Hello, hello,
Si quelques détails vous échappent, surtout, n'hésitez pas à me le dire et tout hein :D je me ferais une joie d'expliciter tout ça.
Un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (et c'est du boulot !)
Pour les reviews, je m'y mets bientôt (MHTH sera en prio)
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 30 - L'inconnu
Stiles était installé dans un coin de la chambre, près de la fenêtre. Avachi sur le siège de bureau de Peter, qu'il avait fait rouler jusqu'ici, il avait l'impression d'avoir passé l'éternité à ne rien faire d'autre que veiller sur le loup-garou – ce qui n'était déjà pas si mal. Il s'assurait que celui-ci dormait, ne cauchemardait pas de nouveau ; il vérifiait que Peter se reposait vraiment et ne se mettait pas à paniquer pour une raison ou pour une autre. Ne pas quitter Peter des yeux, en plus, avait le don de l'empêcher de s'inquiéter et de se demander de quelle façon le lycanthrope allait, la prochaine fois, réussir à s'attirer des ennuis.
Ah ! Justement… quand on pensait au loup, le voilà qui se réveillait péniblement.
Chris et John avaient été les seuls à garder un œil sur la pendule. L'heure tournait sans que Peter revienne à lui. Sans que Stiles et Derek acceptent de s'éloigner de lui. Scott s'était plusieurs fois approché pour s'enquérir de l'état de son Bêta négligé, mais s'était toujours rapidement éloigné. Il comprenait mieux sa mère quand, le soir, lorsqu'elle rentrait du boulot et qu'il lui demandait si ça s'était bien passé, elle lui marmonnait que les proches des patients étaient souvent plus pénibles que les patients eux-mêmes.
Après deux heures à attendre que le loup-garou dans le coaltar se réveille – et Stiles refusait, malgré l'insistance d'Isaac, d'utiliser la technique du prince charmant, ce qui compliquait les choses – ils avaient décidé de mettre tout le monde dehors. Liam et Mason ne s'étaient pas fait prier. Pas plus que Lydia ou Malia. Kira avait parlementé un moment avec Scott avant de passer à l'étape « chantage » pour le faire s'en aller – ce qui avait étonné Stiles, qui s'était gardé de le mentionner. Christopher avait tiré Isaac derrière lui tandis que John confiait à Parrish la garde des deux andouilles, rien que ça. Était resté Derek, qui avait admirablement bien su faire oublier sa présence à tous les autres, installé près du canapé. Le Bêta avait soupiré, s'était relevé et avait proposé de monter Peter dans la chambre, plutôt, avant de s'en aller. Stiles avait accepté.
La pièce avait beau être à moitié plongée dans l'obscurité, Peter grimaça quand même. Il entrouvrit les yeux qu'il referma aussitôt. Il tourna la tête, le nez vers la porte plutôt que la fenêtre. Trop de lumière pour ses yeux encore ensommeillés. Il grogna. Il n'avait pas encore totalement récupéré et ça l'agaçait. Beaucoup. Il avait beau vivre avec ce « petit problème » depuis – presque – toujours, il n'avait pas pour autant appris à l'apprécier. Jamais. Stiles, plus alerte que lui, se jeta hors de son siège et alla aux côtés de son compagnon.
« Ne bouge pas. » Conseilla-t-il à voix basse.
L'autre, en guise de réponse... grogna une nouvelle fois. Lorsque Peter était blessé, les quelques points qu'il avait de commun avec Derek refaisaient soudainement surface. Stiles s'en serait bien passé.
