Hello, hello,
Si quelques détails vous échappent, surtout, n'hésitez pas à me le dire et tout hein :D je me ferais une joie d'expliciter tout ça.
Un gros gros merci à LiliEhlm pour la correction de ce chapitre (et c'est du boulot !)
Bonne lecture !
PS. Je réponds aux anonymes sur skaytpapionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme
Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.
Chapitre 36 - Pris par surprise
« Peter ? Il est où le téléphone, que je le remette sur le socle. » Son regard brassa le salon. Rien. Il soupira. « Y va encore se décharger et tu vas encore tous les faire sonner pour savoir pourquoi celui que tu veux qui sonne sonne pas, alors qu'il sera juste déchargé. Ah ! »
Dire que l'appareil était là. Juste là. Il traînait entre deux pages du journal abandonné, le matin même, sur la table basse. Faute de pouvoir se concentrer sur sa lecture, Stiles avait simplement abandonné et avait préféré réveiller le loup qui dormait à deux pas de lui, sur le canapé. Grognon, Peter était remonté se coucher et avait peu fait cas du roulement d'yeux de son compagnon.
« Ah non. Oublie. Je l'ai. C'est bon. Oublie. » L'humain grimaça. « Raaah, tais-toi Stiles. Tais-toi. Désolé, je... me tais. Je me tais. »
Avoir une ouïe de loup-garou n'empêchait pas les-dits loups-garous de pouvoir être surpris. Pas du tout, même. Stiles le savait d'expérience. Pour être en mesure d'entendre des pas qui s'approchent, une porte qui claque ou des marches pas aussi silencieuses que ce qu'elles seraient dans un monde parfait... encore fallait-il y prêter attention. Peter, plus que n'importe quel autre loup de sa connaissance, le lui avait fait comprendre. Même Scott, et les autres mordus, n'avaient pas été aussi limpides.
Juste après sa captivité, alors qu'il achevait à peine sa cicatrisation, il avait été impossible pour Stiles de surprendre Peter ; même en y mettant tout son cœur. Le loup était toujours à l'affût du moindre bruit suspect et, pourtant, sursautait et sur-réagissait chaque fois. Le frigo que l'on fermait un peu trop brutalement, la pomme de douche qui lui échappait des mains, son portable qui dévalait les escaliers, les casseroles qui lui tombaient toutes dessus quand il essayait d'en attraper une... rien à faire, Peter faisait un bond et, l'espace d'un instant, laissait la panique se lire sur ses traits. Il se calmait ensuite, se rappelait que c'était normal, qu'il ne pouvait pas s'attendre à ne pas entendre tout ça alors qu'il vivait avec Stiles. Une paire de fois, l'humain avait cherché à s'approcher du lycanthrope pour le calmer, l'apaiser. Le toucher. Pas plus. Vraiment. Une main posée sur l'épaule de Peter aurait suffit, à Stiles. À Peter aussi puisqu'il aurait été rappelé à l'ordre. Il s'y refusait pourtant et s'était, à maints reprises, dérobé à son contact pour ensuite, telle une anguille qu'il n'était pas, se faufiler jusqu'à son bureau.
Le jeune agent de police, tout à ses réflexions, n'entendit pas Peter arriver au salon. Se parler alors qu'ils étaient l'un et l'autre à une extrémité de la maison ne les avait jamais dérangés – à part peut-être Stiles qui n'entendait pas toujours tout. Ils n'avaient pas de voisins immédiats. Personne pour leur hurler « mais vous pouvez pas fermer vot' gueule, à la fin ! » et, parfois, pas très souvent mais ça arrivait, Stiles le regrettait.
Ça aurait le mérite de faire tourner court leurs disputes.
« Stiles. » Murmura-t-il à son oreille, un petit sourire aux lèvres, tout en l'encerclant comme si c'était normal. Ça ne l'était pas, normal, et ce, même si les dernières semaines n'avaient pas eu lieu.
