Movie night at home – Samedi le 2 novembre 1985
Sirius soupira, suivi de peu par Harry. Sirius était debout, les poings sur les hanches, à côté de la table de la salle à manger, qui était couverte de cassettes. Harry était à côté de lui, dans la même position, mais sur une chaise.
« Sirius, on n'y arrivera jamais! » s'écria dramatiquement Harry en levant les bras au ciel.
Sirius se maudit d'avoir fait de son filleul un être aussi dramatique, mais bon, il sentait à quelque part que le gamin avait raison. C'était déjà incroyable qu'ils aient pu passer de trois cents à quatre-vingt-sept choix de films. Ils n'arriveraient jamais à descendre plus bas, et ils ne pouvaient réellement pas regarder quatre-vingt-sept films durant le week-end.
« Il faut en choisir trois, bonhomme, sinon Miss Marlene va penser qu'on est trop stupide pour choisir un film. »
« Et on veut que Miss Marlene nous trouve super cools, non? »
« Tout à fait, bonhomme. Tout à fait. »
Harry soupira.
« Moi j'aime pas le film là. » déclara Harry.
Sirius soupira et regarda la cassette, qui se trouvait dans le coin supérieur droit.
« Pourquoi tu ne l'aimes pas? » demanda-t-il.
« Parce que la cassette elle est rose, et que le rose, c'est pour les filles. »
Sirius soupira de nouveau.
« Mais Miss Marlene est une fille, peut-être qu'elle aimerait regarder ce film… »
« Mais moi je suis un garçon et je n'aimerais pas le film, et je passerais la soirée à vous ennuyer. »
« Bon point, bonhomme. Bon point. »
D'un mouvement de sa baguette, il fit disparaître le film. Harry tourna un regard plein d'espoir vers Sirius.
« Alors? On est à combien de films? »
« Quatre-vingt-six, bonhomme. »
« Et il nous en faut combien? »
« Je crois qu'un gentleman réduirait le choix à cinq films et laisserait Miss Marlene choisir. On est des gentlemans, non? »
« Oui. Est-ce que cinq, c'est loin de quatre-vingt-six? »
« Vachement. »
« Noooonnnn! »
Harry se laissa tomber dramatiquement sur le sol. Au même moment, Remus entra dans la pièce.
« Tout va bien ici? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Harry se leva aussitôt et porta dramatiquement la main à son front.
« Non! Notre vie est terminée parce qu'on ne peut pas choisir un film pour regarder avec Miss Marlene ce soir! »
Remus sourit et ébouriffa les cheveux d'Harry.
« J'ai vraiment très envie d'un chocolat, Harry, tu veux bien aller m'en chercher un? » demanda-t-il.
Harry s'éclipsa très rapidement, prouvant à Sirius qu'il s'agissait d'un traître qui n'avait pas vraiment envie de l'aider à choisir un film. Il se promit de se rappeler de l'événement quand Harry allait lui demander de ne pas lui laver les oreilles ou de lui acheter un autre ourson en peluche.
« Tu sais, je ne vais que manger chez Andromeda et Ted ce soir, je suis certain que ça ne les dérangerait pas s'il venait manger avec nous et qu'il vous laissait la soirée seuls, toi et Marlene… »
Sirius secoua la tête.
« Non, Harry fait partie du marché. Il reste avec moi. Mais merci quand même. »
Remus sourit alors qu'Harry faisait irruption dans la pièce, un immense morceau de chocolat dans la main.
« Est-ce que tu as pris un immense morceau comme celui-là en pensant que je le partagerais avec toi? » demanda Remus.
« Euh… non… tu m'as seulement dit que tu avais très envie de chocolat… »
« Ouf! Sinon, j'aurais pensé que tu avais le don de Divination, et on sait tous que Sirius ne t'aurait plus jamais adressé la parole si c'était le cas! »
Remus divisa le chocolat en deux et donna la plus grosse partie à Harry. Il regarda alors la table à son tour.
« Je pense que tu peux enlever le film avec la couverture bleue. » proposa Remus.
« Pourquoi? » questionna Sirius.
« Et bien, je pense que le fait qu'il s'agisse d'un film en serbo-croate et que son gros argument de vente soit qu'il soit sous-titré en russe enlève le point qu'il ait été nominé aux Oscars, si tu veux mon avis. À moins, bien sûr, que vous soyez tous les trois devenus fluents dans une de ces deux langues au cours de la nuit… »
Harry poussa un nouveau cri de victoire alors que Sirius le faisait disparaître.
« Mais, si j'étais toi et que je voulais marquer des points, je garderais Love Does not Bow Down. »
Sirius regarda la couverture et soupira.
