Hello, hello,

Si quelques détails vous échappent, surtout, n'hésitez pas à me le dire et tout hein :D je me ferais une joie d'expliciter tout ça.

Un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (et c'est du boulot !)

Bonne lecture !

PS. Je réponds aux anonymes sur skaytpapionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme


Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.


Chapitre 35 - Accepter

« Tu peux monter le son, steuplait ? »

Retour aux bonnes vieilles habitudes – ou peut-être n'étaient-elles pas si bonnes que ça, juste habituelles, ce qui était pas mal pour des habitudes – avec un Peter qui, l'air de ne pas y toucher, monopolisait la télécommande. Le loup-garou avait attrapé le précieux objet abandonné sur un coussin du canapé, juste avant le début du film, et ne l'avait plus lâché depuis. Il changeait de chaîne au grès de ses envies – pour éviter les pages de pubs, un énième bulletin météo ou simplement entendre l'humain râler – et jouait avec le volume selon les programmes qui passaient.

Si on leur avait dit que les choses s'arrangeraient d'elles-mêmes, Stiles ne l'aurait pas cru. Il n'aurait pas éclaté de rire pour autant, pas du tout d'ailleurs, la situation ne s'y prêtait pas, mais c'était l'idée. En revanche, il aurait fait la moue, aurait grimacé avant de rouler des yeux. Force était de constater qu'il aurait eu raison de ne pas croire ces jolies paroles. Ce n'était pas aussi facile.

On sentait l'amélioration. Difficile de ne pas le faire. Ils étaient au plus bas, ils ne pouvaient que remonter la pente, à présent – ou tout arrêter. Ce n'était pas pour autant tout à fait ça. Peter était encore loin de lancer des bombes à eau sur John bien que, il persistait et signait, Derek fut sa cible initiale. Il arrivait encore au loup de se réveiller la nuit pour aller la finir sur le canapé, devant les informations ou les énièmes rediffusions d'une série quelconque. Stiles ne disait rien. Il le réveillait si besoin ; il le laissait dormir dans le cas contraire... pour finir par le réveiller douze minutes plus tard en se cognant dans le pied d'une chaise.

Quelquefois – une fois par jour minimum – Alex essayait de téléphoner. Et téléphonait, il n'y avait pas de raison qu'il ne réussisse pas. Peter raccrochait systématiquement au nez du Bêta. Il décrochait pour le seul plaisir de pouvoir ensuite raccrocher. Élémentaire, mon cher. De temps en temps, c'était Stiles qui répondait. Un peu mal à l'aise quand il comprenait à qui il avait affaire, il finissait toujours par glisser une paire informations et donner quelques nouvelles. Oui, Peter allait mieux. Oui, Peter allait bien – puisqu'il allait mieux – même si non ce n'était pas parfait. Oui, il se contrôlait, se remettait, acceptait son passé humain – plus ou moins – et oui à mille et une autres réponses similaires. L'hyperactif se disait, chaque fois, qu'il fallait vraiment être motivé pour s'accrocher de la sorte à Peter. Stiles s'étonnait aussi de voir à quel point son compagnon pouvait être décidé à ne pas laisser la moindre chance à son beau-frère.

Pas. Une. Seule. Même en se faisant prier et acheter à renfort de « je ne viendrai plus dans ton bureau quand la porte est fermée à clé. Ni quand elle est fermée. Ni... quand tu voudras personne, y aura personne. » – car oui, apparemment, que ce soit verrouillé n'était pas encore assez clair pour l'autre.

« Alex a appelé, aujourd'hui ? » Demanda Peter, l'air de rien, la tête sur les genoux de Stiles.

« Non. » Allez au plus simple, avec le loup-garou, n'était pas la solution. L'aîné en voudrait davantage, tout incapable qu'il était de se contenter de cette courte réponse. C'était l'effet recherché. Moins on lui en disait, plus il réagirait, parlerait, s'ouvrirait.

« OK. »

Bon, ça ne pouvait pas marcher à tous les coups.

« Pourquoi ? T'as changé d'avis ? »

« Absolument pas. » Marmonna le lycanthrope, pareil à un enfant un peu boudeur. Sa joue aplatie sur le jean de l'humain, sa voix en était étouffée. « Jamais. »

« Tu sais ce qu'on dit... » Se moqua l'humain. « Ne jamais dire jamais. »

Le loup-garou grogna son désaccord. Cette phrase toute faite pouvait aller se faire voir. Il détestait ces moments, de plus en plus fréquents, où il ne pouvait décemment pas avoir le dernier mot. Il pourrait mais... non. Pas sans se prendre la tête plus que nécessaire. Il n'avait pas le courage à ça. Pas ce soir.

