Hello, hello,
Si quelques détails vous échappent, surtout, n'hésitez pas à me le dire et tout hein :D je me ferais une joie d'expliciter tout ça.
Un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre :D
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 26 - Réalité
Ils étaient tous installés dans la cuisine de l'appartement. Devant leur petit-déjeuner, devant celui que Peter n'avait pas terminé – bien que les toasts au beurre de cacahuètes se soient volatilisés – ou devant une simple tasse de café et quelques biscuits secs, les loups avaient tous quelque chose sous le nez. L'ambiance était tendue. Robin et Leonard, de manière exceptionnelle, ne se disputaient pas, ne se chamaillaient pas « mais c'est affectueux, Derek, tu ne vas pas nous empêcher de montrer notre affection tout de même » et ne se cherchaient pas des noises pour le seul plaisir d'embêter l'autre. Seul Peter pouvait réussir à les mettre dans cet état.
Alex, à l'instar de ses enfants et ses neveux, se demandait se qui se passait du côté de Peter. Il ne comprenait pas. Quelle mouche avait piqué son beau-frère ? Par quel heureux miracle avait-il accepté, comme ça, sans aucun élément déclencheur connu à ce jour, de recréer un quelconque semblant de lien avec le mari de sa défunte sœur ? Pour qu'il décide, le même jour, d'envoyer Derek voir ailleurs ?
C'était vraiment ça, au fond, qui laissait pantois les loups-garous. Qui les inquiétait. Peter et Derek étaient... Peter et Derek, justement. S'ils n'étaient pas inséparables, ils n'étaient pas loin de l'être. On ne comptait même plus le nombre de fois où, plus jeunes, au petit matin, on avait pu retrouver Derek dans la chambre de Peter, son oncle endormi contre lui après avoir passé une nuit affreuse. On ne comptait plus non plus celles où le plus jeune avait préféré rester chez lui plutôt qu'accompagner ses amis à une soirée, afin de ne pas laisser Peter seul à la maison. Presque seul à la maison. Talia et Alex ne laissaient jamais véritablement Peter seul à la maison. Laura ou, dans une moindre mesure, Cora étaient toujours au moins là. Derek plus souvent. Sa sœur aînée lui avait souvent reproché de trop couver Peter, de l'étouffer... force était de constater que ça semblait déranger tout le monde, sauf Derek et Peter, les principaux concernés.
Depuis que Stiles et Peter étaient en couple, encore plus depuis qu'ils s'étaient installés ensemble, ça s'était calmé. Un peu. Pas totalement. En témoignait l'épisode de la matinée, d'ailleurs. On ne changeait pas des années d'habitudes en un claquement de doigts, surtout lorsqu'elles étaient aussi ancrées en eux. Stiles avait eu du mal à s'y faire, à son arrivée.
« C'est moi ou il était pas à la ramasse comme d'hab' ? » Leonard et sa délicatesse habituelle avaient parlé.
Il n'avait pas tort. Tous le savaient ; Alex y compris alors qu'il n'avait plus grand chose à voir avec Peter depuis des années. Peter se perdait souvent. L'humain brillant, doué pour les recherches, à l'esprit alerte et aux répliques mordantes avait disparu en même temps que ses parents. Aujourd'hui, ils avaient tous eu l'impression de le revoir. Ce n'était pas le cas. Ça ne pouvait pas l'être. Peter avait posé trop de questions dont il aurait dû connaître les réponses.
Sa réaction à la vue de Leonard était récurrente. Quand le loup-garou venait passer quelques jours à Beacon Hills, l'incident avait toujours lieu au moins une fois. Sa question au sujet de Laura était plus rare mais pas plus singulière que ça non plus.
« Derek ? » Leonard insistait. Il était le seul à pouvoir le faire. « Y se passe quoi, avec lui ? »
L'Alpha ne savait pas quoi répondre à ça. Il se posait la même question de son côté. Il avait beau chercher, aucune explication dotée d'une once de logique ne lui venait. La veille, tout allait bien. La veille, il s'était réveillé quand il avait senti le côté gauche de son matelas s'affaisser, avait esquissé un sourire quand Peter s'était allongé à ses côtés après avoir glissé ses béquilles sous le lit. Il avait remonté la couette jusqu'aux épaules de son oncle au cours de la nuit mais... rien... tout allait bien. Ce qui s'était passé entre le moment où ils avaient dormi et celui où ils s'étaient réveillés lui échappait totalement.
