God Save the McKinnons! – Samedi le 6 avril 1986

Sirius se jeta un regard découragé dans le miroir.

Il en était à son troisième changement de chemise depuis qu'il était sorti de la douche, quinze minutes plus tôt. La première lui donnait un air d'un playboy, la seconde était trois fois trop grande. Il avait enfilé la troisième sans se rendre compte que c'était une de ses chemises de travail, sale qui plus est, puisqu'un peu du rouge à lèvre rouge de Marlene se trouvait sur le collet.

« Marlene! »

Dans la pièce d'à côté, il entendit une chaise racler le plancher et le son des talons jusqu'à la porte de la salle de bain.

« Tu es décent, Sirius? »

« Comme si ça changeait quoique ce soit. » rétorqua-t-il.

Il l'entendit rire alors qu'elle ouvrait la porte. Il sourit en la voyant.

« Putain ce que tu es sexy… »

Elle portait une robe rose qui lui arrivait juste au-dessus du genou, avec un léger décolleté en V. Un petit veston noir complétait l'ensemble, avec une paire de talon aiguille de la même couleur et un long collier argent. Ses cheveux avaient été remontés en un chignon lâche, qui laissait voir de fines boucles d'oreilles en forme d'étoile

« Merci. J'aimerais pouvoir dire la même chose de toi, mais bon, ce serait trop facile puisque tu ne porte que ton caleçon. »

Sirius eut un petit sourire.

« Je pense qu'il va falloir que tu m'excuses auprès de tes parents, j'ai mal au cœur et… »

« Oh non, Sirius Black! Tu ne me fais pas le coup d'annuler à la dernière minute! Je n'ai pas avalé ton sperme pour rien! »

Il éclata de rire alors qu'elle s'approchait de lui. Elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa délicatement.

« Tu as mal au cœur simplement parce que tu es nerveux. Ça te calmerait si je te faisais une pipe? » demanda-t-elle.

Sirius secouait la tête.

« Non. Tu devrais te remettre du rouge à lèvres. Ça se verrait. Ton père comprendrait et il me castrerait dès qu'il me verrait. »

Marlene sourit.

« Pourquoi tu m'as appelée, alors? » demanda-t-elle.

« J'ai besoin d'une chemise. »

Elle hocha la tête et lui caressa doucement la joue. Sirius ferma les yeux et appuya son front sur le sien.

« Il y avait un problème avec la chemise que nous avions choisi hier soir? »

La première qu'il avait essayée. Sirius soupira.

« Oh non, pas du tout… si je voulais donner l'impression à ton père que j'avais pour seul et unique but de baiser sa fille et sa femme en même temps. »

Elle lui donna une petite tape sur l'épaule.

« Crétin. Ne parle pas de ma mère comme ça alors que je viens de te proposer une pipe, c'est grossier. »

« Promis. »

« Suis-moi, alors. »

Elle ouvrit la porte et entra dans le corridor. Sirius la suivit jusqu'à leur chambre. Harry était étendu sur le lit, déjà vêtu de son petit pantalon gris et de sa chemise rouge, et jouait avec ses cartes de Chocogrenouille.

« 'Lena! Dis à Sirius qu'il ne peut pas aller au dîner en caleçon! » s'écria-t-il en s'asseyant dans le lit.

« Ah non? » rétorqua Sirius, le sourire aux lèvres. « Je trouvais pourtant que c'était un plan intéressant… »

« Ne t'inquiète pas, Harry. Tu veux bien m'aider à lui trouver une chemise? » demanda Marlene en jetant une paire de pantalon à Sirius.

Harry sauta du lit et s'approcha d'elle. Sirius lui ébouriffa les cheveux.

« Il a une chemise orange vachement cool qu'il a acheté quand on a été voir les Canons de Chudley à la Coupe du Royaume-Uni! Il pourrait mettre celle-là! » s'écria Harry en fouillant dans le fond de la penderie.

« Oh oui! Brillante idée, bonhomme, je pense qu'elle est au lavage chez Remus, on pourrait aller la chercher! » s'exclama Sirius en faisant mine de vouloir sortir de la chambre.

« Non, pas de chemise des Canons de Chudley! Et pourquoi laves-tu des vêtements chez Remus alors que nous avons un lave-linge parfaitement fonctionnel ici? » demanda Marlene en se tournant vers lui.

Sirius sourit et l'embrassa doucement, sous un tumulte de « Beurk! » de la part d'Harry.

« Mon amour, nous devons cultiver une part de mystère pour préserver la flamme dans notre couple. » déclara-t-il mystérieusement. « Et il s'agit véritablement d'une partie de ma garde-robe que tu ne dois jamais connaître. »

Marlene éclata de rire.

« Tiens, pourquoi pas celle-là? » demanda-t-elle en en prenant une qui était invraisemblablement accrochée sur un support.

