Bonjour bonjour! Bon cette semaine c'est assez spécial: Nella m'a corrigée en direct live du coup pas de délires, et vu que j'ai écrit le chapitre hier, pas de délires de Mokhan : / désolée pour ça, mais bon au moins vous avez le chapitre xD Merci mes betas!

Merci à vous chers lecteurs!


ENJOY!


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Chapitre XV / La terre de Rohan

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Merry ouvrit un œil, puis l'autre. Les bêtes qui les gardaient avaient fait une courte pause, et ce malgré le fait qu'ils se sentent suivis. La tête du hobbit tournait toujours plus, ses poignets étaient en feu, harnaché comme il l'était au cou d'un orque puant, il ne parvenait plus à penser. Quant à Pippin, il semblait anéanti.

Boromir s'était sacrifié pour leur survie, et ils n'avaient même pas pu fuir. Ils étaient partis de Fondcombe après avoir fait leurs adieux à Bilbon et Hermione, et avaient remercié les elfes pour leur hospitalité, en particulier Elrond. Leurs maigres bagages, constitués de quelques breloques qu'ils avaient dans leurs poches, avaient été renfloués par des vêtements et des vivres aimablement donnés par le seigneur elfe. Pour le voyage, chacun avait hérité d'une monture, d'une dague longue et d'une cape doublée qui déviait les coups légers car, bien que la route ne soit pas celle du Mordor, ils étaient presque certains de rencontrer des ennemis. À la croisée de leurs chemins, ils devaient continuer seuls, à dos de cheval au moins jusqu'à Bree où le maître d'hôte Poiredebeurré les accueillerait.

Leur route en compagnie du seigneur et de huit de ses hommes dura deux jours entiers avant qu'un groupe de gobelins ne leur tombe dessus. Aglaro (1), elfe guerrier sous le commandement de Boromir pour le voyage, était de garde cette nuit là, mais il n'eut pas le temps de prévenir ses compagnons. Alors qu'il se levait pour sonner l'alerte, il reçut une flèche tirée de plusieurs mètres de là en pleine gorge. Les gobelins n'eurent plus qu'à envahir le petit camp où dormaient les guerriers. Même s'ils s'étaient levés aux premiers bruits, ils n'eurent quand même que peu de marge, et ils durent se démener pour parvenir à s'en sortir entiers.

Les gobelins furent tués, mais au prix de la vie de quatre hommes de plus. Ils pensaient alors faire la route d'une seule traite pour tenter de semer leurs ennemis qui ne se résumaient certainement pas à un groupe isolé de gobelins, mais le destin les prit de court. Une autre horde plus nombreuse les attendait une centaine de mètre plus loin, en pleine forme, ayant patiemment attendu, cachés dans la forêt proche, que leurs camarades soient tués pour tomber sur le petit groupe. Les trois derniers combattant luttèrent aux côtés du fils de l'intendant durant de nombreuses heures, laissant Merry et Pippin au centre de leur cercle de bataille pour qu'ils soient protégés et les aident du mieux qu'ils pouvaient de leur dague.

Ils étaient parvenus à décimer une grande partie des gobelins, et la lueur d'un espoir leur était permis pour qu'ils s'en sortent vivants et arrivent sains et saufs sur la terre des hommes. Mais toute possibilité de fuir s'estompa quand les orques arrivèrent. Les uns après les autres, les hommes tombèrent, et Boromir, avisant les semis hommes, décida que si lui ne pourrait leur échapper, les Hobbits pourraient au moins tenter de courir dans les bois et se cacher. Il lutta vaillamment contre la troupe entière, hurlant aux deux semi-hommes de fuir, mais c'était déjà trop tard.

Alors qu'il tombait entouré d'ennemis et d'amis morts, il vit Merry et Pippin enlevés sous ses yeux agrandis d'effroi. Sans même un regard pour l'homme agonisant au sol, les orques et les gobelins partirent, ignorant le son puissant du dernier souffle de Boromir à travers son cor.

Les deux Hobbits hurlèrent leur rage et leur désespoir face à la mort qui avait tenté de sauver leur vie en vain. On les emmena, on les porta comme de vulgaires paquets ficelés tout le jour, ne se souciant nullement de leurs cris et pleurs. Ils finirent affamés, assoiffés et l'esprit vidé de toute pensée d'espoir. Ils ne s'éveillèrent à la réalité que lorsqu'un groupe d'autres orques vint à leur rencontre accompagnés de gobelins et d'Uruk-hai, des orques bien plus grands et plus ressemblants aux humains. Ils avaient une main blanche sur leurs armures mais ce qui était certain, c'est qu'ils étaient plus nombreux et plus forts.

