Chapitre 54 : Un grand Homme

Plusieurs semaines s'étaient écoulées, quand Hermione qui assise sur un lit à l'infirmerie attendait madame Pomfresh pour son rendez-vous de suivis de grossesse. C'était son deuxième vrai rendez-vous. Elle en était à presque quatre mois de grossesse. Son ventre s'était durci prouvant la présence d'un petit être, mais il n'était pas encore tendu comme un ballon. On pouvait en voir qu'un petit renflement mais rien n'indiquant aux autres élèves un quelconque changement.

Pourtant le plan qu'ils avaient mis en place voulait qu'à un moment donné tous sauraient. Cela l'inquiétait mais c'était nécessaire, elle avait confiance en leur plan. Ils avaient commencé à se disputer doucement en essayant d'être en présence de Ryan. Ron avait décrit à Dumbledore la situation du petit Cordey ainsi que le chantage que Draco lui faisait à propos de sa sœur. Le directeur leur avait dit que l'enfant ne risquait rien, et leur avait expliqué la véritable situation de la sœur de celui-ci. Cela les avait choqués, mais Hermione avait compris qu'il était nécessaire de réussir cette mission rien que pour sauver cet élève même s'il fallait l'utilisé d'abord.

- Bonjour miss Granger, comment allez-vous aujourd'hui ?

- Je me sens très bien.

- Vous allez être contente, j'ai réussi à avoir la machine.

- Oh merci ! dit la brune en souriant.

Madame Pomfresh qui n'avait pas voulu que ça se sache à l'extérieur, faisait elle-même le suivit de grossesse ainsi que tous les tests. Elle avait même emprunté l'appareil pour faire des échographies. Hermione était contente de pouvoir avoir des photos de son bébé. Cela lui était à cœur et l'infirmière l'avait bien comprit. C'était la coutume des moldus de faire des photos durant la grossesse afin de montrer l'avancement de la grossesse à tous leurs proches. Mais le plus important pour elle restait ses parents. Bien qu'ils aient perdu la mémoire, Hermione espérait un jour pouvoir leur rendre leurs souvenirs et récupérer ses parents en tant que tel. Cela la rendrait triste de ne pas pouvoir partager ces moments avec eux. Il fallait à tout prix que ça se termine car si la guerre durait encore longtemps, ils deviendraient grands-parents sans même le savoir.

Elle aimait s'imaginer leur surprise de voir que leur fille, leur bébé, devenu maman à son tour. Voilà pourquoi les clichés étaient importants pour elle, c'était la preuve de ce qu'elle vivait et le seul souvenir qu'elle pourrait partager avec eux, une fois la guerre terminée.

- Regarder miss Granger, on peut le voir correctement là, dit l'infirmière après avoir tout installé autour de sa patiente.

Hermione regarda l'écran qui apparaissait dans la pièce, le rideau blanc derrière lui permettait de bien voir ce qui se passait dans son ventre. C'était ça première vrai échographie et cela l'émerveillait. Au centre de l'écran, on pouvait distinguer une tête, un corps, deux bras et deux jambes. Son bébé. Elle était totalement hypnotisée par l'image de ce qui allait changer sa vie dans quelques mois. Les battements de cœur qui la berçait, rendait tout ça bien plus réel qu'avant, mais la rassura car il avait l'air en bonne santé.

- Voilà, j'ai fait la capture, cela va sortir de la machine et vous pourrez avoir la première photo de votre bébé.

- Merci !

Elles attendirent quelques secondes, le temps que la photo sorte. Hermione ne lâcha pas l'écran jusqu'à ce que madame Pomfresh lui tende sous le nez la photo animé de son bébé.

- C'est magique ! s'exclama la lionne en voyant qu'on pouvait voir le cœur du bébé battre sur la photo.

- Vous en doutez encore, miss Granger ? lui demanda-t-elle en souriant.