« Vous faites un concours, dis, Derek et toi ? À celui qui sera le plus souvent en danger de mort ? » L'humain demandait, l'air de rien. Il attrapa le verre d'eau posé sur la table de chevet, à côté de la lampe toujours explosée qu'ils n'avaient pas encore ne serait-ce que songé à remplacer – ils avaient légèrement eu d'autres chats à fouetter, ces derniers jours, après tout – et aida Peter à en boire quelques courtes gorgées. Peter qui n'oublia pas d'exprimer son mécontentement à renfort de grognements en tout genre. « Parce que je pense que tu peux ralentir le rythme, voire même carrément faire une pause, là. Tu as quelques années d'avance sur lui. »
Jordan, au rez-de-chaussé et bien que dépourvu de la moindre ouïe surnaturelle, avait entendu le début d'agitation à l'étage. Il avait tenu à monter voir ce qui se passait. Bien qu'il y ait de fortes chances pour que ce soit juste Peter qui se réveillait, mieux valait vérifier. L'oreille aux aguets, l'adjoint voulait s'assurer que tout allait pour le mieux pour les deux aimants à ennuis qu'étaient Stiles et Peter – à croire qu'ils faisaient un concours de celui qui serait le plus souvent en danger de mort. Les chances pour qu'un nouvel ennui leur tombe sur le coin de la figure ici-même et ce soir étaient relativement minces. Mince n'était pas nul. Et le couple tendait à défier les probabilités.
« Pas de concours. » Promit Peter. « C'est inné. »
« Crétin. » Sourit Stiles en le rallongeant. Le lycan en roula des yeux. Sérieusement ? « Et, au pire, si vraiment vous faites un concours... laisse-le gagner. Pour une fois, il gagnera quelque chose. » Bien qu'il ait eu un large panel de réactions possibles, Peter préféra rouler une seconde fois des yeux. « Et ça nous évitera de perdre quelque chose. Tu guéris lentement, je te rappelle. »
« Et c'est toi qui dis ça ? »
« Hey ! C'est pas moi le loup-garou supposé avoir de super pouvoirs de guérison, hein. »
Peter grimaça. Jordan également. Ce n'était pas très délicat de la part de Stiles de présenter les choses de cette manière ; de les formuler de cette façon. Surtout lorsque le principal concerné était au lit pour un petit bout de temps – en échelle loup-garou, heureusement pour à peu près tout le monde.
« Ma guérison lente reste plus rapide que ta guérison normale. » Grommela Peter, qui n'allait pas laisser Stiles gagner aussi facilement la bataille. « Mon super pouvoir de guérison compte. »
« Non, il compte pas. »
« Si, il compte. »
« Non. »
« Si. »
« Non, et Alan passera te voir ce soir. »
Changer de sujet pour couper court à un combat de oui/non était la seule idée qui était venue à l'humain. Non sans avoir habilement glissé un dernier « non ». Le loup ne dissimula pas son agacement. Quant à savoir si c'était car la conversation avait dévié avant qu'il puisse avoir le dernier mot ou parce qu'on avait mentionné Alan... la seconde option était certainement la bonne.
« Je sais. Tu ne veux plus avoir affaire à lui... mais c'est encore notre émissaire. »
« Tu es notre émissaire. »
« Je ne suis pas votre émissaire. »
« Si. Tu l'es. Clairement, tu l'es. »
« Non. »
« Si. »
« Non. »
L'adjoint du shérif, et équipier à temps plein de Stiles, sourit. Les entendre se chamailler pour des broutilles pour la seconde fois en deux minutes était rassurant. Les difficultés des dernières semaines semblaient loin, tout à coup. Semblaient, seulement, mais c'était déjà un bon début. Peter acceptait enfin d'être proche de Stiles. Il lui parlait, souriait, le taquinait.
Tout semblait aller pour le mieux ; et ça se vérifiait par ce second duel de oui/non qui commençait alors que le premier s'achevait à peine. Jordan pourrait l'annoncer à Derek et John, qui se faisaient un mouron pas possible à ce sujet. Et à Scott aussi. L'Alpha faisait des efforts, il pouvait bien lui donner un coup de main pour se refaire une place près des deux infernaux.
« Tu m'aides à garder une connexion avec mon humanité. » Souligna enfin Peter, espérant ainsi faire taire l'agaçant personnage accroupi près de lui et qui passait sa vie à le contredire.
Stiles gonfla les joues, pas content. De son point de vue, Peter venait très clairement de tricher en utilisant une de ses bottes secrètes – plus si secrète que ça, du coup. En temps normal, ça aurait valu au loup-garou un coup de coude dans les cotes ou, à minima, un tirage d'oreilles dans les règles de l'art. Stiles préféra s'abstenir. Peter avait vraiment trop sale mine pour qu'il l'amoche un peu plus... et même s'il y avait de nets progrès dans leur relation, il souhaitait rester prudent et ne sauter aucune étape.
