Disclaimer, le retour :
Bon j'avais pas fait fort avec le ridicule disclaimer du premier chapitre mais j'ai promis que je ferais quelque chose de mieux même si on déconne pas avec Tolkien, parce que c'est Tolkien quand même faut pas abuser. Bon comme y'a pas grand chose dans ma vie qui se passe, et que j'ai épuisé les blagues dans lesquelles Toto se tripote le bout avec de la glu, je vais vous faire une minific. Oui, en moins de 450 mots. Le premier disclaimer fic \o/.
Draco décroisa et recroisa élégamment ses longues jambes avec une grimace tout aussi élégante. Le fauteuil en cuir avait certainement fusionné avec sa peau, sa vessie allait craquer mais il n'osait pas demander de se soulager de peur que le déchirement entre les deux matières s'entende jusqu'à Londres lorsqu'il se lèverait. Il faisait trente-cinq degrés, il était baigné par le soleil dans un immense fauteuil et il transpirait comme un elfe de maison au moment crucial du passage a l'acte avec Hagrid en guise de dominant.
Il n'aurait jamais du accepter ce putain de boulot. Tout le monde le fait, disait Blaise, C'est super chaud, avait assuré Théo. pour être chaud c'était chaud, il avait toute l'eau de son corps qui s'échappait par tous les pores de sa peau. Il avait tellement sué que lorsqu'il avait pété il avait sentit des bulles entre ses cuisses.
Une vilaine goutte qui n'avait rien à faire là suivit la courbe de ses sourcils et fit le grand toboggan sur sa joue avant d'arriver sur son menton et de tomber sur son torse parfait. Draco avait abandonné l'idée d'essuyer son front ou de s'inquiéter pour sa coiffure. Toute sa gomina était partie depuis longtemps mais ses cheveux étaient plaqués comme jamais. Un faible raclement de gorge lui vint aux oreilles. Le blond soupira, manquant laisser filer les dernières traces d'humidité de sa bouche et prit la bouteille d'eau qu'on lui tendait.
Un dilemme s'offrit alors à lui. Mourir d'une vessie éclatée mais avec une peau de bébé ou mourir de déshydratation la vessie pleine? un léger mal dans la gorge le fit se décider. Il but quelques gorgées et redonna la bouteille. Il constata avec un certain amusement que ses bras glissaient à présent sur le cuir et que s'il parvenait à ne se soulager que goutte à goutte avec toute cette sueur il... Le regard torve qu'il reçut quand il se ressaisit lui retira toute pensée étrange de la tête.
Il détourna les yeux quand d'autres, inquisiteurs continuèrent de regarder là où il ne devraient pas regarder. Sur un mot, il cambra un peu son dos. Une seconde plus tard, rouge tomate, il hurla "JE NE ME METTRAIS JAMAIS CE TRUC DANS... DANS LE..." l'autre laissa son visage dépasser de son carnet de notes, l'air innocent. "Ben quoi? Je suis bien obligée de t'étudier... enfin tu wois quoi...".
Poser pour un auteur de Fanfiction, mais quelle connerie, se dit le Serpentard.
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(petite musique introductive)
Notice explicative : il semblerait que la minific n'ait pas été claire, je vais donc de ce pas vous l'expliquer. Draco pose nu pour un auteur en plein soleil, il transpire. L'auteur lui donne ordre sur ordre mais à un moment ça va trop loin (cris). L'auteur explique sa parole, et dernière phrase : la pensée de Draco. Fin.
(petite musique de fin)
Vouala j'espère que ça aura éclairé vos lanternes, au cas où ^^
Héhé... En tout cas gros merci à toutes mes reviews, et j'en profite pour remercier les anonymes, et parmi eux, un spécial thanks à Mokhan tu gères monsieur!
Et voici la suite, ENJOY!
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Chapitre II / Départ
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Sirius était parti de chez Molly, et allait chez Moony. Son cher et précieux Moony. Il ne frappa pas, mais se transforma en chien, avant d'appliquer sa patte avant droite sur le bas de la porte en chêne. Aussitôt celle-ci disparut pour en faire apparaître une autre, en bois blanc, avec la poignée d'ouverture du côté gauche, cette fois-ci. Sirius se refit humain, et tourna la poignée ronde gravée.