« T'sais, j'pensais à un truc... »

« Arrête. »

« Arrête de penser ou arrête va pas plus loin ? C'est deux trucs hyper différents. »

« Les deux. »

« Oui mais non. » Stiles sourit. La télé en fond sonore tendait à rendre la scène banale. Elle l'était, même sans Lee Pace à l'écran mais... en théorie, seulement. Sur le papier uniquement. Peter avait tout rendu compliqué à souhait, y compris les scènes de vie les plus élémentaires. Tentant le diable, l'humain posa une main sur l'épaule du loup... dont la réaction ne se fit pas attendre. Peter bougea pour se caler plus près encore d'un Stilinski ravi. « En fait, j'me disais que des gens qui te sont suffisamment proches et qui connaissent bien ton vrai passé... y en a pas des masses. Y a que Deaton et Alex. »

« Qu'ils aillent au diable. Tous les deux. »

« Sauf qu'il y en a un pour qui tu ne le souhaites pas vraiment. »

Peter soupira. Son agacement suintait par tous les pores.

« C'est Alex. » Admit-il. La télécommande tournait et retournait entre ses doigts quand elle n'était pas à cogner contre sa hanche. « Talia a tout modifié. Elle a gâché tous les souvenirs que j'avais d'eux avec ses mensonges mais... Alex a toujours eu le beau rôle. » Le loup rit jaune. « Il était le seul à comprendre qu'être humain ne faisait pas de moi un crétin en porcelaine. »

« Heureux de te l'entendre dire. » Murmura Stiles. « Tu me feras peut-être moins rester en arrière lors des traques et des patrouilles. »

« Tu rêves. » Peter changea de position. Il ne se redressa pas, cogna une paire de fois dans l'accoudoir et n'arrêta que lorsqu'une main se posa sur son épaule. Le visage de l'avocat était maintenant tourné vers celui de son vis-à-vis. « Tu te mets déjà en danger toute la journée ; évite de le faire sur ton temps libre. T'as qu'à... je sais pas... collectionner les timbres. Pourquoi toujours essayer de te faire tuer ? C'est débile. »

« Tu m'as fait peur, pendant une seconde. » Le Stilinski ricanait alors que l'autre roulait déjà des yeux. « J'ai cru que tu allais oublier de te montrer désagréable. »

« Être désagréable c'est inné, chez moi. »

Difficile de le contredire là-dessus.

o o o

Le lendemain, sans rien dire à qui que ce soit, et certainement pas au reste de la meute, Stiles et Scott avaient décidé de se voir en terrain neutre. Exit, donc, l'appartement des McCall ou la maison des Hale-Stilinski. Exit aussi leurs maisons d'enfance, raccrochées à beaucoup trop de souvenirs qui n'étaient plus que ça... des souvenirs. Au placard le loft de Derek, qui avait pourtant proposé de le leur céder pour une journée « pour qu'ils se sortent enfin les doigts du cul » – Peter avait une mauvaise influence sur son neveu.

Non, ils étaient installés autour d'une table de pique-nique dans un jardin public. Ils y jouaient étant plus jeunes mais c'était anecdotique. Ça n'avait pas la même importance et valeur que les chambres et salons. Un kebab à moitié mangé devant l'Alpha, un sundae encore parfait pour Stiles, les deux se regardaient dans le blanc des yeux. Ils ne lâchaient rien.

« Donc... euh... ouais... »

« Comment va Peter ? »

« La réponse t'intéresse vraiment ? » Les sourcils de l'humain étaient levés tandis que ses ongles tapaient sur le bois de la table – et ce beaucoup trop vite.