« Ouais. J'me tais. » Le front contre le torse de l'autre, Stiles ferma les yeux. « J'me tais. J'me tais dès que j'arrête de dire que j'me tais. »
« Non. » Souffla Peter. « Non. Ne te tais pas. Jamais. »
Stiles, à son tour, commença à sourire... pour maudire de tout son saoul l'enfoiré qui venait de sonner à la porte. Il fallait toujours que quelqu'un gâche tout ! Il jurait devant Dieu, et ses amis, que si c'était un gosse venu leur vendre des barres chocolatées ou des saucisses... il l'envoyait en Lituanie d'un coup de pieds aux fesses.
« Excusez-moi mais... on m'a apporté votre courrier par erreur. »
« Pff. » Stiles leva les yeux au ciel, navré. C'était pour ça qu'on avait cassé leur moment ? Bah voyons. Il se reprit vite. Ce n'était pas la faute de la voisine – enfin si, un peu quand même, c'était elle qui avait appuyé sur la sonnette, on lui ferait pas croire l'inverse. « Comment on peut confondre le n°7 avec le n°12 ? Faut l'faire exprès. C'est même pas du même côté. »
« Dixit celui qui disait que, pour inciter les gens à se parler un peu plus souvent et mieux se connaître, les facteurs devraient s'amuser à poster n'importe comment... tant que c'est dans la bonne rue. » Se moqua Peter.
La voisine sourit. « C'est une idée, oui. »
Ce n'était pas une idée, non.
« Me semblait que ce que je disais quand j'avais un verre de trop dans l'pif ne pouvait pas être réutilisé contre moi. » Bougonna Stiles. « Faux frère. »
« Je ne suis certainement pas ton frère. »
« C'est pour ça qu'il y a faux dans faux frère. »
o o o
La pièce était sombre. Les rideaux étaient tirés et, lorsqu'elle était entrée dans sa chambre, Cora n'avait pas jugé utile d'appuyer sur l'interrupteur. La lumière de son écran suffirait amplement, pour ce qu'elle avait à faire. Accepter l'appel de son frère, elle saurait faire. Parler, pas besoin d'y voir clair pour y parvenir.
La louve, d'habitude si friande des conversations avec son frère – celles avec son oncle étaient étonnamment beaucoup plus rares, bien qu'il appréciait davantage l'ordinateur – aurait préféré éviter d'avoir à parler à son aîné ce soir. Elle n'était pas prête. Elle n'était tout simplement pas prête. Pas besoin d'être devin pour savoir autour de quels sujets allait tourner la conversation.
Les banalités d'usages seraient expédiées en cinq minutes, montre en main. Derek ne s'embarrassait pas de ce genre de choses, pas quand il avait une vraie raison d'appeler sa sœur. « Comment vas-tu ? », « Quoi de beau dans ta vie ? », « Il fait pas trop chaud, ça va ? » et « Toute la meute est encore en vie. Peter aussi, oui. Rassurée ? » pas de quoi y passer le réveillon. Les hostilités commenceraient après. Son père serait remis sur le tapis. Cora ne voulait pas.
La jeune femme ne savait pas quoi penser de son père, qu'elle avait, au final, très peu connu. Pas plus qu'elle ne savait que penser de son retour presque miraculeux à Beacon Hills. Cora avait donc fait au plus simple : elle n'y pensait pas, elle ignorait le problème autant que possible.
« Tu n'écoutes pas un traître mot de ce que je suis en train de dire. » Remarqua Derek.
« Hmm. Désolée. » Elle ne l'était pas. « Tu disais ? »
« Papa demandait de tes nouvelles. »
« Ah. » La louve haussa les épaules. « Il aura pris l'temps, dis-moi. Ça fait combien de temps qu'il aurait pu en prendre, des nouvelles ? »
« Cora... »
« Der'. » Elle soupira. « Ton père est mon père, je suis consciente de ça, mais... pour moi, il est davantage ton père que le mien. » Elle détourna la tête un instant. L'ombre de sa lampe de chevet sur le mur était tellement plus intéressante que la tête de chiot battu de Derek – tête qui ne lui allait pas vraiment, qui plus est. « On pourrait pas parler d'autre chose ? De Peter, par exemple. »
De Peter ou d'autre chose. Peter plutôt. Derek avait été plutôt avare niveau détails la fois passée, elle s'en était rendue compte après coup, une fois qu'était bien ancrée l'information « ton oncle est un mordu, surprise ! ».
