Hello, hello,
Si quelques détails vous échappent, surtout, n'hésitez pas à me le dire et tout hein :D je me ferais une joie d'expliciter tout ça.
Un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (et c'est du boulot !)
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 27 - Question d'humanité
« Je pense savoir à quoi on a affaire. »
Faire réagir le monde alentour n'était pas quelque chose de compliqué. Pas dans le monde de Stiles, en tout cas. Le plus souvent, il lui suffisait d'ouvrir la bouche pour obtenir une réaction, peu importe laquelle. Il ne laissait personne indifférent. Il agaçait les gens, les ennuyait, les amusait – qu'il le veuille ou non – mais il y avait toujours quelque chose. Aujourd'hui ne dérogea pas à la règle.
Les deux loups-garous, pourtant familiers à Stiles et ce qui le rendait aussi Stiles, justement, ne manquèrent pas se tourner vers l'humain d'un même homme pour le dévisager. Aurait-il annoncé qu'un météore géant allait percuter la Terre sous quarante jours et annihiler toute forme de vie à la surface que les lycanthropes n'auraient pas réagi autrement. Ou peut-être auraient-ils été un peu plus catastrophés ? Allez savoir...
« Comment tu peux sa- » Commença Scott avant de s'arrêter net. Il sonnait un peu trop vindicatif, là, non ? À en juger les sourcils haussés et le regard entendu de Derek, il l'était, oui. « Ah. »
Le problème avec un « ah », et tout le monde serait d'accord là-dessus, c'est que c'était nettement moins facile à traduire, à comprendre puis à analyser qu'un « comment peux-tu savoir ça, Stiles ? Tu n'as même pas de bestiaire sous la main ». Le fait étant aussi que Stiles parlait couramment le Scott. Moins couramment qu'avant mais il n'avait pas tout perdu. Il lui restait les bases et le vocabulaire.
« Tu te souviens, à la réunion, quand j'ai dit que Peter savait déjà pour les corps et qu'il avait déjà quelques pistes ? » Demanda l'humain qui rongeait son frein. Il voyait que l'Alpha faisait des efforts, il décida donc d'en faire aussi de son côté. « Bah il avait déjà quelques pistes. »
Un téléphone vibrait et sonnait. Derek et Stiles se tournèrent de concert vers Scott qui bataillait avec sa veste pour en sortir l'objet honnis. L'appel s'arrêta avant que le loup-garou ait eut le temps de décrocher. Veste 1 – Scott 0. L'Alpha grimaça quand il reconnut le numéro du cabinet. Deaton devait se demander ce qu'il faisait et s'il comptait revenir. Tant pis. Il le rappellerait plus tard. Alan comprendrait qu'une urgence de meute était plus importante ; que les récents morts retrouvés avaient la primeur. Il se tairait quand il saurait que Derek, Stiles et lui savaient pour Peter. Le vétérinaire-émissaire les féliciterait sans doute et affirmerait qu'il avait toujours su qu'ils comprendraient par eux-même ce qui se passait chez Peter. Quant à savoir si ce serait vrai... ce serait une autre paire de manche.
« Il faut qu'on trouve Peter. »
Stiles tourna, une fois encore, à croire qu'il ne faisait plus que ça, la tête vers Scott qui venait de parler. Son ami avait décidé de le surprendre, aujourd'hui, y avait pas à dire. En plus de se montrer presque gentil et agréable, Scott n'avait pas encore cassé de sucre – ni de chaise, ni rien du tout – sur le dos du Hale absent. Pour un miracle, c'en était un de taille.
« Et comment ? C'est de Peter dont on parle, là. Comment tu penses pouvoir le retrouver ? »
« Debout. » Scott ne lui laissait pas le choix. C'était quelque chose qu'il faisait de plus en plus, ne pas laisser le choix aux autres. Avant, Stiles aurait pu trouver ça bien, un Scott un peu plus autoritaire et à l'aise dans son rôle d'Alpha... mais vu les récents événements...
« Quoi ? » Souffla l'humain, perplexe. « Non. »
« Debout. On va chercher Peter. »
« Et je t'ai demandé comment tu comptais t'y prendre. »
Le Bêta présent soupira. Las. Peu importait, au final, la relation qu'entretenaient Stiles et Scott, qu'elle soit au beau fixe ou pas. Qu'ils soient amis ou non, qu'ils s'entendent ou non, le duo était toujours épuisant lorsqu'il était ensemble. Se contredire et se tirer dans les pattes, plus ou moins gentiment, étaient leurs activités préférées. Derek ne dit rien. Ils risqueraient encore de se liguer contre lui. Il préférait se montrer prudent.
