Hello, hello,
Si quelques détails vous échappent, surtout, n'hésitez pas à me le dire et tout hein :D je me ferais une joie d'expliciter tout ça.
Un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (et c'est du boulot !)
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur skaytpapionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 31 - Pertes
« Je t'assure que ce n'est pas Derek que je vais tuer, si tu restes. Fous-moi le camp. Immédiatement. »
L'ambiance était palpable. Tendue. S'ils n'avaient été que tous les deux dans le cabinet, Alan aurait certainement préféré se protéger derrière une barrière de sorbier. Derek, peu discret, fit signe à Stiles d'intervenir à sa place. Il était hors de question d'utiliser la force. Pas si d'autres choix s'offraient à eux. Avec Stiles dans les parages, calmer le jeu devrait être possible. Stiles ne se fit pas prier pour s'avancer. Pas besoin de lui dire deux fois pour qu'il aille éloigner Peter de son beau-frère.
Sans une parole, calme, presque habitué à agir ainsi, Stiles s'avança vers son compagnon puis l'obligea à relâcher l'autre loup-garou. Peter serrait de plus en plus le cou d'Alex qui hésitait à intervenir. Il ne connaissait pas Peter le loup-garou ; il ignorait comment celui-ci réagirait s'il cherchait à se défaire de sa prise – bien qu'il en ait sa petite idée.
Stiles n'eut pas trop de mal – pas du tout même – à parvenir à éloigner les deux loups. Se calmant presque aussi vite qu'il s'était énervé, l'avocat s'éloigna de lui-même d'Alex. S'il avait pu, il serait allé trouver refuge dans le coin opposé de la salle de soin. Bien qu'il l'ignora totalement, la main humaine qui serrait son avant-bras le retenait. Instinctif, sans même paraître se rendre compte de son geste – ce qui était pourtant le cas, Peter savait toujours – Peter pivota afin d'embrasser son compagnon et nicher son nez dans son cou. Stiles pouvait se montrer tellement rassurant, parfois... dommage qu'il ne s'en aperçoive qu'aux moments où ça ne s'y prêtait pas.
« Bien. Je sais au moins ce que l'humain fout là. » Grogna Alex. Il se redressa et s'installa sur un coin de la table. Il s'appuya surtout contre, n'ayant qu'une confiance toute limitée dans une table pourvue de roulettes. Alex se tourna vers son fils. « C'est son ancre ? »
Et parce que Peter et Derek étaient pour la répartition des tâches et pour un partage équitable de celles-ci, ce fut au tour du plus jeune, cette fois, de tuer son géniteur du regard. Stiles et Peter étaient bien trop occupés à se coller l'un à l'autre pour trouver quoi que ce soit à redire... alors qu'ils étaient les deux plus à l'aise avec l'art subtile et délicat de la parole.
« Si jamais vous changez d'avis... je serais chez Alan. » Tenta, maladroit, le nouveau venu.
« On ne changera pas d'avis. » Peter était catégorique. Pour bien le faire comprendre à son aîné, il tourna la tête pour le regarder dans le blanc des yeux.
« Je n'ai rien fait qui mérite une telle... colère à mon égard. »
« Tu as laissé ma sœur. Ta femme. Elle venait de perdre ses parents, de me transformer et... tu t'es juste barré en la laissant seule avec vos trois gosses loups-garous... et moi. » Siffla Peter.
Il relâcha Stiles et fit, à la place, de nouveau un pas en direction d'Alex. Tendu, l'aîné s'interrogeait sur ce qu'il avait intérêt à faire. Rester en place ou chercher à s'éloigner ? Il n'avait pas voulu croire Alan quand il lui avait conseillé de prendre garde à Peter. L'émissaire lui avait expliqué que le mordu était instable, prompt à réagir de façon excessive et agressive... Alex n'avait pas voulu le croire. C'était Peter. Le Peter qu'il avait toujours connu ne réagirait pas sans raison. Bien qu'il fût un humain dangereux, dont un loup aurait tout intérêt à se méfier... ça ne pouvait pas être à ce point.
« Tu savais que je ne serais pas un loup facile à gérer, du fait de ce qui s'était passé, et... tu es parti. » Un coin de ses lèvres était relevé en un surprenant sourire.