« Je sais pas grand chose de plus que la dernière fois. Peter est pas du genre à venir me raconter ses petites histoires, c'est... papa qui... c'est papa qui a pu me dire deux-trois choses. »
« Il essaie de se faire bien voir. » Marmonna Cora.
« Pourquoi vous lui prêtez tous de mauvaises intentions... il est revenu, Cora. C'est... pourquoi Peter et toi êtes incapables de vous contenter de ça. »
« Il n'avait pas à partir au départ. » Siffla la plus jeune. « Il est revenu quand Deaton l'a appelé pour lui dire que Peter se souvenait ? Car Peter avait des problèmes ? Mais laisse-moi rire, Derek ! Des problèmes, on en a toujours eus. J'en ai toujours eus. Ça fait des années qu'il aurait dû revenir, s'il suffisait qu'on ait des problèmes pour qu'il revienne la bouche en cœur. Il pouvait revenir après l'incendie. Là, tout le monde avait besoin de lui. Moi, toi, Laura... Peter. » Derek baissa les yeux sur le clavier. Ces reproches, c'était pas la première fois qu'il les entendait. « Je suis pas en colère après lui. Je peux pas être en colère après un homme que je ne connais pas. »
« Viens. Tu le connaîtras. »
Elle tua son frère par écran interposé. Il en avait de bonnes, lui, parfois.
« Tu comprends pas que j'ai pas envie de le connaître ? J'ai pas envie. »
Serait-ce une mauvaise chose que de subitement couper la conversation et prétexter un bug au niveau du wifi ?
« Dis, hors sujet mais... si je viens pour la prochaine réunion, tu pourrais m'héberger quelques jours ? » Demanda enfin Cora. Ça aussi, c'était un sujet à aborder au cours de la soirée. Elle ne se voyait pas débarquer avec son sac sans s'annoncer au préalable. « Fin... papa squatte pas chez toi, dis. »
« Non. Il est encore chez Alan. »
« Il est encore chez Alan. » Répéta la louve, d'un ton rogue. « Tu comptes lui dire de venir chez toi le temps de trouver quelque chose, hein ? »
Derek ne répondit pas. Son silence en disait long.
« T'es vraiment un abruti. »
« Je vois Stiles et Peter au moins deux fois par semaine... tu crois pas que je suis au courant ? »
Cora sourit. « Tu dois pas être trop abruti à leurs yeux. Ils te supporteraient pas autant, autrement. »
« Peut-être, ouais. » Admit Derek. « Je préfère pas chercher à savoir ce qui se passe dans leur tête, je t'avouerais franchement. »
Le silence s'installa entre les deux plus jeunes enfants Hale. Autant Cora était ravie – mais vraiment ravie – de ne plus parler et entendre parler de son père, autant elle regrettait que Derek et elle n'aient rien d'autre à se raconter.
« Cora ? »
« Ouaip ? »
« Scott a invité papa à la prochaine réunion. »
« Rah purée. » Grinça-t-elle. « J'ai déjà réservé et tout, fait chier. »
o o o
Comme à chaque réunion depuis qu'Alex était revenu, Peter s'y rendait en freinant des quatre fers. C'était pire aujourd'hui. Scott avait invité Alex à se joindre à eux, quand bien même faisait-il toujours partie de la meute Ito – officiellement. Officieusement, il tenait davantage de l'oméga. Les deux membres les moins décidés à lui faire bon accueil furent, sans surprise, excepté peut-être pour Cora qui n'avait pas eu cette impression quand elle avait parlé avec son frère, l'oncle et le neveu – et la nièce, qui était, comme son père, d'une autre meute.
« Peter... » S'agaça Stiles. Debout dans l'entrée depuis vingt bonnes minutes, même s'il était entre-temps retourné s'installer dans le salon, il venait de voir Peter passer, à l'étage, aussi peu prêt que vingt minutes plus tôt, justement. Un vrai gosse, ouais. « Tu devais pas prendre une douche vite fait et être prêt ? »
« J'ai dit ça, moi ? » S'étonna faussement le loup-garou. Il fronça les sourcils et sa tête pencha sur le côté. « Pire encore : tu m'as cru quand j'ai dit ça ? »
L'humain secoua la tête. Ça allait être sa faute, bientôt, si l'autre idiot traînait. Peter ne doutait vraiment de rien. Stiles avait, par intermittence, l'impression d'avoir affaire à un gamin récalcitrant qui ne voulait pas aller chez le dentiste se faire tripoter les dents par un « timbré qui doit pas être tout à fait net dans sa tête pour vouloir trifouiller dans la bouche des gens et les faire payer pour ça ». Voir le lycan s'agripper à la rambarde des escaliers l'étonnerait à peine.