Il entra dans un appartement sobre, mais propre, sans vraiment beaucoup de meubles, un appartement de garçon célibataire en somme. Il avait prévenu le loup-garou qu'il viendrait par Patronus et savait que Remus préparait sûrement du thé à la cuisine attenante au salon.
Il s'assit dans l'un des deux fauteuils qui faisaient face à la cheminée, et attendit. Remus arriva, souriant avec deux tasses fumantes. Toujours avec sa robe de sorcier rapiécée de partout.
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- Bonjour Sirius.
- Bonjour Remus. Désolé de te déranger de si bon matin.
- Il n'y a pas de mal, fit l'hybride en s'asseyant. De quoi est-il question?
Il tendit une tasse à l'Animagus, et ajusta ses longs cheveux d'argent.
- Eh bien, je vais te poser une question, Moony.
- Lorsque tu m'appelle ainsi, c'est que tu as quelque chose de dur à m'avouer, comme la fois où tu m'as dit avoir perdu mon livre de sorts en deuxième année... Il sourit au souvenir.
- C'est... - disons - un peu plus important, fit Sirius gêné. Je voulais savoir si quelque chose ou quelqu'un te rattachait à ce monde, Moony.
- Sirius! Le lycanthrope était réellement choqué.
- Je t'en prie, Remus, réponds à ma question. Le ton trop grave du brun fit se décider le lycan.
- Bon. Eh bien il y a Harry, évidement, toi, et dans un second temps la famille Weasley, Poudlard et le professeur Dumbledore, pourquoi?
- Et si tu devais partir dans un long voyage, et que Harry et moi on t'accompagnait. Un voyage qui risque de t'empêcher de revenir?
- Sirius, je ne comprends pas...
- Moony s'il te plaît.
- Bon, puisque tu insistes. Il réfléchit un moment. Je pense que cela m'irait. Vous savoir toi et Harry avec moi, égoïstement, cela m'irait.
- Alors tout va bien, souffla l'Animagus.
- Et maintenant, j'ai droit à une explication? Remus avait les yeux brillants de curiosité, mais aussi d'anxiété.
- Nous devons partir pour un long périple, avec Harry. Hermione et Ron l'accompagneront, ainsi que Draco, car Snape fait partie du voyage ettient à ce que son filleul l'accompagne. Il faut compléter le nombre d'adultes, et sans la potion de Snape, tu ne feras pas long feu, Moony. Alors, si tu le souhaites...
- Je viens.
- Tu ne sais pas où nous allons, et...
- Si Harry doit partir, il lui faut quelqu'un de responsable. Tel que je connais Severus, il le laissera aux limites de la faim avant de se soucier de lui. Quand à toi, Sirius, désolé mais tu es loin d'être un modèle de maturité. Donc je viens.
- Moony?
- Oui?
- Tu es extra! Sirius avait un sourire aussi large que l'Angleterre.
- Maintenant, parles-moi de ce voyage, et du pourquoi de celui-ci...
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Le trio d'or était devant le bureau directorial. Ils avaient encore quelques détails à régler avant leur départ. Depuis leur décision, ils restaient au Terrier, et Bill, Percy, Charlie et les jumeaux avaient pris quelques jours de congé pour profiter une dernière fois de leur frère, le portant en héros. Jamais Ron n'eut l'impression d'avoir eu autant cette gloire qu'il avait recherché toute sa vie.
- Et pour les Horcruxes? Demanda Harry.
Comme vous le saviez, il y avait le journal intime, le diadème de Serdaigle, la coupe de Pouffsoufle, et le médaillon de Serpentard. Il y en a un que nous ne connaissons pas, un ancré en Voldemort, et un dernier que nous avons découvert dans une bague appartenant à la famille Gaunt. Grâce à vos exploits de l'an dernier, tous les Horcruxes - Tom et l'inconnu mis à part - ont été détruits. Lorsque vous partirez, nous mettrons tout en œuvre pour trouver, et briser, le dernier.
- Vous avez trouvé comment rendre nos disparitions pour crédibles ?
- Oui, monsieur Weasley, seulement, c'est assez radical, car c'est la seule solution. La mort. Vous aurez peu de chances de revenir, donc seuls vos amis et votre famille sauront de quoi il retourne, mais aux yeux du ministère vous n'existerez plus, au même titre que Tom. Et si vous revenez, alors nous ne pourrons vous accueillir qu'à bras ouverts.