« Tu es certaine? Elle est super simple. Tu sais, elle est blanche et ennuyeuse? » fit Harry en plissant du nez.

« Et il y a une trace de vomi à l'avant. » ajouta Sirius. « Tu veux que je te raconte comment elle est arrivée là? C'est une histoire très sympa, qui implique deux bouteilles de vodka, l'autre barman et la fille avec la plus grosse poitrine que j'ai… »

« Non, ça va aller! » répliqua rapidement Marlene alors que Sirius et Harry éclataient de rire. « Pourquoi pas celle-là? »

Dans le fond de la penderie, sous une pile de sous-vêtements qu'elle espérait propre, Marlene sortit une chemise du même rouge que celle d'Harry.

« Oh oui Sirius! Ce serait tellement cool, on se ressemblerait comme deux gouttes d'eau! » s'écria le garçon en se jetant sur son parrain.

Sirius le prit dans ses bras et regarda la chemise avec suspicion.

« Tu crois vraiment? Mais si on se ressemble trop, ils vont croire qu'on est des jumeaux et ils risquent de ne pas penser que je suis vraiment ton parrain. Est-ce que c'est un risque que nous sommes prêts à prendre, selon toi, Harry? »

« S'il te plait Sirius! 'Lena leur dira que tu es mon parrain. Tu le feras, dis, 'Lena? »

Marlene sourit et caressa doucement la joue du garçon.

« Mais bien sûr, Harry. Ne t'inquiète pas pour ça. »

« Alors allons-y avec la chemise rouge! » fit Sirius en lançant triomphalement son poing dans les airs.

« Ouais! » s'écria Harry.

Ses yeux s'écarquillèrent aussitôt, et Sirius le déposa sur le sol.

« LE SPÉCIAL DE PÂQUES DE LA BBC VA BIENTÔT COMMENCER! »

Harry sortit en courant de la chambre avant de claquer la porte. Sirius, le sourire aux lèvres, se tourna vers Marlene, dont les yeux s'étaient assombris.

« Tout va bien? » demanda-t-il en enfilant la chemise.

« Est-ce que tu as une idée d'à quel point ça m'excite de te voir être une aussi bonne figure d'autorité pour Harry? » questionna-t-elle en le poussant contre le mur.

Le souffle de Sirius se coupa alors que Marlene glissait sa main parfaitement manucurée dans son caleçon.

« Oh putain… »

Il la laissa faire quelques mouvements de va et vient, mais inversa bientôt leur position. Il remonta rapidement sa robe au-dessus de sa taille, et glissa à son tour sa main dans sa culotte.

« Merde… »

Elle passa son bras libre autour de son cou et l'embrassa sauvagement. Puis, ce fut très rapide. Sans qu'il ne sache trop comment, la robe de Marlene glissa, Sirius cria son nom, et Marlene lui asséna une gifle magistrale.

« Putain, Sirius, il y a du sperme partout sur ma robe! » cria-t-elle.

Sirius plaqua sa main sur sa bouche, et il fut étonné qu'elle ne le morde pas.

« Chut! Harry va t'entendre! »

Ils se turent un instant, mais rien ne parvinrent à leurs oreilles, outre le son beaucoup trop fort de la musique d'ouverture du spécial de la BBC.

« Je suis désolé. » murmura Sirius dans son oreille.

Il savait bien qu'elle n'avait pas joui, et il savait aussi que les choses serait beaucoup plus simple s'il arrivait à lui donner un orgasme : elle ne serait plus fâchée contre lui, elle trouverait rapidement une solution et elle serait d'une humeur merveilleuse pour le reste du week-end (même si, évidemment, ses parents le détesterait).

« Ça n'aidera pas à rendre ma robe présentable à nouveau. »

Elle soupira, regarda la tache, ferma les yeux, puis la regarda à nouveau. Peut-être devrait-il lui mentionner que ce genre de procédé n'enlèverait pas pour autant la tache? Mais bon, Marlene devait le savoir, c'était une fille intelligente : elle était professeure, après tout.

« Je sais. Je n'avais pas prévu de jouir sur ta robe. Mais tu es vraiment trop sexy. »

Marlene soupira, avant d'émettre un petit geignement légèrement paniqué. Elle se tourna vers Sirius.

« Qu'est-ce que je vais mettre, maintenant? » lui demanda-t-elle.

Sirius sourit et ouvrit la commode où se trouvaient ses vêtements.

« Hmmm… je dirais… ça? »

Il sortit une robe en dentelle blanche.

« C'est moche… » se plaint-elle.

« Attends, tu plaisantes? »

Elle le dévisagea, soupira et enleva sa robe, laissant voir à Sirius qu'elle ne portait pas de soutien-gorge. Sirius sourit à la vue, alors que Marlene se tournait vers lui, les poings sur les hanches.