« Tu peux pas dire que je ne me sentais pas bien ? Je suis un loup-garou pour qui cette excuse est plausible, autant que j'en profite, non ? »
« Non. Je peux pas dire ça. »
« Si. Tu peux... Tu peux mais tu ne le feras pas. Sacrée nuance que voilà, tu en penses quoi ? »
« J'en pense que tu m'agaces pas mal, là. Va t'habiller. On est déjà en retard. »
« J'aurais essayé, au moins. Ça ne coûte rien d'essayer. »
« Si. Du temps. »
Peter haussa les épaules.
« Qu'on aurait de toute façon perdu en restant avec l'autre bande de guignols... la belle affaire. »
« Va t'habiller ! »
À en juger le sourire satisfait d'un Peter en caleçon, agacer Stiles était le premier de ses désirs. Il devait être comblé, là, du coup. Dès le départ, le loup s'était douté qu'il n'avait aucune chance de pouvoir échapper à la réunion. Il paraîtrait qu'il était « Hors de question que je sois le seul à y aller. On est dans la même merde, mon gars ». Qui avait dit que Stiles n'avait pas le sens du partage ?
« Peter ! » Cria Stiles, quelques huit minutes plus tard. « Te faut de l'aide pour t'habiller, en plus ? »
« L'autre toi aurait été plus sympa. » Ronchonna Peter. La porte de la salle de bain claqua. Enfin, songea le cadet, avec soulagement.
« Peut-être parce que l'autre toi aurait été moins chiant. »
Depuis le premier, on ricana.
« Tu penses vraiment qu'il existe une quelconque réalité où je ne suis pas chiant ? »
« J'ai besoin d'y croire, en tout cas. De me dire que j'ai juste pas eu de bol d'être tombé sur toi. »
« Allez. En route, mauvaise langue. » Le lycanthrope, qui n'avait pas besoin d'un coup de main de toute évidence, ricanait alors qu'il arrivait – enfin – derrière l'humain. « Et soit plus gentil avec moi. Je suis un pauvre loup sans défense. »
« C'ça, ouais. Le jour où tu seras sans défense, je me fais nonne. Même humain tu défonçais tout. »
Il avait été humain. Peter avait été humain. Si c'était désormais une vérité comprise et acceptée par tous, rares étaient ceux qui en connaissaient les détails. Peter refusait d'en parler plus en profondeur. Pas Alex. Et, même si le Bêta et l'humain se parlaient rarement, le second avait pu en apprendre pas mal. Stiles attendait avec impatience le moment où Alex ne serait plus persona non grata chez eux.
« Jusqu'à ce qu'on me défonce. »
o o o
« Parrish ? John ? » S'étonna Scott. Les deux n'étaient pas les plus friands des réunions de meutes. Comme tous les proches de Stiles et Peter, heureux derniers, en fait. « Qu'est-ce que vous faites ici »
« On s'assure que votre meute de bras cassés cesse d'être une meute de bras cassés. » Grogna le shérif. « Ça serait pas du luxe. »
Le Véritable Alpha, qui, malgré les croyances populaires, n'était pas un crétin fini, comprit ce qui se cachait derrière. Ils venaient assurer les arrières de Peter et Stiles. Jordan mettrait un bout de temps avant d'accepter de ne venir que de façon occasionnelle aux réunions. Le shérif, lui, abandonnerait rapidement. Tout le bazar surnaturel le dépasserait vite et il déléguerait à son adjoint.