Merry et Pippin, trop épuisés, n'avaient trouvé aucun moyen de fuir à cet instant, incapable même de ramper sur le sol où on les avait jetés. Du sang, beaucoup de sang fut versé avant qu'ils ne se sentent à nouveau portés contre une peau puante et verdâtre. Merry se sentit sombrer dans l'inconscience à cet instant.

Il se réveilla brusquement quand on le descendit sans ménagement et qu'on lui enfonça une fiole dans la bouche. Un liquide immonde descendit dans son estomac, et lui brula tout l'intérieur du ventre. C'était une sorte d'eau de vie malsaine que prenaient ces créatures pour ne pas avoir à manger, et rester fortes. On leur en donnait deux à trois fois par jour, selon les pauses.

Il tourna la tête, et vit qu'on avait maintenu la tête de son ami en arrière, lèvres scellées pour ne pas qu'il régurgite. Son cœur se serra, mais il ne put parler. Le faire aurait engendré une punition très douloureuse. Et encore, ceux-là étaient bien plus laxistes que ceux qu'ils avaient eu juste avant.

Allongé sur le ventre, pieds et poings liés, il ne pouvait que ramper s'il voulait atteindre son compagnon. Il commença une lente retraite vers la pierre contre laquelle on avait posé Pippin, et sentit une douleur sourde sur sa jambe. Il se retourna comme il put, hurlant, et vit qu'un gobelin avait décidé de faire de lui son repas. Il avait commencé à trancher dans la chair de son mollet, et se foutait que le prisonnier crie ou se débatte: il avait faim.

Le chef, une Uruk-Hai, bien plus grand et plus fort que ceux qui les avaient enlevé en premier lieu, intervint rapidement et agrippa le fautif par le cou. Merry, la jambe trop douloureuse, ne prêta pas attention et se concentra sur son meilleur ami. Il lui fallait le rejoindre, il en avait l'intime conviction. Il s'arracha les genoux tandis que le règlement de compte prenait bien plus d'ampleur. Arrivé à la hauteur de son compagnon, il découvrit que celui-ci était assez amoché pour avoir à lutter contre l'inconscience qui menaçait de le prendre.

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− Pippin... commença à murmurer l'autre. Pippin!

− Mmh...

− Pippin...

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Un couteau atterrit non loin d'eux, plein de sang. Le couteau du gobelin. Pour le coup, le hobbit blond se réveilla tout à fait. Après un moment qui leur parut des heures, ils purent se tortiller, évitant de regarder les cadavres de gobelins éventrés, encore moins leurs semblables qui semblaient y avoir goûté mais qui, prit d'un instinct incontrôlable de guerre continuaient de se battre sans les voir. Ils prirent l'arme, et après quelques efforts, se libérèrent. Par prudence, ils restèrent à plat ventre, prirent le manteau d'une des créatures tombées au sol et rampèrent jusqu'à la forêt proche.

L'odeur écœurante de la bête ne fut rien comparée au sentiment de délivrance qui s'ensuivit quand ils jetèrent l'affreuse chose au loin pour partir en courant du plus vite qu'ils le pouvaient, se soutenant l'un l'autre.

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On avait d'abord voulu que Sirius et Ron partent à balais pour retrouver Hermione au plus vite, mais séparer le groupe n'était pas une bonne idée. Ils devaient rester ensemble, mais avec Harry trop faible, impossible de prendre un transport plus rapide. Aragorn conduisit le groupe durant plusieurs jours à travers les plaines, sachant parfaitement où il devait aller, ils couraient presque. Au début, Harry trop faible se faisait porter par son balai, soutenu par la magie de Draco.

Son mental en avait prit un grand coup, il lui semblait fuir son destin d'une manière pitoyable. Mais il n'avait pas le choix, et chaque jour, Legolas restait près de lui pour lui prouver que chaque chose avait sa place, et que la sienne était aux côtés du groupe, à combattre. La prophétie ne pouvait pas mentir, il rencontrerait le Lord tôt ou tard.

