Mot de l'auteur : bonjour à tous, je voudrais déjà m'excuser pour les reviews auxquelles je n'ai pas répondu mais je suis sans internet ou presque donc ne vous en faites pas je répondrais... J'espère que vous apprécierez ce chapitre, et attention, mes écrits se réfèrent aux livres, non aux films.

Petit extra : bisous Tania! =D


ENJOY!


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Chapitre III / Les étrangers

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Lupin demanda à Hermione, qui gardait les yeux fermés, de lancer un Tempus, et constata qu'il était trois heures de l'après-midi passé de quelques minutes.

La pauvre jeune femme avait dû lutter contre son instinct qui était de s'accrocher à son professeur comme à son dernier souffle, mais avait correctement exécuté la manœuvre. Au bout d'une bonne demi-heure de vol où personne ne pouvait parler à cause du vent, elle ouvrit les paupières, plus habituée à présent à la sensation du balai.

Elle eut le souffle coupé. Ils volaient à présent à hauteur d'arbres, et elle pouvait voir que nombre d'entre eux avaient sûrement passé un âge très respectable. Le rouge et or qui accompagnait apparemment la saison d'automne, rendait la vision féerique. Elle se força à observer, et ne reconnut pas de nombreuses espèces. Certains arbres dépassaient les autres de plusieurs mètres, abritant des générations d'oiseaux, et d'autres animaux.

La forêt qui s'étendait sous elle devait être éternelle. Une telle beauté ne pouvait vivre sans magie. Parfois, elle voyait des vestiges de constructions recouverts de lierre et de racines, donnant la sensation qu'elle dérangeait un espace préservé longtemps d'yeux humains. Elle ne desserra pas sa prise, mais tenta de voir devant elle. La forêt s'éteignait pour laisser place à d'immenses prairies, emplies de troupeaux de chevaux sauvages.

À présent, ils survolaient une partie du bois espacé. Elle aurait pu longtemps admirer la vue si quelque chose ne l'avait pas intriguée. Elle tira sur la manche de Lupin, qui posa son regard entre les arbres. Le lycanthrope vit immédiatement de quoi il s' course poursuite à travers les arbres. Il se rapprocha de Draco pour faire passer le message, et après que le blond l'ai vue, il demanda à Severus de communiquer l'information à Harry, qui la transmettrait à Ron.

Les balais baissèrent encore l'altitude, et ils virent trois chevaux se courser. L'un blanc comme la neige, les deux autres côte-à-côte noirs comme la nuit, mais quelque chose émanait des poursuivants. Une sorte de fumée étrange. Les cavaliers qui les montaient transpiraient la magie noire, la malfaisance. Inutile d'être un sorcier pour constater cela.

Sur le cheval blanc, un enfant apeuré, et un homme grand et blond, apparemment excellent cavalier. Au-devant, on pouvait voir que deux autres chevaux noirs tentaient de s'éloigner pour barrer le chemin au cheval blanc. Hermione aperçut un gué. Le gué. Le cheval blanc devait sûrement le passer, et la troupe noire les en empêchait. Elle fit un signe à Remus qui approuva. Les cavaliers noirs ressemblaient assez à des Détraqueurs, et respiraient assez le mal pour n'avoir aucune hésitation.

De concert avec Sirius et Severus, elle lança plusieurs sorts de pétrification qui n'eurent pour effet que de ralentir les poursuivants. Ce fut à ce moment-là que l'homme blond tourna la tête, et son regard accrocha celui de Remus. Il devait avoir une excellente vue, car il hocha de la tête, et continua, apparemment confiant en ces êtres étranges qui volaient. L'enfant avait lui aussi tourné la tête vers l'arrière, mais ne voyait pas les sorciers.

Il semblait chercher une chose, ou une personne, sans les voir.

Hermione continuait de lancer des sorts, et Severus osa le Sectumsempra. Qui eut l'agréable effet de faire glisser le cheval et faire tomber l'homme qui le montait, mais aucune blessure n'était visible. L'homme se releva prestement, et tourna son visage vers le ciel. Du moins ce qui aurait dû être un visage. Le regard d'Hermione se glaça d'horreur.