« Peter est forcément quelque part. »
« Noon. Jure ! » Se moqua Stiles, les dents serrées.
Scott ne se laissa pas démonter. Pour une fois, il n'allait pas plier l'échine face à Stiles et se taire alors qu'il n'en avait pas l'envie ; bien qu'il reste décidé à faire amende honorable auprès de Stiles et Peter.
« S'il n'est plus chez vous et qu'il n'est pas chez Derek, il doit être à l'hôtel, non ? » Suggéra l'Alpha. « Ou alors il est parti au Mexique voir Cora... mais je crois pas. »
L'humain ne répondit rien. Les yeux ronds, l'air un peu stupide de l'avis de Derek – avis qu'il garda pour lui – il était en train de se dire qu'il aurait pu penser à ça tout seul, comme le grand garçon qu'il est. Mais non. Non ! À la place, c'était Scott qui y pensait le premier. Incroyable ! Peter allait être tellement déçu en l'apprenant.
« J'ai du mal à voir Peter dormir dans sa voiture, ouais. » Confirma Stiles. « J'ai pas pensé aux hôtels et motels, en plus. Quel crétin ! » Il se tapa le front. Ça aurait dû être les premiers endroits qu'il aurait fallu vérifier, plutôt que la cabane paumée dans la réserve et autres bêtises du genre.
o o o
Deux loups-garous et un humain sont dans une Jeep, dit comme ça, ça ressemblait au début d'une mauvaise blague – aux yeux de l'humain en question, en tout cas. Scott conduisait pendant que Stiles, à la place du mort, cherchait sur son téléphone et lisait les adresses de tous les hôtels et motels de la ville. Derek, à l'arrière, essayait de tempérer les deux amis. Il se sentait obligé de faire l'arbitre. Il n'aimait pas ça.
« Mais je t'avais dit de tourner à droite ! »
« Tu m'as dit de tourner à la prochaine à droite. »
« Mais c'était ça, la prochaine à droite, du gland ! » Stiles, désolé, secouait la tête. Il aurait mieux fait de conduire et laisser Derek le guider. Ou l'inverse. Mais confier une mission aussi importante à Scott était insensé, Alpha ou non. « Tuez-moi, j'en peux plus. »
La tempe contre la vitre, son portable dans la main droite, attendant que sa page charge, Stiles était malgré tout content d'avoir Scott et Derek à ses côtés pour chercher Peter. Avec deux loups-garous avec lui, tout semblait devenir plus facile. Ce n'était qu'une illusion mais c'était mieux que de réellement patauger dans la semoule sans rien pouvoir espérer. Et mieux valait galérer à trois que tout seul !
« Ce n'est pas grave, Stiles. » Intervint Derek. « Il y a un autre motel, pas loin. On passera d'abord vérifier celui-là avant de faire demi-tour. »
L'humain hocha la tête et n'accabla pas davantage l'Alpha de reproches aussi futiles qu'inutiles. Il était d'accord pour remettre le motel numéro trois à plus tard et passer directement au numéro quatre. Qu'est-ce que ça changerait, après tout. La numérotation avait été arbitraire et non par « probabilité d'y trouver Peter ».
Stiles le fut plus encore lorsque, sur le parking du motel qu'ils n'étaient pas supposés passer voir aussi tôt dans l'après-midi, Stiles reconnut la Chrysler disparue. La plaque d'immatriculation était bonne. Tout était bon. Tout semblait bon. Stiles n'en devenait pas de retrouver Peter grâce à une bonne idée de Scott. Grâce à une idée de Scott, même, pas besoin d'aller plus loin, ça restait étonnant.
On laissa tout juste le temps au conducteur de se garer. À peine la voiture arrêtée, Stiles filait déjà hors de la Jeep pour se précipiter vers l'autre voiture. Il tenait à s'assurer, une bonne fois pour toute, que c'était bien la bonne. Ça avait presque été trop facile !
« Mais c'est une habitude, ma parole... » Grogna Derek, à l'arrière.