Hermione sourit.
- Que devons-nous emmener?
- Je vous ai fait préparer des sacs avec un sort d'agrandissement conséquent sur de simples besaces. Les principales choses que vous prendrez seront des potions diverses, vos baguettes, et vos balais. Mais peut être la magie ne fonctionne-t-elle pas au-delà du voile, alors soyez prudents. Je vous ai donc fait mettre une arme blanche chacun, pour vous aider.
- Vous n'avez aucune idée de ce qu'il y a derrière, professeur?
- Non, Harry. Vraiment aucune. Mais je sais que ce n'est ni l'Enfer, ni le Paradis. Peut-être même est-ce un lieu méconnu de la planète ?
- Ou une autre, fit Hermione, se souvenant de nombre de films qu'elle avait vus alors.
- Est-il possible que nous tombions dans une illusion qui nous fera croire que nous vivons une histoire?Vous savez comme un coma ou...
- Non, monsieur Weasley. Il a été découvert que le voile renfermait un lieu réel. Mais on ne le connait pas. Donc, je pense que tout est réglé. Êtes-vous sûrs de vouloir y aller tous?
- Oui, professeur, il n'y a pas à y revenir. Conclut Ron.
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La cheminée, au feu crépitant par le froid de décembre, aurait dû émettre une ambiance chaude et joyeuse pour la nouvelle année. Mais par pour Draco. Demain serait le trente-et-un, et son père ne voulait pas le voir chez eux. Il avait donc décidé de rester à Poudlard, et de « fêter » ça avec Severus. En y repensant, la seule chose vraiment respectable que son père avait fait durant ses dix-huit années de vie avait été de lui avoir donné ce parrain-là.
Jamais Severus ne l'avait maltraité ou ne s'était moqué de lui. Au contraire, il le traitait comme un fils. Draco avait eu de la chance d'avoir au moins un bon mentor auprès de lui. Mais, à présent, tout se compliquait, tout changeait, et honnêtement, le blond ne savait pas s'il devait aimer ça. Il devrait partir dans quelques instants par réseau de Cheminette, arriver chez les Weasley (Que Merlin lui donne la force) et « fêter » le nouvel an avec eux avant de partir au travers d'un voile et quitter tout ce qu'il connaissait de son monde, avec Severus.
Franchement, devait-il être heureux de cela? Il l'avait toujours voulu, mais de là à partir à l'aventure, à l'aveuglette, aux fesses de Voldemort et avec Potter, crève-la-faim et Miss Je-sais-tout par-dessus le marché, c'était un peu fort. Mais entre un père haineux et une famille de traitres étouffants mais qui ne lui feraient aucun mal, le choix était vite fait.
Severus apparut dans l'encadrement de la porte, et tous deux se dirigèrent dans la cheminée avec leurs valises. Draco était habillé de sa robe de sorcier habituelle et d'une cape noire, et n'avait qu'une petite malle avec lui, bien sûr renfermant plus de choses qu'elle n'aurait dû pouvoir. Quant à Severus, il avait renfermé quasiment tout un laboratoire dans une boîte à déjeuner, et avait un sac en toile noire, avec ses quelques vêtements. Le maître des potions prit une grosse poignée de poudre de Cheminette, la jeta dans les flammes en prononçant : « Le Terrier ».
Quand ils arrivèrent, ils entrèrent dans le salon bancal et chaleureux, et le blond eut vraiment mal de penser que non, l'argent n'achetait pas tout. Dans le canapé agrandi, Molly était assise à côté de son mari, entourée de trois de ses grands fils et de sa fille. Dans des fauteuils adjacents, Sirius, Remus et le professeur Dumbledore. Enfin, dans la cuisine, les jumeaux, Harry, Ron et Hermione mettaient thé et gâteaux sur un plateau. Draco put constater que deux fauteuils les attendaient près d'une cheminée non reliée au réseau. À leur venue, le silence se fit et tous tournèrent les yeux vers ceux qui n'auraient jamais pensé passer un nouvel an dans cet endroit.
