Bonjour bonjour!

Alors voilà, aujourd'hui le chapitre est environ deux fois plus long qu'à l'habitude, donc vous pouvez remercier Mokhan et Nella pour ça, sans eux j'aurais pas ajouté tout ça xD

Je veux remercier Slâavy aussi, promis je te répondrais mais bout à bout on rentre pas un concombre entier dans sa bouche, on mâche, tu vois l'image? xD

(ou un oeuf d'autruche)

oOo

Oh oui! J'ai crée un forum, le Trans-forum :

transforum point forumactif point net qui est un endroit où on peut faires des fictions originales ou venant de fandom, avec ou sans yaoi, et où le but est de se donner des défis.

Donc du lemon Hagrid/Rusard sans les verbes être et avoir à la passion d'un zoophile en passant par le couple Jean-Raymon/Bozo le clown, tout y passe... venez donc y faire un tour, vous êtes les bienvenus que vous écriviez ou que vous lisiez...

oOo

Merci à tous de me lire et de me reviewer!


ENJOY!


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Chapitre IX / Les dix

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Ils marchaient sans un mot depuis le matin, sans un regard pour les autres lorsqu'ils étaient partis. Avoir quitté Fondcombe était un déchirement pour leurs cœurs et leurs esprits. Aucun n'était certain de la revoir, mais leur destin était à l'ouest des montagnes, au delà des sentiers brumeux et de la lande sèche immense qui les menaient loin de la cité elfique.

À l'avant, il y avait Gandalf et Aragorn, pour les guider, suivis de près par Sirius et Gimli. Venaient ensuite Frodon, Sam et Ron (à côté desquels trottait le poney Bill). Legolas formait l'arrière garde derrière Harry, qui se retourna à plusieurs reprises pour l'observer.

Comme tous les elfes il avait des yeux perçants, et avec la brume et le soir qui tombaient rapidement, c'était un avantage. Il était à une dizaine de pas derrière le groupe, usant de tous ses sens pour tenter de savoir s'ils étaient suivis, la flèche encochée sur son arc. C'était étrange. Bien que Harry se soit habitué à la beauté des gens de ce peuple, le prince blond lui semblait en quelque sorte bien plus raffiné, à la manière d'Elrond ou d'Arwen.

Il détourna rapidement les yeux quand il vit que Legolas, se sentant observé, l'avait surprit. Il se mit à regarder le chemin devant lui, les joues en feu. C'était si gênant de se faire prendre en train de le reluquer de cette façon! Et si l'elfe s'imaginait des choses? Il n'avait pensé à rien de vraiment bizarre en faisant ça et...

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- Quelque chose ne va pas, Harry?

- Euh, je, euh, eh bien, euh... Non ça va.

- Vous devriez rejoindre le groupe et ne pas trop vous isoler. Si des créatures attaquaient, j'aurais du mal à vous protéger, continua l'immortel.

- Euh, je, bien, d'accord.

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Il regarda devant lui avec une plus grande attention : Legolas n'était pas à une dizaine de pas, c'était lui qui avait ralenti et qui se trouvait entre l'elfe et le groupe. Il pressa le pas et se retrouva à la hauteur de Ron. Il se surprit à fermer les yeux un peu trop fort à chaque fois qu'il repensait au moment où il avait été prit la main dans le sac.

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- J'ai mal aux pieds, lui confia soudainement Ron à voix basse.

- Déjà? On est à peine partis...

- Nan, mais j'ai un caillou dans ma chaussure...

- Weasley, ou comment arriver à des situations improbables tome I, fit Draco juste à côté avec un sourire en coin.

- Malefoy tu nous emme... Commença l'élu avec colère.

- Non, non fit Ron en retenant un rire, chuchotant toujours.

- J'ai loupé un truc?

- J'ai une envie de ces envies de chier, fit le blond en parlant le plus bas possible... D'après toi pourquoi je suis derrière tout le monde?

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Harry resta avec les yeux écarquillés quelques secondes avant que Ron retienne un rire en se bouchant le nez.

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- Merde ça pique les yeux Malefoy!

- Putain, t'as mangé quoi au juste pour en faire des comme ça? Demanda Harry en imitant Ron. .

- Hey vous sentez pas obligés de jurer à chaque phrase, fit Sirius en se retournant.

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Le silence fut total une bonne minute avant que les trois adolescents reprennent leur conversation un ton plus bas, montant le volume quand ils s'oubliaient et se faisant remettre à leur place régulièrement par Sirius.

Après une marche éreintante pour les Hobbits et les sorciers, Gandalf marqua le camp et ils purent se reposer. Harry soupira, et vit Sam avoir le même sentiment que lui. Trois pas après Fondcombe le paysage était strictement le même, il n'avait pas eu l'impression d'avoir bougé d'un pouce. Chacun avait une couverture pour se coucher, et mangea sa ration de pain étrange avant de dormir.