« Alors? Tu me la rends, cette robe? »

« Je ne sais pas. Ce serait dérangeant si je bandais encore maintenant? » demanda-t-il, le sourire aux lèvres.

« Sirius, nous sommes déjà en retard. »

Il soupira et lui donna sa robe, qu'elle enfila.

« C'est quand même dommage que nous n'ayons pas le temps de ruiner cette robe-là aussi. » soupira-t-il de nouveau.

Marlene choisit de l'ignorer, et se tourna pour admirer l'effet de la robe sur ses fesses.

« Je pense que si je mets le veston rouge que Tonks m'a offert à Noël… Oui voilà! Le tour est joué! »

Elle l'enfila et sourit quand Sirius l'embrassa doucement.

« Tu es sublime. » murmura-t-il dans son oreille.

Elle sourit, et sortit de la chambre, laissant à Sirius le soin de rattacher son pantalon, boutonner sa chemise et enfiler ses chaussures noires.

« Harry, tu es prêt? » demanda-t-il.

« Mais Sirius, le spécial vient juste de commencer! »

Sirius éteignit la télé et prit la main du garçon.

« Remus m'a dit qu'il l'enregistrait pour que vous le regardiez ensemble le week-end prochain. »

« Mais tous les copains à l'école ils vont l'avoir vu! »

Sirius sourit et ébouriffa à nouveau ses cheveux.

« On verra si ça convient à Remus que vous le regardiez demain soir, en rentrant de chez Mr et Mrs McKinnon. Marlene, tu as la valise? »

À ce moment, Marlene sortit de leur chambre, un sac de sport sur la hanche. Sirius s'approcha d'elle et le lui prit. Marlene prit Harry dans ses bras et Sirius passa son bras autour de sa taille. Quelques secondes plus tard, ils avaient transplané et se trouvait devant une maison victorienne, le son des vagues de la Manche parvenant à leurs oreilles.

« Bienvenue à Brighton! »

Avant que Sirius n'ait pu l'en empêcher, Marlene cogna trois petits coups à la porte. Presque aussitôt, une femme aux longs cheveux blonds, vêtue d'un robe bleu poudre, ouvrit la porte.

« Marlene! Tes frères commençaient à s'inquiéter. Comment vas-tu ma chérie? » demanda-t-elle en embrassant ses joues.

Marlene déposa Harry sur le sol.

« Je vais bien maman, merci. Je te présente Harry, et son parrain, Sirius. »

La jeune femme se pencha pour être à la hauteur d'Harry.

« Quel charmant jeune homme! Tu dois être le fameux Harry, Marlene m'a beaucoup parlé de toi. Elle m'a dit qu'apparemment, tu aimais les Fizwizbiz, est-ce vrai? »

« Oh oui Mrs McKinnon, j'adore les Fizwizbiz! »

« Ouf, quel soulagement mon chéri! J'en ai fait beaucoup trop, et je me demandais justement comment j'allais me débarrasser de ces surplus! Tu arrives pile poil, ils sortent du four! »

« Génial! »

Sans plus de préambule, Harry glissa sa main dans celle de Mrs McKinnon, qui l'entraîna à sa suite. Sirius se tourna vers Marlene.

« Est-ce… est-ce que… Marlene, tu me vois, non? » s'inquiéta-t-il.

« Mais bien sûr que je te vois, crétin. » soupira-t-elle.

« Alors je ne suis pas invisible, non? »

« Je lui ai dit que tu étais un peu mal à l'aise, donc ce doit être sa façon de te laisser prendre tes aises. »

Au même moment, la porte qui se trouvait sur leur droite s'ouvrit sur un jeune homme qui devait avoir quelques années de plus qu'eux apparu. Il avait également les cheveux blonds, mais coupés très courts, et des yeux aussi bruns que ceux de Marlene étaient bleus. Sirius ne remarqua pas tout de suite qu'il prenait appui sur deux cannes, et que tout ce qui se trouvait sous son genou droit était manquant. Malgré sa barbe naissante, Sirius reconnut William McKinnon, l'ancien gardien de but des Serdaigle, qui avait quitté Poudlard la même année où lui-même avait emménagé chez les Potter.

« Alors, Sirius Black a accepté de faire le chemin jusqu'à Brighton? »

Sirius voulut faire un pas vers lui pour lui éviter le déplacement, mais Marlene s'accrocha à son bras, visiblement pour subtilement l'en empêcher. De quelques mouvements agiles, William se retrouva devant lui, et il appuya sa canne droite sur le mur pour tendre la main au jeune homme.