Et puis tout s'enclencha. Molly se leva prestement et sourit sans retenue au professeur de potions, l'invitant à s'asseoir. Elle prit ensuite la malle de Draco, et lui donna un énorme baiser sur la joue (sans lui demander son avis) avant de lui dire qu'il pouvait s'assoir avec eux ou rejoindre Harry, Ron et Hermionepour parler de leur départ. Il regarda le directeur qui semblait vouloir somnoler, les trois plus grands frères Weasley dont deux étaient de vrais casse-cous, et décida finalement que parler à la belette était bien plus tentant. Il se dirigea donc après un signe de tête bien raide en guise de bonjour, et partit vers le trio et les jumeaux.
- Malefoy.
- Potter.
- L'ambiance est torride, dites-moi!
- On peut pas vraiment dire qu'on s'aime comme des jeunes mariés, rétorqua Harry à Fred.
- Pas vraiment, non, confirma Draco.
- Bon, alors on peut continuer la sensationnelle expérience de se regarder dans le blanc de l'œil jusqu'à ce que mort s'ensuive ou être correct les uns envers les autres, non?
- Granger.
- Oui, Malefoy?
- Snape déteint trop sur toi en cours. Un sourire apparu sur les lèvres de la brune.
- J'aimerais savoir, commença Ron, pourquoi Snape a voulu que tu viennes.
- Pour faire court, fit Draco, disons que mon père ne me porte pas dans son cœur. Et comme je refuse régulièrement de te kidnapper en plein Poudlard, Potter, ou de jeter un petit Doloris à tes copains, j'en subis les conséquences une fois à la maison. Parfois même avant. Si je reste, je reste avec mon père, et je préfère encore suivre la chose qui sert de maître à mon géniteur.
- Ouaw... Je ne pensais pas que tu étais autre chose qu'un connard fini, Malefoy. Pour le coup je sais plus si je dois te détester, continua Ron avec ironie.
- Je m'en tape de ce que vous pensez, fit le blond avec humeur. Il regarda la groupe au loin et eut un tic agacé en voyant qu'il y avait encore plus de Weasley dans le salon.
- Si ma famille te débecte, Malefoy, tu peut aussi rentrer chez toi, susurra mielleusement Ron.
- La ferme, soupira Hermione fatiguée. Vous avez pas déjà assez de problèmes comme ça?
- 'Mione, c'est Malefoy, et...
- Je sais Harry, mais on fait le voyage ensemble et il va falloir tracer un trait là-dessus. Alors stop. Finies les gamineries, on est plus en première année. Et si vous n'avez pas ce qu'il vous faut dans le pantalon pour le faire, MOI je le ferais. Draco bienvenue parmi nous, dit-elle en tendant fermement la main.
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Draco regarda ce petit bout de femme déterminé. S'il se laissait aller à penser des choses stupides il se disait que c'était le début de sa paix avec l'équipe Potter. Potter était fondamentalement bon, comme Granger et Weasley. Et même pour lui, Draco, ils voulaient tout effacer pour pouvoir mieux tout supporter. Dans une certaine mesure, c'est vrai mais ils le faisaient. Et si lui, il se permettait d'avoir des amis, des vrais? Peut-être qu'un jour ils voudraient bien, et alors,... Alors... Draco ne savait pas. Il ne savait même pas s'il y avait un «demain» après le voile.
Mais il avait tellement espéré, tellement envié l'amitié forte du trio. Alors il tendit la main. Le principal, le plus dur, c'était le premier pas. Il l'avait fait. Après avoir détaillé ses chaussures de longues secondes, reniflé et fait une baston de regards avec le blond, Harry se décida, et Fred cru même entendre un « et puis merde ». Ron accepta ensuite de faire de même, après un coup de coude dans les côtes.
En revanche, sous ses protestations que personne n'écouta, Fred et Georges lui donnèrent une grande claque dans le dos en l'insultant. Oui, lui dire qu'il faisait partie du clan Weasley était une insulte. Une douce insulte.
- Vous êtes vraiment pas bien, vous les Gryffondor.
- Pas autant que les Serpentard, chère fouine, fit Ron.
Et Draco sut que ce n'était plus une pique, mais un simple surnom, et pour la première fois, un sourire lui échappa. Ce dont tout le monde parla jusqu'au dîner, pour devenir au final une rumeur comme quoi Draco se serait pissé dessus de rire.
- Vous avez préparé quelque chose de spécial pour le voyage?
- Nos balais, à ce propos, je t'en ai racheté un. Fit Harry.
