Note de moua :

Merci, merci infiniment à vous tous, à vos mots, vos encouragements, merci à Tania pour avoir squatté, à Nella pour m'avoir secouée (rien de graveleux) à Mokhan aussi (c'est lui qui a corrigé alors qu'il était fatigué!) à Elleay et j'en oublie sur le site, mais pas dans ma tête (j'ai l'impression de recevoir un Oscar mais c'est pas grave), j'ai enfin pu reprendre l'écriture 3

Je ferais en sorte que le "niveau" soit le même au moins, et que vous ayez autant de plaisir à lire^^


Rappel de l'épisode précédent :

Harry, Ron, Draco, Sirius, Legolas, Aragorn et Gimli vont à Orthanc accompagnés de Gandalf, juste après avoir récupéré Hermione et Rhîwanor. Une fois sur place, la bataille avec les Ents fait rage, et l'on peut voir Severus et Remus se battre aux côtés des troupes d'Elrohir, frère d'Arwen.

Une fois cette manche gagnée, Gandalf retire ses pouvoirs à Saroumane, grandement aidé de Draco. Il envoie ensuite Elrohir et ses hommes à Minas Tirith où Sauron attaque déjà depuis plusieurs mois, et ajoute Hermione et Ron à cet escadron. Pippin insiste pour les accompagner pour annoncer la mort de Boromir à Denethor, son père, car il se sent responsable.

Le reste de cette communauté agrandie doit aller à Edoras, rencontrer Théoden, roi du Rohan, afin d'obtenir son aide face à la Grande Guerre.


ENJOY!


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Chapitre XVIII / Préparations

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- Potty j'ai mal aux pieds.

- T'es pas le seul. Arrête de m'appeler comme ça.

- Comme tu voudras mon amour.

- Ça aussi c'est proscrit, fit Harry avec un sourire.

- Ma couille?

- Je ne suis ni mou, ni velu, ni calé entre tes cuisses, très cher.

- T'aimerais bien, j'en suis sûr.

- Pour sûr. Appelle moi Harry et ce sera bien suffisant.

- Et sinon je dois te le dire avec des panneaux lumineux ou tu comprend quand j'essaye d'engager une conversation à long terme?

- Et t'as l'impression que te plaindre est une idée fabuleuse pour entamer une conversation longue?

- Et on fait quoi là, d'après toi?

- On prouve qu'après trois kilomètres de marche t'as pas plus de conversation qu'un bulot crevé.

- Hey! Je te signale que tu t'adresse à...

- Oui, on sait Malefoy, blabla, sang-pur, blabla. C'est pas après trois mois que tu vas me la sortir, Malefoy.

- Draco.

- Pardon?

- Draco. Ce sera bien suffisant, fit le blond avec un sourire.

- Un bulot crevé? Demanda discrètement Gimli à Legolas quelques pas plus avant.

- Mon ami, ce n'était pas le terme qui m'a le plus interloqué, fit l'elfe en tentant de relativiser, les joues rouges.

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Ils avaient reprit leurs fidèles petons à quelques kilomètres du royaume, ne voulant surtout pas risquer que les hommes de Rohan les prenne pour un ennemi quelconque. Ainsi à découvert, ils étaient moins suspects. Sauf que les sorciers finirent à l'arrière et que Legolas et Gimli gambadaient à l'avant avec Gandalf qui ne devait pas savoir ce qu'était l'arthrose.

Ils étaient sensés être habitués depuis le temps qu'ils courraient ici et là, sauf que leurs muscles leur rappelaient tous les matins depuis Fondcombe la signification profonde du mot « crampe ». Et aucun sort ne pouvait empêcher cela. Harry, en proie à la fatigue de ce qu'était cette guerre, la lenteur et la rapidité à laquelle elle progressait tout à la fois, se força à faire dériver son esprit. Il finit par repenser à la seule chose qui lui faisait oublier le côté négatif de sa présence. La chevelure blonde qu'il voyait bouger au gré du vent devant lui. Il sourit encore en repensant aux mains qui agrippaient ses hanches et ces doigts fins qui...

