Bonjour !

Après dix mois, voilà la suite...J'ai été très occupée et je me suis concentrée sur d'autres projets, ayant laissé celui-là de côté, je suis désolée pour les lecteurs qui attendaient depuis tout ce temps et je remercie tous ceux qui ont follow ou fav !

Finalement, cette histoire se conclura en trois chapitres. Le suivant est donc le dernier !

Sinon, le premier chapitre mentionne que Seirin a des nouveaux joueurs, ce que je trouvais logique vu que Kagami et Kuroko sont en deuxième année, et j'ai donc inventé deux OCS dans ce chapitre, même s'ils n'interviennent pas directement.

Bonne lecture !


Ça faisait déjà deux semaines depuis la reprise des cours.

Les premiers effets se ressentaient de manière quelque peu pathétique chez Kuroko. En un mot : maladresse. Comme s'il ne savait pas quoi faire de son corps devenu trop grand, il tombait souvent, se cognait, et vacillait imperceptiblement lors d'efforts trop intenses, ou de grands gestes involontaires. Si au début, Kuroko en riait volontiers et essayait de faire de son mieux pour se contrôler, le fait que ce ne soit pas si évident et cette récurrence finissait par l'agacer. Kagami l'avait bien remarqué, il le taquinait à ce sujet assez souvent et s'était plus ou moins arrêté depuis une réponse plus froide que nécessaire du joueur fantôme. Le bleu n'avait vraiment pas pu s'empêcher de prendre la remarque à cœur. Lui qui avait toujours joui d'un self-control inné, était même devenu imbattable dans ce domaine, se trouvait lésé par sa propre gaucherie. Oh, c'était à prévoir, et il se doutait qu'il arriverait à s'en accommoder en travaillant sur lui-même. Se faire remarquer pour des pitreries n'était cependant pas ce qu'il escomptait.

Le pire, c'était au basket. Il peinait de plus en plus à suivre les entraînements à cause de ses pertes d'équilibres et des gros efforts musculaires qu'ils demandaient. Il s'en était déjà aperçu lors des entraînements solitaires qu'il effectuait durant ses vacances, mais il ne se doutait pas que son niveau avait chuté à ce point... En grandissant si vite, son corps n'avait pas suivi, et il lui faudrait se remplumer, car il flottait quasiment dans les vêtements qu'il avait acheté à sa nouvelle taille. Riko lui avait imposé un programme spécial afin qu'il puisse se renforcer, ainsi qu'un indicateur de ce qu'il devait manger histoire de réguler son poids sans s'engraisser pour autant. Cette poussée de croissance pour le moins inattendue et déroutante avait sévèrement perturbé son métabolisme et ses habitudes quotidiennes. Si, toujours, Kuroko restait positif en sachant que ce n'était que temporaire, qu'il finirait par tirer son épingle du jeu, il était inquiet pour la suite. Pour quand il serait habitué. Il serait plus grand, plus fort, un joueur comme les autres, enfin de compte. Il avait déjà failli perdre son statut d'ombre lors du match entre Rakuzan et Seirin.

Il avait peur que ça recommence.

Kagami n'était pas particulièrement inquiet à ce sujet, au contraire, il l'encourageait à s'entraîner pour dépasser ses propres limites, et en dépit de ses petites taquineries, Kuroko aimait savoir qu'il le soutenait. Cela dit, il n'avait pas parlé de ses craintes en profondeur, parce qu'il attendait encore de voir comment il allait s'adapter.

Le choix lui appartenait de transformer ce changement en aubaine ou en inconvénient.


Kuroko n'était pas tellement dans le délire « tu ne me touches plus, tu ne me regardes plus, tu ne m'aimes plus ? » pathétique et mièvre à souhait, mais le fait était que tous les facteurs étaient réunis pour qu'il se pose des questions. Une autre semaine s'était passée, et il s'en était aperçu. Kagami était moins démonstratif lorsqu'ils étaient seuls, il ne sentait plus son regard trainer sur son postérieur aux vestiaires, leurs contacts physiques étaient réduits. Concrètement, l'absence de contacts se justifiait parce qu'ils n'en avaient pas forcément l'occasion, et qu'en tant que couple d'hommes, ils ne pouvaient pas se permettre de s'embrasser ou se câliner aussi facilement que si l'un d'eux était une fille. Même pour les couples hétéros, les échanges amoureux devaient être discrets. C'était idiot, ce pourquoi pour une fois, Kuroko décidait de ne pas être direct car il avait sa fierté, et il ne voulait pas donner l'impression de se comporter comme une fillette. Il savait que ces pensées stupides étaient dues aux changements qui le perturbaient, son propre corps qui le perturbait, alors il les chassait, même si elles se faisaient persistantes et qu'il en était irrité en son for intérieur, lui toujours si calme et prompt à relativiser.