« De quoi ? »
« Il m'a déjà fait le coup quand on est allés récupérer Peter. » Expliqua le Bêta. « Tout plaquer et partir comme une fusée. »
Triste et résigné, Scott tenta un sourire, le regard toujours rivé sur le dos de Stiles qui tournait autour du second véhicule. À le voir se comporter de la sorte, on aurait pu croire qu'il prévoyait de la voler. La discrétion n'avait jamais été le fort de Stiles. Et l'idée n'était pas si absurde que ça ; elle commençait à le devenir lorsqu'on se souvenait de quel côté de la loi se trouvait l'humain – et encore, pas tout à fait – et qu'on se rappelait que ce n'était pas son genre – pas aux dernières nouvelles en tout cas.
« Passe mes clés. » Ordonna Stiles, qui venait de revenir en courant. « Scott ! Mes clés ! »
« Hein ? »
« Mes clés. » Il était passablement agacé. Il n'avait pas de temps à perdre. Un mauvais pressentiment commençait à lui tordre le ventre.
Derek, le premier, sentit le changement chez Stiles. L'odeur de l'hyperactif était quelque peu différente de celle qu'elle avait été tantôt. Plus forte. Plus aigre. Il commençait à douter, à s'inquiéter, à s'imaginer le pire alors même que, quelques instants plus tôt, il transpirait l'espoir.
Scott, mais c'était aussi le cas des autres Bêtas de la meute, quoique de façon moins flagrante que pour leur Alpha, ne se fiait pas à son odorat autant qu'il le faudrait. Ils préféraient tous passer à côté de quelque chose plutôt que se risquer à une mauvaise interprétation. Lydia et Mason avaient supposé que c'était, là encore, parce que ces habitudes étaient profondément ancrées en Derek et Peter. Nés loups, ils étaient bien plus en symbiose avec leur loup et les sens de ce dernier. Leurs dernières découvertes tendaient à infirmer cette hypothèse. Peter avait beau ignorer avoir été humain par le passé, ne plus avoir eu aucun souvenir de cette époque... il ne pouvait pas avoir des réflexes de loups de naissance. Ce n'était... pas possible. Avoir grandi entouré de loups-garous pouvait, par contre, avoir joué un rôle.
L'aîné du petit trio, sans mot dire, décida de suivre le fils du shérif. Quelle autre solution que celle-ci pour savoir ce qui clochait aux yeux de l'agent ? Sur le trousseau de clés de Stiles, aux côtés des clés de son casier du commissariat, de la clé de la maison et de ses propres clés de voiture – tant qu'à faire – se trouvait, depuis peu, un double de celles de Peter. L'humain l'avait retrouvé quelques jours plus tôt et s'était dit que savoir où il se trouvait pouvait être utile. Si jamais Peter, un matin, égarait une nouvelle fois les siennes... au moins n'aurait-il aucun raison pour embarquer la Jeep. Aucune autre que celles consistant à embêter son monde.
« Stiles ? » Derek posa une main sur l'épaule de celui qui venait d'ouvrir le coffre. « Stiles ? Tout va bien ? »
« Impec. » Grinça l'autre. Les dents serrées, les poings serrés, on aurait pu se méprendre et penser le contraire. Stiles inspira et, de l'index, désigna ce qui se trouvait sous leurs yeux. « Y a sa valise dans le coffre. » Il soupira. « Pourquoi y a sa valise dans le coffre. » Fronça les sourcils. « Il devrait avoir sa valise avec lui. » Stiles secoua la tête. « Dans sa chambre. Pourquoi... » Il soupira de nouveau. « Pourquoi cet abruti doit-il être encore plus doué que moi pour s'attirer des ennuis, tu peux me dire ? »
« Stiles... »
Le parking était pour ainsi dire désert. À l'exception de la Jeep à la peinture défraîchie et la portière passager enfoncée et défoncée, de la Chrysler qui occupait leurs pensées et de deux autres voitures garées, quant à elles, juste à l'entrée du motel... il n'y avait personne. Le motel était un peu plus cher que les autres en ville. Mieux géré mais plus coûteux. Si les différents établissements avaient été classés par « probabilité d'y trouver Peter », celui-ci aurait été en tête de liste.
Stiles se demandait s'il pouvait se risquer à aller voir à l'accueil pour leur demander s'ils avaient vu Peter. Avec un peu de chance, la réponse serait positive et on leur donnerait le numéro de la chambre du loup-garou et...