Hermione répondit par le même sourire face à la remarque de l'infirmière car même après sept années dans le monde de la magie, elle arrivait encore à s'émerveiller par ce que la magie était capable de faire. Elle regarda à nouveau cette photo, voir son bébé bouger à l'intérieur de son ventre même après l'examen créait en elle un sentiment qu'elle n'arrivait pas à expliquer. Elle savait juste qu'elle ne quitterait pas la photo des yeux pendant longtemps. Elle avait hâte de la montrer à ses amis, surtout à Ginny.

- Madame Pomfresh, appela la voix très caractéristique du professeur McGonagall.

- Oui Minerva qui a-t-il ? demanda-t-elle disparaissant derrière les rideaux, sentant l'urgence dans la voix de la sous-directrice.

Hermione avait aussi entendu la voix angoissée de la directrice et releva les yeux de la photo, prête à écouter. En même temps, elle s'essuya le ventre ou l'infirmière avait mis le produit puis redescendit sa chemise.

- Il faut que vous veniez vite avec tout le nécessaire, l'heure est grave.

- Vous avez appelé Severus ?

- Oui, il est déjà à son chevet.

- De qui vous parlez ? demanda Hermione en apparaissant à son tour de derrière les rideaux, en craignant la réponse.

- Le professeur Dumbledore, dit la voix grave son professeur préféré.

Hermione sans voix fut choquée d'entendre ça. Non Dumbledore ne pouvait pas mourir. C'était impossible ! Des images de lui lors de leurs derniers rendez-vous lui revinrent et elle se rappela s'être dit qu'il avait l'air fatigué mais jamais elle n'aurait pensé qu'il était sur le point de mourir. Une larme coula le long de sa joue mais sa directrice ne lui laissa pas le temps de pleurer plus.

- Cela tombe bien que vous soyez là miss, il veut voir monsieur Potter. Pouvez-vous le chercher s'il vous plait ? Le mot de passe est Patacitrouille.

Hermione hocha la tête est se mit à courir sans réfléchir vers l'extérieur de l'infirmerie à la recherche de Harry. Elle remarqua la photo qu'elle avait en main puis la mit dans sa poche pour être sur de ne pas la perdre. On était samedi et vu l'heure qu'il était, Harry, Ron et Ginny n'avait pas encore finit leur entrainement de Quidditch. Elle courrait comme une folle jusqu'au stade. Elle s'excusa auprès des élèves qu'elle bousculait mais ne s'arrêta pas pour autant. Tous se demandaient ce qu'il se passait pour que la préfète-en-chef très à cheval sur le règlement puisse courir dans les couloirs. Une fois arrivé sur le terrain, elle cria de toutes ses forces.

- Harry ! Harry ! Descends tout de suite s'il te plait !

Les joueurs la regardèrent, se demandant pourquoi elle était tant paniquée. Harry, Ron et Ginny la rejoignirent le plus vite possible. Hermione était essoufflée et bouleversée et ça se voyait.

- Harry, Dumbledore veut te voir maintenant, il est … il est …

- Calme-toi Hermione, dit Ginny.

- Il est en train de mourir, balança-t-elle, refroidissant tout de suite l'ambiance.

- Ok j'y vais, réagit tout de suite Harry lâchant son balais et courant vers le château.

- Patacitrouille, lui dit-elle en espérant qu'il l'est entendu.

Ron se tourna vers les autres élèves de l'équipe qui les avaient rejoints. Tous étaient choqués par cette annonce qu'ils avaient entendue sans le vouloir.

- L'entrainement est terminé, dit le rouquin. Je sais que cette nouvelle est choquante mais s'il vous plait pas un mot, du moins jusqu'à ce que l'annonce soit faite par les professeurs.

- Ron à raison ! Si Voldemort vient à l'apprendre maintenant il pourrait décider de nous attaquer sur le champ alors que nous sommes vulnérables. Vous comprenez ?

Toute l'équipe hocha la tête, et nos trois amis partirent en courant dans l'autre sens pour suivre Harry, laissant à Katty Bell le loisir de finir l'entrainement et de ranger leurs balais.