« C'est sympa de te revoir, mec. Il faudra se faire une partie d'ici la fin du week-end. »

« Absolument, Will. Bonne idée. »

Presque aussitôt, Sirius sentit qu'il pouvait se calmer. Le week-end se passerait bien. Harry adorait déjà visiblement Mrs McKinnon, et il se rappelait que tous les frères McKinnon étaient plutôt sympa à Poudlard. Ils passeraient sûrement le week-end à se gaver de friandises en rigolant sur d'anciennes farces des Maraudeurs contre les Serpentards, parce que rien n'unissait autant les gens que la haine commune des Serpentards. Après tout, les parents de James l'adoraient, et Mr et Mrs Lupin avait déjà dit à leur fils qu'il semblait sympa, donc vraiment, il n'y avait que ses propres parents qui détestaient Sirius, maintenant qu'il y pensait…

Ce fut ce moment où Sirius laissa tomber ses gardes que William choisit pour parler de nouveau.

« Alors, tu baises encore ma petite sœur, ou il n'y a que vos bouches d'impliquées cette fois? »

Sirius devint aussitôt livide et calcula mentalement le nombre de coups qu'il pouvait moralement asséner à un unijambiste avant d'être envoyé en enfer si William se jetait sur lui pour défendre l'honneur de sa sœur. Ce fut à ce moment que Marlene laissa son bras et marcha d'un pas décidé vers la cuisine.

« Maman! Will dit encore tout ce qui lui passe par la tête! » s'écria-t-elle.

« Willie-Bidie, laisse ta sœur et Sirius tranquille! » s'exclama la voix enjouée de Mrs McKinnon depuis la cuisine.

Sirius emboîta le pas à Marlene, entendant le pas clopin-clopant de William derrière lui. Il se trouva dans une cuisine étrangement moldue et incroyablement moderne pour une famille au sang aussi pur que celui des McKinnon. Harry était assis sur un tabouret devant un îlot, et Mrs McKinnon lui coupait une portion plus qu'abondante de Fizwizbiz. De l'autre côté de l'îlot se trouvait Benjamin McKinnon, le frère cadet de Marlene. Si Sirius se rappelait bien, alors que lui-même passait ses ASPICs, le jeune homme préparait ses BUSEs. Benjamin, qui avait les cheveux bruns légèrement trop longs, dessinait dans un calepin.

Sirius embrassa doucement les cheveux d'Harry.

« Ne t'empiffre pas non plus. » lui murmura-t-il.

« Mais Sirius, c'est des Fizwizbiz! »

« Je sais bonhomme. Mais c'est impoli de se goinfrer. »

Il leva alors les yeux vers Mrs McKinnon, qui tendait une assiette à Harry.

« Ça a l'air succulent, Mrs McKinnon. » lui dit-il.

Si Marlene disait vrai, elle attendait probablement un premier geste de Sirius pour entrer en relation avec lui, et Sirius espérait qu'elle comprenne que c'était ça, son premier geste. Elle sembla le saisir, et lui sourit.

« Merci Sirius, c'est très gentil. »

Elle s'approcha de lui et l'embrassa sur la joue.

« Je suis bien contente que vous ayez pu vous libérez, toi et Harry, pour Pâques. »

« Maman, Sirius n'a pas répondu à ma question tout à l'heure, et je crois qu'elle est légitime. » s'immisça William.

Sirius lui jeta un regard paniqué : avait-il vraiment pu un jour admiré William McKinnon, le garçon le plus populaire de Poudlard, brillant élève, fantastique préfet et tombeur émérite, alors qu'il était un connard aussi débile?

« Will, je ne pense pas que ce soit un sujet adéquat compte-tenu de l'audience dans la salle. » rétorqua Sirius.

Il pourrait toujours se défendre en disant qu'Harry était trop jeune pour qu'ils parlent de sexe devant lui, mais vraiment, c'était plus la présence de Mrs McKinnon qui le gênait.

« Will, penses-tu vraiment que ta question est pertinente au bon déroulement du week-end? » questionna Mrs McKinnon, légèrement exaspéré.

Sirius connaissait très peu sa nouvelle belle-mère. Après tout, avant aujourd'hui, il ne l'avait aperçue qu'une fois, en septième année, alors qu'il baisait Marlene en levrette dans le PoudlardExpress avant de se rendre à Poudlard et qu'elle tentait tant bien que mal de garder un visage neutre en envoyant la main à sa mère par la fenêtre. Mais il sentait très bien que, malgré la tendresse dont elle faisait preuve dans son ton, il y avait une pointe d'exaspération.

« Je crois que oui, maman. Il faut qu'on sache si on va les retrouver en train de baiser sur le sofa, ou s'il se contente de laisser Marlene lui faire des pipes. »

« Will! » s'écria Mrs McKinnon, alors que Marlene hurla un « ENFOIRÉ! » et le poussa, lui faisant perdre son équilibre. « Marlene! »

Sirius eut soudainement envie de disparaître sous terre pendant quelques minutes, le temps qu'on l'oublie ou tout simplement de creuser un tunnel jusqu'à son appartement à Londres. Ce fut un soupir de Benjamin qui le sortit de sa gêne.