« Pourquoi? »
« Et bien, visiblement, c'est une histoire d'amour, et je crois que c'est aussi un film indien, donc ça montrerait que tu t'intéresses à elle et à la culture dans laquelle elle a vécu pour les six ou sept dernières années. »
Harry tourna vers Sirius un regard plein d'espoir alors que, pour la première fois, il mettait un film sur la chaise des films « approuvés ». Au même moment, on cogna à la porte. Harry sauta de la chaise.
« C'est Miss Marlene! »
Sirius jura abondamment et se jeta à la suite d'Harry.
« Harry, n'ouvre pas… »
Mais le mal était fait. Sirius dégaina sa baguette au même moment où Harry ouvrit la porte. Marlene haussa un sourcil en voyant Sirius en position de duel à quelques pas d'eux.
« Miss Marlene! »
Harry se jeta sur elle et la serra dans ses bras. Marlene sourit et lui caressa doucement les cheveux.
« Salut, Harry. Dis-moi, est-ce que j'arrive à un mauvais moment? Ou ton oncle pense-t-il qu'inviter les gens à un duel avant même qu'ils ne mettent le pied chez eux est un signe de politesse hautement convoité? »
Sirius rangea sa baguette et fit un pas vers l'avant pour embrasser Marlene sur la joue.
« Non, j'ai juste ouvert la porte et je n'ai pas le droit au cas où ce serait des Bouffe-Zombies. »
Harry partie alors en courant et s'éclipsa dans la salle à manger. Marlene se tourna vers Sirius.
« Des Bouffe-Zombies? »
Sirius sourit, et profita de l'absence d'Harry pour donner un baiser digne de ce nom à Marlene, qui en sortit pantelante.
« Des Mangemorts. C'était moins terrifiant après son premier kidnapping, sur le Chemin de Traverse. Et il n'est pas autorisé à répondre à la porte puisque la dernière fois qu'il l'a fait, il a été encore kidnappé. Donc ouais. Des Bouffe-Zombies. »
Marlene eut un léger sourire.
« Tu veux enlever ton manteau? » proposa Sirius.
Elle hocha la tête et enleva son foulard rose, suivi de son manteau de cuir beige. Sirius sourit en voyant qu'elle portait un jean et un chandail turquoise confortable, avec un léger décolleté en V. Il s'inquiétait de présenter à Harry chaque fille qu'il avait pu fréquenter dans les dernières années, puisque la plupart se seraient habillées de façon beaucoup trop chic ou sexy, mais il savait que ce n'était pas le genre d'inquiétude qu'il devait avoir avec Marlene. Elle se pencha légèrement pour détacher la fermeture éclair de ses bottes, et un sourire beaucoup plus large qu'il ne l'aurait souhaité étira ses lèvres. Elle releva la tête à ce moment-là.
« Alors, tu aimes la vue? » demanda-t-elle.
Sirius s'aperçut, au moment où elle s'approchait de lui, qu'elle portait un pendentif avec une longue chaîne en or. Il profita de sa découverte et prit le pendentif entre ses doigts.
« On dirait un mot. Qu'est-ce que c'est? »
« C'est du punjabi. Ça veut dire 'espoir'. »
Sirius sourit.
« Alors est-ce que je peux espérer un baiser de bonne nuit ce soir? » se moqua-t-il.
Oui bon, c'était dit sur le ton de la moquerie. Mais c'était quand même une question valide, non?
Marlene s'appuya sur lui et, ses lèvres à quelques millimètres de siennes, murmura « Je crois que oui, puisque je te dois un orgasme, non? » avant de l'embrasser passionnément. Sirius réagit au quart de tour et la plaqua contre le mur, avant de remonter rapidement ses jambes autour de sa taille. Il quitta ses lèvres pour se diriger vers son cou, alors que les mains de Marlene se perdaient dans ses cheveux.
« Hum hum. »
Sirius lâcha aussitôt Marlene, qui tomba sur le sol dans un bruyant « boom ».
« Oh putain Marlene, je suis désolé… » s'exclama-t-il en s'agenouillant en face d'elle pour l'aider à se relever.
« Mais non, ça va… Toujours aussi plaisant de te revoir, Remus. » fit Marlene en s'approchant de lui et en déposant un baiser sur sa joue. « Comme tu es élégant! Tu sors avec Tonks ce soir? »
Remus lui sourit et se tourna vers Sirius.
« Non, je vais seulement dîner chez ses parents. Harry peut se joindre à nous, si vous préférez? »
Sirius allait pousser un grognement et menacer son meilleur ami de lui épiler les sourcils un à un s'il n'arrêtait pas immédiatement de leur proposer d'amener Harry avec lui. Jamais une fille ne remplacerait son filleul, et la tradition du samedi soir était sacrée. Si Marlene voulait se joindre à eux, elle le ferait, mais c'était à ses conditions.