« J'en sais rien. » Admit Derek. Il tapa sur la main de sa sœur qui s'était voulue compatissante. Cora ne se comportait jamais comme ça. Sauf avec Peter. Peter était toujours l'exception, dans leur famille. « J'appellerai Stiles tout à l'heure. Peter devrait commencer les recherches sur les derniers corps retrouvés... j'en profiterai. »
« J'ai jamais pigé comment tu pouvais accepter de laisser Peter se mêler à tout ça. » Souffla Leonard – encore. « Tu devrais vraiment le laisser en-dehors de tout ce merdier. »
Robin hochait la tête. Il partageait cet avis.
« Il en a suffisamment bavé. Il a pas les épaules pour ça. » Assura-t-il. « Le laisser voir les corps, même en photo, c'est pas lui rendre service. Ni sur du long terme, ni sur du court terme. »
« Le materner et l'infantiliser non plus. » Fit remarquer Alex. Il attira quatre paires d'yeux sur sa personne. C'était un résultat fréquent quand on ne partageait pas l'opinion de la masse. « Peter est un des gamins les plus futés que j'ai rencontrés. Il est un peu à l'ouest mais ça n'y change rien. »
« Bien sûr que si. » Siffla Leonard. « Tu sais combien de fois déjà j'ai dû lui réexpliquer que non, je n'étais pas mort ? Il a tout perdu, à commencer par l'esprit. »
Un petit gâteau, entre les doigts de sa main droite, n'avait de cesse de tourner et tourner au lieu de se laisser manger. Alex soupira et secoua la tête, pas convaincu une seconde.
« Il a perdu beaucoup de choses mais certainement pas l'esprit. » Refusa l'aîné du groupe.
Derek baissa les yeux sur les toasts beurrés dans son assiette aux côtés de ses œufs brouillés – qui étaient initialement prévus pour Peter. Il aurait aimé en être aussi sûr que son père. Il avait beau lui reprocher d'avoir su convaincre Talia, Alpha à l'époque, de ne pas mordre Peter... il ne pouvait qu'être admiratif en constatant que son paternel n'avait jamais perdu confiance en son jeune beau-frère. Il avait toujours su, cru, pensé, imaginé que l'humain s'en sortirait ; qu'il saurait survivre à n'importe quelle galère. Il continuait à y croire aujourd'hui. Cora lut en Derek sans mal. Elle alla cogner son épaule contre celle de son grand-frère et, peu sûre, lui sourit.
« N'en demeure pas moins qu'il ne devrait pas voir des photos de cadavres, bon sang ! » Robin recentrait la conversation sur le sujet initial. « Enquêter sur les quelques créatures qui débarquent en ville, lui montrer les scènes de crime, c'est comme remuer le couteau dans la plaie ! »
« Peter n'a rien perdu à cause de 'quelques créatures'. Ce sont les chasseurs qui lui ont tout pris. »
Alex n'avait pas le discours le plus plébiscité. Il était seul contre tous, ou presque. Non, il était bel et bien seul. Derek et Cora avaient tendance à se ranger du côté de leurs deux cousins. L'Alpha un petit peu moins mais c'était anecdotique. C'était Derek, après tout, qui avait cédé face au regard de chiot que lui avait lancé, un soir, un Peter désireux et décidé à aider un tant soit peu. Derek craquait toujours.
Sa sœur aimait le taquiner à ce propos, l'appelait « Superman » et qualifiait Peter comme sa kryptonite. Leonard et Robin riaient un peu jaune face à cette plaisanterie. Ils craignaient un jour recevoir un appel de Cora qui leur annoncerait que quelqu'un, quelque chose, s'en était pris à Peter pour atteindre Derek.