« Will, Sirius a raison. Il y a un enfant dans la pièce. » exposa-t-il calmement.

« Ce n'est pas le genre de discussion qu'on a avec un enfant dans la pièce? » demanda William.

Sirius était estomaqué : comment se pouvait-il que cet homme ne sache pas qu'on ne parlait pas de sexe devant des gamins?

« Non, Will, on ne parle pas de ça avec des enfants dans la pièce. » rétorqua calmement Mrs McKinnon.

À ce moment, Harry leva les yeux vers Will.

« De toute façon, ta question, elle est stupide. »

Sirius eut soudainement envie d'étouffer son filleul.

« Harry, sois poli! On ne dit pas aux gens qu'ils posent des questions stupides. » dit Sirius.

« Pourquoi? C'est vrai qu'elle est stupide, sa question. Tu ne fumes pas, alors pourquoi 'Lena te donnerait une pipe? »

Benjamin éclata de rire. Harry se tourna vers lui et fronça les sourcils, puis souleva ses épaules, refusant visiblement de continuer à essayer de comprendre la raison derrière la réaction de Ben, et se retourna vers William.

« Mais tu as raison, ils se donnent des baisers tout le temps, même sur le sofa, et c'est vraiment berk. »

Sirius eut envie de s'enfoncer de nouveau sous le sol en entendant Mrs McKinnon étouffer un rire.

« Ben et Will, pourquoi n'allez-vous pas au salon avec Harry pour écouter le spécial de la BBC? »

Benjamin se leva, calepin sous le bras, et prit la main d'Harry pour le guider, suivit de William. Marlene poussa un soupir exaspéré et se blottit contre Sirius. Celui-ci baissa les yeux vers elle, et elle en profita pour l'embrasser rapidement. Sirius passa un bras sur ses épaules.

« Je suis vraiment désolée pour mon fils. » commença Mrs McKinnon.

Sirius balaya ses excuses d'un geste désinvolte de la main.

« Ce n'est pas grave. Je m'attendais à ce que les frères de Marlene me fassent la vie dure. J'aurais simplement aimé qu'ils le fassent quand Harry n'est pas dans la même pièce, surtout s'ils comptent utiliser notre vie sexuelle comme arme principale. »

Mrs McKinnon secoua la tête.

« Sirius, William ne vous taquine pas sur votre vie sexuelle. »

« Avec tout le respect que je vous dois, Mrs McKinnon, ce n'est pas ce que j'ai perçu. »

Marlene et sa mère échangèrent un regard.

« Sirius, Marlene vous a-t-elle mentionné pourquoi il était important pour nous que tout le monde soit présent demain soir? »

« Maman, est-ce qu'on doit… »

Mais Mrs McKinnon ne détourna pas le regard de celui de son nouveau gendre. Sirius secoua la tête.

« Parce que c'est Pâques, et que c'est une occasion pour vous d'être en famille? »

Sirius sentit avec regret Marlene s'éloigner. Elle alla se poster devant la fenêtre.

« Sirius, vous avez étudié à Poudlard en même temps que Marlene, non? »

« Oui, madame. »

« Vous savez donc qu'un de mes fils est manquant. »

Sirius eut besoin de quelques secondes pour se rappeler. Effectivement, lorsqu'il était entré à Poudlard, il avait vu Michael McKinnon. Il se rappelait de lui comme d'un jeune homme grand, toujours bien mis, premier de classe et préfet-en-chef, qui avait quitté l'Angleterre pour démarrer une colonie de dragon en Islande.

« Michael compte-t-il revenir d'Islande pour célébrer Pâques avec vous? »

« Mon fils Michael est décédé depuis cinq ans. Aujourd'hui marque le cinquième anniversaire de son décès, qui coïncide, cette année, avec Pâques. »

« Oh. »

Du coin de l'œil, Sirius vit le corps de Marlene secoué de spasmes, alors qu'elle avait croisé les bras et regardait par la fenêtre.

« Je… Mes sympathies, Mrs McKinnon, je ne savais pas… »

« Sirius, cela fait longtemps. Mais c'est un anniversaire particulier demain, et nous sommes heureux que vous soyez avec nous pour le souligner. Nous sommes heureux que vous soyez aux côtés de Marlene pour la soutenir. »

Sirius hocha la tête en se mordant les lèvres.

« C'est Bellatrix Lestrange qui a tué Michael. Elle avait kidnappé Ben et Will, et a soumis Will à l'Imperium pendant plus d'un mois avant qu'une mission secrète de l'Ordre du Phénix ne les retrouve. Michael a réussi à faire sortir Ben et Will, mais Bellatrix l'a tout de même tué. »

Il ferma les yeux, puis les rouvrit.