Ou du moins, la plus part du temps. Kuroko se connaissait, il savait la différence entre son apparence extérieure et son intérieur. Ses émotions sensibles le rendaient parfois impulsif, et sans qu'il soit leur esclave puisqu'il se gérait à la quasi perfection, il pouvait facilement être travaillé par une chose insignifiante qui retombait pourtant sur son cœur comme un soufflet.

Inutile de dire que s'il se reconnaissait un défaut, c'était bien celui-là.

Le fait était peut-être simple à résumer. Kuroko lui-même préférait son ancien physique. Sa taille relativement moyenne lui convenait. Bien que dans le milieu du basket, il put être considéré comme petit, il n'était pas pour autant minuscule et se débrouillait pour jouer. Ses amis et coéquipiers le dépassaient peut-être tous en taille, quoiqu'une nouvelle recrue de cette année était un garçon plus petit que son ancienne taille, mais il ne ressemblait pas à un enfant pour autant en comparaison, il ne fallait vraiment pas exagérer. Il avait gagné un avantage que tous joueurs comme lui auraient souhaité avoir comme par magie, mais il le handicapait plus qu'autre chose pour le moment. Au niveau de sa carrure, pareil, il était plutôt fin, mais il avait des muscles et ne ressemblait pas à une baguette, contrairement à maintenant. Assez ironique de se dire qu'il développait des complexes maintenant alors qu'auparavant, il n'en avait aucun, ayant su faire avec de toute manière.

Peut-être avait-il enfin de compte besoin d'entendre de la bouche de son petit-ami que tout allait bien et confronter ses craintes. Alors, ayant disparu pour réfléchir lors de la pause déjeuner, il s'en allait chercher Kagami avant que les cours ne reprennent, espérant l'inviter pour le week-end. Il le trouva sur le toit du lycée, seul. Le rouge dévorait son énorme sandwich qui attirait tant les foules à Seirin et son regard s'agrandit en le voyant. Ils se retrouvaient toujours là pour déjeuner habituellement, les autres venant parfois avec eux.

« T'étais où, Tetsuya ?

—J'avais besoin d'être un peu tranquille. »

Kagami fronça les sourcils.

« Y a quelque chose qui va pas ? T'as l'air bizarre en ce moment. »

Touché que Kagami s'en soit aperçu, Kuroko secoua la tête, mentant un peu, et proposa finalement, s'asseyant dos au grillage qui clôturait l'espace, à côté de son petit-ami.

« On pourrait se voir ce week-end, Taïga-kun ?

—Bien sûr, t'as qu'à venir chez moi. »

Kuroko acquiesça alors. Kagami lui demanda ensuite s'il avait mangé, lui proposant son sandwich et l'interrogeant sur le contenu de son bento –il trouvait qu'il ne mangeait vraiment pas assez, et maintenant qu'ils faisaient presque la même taille, il l'encourageait à manger au moins autant que lui. Ce que Kuroko ne pourrait jamais faire. Ils avaient discuté ensuite, de basket et d'autres choses, Kuroko se réjouissant de l'échange léger qui l'apaisait. Il avait hâte du week-end, et il espérait qu'il se rendrait compte que ses insécurités n'avaient pas de raison d'être. Quand la sonnerie retentit, ils retournèrent en classe, allèrent ensuite à l'entraînement. Tout se passa comme d'habitude, Kuroko essayant au mieux de s'ajuster à son nouveau gabarit et de performer ses techniques habituelles en dépit de ce qui le gênait. Il le sentait, il était proche d'y arriver, mais il lui faudrait encore du temps. Les résultats de l'InterHigh leur étaient parvenus, ils avaient été qualifiés, devant se maintenir au top pour la prochaine Winter Cup.

Les heures d'entraînements qu'il perdait à se remettre à niveau se voyaient soustraites à celles qui lui resteraient pour devenir meilleur…

C'était indéniablement frustrant, mais il n'avait pas d'autre choix. Au moins, Kagami progressait de jour en jour, ce qui compenserait dans leur duo. Quand bien même Kuroko n'aimait pas le fait que leur réussite dépende entièrement de son petit-ami, l'expérience leur avait montré qu'il fallait qu'ils soient tous deux capables individuellement, c'était au moins une garantie comme une autre de succès au cas où il ne serait pas parfaitement au point. Déterminé, Kuroko se promettait néanmoins qu'il le serait, quitte à s'entraîner un peu plus durement que ce qu'il fallait – Kuroko savait que trop forcer n'aiderait pas et risquerait d'avoir des conséquences néfastes, mais tant que ça restait quelque chose de gérable, il n'en mourrait pas. Il fallait d'abord qu'il rattrape les autres, comme si tout était à refaire.