« Tu plaisantes j'espère? J'adore qu'Harry soit là, ça me donne une excuse pour me goinfrer de bonbons et de croustilles sans me sentir coupable! »
Remus sourit.
« Alors, je crois que, dans ce cas, Harry a une suggestion de film pour vous. »
Marlene et Sirius le suivirent dans la salle à manger, où Harry levait triomphalement une cassette dans les airs.
« J'AI TROUVÉ! »
Il sauta sur le sol et s'approcha de Marlene.
« C'est une histoire avec des voyages dans le temps et un docteur scientifique et des voitures et des planches à roulette et de l'électricité et je l'ai vu chez Ron et c'était trop bien et il y a même un chien et tous les films que Sirius et moi regardons doivent avoir un chien et le chien il s'appelle Einstein et il est trop coooool. » dit Harry avant de reprendre sa respiration.
Sirius soupira. Le film avait l'air génial, mais ce n'était pas le genre de film qu'il souhaitait regarder à un premier rendez-vous avec Marlene.
« Le chien est cool? » demanda Sirius.
Il espérait secrètement que le chien ne parlait pas, qu'il ne dansait pas et qu'il n'avait pas de cascades : sérieusement, ce qu'Hollywood pouvait faire à ses frères cabots…
« Non, Einstein! Remus m'a montré des photos, il est marrant, il fait toujours des grimaces et il a les cheveux fous, comme quand tu te lèves le matin! »
Sirius sourit. Marlene regarda Harry, les yeux écarquillés.
« Est-ce que tu viens de décrire le film Retour vers le futur? »
Harry hocha rapidement la tête.
« Oh Sirius, dis, on peut le voir? S'il te plait! » questionna Marlene en se tournant vers lui.
Sirius dévisagea Marlene, qui avait tourné des yeux suppliants vers lui.
« Tu… Tu veux voir… Ce film? »
« Oui, ils en font la promo partout, s'il te plait! »
« Euh, je… oui… d'accord! »
« Merci! » s'écrièrent Marlene et Harry à l'unisson.
Harry se jeta sur le sol pour serrer passionnément ses jambes, alors que Marlene lançait ses bras autour de son cou et lui donnait un baiser sonore sur la joue.
« Sirius, est-ce que j'ai marqué plein de points? » questionna Harry.
Le visage de Sirius devint livide alors que, du coin de l'œil, il maudit Remus qui se retenait visiblement pour ne pas rire.
« De quel genre de points parles-tu, Harry? » demanda Sirius, espérant qu'il avait suffisamment bien éduqué son filleul pour qu'il comprenne que c'était son signe pour se taire.
« Tu sais, les points que tonton Remus a dit que tu marquerais si on regardait le film d'amour ennuyant que tu as mis de côté? »
Remus éclata alors de rire, et Marlene eut un léger sourire. Sirius soupira.
« Et bien, Harry, tu es le grand vainqueur du jeu des points sur les films. » déclara-t-il.
« Vraiment?! Et qu'est-ce que je gagne? »
« C'est toi qui choisit le repas de ce soir. »
« Yeah! »
Harry partit en courant dans la cuisine, alors que Remus quittait pour la maison de ses beaux-parents.
« Est-ce que notre vie sexuelle est déjà si monotone que tu dois commencer à accumuler des pipe-o-points? » demanda-t-elle, se retenant visiblement de ne pas rire.
Sirius se tourna vers elle, le sourire aux lèvres.
« La ferme. » marmonna-t-il.
Cette fois, Marlene éclata de rire, et Sirius l'embrassa rapidement, interrompu par un « Sirius, je n'arrive pas à me décider! » de la part d'Harry.
Ils rejoignirent l'enfant dans la salle à manger et le trouvèrent devant trois menus différents.
« Alors, qu'est-ce que tu as décidé? »
« Je ne sais pas. J'ai envie de manger des pâtes, du chinois et des sushis. »
« Bonhomme, tu n'es pas sensé aimer les sushis. Tu as cinq ans. Il y a des frites et des hamburgers, dans un de tes menus? » demanda Sirius en commençant à y jeter un coup d'œil.
Depuis quand Harry aimait-il le poisson? La dernière fois que Remus avait essayé d'en dissimuler dans son assiette, ils avaient eu droit à une crise de larme, des coups de poings et des haut-le-cœur dramatiques.
« Oh, je n'ai pas envie de manger des sushis, mais c'est marrant de toucher à du poisson cru. » fit Harry, le regard fier.
« Moi j'aimerais bien manger des sushis. » déclara Marlene.