« Oui. »

« Pourquoi ? »

« Si tu n'es pas prêt à faire un effort, je vois pas pourquoi je suis là. » Grinça l'Alpha. « Je t'ai posé une simple question et, tout de suite, tu prends la mouche. On n'a plus dix ans, Stiles. »

« On n'a plus dix ans, non. » Confirma l'humain. « Si on avait encore dix ans, tu m'aurais pas laissé tout tenter, pendant des années, sans rien faire. Si on avait encore dix ans, tu aurais reconnu tes torts lorsque j'ai commencé à reconnaître les miens ; on était deux dans l'histoire. Deux ! Si on avait encore dix ans, tu ne te serais pas comporté comme un petit con d'Alpha persuadé de valoir mieux que Peter ou moi car il n'a tué personne. » Son ton était calme. C'était le pire. Si, encore, l'hyperactif s'était emporté, s'il avait haussé le ton, Scott aurait pu réagir. Le loup aurait pu trouver facilement une manière de renvoyer ces reproches à l'envoyeur mais là... « Qui voulait tuer Peter, juste après s'être fait mordre ? Tu l'aurais peut-être pas fait, OK, mais tu y avais songé. Qui a blessé Liam pendant l'entraînement de Crosse ? Moi, d'accord, mais toi aussi. Qui a plusieurs fois perdu le contrôle et manqué de me tuer ? Ou de tuer quelqu'un d'autre ? Tu sais pourquoi tu n'as jamais eu à tuer qui que ce soit ? »

« Parce qu'il y a toujours eu quelqu'un d'autre, près de moi, prêt à le faire à ma place. »

« Si c'était pas aussi navrant, je lèverais les bras au ciel et crierais Hallelujah. »

« Et alors quoi ? »

« De quoi 'et alors quoi' ? »

« On fait quoi ? Tu as l'air de m'en vouloir de t'en avoir voulu, de m'en vouloir d'essayer de ne plus t'en vouloir, de m'en vouloir de prendre des nouvelles de Peter... on est supposés faire quoi, du coup ? Parce que si tu comptes m'envoyer chier au moindre effort de ma part, ça va vite être invivable. »

« Tu crois que c'était comment, pour Peter et moi, d'être considérés comme de la merde ? »

« Vous n'étiez pas considérés comme... »

Pas besoin d'user de l'art subtil de la parole pour se faire comprendre. Stiles commençait à manier les sourcils tel un Hale.

« Vous voulez quitter la meute ? »

« Peut-être bien... » Grommela Stiles. « Et avec le paternel de retour en ville... c'est probable que ce soit ce qui finira par arriver. » L'humain se mordillait les lèvres. Il en arrachait la peau du bout des dents et essuyait le sang qui coulait dans un mouchoir tendu par son ami d'en face. « Mais c'est pas pour toi que je reste. »

« Fut un temps où c'était toi et moi, seuls, contre le reste du monde. »

« Fut un temps où tu ne me laissais pas seul contre le reste du monde. »

« Tu m'as laissé seul, toi aussi. »

« J'ai jamais voulu que ça se passe comme ça. » Finit par dire Stiles. « Toi et moi, j'veux dire. Je... que tu acceptes pas Peter, ça me fait mal aux fesses mais, au fond, je comprends. Mais tu n'acceptes pas Peter, tu n'acceptes pas ceux qui acceptent Peter, tu peines à accepter que je sois avec Peter. Bon sang ! T'as encore plus de mal avec mon couple que mon père. Mon père, shérif, qui voit son fils unique faire sa vie avec un homme, loup-garou, ex-tueur et toujours un peu limite-limite. »

« Ca ne t'es pas venu à l'esprit que le fait qu'il soit encore un 'limite-limite' est ce qui bloque ? »

« Non. »

o o o

Peter avait un bon paquet, un sacré bon paquet d'ailleurs, de livres et manuels, aussi divers que variés voire hors sujet – ouverts face à lui. Quelques polycopiés et des feuilles de classeurs traînaient ci et là. Elles étaient à utiliser ou à jeter selon l'avancée du brouillon et l'état d'esprit de leur rédacteur. Des stylos éparpillés aux quatre coins de la chambre, y compris sous son oreiller Peter espérait secrètement réussir à duper la petite souris. Malgré tout ça, le loup-garou n'avançait pas. Il ne travaillait pas. Il ne faisait rien. Dans le coin, entre son lit et le mur, il recommençait à penser que venir ici était une erreur. Et une grosse, s'il-vous-plaît !

À plusieurs reprises déjà, il avait essayé d'appeler Talia. Sa sœur ne lui répondait pas. Peter tombait sur la messagerie quand il téléphonait à la maison. Même silence oppressant quand il tentait de la joindre à son travail. Le jeune adulte avait même essayé de la joindre avec le numéro de portable dont son aînée avait récemment fait l'acquisition. En vain.