« Der', t'es vraiment sûr qu'il ne risque rien, à s'en mêler ? Que ce n'est pas mauvais pour lui ? Que ça ne lui fera pas plus de mal que de bien ? »
« Il ne s'occupe d'aucune affaire qui implique de près ou de loin des chasseurs. Celles trop sanglantes, ou autres, il s'en occupe pas non plus. On filtre un peu, Stiles et moi. »
« Et sous quel motif ? » Les yeux plissés, Alex fixait son fils. « Derek ? Tu ne crois pas que Peter peut lui-même savoir si... »
« Non. »
Ça avait le mérite d'être clair.
o o o
Stiles se hâta de contourner la voiture pour aider Peter à sortir. Sa portière restée grande ouverte n'était pas un problème. Il l'aurait probablement fait de base, déjà, au courant que c'était une mauvaise matinée pour son compagnon... mais savoir que Peter n'était pas Peter et ne connaissait pas avec précision les limites de ce corps, humain et blessé, ne lui laissait vraiment plus d'autres choix.
« Grmpf. Je peux m'en sortir avec ces machins. Je crois avoir compris le truc. »
L'hyperactif sourit. Cet homme n'était pas celui auquel il avait initialement cru avoir affaire, n'était pas non plus celui avec qui il voulait avoir affaire, mais il saurait s'en contenter. Pour l'instant. Il changerait peut-être d'avis, et vite, mais tant pis. Ce Peter-ci semblait avoir un caractère différent. Plus insupportable. Plus trempé. Son esprit plus affûté et ses idées bien arrêtées. Il n'aimait pas qu'on l'aide, et ses grimaces et hésitations chez Derek s'expliquaient. Son esprit était... il était là. Peter était là.
Peter était davantage présent qu'il ne l'avait jamais été alors même qu'il n'était pas là.
« Dans la voiture, tu as pourtant admis avoir du mal avec tes béquilles. » Se moqua Stiles en lui tendant les deux appuis en question.
« Pour monter. » Les fesses au bord du siège, Peter avait du mal à se lancer. Il avait beau dire, il avait peur de tomber. Leonard l'avait rattrapé une fois, Stiles n'avait pas ce genre de réflexes.
« C'est... tu peux pas savoir à quel point ça fait bizarre de te voir te souvenir de ça. » Avoua le plus jeune. « J'espère que ton Stiles est conscient de la chance qu'il a. »
La mâchoire de Peter se contracta.
« Mon Stiles t'envierait certainement, tu sais. Vous n'êtes pas tombé sur ma bonne version, faut croire. » Tenta-t-il de plaisanter. Il se releva à ce moment, espérant ainsi couper court à cette conversation qu'il aimerait reporter autant que possible – voire éviter s'il en avait les moyens.
Sa démarche parut fonctionner. Le fils Stilinski n'insista pas. Il cessa de parler pour, plutôt, se contenter d'avancer aux côtés de Peter. Il calquait son allure sur celle de son vis-à-vis sans y prêter attention, habitué.
« Tu verrouilles pas Roscoe ? »
« Tu connais même le nom de ma voiture... » C'était bête mais ça semblait énorme aux yeux de Stiles qui souriait, émerveillé. « Des années que j'essaie de te faire enregistrer 'Roscoe'. C'est pas juste. Je suis jaloux de moi-même. » Il accéléra un peu l'allure afin d'atteindre la porte d'entrée le premier et ouvrir aussi vite que possible. Peter s'en sortait avec les béquilles, il pouvait se permettre de s'éloigner quelques minutes et... visiblement pas. « Merde ! Peter ! »
Peter venait de déraper et était maintenant allongé dans l'herbe. Il avait avancé trop près du bord des dalles. Sa béquille avait été posée à-demi seulement et, quand il s'était appuyé, la chute avait été inévitable pour lui. Ni une, ni deux, réagissant comme si ce n'était pas un tout autre Peter que le sien, Stiles fit demi-tour, laissant le trousseau de clés dans la serrure, pour aller le relever.
