Strangled you – I'm gonna kill you – Dimanche le 7 avril 1986

Sirius était couché sur le dos et fumait une cigarette, en passant sa main dans les cheveux de Marlene.

« Alors? »

Elle appuya son menton sur son torse et le dévisagea.

« Alors quoi? Passe-moi ta clope, tu veux? »

Sirius sourit et lui passa sa cigarette, dont elle tira une longue bouffée.

« Alors? Tu veux qu'on répète l'expérience de faire l'amour? »

Elle sourit et se hissa à sa hauteur, avant de l'embrasser longuement, puis posa délicatement sa tête dans le creux de son épaule. Elle commença à faire des dessins du bout du doigt sur son ventre.

« C'était bien. C'est sympa de prendre le temps de faire les choses. »

« Et tu… »

Il se tut et prit une grande inspiration. Marlene leva vers lui un regard suspicieux.

« Est-ce que c'est ta façon de me demander si j'ai joui? »

Sirius soupira et la regarda, légèrement honteux.

« Sirius! Tu me connais mieux que ça! Mais bien sûr que j'ai joui. »

Sirius eut un petit rire, et recommença à jouer dans les cheveux de Marlene.

« Mais j'espère quand même que ça ne t'empêchera pas de me baiser non plus de temps en temps. » le moqua-t-elle.

Sirius sourit et l'embrassa doucement. Il se leva et enfila rapidement un caleçon.

« Pourquoi te rhabilles-tu? » demanda-t-elle.

« Parce que j'ai la forte impression que Will ne connaît pas les limites personnelles des gens, et donc je ne veux pas qu'il saute aux mauvaises conclusions. »

« Aux mauvaises conclusions, comme le fait que nous venons tout juste de faire l'amour? »

« Non, de baiser. »

Il retourna dans son lit et l'embrassa à nouveau. Marlene lui jeta un regard suspicieux.

« Est-ce que tu m'as fait l'amour ce soir uniquement pour pouvoir t'en servir comme argument contre ma famille au cas où ils nous surprendraient nus ou au lit? »

Sirius sourit.

« Et bien, au départ, non. J'ai seulement été submergé par ton incroyable beauté et mon amour pour toi. Mais je dois t'avouer que l'idée m'est venue à l'esprit assez vite. »

Marlene secoua la tête et se leva à son tour, enfilant sa culotte.

« Tu sais que je n'ai pas plaisanté en te disant que j'avais oublié mon pyjama? » dit-elle en se dirigeant vers sa vieille commode. « J'espère qu'il me reste encore quelques vêtements ici… »

« J'ai un chandail de plus si tu veux. »

Sirius se leva et sortit de la valise un vieux chandail des Bizarr'Sisters, qu'elle enfila sans se poser plus de questions. Sirius sourit.

« Sais-tu à quel point tu es sexy avec mon chandail? » demanda-t-il.

« Ne me l'enlève pas tout de suite. » rétorqua-t-elle en se mettant sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

« Pourquoi pas? Toujours partante pour rendre Avery jaloux? »

Marlene éclata de rire alors que Sirius montait ses jambes autour de sa taille et la déposait sur le rebord de la fenêtre.

« Mais je te jure que je garde ta poitrine pour moi. Si ce connard ne voit même que le côté de ton sein je lui arrache les couilles et je les lui fais bouffer. »

Marlene eut un petit rire alors qu'il l'embrassait, glissant du même coup sa main dans sa culotte, mais il s'interrompit en entendant une porte s'ouvrir.

« Tu crois que c'est Harry? » demanda Sirius en tournant sa tête vers la porte, qui était résolument fermée.

« Mais non, c'est Ben qui va pisser. Putain, Sirius, si tu t'arrêtes, je te jure que… »

Sirius la fit taire en l'embrassant, forçant sa langue dans sa bouche.

« Pourquoi on a remis nos sous-vêtements? » se plaignit-il. « Tu te rends compte de tout le temps qu'on perd à devoir les enlever de nouveau? »

« Toi et ta fausse pudeur. » répliqua-t-elle.

Au même instant, il y eut un coup violent contre le mur de la chambre et le cri suraigu d'Harry dans le corridor. Aussitôt, Sirius s'éloigna d'un pas et dévisagea Marlene.

« Ce n'était pas Ben qui sortait pisser? »

Les coups s'accentuèrent contre le mur, et tous deux traversèrent la pièce à grandes enjambées alors que Sirius ouvrait la porte.