« Ce n'est pas pour ça que je suis parti. » Alex le regardait, incrédule. « Qu'est-ce que Talia vous a dit ? »
« Rien. Maman a jamais rien dit. » Annonça Derek.
o o o
Alex et Talia avaient profité que les enfants soient en cours – bien que les trois aient tenté de convaincre leurs parents de ne pas les y faire aller en usant d'arguments bien différents les uns des autres – pour aller rendre visite à Peter. Pour l'heure, et c'était un des rares points sur lequel ils étaient sur la même longueur d'onde, ils ne voulaient pas que Laura, Cora, et encore moins Derek, voient leur oncle dans cet état.
« J'ai réfléchi toute la nuit... » Murmura la nouvelle Alpha. Elle serrait la main de son frère, la moins blessée, et regardait, du coin de l'œil, son époux. « À... à ce qu'on devrait dire, à ce qu'on devrait faire, à... à la situation et... » Elle soupira. « Et je ne sais pas. »
« Ça ne sert à rien de se précipiter. »
Talia s'était assise sur le bord du lit, du côté vers lequel était tourné le visage de Peter qui, d'après l'infirmière qu'Alex avait interrogée, avait brièvement repris connaissance dans la matinée.
L'avoir déjà vu une première fois dans cet état ne changeait rien, la louve avait toujours envie d'emmener son cadet pour aller le mettre en sécurité. Loin d'ici. Loin des humains. Loin de ceux qui disaient le soigner mais étaient incapables de dire si Peter se remettrait.
Dans l'entrée, devant la porte tout juste fermée, Alex avait, lui, du mal à mettre un pied devant l'autre. Autant Talia s'était, par deux fois, précipitée vers Peter... autant il était bien incapable d'en faire de même. Il détestait les hôpitaux. Tout le monde détestait les hôpitaux.
Peter avait été installé dans une chambre individuelle, heureusement pour eux. Discuter en paix de ce qu'ils feraient – morsure ? Pas morsure ? – leur était possible, du coup, même s'ils devaient rester sur leurs gardes. On était jamais totalement à l'abri de l'arrivée impromptue d'une infirmière, venue faire ou vérifier ils-ne-savaient-quoi.
« Peter ? » Appela Talia d'une voix douce.
« Hmpf. »
Le couple sourit. Ça ressemblait à Peter, ça.
« Comment tu te sens ? »
« C'ment t'veux qu'je m'sente. » Souffla le plus jeune. Ses lèvres bougeaient à peine. Il comptait sur l'ouïe de ses visiteurs pour être compris. « Mal. »
Sans un mot, bien qu'elle soupira tristement, Talia lâcha la main de Peter. À ce geste, les sourcils de l'humain se froncèrent et ses yeux suivirent les gestes de sa sœur avec une attention toute particulière. Il ne voulait pas qu'elle le lâche. Pas maintenant. Pas plus tard non plus. Jamais. C'était bien, ça, jamais. Peter comprit ce qu'allait faire son aînée quand celle-ci enroula ses doigts autour de son avant-bras – encore une fois, elle avait opté pour le moins blessé, merci pour lui. Talia inspira un bon coup. Elle cherchait à se préparer à la prochaine vague de douleur qu'elle recevrait. Concentrée, décidée, elle voulait aider Peter.
Peter qui se dégagea au dernier instant, bougonnant tout bas.
« 'top. » Il grimaça. « 'top. »
« Peter... »
« 'top. » Une larme coula le long de sa joue meurtrie. « Laiss' moi »
« Hors de question. » Refusa Talia, scandalisée par la demande. « Peter ? »
« V' pas êtr' ici. » Il renifla. Ce n'était pas moins douloureux que le reste. « V' pa' et 'man. »
La louve se mordit la lèvre. Ses épaules s'affaissèrent légèrement. Dans l'espoir de se refaire une contenance, elle changea sa position sur le bord du matelas de Peter. Alex déglutit laborieusement avant d'aller s'appuyer contre le mur. S'approcher ? Maintenant ? Certainement pas. Il était celui qui avait laissé Kieran et Hestia en arrière ; celui qui avait abandonné les parents du gamin... pas sûr qu'il se fasse bien recevoir, du coup.
Alex comme Talia savaient que ça allait tomber. Que Peter allait demander après son père et sa mère. C'était dans l'ordre logique des choses. Ce qu'ils ne savaient pas, par contre, c'était comment lui annoncer.