Kuroko s'en mêlerait sûrement encore les pinceaux pendant un petit bout de temps, mais il était courageux, alors il se battrait.

Le week-end arrivé, il faisait toujours chaud. Le début du mois de septembre était aussi insupportable que le mois d'août. La chaleur faisait transpirer, fatiguait les muscles en cas d'activité, leur faisant brûler – littéralement – les calories, excepté que Kuroko devait en gagner. Le joueur fantôme était dépité, mais au milieu de ses petits soucis, il était enfin heureux de passer une soirée seul à seul avec Kagami. Ils regarderaient un match de basket à la télévision, ou un des films américains que Kagami aimait lui faire découvrir, Kuroko appréciant l'immersion culturelle, retrouveraient surtout une intimité de couple.

Après les cours, Kuroko était passé chez lui prendre quelques affaires, et il avait rejoint Kagami à son appartement. Le rouge lui avait ouvert, ils étaient partis s'installer sur son canapé, Kuroko ayant préalablement posé son sac dans la chambre du plus grand, avec une boisson fraîche. Kuroko avait essayé de convaincre son petit-ami de faire leurs devoirs maintenant afin d'être tranquille après l'entraînement du lendemain pour retourner jouer au basket sur le terrain dehors – ils avaient convenu qu'il ne repartirait que le dimanche matin. Bien entendu, le débat s'était éternisé sur le refus du dunkeur qui préférait, quant à lui, le faire au dernier moment parce qu'il n'y avait plus rien qui le distrairait de l'occupation de travailler. Kuroko était parfois désespéré de sa tendance à la fainéantise, mais son discours l'avait un peu amusé, il devait l'admettre.

Zappant, Kagami était tombé sur la rediffusion d'un match, et comme Kuroko avait vite été intéressé, ils n'avaient pas plus argué. Ils s'étaient mis à discuter de l'action, s'écartant parfois pour parler d'autres choses, et finalement, Kuroko avait fait glisser son corps près de celui de Kagami. Se laissant un peu tomber, il avait fait en sorte que sa tête se pose sur l'épaule du dunkeur, comme si de rien était. Kagami n'avait pas bronché, après tout, Kuroko faisait souvent ce genre de choses, avant. Sa tête avait répondue, se collant à la sienne. C'était le contact le plus long qu'ils avaient eu en l'espace de trois semaines, si on omettait quelques baisers, et Kuroko se rendait compte à quel point ça lui avait manqué. Il sourit. Sa main parcourut le cours chemin pour attraper celle de Kagami, qui reposait sur son genou.

Un peu hésitant, il lâcha :

« Taïga-kun…Est-ce que mon apparence te plait encore ? »

Kagami s'écarta, ruinant leur position, les sourcils froncés et l'incompréhension même s'affichant sur ses traits.

« Ben évidemment que oui, sois pas débile. Pourquoi tu me demandes ça ?

—Tu sembles distant et renfrogné, depuis que les cours ont repris. »

Ils se regardaient dans les yeux, Kuroko heureux d'exprimer finalement son insécurité. Kagami eut un soupir.

« Alors c'est ça que t'avais…

—Entre autre. »

Par-là, Kuroko avouait à demi-mots qu'il y avait plus, mais ils en parleraient plus tard. Le plus grand appuya sur l'interrupteur de la télécommande, l'écran de télé devenant noir.

« Écoute, si t'avais pris quelques centimètres de plus t'aurais été plus grand que moi…ça me choque un peu, c'est normal, faut le temps que je m'habitue.

—Oui.

—Viens par là. »

Kagami ouvrit les bras et Kuroko s'y glissa. Leurs chaleurs se mêlèrent agréablement, s'ajoutant à celle ressentie dans l'atmosphère. Kagami se plaignit que comme celui de juillet et d'août, le soleil de septembre était un cagnard d'enfer, Kuroko corrigeant qu'il était un énergumène excité, Kagami reportant le jeu en le nommant plus généralement 'salopard'. Ils s'allongèrent pourtant sans changer leur position, le ventre de Kuroko collé à celui de Kagami alors qu'il était au-dessus de lui, entre ses bras. Puis, attrapant les fesses de Kuroko à pleine main, Kagami pencha sa tête de manière à chuchoter à l'oreille du corps qui venait de sursauter durement contre le sien :

« Ton physique me gêne pas du tout. T'es grave bandant.