À côté de ça, les Détraqueurs étaient de gentils petits poneys roses. La chose était encore plus noire que son ombre. Ses robes sombres étaient déchiquetées, tout comme ses membres, alors qu'il brandissait une sorte d'épée. Son visage apparut à la lumière, blafard, le crâne surmonté d'un heaume, les yeux perçants et mauvais. Il avait de longs cheveux, mais ressemblait clairement à un mort. Un mort qui avait une puissance magique incroyable.

En quelques secondes, il était remonté sur son cheval, et l'avait fait repartir au galop. La bête elle-même avait l'air d'être malsaine. Il n'avait, durant tout ce temps, perdu que quelques longueurs sur ses confrères.

Hermione, malgré la peur qui la tenaillait face à ces créatures, lança comme elle put les sorts de pétrification, car ne connaissait pas ceux de Severus. Au bout d'une minute, le cheval immaculé sauta par-dessus la rivière, ce qui stoppa net les cavaliers noirs. Les balais s'arrêtèrent au-dessus du cavalier blond et de l'enfant, effectuant un demi-tour pour faire face aux poursuivants. Visiblement, ils ne voulaient pas traverser. Mais sans prévenir, celui qui semblait être le chef avait rattrapé son avance, son cri caverneux entraîna les autres, et les chevaux noirs mirent les sabots dans l'eau.

Si Flitwick avait été là, il en aurait été jaloux. La rivière chargea brusquement, et un flot monstrueux, prenant forme d'un troupeau d'équidés, passa sur les cavaliers noirs et leurs montures. Le spectacle était tout simplement sublime, et avait accessoirement sauvé l'enfant et le blond. Ils sentaient qu'ils n'avaient rien à craindre de lui, sans pouvoir se l'expliquer.

Quand la vague mortelle fut passée, il n'y eut plus aucune trace des attaquants. Alors les sorciers se posèrent en douceur à terre, aux côtés du cheval immaculé, qui accessoirement, était paré comme pour une grande fête. Le grand homme blond, d'une beauté irréelle, descendit prestement, et aida son ami à descendre. Severus comprit que le plus jeune était blessé, et vit d'autres hommes aux cheveux longs et lisses arriver. Remus seul remarqua que leurs oreilles étaient en pointe.

Ils étaient à côté, personne ne se souciant d'eux. Trois hommes étaient arrivés avec un brancard fait de branches savamment et finement entrelacées. Remus, Sirius et Severus restaient en avant, au cas où les habitants n'étaient pas si gentils que cela. Quand le brancard fut parti, le cavalier se retourna, retira sa cape et leur adressa un sourire aimable. Et tout le monde put admirer sa beauté parfaite et surtout ses oreilles en pointe. Il était habillé étrangement, aussi. Enfin pour un « moldu ».

Il avait une grande cape marron claire, un collant gris et un haut attaché par une ceinture qui semblait étinceler. Des bottes marron sans talons lui arrivaient à mi mollet. Immédiatement, la jeune sorcière pensa à un homme possédant la magie vélane. Il leur parla alors, d'une voix claire, douce et délicieuse à entendre.

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- Bonsoir étrangers. Merci pour votre aide contre ces cavaliers. Je ne sais ce qu'il serait arrivé sans vous. Je me présente, Glorfindel, de la maison d'Elrond.

- Eh bien, commença Sirius.

Remus lui mis son coude dans les côtes avant de reprendre, puisque les quatre enfants étaient bouche bée devant l'apparition parfaite, et que Severus allait sûrement involontairement lancer une remarque désagréable. Pour le coup, sa voix lui semblait éraillée en comparaison.

- Nous sommes venus du sud en balai, expliqua Remus. Pour nous présenter, voici Hermione Granger, Harry Potter, Ron Weasley, Draco Malefoy, Sirius Black, Severus Snape et moi-même, Remus Lupin.

- En balai, dites-vous? Quel étrange moyen de se déplacer, ma foi. Vous nous avez aidés, et mon cœur me dit que vous ne nous voulez aucun mal. Lorsque Grand-pas, et ses trois Semi-hommes de compagnons arriveront, nous décideront.