« Peter, je... »
« Je sais. » Peter ravala un sanglot et renifla de plus belle. « Je sais. »
Le benjamin de la pièce se rendormit rapidement. Il ne laissa pas le temps aux deux autres d'essayer de lui expliquer ce qui s'était passé – malgré le fait qu'il ait dit savoir – pas plus qu'il ne les laissa le réconforter. La joue collée contre la paume de main de sa sœur, Peter ne paraissait pas plus apaisé une fois les yeux fermés.
« Je vais le mordre. » Annonça Talia, sans chercher à passer par quatre chemins. Sa deuxième main caressait les cheveux de Peter. « Je vais lui donner la morsure. »
« Quoi ? » Siffla Alex, qui s'était enfin approché. « Quand je dis qu'il ne faut pas qu'on se précipite, c'est justement pour éviter ce genre de décisions stupides, Tali' ! »
« Tu l'as vu. Tu l'as entendu. Il n'est plus ici question de mentir aux enfants ou non... Derek... Derek a raison. Peter ne supportera pas. »
« Mais... » Le Bêta secoua la tête. « Tu... tu sais que ses chances de survivre à la morsure sont infimes. Talia ? Dans son état, la morsure aurait plus de chance de le tuer que... bon s- c'est insensé ! »
« Et tu sais que ses chances de survivre sans la morsure sont nulles. » Talia soupira.
« Elles... »
« S'il se remet de ses blessures, il décidera lui-même d'en finir. »
« Talia... » Alex ferma les yeux. « Non. Peter ne ferait jamais ça. »
« Tu peux me l'assurer ? Tu peux me promettre que mon frère s'en sortira et ne se fera rien ? »
« Peux-tu m'assurer que Peter survivra à la morsure ? »
« Je suis l'Alpha, maintenant. » Et il fallait croire que c'était supposé empêcher Alex de faire entendre son point de vue.
o o o
« Je n'étais pas d'accord avec elle... pour te mordre. »
« Et quoi ? C'est en te disant ça tous les soirs, pendant quinze ans, que tu as su dormir ? » Cingla Peter. « Tous les pères de famille ne se barrent pas sitôt sont-ils en désaccord avec leur femme. » Les poings serrés, seule la présence de Stiles l'empêchait de re-sauter à la gorge de l'autre. « Surtout que tu as toujours su faire entendre raison à Talia. Tu aurais su la convaincre. »
« Tu aurais voulu que je la convainque ? »
« Non. »
Alex se tut, déçu. Le Peter qu'il avait connu, l'enfant comme l'adolescent, l'aurait souhaité, lui, d'être resté humain. Sans la morsure, il n'y aurait pas eu les chasseurs – ou moins – et du danger à tous les coins de rue ; il n'y aurait pas eu de problèmes de contrôle et de dérapages aussi incontrôlés qu'incontrôlables. Alex était persuadé que, bien qu'ayant souvent admis vouloir être comme le reste de sa famille, être un loup-garou n'intéressait pas plus que ça Peter. Être comme les autres, oui. Être un loup-garou, non, merci, sans façon. Quinze ans qu'il se persuadait que son beau-frère aurait préféré ne pas être mordu... et pour quoi ?
« L'aperçu que j'ai pu avoir de la vie que tu voulais pour moi... » Peter grimaça. « Très peu pour moi. »
Le regard que se lancèrent Stiles et Derek en disait long. Ils ne demanderaient rien pour le moment mais voulaient savoir ce qui s'était passé ; ce qu'avait vécu Peter pendant les quelques heures passées aux bons soins des Djinns.
« Tu ne m'en veux pas d'avoir laissé Talia, n'est-ce pas, Peter. »
Stiles écoutait. Il était à peu près aussi à l'aise qu'un poisson hors de l'eau depuis un quart d'heure. Peter était en colère. Il l'était depuis longtemps. Il l'était parce qu'il enchaînait les problèmes depuis quelques semaines – années. Il l'était parce qu'il avait appris qu'on l'avait privé de ses souvenirs. Il l'était car il était près de Deaton et que non, vraiment, rien à faire, il ne l'aimait pas. Il l'aimait encore moins qu'il aurait pu être à la maison en train de se reposer au lieu de se prendre la tête avec un beau-frère revenu la bouche en cœur à Beacon Hills. Peter était en colère avant même qu'Alex soit de retour. Peter était toujours en colère. Que l'avocat s'énerve après son beau-frère était, en soit, compréhensible. Ce qui l'était moins, c'était que ce soit à ce point. Alex était en train de faire les frais d'une colère qui ne lui était pas destinée – pas entièrement du moins – mais qui marinait depuis trop longtemps.