Dire à sa sœur qu'il n'était pas prêt à partir n'était pas une erreur de sa part. Il n'était pas prêt à partir, point. Son ancre était trop fragile et instable. Avant, c'était ses parents. Ensuite, ça avait été Talia – rassurante Talia quand elle n'était pas à faire la loi à la maison. Et maintenant ? Maintenant, il avait quoi ? Des dizaines de stylos noirs et un code civil ! La belle affaire. C'est sûr qu'il allait se calmer avec ça. Il était sauvé.

« Ouais ? »

Enfin ! Enfin quelqu'un répondait. C'est que Peter commençait à perdre espoir.

« Derek ? Ta mère est là ? »

« Non. » Se contenta de dire le plus jeune. Plus les années passaient, moins il parlait. À croire que plus ses réponses étaient courtes, plus Derek était heureux. « Mais j'peux lui dire de t'rappeler quand elle rentrera, si tu veux. »

« Non. Je. J'ai. Tu peux parler ? »

Peter allait devoir se contenter de Derek. Il aimait bien son neveu, là n'était pas le problème, le gamin était malin, intelligent quand il s'en donnait la peine, et, en temps normal, ça lui suffisait... Peter doutait que d'entendre son cadet lui parler de sa journée, de machin qui lui avait pété son vélo et de bidule qui pensait encore avoir une chance de pouvoir le battre en sport fasse son effet.

« Baaaah. » Derek hésitait. « C'est moi qui ai la console, là, et j'vais bientôt devoir la passer à Laura, tu vois... »

« Derek... »

« Une autre fois, OK ? »

Ni une, ni deux, sans proposer de passer le téléphone à une de ses sœurs ou de, quand même, transmettre un message à sa mère lorsqu'elle rentrerait, Derek raccrocha. Les tonalités du téléphone n'aidèrent pas Peter à se calmer. Au contraire. Elles devenaient plus stressantes encore que tantôt.

« Allô ? »

« Reste et je te paie la nouvelle Game Boy et trois jeux. »

« Cinq. »

« Trois. »

« Cinq. » Continua à marchander Derek, désireux de tenter sa chance.

« Deux. »

« Mais t'avais dit... » Le cadet soupira. Il n'avait pas une chance contre Peter, quand bien même son oncle fût-il celui en situation de demande. « OK pour trois jeux. Tu veux que j'te dise quoi ? »

« Pas important. »

« Tout va bien ? » L'inquiétude commençait à poindre le bout de son nez. « Peter ? »

« Ouais. »

« Pourquoi je te crois pas ? »

« T'es pas idiot. »

Derek sourit.

« Alan a demandé de tes nouvelles à maman. Il se demandait comment tu gérais les pleines-lunes, et tout ça. Mam' essayait d'avoir l'air bien mais... j'sais pas... elle avait pas l'air bien, tu vois ? Comme si elle avait peur. »

Ah tiens. Le gosse aussi avait remarqué l'étrange comportement de leur Alpha ?

« Elle a peur. » Grommela Peter, la tête appuyée sur son matelas. « Oublie pas qu'il m'arrive encore de te blesser. »

« Si ça mérite pas un quatrième jeu, ça. » S'amusa Derek.

« Même pas en rêve, morveux. »

o o o

Après avoir fait claquer la porte d'entrée, et marqué un magnifique panier avec ses clés et un vase vide – mais personne n'était là pour l'applaudir – Stiles avait crié qu'il était de retour. Ouais, c'était pas très utile... tant pis, il le faisait quand même. Après un rapide coup d'œil vers le salon déserté, il monta, chaussures aux pieds, à l'étage pour voir ce que faisait le loup-garou. Peter était présent. Ce n'était pas simplement le fait que sa voiture soit déjà garée devant le garage – les lycans avaient cette fâcheuse tendance à aimer se balader à pieds, les fous – mais... mais son intuition lui soufflait que... donc Stiles l'écoutait.