Chacun suivit du mieux qu'il put, serrant les dents pour ne pas flancher, ne pas être celui qui les ralentirait, et gardait son mal pour l'étouffer contre son poing, le soir lorsqu'ils se permettaient de dormir. Ron était auprès de Harry, l'aidant de son mieux malgré les faibles protestations du Survivant qui se sentait comme une faible chose.

Chaque jour devenait plus ardu que le précédent mais leur force résidait dans leur amitié. Hermione était blessée quelque part et avait besoin d'eux.

La jeune femme était partie avec Rhîwanor, faisant la route d'une seule traite jusqu'à la croisée des chemins, poussant son balai à une vitesse que la sorcière n'aurait jamais atteinte si cela n'avait pas impliqué plusieurs vies. Elles volèrent ainsi tout le jour, dépassant les elfes partis à la recherche des Hobbits en début de matinée, et arrivèrent au point de croisée une fois la nuit tombée, se posant au milieu d'un champ de bataille sanglant.

Épuisées, elles parlaient peu, et rationnaient leurs vivres. Elle alluma sa baguette et Rhîwanor l'aida en cherchant le moindre des indices. Elles restèrent la de longues heures, cherchant sous les cadavres de gobelins et d'orques quelque chose qui leur permettrait d'attester de la survie des deux semi-hommes. Après avoir trouvé cinq des frères de Rhîwanor, elles décidèrent de les enterrer et de marquer une pause de quelques heures, car bien que le temps presse, elles risquaient beaucoup plus en continuant si elles étaient trop épuisées.

L'aube pointait sur les cinq tertres qu'avaient fabriqué les deux jeunes femmes quand elles partirent, suivant quelques traces de sang dans une plaine herbeuse. Elles étaient facilement repérables, et le balai fit encore son office.

Une bonne heure plus tard, le carnage recommençait, et elles durcirent leurs esprits pour faire face à l'amoncellement des corps. Elles virent Boromir et trois autres elfes au milieu d'un cercle d'orques et de gobelins, gisants, l'épée encore au poing. Hermione creusa de nouveau la terre de quelques sorts pour ces braves tombés au combat, consciente que les vivants avaient bien plus besoin d'elle. Mais elle ne pouvait se résoudre à abandonner ces hommes comme du gibier laissé en pâture aux charognards.

Elles firent de leur mieux pour laver leurs visages, fermer leurs yeux et les mettre en terre. Malgré la mort et le sang, ils avaient gardé une stature noble, empreinte d'une beauté irréelle. Ils avaient un air serein, et une force se dégageait de leurs traits. Hermione les fit léviter pour les mettre en terre, leurs armes croisées sur leurs poitrines, et elles recouvrirent les corps.

La sorcière fit léviter les orques et les gobelins en tas et lança un sortilège de feu magique. Les corps brûlèrent en laissant échapper une odeur écœurante.

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− Ne restons pas ici à nous asphyxier, demoiselle Hermione. Ils brûleront, c'est certain. Allons retrouver Merriadoc et Perrigrin, ils ont besoin de nous.

− Tu as raison, dit Hermione. Mais il faudra trouver leur piste.

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Elles reprirent leurs recherches, remerciant le ciel que l'herbe fut haute car elle avait été foulée par de nombreux individus en direction de l'ouest. Les hobbits n'étant pas morts, elles espérèrent que les orques les avaient emmenés avec eux, où qu'ils s'étaient enfuis. Mais la seule voie qu'ils avaient étant ce chemin à peine visible, elles l'empruntèrent.

Pourtant, au fur et à mesure du voyage, elle devenait plus incertaine. L'herbe faisait de plus en plus place à la pierre, mais elles avaient pris la direction de l'ouest, et estimaient qu'elles devaient continuer ainsi un long moment.

Ce ne fut qu'après une courte nuit de repos qu'elles reprirent leur voyage, comptant beaucoup sur la chance et leurs estimations. L'herbe revenait en abondance, mais aucune trace n'était plus visible à présent. Elles gardèrent le cap vers l'ouest cependant, chacune ayant presque perdu tout espoir mais n'osant le dire tout haut de peur que cela ne devienne réel. Au bout de longues heures, laissant le balai filer à grande vitesse, elles aperçurent la forêt d'Entalluve, selon la carte d'Hermione. Et ce qu'elles virent aiguisèrent leur curiosité et regonfla leurs cœurs : la piste était juste sous leurs yeux. Des corps de Gobelins et d'orques. Encore.