« Tu m'as abandonné. Tu n'étais... plus là. » Derek regardait vers la sortie. Combien de temps lui faudrait-il pour atteindre la porte, après être allé – ou ne pas être allé – chercher Peter pour éviter qu'il ne tue Alex ? « Alors que tu avais toujours été là et... tu... t'aurais pu revenir. »
« Tu sais comme moi que Talia ne m'aurait jamais laissé faire. »
« Après ! Après ! Quand Laura et Derek pensaient être orphelins ! Quand tu communiquais régulièrement avec Robin. Quand tu aidais Leo à surmonter le traumatisme et laissais tes aînés se débrouiller ! »
Du regard, la parole étant proscrite, pour le moment, pour qui n'était pas Peter, Stiles demanda à Derek qui était le fameux 'Leo'. En vain. L'air choqué de Derek L'Impassible, à en juger sa bouche entrouverte et ses yeux un peu écarquillés, disait que ce n'était pas le moment de poser la question. Deaton se ratatina sur lui-même tandis qu'Alex fronçait les sourcils, intrigués. Il ne pensait pas qu'on savait Leonard en vie.
« Ni de toi. » Chuchota-t-il. Il reviendrait sur le cas 'Leonard' plus tard, lorsque Peter serait plus disposé à l'écouter. Ce qui pouvait tout aussi bien ne jamais arriver.
Alex était convaincu que Peter était plus dérangé d'avoir été abandonné, lui, que ses neveux et nièces.
« On s'en fout de moi ! J'étais en train de devenir fou à l'hosto ! »
« Peter... »
Les trois spectateurs avaient l'impression d'être retournés quelques années en arrière. Et pas les bonnes années, qui plus est. Ils avaient de nouveau sous les yeux un Peter qui avait du mal à se contrôler, n'essayait pas de se contrôler et s'énervait à en faire trembler les murs. Les griffes enfoncées dans ses avants-bras, le Bêta peinait à rester humain et ses yeux n'avaient de cesse de changer de couleur et ses crocs sortaient encore et encore. Alex fit semblant de rien, ce dont ils lui furent tous gré.
« Tu sais pourquoi tu es parti ? Parce que tu savais que je serais un loup difficile à maîtriser à cause de ce qui était arrivé. Et tu as eu peur... donc tu as abandonné ta femme et tes gosses. »
« Et toi. »
Y avait pas à dire, le père de Derek avait quelques soucis au niveau de son instinct de survie qui semblait avoir mis les voiles. Ou oublié de l'accompagner à Beacon Hills. Ou peut-être n'existait-il tout simplement pas. À voir.
« Je t'ai toujours aimé. Tu étais comme mon petit-frère. »
« Sauf que je n'étais pas ton frère et que, de ce fait, tu pouvais me laisser. »
Le bras de Derek se leva devant Stiles pour l'empêcher de faire un pas de plus. Peter avait, certes, été l'instigateur de l'accolade, tout à l'heure, avait cherché contact et odeur, mais il n'était pas en état actuellement. Il risquerait de blesser l'humain en cherchant à s'éloigner... ce qui n'était pas le but de la manœuvre. D'autant plus qu'un Stiles blessé n'aiderait pas Peter à retrouver pied avec la réalité.
« On est est donc là. Je pouvais te laisser. » Répéta tristement Alex. C'était pourtant ce qu'il disait depuis tantôt. « C'est ça le problème, n'est-ce pas. Je t'ai laissé. C'est pas Derek ou Laura... c'est toi. »
« Bien sûr que si. » Siffla Peter. « C'est moi. C'est eux. C'est tout le problème. Tout ça. Tout ! Si cet illustre enfoiré... » Le loup ne foudroya pas Deaton du regard. Il le désigna simplement d'un grand geste du bras. « A pu t'appeler pour te dire que je retrouvais mes souvenirs, d'ailleurs ça fait quelques semaines, maintenant, qu'il est au courant donc... lequel d'entre vous est un sombre crétin en plus du reste ? » Cette fois, son regard glissa vers l'émissaire. Stiles sourit. « S'il ne t'avait pas appelé pour ça, tu ne serais jamais revenu. Jamais. »
« Mais je suis revenu. »
« Pourquoi ? » Interrogea Peter. « Pourquoi maintenant ? »
« Tu... avais besoin d'aide. »
Après avoir roulé des yeux, le Bêta secoua la tête. Il n'était pas convaincu par cette réponse. Stiles l'était, lui.