- Vous... hésita Hermione. Elle ne voulait surtout pas vexer l'homme. Où sommes-nous, je vous prie?

Bon point, Granger, pensa Snape.

- En terre de Fondcombe, lieu où vivent les Elfes de la maison d'Elrond, dont je fais partie, demoiselle Hermione. Au nord de la Terre du Milieu. D'où venez-vous?

- D'Angleterre, répondit Remus. Je ne pense pas que nous soyons du même monde, mais c'est une longue histoire.

- En effet, je n'ai jamais entendu parler de ce lieu, fit Glorfindel. Sa voix chantait presque, pensa Draco.

L'étrange homme leur désigna une souche de bois sur laquelle il s'assit de la façon la plus raffinée du monde. Draco seul pouvait prétendre égaler le niveau s'il se forçait. Quand à Ron, il avait déjà oublié l'idée. Les trois adultes s'étaient mis côte-à-côte à un bout, Ron était entre Hermione et Harry. La jeune femme s'était assise à côté de l'homme étrange.

- De quelle race êtes-vous, jeunes gens?

- Humains, fit Remus avant que Draco ne se moque avec un rictus discret. Ce qui n'échappa pas à leur interlocuteur.

- Était-ce si évident? Ses yeux percèrent les orbes grises du jeune blond.

- Eh bien... reprit Draco sans se démonter. Nous venons d'un lieu où seuls ceux qui nous ressemblent sont humains. Les races sont toutes trop différentes pour pouvoir les confondre.

- Les Elfes de la maison d'Elrond. Murmura Hermione sans s'en rendre compte. Elle leva les yeux vers Glorfindel qui était à côté d'elle. Vous êtes un Elfe?

- Parfaitement. Cela semble vous étonner.

- Disons que... continua la jeune femme. Les elfes de notre monde ne sont guère grands, sont généralement chauves, en fait ils ressemblent un peu à des gobelins, en moins rabougris. Elle avait dit cela en baissant les yeux. Pour le coup, la race de Dobby remontait d'un coup sur le cran de la beauté physique.

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Un rire clair et agréable monta vers le ciel. L'elfe avait émi un son doux et enchanteur, aux paroles d'Hermione. Et cette dernière était heureuse de l'avoir fait rire. Ils ne continuèrent pas longtemps car trois enfants accompagnés d'un homme d'un âge incertain et d'un poney franchirent la rivière. L'elfe approcha avec son cheval qui n'avait jusque-là pas bougé d'un pouce, et mis deux des enfants dessus. Le troisième avait été placé sur son poney à la robe claire, et l'homme lui-même avait traversé la rivière à pied. Quand ils arrivèrent près d'eux, ils virent qu'en réalité, les enfants étaient des hommes, mais de petite taille. Avec les pieds nus et poilus. Très poilus.

Ils se regardèrent tous comme des ronds de flan, avant que Glorfindel prenne la parole.

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- Aragorn, voici des humains d'Angleterre. Ils sont, si j'en crois leur monture, d'une race magique que je n'ai encore jamais vue. Je pense qu'ils doivent être présentés à Elrond, car sans leur aide, Frodon aurait été peut être pris par les serviteurs du Mal.

- Bienvenue à vous sur les terres de Fondcombe, alors, jeunes gens. Je suis Aragorn, dit Grand-pas, et fort heureux que vous nous soyez venus en aide. Quel hasard vous emmène ici?

Désigné pour parler, Remus s'avança, et serra la main que lui présentait l'homme.

- Nous sommes venus en raison d'une guerre, contre un mage noir. Après certaines circonstances, il nous a fallu quitter notre pays pour le poursuivre ici. Nous ne connaissons rien de ce monde, et ne savons pas qui étaient ceux qui vous poursuivaient, ni s'ils ont un rapport avec celui que nous cherchons.

- Hélas, reprit Glorfindel. Il se fait tard, et les petites gens que voici ont fait longue route et sont épuisés. Je prends donc la responsabilité de vous inviter dans notre royaume, et après vous être reposés et restaurés, nous pourrons peut être vous éclairer.