Bon. D'accord. Avec beaucoup de chance, en fait.
Scott avait devancé les pensées de l'hyperactif – ou presque. Les yeux fermés, concentré, il s'était fixé sur ce que se disaient Stiles et Derek. Sentir les doutes du premier n'était pas compliqué. Pas plus que deviner ce qu'il comptait faire ensuite. Autant leur faire gagner un peu de temps – temps dont ils ne disposaient pas – et d'aller lui-même interroger le réceptionniste au sujet de Peter.
« Quelqu'un qui ressemblait à Peter, Peter donc, est venu y a deux jours. Pas hier soir. » Signala Scott, arrivant à leurs côtés. « Mais la voiture est là depuis hier. »
Hagard, Stiles s'appuya contre elle.
« Peter a disparu. » Souffla-t-il. « C'est ça ? »
Les regards des loups-garous se croisèrent. Leur sourire, plus proche de la grimace, en disait long.
« D'après le mythe du roi Lycaon, être un loup-garou, c'est pas déjà supposé être une malédiction, les gars ? Non parce que là... je crois bien qu'on a maudit le maudit, hein ! C'est pas possible autrement. Comment Peter peut autant attirer les ennuis, c'est... » Un camion qui passait fit sursauter Stiles qui jura entre ses dents. « Où est Peter ? Scott ? Où... »
Mu par une sorte d'entité supérieure invisible à l'œil nu, ou pas supérieure du tout mais quand même invisible, Scott s'approcha de Stiles. Ça ne leur arrivait pas. Ça ne leur arrivait plus. Ça faisait des années que ça avait cessé. L'Alpha n'allait plus conduire derrière la voiture des Stilinski pour essayer de convaincre Stiles de ne pas aller à Eichen House. Stiles n'allait plus chercher à embarquer Scott dans de folles recherches nocturnes – et pour cause. Ils ne se cherchaient plus. Ils se touchaient encore moins. Que Scott aille étreindre Stiles était une réelle surprise, pour Derek. Que Stiles soit aussi réceptif et s'accroche à la veste du loup encore plus.
« Je sais que tu l'aimes pas mais... j'ai... je... tu m'aimes pas non plus, c'vrai, mais... » Sa voix était étouffée par le vêtement de l'Alpha. « Der' et moi on peut pas le perdre »
« On ne va pas le perdre. » Promit Scott. « Je vais appeler les autres pour les prévenir et leur demander de passer à la maison ce soir. Je rentrerai leur expliquer, pendant que Derek et toi chercherez Peter. On s'y mettra tous. » Derek hocha la tête et souriait. Voir Scott prendre les devants et décider de la marche à suivre lui plaisait. Comme quoi, le plus jeune en était capable. « Cet après-midi, on va étudier la créature que Peter soupçonnait être responsable des meurtres. Selon les éléments, on délimitera des zones de recherches prioritaires et... on le retrouvera. D'accord ? »
« Tu peux appeler mon père, aussi ? On aura besoin du plus de monde possible, et... »
« J'appellerai ton père aussi, oui. »
« Pourquoi tu fais ça ? » Marmonna Stiles. Le front posé sur l'épaule du loup, ses mots se faisaient plus distincts. « Tu nous aimes pas. Tu nous fais pas confiance. Tu nous détestes. »
« Si je vous détestais, je ne serais jamais venu vous aider à déménager. »
Les doigts de Stiles s'accrochèrent aux manches de la veste marron que portait Scott. Il regrettait d'entendre ces mots aujourd'hui. Dans cette situation. Il aurait aimé y avoir droit il y a quelques jours, quelques semaines, quelques mois... quelques années.
« C'est facile de dire ça après coup. »
« C'est facile de dire ça après coup. » Confirma Scott. « Mais on va trouver Peter et... tout ira bien. »
« Jusqu'à ce que plus rien aille. » Ça puait l'amertume. « C'est toujours comme ça que ça finit... par un nouveau problème qui commence. »
o o o
La meute avait été réunie en un temps record. Stiles et Derek s'interrogeaient sur la manière dont Scott s'y était pris. Quel habile stratagème l'Alpha avait-il été trouver pour convaincre tout le monde de venir alors qu'aucune réunion n'était prévue ; il fallait bien laisser le temps à l'équipe de recherche de chercher, justement. Tout le monde était présent. Vraiment tout le monde. Malia, Kira, Liam, Mason et Isaac, ce qui n'était pas plus étonnant que ça. Lydia et Jordan, côte à côte et visiblement en désaccord, l'était davantage, par contre. Christopher c'était, à n'en pas douter, l'œuvre d'Isaac. Quant à John... lui était d'office hors jeu. Stiles avait cru devoir lui-même joindre son paternel pour le sommer de venir. Mais non. Pas besoin. Scott avait su convaincre le shérif en une phrase et dix mots. Ou peut-être un peu plus. Certainement un peu plus. Stiles n'avait pas réellement compté.