Il pestait. Fulminait. Insultait la terre entière, à commencer par les béquilles qu'il considérait responsables de sa chute – bonjour la mauvaise foi, songea Stiles. Ses mains tremblaient et il peinait à refermer ses doigts. Stiles passa un bras de Peter derrière son cou et, comme Derek et lui l'avaient déjà fait plus tôt dans la matinée, l'aida à avancer. Peter s'appuyait un peu plus sur lui que tantôt. Un peu trop. Stiles se garda de le dire.
« Là. Bouge pas. Je vais verrouiller la voiture et récupérer tes béquilles et je suis tout à toi. » Sourit le cadet, passant une main dans les cheveux de son compagnon qu'il venait d'installer dans un fauteuil.
Le coude posé sur l'accoudoir, la tête appuyée dans sa paume de main, Peter ferma les yeux et répondit d'un simple « hmm hmm » distrait. Stiles se demandait s'il ne ferait pas mieux d'appeler Scott pour lui dire de passer plus tard – voire pas du tout – mais préféra attendre. Peter avait une piste plutôt sérieuse et il valait mieux la vérifier le plus tôt possible. Si son meilleur ami partageait son avis, d'ici le milieu de l'après-midi, ils pourraient appeler Derek pour le mettre au courant !
S'ils appelaient l'Alpha, Stiles ne lui dirait pas tout. Par exemple, il ne garderait de mentionner que Peter n'était pas Peter ; sauf en cas de force majeure. Derek risquait de mal réagir et, pourquoi pas, de s'en prendre à son oncle qui ne l'était pas réellement. Nope, ce n'était ni une solution, ni une bonne idée.
« Tu veux quelque chose ? T'as pas vraiment eu le temps de manger, chez Derek. » S'enquit Stiles en revenant et claquant la porte d'entrée derrière lui. Peter grimaça. Raz-le-bol de tous ces bons sentiments à la gomme. « Peter ? »
« Je vais mourir. » Marmonna-t-il en guise de réponse. Pas vraiment ce à quoi Stiles s'était attendu.
« Quoi ? »
« Personne ne me cherche, dans mon monde. Ils savent que si je ne souhaite pas être retrouvé, ils ne me retrouveront pas et... » Peter ricana jaune. « Il ne sauront même pas qu'il m'est arrivé quelque chose jusqu'à ce qu'ils retrouvent mon corps. Le bon côté, c'est que tu n'auras pas à identifié mon corps. Ton père pourra le faire. »
Peter... ou l'art de lâcher des bombes l'air de rien. Stiles se laissa tomber sur le canapé, les yeux rivés sur le second. Cette affirmation le sidérait. Il était pourtant un gars vachement ouvert sur tout ce qui sonnait comme « impossible » au commun des mortels mais là... quand même... non. Si ?
« Pourquoi tu ne voudrais pas être retrouvé ? Je vais m'inquiéter, moi, quand même. » Il leva un sourcil, fronça le nez et secoua un peu la tête. « Non ? »
Ricanement de la part de Peter, pas spécialement convaincu.
« Disons que soit tu dois t'en vouloir d'avoir dit ce que tu as dit et décidé de me laisser de l'espace, le temps que je digère tout ça... soit tu m'en veux d'être parti et attends que je cesse de bouder dans mon coin. » Il connaissait la façon de penser de Stiles, à force. « Dans les deux cas, je suis mort. Encore. »
« Encore ? »
Comment pouvait-on encore être mort ?
« Tu m'as déjà presque tué une fois... et Derek m'a achevé. »
Note pour plus tard, ne pas poser de question à ce Peter. Les réponses étaient plus que perturbantes. Encore une fois, et ça allait franchement finir par devenir une habitude, Stiles haussa bien haut les sourcils. Il le croyait – pourquoi Peter mentirait ? - mais ça lui paraissait tellement énorme. Tout. À commencer par le fait que Peter soit actuellement ici pour raconter sa mort. C'était, ça ne changeait vraiment pas, toujours un peu trop pour Stiles.