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- Saute lui dessus au moins ça t'évitera de te détacher un œil, murmura Draco

- Je euh... je vois pas de quoi tu parles, continua le brun sur le même ton.

- Ça c'est ce qu'on dit quand on s'est fait prendre en train de mater un magasine de c...

- Oui bon ça va, coupa Harry les joues rouges, toujours chuchotant.

- Je le savais, dit Draco à voix basse avec un grand sourire sur le visage. Alors?

- Alors quoi? Arrête de me regarder comme ça j'ai l'impression d'être une revue à scandales.

- Tu es ce qui s'en rapproche le plus en ce moment, en tout cas. Allé déballe. Tu sors avec?

- On est pas à Poudlard, Draco.

- Oh... Alors... Le blond mima un geste équivoque en formant un rond de la main gauche et en réalisant des va-et-vient de son index droit.

- Mais arrête! Harry brisa la mime d'une tape, et regarda si personne ne l'observait. Oui. T'es content?

- Putain, vous avez fait ça quand? Pas quand on dormait ensemble j'espère?

- J'avais pas l'intention de te faire participer tu ronflait trop...

- Seigneur...

- Rooh, non, ça va, fit Harry d'un murmure. En Lorien.

- Ah quand même. Alors toi le côté « site imprégné de magie éternelle et habité par une reine » tu t'en cogne la savonnette?

- C'était ça ou en plein milieu de la rivière.

- J'imagine que Gimli n'aurait pas été très enthousiaste fit le blond avec un sourire.

- Ils toussèrent et se raclèrent la gorge pour ne pas céder à la tentation du rire et ralentirent légèrement pour gagner en discrétion. Harry se tourna de nouveau vers le Serpentard, oubliant la route devant ses pieds.

- Ça te choque pas?

- De? Que tu préfères...?

- Ouais.

- Non. Pourquoi je le serais?

- Ben j'sais pas, Malefoy, sang pur tout ça.

- Là c'est toi qui me discrimines, attention je vais être blessé à vie, et mon psy te fera un procès.

- T'es con.

- Tu continues! Non, sérieusement, je m'en fous. Disons qu'on passe tous par là.

- Attends... Harry stoppa sa marche une seconde.

- Ouais, je m'incluais dedans aussi. Mais moi j'y suis pas resté.

- Avec qui? Le survivant rattrapa le Serpentard qui avait continué, les joues un peu rouges.

- Mon chinchilla.

- T'es crade, fit Harry en retenant un nouveau rire. Allé dis!

- Non. Là c'est vraiment trop choquant.

- Pire que le chinchilla?

- Pire.

- Si c'est pas Flitwick ça peut pas me choquer.

- Weasley.

- Lequel?

- D'après toi? Demanda Draco le regard brillant dans celui de Harry.

- Oh. Putain. Mais je savais pas que Ron...

- Je t'avais dit que c'était choquant. Et nan, il l'est pas. On a juste... Voilà, quoi. Rien de méchant.

- Non,mais c'est pas ça qui me choque! Weasley! T'as du avoir une sacré fièvre pour faire un truc pareil! Quand? Je veux savoir quand!

- Lorien, répondit le Serpentard en détournant les yeux.

- Magie éternelle mes fesses oui! Et c'était toi qui était der...

- Oh la on se calme. On a rien fait. À peine un bécot. Pas de quoi mouiller ton slip. On était là, tous les deux, on s'ennuyait, pour pas dire autre chose, on a parlé et une chose en entraînant une autre... voilà.

- Rassure moi on a pas une conversation qui dérive parce qu'on s'ennuie?

- Serais-je si repoussant? Demanda Draco d'un air faussement choqué.

- Moins depuis que t'as plus de gel pour te faire une tête de coton tige.

- Le gel c'est la classe. Tu peux pas comprendre ça. Et saches qu'il m'en reste encore mais que c'est resté avec Severus à Fondcombe. Enfin je suppose qu'il l'a pas emmené.