« Non. C'est pas pour ça. » Peter recommençait avec son 'je sais tout mieux que tout le monde'. « J'ai eu besoin d'aide quand j'étais à l'hôpital. Quand j'ai tué Laura. Quand j'ai cherché à tuer les responsables de l'incendie. Quand je suis revenu à la vie. Quand j'ai, légèrement. » Derek toussota. « Comploté avec une Argent pour tuer l'Alpha. Quand j'étais à Eichen. » Énuméra Peter sans aucun mal. La colère avait parfois de drôles de pouvoirs. « À ces moments-là, j'avais besoin d'aide. À ces moments-là, ooooh, Dieu seul sait à quel point j'aurais accepté et apprécié ton aide, Al'. Plus maintenant. »
Au fur et à mesure de la tirade du plus jeune, de celui qu'il avait connu tout jeune, Alex avait pâli. Son visage s'était décomposé. Son regard passait de Peter en colère à Derek qui fixait ses chaussures et grimaçait ; de Stiles mal à l'aise à Deaton gêné.
« Et vous ne m'avez appelé que maintenant ? » Siffla Alex à l'émissaire. Tiens, encore un qui n'en était pas fan. « Quand je suis parti en vous demandant de me contacter s'il y avait un problème qui ne saurait se régler seul... vous n'avez pas jugé utile de m'appeler à ces moments-là ? »
Étonné de ne plus être celui à qui s'adressait son beau-frère – ex-beau-frère ? – Peter, yeux plissés, pencha la tête. Il analysait les mots de l'autre loup et, à regrets, comprenait ce qu'ils signifiaient. Difficile de ne pas le faire. Même Scott n'aurait eu aucun mal à savoir ce qu'ils voulaient dire.
« Tu as demandé à être prévenu si ça se passait mal ? »
« Bien sûr. » À le voir, on croirait que c'était évident. Mais non. Pas du tout. Il était parti, qu'il ait voulu continué à savoir ce qui se passait ici était tout sauf assuré. « Alan me tenait au courant de tes progrès en tant que loup-garou. De ce qui se passait pour les enfants. » Alex tenta de sourire à Derek qui le regarda indifférent. « De ton rétablissement après l'incendie. »
Perdu, incapable de savoir que croire ou que penser, à deux doigts de murmurer un « Et tu pouvais pas venir me rejoindre ? », Peter tourna les talons.
o o o
Ils avaient hésité un moment. Longtemps. Très longtemps. Trop longtemps, peut-être... mais amener Derek à l'hôpital n'était pas une décision à prendre à la légère. Le jeune loup pourrait aisément mal réagir. On pouvait perdre le contrôle avec une facilité déconcertante dans ce genre d'environnement. Les odeurs étaient particulières. Les pleurs étaient fréquents. Peu habitué à tout ça, c'était vite trop. Il y avait mille choses qui pourraient capter l'attention de Derek et le faire déraper... l'hôpital n'était pas l'endroit idéal pour ce faire.
Ils avaient cédé. Pas qu'ils aient vraiment eu le choix. Ils étaient obligés de baisser les armes, dans leur situation. Leur fils insistait depuis des jours pour venir voir Peter. Il voulait voir son oncle. Il devait voir son oncle. C'était... Derek. Derek réagissait toujours étrangement dès lors que Peter était concerné. Quant à l'humain, lorsqu'il n'était pas en train de leur demander de le laisser seul ou de le tuer... lui aussi réclamait après son neveu. Donc ouais, clairement, Alex et Talia avaient fini par accepter.
« Si tu ne te sens pas d'y aller, il n'est pas trop tard. » L'arrêta Alex, devant la porte.
« Je veux le voir. »
« Si tu penses que tu perds le contrôle, tu nous le dit tout de suite. » Renchérit Talia.