Les langues se délièrent tout de même, et Aragorn raconta l'histoire de Gilthoniel, si souvent entendue, mais si belle. Les adolescents n'eurent pas le courage de continuer à débattre (toujours à voix basse) pour savoir si Pink avait oui ou non un plus joli derrière que Cameron Diaz et préférèrent s'endormir directement, éreintés.

Aragorn, Sirius, et Legolas décidèrent de l'organisation de leurs tours de garde. Chacun s'endormit rapidement, alors que le descendant d'Isildur veillait.

...

Une terre noire, brûlée, et un anneau unique. Il brillait de mille feux, à tel point que son éclat devienne insoutenable et se transforme en un feu qui rendait l'air vicié et irrespirable autour de lui. Et un œil. Un œil pourpre qui cherchait, qui fouinait, et qui venait peut être de trouver une piste. La chair se construisit autour de l'œil, et fut réduit à une fente rougeâtre sur un corps difforme et grisâtre, dépourvu de nez. Une main traversa l'espace et d'un toucher effaça le cauchemar.

Le Survivant eut un léger sursaut dans son sommeil et se réveilla en sueur. Il avait levé la tête, les yeux affolés, et il rencontra deux yeux bleus qui fouillaient son regard à la recherche de son âme, et qui le calmèrent rapidement. Il déglutit, se rendant compte qu'il tremblait, et fit un signe de tête à celui qui l'avait probablement soustrait à l'emprise de l'œil.

Legolas rassura Aragorn d'un regard, et se concentra à nouveau sur l'Elu. Il avait beaucoup bougé et son front était couvert de sueur. Il l'avait vu crisper son visage, et s'il l'avait pu, le survivant aurait certainement hurlé. L'elfe savait que le mal pouvait entrer en contact avec Harry de cette manière, mais c'était la première fois qu'il le voyait réellement. Pourquoi fallait-il que ce garçon si jeune souffre autant?

Harry sembla retrouver le contrôle de son corps et put voir qui était là. Legolas.

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- Venez, marcher un peu vous fera du bien.

- Mais je suis…

- Faites-moi confiance.

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Harry prit sa couverture sur ses épaules et ils s'éloignèrent de quelques pas, pour être visibles, mais pas entendus.

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- Je suis désolé de vous avoir fait lever, mais parler là-bas, c'était risquer de réveiller les autres. Était-ce lui qui vous a vu?

- Non. C'était étrange. Inutile de le dire aux autres.

- Pourquoi cela?

- De toutes façons, on ne peux rien y faire et je dois rester avec Frodon. Alors inutile de les faire paniquer. S'il vous plaît.

- En ce cas je vous surveillerais et ne préviendrais que Gandalf et Aragorn, car ils sont nos guides. Un jour viendra où vos forces ne seront plus, et si ce jour est jour de guerre, nous vous perdrons à coup sûr. Allez tenter de vous rendormir.

- Merci, Legolas. Mais honnêtement je crois pas en être capable. Severus m'a donné quelques potions de sommeil, mais elles ne L'empêchent pas d'entrer dans ma tête.

- Essayez tout de même. Vous devez reprendre vos forces, Harry.

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La main de l'elfe s'était posée sur le bras du Survivant en geste de compassion pendant la conversation, et Harry avait eut un léger frisson... mais c'était dû au froid, n'est-ce pas?

Il se recoucha, et remercia Merlin car le reste de son sommeil fut sans rêves.

La traversée de cette vaste plaine dura plusieurs jours. Les plus jeunes ne retinrent que le vent, le froid et le vide de ces lieux. Pour combler, ils avaient parlé avec le reste de la troupe, plus particulièrement à Frodon et à Sam, faisant oublier au porteur son fardeau l'espace de quelques instants. Ils avaient pu apprendre trois tonnes de chansons aux hobbits, de Michael Jackson à Justin Nozuka en passant par « ça use les souliers » -qui fut bannie de toutes les lèvres par Sirius qui était déjà assez déprimé comme ça- et en retour eurent droit à quelques chansons Hobbits qui auraient peut être eu leur succès sur Terre dans les années 80. La conversation dériva sur les films (Sam apprécia beaucoup King Kong), puis ça dériva sur le pop-corn, les glaces, les crêpes, les choux à la crème, et on eut faim.

Devant, la lande commençait à se tarir. De chaque côté d'eux, à plusieurs centaines de mètre, des arbres isolés apparaissaient et, bien plus loin, une forêt se devinait. Pourtant, ils avaient même eu du mal à apercevoir un animal, même si on entendait des hurlements de loups quand la nuit tombait. Au bout de quelques jours, plus personne n'avait envie de parler.