—J'aime quand Taïga-kun est comme ça. »

Puisque Kuroko ne s'en offusquait pas, Kagami saisit l'occasion de les entraîner dans une séance d'exercice qui, à coup sûr, ne manquerait pas de les ravir. Quelques minutes plus tard, la chambre du petit appartement était animée par des bruits mouillés de salive et des gémissements lascifs. Kuroko et Kagami s'embrassaient à pleine bouche, souffles courts et joues roses, torses transpirants, ayant bien profité de rattraper le temps perdu pour ce qu'ils n'avaient pas fait pendant un bon moment. Des soupirs rieurs, légers, ponctuaient leurs embrassades.

« Tu n'étais pas obligé de vérifier les changements de chaque part de mon corps.

—T'étais pas obligé de me plaquer sur le lit comme un sauvage.

—Je n'en avais simplement pas fini avec toi. Tu as bien aimé ce qui s'est produit ensuite, si je ne me trompe pas ?

—En tout cas, c'pas ton caractère qui a pas changé, Tetsuya, j'ai pas de souci à me faire là-dessus.

—Je dois m'en vexer ?

—Peut-être. »

Ils se lorgnèrent, des lueurs taquines aux coins des yeux. Puis, front contre front, nez contre nez, finirent par bouger leurs têtes sous un angle idéal au baiser qu'ils échangèrent. Leurs yeux mi-clos et leurs joues rosies par l'amusement leur firent adopter l'expression de torpeur caractéristique de la complicité d'un couple.

Ce que Kagami appréciait de la grandeur de Kuroko, c'est qu'elle leur facilitait la tâche pour les baisers. Quand bien même il trouvait mignon de devoir se pencher pour attraper les lèvres de son petit-ami, il le reconnaissait, quand les contacts s'approfondissaient, tout aussi bien que pour les rapports intimes où leurs lèvres se cherchaient fiévreusement, ça faisait peut-être un peu moins mal au dos. L'image attendrissante se sacrifiait au profit du confort pratique, et ce n'était ni une bonne ni une mauvaise chose. C'était, tout simplement.

Puis, avec vingt centimètres en plus ou en moins, Kuroko était son petit-ami. Il ne l'aimait pas pour sa taille. Il parvenait cependant à comprendre que son ombre puisse être perturbé à cause de ça, surtout que Kagami savait qu'il n'était pas toujours très fin, mais il espérait bien avoir prouvé à Kuroko que son désir pour lui était toujours bien vivant.


Genoux fléchis, yeux vifs, Kuroko guettait la balle. L'équipe de Seirin était divisée en deux pour un entraînement, et son équipe se trouvait constituée des autres deuxièmes années. Ils jouaient contre les deux premières années, Nakamura et Itô, plus trois des troisièmes années, Koganei, Izuki, et Hyuuga. Riko ayant fait ainsi pour qu'il n'y ait pas un trop grand écart de niveau et que les nouveaux aient une chance contre eux, étant donné que certains des deuxièmes années n'étaient pas des joueurs réguliers l'année passée. Kuroko se concentrait, réflexes au top de leur acuité. Il avait travaillé comme un fou pour les remettre en marche lors des dernières semaines. Ses dernières pesées révélaient qu'il commençait à prendre du poids, à peine, mais il allait bientôt atteindre un chiffre correct pour sa taille et pour un sportif.

Les actions se déroulaient comme au ralenti. Le panneau d'affichage du temps restant avant la fin du premier quart-temps. Les joueurs qui courraient sur le terrain, les semelles qui crissaient, l'œil observateur de Riko derrière la ligne du terrain.

Le ballon qui passait de main en main, dans sa direction.

Cette fois-ci, il arriverait à la faire, sa passe. Il fallait qu'il y parvienne.

L'un des premières années dribbla à ses côtés, Kuroko s'avança pour défendre, pas ce qu'il faisait d'habitude en tant que joueur fantôme, mais étant donné qu'il ne pouvait plus jouer comme avant, il essayait d'être utile sur le terrain, l'autre sursautant en le voyant brusquement devant lui, comme s'il faisait l'effet d'être infranchissable. C'était sûrement le cas. Depuis sa poussée de croissance, il paraissait plus intimidant et c'était nouveau pour lui. Effrayer par sa présence, il en était habitué, mais pas d'être imposant dans la foulée. Cela n'amoindrissait pas ses réflexes pour autant. D'un coup de main habile, il déroba la balle, effectua un dribble pour s'éloigner, et balle en main, l'envoyant en direction de Furihata, prêt à recevoir, dans une passe classique.