« Euh... on attend pas Peter ? » Isaac avait parlé. « Y a pas pu se libérer, c'est ça ? » Isaac aurait mieux fait de se taire. Isaac, mais les autres aussi, le réalisèrent vite. Le Bêta fronça les sourcils et, tour à tour, regardait Stiles, Derek et Scott. « Qu'est-ce qui se passe ? »
L'épaule appuyée contre le mur, les bras croisés, le visage fermé, Parrish regardait tout le petit monde réuni dans le salon de l'Alpha et de la Kitsune. Lydia était toujours à côté de lui. Ils avaient cessé de se disputer et, plutôt, se jetèrent un regard en coin au moment où Isaac posa sa question. Ils venaient de comprendre que Peter ne serait pas de la partie et qu'ils avaient eu plus que raison de se méfier et de craindre la suite des événements.
« Qu'est-ce qu'il a fait ? » Voulut savoir Malia, tendue. Comme une bonne partie de la meute, elle avait tendance à se méfier de ce que pourrait faire l'ancien Alpha.
« Il a disparu. »
« Après avoir fait quoi ? » Cette fois c'était à Mason de parler.
Il n'était pas étonnant que ces deux-là soient les premiers à remettre en cause Peter ; à penser qu'il avait – encore – fait quelque chose de moralement répréhensible. Ils avaient soutenu Scott quelques jours plus tôt, après tout, et, contrairement à leur Alpha, n'avaient pas la moindre raison de réviser leur jugement.
« Après s'être garé devant un motel. » Asséna Stiles. Il mettait Malia et Mason au défi d'en dire davantage.
« OK. Je crois que j'ai loupé un truc, là. » Liam se passa une main dans les cheveux et zyeuta discrètement – ce que tout le monde remarqua donc peut-être pas si discret que ça – vers Derek et Stiles. Les deux semblaient vraiment anxieux. Scott aussi. Que le troisième se sente à ce point concerné l'inquiétait. Ça ne pouvait que sentir le roussi.
« Un troisième corps a été retrouvé ce matin. » Jordan et John eurent le même sursaut et froncement de sourcils. Ils étaient ici pour Peter. Ça leur paraissait clair, alors... pourquoi ? « On pense qu'ils ont été drogués avant d'être vidés de leur sang et... ça ressemble au modus operandi d'une créature en particulier. »
« Peter y avait déjà pensé y a quelques jours. Après les premiers corps. » Crut bon d'intervenir Stiles pour apporter quelques menues précisions. Il était tendu et vigilent comme à chaque réunion. Plus. Peter n'était pas là. « C'est pour ça qu'on y est déjà. On est pas encore tout à fait sûrs que c'est bien ça mais... presque. »
Scott corrobora les mots de l'humain d'un signe de tête. Il n'avait pas été présent lorsque Peter avait émis cette hypothèse – puis le Bêta n'avait plus été présent pour la leur mentionner – mais les recherches qu'ils avaient faites cet après-midi tendaient, en effet, à la confirmer.
L'après-midi durant, les deux lycanthropes, et l'humain qui les accompagnait, avaient épluché les bestiaires, celui des Hale comme des Argent, et internet, la partie émergée de l'iceberg comme celle immergée – et qui donnait des cheveux blancs à Derek. Ils avaient repéré tous les locaux abandonnés de Beacon Hills ; les coins reculés et rarement visités. Les endroits parfaits, donc, pour s'établir, vider quelques malheureux de leur sang pour ensuite disparaître sans laisser de trace. Sans que personne ne les soupçonne d'être passés. À part quelques cadavres laissés derrière pour témoigner, ils auraient été comme invisibles. Invincibles aussi. Difficile de battre ceux que l'on ne voyait pas.