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Les deux équidés n'avaient, en effet, pas ralentit leur marche et avait mis le cap vers là où était parti le brancard. À présent, Grand-pas, un grand homme brun, au regard vif et à la barbe naissante, habillé comme un sorcier de l'ancien temps, reprenait sa marche en incitant les autres à le suivre. Glorfindel le fit immédiatement, d'un pas léger et altier, et Hermione n'avouerait jamais même sous la torture qu'elle avait admiré le fessier sans défauts de l'elfe, caché seulement par sa tunique courte et son collant.

Ils profitèrent du trajet pour faire plus ample connaissance. C'est ainsi qu'il apprirent qu'Aragorn était un fils de roi et que Glorfindel était un seigneur guerrier. Il sûrent également qu'Elrond dirigeait son peuple, aidé de sa fille, Arwen, l'étoile du soir de son peuple. Ils furent un peu déboussolés, et étonnés d'un parler aussi distingué - Ron devait reprendre chacun de ses propres mots pour ne pas paraître grossier.

L'Elfe s'intéressa à Severus qui ,gêné, tentait sans succès de se cacher derrière Sirius. Il détestait parler de lui, il n'avait confiance en personne et même si cet individu respirait la confiance et le calme, non, il ne voulait pas étaler sa vie. Du bout des lèvres il dit qu'il était professeur de Potions, et Sirius, profitant de l'occasion qu'il avait de mettre mal à l'aise son ex-ennemi, en rajouta des couches en disant que c'était un expert dans leur monde, un des rares sorciers à avoir découverts des propriétés de certains ingrédients, et doué en magie, qui plus est.

Glorfindel se fit alors enfantin, cherchant à savoir toujours plus sur cette magie, Poudlard, les potions et le Quidditch. Jeu qu'il ne comprit pas du tout d'ailleurs, malgré les explications enflammées de Ron. Hermione avait trouvé une sérieuse concurrence en matière de soif de savoir. Et si tous les Elfes ressemblaient à Glorfindel, soit elle explosait face à une telle beauté concentrée, soit elle mourrait sous le poids des questions qu'elle rêvait de leur poser.

Quant à Aragorn, il s'entendait d'avantage avec Sirius qui, comme lui, était un noble qui n'en faisait pas des tonnes avec les manières. Physiquement, ils se ressemblaient un peu, quoique Sirius paraisse plus jeune, et avait les cheveux plus longs. Mais le même charme, et le même port royal émanait d'eux.

Ils arrivèrent à une cité enchanteresse. Tout semblait reluire d'argent, d'or et de verdure. Les êtres qu'ils y croisaient étaient calmes, sereins, et beaux. Indéfinissablement beaux. Glorfindel et Aragorn passèrent cependant dans une tour, les empêchant de voir à loisir le paysage. L'elfe avait une idée en tête.

Il s'entretint dans une langue chantante et étrange avec un de ses congénères aux cheveux noirs, qui avait une sorte de fin diadème sur le front. L'homme les regarda, et sourit.

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- Bonsoir à vous étrangers. Il semblerait que vous nous ayez aidés, et que vous soyez mages.

- C'est en effet le cas, fit Remus. Nous sommes désolés de nous imposer dans votre cité.

- Il n'en est rien, fit l'Elfe. Je suis Elrond, et ceci est ma maison. Le jeune Semi-homme que vous avez emmené ici est Frodon Sacquet de la Comté. Il a été gravement blessé, et j'ose vous demander, à celui d'entre vous qui est, semble-t-il, guérisseur, de venir m'aider, car ses blessures ne sont pas celles d'un combat normal, fit-il. Il est arrivé il y a peu, mais je crains que nous soyons sans armes face à ce mal.

- Je viens, fit Severus, tranchant. Je ne sais pas si je pourrais y faire quelque chose, par contre.

- Glorfindel, je vous laisse conduire nos invités où tu penses être le mieux, pendant que nous soignerons Frodon. Je te préviendrais s'il y a du changement.

- Bien, Seigneur Elrond.

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Sur ce, Ron donna sa malle à Severus, qui suivit le grand elfe. En effet, à côté d'eux, les sorciers étaient assez petits, si on excluait Sirius.