« Et moi je veux manger des spaghettis avec huit boulettes de viande! » cria Harry.
Sirius fit semblant de se décrocher la mâchoire.
« Huit boulettes? Mais où vas-tu mettre tout ça? »
« Ici! » fit Harry en gonflant son ventre plus que nécessaire, ce qui fit rire Marlene.
« Bon, alors, voyons ce qu'on veut manger. Toi, tu veux du spaghetti. Marlene veut des sushis. Et moi je veux un burger. On pourrait toujours aller chercher du chinois comme entrée? »
« Oui! » s'écria Harry.
« Alors va préparer le salon, bonhomme, je commande. »
Harry sortit en courant de la cuisine alors que Sirius prenait le téléphone. Il appuya son dos contre le mur et sourit en voyant Marlene fermer la porte derrière elle et se tourner vers lui.
« Beijing Ming Restaurant, comment puis-je vous aider? » fit la voix à l'autre bout du téléphone.
Sirius passa rapidement sa commande en fronçant les sourcils en voyant Marlene s'agenouiller devant lui et ouvrir sa braguette.
« Merci, à tout à l'heure! »
Il raccrocha et la dévisagea.
« Qu'est-ce que tu fais? »
« Je mets ton compteur de points à zéro, naturellement. »
Elle passa sa langue sur le membre de Sirius, qui se dressa presque automatiquement, lui coupant le souffle.
« Oh merde… Marlene, je dois passer les commandes… »
Elle embrassa doucement son gland avant de relever la tête, feignant des yeux innocents.
« À ce que je sache, rien de ce que je fais ne t'empêche de parler ou de composer. »
Elle prit son membre en entier dans sa bouche, et le libéra d'un « pop » sonore, lui arrachant un gémissement.
« Et je dois avouer que ça risque d'être assez intéressant de te regarder essayer de garder un ton normal au téléphone. »
« Harry peut entrer à tout moment… »
« J'ai verrouillé la porte. Et si ça t'énerve tant que ça… tu n'as qu'à te dépêcher à jouir. »
Sirius étouffa un cri alors qu'elle recommençait son manège. La main tremblante, il composa le numéro du restaurant italien.
« Minelli's Pasta bonjour! »
« Euh… c'est pour… une livraison. »
Bien sûr, il devait tomber sur la mamma Minelli, qui avait une voix qui sonnait trait pour trait à celle de Mrs Potter. La culpabilité de vouer une jeune fille aussi séduisante que Marlene au vice alors qu'il passait commande à une vieille femme qui s'apprêtait à envoyer son âme se damner éternellement en enfer n'était pas pour enlever quoique ce soit d'érotisme à la situation.
« Ah Sirius! Je suis contente de t'entendre. Alors, trois pizzas au fromage, comme d'habitude? »
« Non…. Hum… Seulement un spaghetti… avec huit boulettes… s'il vous plait ohh. »
« Alors toi et Remus sortez? Vous laissez enfin Harry avec une babysitter ce soir? »
« Non, nous… hum… nous avons tous les deux un… un rendez-vous galant… »
« Oh, comme c'est romantique! Ça te fera treize livres… »
« Merci. Oh putain » marmonna-t-il en raccrochant.
Sa main se perdit dans les cheveux de Marlene.
« Sérieusement? Je dois vraiment merde faire tous ces appels pendant que tu me… »
« SIRIUS! »
En un rapide mouvement de genoux, Marlene avait été jetée sur le sol, son nez maintenant ensanglanté, et Sirius s'était retourné contre le comptoir pour cacher son érection. Il ne savait pas s'il avait envie de jeter Harry à sa mort pour l'avoir interrompu, ou le bénir de l'avoir empêché de jouir dans un temps ridiculement court. Il soupira en se rendant compte que la porte était effectivement verrouillée, et qu'ils ne risquaient rien.
« Qu'est-ce qu'il y a, Harry? » demanda Sirius, la voix légèrement trop haut-perchée à son goût.
« On peut construire un fort avec les coussins des fauteuils? »
« Bien sûr, bonhomme. »
« YEAH! »
Et le gamin sortit de la pièce. Sirius soupira de soulagement et referma sa braguette, soulagé de s'être calmé. Il s'agenouilla alors devant Marlene.
« Ça va? » s'inquiéta-t-il.
« Putain, je crois que tu m'as cassé le nez… » geignit Marlene.
« Ok, laisse-moi voir. Je me suis cassé le nez trois fois, je devrais… Et non! Ça va aller. Attends, je dois avoir des mouchoirs pas trop loin… »
Sirius tendit le bras par-dessus le comptoir et sortit quelques mouchoirs de la boîte.