- Tu ne devrais pas courir ainsi Hermione, dit Ginny alors qu'ils traversaient un couloir.

- Je sais, dit-elle simplement sans s'arrêter.

oO0Oo

Lorsque Harry avait appris la nouvelle, il en avait été bouleversé, à part courir il ne savait pas quoi faire d'autre. Dumbledore a toujours été son mentor, sans lui Harry ne savait pas comment continuer sa route. C'est Dumbledore qui traçait son chemin depuis le début. Et maintenant il était seul. Il se força de ne plus y penser et continua à courir comme un fou.

- Potter !

Harry ferma les yeux en entendant cette voix mais ne s'arrêta pas tout de suite.

- Potter ! Je t'ordonne de t'arrêter !

Harry s'arrêta net et se retourna vers Zabini.

- Tu m'ordonnes quoi ? dit-il en s'approchant du Serpentard.

- Il est interdit de courir dans les couloirs, donc j'enlève …

- Va te faire voir, dit-il en commençant à partir dans l'autre sens.

- Comment oses-tu parler ainsi à un préfet-en-chef ?

- J'ose car c'est un ordre de Dumbledore.

- Dumbledore te demande de courir dans les couloirs et de me parler ainsi ?

- Oui.

- Zabini, laisse-le. Harry vas-y, cours.

Harry regarda son amie, la remercia d'un regard puis repartit en courant vers la tour du directeur.

- Je te connaissais plus objective que ça, dit Blaise en se retournant vers Hermione.

- Dumbledore a demandé à voir Harry sur le champ, et le plus vite possible. Donc je laisse Harry courir comme j'ai couru pour le trouver en premier.

- C'est quoi cette affaire ?

- Rien qui ne te concerne pour le moment. Fais moi confiance c'est tout, c'est une urgence de premier ordre. Tu sauras tout bien assez tôt.

Blaise regarda Ron et Ginny qui étaient derrière, curieux de les voir tous ensemble.

- Réconciliés à ce que je voix.

- Pour cette situation oui, dit-elle avant de courir à son tour dans la même direction que Harry.

Les deux Weasley la suivirent sans même un regard pour le Serpentard.

Blaise observa cette situation d'un drôle d'air, que se passait-il au château pour que ça soit aussi grave ? Cela l'inquiétait et il décida de suivre son instinct et la brune puis de faire comme si il n'avait rien vu. Il hésitait quand même à rejoindre le bureau de Dumbledore pour voir ce qu'il se passait. Mais voulait-il vraiment le savoir …

oO0Oo

Harry cria presque le mot de passe lorsqu'il arriva près de la statue qui gardait l'entrée du bureau du directeur. Et sauta en courant sur l'escalier qui se dévoilait à lui. C'est seulement arrivé dans le bureau qu'il s'arrêta net. Il était vide. Pourtant il entendait des gens parler, les voix très caractéristiques de son professeur de métamorphose et de celui de potion. Il avança dans le bureau jusqu'au fond où une porte apparaissait. Il n'avait jamais été dans cette partie du bureau : les appartements privé de Dumbledore. Il sentit plus qu'il ne vit ses amis arriver derrière lui et c'est ensemble qu'ils montèrent l'escalier caché derrière la porte. Harry ouvrit d'une main tremblante la porte fermée en haut des marches. Il avait peur, peur de voir ce qui s'y cachait, de voir son mentor dans un état qu'il ne pourrait oublier.

- Ah monsieur Potter, entrez, dit McGonagall.

- Il ne devrait pas être là, dit Rogue.

- Albus veut le voir, répliqua-t-elle sèchement.