La brume qui les entourait constamment leur retirait toute idée de chaleur, et le soleil restait caché, comme endormi dans un long sommeil. Personne n'avait le droit d'user de magie, l'ennemi pouvait les repérer à cela selon Gandalf. Chaque jour leur paraissait identique au précédent, et les chants d'Aragorn se turent, laissant place à la froideur et à la tristesse des lieux.

Pourtant, les montagnes semblaient grossir, alors chaque jour, ils trouvaient de nouvelles forces pour avancer.

Quinze jours passèrent. Quinze jours durant lesquels Aragorn, Gandalf et Legolas veillaient sur le Survivant sans le lui dire. Le vieux mage avait du user de sa connaissance des plantes pour que le jeune sorcier puisse dormir en paix. En ce qui concernait Frodon, Sam faisait en sorte de le soulager le plus possible, lui donnant à boire de cette eau des elfes qui rendait l'esprit plus clair et serein.

On distingua les montagnes, et Gimli désigna Khazad-dûm, devenu le Puit Noir, la Moria. Ils étaient arrivés en Houssaye. C'étaient des monts qu'autrefois les elfes avaient habités, mais qu'ils avaient abandonnés pour les Havres. Le cœur de Ron se serra lorsque Gandalf arrêta le but de leur voyage au grand fleuve, arguant qu'il serait déjà heureux qu'ils y parviennent entiers. Ils n'étaient donc même pas certains d'arriver à leur but?

Ron regarda ses compagnons de route. Sirius avait ce regard froid qui ne le quittait que trop rarement. Harry était constamment surveillé par Legolas, à l'arrière, et Draco juste à côté de lui semblait vouloir frapper tout ce qui bougeait, caressant le poney pour se calmer de manière relative. Il déprimait sérieusement.

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- Ne faites pas cette tête mon ami! Allons, marchez avec moi, je vous raconterais l'histoire mainte fois entendue de la sombre Kheled-zâram, et de la froide Kidil-nâla. Les chants et les gravures de ces fleuves hantent mon enfance, et mon cœur tremble de les revoir bientôt! N'avez-vous donc pas dans votre monde de telles légendes?

- Ah bien euh, si on compte le lac de Poudlard...

- Lac?

- Oui, on a des sirènes et un calamar géant et...

- Je veux entendre cette histoire, Ron Weasley!

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Le nain partit dans un rire qui réchauffa un court instant l'atmosphère. Ron prit cette bouffée d'oxygène et commença à tout déballer, et fut arrêté par Harry quand il avait voulu expliquer la fois où une sirène un peu trop entreprenante était venue quand ils se baignaient et avait fait des choses pas très catholiques devant eux.

Plus loin, Aragorn et Gandalf choisissaient le meilleur passage à emprunter, car bien que la route soit plus éclairée, elle serait certainement plus dangereuse.

Tout cela s'avéra vrai. Ils avaient enfin pu faire un feu lorsque des nuées de corbeaux hostiles se firent voir. Dès lors, les repas restèrent froids, et ils durent se cacher comme ils purent. Tout le monde eut de sa phrase de mécontentement, mais bon gré, mal gré ils devaient supporter. Plus les jours passaient, plus l'envie d'utiliser ne serait-ce que leurs balais était forte.

Après de longs jours de marche sans soleil -où Draco gagna vingt fois aux échecs contre trente cinq victoires de Ron en jouant de tête-, et des nuits courtes durant lesquelles les hurlements de loups se faisaient de plus en plus proches, il arrivèrent au pied de la montagne. Le sol était plus rocailleux, mais comportait plus de végétation. Il faisait beaucoup plus froid aussi et on s'attendait à ce qu'il neige à tout instant.

La montagne se dressait néanmoins devant eux, il leur faudrait passer de l'autre côté.

Alors le vieux mage prit la décision de passer par le col. Quel mal lui en prit! Chacun avait emporté un fagot de bois, et la neige s'était mise à tomber drue, glaçant l'air et les membres. Malheureusement leur précieux chargement ne serait à utiliser qu'en cas de vie ou de mort.

Plus ils avançaient, plus il y avait de neige. Sam n'en pouvait plus de souffler sur ses doigts presque bleus, et juste derrière lui, Draco avait pitié pour les pieds nus des Hobbits. Chaque seconde leur paraissait des heures, tout ce qu'ils touchaient les brulaient par le froid, et même si Aragorn, Gimli et Sirius ouvraient la marche à grands coups de brassées dans la neige, la plupart auraient vendu tout ce qu'ils avaient pour ne pas faire un pas de plus, tant chaque mouvement était douloureux.