« Votre fils est mort en héros, Mrs McKinnon. »

« Je sais, Sirius. Et je sais que vos meilleurs amis le sont également. Mais cela ne nous les ramènera pas. »

Elle posa sa main sur l'épaule de Sirius.

« Mais bon, pour ce qui est de William et de ses taquineries. En fait, ce ne sont pas des taquineries. À cause de tout le temps qu'il a passé sous l'Imperium, nous avons réalisé qu'il avait complètement perdu toute autocensure, et toute perception des émotions d'autrui. Il ne perçoit donc pas qu'il vous met mal à l'aise, et ne comprend pas que les sujets qu'il aborde ne sont pas des sujets qu'on aborde avec les gens. Mais si vous le lui dites, il n'abordera plus certains sujets. »

Sirius hocha la tête.

« Je vous remercie de me prévenir, Mrs McKinnon. »

Elle lui sourit.

« Je vais aller rejoindre les autres au salon. Prenez le temps de discuter de tout ça, et venez nous rejoindre lorsque vous aurez fini. »

Elle quitta la cuisine. En moins de deux enjambées, Sirius se retrouva derrière Marlene, qu'il enserra rapidement.

« Je suis tellement, tellement désolée, Marlene… »

Presqu'aussitôt, les spasmes qui avaient continué de secouer Marlene tout au long de la discussion entre Sirius et Mrs McKinnon se transformèrent en sanglot. Elle se tourna et serra Sirius dans ses bras jusqu'à presque l'étouffer, mais il ne s'opposa pas. Il se contenta d'embrasser le dessus de sa tête et passer sa main dans ses cheveux, détachant du même coup son chignon.

Lorsque Marlene réussit à contrôler ses sanglots, elle enfouit sa tête contre son torse.

« Je suis désolée… » murmura-t-elle.

Sirius releva son menton et l'embrassa doucement. Il espérait qu'elle comprenait combien il voulait lui dire qu'il l'aimait.

« Tu n'as pas à être désolée, Marlene… S'il y a bien quelqu'un qui peut te comprendre, c'est moi… »

« Michael… Mike était mon frère préféré. C'est lui qui m'a montré comment trouver mon chemin à Poudlard. C'est lui qui m'a appris à donner un coup de poing comme un mec. C'est lui qui m'a montré comment lancer un Souaffle. Je… je savais que tu te sentirais mal à l'aise si je te disais que c'était pour la mort de mon frère et… »

Sirius l'arrêta dans son élan en l'embrassant. Marlene passa ses bras autour de son cou, alors qu'il prenait son visage entre ses mains.

« Marlene, si tu avais besoin que je sois à tes côtés, tu n'aurais eu qu'à le dire. Ce n'est qu'un malaise, je n'en serais pas mort. Putain, tu m'as presque fait une branlette à Halloween, et Merlin sait que j'en avais besoin. Si je ne dois que passer un week-end avec tes parents, ce n'est pas si mal. »

Marlene eut un petit rire. Sirius sourit et l'embrassa.

« Ah, voilà ce sourire! Si tu savais comme tu es jolie quand tu souris. Tu es belle même quand tu pleures, mais je préfère quand tu souris. »

Marlene l'embrassa à son tour.

« Alors, tu ne partiras pas? »

Sirius eut un petit rire.

« Tu me prends pour qui? Bien sûr que je reste! Je ne laisserai pas tous les Fizwizbiz à Harry. »

Marlene sourit.

« Merci. »

Il l'embrassa sur le bout du nez.

« Je crois qu'il vaudrait mieux que nous rejoignons ta famille. Je me vois mal expliquer à ton frère qu'on est resté plus longtemps parce que je préfère te faire jouir plutôt que de te mettre à genoux. »

Marlene éclata de rire, mais hocha la tête et resta blottie contre lui alors qu'ils se dirigeaient vers le salon. Sirius sourit en voyant Harry jouer avec une petite voiture avec Will. Benjamin était assis plus loin sur un sofa, et dessinait toujours dans son calepin.

« Assis-toi sur le sofa, Sirius. » lui intima Mrs McKinnon.

Sirius hocha la tête, et fut surpris, mais pas déçu, que Marlene décide de s'asseoir sur ses genoux. Il se tourna vers Benjamin et décida qu'entamer une conversation avec lui était probablement une bonne idée.

« Qu'est-ce que tu dessines? »

Benjamin leva la tête de ses croquis et le dévisagea. Sirius décida de ne pas se laisser démonter : c'était un week-end important pour tous les McKinnon, et il venait de décider qu'il ferait n'importe quoi pour que tous passent un bon week-end, et que, idéalement, tous finissent par être raide dingue de lui.