« Je ne vais pas perdre le contrôle. » S'agaça Derek, roulant des yeux. Il s'impatientait.
« Mais si jamais... »
« Je vous le dirai et je ferai tout ce que vous me direz de faire. » Il leva les yeux au ciel et soupira. Il n'était plus un bébé. Il connaissait les règles quand ils étaient dans un lieu public... ou simplement près de Peter. Peter étant généralement un meilleur argument. « Je peux entrer ou vous avez encore quelque chose à dire ? »
Non. Plus rien à dire. Alex ouvrit la porte pour le faire comprendre. Son fils le bouscula, sans le moindre état d'âme, afin d'être le premier à entrer et se précipiter vers son oncle. Son matelas relevé, en position semi-assise, Peter regardait, distrait, la télévision et soupirait toutes les deux minutes. Il n'en pouvait plus d'être ici et de ne voir que sa sœur et son mari – et le personnel de soin mais ils ne comptaient pas. Il voulait Derek. Il voulait Catherine. Il voulait Robin. Bon sang ! Il voulait même Leonard !
« Peter ! »
L'adolescent sursauta. La panique se lut sur son visage. Il avait beau s'ennuyer ferme devant les inepties qui passaient à l'écran, Peter n'avait pas pour autant remarqué que la porte de sa chambre s'ouvrait. D'ordinaire, on frappait pour s'annoncer ou, au moins, on l'appelait doucement. Cette intrusion le prenait par surprise – principe de base d'une intrusion. Il se reprit vite quand il reconnut Derek près de son lit, les yeux ronds comme des billes et la bouche entrouverte. Le petit loup se balançait d'un pied à l'autre et, du regard, lui demandait s'il avait le droit d'approcher ; si Peter était d'accord. Apparemment, son état était plus impressionnant que la fois où il était arrivé le bras plâtré – ce qui n'était pas surprenant.
« Peter... » Souffla-t-il.
« Je vais bien. » Sourit son oncle. C'était la première fois que Talia et Alex l'entendaient prononcer ces mots qui rassuraient. Bien sûr, ils étaient destinés à Derek.
« T'es sûr ? » Demanda le premier. La tête penchée sur le côté, le plus jeune avait de la misère à se concentrer sur autre chose que le visage tuméfié de celui qui s'était souvent occupé de lui. Pour un peu, le bandage qui maintenait son nez en place passerait presque inaperçu au milieu de tous les bleus – qui n'avaient de bleus que le nom – et coupures.
« Bien sûr. » Il leva un bras. « Viens là, l'affreux. »
Le loup-garou ne s'exécuta pas tout de suite. Ce n'était pas l'envie qui manquait mais non. Il jeta d'abord un regard interrogateur à ses parents. Il avait le droit ou mieux valait qu'il reste à distance raisonnable de Peter ? Il n'allait pas le blesser encore plus ou quoi que ce soit d'autre ? Son père hocha la tête. Derek ne se fit pas prier plus longtemps.
« J'suis désolé. » Marmonna-t-il, la joue sur l'épaule de Peter. « J'suis déso- »
« Je sais. »
Ce soir, il y en aurait deux qui dormiraient mieux.
o o o
Il fuyait. Encore. Faut dire qu'il faisait ça bien, fuir, donc pourquoi s'en priver ? Peter fuyait le cabinet vétérinaire, lieu d'une réunion dont il se serait bien passé, quand bien même savait-il que ce n'était pas la solution. C'était la sienne quand même. Il ne pouvait pas rester une minute de plus près d'Alan et d'Alex. Peter n'arrivait même plus à savoir ce qu'il pensait d'Alex.
Lui en voulait-il au point de vouloir le voir disparaître de sa vie une bonne fois pour toute – encore et de façon définitive cette fois – ou se contentait-il de lui en vouloir ? Sa réaction quand il avait revu Alex, dans la réalité factice créée par les Djinns, n'était-elle pas une indication significative ?
Était-il obligé de tout de suite savoir ?
Pour Deaton, c'était plus simple. Peter n'avait jamais aimé l'émissaire et ce n'était pas près de changer. C'était la constante de sa vie.