- Vous devriez vous hâter, nous pourrions nous perdre de vue, leur cria Aragorn.

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Ah oui effectivement ils étaient à plusieurs mètres du groupe, et même Sirius avait voulu montrer qu'il était un homme un vrai et avait ignoré ses muscles douloureux pour marcher aux côtés de Gandalf et Merry, laissant Severus et Remus un peu plus loin.

Harry et Draco firent ce qu'ils purent pour rattraper le groupe, le survivant tomba et finalement on s'arrêta quelques secondes pour qu'il se relève et que tout le monde soit au moins à portée de vue. La nuit commençait à tomber.

De nombreux soupirs de satisfaction trop longtemps retenus se firent entendre quand Gandalf leur dit qu'ils devaient s'arrêter pour la nuit. La route jusqu'à Edoras croisait la route jusqu'au Mordor, mais Saroumane ayant été mis hors d'état de nuire, le mage avait expliqué qu'ils ne rencontreraient que peu d'ennemis en prenant les routes à couvert.

Merry avait épuisé toutes les histoires de Gimli, et ce n'était pas peu dire, et venait donc chercher de quoi dormir auprès de Draco et Harry qui avaient attendu de poser le campement pour raconter les divers ragots qui leur venaient en tête. Sirius resta auprès de Remus et Severus vint juste après parce que le loup-garou avait un thermos de thé sur lui. Bien trop anglais, mais ce soir, ça avait du bon. Sans demander pourquoi que la chauve souris des cachots tapait l'incruste, Sirius laissa faire et la gourde passa de main en main comme une flasque de rhum, et Gandalf en eut une lampée qu'il apprécia grandement.

Legolas resta un peu à l'écart du groupe, veillant à la sécurité de tous, attendant l'heure de réveiller Severus qui prendrait la relève. Gandalf mit simplement de l'ordre dans ses affaire et ronfla comme un bienheureux peu après.

Le groupe repartirait aux premières lueurs de l'aube rencontrer le roi Théoden. Mis à part les nombreuses allusions que Merry -couché avec les plus jeunes- perçu des deux sorciers, bien trop corrosives pour ses oreilles, la nuit fut calme.

Enfin arrivés, se dirent les plus jeunes en même temps. Ces fichues villes étaient vraiment trop éloignées les unes des autres aux yeux des humains et du hobbit, et surtout, les protocoles instaurés ne leur convenaient pas : selon Draco et Harry, il y aurait eu longtemps qu'on aurait remué les dirigeants pour riposter face à Sauron et sa clique. Mais force était de reconnaître que dans un royaume ou l'autre, il fallait d'abord lustrer impeccablement chaque botte avant que les sieurs daignent lever un regard sur la situation. Et parfois décider qu'elle n'était pas « si » grave que cela.

La cité se dressa devant eux au bout de deux longues heures de marche. En y regardant bien, une sorte de manoir viking très imposant se dressait au sommet d'une haute colline, qui s'avéra être un château. Des centaines de maisons l'entouraient, descendant progressivement la pente. Tout autour du large domaine, une barricade de rondins de bois était dressée. Si les maisons étaient de facture modeste, avec des toits de chaume et des architectures simples, le château était parés de gargouilles, de gravures et de boiseries dorées. Mais aucun signe de vie n'était perceptible. Gandalf expliqua alors.

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- Ces demeures s'appellent Edoras, et ce château d'or est Meduseld. C'est là que réside Théoden fils de Thengel, Roi de la Marche de Rohan. Nous devons être prudents, car la guerre est ouverte, et les Rohirrim, seigneurs des chevaux, ne dorment pas, même s'ils semblent le faire de loin. Ne tirez aucune arme, ne prononcez pas de paroles hautaines, je vous le conseille à tous, jusqu'à ce que nous soyons arrivés devant Théoden.