La réaction qui suivit tira plus du réflexe qu'autre chose. Sirius aperçut Benjamin qui tenait Harry par la gorge à un mètre du sol, plaqué contre un mur, le regard vide. Sirius tira alors Benjamin vers l'arrière, laissant Harry tomber sur le sol. Il vit à peine Marlene se jeter sur son filleul alors que lui-même donnait un coup de poing à Benjamin, dont le visage fut bientôt inondé de sang. Envahi par la colère, Sirius le prit à la gorge et le leva à son tour à quelques centimètres du sol.

« Si.. Sir… ius… »

« Toi putain d'enfoiré, si tu retouches ne serait-ce qu'à un cheveu de mon filleul… »

« Sirius! »

Marlene le poussa sur le côté, les faisant tomber sur le sol. Elle se jeta alors sur lui alors que Ben commençait à perdre ses couleurs.

« SIRIUS! LÂCHE-LE TOUT DE SUITE! »

Elle le gifla brutalement, et Sirius lâcha prise. Il se releva et fit un pas vers l'arrière, et regarda autour de lui. Mrs McKinnon tenait un Harry en larme contre elle et regardait la scène en pleurant. William s'était approché d'eux, mais Marlene était la plus proche, visiblement hors d'elle. Benjamin était sur le sol, toujours pantelant.

« Je… Je suis désolé, je ne comptais pas tous vous réveiller. Je… Harry, nous allons partir, va vérifier si tu n'oublies rien dans ta chambre. » annonça Sirius.

« Sirius, on ne doit pas nécessairement… » commença Marlene.

« Tu peux rester avec ta famille si tu veux, mais Harry et moi partons. Merci pour votre hospitalité, Mrs McKinnon. Je suis désolé de devoir vous quitter dans de telles circonstances. »

« Sirius… »

Il s'approcha d'Harry et essuya doucement les larmes sur ses joues.

« Qu'est-ce qu'il y a, bonhomme? » demanda-t-il.

« Je… j'ai fait pipi. »

Sirius remarqua alors l'odeur d'urine et étouffa un juron. Mrs McKinnon posa alors ses mains sur les épaules d'Harry.

« Sirius, prenez au moins le temps de donner un bain à Harry. Remettez-vous tous les deux de vos émotions. Ce n'est pas sécuritaire de transplaner dans cet état. »

Sirius soupira, mais finit par hocher la tête. Il prit Harry dans ses bras et se dirigea vers la salle de bain. Il fit couler l'eau, lui enleva son pyjama et le plongea dans le bain, alors que Harry pleurait toujours.

« Est-ce… est-ce qu'il y a des choses dont tu voudrais parler par rapport à ce qui vient d'arriver? » demanda Sirius.

Harry secoua la tête et Sirius ferma le robinet. Il savait qu'il devrait probablement forcer Harry à en parler, que sinon il serait traumatisé pour le reste de ses jours, mais il n'en avait pas la force. Il avait eu peur, pendant un court instant, que ce soit la fin, qu'Harry meure non pas kidnappé par des Mangemorts, mais étouffer dans un environnement où il devait se sentir en sécurité, aimé et choyé.

Harry baissa la tête vers l'eau, et ses larmes semblèrent se calmer. Sirius réalisa alors que le garçon avait des marques rouges autour du cou, et il passa doucement sa main sur elles.

« As-tu eu peur? » demanda Harry.

Sirius hocha la tête et embrassa doucement ses cheveux.

« Je crois que je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Et toi, as-tu eu peur? »

Harry hocha la tête.

« Vraiment beaucoup. »

« De quoi as-tu eu peur? » demanda Sirius.

Harry releva alors les yeux vers son parrain, le menton tremblotant.

« J'ai eu peur de ne plus jamais pouvoir jouer avec toi. »

Des larmes commencèrent alors à couler sur les joues de Sirius.

« Moi aussi, Harry, j'ai vraiment eu peur qu'on ne puisse plus jouer ensemble. »

Au même moment, on cogna à la porte.

« Sirius, c'est moi. Je peux entrer? »

Marlene n'attendit pas la réponse et ouvrit la porte. Elle entra dans la pièce, refermant la porte derrière elle, et s'assit à côté de Sirius, sur le bord de la baignoire. Elle caressa doucement ses joues et l'embrassa délicatement.