« Tu m'aides à garder une connexion avec mon humanité. » Répéta le loup. C'est qu'il aimait tourner le couteau dans la plaie, en plus, le bougre ! « Tu protèges la meute. Toute la meute. Tu n'as pas peur d'un membre de la meute. Tu te mets, bien que, clairement, personne soit d'accord avec ça, systématiquement en danger pour nous et- »
« Vous êtes ma famille ! » S'indigna Stiles.
Au diable les réserves pleines de bons sentiments. Peter méritait qu'on lui tire une oreille... et c'est ce qu'il fit.
« Bien sûr que je vais me mettre en danger pour vous. Vous vous mettez constamment en danger pour moi. »
« Tu t'y connais en surnaturel. » Poursuivit Peter, après avoir chassé la main de Stiles qui s'attardait dans ses cheveux. « Tu sais faire les recherches lorsque tu ignores la réponses. Tu ne donnes pas les informations au compte-goutte, à mesure que les choses empirent. Tu nous aides pour nous aider, et non parce que tu as besoin de nous pour rester en vie et ne pas te faire tuer par la connerie de monstre qui débarque en ville. »
Sur le pas de porte, Parrish constatait que son avis sur Deaton différait peu de celui de Peter. Il n'était cependant pas sûr que ce soit une bonne chose.
« OK. Deaton, pas ton pote. J'ai pigé. Mais il passera quand même. » Peter tenta de faire les yeux de chiot à Stiles qui ricana sans le moindre état d'âme. Il n'allait pas se faire avoir comme ça ! « J'ai grandi avec Scott, pour rappel. Isaac et toi avez beau parfaitement maîtriser la technique de regard de chiot battu... ça marche plus avec moi. Je suis immunisé, mon p'tit monsieur. » Le loup-garou continua malgré tout. « Non. » Peter n'abandonnai pas. « N- tu m'agaaaaces ! »
La tête enfoncée dans son oreiller, celui de Stiles dans les bras et calé dans son cou, les yeux tournés vers le plafond, Peter souriait, fier de lui. Jouer avec la patience de son compagnon avait toujours été une de ses activités favorites. Presque toujours. Il aimait bien jouer avec, en tout cas. Ça passait le temps et les moues boudeuses de l'humain étaient du genre à valoir le détour.
« Téléphone. » Soupira Peter, entendant le son caractéristique de celui-ci depuis le rez-de-chaussé. « Et pourquoi on a encore une ligne fixe ? C'est juste bon à se faire déranger pour un rien. »
« Arrête de râler. » Stiles souriait tandis qu'il se redressait. Tout ça c'était... c'était tellement plus normal que les dernières semaines. « Je reviens. Jordan ? Tu restes avec lui ? »
Le loup-garou tiqua. Il entendait encore Derek demander la même chose à Leonard, alors qu'il allait accueillir son père. Ce parallèle ne l'enchantait pas vraiment. Pendant toute la durée de l'absence de l'humain, qui s'était dépêché de descendre attraper le téléphone avant de définitivement louper l'appel, ni Peter, ni Parrish ne bougèrent. Ils ne parlèrent pas davantage. Le loup avait d'ailleurs profité de ce laps de temps loin de Stiles pour fermer les yeux, sortir une main de sous les couvertures et faire apparaître ses griffes. Elles étaient là. Tout allait bien. C'était vraiment son Stiles. C'était son Stiles qui s'inquiétait pour lui, le Peter loup-garou.
« Peter ? »
« Quoi ? » Grogna le loup.
« Tu te sens comment, là ? » Voulut savoir Stiles, le téléphone vissé à l'oreille.
« Comme un mec qu'on a essayé de vider de son sang. T'en as d'autres, des questions ? »
« Euh... ouais. Tu te sens assez en forme pour aller voir Deaton ? »
Deux sourcils se levèrent pour saluer le plafond – de loin. Peter choisit de ne pas répondre. Enfin, sauf si on considérait comme réponse l'envoi d'un oreiller dans la figure.
« Sors d'ici. »
Stiles et Parrish grimacèrent. Qu'avaient-ils cru, au juste ? Qu'il allait dire oui, aller voir le vieil homme avant de se transformer en licorne pour aller au zoo courir avec les zèbres ?