- C'est pas comme si on allait entrer en hurlant que leurs mères ne font pas des choses recommandables, hein, après tout on a besoin de leur aide, fit discrètement Draco, visiblement épuisé à Harry, tout aussi fatigué.

- Ce serait stupide, reprit le Gryffondor avec un large sourire, imaginant la scène.

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Il détournèrent le regard et Draco tenta de siffloter quand Gandalf leur jeta un regard courroucé.

À leur arrivée juste devant les portes de la ville, des gardes leur barrèrent la route avec des lances, sans pour autant être menaçants. L'entrée était interdite.

Dans un langage que seul Aragorn comprit, ils parlèrent -crièrent du point de vue de Remus- et Gandalf répondit calmement. Les hommes de Rohirrim ne laissaient aucun inconnu ne connaissant leur langues et leurs amis pénetrer au sein de la ville. Sans compter que depuis que Gandalf avait pour ainsi dire dupé les leurs en leur « enlevant » Grispoil, ils étaient plus que méfiants envers le mage. Quand Aragorn parla, un des gardes partit en direction du château pour vérifier ses dires. L'attente fut longue, silencieuse et plutôt froide. Le vent soufflait sur eux et même Severus commençait à perdre patience. Il revint cependant, le visage moins fermé qu'au départ. Deux de leurs chevaux revenus depuis peu avaient effectivement été confiés par Eomer et le garde avait une confiance absolue dans son seigneur.

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- Vous devrez cependant vous en remettre à l'huissier et laisser vos armes à l'entrée du château, expliqua le garde en montrant le pommeau de son épée en signe de paix.

- Et il en sera fait ainsi, dit Gandalf en souriant.

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Ils traversèrent rapidement la ville, apparemment déserte, avant d'arriver aux lourdes portes du château, toujours dans un silence impeccable. Hama, l'huissier, était posté dans un petit hall. Mais on ne pouvait douter qu'il fut rompu aux combats, et sa lame était assurément bien aiguisée.

Il leur souhaita néanmoins la bienvenue et chacun déposa dagues, arc et épée bien qu'Aragorn promit mille morts à celui qui oserait toucher Anduril. Draco leva même un sourcil en voyant que « le vieux » avait aussi une lame que ses longs cheveux avaient cachés.

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- Vous m'en voyez désolé, fit Hama, mais votre bâton, mage, et ceux de vos compagnons doivent rester ici.

- Ne confondez pas prudence et courtoisie, dit Gandalf, je suis vieux, j'ai besoin de mon appui pour marcher.

Dixit celui qui gambadait comme un chevreuil devant nous? Pensa Severus avec un léger sourire.

- Les bâtons sont plus que de simples branches de bois pour les mages, continua l'huissier.

- Eh bien je m'arrêterais là, et plaise à votre roi de trainer la jambe jusqu'à moi, car je ne pourrais alors plus marcher, fit Gandalf, buté.

- Soit. Mais que chacun de vos morceaux de bois restent ici, répondit le garde, vaincu.

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Avec pas mal de mauvaise volonté, les sorciers laissèrent leur arme au sol, derrière l'épée d'Aragorn, certains qu'ici, on ne les toucherait pas. Et ils purent entrer.

La salle était sombre, le sol couvert de poussière et les statues de toiles d'araignées mortes depuis longtemps. Les hautes fenêtres se voyaient voilées par des rideaux lourds en velours couleur de nuit et les tableaux masqués de linges. Au bout d'une longue allée entre de puissants piliers de soutient, sur un tapis dont les couleurs avaient passées, un trône sculpté soutenait le vieux roi Théoden.

Sa peau blafarde semblait fondre, son souffle était laborieux et il semblait que la maladie l'avait prit de toutes parts. Au dessus de ses longs cheveux blancs tressés, un cercle d'or fin brillait, seul reste de sa gloire. Sa mort semblait trop proche.

À la vue des étrangers, il souleva faiblement sa tête et parla d'une voix rompue par la fatigue.