« Peter ! Chéri. Attends. » Stiles se prit les pieds dans... quelque chose. C'était certainement quelque chose. « Bordel. »
Le nez de Peter se fronça suite au « chéri » – ils étaient bannis depuis la nuit des temps. Il s'arrêta quand même pour laisser Stiles le rattraper sans se rompre le cou. Y avait vraiment pas à dire, que l'humain soit encore en vie tenait du miracle. Une fois le Stilinski à ses côtés, Peter recommença à marcher. Il ne pressait plus autant le pas et permettait ainsi au second de se coller à son rythme.
« Tu veux qu'on aille manger une pizza, ce soir ? » Proposa l'hyperactif afin de rompre le silence sans emprunter le chemin le plus risqué. Ne jamais emprunter la voie la plus risquée avec un Peter à fleur de peau.
Incapable de dire quoi que ce soit tant sa gorge était nouée – et, vraiment, le loup détestait perdre le contrôle de ses émotions – Peter opina du chef. Grogner n'était pas une solution à tout, dommage pour lui.
« Je t'aime. »
« Je sais. »
« Et j'suis désolé pour tout ce que je t'ai fait et... tout ce que j'ai pu dire. C'était assez horrible et... » Stiles butait sur ses mots. « J'suis pas seul en tort mais je m'en veux à un point, tu peux pas savoir. » Il tourna les yeux vers Peter. « Surtout maintenant que... je m'en voulais avant sans savoir mais maintenant que je sais que je pouvais pas davantage me tromper. » Le loup ne dit rien. « Tu savais, hein ? À ce moment-là... quand j'ai dit tout ça, tu savais que tu av- »
« Tu ne savais pas. » Claqua Peter. Les mains dans les poches, seuls ses pouces dépassaient. « On en parle plus. »
« Est-ce que c'est ce que tu voulais me dire mais que je t'ai empêché de me dire parce que j'étais sûr que tu allais encore me dire n'importe quoi ? »
« On en parle plus. » Répéta l'autre, catégorique. Stiles ronchonna. « Tu ne savais pas. » Le plus jeune râla de plus belle.
« Mais même. Même sans savoir que tu avais été humain, que tu avais récupéré tout un tas de souvenirs qu'il vaut mieux ne pas avoir... bah c'était pas des trucs à dire. »
L'avocat fit la grimace.
« Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? »
« Ce sont mes souvenirs. C'est mon passé. Mon vrai passé. Il vaut mieux... il vaut mieux savoir ce genre de choses. » Assura Peter. Il mentait. Il n'était pas sûr de ce qu'il avançait. Alex et Catherine avaient deux avis diamétralement opposés sur la question et les deux se valaient. « Alex avait raison, sur ce point. Avec ou sans ces souvenirs... ça déterminait qui j'étais. Mes choix, mes actes, mes pensées... » Il ricana. « Même si je reste certainement un gros con. »
« Ah ça, on peut qu'être d'accord. » Sourit Stiles. Ils se turent. Un peu. Ça pouvait jamais être beaucoup, avec eux. « Tu en veux à ta sœur de t'en avoir privé ? »
« Oui. Non. Peut-être. Je sais pas. J'en sais rien. »
« Laisse-moi deviner : c'est compliqué. »
« Ouais. »
« Tout est toujours compliqué, avec nous, de toute façon. Faire simple ? Nope. Sait pas faire. » Commenta Stiles. Il alla, au passage, donner un petit coup d'épaule à son voisin. « C'est à se demander comment on peut encore être debout. »
Le lycanthrope était de moins en moins crispé. Lentement mais sûrement, il se détendait. Stiles lui avait manqué. Cette relation, pourtant si simple, lui avait cruellement fait défaut ces dernières semaines. Seul, il n'y arrivait pas. Il n'y arrivait plus. Avait-il seulement su un jour ?