« Non, Peter. » Les yeux du loup changèrent de nuance de bleu. Stiles ne se laissa pas démonter. « C'est... c'était une vraie question. Alan me demande si on peut passer au plus vite au cabinet. »
« On ne peut pas. »
De l'avis de l'hyperactif, si Peter était suffisamment en forme pour réagir de la sorte, il l'était certainement aussi pour aller voir Deaton. Il lui en fit la remarque.
« Pourquoi on doit y aller alors qu'il était supposé passer ici, à la base ? Monsieur ne veut pas se déplacer pour aider la meute, ou... »
« Apparemment, il n'est pas certain de comment tu réagiras lorsque tu sauras ce qui se passe et il préfère se montrer prudent. »
« Autrement dit : il va encore une fois s'enfermer dans un cercle de sorbier pour me parler. » Conclut Peter, faisant comme si ce n'était rien. « J'ai failli crever, aujourd'hui, bordel. »
« Je sais. » Certifia Stiles. « Je sais. On le sait tous, Peter. Et c'est pour ça que je te demande si tu te sens capable d'y aller. » L'humain remit correctement le téléphone à son oreille. « Pardon ? » Puis soupira. « Bon, Alan a aussi appelé Derek. Ça vous concerne tous les deux. Il m'en dira pas plus au téléphone. »
o o o
Stiles avait l'impression d'être revenu plusieurs années en arrière, lorsque tout était si simple et tellement compliqué à la fois. Il n'y avait aucun monstre étrange à combattre mais on sentait, malgré tout, la tension présente au sein du cabinet ; et Peter en était le principal instigateur. Le visage de l'aîné Hale était différent de celui auquel Stiles s'était familiarisé. C'était presque imperceptible, comme changement, Peter étant passé maître dans l'art du « ne rien laisser paraître quitte à ce que ça finisse par m'exploser en pleine figure »... et pourtant tellement flagrant pour ses yeux humains.
Sa mâchoire était plus crispée. Ses dents grinçaient même par moment, bon sang ! Ses poings, fermés, lui permettaient d'enfoncer ses griffes dans ses paumes de main, afin de ne pas perdre le contrôle – ou limiter celui-ci. Ses muscles étaient tendus, comme s'il se préparait à attaquer incessamment sous peu ; ce qui contrastait avec ses griffes plantées dans ses mains pour rester calme.
Ses sourcils froncés exprimaient pourtant son incompréhension face à ce qui se passait autour de lui. Stiles mourait d'envie d'aller poser une main sur son épaule, juste pour lui dire qu'il était présent ; qu'il était juste derrière, si besoin. Peter n'aurait pas été d'accord. Le loup-garou n'allait pas cesser aussi rapidement de refuser les contacts physiques. Surtout si les gestes n'étaient pas annoncés au préalable. En toute honnêteté, Stiles serait à peine étonné si Peter décidait de grogner et montrer les crocs sitôt tentait-il une approche.
« Qu'est-ce qu'il fait là ? » Marmonna le lycanthrope, à l'attention de l'émissaire qu'il foudroyait d'ores et déjà du regard. Ces deux seuls faits confirmaient déjà les pensées de l'humain quant aux possibles ressentiments qu'avait Peter vis-à-vis de l'inconnu debout de l'autre côté de la table de soin.
« Peter... »
Derek, à quelques petits pas de son oncle, vers lequel il zyeutait plus souvent qu'il ne le devrait, paraissait tout aussi ébranlé. S'il ne semblait pas aussi en colère que Peter, l'incompréhension se lisant néanmoins sur ses traits. Il ne faisait aucun doute que le cinquième homme était une connaissance commune aux Hale... et de l'émissaire.
Le regard de Stiles passait des loups au vétérinaire à l'inconnu. De l'inconnu au vétérinaire puis aux loups. Des loups à l'inconnu et finissait par l'émissaire. Il cherchait à comprendre et n'y parvenait pas.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? » Répéta Peter, anormalement calme. Ça sentait le roussi. Peter n'allait plus tarder à bondir sur l'autre homme.. et nul ne savait ce qu'il lui ferait. Bien qu'il y ait peu de chances pour que ce soit une expérience agréable que vivrait sa victime.