« Je dois avoir des petits pois au congélateur. »
Il se leva et en sortit un paquet, qu'il lui appliqua délicatement sur le nez, lui arrachant un petit grognement. Il se leva, l'ignorant royalement, et finit ses commandes.
« Est-ce que tu as fait ça rien que pour pouvoir faire tes commandes en paix? » demanda Marlene lorsqu'il eut finit.
Sirius sourit et lui enleva les petits poids et les mouchoirs. Il inspecta longuement son nez, soulagé qu'il ait cessé de saigner, et l'embrassa délicatement.
« Peut-être que oui, peut-être que non. » murmura-t-il d'un ton taquin.
Marlene poussa un juron et se releva. Ils rejoignirent rapidement Harry au salon et l'aidèrent à monter l'immense fort qu'il planifiait, et qui impliquait non seulement les coussins du fauteuil comme il l'avait prévu, mais trois couvertures et un matelas. Après une petite quinzaine de minutes, on cogna à la porte. Sirius se dirigea vers l'entrée, prenant au passage son porte-monnaie sur la table, suivi de Marlene. Il ouvrit la porte et se retrouva devant les quatre livreurs.
« Bonjour les mecs! Ouh la, c'est légèrement gênant. Vous savez que vous êtes les seuls dans mon estomac, pas vrai? »
« Black, on a d'autres commandes qui nous atten… » commença le livreur du restaurant italien.
Ses yeux s'agrandirent en voyant Marlene ouvrir la porte un peu plus large, un portefeuille rose bonbon dans les mains.
« Combien on vous doit ? » demanda-t-elle en levant la tête vers eux.
Sirius passa son bras devant elle pour l'empêcher de leur tendre les billets.
« Si je te revois toucher à ton porte-monnaie aujourd'hui, je demande à ce que Harry change de professeure. Et toi, » fit-il d'un ton menaçant en pointant son doigt vers le livreur d'hamburgers, « si tu reluques encore mon rendez-vous, je t'enfonce ton sac plastique dans la gorge. »
« Sirius, espèce de crétin et… »
« Range. Ton. Portefeuille. »
« Je vais payer pour la moitié de ces trucs, ce n'est pas… »
« Sirius, j'ai faim! » cria Harry depuis la cuisine.
« Les mecs, ça aurait été beaucoup plus simple si vous étiez venus séparément comme vous le faites toujours. Voici cent livres, divisez-vous-les. Bonne soirée! »
Il prit les plats et referma la porte. Il sourit alors à Marlene.
« Un vrai gentleman ne fait pas payer les dames. »
Marlene soupira et jeta son portefeuille sur son sac à main.
« Harry, on mange! »
« Ouff! »
Sirius déposa les plats sur la table basse, et s'assit sur le sol, le dos appuyé contre le sofa. Sans poser plus de questions, Marlene s'assit à sa droite et attrapa ses sushis. Harry se joignit à eux, à genoux devant la table basse. Sirius appuya sur play et le film commença.
Le film se passa bien. Il n'y eut qu'une pause toilette de la part d'Harry (qui permit une embrassade particulièrement intense entre Sirius et Marlene) et une autre quand Marlene jugea bon de leur dire qu'elle avait apporté croustilles, chocolats et friandises. Sirius se retrouva finalement avec un bras autour des épaules de Marlene, qui avait appuyé sa tête sur son épaule, et un Harry à moitié endormi sur les genoux.
Lorsque le film fut terminé, Sirius se leva, tenant Harry dans ses bras.
« Est-ce que Miss Marlene elle s'en va? » marmonna-t-il.
« Je ne sais pas encore. On verra. Dans le pire des cas, tu la verras lundi en cours. »
« Ok… B'nuit… »
« Bonne nuit mon chéri. » murmura Marlene en l'embrassant sur la tête.
Sirius disparut quelques instants dans la chambre d'Harry, le temps de lui enfiler son pyjama et de le coucher. Il lui embrassa le front alors qu'Harry commençait à ronfler, puis sortit doucement de la chambre et rejoignit Marlene dans le salon, souriant en la voyant se pencher pour remettre les coussins.
« Joli fessier. » lança-t-il.
Marlene se releva et sourit.
« Je savais que tu arrivais, autant me mettre à mon avantage. »
Sirius sourit alors qu'elle s'approchait de lui. Il passa ses bras autour de sa taille, et elle autour de son cou.
« Alors, comment se déroule notre premier rendez-vous? » demanda-t-il sincèrement.
Marlene sourit.
« C'est le meilleur premier rendez-vous de toute ma vie. » murmura-t-elle en appuyant son front sur le sien.
« La présence d'Harry ne t'a pas dérangé? Tu aurais préféré un dîner au restaurant ou aller voir un film au cinéma? »
Elle secoua la tête.