« Faudra vraiment que tu m'expliques tout ça ce soir, toi. » Marmonna l'hyperactif qui n'avait pas dû recevoir la note qui réclamait que les questions cessent. « Et pourquoi tu crois que... »
« Ces créatures s'en prennent seulement aux humains. Ou à ceux qui ont, un jour, été totalement humains. » Expliqua Peter, s'enfonçant confortablement dans le fauteuil. « Quand bien même devineraient-ils de quelles créatures il en retourne, ce dont je doute, ils ne sauraient pas que le temps presse pour moi. Ils ne savent pas que... » Il tiqua et agita sa main. « Tu sais. »
« Ta sœur a pris vos souvenirs. » Grommela Stiles. Ils en avaient brièvement parlé en route. « Du coup, Derek ne sait pas que tu étais humain. Ils te pensent en sécurité, à ce niveau. » Peter hocha la tête. « Enfin, c'est s'ils comprennent que seuls les humains sont concernés. »
« Trois humains. Le lien sera vite fait. »
« Certes ». Soupira l'autre. « Mais s'ils trouvent quelles sont les créatures responsables de ça, ils agiront au plus vite, non ? Derek doit pas vouloir d'une victime supplémentaire. » Stiles retrouvait espoir. « Bon, ce sera genre, un peu 'surprise, c'est Peter la victime' mais... vaut mieux ça que 'oups, c'est Peter le cadavre'. J'trouve. »
Peter sourit, un chouïa moqueur.
« Qu'est-ce que j'ai dis ? »
« Chez moi, Derek n'est plus Alpha. Seul Scott l'est encore. »
« Scott ? Un Alpha ? Genre... mon Scotty a tué quelqu'un ? »
« Scott n'a jamais rien tué sauf ma patience et votre amitié. » Cracha Peter. Stiles grimaça. Encore une surprise ; et même pas une bonne. « C'est un Véritable Alpha. » Son interlocuteur haussa un sourcil. Il ne comprenait pas l'appellation. « Une grosse guimauve pleine de bons sentiments qui refuse de tuer les méchants mais qui n'hésite pas à t'en foutre sur la tronche aussi souvent que possible. »
OK. Stiles irait lui-même chercher ce qu'était un Véritable Alpha. La définition de Peter lui semblait bien subjective.
« Scott et moi on a divorcé ? »
« Oui et non. » Le pouce de Peter gratta sa tempe. « Vous essayez de divorcer mais vous n'êtes jamais d'accord sur les termes du ne vivez plus ensemble, vous êtes chacun en concubinage avec quelqu'un d'autre mais le divorce n'est pas prononcé. »
Stiles baissa la tête. Ses genoux présentaient un nouvel intérêt insoupçonné jusqu'alors. C'était difficile à avaler, pour lui, visiblement. Peter ne pouvait l'en blâmer. Le fait étant que sa réalité et cette réalité étaient différentes en de nombreux points. L'ex loup-garou était content pour ce Stiles de ne pas avoir à supporter la perte ou le mépris de Scott. Rassuré aussi de savoir que les événements qui avaient provoqué cette rupture n'avaient certainement pas eu lieux. Ou alors que l'autre Scott était suffisamment malin pour comprendre la situation, voir l'ensemble du tableau plutôt que se concentrer sur une infime partie de celui-ci. Dans les deux cas, Stiles était gagnant.
Le ventre de Peter gargouilla de façon peu discrète. Difficile de contrôler ce genre de bruits. Ça eut au moins le mérite de rompre l'inconfortable silence qui s'était installé entre eux. Stiles sourit et, sans un mot, s'éclipsa dans la cuisine pour préparer quelque chose. Peter en profita pour détailler la maison – le séjour, en tout cas, faute de voir le reste pour le moment. Elle n'avait pas grand-chose à voir avec celle qu'ils avaient achetée quelques mois plus tôt – et vers laquelle allait sa préférence.
Elle était plus petite. Vraiment plus petite ; comme si elle avait rétréci au lavage après avoir été amputée de son premier étage et de son grenier. La décoration était plus sommaire, presque absente. On se croirait chez Jordan ou Derek ! Les murs blancs, à l'exception de celui qui jouxtait le couloir d'entrée, étaient démunis de tout cadre. Seules quelques plantes par-ci, par-là se mêlaient aux meubles habituels. Les-dits meubles étaient, eux aussi, présents au minimum et bien espacés afin de permettre à Peter de pouvoir se déplacer sans mal.