Elles descendirent et se remirent à fouiller dans le charnier à ciel ouvert pour la troisième fois en moins de quarante-huit heures, sans s'en soucier du sang puant et noir qui maculait leurs vêtements, soulevant les membres parfois à moitié dévorés par leurs propres congénères, et ne trouvèrent aucune trace des Hobbits. Mais c'était plutôt une bonne nouvelle.

Le cœur plus léger, elles s'apprêtaient à repartir quand la sorcière entendit un craquement magique trop caractéristique pour ne pas être identifié et sentit une douleur intense dans l'omoplate, la faisant tomber au sol en hurlant. Elles eurent tout juste le temps de se retourner pour voir d'où venait le coup. Un gobelin était arrivé par transplanage une dizaine de mètres derrière les deux jeunes femmes et avait profité de leur manque d'attention pour tirer sa flèche. Tout de suite après, l'arc disparut dans une sorte de voile de fumée. L'elfe prit immédiatement une lame sur le sol et s'élança sur l'immonde créature qui sortit une épée courte.

Elle hurla, évita plusieurs coups de lame et planta le fer au milieu de la cage thoracique, poussant de toutes ses forces, brisant les os et atteignant le cœur, couvrant ses mains de sang.

Elle se releva, tremblante, mais son visage avait changé. Rhîwanor n'avait jamais donné la mort auparavant et respectait toute forme de vie. Mais une nature profonde qu'elle ne connaissait pas avait pris le dessus pour protéger ce en quoi elle croyait, passant outre ses convictions. Le monde de ses pensées mélangea le noir et le blanc pour donner plusieurs nuances de gris et elle releva les yeux, déterminée, et plus forte que jamais.

Elle retourna vers Hermione avec un air incroyablement calme, et aida la jeune femme à se caler contre un arbre. Elle lui fit respirer profondément, observant la flèche, conique, fichée juste sous l'omoplate droite. Fort heureusement, l'os n'était pas brisé, juste éraflé il serait plus simple de le réparer. Rhîwanor l'arracha d'un seul coup sous le hurlement de douleur de la sorcière.

Elle prit un linge dans un des sacs pour éponger le sang mais ses mains stoppèrent net quand elle regarda la veinules verdâtres partaient du centre et se propageaient vers la peau alentour.

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− Demoiselle Hermione… La blessure est empoisonnée. Tout votre corps va s'infecter si nous ne faisons rien.

− Est-ce que... est-ce que ça va... vite? La sorcière ne respirait qu'à grandes difficultés, le visage baigné de larmes, les poings serrés sur les pans de sa cape.

− Oui.

− Alors... On n'a plus beaucoup... de temps. Il faut prévenir... les autres. On peut... difficilement continuer seules. Ils ont... la magie avec eux. Les ENFOIRÉS ! hurla-t-elle.

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Rhîwanor s'occupa de longues heures de sa protégée, usant de tout son savoir pour la soulager, l'obligeant à dormir quelques heures à l'aide d'un breuvage le temps qu'elle recouse et lave la plaie. Les veinules avaient quelque peu disparues, mais le poison continuait de s'insinuer. S'il n'y en avait pas beaucoup, Hermione souffrait deux fois plus qu'une personne « normale ».

Elle avait tant protégé son enfant que celui-ci usait de toute la force de sa mère pour ne pas être atteint du poison. Hermione s'affaiblissait deux fois plus vite. Lorsque la sorcière s'endormit enfin, le front couvert de sueur, Rhîwanor la porta jusque dans la forêt, à l'abri des regards ennemis, près d'une rivière qui coulait à quelques dizaines de mètres de leur point d'arrivée.

L'eau était pure et vive, et l'elfe trouva de nombreuses plantes qui apaisèrent la jeune femme. Hermione ne se réveilla que plus tard dans la soirée, regardant d'un œil plein de reconnaissance son amie qui avait organisé leur campement et fait du feu. Elle trouva la force de faire un Patronus, lui délivra un message, et vidée de sa force, sombra de nouveau dans l'inconscience.

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De nouveaux messages arrivaient chaque jour, et il faisait de son mieux pour gérer au mieux l'armée qu'il avait menée jusque là. Ils étaient arrivés il y avait déjà plusieurs mois, mais les hommes, ces êtres faibles et sans volonté, les empêchaient d'agir. Des troupes de gobelins et d'orques, parfois accompagnés de trolls, surgissaient de manière irrégulière et plusieurs de ses guerriers avaient déjà perdu la vie.