- Mon Nimbus était trop vieux pour toi, Potter?
- Non, mais je préfère qu'on soit les mieux équipés possible. J'ai acheté un Eclair de Feu pour Ron et toi, comme ça, on sera vraiment parés en cas d'attaque. Il échangea un clin d'oeil discret avec Hermione.
- Fais-moi penser à te rembourser, Potter. Je n'ai pris que quelques Gallions.
- Quelques? Fit malicieusement Hermione.
- À peine une centaine, pourquoi?
À partir de là, comme jamais le blond ne l'aurait imaginé, tout fut plus simple. Il ne se collait pas au groupe, mais il tenait quelques paroles, répondait poliment, et se permettait parfois de répondre à une blague. Severus, raide comme la justice, ne disait rien, et seul son filleul savait qu'en fait, il était parfaitement heureux. Il suffisait de le connaître. Il refit donc ses bagages, remplaçant notamment son balai, et le laissant à Ginny qui lorgnait dessus. Au repas, il fut notamment intéressé par le métier de Charlie, et se demanda intérieurement si en revenant, il ne pourrait tenter de suivre cette voie. Toute blague avec son prénom mise à part. Et si jamais il revenait.
Molly le traita normalement, sans le mettre au bout de la table comme un pestiféré, bien au contraire, et ce fut vraiment étrange pour le blond qui n'était pas habitué à cela. Seul Dumbledore, au bout de la table s'amusait intérieurement de la défensive sur laquelle se mettait le jeune Serpentard. Bientôt, il s'y habituerait, et ce n'était pas un mal.
Molly débarrassa d'un coup de baguette, adressant un discret clin d'oeil au parrain de Draco. Elle seule avait vu que Severus avait repris trois fois du gâteau au chocolat. C'était une des seules faiblesses du maître des potions. Juste après, la pièce se para de décorations, toutes plus bigarrées et désassorties les unes que les autres, mais c'était très bien, au final, et les jumeaux avaient commencé en chœur les chants de nouvelle année, rapidement rejoints par le reste du groupe Gryffondor. Sauf que c'était la dernière fois qu'ils le feraient ensemble pour certains d'entre eux, et le couple, fier de leurs enfants, ne put s'empêcher d'écraser une larme. Dumbledore avait décidé qu'ils fêteraient le trente-et-un décembre, sans se soucier du voyage.
Quand on vit Severus offrir discrètement un petit présent à Draco, lui souhaitant à la fois un bon anniversaire et un joyeux Noël (car il n'avait eu ni les moyens, ni le temps de préparer cela avant), tous se ruèrent sur lui pour lui fêter, et il reçut nombreux bonbons étranges et encore non testés de la boutique des jumeaux, que Molly confisqua.
Et ils purent, sur le coup d'une heure du matin, aller dormir, épuisés. Tout avait changé, et radicalement surtout pour le Serpentard. Draco n'était plus sensé détester Potter et sa bande, il avait reçu plus d'amour en une soirée qu'en dix-huit ans de sa vie, et il allait quitter ce monde. De quoi l'enfermer à Sainte Mangouste pour un moment. Mais il sentait que c'était bien, et que cela pourrait lui plaire.
De leur côté, les trois amis avaient reconsidéré Draco, et lui avaient offert une nouvelle chance, sans hésitations, ni conditions. Ils ne le regardaient même pas de travers et acceptaient ce qu'il avait à offrir. S'il avait subis la colère de son père jusque-là parce qu'il refusait d'être réellement mauvais, alors il méritait amplement leur respect, qui pourrait se muer en amitié avec le temps.
Aucun d'entre eux ne voulait penser au voile. Et ils s'endormirent dans de grands lits, les filles d'un côté, les garçons de l'autre (Draco eut d'ailleurs la première expérience de fratrie vache, qui faisait que le plus grand disait avoir tous les droits, la plus jeune rouspétait après les plus espiègles, et le plus fort piquait toutes les couvertures). Dans ce joyeux brouhaha, Fred lui donna la permission de boucher le nez de Ron s'il se mettait à ronfler. Il ne se fit pas prier.