Lorsque John Stilinski avait rencontré Alex, il avait eu l'impression de l'avoir déjà croisé. De déjà s'être entretenu avec ce loup, sans savoir qu'il en était un. Le Bêta lui avait, du bout des lèvres, un peu méfiant et sur ses gardes, confirmé ce fait. Il était venu l'interroger une paire de fois, lorsque Peter était à l'hôpital, après la mort de Kieran et Hestia et avant sa morsure. Pour une surprise... ça en avait été une belle. John aurait pu compter parmi les rares personnes à se souvenir de l'humanité passée de Peter.
Malgré ces souvenirs peu joyeux, et une première rencontre ancienne mais qui ne s'était pas passée sous les meilleures auspices, Alex et John avaient rapidement sympathisé. Le loup-garou passait d'ailleurs surtout par le shérif du comté pour se mettre à jour dans la vie de Peter et Derek, qui lâchait ses infos au compte-goutte. Cora vivant la sienne au loin, il ne savait pas grand chose de la petite dernière.
« Vous comptez accueillir toutes les âmes perdues de Beacon Hills ? » Grimaça John quand il aperçut deux hommes inconnus au bataillon qui se chamaillaient près de Cora, dont la présence le choquait à peine. La louve allait, venait, au gré de ses envies – même si plus souvent au moment des fêtes de fin d'années. « C'est peut-être un peu tôt, encore. Les deux idiots n'ont pas encore confiance en vous. Et certainement pas en toi, fiston. » Précisa-t-il à l'adresse de Scott.
L'Alpha hocha la tête. Il ne corrigea pas le père de son ami.
« Y en a deux qui arrivent. » Marmonna un de ceux que John ne connaissait pas encore, avant de recommencer à se chamailler avec son voisin. À croire qu'ils n'étaient pas entourés de parfaits inconnus.
Scott le crut sur parole et alla ouvrir. Le poing fermé, Peter avait été sur le poing de frapper. Il n'en avait pas eu l'occasion.
« Ow... Wouaw. » Il ricana. « Tu as enfin appris à utiliser tes oreilles pour savoir quand quelqu'un arrive. Je suis... presque fier de toi. »
On ne pouvait pas espérer meilleur compliment de la part de ce lycan... surtout en tant que Scott McCall.
Peter était déjà passé à autre chose. Sans y être invité, il était déjà entré et regardait vers le canapé. « On a pris ma... » Il s'arrêta. Cligna des yeux. « C'est... Leo ? »
« Ah ah ! Je t'avais dit qu'il dirait mon prénom en premier ! »
« Forcément, il savait que j'étais pas au manoir, ce jour-là. T'avais l'avantage. »
« Cht. Je suis son préféré et c'est toi qui paies les pizzas pour tout le monde ce soir. »
Désormais figé dans l'entrée, Peter les fixait. Les écoutait. C'était tellement étrange et naturel de les entendre se chamailler de la sorte, bien que la situation ne s'y prêtait pas.
« Derek a pensé à moi en premier. »
« Parce qu'il savait que je serais le premier pour Peter. Il voulait pas que tu sois triste. C'est Derek, il est gentil. »
Stiles avait reconnu le Leo de « Leonard ». Debout près de Peter, muet comme une carpe, il se contentait de supposer que le deuxième loup était Robin. C'était les deux que Peter avait croisés lors de l'épisode du Djinn. C'était aussi les deux réputés – bien que ce soit beaucoup dire – pour toujours se chamailler pour des broutilles. L'air perdu de Peter, qui ne pensait pas les revoir de sitôt, qui commençait tout juste à admettre qu'il était possible que peut-être Leonard s'en soit sorti ici aussi, lui fit mal. Derek avait dû avoir la même réaction en les voyant avec, peut-être, un public plus restreint.
« Peter ? »
« Qu'est-ce que vous faites ici ? »
« Je vais finir par croire que c'est sa façon de dire qu'il est heureux de nous voir. » Marmonna Alex.
« Tu peux. Je crois. » Confirma Derek. Peter allait le tuer. « Peter était le seul à penser que tu allais revenir. »
L'autre Bêta regarda son fils qui lui adressait la parole pour la première fois de l'après-midi.