L'intendant du Gondor restait dans sa chambre à se morfondre et à rejeter chacun des soucis du royaume sur son fils Faramir. Glorfindel ne pouvait rien contre cela. Il n'était pas le dirigeant de cette cité d'hommes et ne pouvait qu'apporter son aide à la défense de la cité. Simplement, ses hommes partaient toujours combattre pour la survie, non pour réellement décourager l'ennemi, et plus le temps passait, plus le moral des troupes baissait.

Il avait déjà obtenu audience auprès de l'intendant, par trois fois. Chacune de ses tentatives d'ouvrir les yeux du noble s'étaient soldées par un échec, l'intendant refusant de suivre les conseils d'un immortel ayant vécu bien plus de guerres qu'il n'aurait pu en voir de toute sa vie. Par trois fois, il avait voulu laisser ces hommes à leur sort, mais chaque fois, il songeait au peuple qui, lui, ne pouvait que suivre son dirigeant, n'ayant aucune réelle idée de ce qui se passait au cœur de la cité.

Ils avaient d'abord eu pour tout logis une auberge que l'on avait réquisitionnée pour eux, fermée, fruste, triste et froide. Le patron était aimable, sans plus. Sa femme, méfiante, médisant sur les moindres gestes des guerriers à son mari, et ne leur disait pas un mot. Ils étaient partis au bout d'une semaine, ignorant les remarques acerbes de ceux qu'ils protégeaient, préférant de loin dormir à la belle étoile, dans la forêt avoisinante. À présent ils étaient fatigués et attendaient un signe, un message d'Elrond lui-même pour faire peser la balance du côté du Bien.

L'immortel s'allongea dans sa couche, le cœur lourd, épuisé moralement. Ce n'étaient pas tant les batailles qu'il craignait, mais la décision proche de l'intendant de les renvoyer, et ainsi condamner tous les hommes à une mort certaine. Il ferma les yeux, sentant qu'il allait s'épancher sur un problème pour lequel il n'avait pas de solution, et s'éloigna de ces terres désolées d'une pensée. Arda lui apparut dans toute la splendeur de sa diversité, les froides terres du nord, les forêts fortes et belles, les montagnes éternelles, les vastes steppes habitées de hordes d'animaux sauvages... Elle.

Son visage lui revenait de plus en plus souvent, sa chaleur, ses bras qui tremblaient un peu quand elle avait enserré sa taille. Sa voix, douce, craintive et mêlée d'une pointe d'espoir alors qu'elle lui disait Adieu à sa manière. Il aurait voulu lui dire... mais peut-être n'aurait-elle pas compris alors son ressenti. Le contexte ne pouvait lui permettre de lui donner un quelconque espoir, de lui faire miroiter une prochaine rencontre. Il revit ses grands yeux chocolat, ses sourcils froncés par l'angoisse, ses lèvres rougies d'avoir été mordues. De qui se moquait-il? Il se mentait à lui-même.

Mais elle était humaine. Une goutte d'eau dans l'océan de son existence. Un passage qu'elle seule vivrait jusqu'au bout tandis qu'il périrait de tristesse s'il se laissait aller à avouer ses sentiments. Mais on ne pouvait rien y faire, il se savait. Il haïssait souvent ce peuple éphémère, autant qu'il l'aimait. Il savait aussi que s'il la revoyait, il ne pourrait lui cacher ce qu'il avait au plus profond de lui-même, qu'il accepterait, qu'il prendrait chaque seconde comme le présent le plus précieux... et qu'il les rendrait dans autant de larmes lorsqu'elle ne serait plus. Les elfes étaient forts, sages et immortels. Mais cela, ils le payaient par un cœur plus fragile que le plus fin des cristaux.

Il se retourna, il savait qu'il était déjà vaincu, qu'il serait à ses côtés jusqu'à son dernier souffle d'humaine, et qu'ensuite... ensuite son cœur dériverait seul vers un abîme sans fond. Mais au final, il savait que ce bonheur si intense valait cent fois l'éternité.

Il se retourna, le visage triste, et murmura son nom tout bas.

...

− Demoiselle Hermione, allez-vous bien?

− Oui... J'ai... j'ai eu un frisson. Comment ça se présente?

− Il n'y a plus de veinules. Je doute qu'il atteigne votre cœur. Vous ne sentez toujours rien?