« Je me rappelle qu'à Poudlard, tu dessinais ces trucs… un peu dans le style cartoon, non? »

« Oui. »

Sirius attendit quelques secondes, au cas où le jeune homme en ajouterait de lui-même. Voyant qu'il ne parlerait pas davantage, il décida de lui tirer les vers du nez.

« C'est toujours dans ce genre? »

« Non. »

« Alors, qu'est-ce que tu dessines? »

Benjamin soupira et regarda Marlene.

« Allez, Ben, montre-lui. Il est vraiment intéressé par tes dessins. Et il a raison, tu as vraiment du talent. »

Benjamin tourna alors son croquis vers Sirius. Celui-ci fronça les sourcils. Il s'agissait visiblement d'une femme, avec les yeux en amande, et les cheveux noirs et frisés. Elle était couverte de taches de rousseur, et avait les oreilles un peu trop grandes.

« Est-ce que… Est-ce que c'est Mary MacDonald? » demanda Sirius.

Benjamin hocha la tête et tourna la page. Il y avait maintenant un homme complètement chauve, aux yeux ronds et avec un nez aquilin.

« Benjy Fenwick. »

Nouveau hochement de tête. Nouveau changement de page.

Cette fois, c'était deux personnes. Un homme aux cheveux ébouriffés, avec des lunettes rondes et un sourire moqueur sur les lèvres. Une femme aux longs cheveux et au regard bienveillant.

« James et Lily? »

Nouveau hochement. Cette fois, Benjamin hésita un instant. Il quitta son carnet des yeux, et fixa son regard dans celui de Sirius.

« Est-ce que c'est vraiment sérieux avec ma sœur? »

« Ben, mêle-toi de ce qui te regarde! » s'exclama Marlene.

Mais Sirius se contenta de la serrer contre lui, d'embrasser le dessus de ses cheveux et d'hocher la tête en direction de Benjamin. Celui-ci tourna alors la page. Marlene détourna la tête et enfouit son visage dans son torse.

Le visage était maintenant calme et reposé. Il avait les yeux fermés, et des cils un peu trop longs pour un homme. Il avait des joues un peu rondes, et un nez légèrement trop gros. Ses cheveux étaient courts, mais visiblement coupés rapidement, sans grand souci de style. Son front commençait à se dégarnir.

« Michael? » demanda Sirius.

Benjamin hocha la tête.

« Pourquoi a-t-il les yeux fermés? »

Benjamin planta ses yeux dans ceux de Sirius.

« Parce qu'il était mort la dernière fois où je l'ai vu. »

Sirius commença doucement à caresser le dos de Marlene.

« J'ai réalisé il y a deux ans que je commençais à oublier des détails. J'essaie de les dessiner pour pouvoir me rappeler de comment ils étaient la dernière fois où je les ai vu. Je t'épargne les croquis des jumeaux Prewett, j'ai retrouvé les corps. »

Sirius hocha la tête. Il embrassa doucement les cheveux de Marlene.

« Mr McKinnon est au Ministère? »

Mrs McKinnon secoua la tête.

« Il est en mission en France. Il devrait revenir demain pour le brunch. »

Sirius hocha la tête.

Le reste de la journée se passa sans grands anicroches. Sirius réussit à éviter sa mauvaise manie de se mettre les pieds dans les plats, et tout le monde dîna en riant. Tous convinrent de monter se retirer dans les chambres après 22 heures.

Sirius prit un Harry somnolant dans ses bras et se tourna vers Mrs McKinnon.

« Où se trouve ma chambre? »

Mrs McKinnon fronça les sourcils et regarda sa fille.

« Marlene, ma chérie, faites-vous chambre à part? »

« Non maman, pourquoi? »

« Alors vous ne verrez pas d'inconvénient à ce que Sirius et toi partagiez ton ancienne chambre? »

« Pas du tout maman. »

Elle se tourna vers Sirius et l'embrassa rapidement.

« Tu me suis? » demanda-t-elle en souriant.

Elle se retourna cependant vers sa mère.

« Où veux-tu qu'on mette Harry? »

« J'ai pensé à la salle de jeu. Je lui ai mis un matelas, je crois qu'il sera confortable. »

Harry bougea un peu.

« On peut jouer encore? » murmura-t-il.

Sirius posa doucement sa main sur sa tête.

« Non, on va dormir, bonhomme. »

« Mais je veux jouer… »

« On jouera demain. »

« Ok… »

Sirius suivit Marlene dans les escaliers et ouvrit une porte au fond du corridor, à sa gauche. Sirius sourit en voyant la large pièce peinte en jaune canari, remplie de voitures miniatures, de peluches, de livres et de jeux de société.

« Il va adorer demain matin. »

Marlene lui sourit.