« Vous... »
« Non. Tu nous avais abandonné sans raison. Personne pensait que tu reviendrais. Peter y a cru. »
« Leonard, tu... es à ma place. »
Les lèvres de Stiles s'étirèrent. L'air de déconvenue des deux cousins valait le détour. Plutôt que se moquer d'eux, ce qui ne serait pas sympa – pas qu'il soit quelqu'un de sympa, attention – il alla plutôt se laisser tomber sur la chaise entre Liam et Isaac. Le premier lui sourit, satisfait que tout rentre dans l'ordre ; l'autre, non moins satisfait, l'accueillit d'un simple grognement couplé d'un « Oh non pas toi. Pourquoi t'es toujours près de moi, Stilinski ? J't'ai tant manqué qu'ça ? ». Bien qu'il ne comprenne pas tout ce qui se passe, Leonard libéra tout de même la place et alla plutôt écraser son voisin. Il ne manqua pas, au passage, de donner un coup de coude dans la joue de sa voisine qui chassa son bras d'un geste brusque.
« Tu as du bol qu'ils sachent qu'on est de la même famille, putain. » Siffla Robin au moment où le plus jeune posait sa tête dans son cou et s'accrochait à sa chemise.
« Chuuut. » Sourit Leo, tapotant distraitement sa cuisse. « Arrête de râler. Tu vas faire mauvaise impression. »
o o o
Bien que la place ait été libérée quelques minutes plus tôt, Peter n'avait pas bougé d'un poil. S'avancer, c'était s'approcher de Leonard et Robin. C'était une chose que de les voir dans une fausse réalité, créée de toute pièce par des créatures désireuses de le tuer... c'en était une autre de les voir en chair et en os dans un monde qu'il savait être le bon. Pressé par Isaac, Stiles retourna auprès de son compagnon et poussa doucement Peter vers l'avant.
Le loup-garou ne devait pas se sentir pris au piège mais ne devait pas non plus penser être en droit de leur fausser compagnie – ce qui était clairement ce qu'il était en train de penser. Peter tua l'humain du regard mais alla quand même gagner sa place habituelle. Leonard, toujours sur les genoux de Robin, posa ses jambes sur les cuisses du mordu. Peter n'avait vraiment plus la moindre échappatoire. Ce n'était pas l'idée la plus lumineuse qui soit, vues les dernières semaines au cours desquelles le lycanthrope avait été privé de sa liberté une paire de fois... mais il sut se maîtriser.
« Seul le Cœur de meute a été décimé. » Expliqua Robin, qui se méprit sur le silence de Peter et le prit pour de la surprise. Leonard souffla et roula des yeux. 'Cœur de meute' c'était un grand mot qui faisait bien sur le papier mais qui ne signifiait rien. « La meute Hale pourrait très bien se reformer. »
« Non. Elle ne peut pas. »
Cora et Derek se regardèrent, incrédules. La première était au courant depuis un bout de temps que Leonard était toujours à compter parmi les vivants – et pour cause, il l'avait sortie des flammes – c'était cependant tout nouveau pour Derek de le savoir là. Depuis l'incendie, comme Laura et Peter, il avait cru Leonard mort... et jamais il n'avait parlé avec sa sœur de la façon dont elle s'en était tirée. Pour lui, Robin avat disparu dans la nature, loin et ne devait plus vouloir entendre parler d'eux.
Les deux compères qu'étaient Leo et Robin s'étaient intéressés à lui, à leur arrivé. Ils avaient demandé ce qu'il faisait, ce qu'il devenait, ce qu'il avait traversé... pour l'oublier sitôt Peter en approche. Comme toujours, c'était Peter qui attirait l'attention de la famille, qu'il le veuille ou non. C'était comme si, même en l'ayant oublié, tous se souvenaient d'un Peter plus faible.
« On pourrait essayer. »
« Il n'y a plus d'Alpha Hale. »
« Et qu'est-ce que vous avez foutus, les mecs ! » S'écria Leo, se redressant un peu.
« J'ai tué Laura. »
« Ouais. Y paraît. » Grogna le même Bêta. « Pas cool. »
« Derek m'a tué. »
« Logique. » Leonard, toujours. Il eut droit à une tape à l'arrière du crâne de la part de son siège-garou.