L'elfe pinça successivement la main, le bras et l'épaule de la sorcière. Mais celle-ci répondit par la négative.

− Rien. Ça monte de jour en jour j'ai l'impression. Rhîwanor, tu devrais...

− Non demoiselle. Si je vous laisse ici, vous ne pourrez vous guérir, et en moins d'une journée le poison vous aura vaincue.

− Si je pouvais me servir de ma baguette...

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L'elfe changea le pansement, fait d'un linge humide et d'herbes recueillies dans la forêt, et mises à sécher au dehors. Elles avaient installé un campement de fortune près d'un gros chêne dont les racines trempaient dans la rivière, et attendaient depuis maintenant trois jours. Hermione avait à présent réellement peur quant aux pouvoirs de Voldemort. D'après ce qu'elle avait appris, Sauron ou toute créature de la Terre du Milieu ne savait pas user du transplanage. Mais le gobelin qui les avait surprises était venu justement par ce moyen de transport.

Il avait donc des créatures à sa botte et leur avait donné un pouvoir immense, car même le professeur Snape n'était pas parvenu à transplaner lorsqu'ils étaient à Fondcombe. Et bien plus puisque pour Harry et les autres sorciers, il avait fallut une certaine adaptation magique à ce monde. La sorcière priait pour que les gobelins et autres orques obéissant au Lord fussent peu, bien que cela soit déjà extrêmement dangereux. La flèche qu'elle avait reçue n'avait pas été conçue pour tuer, mais pour avertir. La pointe n'avait pas été taillée pour arracher la chair quand on l'ôtait, mais prolongeait le bois jusqu'à la pointe.

Tout se trouvait dans le poison dont on avait imbibé la pierre taillée. Il avait littéralement retiré les pouvoirs d'Hermione. Elle était à présent une humaine tout à fait normale, et pire encore. Ses membres s'engourdissaient peu à peu. Si au départ elle ne sentait plus sa main et parvenait encore à allumer un feu correctement, aujourd'hui tout son bras était devenu insensible. Et plus question de magie. Voldemort avait très bien calculé son coup.

Elle ne savait encore comment il savait qu'elle se trouvait là, mais il voulait la garder vivante pour qu'elle prévienne Harry, qu'il puisse faire état de sa puissance comme il le faisait quand ils étaient sur Terre. Sauf que là, c'était effrayant. Aucun poison ne pouvait retirer les pouvoirs d'un sorcier de cette façon. Seul un groupe de sorciers puissants, concertés, pouvaient retirer la magie présente dans le corps d'un homme, et après de nombreux efforts. Voldemort avait donc non seulement des hommes sous ses ordres, mais il était aussi plus puissant qu'il ne l'avait jamais été.

Elle ferma les yeux, accusant le coup lorsque Rhîwanor serra le bandage. Instinctivement, elle passa sa main valide sur son ventre. Depuis quelques jours, son bébé se manifestait par des mouvements à peine perceptibles du dehors. Et il s'exprimait de plus en plus fort. Les premières fois, survenues en pleine nuit, elle avait apprécié seule cette nouvelle condition dans le lit de feuillages. Et lorsque Rhîwanor la voyant plus tard sourire en passant sa main à des endroits bien précis lui avait demandé, elle n'avait pas pu résister à lui dire de venir constater par elle-même. Cela avait émerveillé l'immortelle, et l'avait aussi rassurée. Si le bébé bougeait, il était en bonne santé. Elles avaient eu de la chance de se trouver près de la rivière qui regorgeait de poissons, dans une forêt où les champignons et certains fruits poussaient en abondance. Le petit ne manquait de rien.

Mais il arrivait que la sorcière se retourne parfois dans sa couche, le visage triste et pense à celui qu'elle aimait. Elle aurait simplement voulu qu'il sente, qu'il voit cela s'opérer en elle, qu'il soit là alors que son enfant bougeait pour la première fois. Elle se refusait à penser qu'il n'en aurait pas voulu, imaginer Glorfindel l'acceptant malgré tout était la force qui lui permettait d'avancer jour après jour.