« Ça va aller? » demanda-t-elle.

Sirius hocha la tête. Marlene se tourna alors vers Harry et embrassa ses cheveux.

« Harry… »

« Marlene, non. »

Sans même détourner le regard, Marlene leva un doigt vers lui pour lui faire signe de se taire. Sirius soupira et la laissa continuer.

« Harry, sais-tu ce qui s'est passé dans la tête de mon frère, dans le corridor? »

Harry secoua la tête.

« Est-ce que tu sais ce qui se passait avant que tu n'ailles vivre chez Sirius, quand tu étais un tout petit bébé? »

Il secoua la tête à nouveau.

« Ton papa et ta maman se sont battus contre un très méchant sorcier qui s'appelait Voldemort. Ce très méchant sorcier pensait que les gens dont le papa et la maman étaient des Moldus devaient arrêter de faire de la magie et même qu'ils devaient mourir. Ton papa et ton maman ont été tous les deux très courageux et ils se sont battus contre ce méchant sorcier parce qu'ils savaient tous les deux que tout ce que Voldemort n'avait pas raison. Et malheureusement, Voldemort les a tués tous les deux. »

Harry hocha la tête.

« C'est comme ça qu'ils sont montés jouer au Quidditch dans les nuages? »

Elle hocha la tête et lui caressa doucement les cheveux.

« Oui mon chéri. »

Elle prit une grande inspiration.

« Au début de la guerre, j'avais trois frères. Il y avait Ben et Will, que tu as vu aujourd'hui, et il y avait aussi Mike, qui était le plus vieux. Un jour, Ben et Will ont été kidnappés par les amis de Voldemort, et Mike est allé les sauver. Il a réussi à les sauver tous les deux, mais Mike est mort là-bas, et il est monté lui aussi dans les nuages pour jouer au Quidditch avec ton papa et ta maman. C'est là que Will a perdu sa jambe, et il a reçu aussi un coup très fort sur la tête, et c'est pour ça qu'il dit tout plein de trucs cons. »

Harry eut un petit sourire. Sirius enserra rapidement la taille de Marlene et lui embrassa la tempe alors qu'une larme solitaire coulait sur sa joue.

« Au début, quand Ben est revenu à la maison, il avait l'air normal. Il était seulement un peu plus tranquille, c'est tout. Mais avec le temps, on s'est rendu compte qu'il sursautait plus souvent. Qu'il avait peur. Qu'il hurlait la nuit. Et un jour, il a fait ça. »

Elle leva sa manche et montra alors sa cicatrice sur l'épaule.

« Tu vois, parfois, quand il ne dort pas assez ou qu'il est très fatigué ou très stressé, Ben ne réalise pas qu'il est avec nous et il pense que nous sommes tous des Mangemorts. Moi, il pensait que j'étais Bellatrix Lestrange. »

« La cousine de Sirius qui est vraiment très laide et vraiment très méchante? »

Marlene hocha la tête.

« Si tu me racontais ce qui est arrivé? » proposa-t-elle.

Harry hocha la tête.

« J'avais vraiment beaucoup envie de faire pipi, mais je ne me rappelais plus où était les toilettes. Alors j'ai voulu venir vous voir, mais en ouvrant la porte de ma chambre, j'ai vu que Ben regardait le mur, alors je suis allé lui demander où elles étaient. »

« Et comment tu lui as demandé? »

Harry se leva, sortit de l'eau en dégoûtant partout autour de lui, et se jeta sur Marlene.

« BEEEEENNN! »

Marlene éclata de rire, le serra dans ses bras et l'embrassa sur la joue.

« Tu vois, si c'était Ben-normal, il aurait ri et t'aurait montré les toilettes. Mais quand c'est Ben-absent qui est là, il ne voit pas que c'est toi et il pense qu'on l'attaque. Ça arrive souvent la nuit. »

« Je ne savais pas… » dit Harry.

« Oh Harry, tu n'avais pas à le savoir. On pensait que tout irait bien, et ça n'a pas été le cas. Dis-moi, est-ce que Ben t'a fait peur aujourd'hui, à part dans le corridor? »

« Non. Il est vraiment très sympa, et il m'a fait un dessin de lion. »

À ce moment, on cogna à la porte.

« Entrez! » s'écria Marlene.

Mrs McKinnon passa la tête dans l'embrasure de la porte.