« Derek a sacrifié son pouvoir pour Cora. »
Trois phrases. En moins de trois phrases, on venait de montrer tout ce qui ne tournait pas rond dans la tête des Hale, les plus proches de Talia, qui restaient. Leonard soupira. Il bougea, changea de position mais ne quitta pas son cousin – qui aurait pourtant apprécié l'initiative. L'épaule droite contre le torse de Robin, le cadet du duo fixait Peter.
« Vous êtes vraiment spéciaux, vous, quand même. Ça doit être les gènes d'Alex. » Il sourit à Peter qui s'apprêtait à objecter. « Et il t'a tellement considéré comme son fils qu'il a dû réussir à te transmettre ses gènes. »
Stiles, qui était retourné s'installer près d'Isaac, qui n'avait pas oublié de re-commenter cette approche, écoutait les trois loups se retrouver. Il ne pensait pas que ça se passerait de la sorte. On comprenait sans mal qu'ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps vu les sujets abordés mais c'était... c'était tout.
Il nota cependant dans un coin de son esprit de parler avec Leonard plutôt qu'avec Robin. Ils auraient plus d'atomes crochus, lui chuchotait-on à l'oreillette.
« Ils sont toujours comme ça ? » Demanda John à Alex.
« Attendez que Peter les accepte. À trois, ils sont infernaux. »
« C'était peut-être vrai quand Peter était humain et que Leo et Robin se disputaient toujours à ce sujet. » Intervint Derek. « Après que tu es parti, Peter a préféré prendre son indépendance par rapport à la famille. Il s'est éloigné, passait un maximum de temps loin. Il a même su être absent à son anniversaire. »
Alex regardait son fils, estomaqué.
« J'ai vraiment merdé, c'est ça que tu veux dire ? »
« T'étais le plus proche de Peter dans la famille. » Grogna Derek. Non, il ne se souvenait pas. Oui, il comprenait ça. Il n'était pas stupide et incapable de comprendre les choses par lui-même. « Avec toi dans les parages, beaucoup de choses auraient pu être évitées. » Alex ouvrit la bouche. « Mais tu avais demandé à être tenu informé et... je peux pas mettre ça de côté. »
« Tu... »
« J'ai une chambre d'amis, si ça t'intéresse. Enfin, j'en aurai une quand Cora sera repartie. »
Pour une surprise... fallait croire que c'était la journée. Alex ne savait pas comment réagir. Il ne savait même pas si son fils était sérieux en lui faisant cette proposition. Certainement que si. Il s'agissait de Derek. Même s'il ne le connaissait pas aussi bien qu'il le faudrait ou le voudrait, Derek n'était pas le genre à faire de telles offres sans les tenir ensuite.
« Et, sérieusement, qu'est-ce que vous fichez ici ? »
« Alex et Scotch. »
« Scott. » Le corrigea Robin, las.
« Ouais bah désolé mais dès qu'il l'ouvre, j'ai envie de boire pour oublier... donc ça sera Scotch. »
« La vache. On a trouvé quelqu'un avec un humour encore plus pourri que Stiles et Peter réunis. » Souffla Isaac, sidéré. Kira sourit au bouclé quand Malia préféra rouler des yeux.
« Alex et Scott ? »
« Yup. » Confirma Robin avant que Leo ait le temps d'en placer une. « Alex nous a appelés y a trois jours 'hey les mecs, vous voulez pas venir à Beacon ? Je vous paie le voyage et l'hôtel'. Du coup, je dois partager une chambre avec cet enquiquineur... qui trouve rien de mieux à faire que venir se coller à moi en pleine nuit pour bieeeen faire chier le monde. Je te jure, un emmerdeur né, celui-là, t'as même pas idée. Heureusement que j'l'aime bien sinon il aurait appris à voler. »
« Je crois que si, j'en ai une vague idée. » S'amusa Peter. « J'ai le même à la maison. »
« Dit celui qui est resté une demi-heure à poil pour retarder le moment de se mettre en route. » Stiles marmonna. Ou ne marmonna pas. Tout le monde l'entendit.
o o o
D'un accord silencieux, toute la meute accepta de laisser les Hale bavarder quelques minutes avant d'entamer les hostilités, les vraies. Ce fut finalement Scott, Alpha donc forcément, qui mit fin aux retrouvailles en demandant, peu sûr de lui, s'ils pouvaient tous parler de ce qui s'était passé ces dernières semaines. Peter se tendit aussitôt. Il n'était pas plus inspiré que ça par cette proposition. Il hocha tout de même la tête. Ce fut aussitôt une avalanche de questions ; questions auxquelles, sans surprise, il ne voulait pas avoir à fournir de réponse. Toutes avaient pour point commun son humanité passée.