La chambre était claire, belle et semblait avoir été créée par la nature elle-même. Dans un lit immense, le petit homme dormait, le visage couvert de sueur. Il était agité de soubresauts, et deux elfes habillés de blanc tentaient de le calmer avec des mélanges savants de plantes. Sans cérémonie, Severus s'assit près de lui, écouta son cœur, touchant la peau qu'il trouva glacée, et murmura plusieurs incantations du bout de sa baguette sous le regard admiratif d'Elrond.

Il savait que les sorts étaient plus faibles, mais espérait que cela fonctionnerait. Immédiatement, la respiration se fit régulière, mais le maître des potions n'était pas moins anxieux. Il ne connaissait pas cet homme, mais il sentait qu'il était important aux yeux des Elfes. Il murmura d'autres sorts, et vit le mal en puissance. Un morceau de métal qui continuait sa route vers le cœur était fiché dans l'épaule du jeune homme.

Elrond s'approcha, et ils combinèrent leurs efforts, joignant Accio -réitéré car extrêmement faible- et dextérité elfique pour arracher le bout de lame maudit. Une aide s'empressa de l'emporter au loin, et Severus demanda à voir leurs mélanges. Il fit une sorte de pâte combinant plusieurs plantes et une de ses potions de réserve, avant de l'appliquer généreusement sur la plaie.

Il faisait tout cela sans un mot, et Elrond vit le génie sous les airs taciturnes, et la gentillesse même sous le regard froid. Cet homme était tout sauf ce qu'il montrait, et l'elfe n'en eu que plus de respect. Après quelques heures de dur labeur, suant et maugréant dans sa barbe inexistante, il se releva du corps pâle, et annonça d'une voix froide.

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- C'est terminé. Il s'en sortira.

- Merci, homme-mage.

- Appelez-moi Severus, je vous prie. Ce n'était rien. Nous voyons assez souvent ce genre de cas dans mon monde, même si la magie est plus forte et différente, ici. Il faut renouveler le pansement toutes les heures, jusqu'à ce que la plaie se referme. Je pourrais le faire par magie, mais cela altérerait son corps à cause de la dose trop forte qu'il a reçue avec le morceau de métal brisé. Il pourrait en tomber encore plus malade.

- Vous semblez épuisé, je vais vous conduire là où vous pourrez dormir en paix, Severus.

- Merci.

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L'Elfe, d'un pas léger malgré les efforts fournis, l'emmena au travers de couloirs toujours éclairés par la lune, d'une architecture féerique, avec des entrelacs, des runes et des peintures de la nature. Il n'eut pas vraiment le temps d'examiner ce décor enchanteur car, quelques couloirs plus loin, le maître de maison lui ouvrit une porte sur une chambre tout à fait charmante.

Le Maître des Potions, dès que la porte se referma, retira sa cape, et se jeta avec bonheur dans un lit dont il n'avait jusque-là, pas connu l'égal en douceur. Il ne s'étonna même pas de la confiance qu'il accordait à ce lieu étranger. De sa vie, même le Terrier ne lui paraissait pas aussi sain.

Remus et le reste de la troupe avaient été conduits dans une salle où les trois autres Semi-hommes mangeaient, les yeux lourds de fatigue. Il y en avait un replet, aux cheveux châtains, et deux autres, plus minces, aux cheveux noirs et bouclés. On les fit assoir sur un banc, et Hermione se mit en mode « apprentie en soif de connaissance ».

Elle détaillait tout ce qu'elle voyait, en tentant de ne pas trop insister sur les personnes présentes, et vit avec ravissement que cette simple pièce dépassait de loin le raffinement des plus grandes salles de bal sorcières. Tout était décoré et gravé avec soin, et même la salle où ils se trouvaient, qui pourtant ne comprenait qu'une longue table et une fenêtre immense, était un petit paradis. Elle avait ouvert ses yeux au maximum, oubliant toute fatigue, et laissant Remus parler avec l'Elfe. Il semblerait qu'on les nourrirait avant de les faire dormir.

Un des Semi-homme s'adressa à Ron.