Bientôt, dégager le terrain ne servit plus à rien il retombait autant de neige derrière les « ouvreurs » qu'avant leur passage.

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- Je me demande si c'est une manigance de l'ennemi. Après la trahison de Saroumane, peut-on s'attendre à ce que son bras se soit allongé? Jamais la neige ne tombe si drue à cette altitude, fit Aragorn.

- Son bras s'est allongé, fit Gandalf.

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Si Ron, Harry et Draco avaient d'abord pensé à jeter des sorts de chaleur sur les vêtements, bravant l'interdiction de Mithrandir, ils ne pouvaient à présent plus rien faire car leurs propres forces s'épuisaient. La tempête enfla brusquement, étouffant le chapelet de juron de Draco qui pensait qu'ils en chiaient déjà assez comme ça, et chacun devait se tenir pour avancer, les mains gelées ne se réchauffant même plus entre elles.

Même Aragorn trouvait dur de continuer, de sorte que Sirius s'énerva pour de bon (crachant la neige, beuglant son mécontentement) et chacun fut d'accord pour redescendre. L'animagus emmena Aragorn avec lui trouver un chemin pour contourner la montagne. Il était évident qu'à chaque mètre la neige tomberait bien plus.

Dès que la troupe s'arrêta, la tempête tomba. Chacun poussa la neige vers l'extérieur, et voyant que tout le monde avait la morve au nez, les membres gelés et n'étaient franchement pas en bon état, Gandalf alluma le petit bois, et autorisa les sorcier à user de magie de base s'ils en avaient la force. Il avait trahit leur présence, mais au point où ils en étaient, découragés et affamés, ce n'était plus un souci majeur.

Plusieurs heures s'écoulèrent tandis que Ron et Harry, reprenant des forces, séchaient magiquement les autres, le poney Bill compris, et se partageaient des restes qu'ils grillaient sur le feu. S'ils avaient su, ils auraient dit à Sirius de prendre le balai.

Les deux hommes revinrent : après de nombreux détours, ils avaient trouvé un passage dégagé. Ils purent se sécher et se réchauffer avant de repartir. Pour franchir la neige qui les entourait presque à hauteur de tête, Frodon et Sam grimpèrent sur les épaules des deux plus grands, tandis que Ron monta le poney avec Draco.

Enfin, Legolas porta Harry, malgré ses protestations comme quoi il n'était pas si petit que cela. Même si l'elfe avait une odeur à damner un saint. Même si le contact avec son dos était fabuleux...Le nain refusa toute aide, on ne vit que le haut de son casque passer çà et là, et quelques jurons quand il rencontrait un mur, mal orienté.

Les montagnes se dressèrent à nouveau devant eux, et ils durent prendre une décision.

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- Il y a un autre chemin, fit Gandalf, mais Aragorn voulait que l'on tente d'abord de passer par le col des montagnes avant cette option, et j'étais tout à fait en accord avec lui.

- Et quelle est-elle? Demanda Frodon.

- Les mines de la Moria, dit simplement le magicien.

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À ces mots, la plupart eurent des frissons. Seul Gimli semblait couver un feu dans ses yeux. Même les Hobbits, dans leur Comté, avaient entendu assez de malédictions pour se méfier de ces lieux.

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- Qu'est ce que la Moria ?

- Ce sont les mines des nains, Draco, répondit Aragorn. On raconte bien de mauvaises choses à leur propos. Les nains auraient creusé trop profondément en ces lieux, réveillant une bête sans nom. Mais nous n'avons pas réellement le choix, je le crains.

- Alors on a le choix entre les mines et les loups qu'on entend au loin?

- Oui Sirius, fit Legolas. Et ce ne sont pas de simples loups, ou je brise mon arc. Moi-même je ne veux pas entrer dans ces mines, mais je crains que ce ne soit pas une solution mais une obligation.

- On a vu pire Harry, hein? Avec l'autre siphonné, les trolls et les mangemorts, hein...

- Ouais... On a vu pire, alors allons-y.

- Mangemorts?

- Tu ne veux pas savoir Sam, crois moi, fit Ron en posant la main sur l'épaule du hobbit.

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Gandalf les fit marcher jusqu'au soir, et ils dormirent sur une petite colline, entourée de buissons, une racine de la montagne certainement, pour être en hauteur. Les hurlements des loups supposaient qu'ils n'étaient qu'à quelques centaines de mètres. On alluma un feu en ramassant le plus de bois possible sous les buissons alentours.

À peine une heure après le coucher, des bruits dans les fourrés et des hurlements bestiaux se firent entendre. Gandalf ainsi que tous les plus âgés se mirent en cercle, protégeant les jeunes hommes, et épièrent le moindre mouvement. Ils ne virent au début que des yeux jaunes perçant, nombreux, bougeant trop vite, ne permettant même pas de déterminer le nombre et la taille des adversaires.