« Quand on dit qu'il ne faut pas cacher au reste de la meute des éléments importants... à quel moment dans ta vie tu te dis que le fait que tu ais été humain est anecdotique ? » Malia. Bien sûr que c'était Malia. Brave Malia qui avait l'art et la manière de poser LA question qui fâche parmi toutes les questions qui fâchent.
« Bien. OK. Stop. » S'agaça Peter. Il se redressa d'un coup et toisa, tour à tour, chaque membre de la meute. Il termina par Scott. « Une bonne fois pour toute : est-ce que je fais partie de la meute, oui ou non ? La réponse est simple. »
Silence dans l'assemblée. Stiles baissa la tête ; bien que sa récente entrevue avec le fils McCall se soit bien terminée, il savait de source sûre que la réponse ne serait pas une évidence pour Scott. Alex, Leonard et Robin froncèrent les sourcils d'incompréhension.
« Bien sûr. » Confirma l'Alpha du bout des lèvres. « Comme n'importe qui ici. ou... » Il hésita en regardant les cousins et Alex. « Enfin, si vous le voulez, vous pourriez, hein. » Il se ré-intéressa à son Bêta. « Et toi ? »
« Quoi 'et moi' ? »
« Est-ce que tu penses faire partie de la meute ? »
« Non. »
Une fois encore, silence fut roi.
« Nous sommes des sous-membres. Notre parole a moins de poids. Vous nous soupçonnez toujours d'avoir les pires intentions. » Peter roula des yeux. « Et, bien, je peux comprendre que vous ne me fassiez pas confiance... mais Stiles ? » Un de ses sourcils se haussa. Le salon des McCall, bien que surpeuplé, était silencieux. « Clairement... nous ne faisons pas partie de cette meute. »
De telles accusations n'étaient pas à faire à la légère. Les loups-garous de naissance – et Peter – le savaient. Robin voulut faire bouger Leonard, histoire d'intervenir et d'empêcher que la situation n'aille plus loin et atteigne un point de non-retour... son cadet l'en empêcha. Ils étaient des invités, comme rappelé plus tôt. Ils n'avaient pas à intervenir. Les lèvres d'Alex s'étirèrent légèrement, Robin était toujours le premier à vouloir protéger Peter.
« Peter ne peut pas être un oméga. » Siffla quand même Robin. « Il se ferait tuer en un rien de temps. »
« Et Peter a toujours un plan de secours. Il n'agit pas sans réfléchir. Soit il sait que sa position au sein de la meute sera revue soit... il a une... solution de rechange. » Leonard n'était pas si sûr. « J'espère. »
« Peter... » Souffla l'Alpha.
« J'ai essayé de te tuer. Et combien d'autres fois ai-je sauvé tes foutues fesses ? » Les yeux du Bêta flashèrent, changèrent de bleus. Leonard ferma les yeux. Ce n'était pas la bonne couleur. « Scott ! »
« Mais tu as essayé de me tuer. »
La tête de Derek cogna contre le mur contre lequel il était adossé, les bras croisés, entre son père et Christopher. Sa vie était un tel n'importe quoi, se disait-il quand il voyait ses voisins.
« Je quitte la meute, Scott. »
Fin du trentième sixième chapitre.
Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de cookies saveur raviolis ?
Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !
A bientôt pour le chapitre trente-sept, l'antépénultième, Réfléchir avant d'agir.
J'ai une page facebook (lien dispo sur mon profil). Dessus ? Un calendrier prévisionnel des chapitres et OS. Des extraits des prochains chapitres (et des OS aussi, nous ne les oublions pas). L'annonce de certaines fics/OS. Des articles avec l'avancée générale de tout ce qui est en cours (ou presque tout). Brefouille ! Le truc bien ? C'est que je ne pourrais pas vous y mordre !
Skayt