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- Merriadoc Brandebouc, de la Comté. Il paraît que vous avez aidé monsieur Frondon et la belle-gens qui était avec lui?

- Belle-gens?

- Il veut parler de l'Elfe, Ron, fit Hermione. Voici Ron, Harry et Draco et moi, c'est Hermione, fit-elle avec un grand sourire. En ce moment, le professeur Snape est en train d'aider pour soigner le blessé.

- Maître Frodon va bien? S'enquit d'un seul coup le plus gros des trois.

- Je ne sais pas, fit Hermione. Mais le professeur Snape est quelqu'un de très compétent. Je pense que votre maître est entre de bonnes mains, fit-elle confiante.

- Depuis quand tu fais de la lèche à Snape ? Demanda Ron.

- Ronald! Ne parle pas comme ça, voyons! Où as-tu appris à te conduire?

- À quoi t'attendais-tu, Granger? C'est un Weasley...

- Les gars, il est tard, s'il vous plaît.

- Excusez...

Le trio et Draco se tournèrent vers les trois Semi-hommes qui les regardaient incrédules.

- Pardonnez notre parler, fit Draco, mais en effet, notre professeur est en train de soigner votre ami, et avec lui, il a toutes les chances de s'en sortir.

- Vous êtes des mages?

- Si on peut dire, reprit le blond. Chez nous, on appelle cela des sorciers. Et vous? Fit-il d'un ton lent.

- Nous sommes des Hobbits de la Comté. C'est plus dans le sud, fit Merriadoc. Les grandes-gens nous appellent Semi-hommes, à cause de notre taille. Moi, vous pouvez m'appeler Merry, et voici Perrigrïn Toucque, dit Pippin, et Samsagace Gamegie, dit Sam.

Il désigna successivement son ami brun et le châtain. Nous venons de loin, et nous avons fait toute la route à pied.

- Je pense, fit Glorfindel, que les présentations et les explications se feront demain. Restaurez-vous, et reposez-vous. Elrond tiendra conseil, avec je l'espère, Mithrandir, qui devait arriver avec vous. L'heure n'est pas encore au coucher de la soleil(1), mais je pense que vos corps trouveront la joie dans une couche apaisante que nous vous offrons. Moi-même et Argorn, allons nous reposer en prévision de demain.

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Il avait des yeux d'enfant, mais sa voix reflétait la force et la sagesse. Passant derrière les Hobbits, il emmena Aragorn, qui avait attendu dans un coin de la pièce, à sa suite. Une jeune femme tranquille et souriante leur servit à tous un pain et une grande coupe d'eau claire, comme jamais Hermione n'en avait vue. Étonnée, elle goûta, et se prit d'extase. Tous étaient d'accord. La nourriture elfique n'avait rien de comparable, et les meilleures orgies de Ron ne l'équivalaient en rien. Même Draco ne trouvait rien à redire.

Après ce repas pour le moins étonnant, ils se sentaient rafraîchis, reposés, calmes et leurs soucis semblaient être partis. Ils babillèrent gaiment, se sentant tout de même plus à l'aise avec les Semi-homme, qui leur racontèrent maintes histoires sur la Comté, le manger et le boire, quoique Sam paraissait triste. Ron trouva alors ses frères. Quand ils se dirent tous repus, la jeune Elfe voulut les conduire dans différentes chambres.

Elrond entra à ce moment-là, et un sourire serein sur le visage, annonça que Frodon était hors de danger, grâce à Severus. Alors le visage rond de Sam s'élargit d'un grand sourire. Il sembla aux autres que le petit homme avait attendu ces paroles pour enfin réaliser dans quel endroit de rêve il se trouvait. Il bafouillait remerciements et excuses pour son comportement, et se laissa conduire par Elrond riant.

Les quatre adolescents furent conduits par la jeune hôtesse, alors que Sirius et Remus furent rattrapés par Glorfindel qui les avait attendus. Les deux Hobbits restants avaient suivi Sam après un signe de main au groupe étrange.

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- Nous avons compris que vous étiez leurs aînés, alors nous vous avons fait faire une autre chambre.