Gandalf fronça les sourcils. Il reconnaissait là les tours de son ancien ami et confrère. C'étaient des bêtes bien réelles mais dirigées de la voix de Saroumane, lui prêtant leurs yeux et leurs oreilles. Frodon sentit un souffle chaud près de son oreille et Ron cru sentir la même chose sur sa jambe.

Il tenait sa baguette comme le fil de sa vie, se mordant les lèvres pour ne pas céder à la panique. Deux yeux jaunes le fixèrent alors, et se rapprochèrent dangereusement. Les veilleurs étaient déjà occupés à surveiller d'autres yeux, d'autres mouvements, et Ron ne parvenait pas à émettre le moindre son s'il ne lui était pas permis de crier. Le faire aurait déclenché une bataille dont il n'était pas certain que tous sortiraient entiers. La bête se rapprochait, il le savait, il était tétanisé. Et alors qu'à bout de nerfs il allait lancer un sort une main se posa sur la sienne, et il tourna la tête, faisant retomber toute tension.

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- Fais pas le con Weasley, chuchota Draco.

- Ouais... ouais, murmura Ron d'une voix suraiguë.

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Il regarda de nouveau vers la bête. Elle n'était plus là, même si la meute était toujours présente autour d'eux.

Les loups finirent par apparaître à la lumière de la lune, encerclant la compagnie.

Les bêtes étaient monstrueusement grandes. Entièrement noires, leurs gueules pouvaient facilement contenir un tronc humain. Leurs babines retroussées laissaient couler leur bave mêlée à du sang. Pas à pas, les bêtes se rapprochaient, aucune n'étant plus proche du groupe qu'une autre. Sur le dos d'un mâle immense, le chef de la meute, une main blanche était marquée à la peinture. Une longue seconde, l'animal planta ses orbes d'or dans les yeux de Gandalf. Et alors que le temps semblait en suspens, il détendit brusquement ses muscles et sans le moindre bruit, fit un bond gigantesque vers le groupe, suivit presque immédiatement par les autres.

Le silence assourdissant ne fut brisé que par le bruit écœurant des chairs déchirées par la flèche de Legolas. Gandalf en profita pour prendre son bâton qui sembla briller comme un soleil, et hurlant un ordre fit s'embraser la flore. Sirius et Draco lancèrent des sorts de bouclier tandis que Ron et Harry hurlaient des Expelliarmus à bout de souffle. Gimli se débattit à peine quelques secondes avec un des animaux qui avait pu passer la lame d'Aragorn et finit par lui trancher la tête d'un coup sec.

Sam, peu habitué à se battre, mais valeureux, avaient saisi les branches enflammées pour repousser l'ennemi alors que Frodon tenait la longe de Bill en tentant de le contenir. Après une lutte intense mais brève, la meute se dispersa, mais malgré les veilleurs, personne ne s'endormit tranquillement. Frodon espérait, en vain, que les grands animaux ne les poursuivraient pas jusqu'aux portes de la Moria.

Ils marchèrent plus vite le lendemain, sur un chemin raboteux les sorciers épuisés ne parvenaient même plus à user de magie. De temps à autre, une bête se faisait voir, trop lointaine pour être touchée, trop proche pour qu'on pense qu'elle ne les suivait pas. Seul Gimli précédait le groupe, motivé et pressé à l'idée d'arriver aux lieux dont il avait tant de fois rêvé, enfant.

Mais l'unique chose qu'ils virent quand le nain désigna les lieux de sa main furent un cours d'eau plat et visqueux, presque huileux, profond, qu'un éboulement de pierre entourait. Une grande route devait autrefois y mener, mais elle était à présent détruite. C'était pourtant bien là. Alors que jadis la rivière était vive et fraîche, rebondissant en cascades abondantes et claires, aujourd'hui seules quelques gouttes d'eau tombaient d'une large entaille dans les rochers. L'endroit semblait abriter la mort elle-même.

Ils gravirent rapidement les marches pour arriver au sommet, et constatèrent qu'un mur immense et infranchissable leur faisait face. Juste devant s'étendait un lac sans vie, sombre, dont la surface ne reflétait aucune lumière. Au delà, rien qui indiquât une quelconque porte.

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« Voilà les murs de la Moria, annonça Gandalf. Inutile de penser à traverser ces eaux pour atteindre la porte elfique, elles semblent malsaines. Nous devront faire le tour en grimpant par le chemin sous la montagne, mais la route est trop escarpée pour Bill. »

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La pauvre bête était en effet trop grosse pour passer et ce fut un déchirement pour Sam qui s'y était profondément attaché. Ils durent le laisser partir, et pour rassurer le Hobbit, Ron lui mit un sort de protection, afin que les loups ne puissent pas l'attraper.

