. Qui d'autre ? Même s'il était moins « renfermé, désagréable, bougon, bourru, grincheux, acariâtre, je continue ou tu as compris, mon grand » il restait un loup qu'on ne venait pas embêter pour son bon plaisir.
« Scott ? » Grogna Derek – il était plus ouvert, certes, mais n'en oubliait pas qui il était pour autant !
L'Alpha comprenait la froideur de l'accueil. Leur relation n'avait jamais été idéale et la nette préférence, et allégeance, du Bêta pour Stiles et son oncle n'aidait pas à tisser des liens durables ni à établir une relation de confiance. Quand Derek se fut retiré, agacé, pour lui laisser le passage, Scott ne se fit pas prier et entra. Il s'intéressa tout de suite à la vingtaine de photographies éparpillées sur la baie vitrée. Les fameuses recherches de Derek, il supposait.
« C'est... ta famille. » Comprit Scott en voyant les problèmes au niveau des yeux de presque tout le monde sur la majeure partie d'entre elles. « Je pensais que... »
« Ma mère conservait pas mal dans le... sous le lycée. » Derek n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet. Pas cet après-midi et certainement pas avec McCall. Il n'en avait pas encore parlé à Cora ou Peter, plus concernés. « Qu'est-ce que tu veux, Scott ? »
« C'est qui, lui ? » Scott, sans toucher la photo, avait ses doigts très proches du papier légèrement brillant, ce qui inquiéta Derek, un peu trop protecteur vis-à-vis de ces clichés si tardivement retrouvés. « Pourquoi ses yeux sont... vous aviez un... »
« C'est Peter. »
Peter. Peter avec Derek sur le dos et un immense sourire, comme ceux des autres enfants autour de lui. Peter qui mettait à mal, en une seule image, les certitudes de Scott. Si, finalement si, Peter était bien un être humain, comme n'importe qui. Il avait été un gamin heureux et souriant. Et c'était surtout lui, Peter, qui détonnait sur la photo. Derek avisa le froncement de sourcils de Scott et le tic au niveau de sa joue. Ce n'était pas Liam mais l'Alpha était, lui aussi, capable de repérer des choses, surtout quand elles se trouvaient juste sous son nez.
« Pourquoi Peter est le seul à être retouché, sur certaines ? »
Le Bêta ferma les yeux. Il y avait cru. Il avait vraiment espéré que Scott remarquerait autre chose que ce regard qui brillait par sa normalité ; espéré qu'il y aurait autre chose à repérer. Mais non. Non. Parce que c'était ça. C'était ça qu'il devait trouver. Ce que Peter ne voulait surtout pas connaître. Encore que, connaissant son oncle, il pouvait très bien le savoir depuis un petit moment.
Derek serra les poings. Cet imbécile à plumes savait ! Il était sûr que Peter savait et que c'était pour cette unique raison que son oncle avait fermement refusé de se lancer dans cette recherche. Peter savait qu'il était l'humain. Soit leurs recherches ne mèneraient à rien... soit Derek finirait par savoir la vérité.
« Derek ? »
Encore qu'ils auraient pu le comprendre plus tôt. S'en douter bien avant que tout dérape à ce point. Il y a des années, par exemple. Il était surprenant que Peter et Laura n'aient jamais soulevé ce point. Peter n'était pas Alpha. Il aurait dû l'être. Ses deux parents l'étaient et étaient décédés. Il aurait dû le devenir le même soir que sa sœur aînée. Ce n'était pas parce que Peter avait été trop affaibli, à ce moment, pour le recevoir.
Le pouvoir n'avait pas ce genre d'état d'âme. Il gagnait qui de droit et se fichait de le tuer.
« Peter est un mordu. »
Voilà. C'était dit à haute et intelligible voix. Ce n'était même pas Derek qui s'en était chargé puisque Scott en était venu exactement à la même conclusion. Ça ne le mettait pas du tout dans le même état... et pour cause.
D'un côté, tout ce en quoi Derek avait cru, depuis tout gosse, volait en éclat. Il se demandait pour quelles raisons Peter avait pu recevoir la morsure ; même si les chasseurs qui venaient abattre Kieran et Hestia à leur propre domicile et laissaient pour mort leur adolescent de fils ne devaient pas y être étrangers.
De l'autre, Scott. Scott qui apprenait que l'homme qui considérait la morsure comme un cadeau – à l'instar de moult autres loups de naissance, Derek inclus – en avait été un. Le loup-garou qui voyait les humains comme des êtres faibles et misérables, Stiles étant, à ses yeux, une exception à tout – sauf à la maladresse, là, Stiles y était associé jusqu'à la mort... l'avait un jour été. Ouais. À sa place, Derek aussi trouverait ça tordant.
« Il s'est bien gardé de nous le dire. Tu penses que Stiles le sait ? »
Le loup-garou de naissance se tourna vers le mordu et Alpha. Le surnom de son meilleur ami était spontanément sorti de sa bouche. Ça faisait longtemps que ça n'avait pas eu lieu ; surtout que ce n'était pas pour l'accabler d'une faute quelconque. C'était comme si Scott voulait appeler son meilleur ami pour l'avertir de ce qu'ils venaient de comprendre. Ce qu'il venait d'apprendre et de confirmer à Derek.
« Je pense que c'est nouveau pour Peter. Qu'il s'en souvient depuis peu et, comme le bon crétin qu'il est, qu'il n'en a parlé à personne. » Marmonna Derek.
« C'est ça qui le bloque en plus du... des chasseurs, tu crois ? »
« Oui. Il ne doit pas s'en souvenir de façon très agréable. »
« Il dort. » Scott avait fait un bond et donné un coup dans le bras de Derek pour attirer son attention. « Aux dernières réunions, il dormait à chaque fois. C'est quand il dort qu'il se souvient ! »
Fin du vingt-troisième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de chats bleus ronfleurs ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le chapitre vingt-quatre, Il n'est pas lui.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
La personne (les personnes) qui trouvera(ront) le nom de la créature concernée avant que son nom soit révélé (dans une paire de chapitres) pourra (pourront) me donner le prompt de son (leur) choix (personnages ; situations générales ; phrases ou mots à caser etc.)
Skayt