« On va te retrouver. » Assura Stiles en revenant. Il en profita pour enrouler une écharpe autour du cou de Peter afin de masquer la marque qui l'avait convaincu précédemment. « Derek laissera rien t'arriver. Il s'inquiétera que tu sois parti et te trouvera avant qu'il soit trop tard. »
« Derek et moi, c'est pas comme ici. » Rappela Peter, d'un ton brusque. « Il m'a tué ! »
« Je suis sûr qu'il regrette. »
« Non. » Claqua-t-il. « Il ne peut pas. J'ai tué Laura. »
À ces mots, Stiles se figea. Pressé, fébrile, inquiet, et malgré tout conscient que ce Peter avait peu de chance de pouvoir lui faire du mal vu son état, il se recula d'un bon pas, suivi par deux autres. Il shoota par mégarde dans une béquille au moment où il choisissait de quitter le salon pour, plutôt, gagner son bureau. Tout à coup, il n'étais plus du tout sûr de vouloir tout savoir du monde où Peter avait été mordu. Il n'était pas certain non plus de vouloir garder l'homme sous son toit tant que ça ne serait pas le sien. Derek et Cora sauraient s'occuper de Peter. Ils en avaient l'habitude !
o o o
Sans frapper, sans non plus songer à s'annoncer, habitué à ne pas devoir le faire, surtout lorsque sa venue était prévue, on entra. Debout dans l'entrebâillement de la double porte qui séparait le salon du couloir, le loup-garou fraîchement arrivé buga une courte seconde sur la scène face à lui. Il se reprit vite.
« Peter ? » S'alarma un Scott catastrophé. « Stiles n'est pas là ? Il t'a laissé... ça fait longtemps que t'es comme ça ? »
Les genoux au sol, Scott cherchait à déterminer si Peter était blessé ou non. S'il pouvait le relever ou s'il valait mieux appeler une ambulance, ou Derek, ou n'importe qui. S'il arrivait quoi que ce soit à Peter, Scott savait qu'il était un homme mort. Ou loup-garou mort. Tout ce qu'il voulait tant que c'était mort à la fin.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Scott était rassuré de voir Peter ouvrir les yeux et grimacer ; étonné de le voir aussi blasé à sa vue mais n'en pipa mot.
« Je suis tombé. »
« C'est bien. » Souffla le loup. « Enfin non, c'est pas bien, mais... tu t'en souviens, c'est... bien. » L'avantage avec Peter, c'est qu'il était toujours un peu ailleurs et qu'il ne relèverait probablement pas les aberrations que pouvait dire Scott. « Tu veux que je te relève ou... où est Stiles ? »
Peter ne répondit pas. À quoi bon ? Tout ce qu'il dirait à Scott pourrait et sera retenu contre lui et le pousserait à douter. Ou pas. Non. Ici, Peter n'était qu'un humain et Scott un Bêta. Peter était le protégé de Derek, dans cette réalité. Au lieu de penser à ça, ou d'accepter la proposition de Scott, Peter décida d'essayer de se relever. Son menton cogna la moquette l'instant suivant. Le lycan décida d'intervenir. Sans un mot, il aida Peter à se remettre sur ses jambes et le guida jusqu'au canapé.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » Il préférait redemander.
« Suis tombé. » Grommela encore une fois Peter, qui maudissait ce corps qui ne répondait pas correctement.
« Tu veux que j'appelle Derek ? »
« Vous commencez à me les briser, tous les deux, avec Derek. » Siffla Peter, tuant Scott du regard. « Tomber n'a jamais tué personne. Enfin si mais là n'est pas la question. »
« Peut-être, ouais, mais te laisser tomber... je pense que ça tue. » Scott était sérieux. « Tu sais comment il est, avec toi... »
Stiles arriva dans le salon à ce moment. Il fut surpris de ne plus trouver Peter dans son fauteuil mais sur le canapé, à la place. Surtout que les béquilles, quant à elles, n'avaient pas changé de place. Ah. Si. Il y en avait une qui traînait plus loin du fauteuil.