« Je te laisse le préparer. Ma chambre est juste en face. »

« Ok. Je viens te rejoindre. Donne-moi cinq minutes. »

Elle lui sourit et embrassa la tête d'Harry.

« Bonne nuit mon trésor. »

« Bonne nuit 'Lena. »

Sirius entendit Marlene fermer la porte derrière lui et déposa doucement Harry sur l'immense matelas qui se trouvait par terre.

« On fait dodo ici? » demanda Harry.

« Est-ce que ça te dérangerait si on faisait comme à la maison, et que je te laissais dormir seul ici, comme un grand? »

« Je suis déjà un grand. »

« Alors ça va aller? »

Harry hocha la tête, les yeux toujours fermés

« Je vais être juste en face si tu as besoin de moi. Tu n'hésites pas à venir me voir s'il y a quoique ce soit, d'accord? »

« Ok. »

Presque aussitôt, Harry se mit à ronfler. Sirius lui enleva ses chaussures et ses lunettes, et prit une peluche en forme de chien qui se trouvait sur une étagère à proximité et la posa à côté de lui. Harry la serra aussitôt dans ses bras et, après un rapide baiser sur son front, Sirius quitta la salle. Il ferma doucement la porte derrière lui, traversa le corridor, entra dans la pièce d'en face. Il se tourna alors vers l'intérieur de la pièce, et un sourire éclaira son visage. Marlene portait une ensemble culotte et soutien-gorge en dentelle noire.

« Marlene? »

« Je suis contente de te voir, Sirius. Je crois que j'ai fait une erreur en faisant la valise, et j'ai complètement oublié d'y mettre mon pyjama. Tu crois pouvoir me tenir au chaud cette nuit? »

Sirius sourit.

« Est-ce que tu sais à quel point c'est excitant de le faire dans ta chambre de jeune fille? » demanda-t-il en s'approchant d'elle à grands pas.

Marlene eut un petit rire alors que Sirius la soulevait et l'appuyait contre le mur, l'entrainant en même temps dans un long baiser. Marlene détacha rapidement sa ceinture et descendit ses pantalons.

« Pas ici. »

« Putain Marlene, si tu me dis qu'on ne peut pas baiser tout de suite… »

« Non. Contre ma vitre. »

Pas pour la première fois de sa vie, Sirius maudit son pénis de réagir aussi intensément à chaque fois que Marlene lui proposait une nouvelle façon de pimentée leur vie sexuelle.

« Contre… contre ta vitre? »

Marlene venait de passer sa main dans son caleçon. Il n'était pas sensé se retrouver dans un état comme celui-là alors qu'elle commençait à peine à lui faire une branlette.

« Hmm hmm. Tu sais qui vit dans la maison juste à côté de la mienne et dont la fenêtre de sa chambre tombe sur la mienne? »

« Non? »

« John Avery. »

Sirius s'arrêta un instant. La magie venait de s'arrêter.

« Essaie… Est-ce que c'est la solution que tu as trouvé pour être certain que je ne bande pas chez tes parents? »

« Non. Tu sais qu'Avery a toujours eu un œil sur moi et qu'il a toujours essayé de tirer son coup avec… »

« Marlene, sérieusement, rien de ce que tu dis ne m'aide à rester bander. Absolument. Rien. »

Marlene se pencha vers lui et murmura à son oreille :

« Pas même l'idée de me donner la baise de ma vie pour l'emmerder? »

Un sourire étira ses lèvres, mais il se contenta de l'embrasser doucement.

« Marlene, il y a eu un temps où j'aurais fait n'importe quoi pour te baiser contre cette fenêtre et m'assurer qu'Avery nous surprenne, et j'aurais tout fait pour lui faire le spectacle de sa vie. Mais les choses ont changé. »

Marlene écarquilla les yeux.

« Qu'est-ce qui a changé? »

Sirius détourna le regard.

« Je t'aime. »

Marlene prit son visage entre ses mains et le força à la regarder dans les yeux.

« Je le sais. Mais merci de me l'avoir dit. »

Elle l'embrassa langoureusement. Les bras de Sirius trouvèrent naturellement leur place autour de sa taille, et Marlene commença à jouer avec les cheveux de sa nuque. Sirius la sentit avec regret s'échapper du baiser.

« Je t'aime aussi, Sirius. »

Il captura de nouveau ses lèvres et monta ses jambes autour de sa taille. Il la porta jusqu'à son lit et la coucha délicatement.

« Ce ne sera peut-être pas la baise de ta vie, mais me permettrais-tu de te faire l'amour pour la première fois de ma vie? »

Marlene sourit et l'embrassa doucement.

« As-tu décidé de faire fondre mon cœur d'ici minuit? »

Sirius secoua la tête et embrassa le bout de son nez.

« Non, mais c'est toute une idée. »