Harry écouta cette discussion d'une oreille distraite, même l'aspect de la chambre ronde ne le rendait pas curieux, seul le corps du directeur dans son lit l'intéressait. Il s'approcha lentement attendant que l'infirmière se relève. Quand elle le fit, des larmes coulèrent sur ses joues, sans qu'il ne puisse les arrêter. Voir Dumbledore, sa peau blanchâtre et le corps si faible, les yeux clos, la respiration erratique et douloureuse l'avait cloué sur place. Il avait peur et était paralysé, il ne pourrait continuer sans lui. Non il ne pourrait pas, c'était impossible.

- Harry, venez, insista la voix de McGonagall.

Pourtant il ne bougea pas. Pour Harry plus rien n'existait à part Dumbledore en train de mourir. Hermione décida de réagir.

- Harry ! dit-elle en se mettant devant lui cachant le directeur. Harry ! Regarde-moi ! Regarde-moi !

Harry regarda enfin sa meilleure amie.

- Harry, je sais que c'est horrible, mais profite des derniers instants qu'il t'offre. Tu comprends tu ne seras jamais seul, nous sommes tous là et on réussira, il le faut. Reprends-toi !

- Oui, souffla-t-il.

- Harry, dit la voix faible de Dumbledore, viens mon garçon.

Cette voix donna un coup de fouet à Harry qui reprit ses esprits.

- Allez vas-y parle lui, on est derrière toi. Vas-y !

Harry hocha la tête, et s'approcha enfin du lit, se mit à genoux pour être à son niveau.

- Harry, appela-t-il faiblement.

- Oui je suis là, c'est bon je suis là.

- Harry, il ne faut pas que tu aies peur mon garçon. Tu en es capable je le sais, je l'ai toujours su.

- Mais comment … Je n'ai pas …

- Je sais, … tu y arriveras …

Dumbledore parlait doucement en faisant des pauses pour reprendre son souffle. Chaque personne était suspendue à ses paroles, la tension était palpable.

- Il m'en reste deux avant de le tuer sans vous comment je vais faire ?

- Ne t'inquiète pas … fais confiance à ta tête, … Severus …

- Vous ne devriez …

- Severus … donne-lui.

Harry regarda son professeur de potion lui tendre une fiole remplit d'un liquide argenté. Harry reconnu tout de suite ce que c'était. Des souvenirs …

- Qu'est-ce que c'est ?

- Tu le sais …

- Oui mais que contienne-t-il ?

- Regarde les tu sauras, … tu comprendras … tout ce qui t'a échappé. Tout … ce que je ne t'ai pas encore dit … Tu n'es pas seul Harry … j'ai confiance en tes capacités … Tu y arriveras …

- Mais … je ne sais pas …

- Tu y arriveras … je suis si fier de toi … soit fort … et trouve les qualités … de chacun de tes alliés … tous sont prêt à t'aider.

- Et la mission ?

- Continuer là … Je suis si fier … Harry … ?

- Oui, professeur …

- Je suis …, dit-il en essayant d'attraper la main de Harry.

Harry attrapa la main que Dumbledore lui tendit, celle qui était abimée par le sort, mais Harry n'y fit pas attention.

- … si dé…

Tous deux se regardèrent intensément avant que, des perles d'eau salées apparaissant dans les yeux bleus du directeur, ne vinrent s'éteindre dans sa barbe et qu'ils se fermèrent pour ne plus jamais y laisser voir l'éternelle étincelle de malice propre à Albus Dumbledore. Les jambes de McGonagall perdirent alors leur force et elle dû s'assoir sur le fauteuil derrière elle. Rogue resta droit comme un « i », le seul signe de sa colère et sa tristesse était ses poings serrer si fort que cela lui blanchissait ses jointures. Il se sentait si impuissant. L'infirmière, elle, n'en supporta pas plus et s'écroula au sol derrière Harry.

Un silence pesant s'installa dans la pièce.

Harry serra fort la main inanimée de son mentor tout en fermant les yeux. Il laissa aller sa peine, n'empêchant pas les larmes de couler sur ses joues.

Elèves comme professeurs, tous alignés autour du lit, pleuraient en silence.

Un grand Homme est mort aujourd'hui …


Chapitre corrigé par Demeter07