« Tout va bien ? »
Dans un demi-tour presque parfait, Scott se tourna vers son meilleur ami. Son regard se voila de reproches.
« T'es là depuis quand ? »
« Depuis que je suis rentré. »
Pas un pour rattraper l'autre, niveau réponse, songea Scott. Dommage que celles de Peter ne soient pas dites dans l'optique de se moquer de lui. D'après Cora, l'ancien Peter ne se serait pas privé pour se moquer de lui à longueur de temps.
« Vous vous êtes disputés ? » Supposa Scott. À voir sa tête, Peter comprit que soit leurs disputes étaient occasionnelles, soit le loup-garou n'était pas mis au fait de celles-ci. « Pourquoi tu l'as pas aidé à... »
« T'es tombé ? » S'alarma Stiles en se précipitant vers lui, sa rancœur et ses peurs aux oubliettes. « Tu t'es bien réceptionné ? Tu t'es pas fait mal ? Tu t'es pas cogné ? Tu veux qu'on appelle Melissa ? Scott ! Appelle ta mère. »
Sans attendre, le loup-garou avait déjà sorti son smartphone de la poche de son jean et appelait sa mère. Quelques mots balancés comme ça, des phrases à peine construites, suffirent pour faire venir l'infirmière, de repos ce jour. Scott s'empressa d'en faire part aux deux autres avant de s'éclipser à la cuisine pour aller chercher un verre d'eau pour Peter.
« Tiens. »
L'aîné aurait volontiers accepté la boisson fraîche s'il n'avait pas fait office de marionnette géante pour Stiles. L'hyperactif l'examinait sous toutes les coutures, lui tournait et retournait la tête afin de s'assurer qu'il ne saignait pas, qu'il ne s'était pas cogné, qu'aucun bosse était en train de se former.
« Stiles... » Chuchota Peter, sans penser au fait qu'un loup-garou pourrait parfaitement l'entendre, ni se dire que c'était étrange de dire ça. « Je me sens pas bien. »
Stiles passa un bras derrière le dos de son compagnon et l'attira délicatement à lui. Il le laissa poser sa tête sur son épaule et attendit un peu. Il ne fallut pas longtemps pour que Peter sombre, somnole, s'endorme ; Stiles ne saurait trop. Toujours était-il qu'au bout de cinq minutes à peine, Scott était à ses côtés et l'aidait à allonger Peter sur le canapé.
« Tu peux aller ouvrir ? » Demanda l'humain à son meilleur ami. « Ça doit être ta mère. »
C'était bel et bien Melissa McCall qui, contrairement à son fils, venait de sonner. Elle leva les yeux au ciel en voyant qui venait lui ouvrir. Scott et Stiles étaient vraiment particuliers. À bien des égards, leur relation ressemblait à celle qu'entretenait Peter avec son neveu.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » S'inquiéta-t-elle en voyant le couple sur le canapé. « C'est aux urgences que vous devriez l'emmener. »
Peter tourna la tête et la regarda sans la voir.
« Stiles ? Retire-lui son écharpé, s'il-te-plaît. »
Toucher Peter était toujours une opération délicate. On ne savait jamais comment il allait réagir, surtout quand il était ailleurs comme maintenant. S'il ne représentait pas une grosse menace physique, Melissa ne voulait pas l'inquiéter ou le perturber plus que de raison. Elle connaissait suffisamment Peter pour savoir que ça pouvait arriver, même si elle était toujours celle qui s'occupait de lui.
« Nom de dieu... » Souffla Melissa en voyant l'état de son cou.
« Stiles ? » Scott, horrifié, les yeux ronds comme des ballons, interrogeait son meilleur ami du regard. Cette blessure lui disait quelque chose... et pour cause...
Fin du vingt-sixième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de schtroumpfs déguisés en capybaras ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le chapitre vingt-sept, Question d'humanité.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
La personne (les personnes) qui trouvera(ront) le nom de la créature concernée avant que son nom soit révélé (dans une paire de chapitres) pourra (pourront) me donner le prompt de son (leur) choix (personnages ; situations générales ; phrases ou mots à caser etc.)
Skayt