- C'est gentil, fit Remus gêné, mais ne vous donnez pas tant de peine...

- Il n'est pas question de laisser ceux qui ont aidé le porteur de l'Anneau entassés dans une chambre. Vous méritez plus considération messieurs.

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Les lieux étaient vraiment étranges. Poudlard était magique, et changeait parfois de configuration. Mais ici, on avait l'impression qu'à chaque instant, on pouvait découvrir un nouveau lieu secret et tout aussi enchanteur que les autres. L'architecture vous faisait souvent demander si vous étiez dans un jardin savamment aménagé ou dans un couloir éclairé et mis en valeur par la lueur de la lune.

Remus s'arrêta, et regarda le ciel, trouvant la lune à son premier quartier. Glorfindel se retourna.

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- Regarde, Sirius! Ton étoile est là!

- C'est pourtant vrai... Alors nous avons les mêmes constellations.

- Votre nom vient donc de cette étoile, étranger?

- Oui. Pardonnez-nous, tout est tellement nouveau.

Mais Remus pensait encore.

- Sirius?

- Oui?

- Tu penses pouvoir te transformer, ici?

- Je ne sais pas. Il faudra que j'essaye.

- Vous transformer?

- Sirius est un Animagus. Il peut prendre la forme d'un animal unique dans notre monde. Mais la magie étant altérée, nous ne savons pas si c'est effectivement possible ici.

- Je vois, fit l'elfe qui tentait de s'imager la chose.

Sirius vit la plus pure des curiosités traverser les yeux du blond. Sans un mot, il tenta la transformation. Un cri de surprise passa les lèvres de l'elfe, et un rire sortit de sa gorge. Devant lui, un énorme chien noir, superbe, se tenait assis, là ou auparavant, le sorcier Sirius était.

- Par Gilthoniel! Quel miracle! Quel prodige!

Sirius reprit sa forme, satisfait.

- Ça va. C'est même moins fatiguant qu'avant.

- Tous les sorciers peuvent le faire?

- Non, fit Remus, il faut énormément d'entrainement. Sirius est Animagus depuis longtemps. Mais avec de l'effort, tous peuvent le devenir.

- Je pense qu'il est temps de se coucher, fit une voix dans l'ombre.

Elrond était revenu, et son regard aussi était impressionné. Mais son ton était encore plus emprunt de force que Dumbledore dans ses meilleurs jours.

- Bien, Seigneur Elrond, reprit Glorfindel. Voici justement vos chambres.

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Il poussa deux battants, et deux chambres identiques, grises sous la lumière de la lune apparurent. Ils se dirent bonne nuit, et chacun se jeta sans aucune grâce sur le matelas absolument délicieux. Ils ne se méfiaient pas le moins du monde de leurs hôtes, chacun en leur coeur ne ressentait qu'une sérénité pleine et saine, ne ressemblant en rien à un contrôle quelconque de leur esprit.

Ils savaient au fond d'eux qu'ils étaient dans un havre de paix. Le lendemain allait être riche en découvertes. Finalement, pensa le lycanthrope, ce monde n'était pas si mal.

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En elfique.

- Pensez-vous que ce sont des gens de confiance, Seigneur?

- Oui, Glorfindel. Ils sont étranges, mais ne sont pas du côté du mal. J'ai remarqué cela avec le mage guérisseur. Ils ne nous veulent aucun mal en tout cas.

- Mon cœur me dit qu'ils ont traversé bien plus d'épreuves que des gens de leur âge auraient dû.

- Je le pense aussi. Demain, nous saurons de quoi il en retourne. Mithrandrl est le plus apte à les comprendre. Il est mage, et son savoir doit couper celui des étrangers. Lorsque tous seront reposés, il sera plus simple d'éclaircir les choses.

- Alors je vous souhaite la bonne nuit, et que les étoiles éclairent votre sommeil, Seigneur Elrond.

- Bonne nuit, Glorfindel.

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L'heure n'est pas encore au coucher de la soleil (1) : Le soleil est féminin chez les elfes.


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Et voilà, comme promis, je répondrais aux reviews dans la semaine! Encore merci à ma bêta!