Le lendemain fut laborieux, et Harry découvrit que Draco était loin de passer des nuits tranquilles. Quand il le sentit s'accrocher à lui durant la nuit, il ne le repoussa pas, avisant les larmes qui coulaient sans qu'il le veuille au milieu de son sommeil. Ron, car ils étaient trois dans ce lit, voulut baffer l'insolent qui reniflait et lui donnait des coups de pieds, avant de constater que l'endormi était en proie à une crise d'angoisse.
Harry berça doucement le blond, prévoyant de tout nier dès qu'il se réveillerait. Et Ron fit une chose que jamais il n'avouerait. Il colla son torse au dos tremblotant de Draco, et s'endormit en maugréant, sachant néanmoins fort bien que cela le calmerait cependant. Et cela fonctionna, aidé par son meilleur ami. Jamais le Serpentard n'avait aussi bien dormi. Il s'était senti protégé et aimé, et même si Severus était son second père, il n'avait jamais été vraiment démonstratif. Ron et Harry s'étaient levés avant lui, et il fallut le réveiller vers dix heures, semblerait-il que c'était en fait une vraie marmotte.
Il sursauta quand Bill lui toucha l'épaule mais tous ses souvenirs lui revinrent en une seconde. Le roux avait vu l'angoisse et la terreur la plus pure laisser place en une seconde à un sentiment de sérénité. Pauvre gosse.
Les sept avaient leurs valises. Chacun une, et Draco avait dû mettre la sienne dans un sac à dos, plus facile à transporter. Ils étaient alignés devant la cheminée, ils devaient partir. Molly leur avait laissé à chacun de quoi se nourrir pour le déjeuner, et les adieux furent courts. Ils s'étaient tout dit, et pour ne pas céder à la tentation de garder son fils, Molly nicha sa tête au creux du cou de son mari, après un dernier signe de la main. Les autres enfants se tenaient face à eux, incapables de parler de peur de dire une ânerie ou de prolonger la dure attente. Des regards étaient amplement suffisants.
Le dernier fils Weasley était partit par cheminette, après tous les autres, au ministère. Maugrey leur fournissait une escorte avec Tonks et Schakelbolt, Harry, Ron et Hermione se faufilaient sous la cape d'invisibilité agrandie, tandis que Sirius, Severus, Remus et Draco avaient bu une potion d'invisibilité temporaire. Les trois Aurors avaient pris pour excuse que la salle de la mort devait être inspectée pour un artefact magique soi-disant laissé par Voldemort, et qui serait utile au ministère pour trouver les derniers Mangemorts.
Ils furent escortés, et il fallut toute la souplesse de ceux que l'on ne pouvait voir pour parvenir sans éveiller des soupçons jusqu'à la salle sombre. Une fois arrivés, un sort d'oubli fut jeté aux deux Aurors, et on attendit patiemment que les quelques gouttes de potion d'invisibilité, préparée par Snape, ne fassent plus effet. Il fut décidé que les adultes entreraient en premier, suivis par les plus jeunes.
Le voile ondulait en dépit de l'absence de vent, et on pouvait parfois entendre un murmure. Il semblait attendre, et le silence pesait sur le groupe. Enfin, d'un murmure qu'il aurait voulu plus assuré, Snape invita Sirius et Lupin à traverser avec lui. Le cœur de Harry battait à cent à la minute. Il avait la vision que son parrain et Lupin mourraient consciemment en traversant ce maudit voile. Une main se posa sur son épaule. Draco regardait aussi droit devant lui, et il comprit qu'il était temps. Tonks leur adressa un faible signe de la main, et deux à deux franchirent l'artefact. Il ne sentit rien, pas même de l'humidité, mais ferma les yeux. Il n'avait fait qu'un pas, mais s'était retrouvé de l'autre côté. Et l'autre côté était impressionnant.
Sirius, Severus et Lupin était assis sous un pilier de pierre, et donnaient l'impression d'être là depuis des heures. Il y avait du vent, beaucoup de vent, et une nature verdoyante, tout en bas de là où ils se trouvaient, quelques kilomètre en dessous. Draco ouvrit lui aussi les yeux, à la fois rassuré et estomaqué par ce qu'il voyait. Il se retourna alors pour constater que l'artefact avait disparu. Ils ne pouvaient revenir en arrière. Ils s'avancèrent vers le trio, et le maître des potions se leva, comme engourdi.
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- Cela va faire deux heures qu'on vous attend. On a cru que vous aviez changé d'avis.