Ils entreprirent de contourner les eaux sombres dont la surface était parfois troublée d'ondes, sans pour autant qu'une quelconque brise se fasse sentir. La bande était tout juste assez large pour les pieds et était encombrée de rochers, mais la compagnie pressait le pas pour parvenir à l'autre côté, à plusieurs centaines de mètres.

L'endroit qu'ils atteignirent était envahi de lierre et deux immenses colonnes semblaient sortir du mur de granit. Ils étaient arrivés aux portes, bien qu'elles ne soient pas visibles en elles-mêmes.

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- Autrefois cette porte était le lieu de passage marchand des nains. C'était il y a longtemps, en des temps plus heureux où l'amitié régnait même entre Nains et Elfes.

- Le déclin de cette amitié n'est pas de notre faute, dit Gimli.

- Je n'ai pas entendu dire que c'était du fait des elfes, répondit Legolas.

- Pourquoi ils parlent comme ça? Demanda doucement Harry à Frodon.

- Les nains ont toujours détesté le peuple elfe, c'est bien connu, répondit Legolas avec humeur.

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Le survivant rougit, ayant oublié l'espace d'un instant que ces deux êtres avaient une ouïe hors du commun.

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- Gimli et Legolas, je vous demanderais de cesser ces disputes et de m'aider. J'ai besoin de vous pour ouvrir cette porte.

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Durant de longues minutes, Legolas semblait écouter au travers de la porte, et Gimli tâtait certains endroits de sa hache. Rien ne se produisait. Les nains travaillaient si bien la pierre que rien n'indiquait la présence d'une ouverture.

Les membres de la troupe finirent par s'assoir près des portes, à plusieurs pas du lac, parlant de tout et de rien et soupirant de plus en plus. Gimli et Legolas rendirent les armes après plus d'une heure de recherche, pourtant Gandalf comptait beaucoup sur le nain des montagnes pour les aider à ouvrir ces portes. Dans un accès de désespoir, Gandalf autorisa les sorsiers à jeter un « alohomora » sur la porte, sans succès.

Le soir tombait lentement, et on décida de prendre un repas léger pour ne pas épuiser les provisions. À plusieurs reprises les membres de la communauté se dégourdirent les jambes. Aragorn avait presque intimé l'ordre de dresser le camp pour le soir quand la lune, cachée derrière un nuage fit son apparition.

Sous ses rayons, des lignes apparurent sur la pierre lisse, et se firent de plus en plus nettes au fur et à mesure que l'astre d'argent les éclairait.

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- « Les portes de Durïn, Seigneur de la Moria. Parlez ami, et entrez. » Était inscrit, et Gandalf avait traduit.

-Mais ça veut dire quoi? Demanda Ron.

- Si vous êtes un ami, répondit Gimli, il vous suffit de donner le mot de passe pour entrer. Mais à savoir lequel...

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Et ce fut l'attente. Gandalf parla plusieurs langues inconnues, fit des incantations du bout de son bâton, récita, échangea les mots, mais rien ne se produisait. Il finit par s'énerver et déchainer plusieurs sorts, mais rien n'y fit. Ce fut l'illumination quand Frodon demanda innocemment.

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- Comment dit-on ami en elfique?

- Mellon.

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Une sorte de déclic se fit entendre. À ce moment là, un peu plus loin dans l'eau, une onde se fraya un chemin à la surface grasse et opaque.

Alors qu'ils entraient dans la mine sombre, une puanteur sans égale entoura la compagnie. Ils virent avec horreur d'immondes tentacules verdâtres sortir de l'eau. Les sorciers eurent vite fait de la blesser avec des sorts de découpe, tandis que Legolas bombardait la bête de ses flèches.

Le monstre voulu attraper Frodon, mais Sam trancha sans aucune hésitation le membre visqueux. Sans même s'en rendre compte, ils avaient reculé dans la mine, et la bête monstrueuse avait violemment fermé les portes. Si ça, ce n'était pas un piège...

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- C'était ça, la bête réveillée par les nains?

- Je crains que non Sirius, dit Gandalf. Ce n'était que le comité d'accueil. Nous n'avons plus le choix à présent. Il va nous falloir traverser pour atteindre l'autre côté de la montagne.

- Merlin...

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Voyant Gandalf faire briller magiquement le bout de son bâton, les trois sorciers en profitèrent pour faire de même, rendant l'endroit moins effrayant. Mais le groupe resta tout de même, serré, sauf Gimli, enthousiaste, qui était devant, guidant la compagnie.