« C'était parfait, Sirius. J'adore Harry. Et c'est une partie importante de ta vie, je n'aurais pas voulu que tu l'éclipses pour notre rendez-vous. »
« Merci de le comprendre. » répondit-il en l'embrassant.
Marlene répondit à son baiser.
« Je ne savais pas qu'on avait un rendez-vous, je pensais qu'on se faisait une soirée avant de baiser sauvagement… »
Sirius haussa les épaules.
« Je n'aime pas les étiquettes… On peut changer la définition de cette soirée en cours de route, non? »
Elle sourit.
« Où se trouve ta chambre? » demanda-t-elle.
Sirius monta ses jambes autour de sa taille et l'embrassa langoureusement, marchant jusqu'à sa chambre et passant la porte. Il la laissa tomber sur son lit et se coucha à côté d'elle, reprenant son baiser là où il l'avait laissé.
Ce fut elle qui l'interrompu après quelques minutes.
« N'essaie pas de me distraire, je te dois toujours… »
« Oublie ça. » rétorqua Sirius en tirant son pantalon vers ses chevilles.
« Non Sirius… Ce n'est pas… »
« Quoi? » demanda-t-il en cessant de bouger.
« Sirius… il faut qu'on discute de tout ça… »
« Pourquoi… »
« Je ne suis pas sensée… Je ne dois pas avoir de relations avec les parents des élèves, donc si c'est effectivement un rendez-vous amoureux, je dois le déclarer au directeur de l'école… »
« Veux-tu que ce soit un rendez-vous amoureux? » demanda Sirius en plongeant son regard dans le sien.
Marlene soupira.
« Je sais que cette histoire de baise sans émotion n'a pas fonctionné quand nous étions à Poudlard, donc je doute fortement qu'elle fonctionne maintenant. Et… quand je te vois t'occuper d'Harry, tous les doutes que j'avais à l'idée d'avoir une relation amoureuse avec toi s'envole… »
« Pourquoi? »
Elle soupira de nouveau.
« Tu es attentionné. Responsable. Sensible. En plus de continuer à être drôle et insouciant et je sais que tu n'es pas sensé pouvoir être à la fois responsable et insouciant, mais tu es comme ça. »
Il sourit et l'embrassa.
« Et toi, tu es aussi parfaite qu'autrefois. Mais avec une envie de voyager beaucoup moins grande. »
Elle sourit et lui rendit son baiser.
« Mais je ne déciderai pas de l'avenir de notre relation avant demain matin. J'espère que vous serez à la hauteur de mes attentes, Mr. Black. »
Elle le poussa sur le dos et se mit à califourchon sur ses hanches, commençant un léger mouvement de bassin qui lui arracha un long gémissement.
« Tu devrais lancer tout de suite un sortilège de silence, sinon je sens que notre conversation ne sera pas la seule discussion à te rendre mal à l'aise demain matin. » murmura-t-elle sans arrêter de bouger.
Sirius hocha la tête et tendit sa main vers la table de chevet pour attraper sa baguette. Marlene passa sa main sous son pantalon, mais Sirius la renversa sur le lit et commença à lui embrasser le cou.
« Ne pense pas t'en sortir comme ça, Marlene. Tu connais ma politique au lit… »
« Mais j'ai déjà joui… »
« C'était il y a plus de vingt-quatre heures, ça ne compte pas. » rétorqua-t-il.
Elle parvint malgré tout à tirer sur son pantalon, puis à prendre son membre dans sa main, arrachant un grognement à Sirius.
« Pourquoi t'opposes-tu tant que ça à ma branlette? »
« Parce que… je… »
Putain. Ils s'enlevèrent tous les deux leurs chandails respectifs et Sirius parvint à enlever le pantalon de Marlene sans lui laisser la chance de lui enlever le sien complètement. Elle parvint toutefois à reprendre sa verge dans sa main alors que Sirius était occupé à essayer de désagrafer son soutien-gorge.
« Bordel… »
« J'adore quand tu réagis autant… » murmura-t-elle dans son oreille.
« Marlene, tu dois t'arrêter, je… »
Elle cessa son mouvement, fronça les sourcils.
« Est-ce que tu es déjà sur le point de jouir? » demanda-t-il.
Putain putain putain putain.
« Non, je… »
« As-tu suivi la règle d'or des rendez-vous de James? »
« Quoi? »
Marlene soupira.
« James m'avait parlé de ça en sixième année. Avant chacun de ses rendez-vous, il se faisait une branlette. Comme ça, le peu qu'il avait de logique sortait de sa queue et retournait à sa boîte crânienne, donc il arrivait à passer la soirée à discuter sérieusement avec son rendez-vous, et s'il arrivait à conclure, il pouvait la baiser plus longtemps. T'es-tu branlé avant mon arrivée? » demanda-t-elle.