- Mais nous n'avons mis que quelques secondes avant de vous suivre, fit le blond.
- Alors le temps s'écoule différemment ici.
- Vous savez où nous sommes? Questionna Harry.
- Non, fit Lupin. Et pourtant je connais bien des endroits. Mais je n'ai jamais vu de bâtiments si hauts. Nous ne sommes pas dans notre monde, et il semblerait que nous soyons sur une tour. En revanche, la magie peut être pratiquée ici, mais elle est altérée.
- Comment ça? Demanda Draco.
- Elle n'est pas plus faible, mais certains sorts ont des effets différents par rapport à notre monde. Nous avons pu mesurer la hauteur de là où nous sommes. Un kilomètre et demi. Et je ne connais aucun moyen, le balai mis à part de quitter cet endroit. Il n'y a ni trappe, ni escalier.
Ron et Hermione arrivèrent, se tenant la main. Ils avaient de suite emboité le pas de Draco et Harry mais n'arrivaient que plusieurs minutes apres eux. La jeune femme eut immédiatement le vertige, et il fallut toute la patience de ses deux amis pour qu'elle consente à ne pas rester allongée ventre à terre à se tenir debout normalement.
Le sol lui semblait en effet peu sûr, car même s'il était de pierre solide, il n'y avait aucun rempart si on exceptait les trois arches à demi-détruites qui entouraient le plateau parfaitement rond, à équidistance les unes des autres. Rien de rassurant, donc. Pour la tranquilliser, Remus la plaça dos à une arche, et ils reprirent les explications.
- Nous avons constaté avec Sirius que les balais fonctionnaient. Pas de trace d'humains, ou autre créature, ce qui est un bon point puisqu'il se peut que nous soyons en terre ennemie.
- Je pense, fit Severus, que la magie usée ici est plus élémentaire que la nôtre, moins complexe, mais tout aussi puissante. Cela expliquerait pourquoi certains sorts ne fonctionnent pas.
- Je propose que l'on parte maintenant, ajouta Sirius. On ne sait jamais si un Mangemort décide de traverser aussi. C'est simplement dommage que l'on ne puisse avertir les autres de notre arrivée. Ni revenir.
- Alors c'est parti.
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Chaque sorcier avait son balai, mais on décida de monter deux à deux. Hermione avec Remus, le plus calme et le plus rassurant, Draco avec Severus, et Harry avec Sirius. Ron porterait les bagages des autres. Pour la première fois, Ron et Draco eurent la même pensée : Ce balai est jouissif. Le vent était favorable, et la jeune femme priait de toutes ses forces pour que les balais tiennent le coup et volent VRAIMENT. La jeune sorcière planta presque ses ongles dans les pauvres flancs du lycanthrope, fermant hermétiquement les yeux. Le paysage avait beau être magnifique et éblouissant, elle préférait la terre ferme. Elle était une humaine, pas un oiseau, non mais!
Les cinq autres, en revanche, voyaient avec ravissement que même si les constructions attestaient que l'homme (ou une espèce capable de telles constructions) était présent, ou avait été présent, le paysage n'avait pas souffert de cela. Les forêts s'étendaient à perte de vue, parfois entrecoupées d'un lac ou d'une grande clairière. Severus avait insisté pour s'éloigner de l'endroit où ils étaient apparus, car si le mage noir n'était plus là, il pouvait surveiller l'endroit et revenir. Ils trouveraient, avec un peu de chance, une autre bâtisse.
Harry tourna la tête, et lui-même eut le vertige. La tour qu'ils avaient quittée était magnifique. Il n'y avait pas le moindre défaut. La pierre était blanche comme du lait. L'édifice était au centre d'un cercle immense de plusieurs kilomètres de diamètres, en pierre également, et il semblait que des êtres minuscules travaillaient dessus.
De là où il était Harry ne put voir que des micro-fourmis, visibles uniquement lorsqu'elles étaient en groupe. Mais quelque chose lui disait qu'il faisait bien de partir de là. Sirius avait pointé le nord par instinct, et tous savaient qu'ils voleraient jusqu'à épuisement.
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Et voici le second chapitre! =D la rencontre avec les elfes viendra ne vous en faites pas! Encore merci d'avoir prit le temps de me laisser des mots, j'apprécie énormément!