« Vous avez quelque chose de concret ? Déjà ? » S'étonna John. Il avait vraiment cru que ce serait plus long. Peter venait de gagner de nombreux points, sans chercher à le faire, auprès de son beau-père.
« Le point commun des trois victimes, outre le fait d'avoir été vidées de leur sang, d'avoir été droguées et d'être mortes... elles étaient toutes les trois humaines. » Expliqua Scott. « Ça ne nous a pas tout de suite sauté aux yeux mais... »
« Au risque de briser vos espérances... » Intervint Lydia, une main sur la hanche. « Si la créature qui sévit à Beacon Hills s'en prend uniquement aux humains... Peter ne peut pas faire partie des victimes. »
Plusieurs têtes ballottèrent de bas en haut. Ils approuvaient les dires de Lydia.
« Outre le fait que vous êtes tous humains, en plus d'être quelque chose d'autre... » Commença Stiles. Son regard survolait les différents membres de la meute. Il soupira quand il les vit tous suspendus à ses lèvres. « C'est un peu plus compliqué que ça. »
« Explique alors. » Isaac. Évidemment. Qui d'autre qu'Isaac pouvait se montrer aussi... Isaac ? Derek excepté. Ils ne s'étaient pas entendus pour rien.
« Ils repèrent la partie humaine en vous. En leurs victimes potentielles. » Stiles reçut une petite dizaine de regards interloqués. « Disons que... » Voilà ! C'est aussi à ça qu'ils auraient dû passer l'après-midi : chercher une manière simple et rapide d'expliquer comment Peter avait pu finir dans les mains d'une créature qui ne s'en prenait qu'aux humains. « Ceux qui naissent surnaturels ont quelque chose que ceux qui le deviennent n'ont pas. Ou inversement, en fait. Plutôt l'inverse, ouais. » Expliqua Stiles, s'aidant de ses mains. L'air ahuri de Liam et Isaac voulait tout dire. « Quand vous n'êtes qu'humain vous n'êtes qu'humain. Quand vous êtes un loup-garou, vous êtes humain ET loup-garou. »
Ils hochèrent la tête. Jusque là, rien de trop compliqué pour eux. Ils arrivaient encore à suivre ce que racontait Stiles.
Lorsque Scott avait joint Isaac pour lui demander de passer le plus vite possible chez lui, le loup-garou était en compagnie de Chris. Dans le canapé, les jambes croisées, un sourcil haussé, le chasseur avait demandé à son protégé s'il voulait qu'il l'accompagne. Pour que l'Alpha organise une réunion exceptionnelle, il y avait forcément un soucis.
Chris, debout derrière Isaac, craignait de comprendre. C'était impossible.
« Quand vous êtes humain, vous n'êtes qu'humain... mais vous n'êtes plus que humain quand vous devenez un loup-garou. Vous êtes humain et loup-garou. Sauf qu'une... » Stiles grimaça. C'est là qu'il allait les perdre. « Une partie de vous garde en mémoire que vous avez, un jour, été juste humain. C'est comme quand vous supprimez un truc de votre ordinateur et que vous videz la corbeille ensuite. En vrai, vous le supprimez jamais vraiment. Y a toujours moyen de le récupérer. Ou presque toujours. Mais on parle pas d'informatique, là, donc oubliez. » Bingo. Ils étaient paumés. « Euh... » Il passa sa langue sur ses lèvres, cherchait ses mots. « C'est... c'est ça que la créature repère et c'est comme ça qu'elle intercepte ses victimes. Qu'elles interceptent car on pense qu'il y en a plusieurs. »
Malia haussa un sourcil. Dans le canapé, à la place habituellement occupée par Peter, et que personne ne songerait à lui piquer s'il avait été présent, la coyote comprenait sans comprendre. Seul Chris releva la tête pour regarder vers le trio, formé de Derek, Stiles et Scott.
« Ne dites pas que... » Le chasseur secoua la tête.
Ils ne répondirent rien.
« Peter est un mordu ? » Chris était à peu près sûr de sa déduction... mais il avait tort. N'est-ce pas ?
Fin du vingt-septième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de limaces volantes ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le chapitre vingt-huit, Croisements.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
La personne (les personnes) qui trouvera(ront) le nom de la créature concernée avant que son nom soit révélé (dans une paire de chapitres) pourra (pourront) me donner le prompt de son (leur) choix (personnages ; situations générales ; phrases ou mots à caser etc.)
Skayt