« Marlene, on ne parle pas de… »
« Pourquoi pas? Je me masturbe tout le temps, je ne vois pas pourquoi… »
« Marlene, me parler de toi qui se masturbe ne m'aidera pas à me calmer. Et pour répondre à ta question, j'ai passé trois heures à nous préparer, Harry et moi, avant ton arrivée, donc non, je ne me suis pas branlé. »
« Bien. Alors fais-le. »
Sirius la dévisagea.
« Quoi? »
« Branle-toi. »
Elle s'éloigna de lui et s'assit sur le bout du lit, les jambes croisées.
« Tu ne vas pas rester là à me regarder? » demanda-t-il.
« Ça ne me gêne pas, je le fais tout le temps. Vas-y. »
« Non. »
Marlene soupira.
« Reste ici. Je vais chercher quelque chose dans mon sac à main. »
Sirius la regarda ouvrir doucement la porte et y passer la tête. Jugeant le corridor sécuritaire, elle y entra en courant, et revint presque aussitôt avec son sac à main. Elle referma la porte derrière elle et s'assit sur le lit, commençant à fouiller le sac. Avec un cri victorieux, elle en sortit un petit objet cylindrique bleu pâle. Elle appuya sur l'un des bouts, le faisant vibrer, puis le brandit au visage de Sirius.
« Ça te mettrait à l'aise si je le faisais en même temps que toi? » demanda-t-elle innocemment.
Elle sourit en voyant le regard vicieux de Sirius se poser sur elle. Elle s'allongea sur le lit et ouvrit le tiroir de la table de chevet sous les protestations du jeune homme. Elle poussa du bout des doigts les revues pornographiques qui s'y trouvaient et sortit une petite bouteille de lubrifiant.
« Comment as-tu su… »
« Tous les gentlemans ont accès rapidement à du lubrifiant, c'est bien connu. Tu en veux? » demanda-t-elle après en avoir enduit son vibrateur.
Sirius la dévisagea un instant, puis soupira.
« Pourquoi pas? »
Il en prit un peu et jeta la bouteille par-dessus son épaule. Il regarda avec intérêt Marlene enlever ses sous-vêtements et se recoucher face à lui, les jambes écartées. Elle approcha son vibrateur de son entre-jambe, et poussa un long gémissement lorsqu'il entra en contact avec son clitoris. Sirius saisit alors son membre.
« Tu viens me rejoindre? » demanda Marlene en prenant son sein dans sa main.
« Ça va, j'aime bien la vue que j'ai d'ici. »
« Comme tu veux… »
Elle soupira et se mordit la lèvre alors qu'elle faisait entrer son vibrateur en elle. Sirius eut un léger grognement.
« Putain, j'ai attendu toute la journée pour ça… J'aurais seulement aimé que ce soit ta queue en moi plutôt que ce truc… »
Sirius étouffa plusieurs jurons en accélérant le mouvement alors que la main de Marlene quittait son sein pour faire quelques mouvements autour de son clitoris, sans sortir son vibrateur.
« Merde! » grogna Sirius en jouissant.
Il regarda, légèrement honteux, sa semence se répandre sur le sol au pied de son lit. Il n'était plus un jeune garçon à peine pubère de treize ans qui se branlait entre chaque classe pour se soulager constamment. Il avait eu des baises hallucinantes pendant des heures où il avait donné un nombre incalculable d'orgasmes à ses partenaires avant de jouir lui-même, et alors qu'il avait devant lui la femme la plus séduisante du monde, la seule qu'il eut jamais envie d'impressionner par ses prouesses, il arrivait à peine à tenir le coup plus d'une minute.
Il se laissa tomber sur le lit et soupira.
« J'ai fini. Tu veux une bière ou quelque chose? » demanda-t-il.
Marlene eut un petit gémissement.
« Pas moi. »
Sirius soupira en reprenant son souffle. Il regarda les lèvres entrouvertes de Marlene, puis ce qui se déroulait entre ses jambes.
« Tu peux arrêter de feindre ton plaisir tout de suite, tu es à peine excitée. Je te connais trop bien, McKinnon, ce n'est pas comme ça que tu vas jouir. Cet angle est loin de t'être avantageux. »
« Va te faire foutre, Black. »
Sirius sourit, lui embrassa la joue et retourna se mettre entre ses jambes.