Les jours passaient, et l'elfe partait, à la demande d'Hermione, faire plusieurs tours, veiller les plaines et la forêt, en quête d'une âme qui vive, amie ou ennemie. En attendant, la sorcière tentait de reprendre le contrôle de sa magie, suant sang et eau pour au moins parvenir à faire des cataplasmes magiques. Même si elle semblait habituée à la sensation de froid, la plaie ne semblait pas se refermer. La suture que l'immortelle avait fait s'était résorbée sans qu'on sache comment. Rhîwanor avait recommencé l'opération, piquant dans la chair à vif, laissant Hermione pleurer tout son soul, mais rien n'y avait fait. La chair finit mutilée, et il fut décidé de ne plus appliquer que des cataplasmes et des bandages.

Plus le temps passait, moins elle sentait son bras, mais elle ressentait aussi autre chose. Elle avait de plus en plus de mal à respirer, son cœur battait plus lentement. La peur s'insinuait dans ses veines et dans ses grands moments d'angoisses, au cœur de la nuit, elle passait la main sur son ventre, rassurée de constater que son bébé ne pâtissait pas de sa blessure. Seuls les soins quotidiens permettaient à la jeune femme de gagner un peu de temps, mais ils devenaient inefficaces, et la forêt ne possédait pas tous les remèdes connus des elfes. Quand à trouver de l'aide, cela relevait de l'impossible. Les premiers humains se situaient à des centaines de kilomètres de là, et le temps que l'immortelle s'en aille, Hermione serait morte.

Rhîwanor continuait ses tests et la soignait, mais Hermione voyait la barrière de ses sensations reculer toujours plus. Elle secouait de la tête de droite à gauche quand l'elfe lui demandait si elle ressentait ses doigts qui lui pinçaient l'épaule. L'immortelle s'épuisait à guérir la blessure magique, et elles ne pouvaient strictement rien faire de plus. Rhîwanor exposa alors clairement la situation le matin du sixième jour, et la jeune sorcière baissa la tête, ne sachant quelle attitude adopter face à ce dilemme.

L'immortelle se releva alors, déterminée. Elle irait seule chez les humains. Hermione serait condamnée d'une manière ou d'une autre, mais elle aurait essayé. Il fallait faire un choix. Elle mit à disposition de la sorcière plusieurs cataplasmes d'avances, de l'eau et de la nourriture en grande quantité. Et elle partit l'après-midi même.

Hermione dut faire son pansement le soir et s'approcha donc des cataplasmes déjà prêts. Mais quand elle toucha le premier, il se rétracta sur lui-même, noircit et se couvrit de moisissure. La jeune femme resta figée devant le phénomène et avisa les deux autres encore intacts. Prudente, elle tenta d'en approcher un d'un bâton, et le reste des pansements eut la même réaction. Hermione laissa son bras retomber, et baissa la tête, un sourire ironique sur le visage. Il avait aussi pensé à ça.

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- Voldemort... tu me le payeras...

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Son murmure se perdit alors que de fatigue, elle retomba sur sa couche, les yeux remplis de larmes.

Ce soir là, alors qu'elle pensait encore à ce moment, celui où elle aurait pu, celui ou elle aurait du au moins l'embrasser avant qu'il ne parte, elle s'endormit, et ne se réveilla pas.

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Aglaro (1) : Glorieux


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Et voilà la fin de ce chapitre, je vous prie de laisser l'auteur en vie, merci bien =D

Et pour vous consoler, voici un petit mot de Nella pour se faire pardonner :

Désolé, pas de blagounette top moumoutes cette semaine. Je sais, vous m'avez fait parvenir moult strings (à la propreté douteuse) et autres crèpes choco banane, mais voila, cette semaine, je suis trop occupée: j'ai kidnappé Nono! Et je peux vous assurer que c'est une prisonnière pénible et exigeante! J'avais pour but maléfique de l'enchainer à la cave et de la fouetter pour qu'elle écrive 10 chapitres d'avance (appelez moi Anna Wilkes) mais elle m'a fait un vieux coup de faible genre "je tombe malade, j'ai une pneumonie gravissime, tu dois me faire du bouche à bouche et une greffe de poumon". Du coup, j'ai réussi qu'à obtenir péniblement cinq ou six pages (que vous avez sous les yeux) et de l'herpès buccal! Pour compenser, je retourne lui frire le bocal à cornichons, ia pas de mal à se faire payer en nature, si vous voyez ce que je veux dire! *clin d'oeil entendu* A la semaine prochaine les gens!

L'auteur ne cautionne en rien ce que dt sa beta et s'en va chercher un nouveau pot de vaseline parce que ça s'use vite ces petites choses...