Peu de temps après, un large escalier se présenta à eux. Un long, douloureux et stupide escalier selon Ron qui aurait bien sortit son balai mais qui « ne pouvait pas parce que l'endroit n'était pas sûr ». Dès l'arrivée au sommet, Harry fit le pouce, et Frodon lui accorda que la faim était aussi présente. Le repas fut presque désagréable, la moindre morsure dans le pain se faisant entendre très distinctement.

Malgré la fatigue, ils étaient tous d'accord pour marcher jusqu'à épuisement, car dormir ici n'était vraiment pas une très bonne idée. Ils sentaient souvent un courant d'air, parfois de faibles rayons lumineux, les mines débouchant en maints endroits de la montagne, mais ils ne pouvaient s'y risquer, trop de pièges encadraient les sorties annexes, et bien souvent, ce n'étaient que des fentes à peines assez grandes pour laisser passer un vers de terre.

Aragorn fermait la marche avec Sirius, et sans même s'en rendre compte, Harry s'était mis aux côtés de Legolas, avec Sam. Ron était devant avec Frodon et Draco, juste derrière Gandalf et Gimli. L'endroit était sinistre, mais la chaleur de l'elfe rassurait Harry, et l'immortel ne semblait pas être gêné de la présence du Gryffondor à ses côtés.

Ils marchèrent en silence, passant sous des arches qui devaient bien faire plusieurs centaines de mètres de haut, et dans des salles immenses. Gandalf semblait trouver son chemin, et parfois Sirius lançait un sort de boussole pour lui, tandis que Gimli l'aidait par ses souvenirs.

Ils parvinrent à une salle où trônait un tombeau. Le tombeau de Balïn. Les nains avaient laissé un journal de bord qu'ils déchiffrèrent, mais les derniers mots étaient incompréhensibles et ils faisaient d'autant plus peur. Une bataille sanglante et difficile avait été racontée par Balïn lui même avant que ses hommes ne prennent le relais. De nombreuses écritures se suivaient, ils n'avaient plus de vivre, l'ennemi était trop nombreux, trop fort, et chaque fois, les tambours les précédaient.

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- Les tambours, prononça encore Gandalf. Mais qu'étaient-ils donc?

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Le texte continuait, expliquant l'état des lieux, mais s'arrêta après plusieurs écritures saccadés, et des taches de sang séché. Les derniers mots étaient illisibles. On laissa quelques minutes à Gimli pour se recueillir avant de partir de ce sinistre lieu. Gandalf prit le journal et le rangea avec respect dans sa besace.

La nuit devait être tombée depuis un moment quand, poussant la porte d'une petite pièce, le mage les invita à entrer pour se reposer quelques heures, aucun des adolescents et des Hobbits ne pouvant avancer plus.

Il leur fallut faire attention, car un puits très profond était au centre de la salle. Un poste de garde, selon Gimli. Ils se mirent en cercle autour du puits. Ron était le plus près de la porte, Harry à ses côtés, puis Legolas. Venaient ensuite Aragorn, Sirius, Frodon et Sam. Gandalf et Gimli veillaient et discutaient bas sur le chemin à suivre.

...

L'elfe dormait, le visage tourné vers Harry. Son souffle était presque inaudible, et c'était d'ailleurs bien la première fois que le Survivant voyait dormir l'un d'eux. Ses yeux semblaient être fait de douces amandes, ses cheveux de soie, sa bouche de satin. Ses oreilles, si particulières, étaient si belles, pensa l'élu. Il paraissait si paisible... Sa main, fine et gracile, pourtant si forte, reposait devant son cou, juste au dessus de l'autre, coincée sous ses côtes comme contre-balancier de son corps. Ses jambes se croisaient, longues et parfaites.

Harry l'avait observé de longues secondes, priant intérieurement pour que ses orbes bleues ne soient pas découvertes par ses paupières. Il se forçait à respirer normalement, pour que l'ouïe acérée de son vis à vis ne suspecte rien. Aimait-il l'elfe? Après tout, cela ne l'étonnait pas plus que cela. Pas après qu'il se soit surprit, durant les deux mois passés à Fondcombe, à reluquer le derrière si agréable de la gente immortelle. Surtout celui du prince en fait.

Mais il ne voulait pas d'une nuit. Legolas était un être pur et profondément bon. La main blanche comme le lait eut un très léger soubresaut. Il dormait réellement. Était-ce une folie? Harry ferma les yeux, déglutissant le plus silencieusement possible, et chercha à caler sa respiration sur celle du blond. Respirer le même air que lui, sentir les mêmes choses que lui…

La Moria lui sembla lointaine, et il se vit au milieu d'un vert pré baigné de soleil, allongé face à cet être si parfait. Le vent jouait dans ses cheveux, la lumière caressait son visage, et il avança la main, millimètre par millimètre, réduisant la distance qui la séparait de sa jumelle, de la peau qu'il n'avait que trop rarement touché. L'herbe grasse faisait de magnifiques vagues, ondoyant au même rythme que leurs souffles, et Harry avançait toujours le bras. Son cœur s'affola et doucement, il posa entièrement sa main sur celle de Legolas.