« Peter... » Tendu. L'homme était tendu et ne cessait de répéter le prénom du mordu.
« Réponds-lui. » Ordonna froidement Derek.
Aux aguets, curieux comme jamais, Stiles ne manqua pas la réaction de l'intrus. Ses épaules s'étaient légèrement affaissés et son regard durcit suite à l'intervention du cadet Hale.
« Papa... »
À ce mot, sursaut. Prononcé sèchement, difficile d'y trouver quelconque trace d'amour ou d'affection, même en le voulant. Pire encore, Stiles ne s'était jamais attendu, ou préparé, à entendre ce petit mot quitter la bouche de Derek « toute ma famille est morte sauf mon oncle et ma petite sœur » Hale. S'il savait...
Sa surprise n'échappa à personne.
« Je suppose que vous n'allez pas faire les présentations, ni m'expliquer ce que cet humain fabrique ici. »
« Exact. »
Peter faisait rarement phrases aussi concises. « Il aime bien le son de sa voix » dirait Isaac ; « C'est une habitude prise plus jeune. Pour qu'au téléphone, on sache tout de suite si c'était Peter ou Derek qui décrochait » s'imaginerait Liam. On soupira. Le père de Derek venait de soupirer. Il fallait tout faire par soi-même, ici. C'était d'autant plus vrai quand on avait le malheur de déplaire au frère de Talia Hale.
« Alex. » Se présenta-t-il. Il tendit la main droite vers Stiles, après s'être approché de quelques pas, et lui souriait d'un air crispé. « Enchanté. »
« Euh... Stiles. » Marmonna l'humain, la lui serrant.
Au final, Alex ne se trouvait pas beaucoup plus avancé. Il connaissait le prénom – surnom ? – de son locuteur inconnu ? La belle affaire ! Il ignorait toujours la raison de sa présence au cabinet, aux côtés de deux Hale les plus casse-pieds qui lui eut été donné de rencontrer – et il en avait croisés une ribambelle.
« Stiles ? C'est un prénom ou... »
« Un surnom. Ça vient de mon nom de famille, en fait. Stilinski. »
Alors que Peter sourit à cette réponse, Alex eut un sursaut de recul. Le nom du shérif de Beacon Hills ne pouvait pas ne pas le faire réagir ; surtout pas après avoir été interrogé un nombre incalculable de fois lorsque Peter était à l'hôpital. Avant que l'adolescent, à l'époque, reçoive la morsure ; avant que lui-même fasse ses valises et quitte la ville.
Avec le temps, et les mauvaises expériences, le loup-garou avait appris à se méfier de ceux qui avaient leurs entrées dans la police. Avoir un père shérif en était définitivement une. Mal à l'aise, il se passa une main dans les cheveux. Il essaya de reprendre contenance et s'intéresser à son beau-frère et son fils, à la place... l'expérience ne s'avéra pas concluante. Pas facile d'arriver à quoi que ce soit quand on avait le regard assassin de Peter qui ne vous quittait pas.
Le gosse était déjà inquiétant à l'époque où il pouvait menacer les loups autour de lui – et ils étaient nombreux du coup – dans un cercle de sorbier et les y laisser indéfiniment. Peter ne s'était d'ailleurs pas gêné de le faire une paire de fois à Laura ; et plus souvent encore Robin et Leonard pour qu'ils cessent de se disputer – ou pour qu'ils se disputent de plus belle, Alex n'était pas sûr. Il fallait aussi s'en méfier quand il pouvait truquer les gels douches en y ajoutant un peu d'aconit, juste assez pour que ce soit désagréable, pas suffisamment pour que cela se révèle dangereux. Maintenant qu'il était un loup... Talia avait vraiment fait une sacrée bêtise en offrant la morsure à son frère.
« Pourquoi. Es-tu. Revenu. »
Peter n'allait pas lâcher l'affaire aussi facilement, et certainement pas aussi rapidement. Alex avait beau ne plus le connaître aussi bien qu'autrefois ; avait beau n'avoir jamais vécu auprès d'un Peter devenu loup, après son kidnapping, après la mort de ses parents, après la perte de ses souvenirs... voilà au moins quelque chose qui n'avait pas changé malgré des décennies de mensonges. Comme l'adolescent qu'il fut, Peter refusait de ne pas connaître le fin mot de l'histoire et détestait qu'on ignore ses questions. À plus forte raison encore lorsque des reproches étaient de mise.