« C'est pas vrai. »

La porte de la salle de bain, celle sans baignoire, il va sans dire, et qu'ils utilisaient le plus, était entrebâillée. Il fallait croire que Peter n'était pas dans son bureau. Si la salle d'eau avait été vide, la porte aurait été correctement fermée. Elle l'était toujours. Le loup y veillait avec une attention qui frôlait l'obsession. Prudent et lent, excessivement lent mais il n'était pas question de prendre un loup-garou qui panique par surprise – et surtout pas Peter – Stiles la poussa avec l'épaule et entra.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« J'y arriverai pas. »

« À quoi ? Pardonner Alex ? Faire avec tes souvenirs ? »

« Faire sans Alex. » La tempe contre la porte de douche, le lycanthrope avait les yeux fermés et agissait comme s'il ne venait pas d'avouer sa peur du moment.

Stiles comprit. Le problème devenait tout à coup évident.

« Tu as peur qu'il reparte ? »

« Non. »

Il y avait les « non » qui voulaient dire « non ». Les « oui » qui voulaient dire « oui ». Les « oui » qui voulaient dire « non ». Et les « non » qui voulaient dire « oui » ; et ce « non » en était définitivement un !

« Tu peux me la refaire en essayant d'avoir l'air crédible ? » Demanda Stiles, l'air de rien. Il s'installa aux côtés de l'autre et l'attira à lui. Il ne laisserait pas Peter recommencer avec ses silences et ses fuites qui ne leur réussissaient pas. « Parce que là... tu l'es à peine plus que si tu me disais 'Stiles ! Nom de dieu ! Je pense qu'Alan est mon nouveau meilleur ami. On va se faire une plancha le week-end prochain, d'ailleurs'. Tu vois c'que j'veux dire ? »

Peter grimaça. Oui. Merci. Il voyait très bien où l'autre andouille voulait en venir. Le problème était que, si Peter détestait foncièrement l'un, il éprouvait encore une certaine rancune – et non pas peur ou que savait-il encore – vis-à-vis de l'autre. Alex qui, des années durant, avait été la personne la plus importante de sa famille, à ses yeux, il ne se faisait pas d'illusions là-dessus même s'il s'en souvenait à peine. Plus que ses parents ou sa sœur. Plus que ses neveux ou ses cousins. Alex qui l'avait intégré et considéré en tant qu'humain et abandonné en tant que loup. L'avocat se demandait si, Alex présent, il n'aurait pas été plus facile à contrôler. Il n'y avait pas de raison pour que ça ne soit pas le cas. Peter avait toujours été plus à l'aise avec lui qu'avec Talia.

« Jordan disait que parler te ferait du bien. À n'importe qui, ça te ferait du bien. Mais... » Il hésita. « Peut-être qu'il y a des 'n'importe qui' mieux que d'autres. Alan et Alex, pour ne pas les citer. » Peter roula des yeux. « Si je devais en appeler un, juste un, pour qu'il passe, tout ça... ce serait qui ? »

Bah tiens. Comme si Stiles ignorait la réponse. Peu importait contre qui se retrouverait Deaton, son adversaire sortirait toujours vainqueur. Presque toujours. Mitch – le compagnon de Catherine – et Kate étaient bien partis pour ne pas gagner. Peter, ce monstre d'objectivité.

« Alex. » Répondit quand même le loup. « Mais on ne l'invite pas à manger ou... une quelconque autre banalité qui peut se faire avec un membre de la famille. Entendu ? »

« Peter... »

L'aîné Hale ferma les yeux. Parler ne lui disait plus rien. Parler ne l'avait jamais particulièrement tenté, à vrai dire.

« Il n'est pas la famille. »

« Peter. » Insista Stiles. « On peut pas recommencer comme ça. Il faut qu'on se dise les choses. » L'humain soupira. « Nous taire, ça nous réussit pas vraiment, hein. C'est pas franchement une surprise mais... »

« Faut qu'on se dise quoi ? »

« Que tu me dises si on aime ou si on déteste ton beau-frère. Que tu me dises si tu lui pardonneras un jour. Que tu me dises si tu veux que je te laisse tranquille et qu'on en reparle plus tard. » Suggéra aussitôt le fils Stilinski. « Ne pas parler, je me répète mais tant pis, ça nous réussit pas. Ne pas parler nous amène à ne pas savoir que tu as été pris par un Djinn. Faut que tu me dises, faut que tu parles... »

« Je veux pas que tu me laisses. » Chuchota le loup. « Mais je veux pas en parler. »

« D'accord. » Stiles hocha la tête. C'était pas ce qu'il voulait entendre mais il s'en contenterait. C'était un petit pas déjà. « On en parle plus pour l'instant. »