« À dix-sept ans, je n'aurais jamais su vivre avec ces souvenirs. Même maintenant j'ai du mal et, pourtant... c'est presque devenu normal dans ma vie. »
« Normal n'est pas acceptable pour autant. Puis... j'sais pas... le fait que tu ais du mal à vivre avec aujourd'hui... » Stiles leva les yeux et enchaîna les grimaces. Yeux qui roulent, bouche qui se tort dans tous les sens et langue tirée, c'était facile à comprendre. Ce que l'humain voulait dire était clair dans sa tête mais risquait de ne plus l'être une voix dit à voix haute. Si ça ne l'était pas, si c'était un vrai charabia, Peter était en condition pour se moquer de lui. « Est-ce que c'est pas un peu dû au fait que tu ais cru toute ta vie, entre guillemets, hein, le toute ta vie, que ça s'était pas passé comme ça ? Savoir que t'avais été humain, qu'on t'a torturé pour te faire parler et balancer des secrets sur ta famille... c'est... est-ce que la chute est pas plus rude parce que tout ce que tu croyais était basé ou sur un mensonge, ou sur un non-dit ? »
« Possible. Mais je n'aurais pas su vivre avec ça à dix-sept ans quand même. Je n'étais pas suffisamment... Je n'étais pas toi. Ou Isaac. Ou même Derek. »
Stop. Stiles, grommelant qu'il avait apparemment quand même choisi de faire sa vie avec un abruti fini, s'arrêta. Il attrapa le poignet de Peter et l'obligea à faire de même.
« Tu n'es pas faible, et j'te jure que tu vas me payer très chèrement de m'avoir fait dire ça. Tu l'es pas aujourd'hui. Tu te barres quand y a un soucis ? Clairement... c'est ce qu'on devrait tous faire. C'est pas parce que t'es faible ou... j'sais pas... et... et purée, je suis sûr que tu l'étais pas à l'époque non plus. » Stiles sourit, Peter non. « T'as pas parlé. J'sais pas si tu te rends compte mais... à ta place, j'aurais tout donné. La cachette de la clé de secours de chez moi. Le numéro de la carte bleue de mon père. Tous les numéros de sécu que je connaissais. Même le téléphone de Lydia. Et Lydia c'était Lydia, à l'époque, hein. Tout. »
« Sauf que moi, je donnais des informations permettant à des chasseurs de mieux tuer ma famille, si je parlais. »
L'humain hocha la tête. Vu de cette manière, aussi...
« Mouais... à ta place, je crois quand même que j'aurais tout donné. Je me serais même infiltré illégalement dans le commissariat pour détruire des preuves qui les incriminaient, s'ils me l'avaient demandé. » Le plus jeune grogna. « Et ils me l'auraient pas demandé gentiment. Ces cons m'auraient certainement cassé la guibolle avant de me faire aller au commissariat. Dans le genre crétin, ça se place bien. »
Ils marchaient. Ils ne faisaient pas attention au chemin emprunté. Probablement tournaient-ils en rond autour du cabinet. Cela importait peu. Ils étaient loin de Deaton, loin d'Alex, que demander de plus ? Peter, la bouche entrouverte, se demandait ce que savait Stiles de source sûre ; ce qu'il supposait être arrivé et ce qui, à ses yeux, n'avait pas dû se produire. La jambe ne pouvait qu'être une coïncidence.
« Tu n'aurais jamais fait ça à ton père. »
« Sur le coup, je pense que j'en aurais rien eu à cirer. Mieux vaut gagner du temps le temps qu'on me retrouve et qu'on me sauve que me faire torturer et zigouiller. Si je suis mort, ça sert à rien qu'on mette sa vie en danger pour me sauver. »
« T'auras pas pu mieux dire. » Marmonna Peter.
« Et toi, pourtant, tu as continué à la fermer... alors qu'on sait tous les deux que c'est pas ton fort, hein, la fermer. Tu savais pas quand ils allaient te retrouver et tu te taisais quand même. » Insista Stiles. « Et est-ce que je suis sérieusement en train de te forcer à admettre que tu es génial ? C'est pas supposé être un truc que tu fais tout seul, ça ? »
« Pas les premiers jours. Et après, c'était surtout parce que parler faisait un mal de chien. »
« C'est quand même à se demander comment privé de tes souvenirs, tu as quand même pu te convaincre que les humains étaient faibles. »
« Je l'étais. Faible. Talia savait qu'en tant qu'humain, et avec mes souvenirs, je n'aurais jamais su, ou voulu, survivre. »
Stiles perdit son sourire.
« Et elle avait raison. » Termina Peter, imperturbable. « Là, maintenant, j'ai encore l'impression qu'on m'enfonce la tête sous l'eau et qu'on me brise les doigts. »
« Tu étais humain, dans la réalité des Djinns. Et en vie. »
« Et constamment surveillé par Derek. Et toi et les autres dans une moindre mesure. »
Fin du trentième-et-unième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de granola masqué ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le chapitre trente-deux, Retrouvailles.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
Skayt