« J'apporte des vêtements propres pour Harry. » dit-elle en regardant Sirius dans les yeux.

Celui-ci hocha la tête et Mrs McKinnon entra dans la salle de bain. Elle s'agenouilla à côté de la baignoire alors que Sirius se levait et enveloppait Harry dans une serviette.

« Vous comptez toujours partir? » demanda-t-elle.

Sirius souleva les épaules et laissa Harry enfiler son caleçon. Il lui passa alors un chandail des Bizarr' Sisters encore plus vieux que celui que portait Marlene.

« Tu as l'air d'une vraie rockstar, bonhomme! » fit Sirius en lui ébouriffant les cheveux.

« C'était le chandail préféré de Mike. » murmura Marlene.

Sirius lui jeta un regard rempli de tristesse et l'embrassa rapidement.

« Sirius, est-ce qu'on peut rester? Il y avait plein de jeux cools dans la chambre, on pourrait y jouer demain? »

Sirius reposa son regard sur Harry et le prit dans ses bras.

« Tu n'auras pas trop peur pour dormir? » demanda-t-il.

« Non, c'est Ben-normal maintenant, 'Lena, non? »

Marlene hocha la tête.

« Mais je préférerais quand même dormir avec toi, s'il te plait. » murmura Harry.

« Bien sûr. Entre Marlene et moi, comme ça personne ne pourra t'atteindre. Ok? »

Harry hocha la tête. Marlene embrassa rapidement la joue de sa mère, et tous trois traversèrent le corridor, heureusement vide. Marlene tira les couvertures et Harry s'y allongea, fermant presque immédiatement les yeux. Elle passa alors ses bras autour du cou de Sirius et l'embrassa longuement.

« Toi, ça va aller? Tu veux que je t'explique le stress post-traumatique, ou tu as compris quand je l'ai expliqué à Harry? »

« Je ne suis pas con non plus, Marlene. »

Elle sourit. Sirius posa son front sur le sien.

« Marlene, si tu savais comment je t'aime… »

« Tu ne lui avais jamais parlé de James et Lily? »

Sirius secoua la tête, l'embrassant de nouveau.

« Je lui parle… de comment James jouait au Quidditch, ou d'à quel point Lily était une personne douce qui aimait tout le monde, mais je ne lui ai jamais parlé… »

Sirius se détacha d'elle et s'appuya face contre le mur. Il sentit bientôt Marlene dans son dos, qui enserra son torse de ses bras.

« Tu ne lui a jamais dit comment ils étaient morts? »

Il secoua la tête, retenant difficilement ses sanglots.

« Chaque nuit. Chaque fois que je ferme les yeux. Je les revois. Je vois James avec les yeux ouverts, mais le regard tellement vide, dont seule la tête sort des décombres. Je vois Lily qui essayait visiblement de protéger le berceau d'Harry et qui était étalée sur le plancher. Je les vois dans leur cercueil. Je… »

Il se tourna vers Marlene, qui l'embrassa doucement sur la joue.

« Je suis incapable de passer une journée sans penser à eux. Dans les quatre dernières années, je me suis endormi plus souvent en pleurant qu'en souriant. Comment veux-tu que j'aie cette discussion avec Harry? »

Il prit son visage entre ses mains et l'embrassa.

« Mais toi… toi tu t'arranges pour qu'il comprenne, pour ne pas qu'il soit traumatisé, pour le calmer, pour me calmer… Marlene, si tu savais combien j'ai pu t'aimer dans cette salle de bain. »

Elle sourit et lui rendit son baiser.

« Je pense que tu es épuisé, et je pense que tu as vécu beaucoup d'émotions ce soir, peut-être même plus qu'Harry, parce que tu avais conscience qu'il aurait pu mourir, et pas lui. Alors je te propose qu'on aille se coucher avec Harry, et qu'on en reparle demain. »

Il hocha la tête. Elle lui prit la main et le guida jusqu'au lit. Elle le força à s'allonger. Dans son sommeil, Harry se tourna vers lui et colla sa tête contre son torse. Sirius embrassa le dessus de sa tignasse alors que Marlene rabattait la couverture sur eux. Elle se coucha de l'autre côté, et Sirius posa sa main sur sa hanche. Silencieusement, il murmura du bout des lèvres qu'il l'aimait. Elle lui sourit et lui souffla un baiser.

« Arrêtez de vous embrasser… » murmura Harry. « C'est méga berk… »