La réalité lui revint, mais il ne bougea pas un muscle, appréciant avec délice la sensation de la peau chaude sous la sienne. Il ne devait pas ouvrir les yeux car il savait, il sentait que l'elfe l'avait fait. Il gardait les siens fermés, conscient que ses orbes tournaient sans qu'il le veuille, faisant bouger ses paupières. Merlin, faites qu'il croit qu'il rêvait et qu'il avait bougé sans le vouloir. Mais pourquoi avoir osé? Il savait inconsciemment que le blond était bien trop rompu aux combats pour avoir le sommeil lourd. Mais il restait ainsi, et la main de Legolas ne bougeait pas, à son grand bonheur.

Un œil bleu en amande regardait celui qui lui faisait face avec un grand étonnement. Le jeune garçon avait les joues très rouges, le souffle un peu court, et il pouvait sentir son cœur battre bien plus vite qu'il ne le fallait sous sa peau. Rêvait-il encore? Le mal s'était-il emparé de son esprit? Ses pensées refusèrent de formuler une autre solution. Harry était la pureté même. Il laissa là sa main, si le Gryffondor l'avait prise, c'est qu'elle le rassurait, alors il lui donnait de bonne grâce. Il referma ses yeux, et dans un geste empli de douceur, lia ses doigts à ceux du Survivant, pour le rassurer dans son inconscience. Il sentit le cœur battre encore plus vite, et un fin sourire orna ses lèvres. Les humains étaient si étranges...

Le lendemain, ils furent réveillés par Gandalf. La lumière du jour étant cachée, on se fiait au mage pour les heures. Il n'y eut qu'Aragorn pour voir les doigts encore liés de Legolas, qui s'éveillait, et de Harry. Le Survivant bredouilla de pauvres excuses confuses en retirant sa main, et reçut un sourire de l'elfe.

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- Vous sembliez ne pas vous sentir bien. Je suis simplement heureux que ma présence vous ait apporté quelque réconfort.

- Merci.

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En se levant, Ron secoua légèrement son sac pour « tout faire tomber dans le fond » avant de le fermer. Mais avant qu'il ait pu réagir, une bille, un des seuls objets qu'il avait emporté en réalité, coincé dans un repli du sac dans lequel elle se baladait roula jusqu'au centre de la pièce. Et tomba.

Le roux haussa les épaules, se disant qu'après tout ce n'était qu'une boule de verre, imitant les autres qui prenaient leurs affaires quand le bruit d'un «plouf» amplifié des dizaines de fois raisonna dans la pièce.

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- Qu'est-ce que c'est? Fit Gandalf alarmé.

- Je... je suis désolé, c'est moi, une bille est tombée dans le trou.

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Le mage parut rassuré, et on entendit plus aucun écho quelques secondes plus tard. Les affaires prêtes, on mangea un morceau de pain de voyage pour faire le reste de la route d'un trait quand un son sourd se fit entendre, ainsi qu'un bruit qui leur glaça le sang.

Brrrron brrrrrron. L'écho renforçait le bruit et rendait difficile l'évaluation des distances qu'il y avait entre eux et cette chose. Des cors et des bruits stridents répondirent aux roulements de tambour.

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- Qu'est ce que c'est ? demanda Draco dans un lent murmure.

- Des tambours, répondit Gandalf en se levant prestement ainsi que le reste du groupe.

- Ils arrivent! Hurla Gimli

- Bloquez les portes, cria Aragorn.

- Non, s'écria Gandalf! Si nous nous laissons enfermer, nous sommes faits! Nous nous échapperons dès que possible!

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Les pas étaient tout proches, et Gandalf lança un jet de lumière à travers l'entrebâillement.

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- Il y a des orcs, des ourouks noirs et un troll.

- Je ne sais pas ce que sont les ourouks, je ne veux pas savoir ce que c'est, fit Ron la voix tremblante.

- Ron, Harry, Draco, ensemble. Les sorts seront plus puissants. Sectumsempra à tout bout de souffle. Ron tu fera les boucliers, c'est compris?

- Oui, souffla le roux.

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Sirius sortit son épée, pour se battre aux côtés d'Aragorn. Legolas avait bandé son arc, et on mit les deux Hobbits en arrière du groupe...

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La suite du combat bientôt! eh oui, je sais je suis sadique xD j'éspère quand même que vous avez aimé! à bientôt!