« Lâche ce truc et laisse-moi m'en occuper. »
« Sirius, qu'est-ce que tu ne comprends pas avec cette idée que la masturbation n'implique pas oh putain! »
Sirius venait d'encercler son clitoris de ses lèvres et le suçait maintenant avidement. Il lui enleva délicatement la main de sur le jouet et commença un petit mouvement de va et vient. Il sourit en sentant les muscles de Marlene se tendre, alors qu'elle passait ses jambes sur ses épaules et encerclait sa tête de ses cuisses.
« Oh Merlin, Sirius! »
Malgré les pulsations qu'il sentait sous sa langue, Sirius continua son manège quelques secondes, avant de remonter vers ses lèvres et de l'embrasser sauvagement.
« Alors, ni toi, ni moi ne mettons beaucoup de temps pour jouir quand nous utilisons la bonne technique, à ce que je vois. »
Marlene éclata de rire, caressa doucement ses joues et l'embrassa à nouveau. Sirius se laissa tomber sur le côté et sourit lorsqu'elle vint se blottir contre lui.
« C'était quand, ta dernière fois? » demanda-t-elle en dessinant délicatement sur son ventre.
Sirius haussa les épaules, ouvrant de nouveau le tiroir de sa table de chevet pour en sortir, cette fois-ci, un paquet de cigarette.
« Tu en veux une? »
Elle hocha la tête et glissa une cigarette entre ses lèvres. Sirius lui offrit du feu, avant d'en allumer une pour lui-même.
« Tu n'as toujours pas répondu à ma question. » remarqua-t-elle.
« J'en sais rien. Ça fait longtemps. »
Elle sourit en exhalant la fumée.
« Ça ne paraît pas. Tu n'as pas perdu la main. C'était avec qui? »
Sirius tira sur sa cigarette.
« Dorcas Meadowes. »
Marlene appuya son menton sur son torse et le regarda dans les yeux.
« Dorcas est morte deux jours après James et Lily. »
« Exactement. »
Elle reposa son oreille sur son torse et continua ses dessins. Sirius sentit le besoin de se justifier.
« J'ai dû m'occuper d'Harry, déménager, gérer ses kidnappings, me battre en cour pour sa garde… Et ensuite il y a eu mes cauchemars, et les siens… »
« Qu'est-ce qui a changé pour que tu décides que tu pouvais amener une fille dans tout ça, finalement? »
« Cette fille était toi. C'est tout. »
Marlene leva la tête et l'embrassa doucement. Elle finit par s'asseoir à califourchon sur lui, et recommença le mouvement de bassin qui avait rendu Sirius complètement fou quelques minutes plus tôt. Sirius grogna alors qu'elle caressait son torse de ses mains.
« Et toi, ta dernière fois? »
« Avec mon ancien copain en Inde. Ça doit faire quelques mois déjà… C'est moi ou tu es prêt pour un nouveau round? »
Sirius s'assit brusquement, la faisant éclater de rire. Il la fit tomber sur le dos et la pénétra doucement, lui laissant le temps de s'ajuster à lui. Elle reprit rapidement son mouvement de bassin, et Sirius décida alors de la prendre par les cuisses pour l'appuyer contre un mur. Marlene saisit une poignée de ses cheveux, qu'elle serra violemment en mordant sa lèvre, alors que lui accélérait son mouvement de va et vient.
« Oh putain… »
« C'est lui qui t'a montré à placer ton vibrateur dans cet angle à la con? Parce que si oui, je doute qu'il t'ait fait jouir ne serait-ce qu'une fois… »
« Doit-on vraiment parler de lui alors que oh putain Sirius plus vite. »
Sirius la déposa alors sur le sol, plaçant sa jambe gauche au dessus de son épaule pour obtenir un meilleur angle. Sans jamais cessé son mouvement, il plaça son pouce sur son clitoris et commença un mouvement circulaire rapide.
« Oh putain! »
Sirius la sentit se contracter autour de son membre, alors que lui-même se déversait en elle. Il se laissa tomber sur elle, à peine retenu par ses coudes, et posa son front sur le sien. Marlene l'embrassa langoureusement.
« Dis-moi qu'il n'a jamais pu te faire jouir comme ça, » murmura-t-il. « Dis-moi que jamais il ne t'a pris comme ça. »
« C'était un amant minable. » rit-elle. « On doit vraiment parler de lui alors que tu es encore en moi? »
Sirius sourit et se leva. Il la prit dans ses bras et la posa à nouveau sur le lit, avant de se coucher contre elle. Elle se blottit contre lui alors qu'il embrassait doucement son cou et qu'il passait son bras autour de sa taille.
« Reste jusqu'à demain matin… » supplia-t-il en enfonçant son nez dans ses cheveux.
Elle sourit et hocha la tête. Tous deux s'endormirent quelques minutes plus tard.