Ce n'était pas encore le moment, mais à la première balle perdue ou filante, ce serait à lui de prendre les choses en main.

Tout se passa vite. Furihata perdit la balle, et Kuroko réagit avant que Hyuuga ne puisse la prendre. Sa paume fut puissance, elle épousa le ballon avant de le rejeter en une simulation d'un divorce violent. Le ballon fusa en direction de Kagami. Le dunkeur l'attrapa, courut, dribblant, passant Izuki et Koganei qui essayèrent de le bloquer en vain par sa force de brute, et marqua. Un dunk. Ils étaient les premiers à mettre un panier durant ce match d'entraînement. Comme ils disputaient ce match entre personnes de la même équipe, il n'y eut aucune étrangeté à ce que tous poussent la même exclamation de joie en regardant Kuroko, créant un temps mort dans le jeu.

Il l'avait finalement fait. La tension s'évacuait de ses épaules, Kuroko réalisa combien il avait été nerveux. Tout ce qu'il pouvait faire était de sourire, béat, heureux d'avoir exécuté son mouvement sans s'écrouler, sans temps de réaction différé dû à ses muscles qui rechignaient. Tout marchait comme avant. Une grande claque dans le dos le fit presque partir embrasser le sol, freinant un peu l'explosion de joie interne qui le frappait.

« J'étais sûr que tu pourrais le faire, Tetsuya. T'es le meilleur. »

Kuroko en aurait presque souri sous le plaisir d'entendre un compliment si direct de sa lumière. Il se contenta de planter ses yeux bleus dans ceux rouges de Kagami.

« Merci, Taïga-kun. Faisons de notre mieux pour ce match.

—Ouais ! »

Ils avaient fait se cogner leur poings l'un contre l'autre, l'enthousiasme les prenant aux tripes. Le match avait repris, devenant serré, et chacun jouait au maximum de ses capacités. Les premières années et ceux qui n'étaient pas très habitués à jouer commettaient quelques fautes, mais Riko les sermonnait allégrement et ça finissait par rentrer. Finalement, l'équipe de Kuroko et Kagami avait gagné ce match d'entraînement, mais ça ne voulait pas dire que le bleu se reposait sur ses lauriers. C'était plus de la chance, qui était avec lui aujourd'hui, qu'autre chose.

Kuroko était quand même fier. Il lui avait fallu un mois pour s'adapter aux changements de son corps et se remettre à jouer comme il le faisait toujours. Ça pouvait sembler beaucoup pour un joueur qui pratiquait énormément et était même régulier lors des matchs, mais sachant que ce même joueur était passé d'un mètre soixante-huit à un mètre quatre-vingt-huit en un mois, qu'il avait été relativement amaigri, c'était une évolution naturelle. La période laborieuse était derrière lui et il trouverait forcément de quoi étoffer ses capacités, pour les adapter avec sa taille. Un frisson d'excitation le parcourait à cette pensée. Il allait pouvoir s'améliorer, et être un tout nouveau genre d'ombre. Même avec sa taille, Kuroko ne se considérait pas autrement. Il était et resterait l'ombre de Kagami.

Le rouge et lui avaient pris leur temps aux vestiaires, une fois l'entraînement et le bilan du Coach terminés. Attendant patiemment que tous les autres soient partis pour s'embrasser éperdument contre un casier, les mains courant sur les hanches et dans les cheveux, les langues dansant ensemble et l'air en perdition. C'était un moyen comme un autre de célébrer leur victoire, et Kuroko en était joyeux. Quelque part, il regrettait toujours le fait qu'il ait grandi, parce que si sa taille lui avait mis des barrières, il les avait dépassées et y était habitué, mais il s'y ferait.

Avec une Ignite Pass digne de ce nom, le joueur fantôme de Seirin faisait son grand retour.


Vous aurez noté le petit jeu de mot de la fin :').

Kuroko a pas mal pataugé mais il a l'opportunité de devenir meilleur, vous verrez dans le dernier chapitre comment il va l'utiliser !

L'histoire est cette fois-ci terminée dans mes dossiers, donc le prochain ne devrait pas mettre longtemps à arriver comme il a juste besoin d'être retravaillé !

Reviews ? N'hésitez pas si vous avez un commentaire quelconque, ça rendra une auteure heureuse !

Merci d'avoir lu !