« Alan m'a appelé pour me dire que tu retrouvais tes souvenirs. » Finit par capituler Alex. Il allait bien falloir cracher le morceau un jour ou l'autre. « Je suis donc revenu pour... aider. »
« Aider ? » Répéta Peter, dubitatif. « Parce que tu crois qu'on a besoin de ton aide ? Ou qu'on voudra de ton aide ? »
Si les circonstances avaient été autres, Stiles aurait toussoté. D'une manière ou d'une autre, il se serait fait remarquer, histoire de bien faire comprendre que oui, clairement, aucune aide ne saurait être perçue comme superflue. Il s'abstint. Derek n'était pas en état de supporter son cinéma habituel. Peter encore moins.
Et, bon sang, ce qu'il avait envie d'aller le prendre dans ses bras, ou n'importe quoi d'autre pourvu que ça puisse rappeler à Peter qu'il n'était pas seul. Mais, encore une fois, c'était impossible. Le loup le chasserait comme un rien et s'agacerait de cette réaction. Les derniers événements n'y étaient pour rien dans cette réaction, pour une fois.
« Aider, oui. Crois-moi quand je te dis que tout va te revenir tel un boomerang et que tu seras sonné, perdu et que tu ne sauras plus où donner de la tête. » Peter signala sa désapprobation d'un rire sarcastique. « Tu pourrais blesser quelqu'un. Tuer quelqu'un. Quelqu'un que tu aimes, même ! Certainement quelqu'un que tu aimes, d'ailleurs. C'est toujours les proches qui souffrent les premiers. »
« Pas en premier, non. » Siffla Peter. « JE souffrirai le premier. Et JE sais tout ça car JE l'ai déjà vécu. Deux fois. Alors non, vraiment, merci, mais je n'ai pas besoin de ton aide. Tu peux rentrer chez toi. Personne ne veut de toi ici. »
Stiles était peu à son aise. Il ne connaissait pas tous les tenants et aboutissants de l'histoire, surtout maintenant qu'elle avait été réécrite avec l'humanité passée de Peter, mais il sentait que son compagnon se montrait trop dur et catégorique. Alex était aussi le père de Derek. Derek qui pourrait avoir envie de profiter de la présence d'un père longtemps absent ; quand bien même l'eut-il été car il avait préféré fuir sa famille plutôt que s'y confronter. Alex devait penser à la même chose puisque, plein d'espoir, il se tourna vers son fils.
« Retourne chez toi. » Se contenta Derek.
Restait maintenant à savoir s'il pensait vraiment ces mots ou s'il disait ça dans le seul but de ne pas contredire Peter. Derek n'avait pas encore pu parler avec son oncle. Tout juste libéré du Djinn qui s'en était pris à lui, le plus jeune Hale avait revu Peter conscient et en bon état de marche qu'à son arrivée au cabinet. Il ne savait rien des réactions que pouvait avoir l'autre loup et pouvait préférer jouer la carte de la prudence.
« Derek... » Souffla Alex, décontenancé. « Tu ne sais pas ce qui va se passer. Ce qui peut se passer. Tu pourrais être... Peter pourrait s'en prendre à toi et ne même pas comprendre ce qu'il est en train de faire avant qu'il soit trop tard. »
Ça y était. Peter venait de perdre le contrôle. Il n'essayait plus de se retenir, en tous les cas. Les yeux brillants, bleus – ce qui étonna Alex au passage – il cessait de lutter contre ses pulsions. Crocs dehors et griffes sorties, bien visibles, il attrapa son beau-frère à la gorge et le plaqua contre la table de soin de Deaton. Le visage à quelques centimètres seulement de celui d'Alex, Peter le tuait du regard. Encore.
Il était pourtant beaucoup plus inquiétant à présent.
« Ce n'est pas Derek que je vais tuer, si tu restes. Fous-moi le camp. Immédiatement. »
Fin du trentième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de cacahuètes lama ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le chapitre trente-et-un, Pertes.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
Skayt