« Derek a besoin d'être un peu seul avec son père. Qu'il reconstruise d'abord sa relation avec son fils avant d'aller s'encombrer de son ex-beau-frère. » L'aîné grinça des dents. « Et sa fille. Y a Cora, aussi. Il n'a même pas cherché à prendre de ses nouvelles. »

« Je pense pas qu'il pensera qu'il s'encombre de toi. Il a l'air de tenir à toi autant qu'à Derek. » Dire que Peter ne voulait pas en parler. Il était pourtant celui qui gardait le sujet 'Alex' sur le tapis. « Il est revenu parce qu'il pensait que tu avais besoin d'aide. »

Ils étaient toujours à même le sol. Sur le carrelage froid de la salle de bain, contre le mur tout aussi frais, ils en faisaient peu cas. Les poings de Peter se serrèrent. Comme souvent, ses griffes étaient au rendez-vous, elles ne sortirent de sa paume de main qu'au moment où Stiles attrapa ses doigts pour les tenir à la place. Quand l'humain présentait les choses de cette manière, le loup s'en voudrait presque d'en vouloir à Alex et se sentir incapable d'accorder son pardon. Presque. Fallait pas déconner, non plus.

« Parce que Deaton l'a prévenu. »

« Parce qu'Alan l'a prévenu. » Confirma Stiles. « Et il serait venu plus tôt si Alan l'avait prévenu plus tôt, j'en suis persuadé. » Il tenta de passer un bras autour des épaules du loup mais se ravisa quand il le vit s'éloigner. « Ne tourne pas le dos à ta famille et aux gens auxquels tu tiens. Tu ne te mettrais pas dans cet était si tu ne tenais pas à lui. » Il sourit. « Pour tomber dans le cliché... »

« Ne le fais pas. »

« Rien est pire que l'indifférence. Et tu sais très bien être indifférent. »

L'élastique était tendu. Stiles jouait avec le feu. Peter ne se transformait pas, il ne perdait pas le contrôle mais le risque était là. L'humain le sentait. Le loup-garou aussi. Ils se turent tous les deux. L'un pour ne pas s'énerver contre son compagnon, qui cherchait à bien faire et bien dire, à l'aider si tant est que ce fut possible. L'autre pour une question de survie.

« Il va rester à Beacon Hills. »

Malheureusement... l'instinct de survie de Stiles n'était, par contre, toujours pas au point. C'était d'ailleurs pour ça qu'il menait aujourd'hui la vie qu'il menait.

« Pas tout de suite. » S'empressa d'ajouter Stiles. « Je suppose qu'il lui suffira pas d'un seul stupide coup de fil pour tout régler à, euh, pff, là où il habite. Il habite où ? On s'en fout. Je lui demanderai tout à l'heure, quand il appellera. Puis il faudra qu'il se cherche un appart' où emménager avant... d'emménager. Paraît que c'est plus pratique comme ça. Puis... euh... bah déjà faire tout ça ça lui prendra du temps. »

La tête tournée vers Stiles, les yeux mi-clos, Peter soupira. Fatigué. Les souvenirs le fatiguaient. S'obliger à ne pas se souvenir le fatiguait. Penser le fatiguait. Parler l'agaçait. Il était surtout fatigué, en fait. Très fatigué. Trop fatigué, même. À croire qu'il n'avait pas dormi depuis une éternité. Stiles, à ses côtés, occupé à parler seul de ce qui s'apparenterait presque à des banalités – qui en étaient – était une très bonne berceuse ; ce qui avait souvent fait râler l'humain qui ne se trouvait pas si assommant.

« Je me tais. » Sourit le plus jeune. « Tu devrais aller dormir. Je te réveillerai tout à l'heure. »

« Hmm. Non. Parle. »

« Tu savais que la Corée du Nord voulait créer son propre fuseau horaire ? » Hors sujet ? Ooh, si peu. « Ils l'ont peut-être fait, tu me diras. J'avais lu ça y a quelques années. »

Peter ne répondit pas. Un petit sourire apparut tout de même sur son visage alors qu'il se tournait à la recherche d'une nouvelle position.


Fin du trentième cinquième chapitre.

Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de super lapin timbré (pourquoi les lapins sont toujours timbrés, maintenant, dans les films d'animation ?) ?

Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !

A bientôt pour le chapitre trente-six, Pris par surprise.

J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !

Skayt