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- Vous voilà revenu, Gandalf Corbeau-De-Tempête, parla le roi d'une voix difficile et feutrée. Je ne vous attendais pas, et j'étais heureux que les chevaux soient revenus sans leurs cavaliers. J'avais même espéré que Grispoil lui-même me revienne, mais vous avez corrompu ce si noble animal que vous avez eu l'insolence de me prendre. Grimma m'avait pourtant prévenu de ne jamais vous laisser entrer au sein de ma cité. Vous m'avez amené la guerre, vous seul êtes responsable de ce désastre, je ne le sais que trop bien. M'apportez vous de l'aide, Gandalf? Non, seulement un groupe d'enfants étranges, et de vagabonds en haillons, et vous paraissez encore le plus mendiant des quatres avec vos frusques passées!

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Un vent de colère prit Gandalf au cœur. Il se redressa de toute sa hauteur, laissant tomber son manteau gris, semblant étrangement brillant au milieu de cette pièce trop sombre. Sa voix se fit alors claire, froide et impitoyable.

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- Théoden, cria-t-il. Théoden fils de Thengel, m'entends-tu? Qu'est devenu le Seigneur de la Marche? As-tu besoin de mon aide? Vois le ciel! Tout n'est pas sombre ici-bas, que ces chaines de perfidie se brisent!

D'un mouvement il fit tomber les rideaux et le jour illumina la salle du trône. Théoden leva son visage, comme réveillé et regarda le mage, hagard.

- Viens donc à moi, Théoden, continua Gandalf. Ton peuple attend tes ordres, et ton armée s'impatiente!

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Une jeune femme, blonde comme le soleil, droite et mince sortit de l'ombre du trône pour venir aux côtés du roi alors qu'il s'appuyait sur un baton d'os pour se lever.

Difficilement au début, il frotta le sol de ses pieds lourds, respirant difficilement, jusqu'à la hauteur du mage, qui l'invita à continuer jusqu'aux portes. Il frappa à grands coups avant que le garde ouvre, et lorsque le vent du dehors toucha sa peau, le roi sembla reprendre vie. Son visage se fit altier, son dos se redressa, ses yeux brûlèrent d'un feu depuis longtemps éteint. À présent, la jeune femme ne l'aidait plus, c'était simplement à son bras qu'elle marchait.

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- Il ne fait pas si sombre, ici, commença-t-il commença-t-il d'une voix faible.

- Certes pas, Seigneur des Marches-Libres, lui dit Gandalf, la voix radoucie. Il est temps que vos yeux s'ouvrent, et que vous jetiez ce bâton inutile au sol. L'âge ne pèse pas sur vos épaules autant que vous voudriez le croire.

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Le morceau d'os raisonna au sol alors que la main de Théoden s'ouvrait, et les yeux bleus du roi semblèrent voir l'ampleur de ce qu'il avait progressivement laissé aux mains de son conseiller.

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- Je pense que vous devriez laisser Eomer libre, à présent, fit Gandalf d'un ton anodin.

- Oui, je l'avais emprisonné car il avait voulu tuer Grimma, et à ce propos...

- Ne vous en faites plus de ce serpent vicieux, dit le mage en balayant l'air de la main. Il ne reviendra plus, si j'en crois mes actes.

De nombreuses rides de soucis partirent alors du visage du Seigneur pour ne plus réapparaître.

- Notre plus grande espoir se situe là où se trouve notre plus grande peur, commença Gandalf, pour peu que nous restions invaincus quelques temps, d'autres que nous auront une chance de remporter la victoire. Et nous avons aussi un autre avantage que l'ennemi n'a peut être pas encore mesuré à sa juste valeur...

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Gandalf parla bas, rapidement, ses lèvres bougeaient à peine. Seul Théoden entendit, mais le roi sembla enclin à un feu et une colère qu'ils n'avaient pas eu depuis longtemps. Les compagnons de Gandalf étaient restés en arrière, aux côtés de la dame silencieuse, mais pourtant rassérénée.

Les deux hommes revinrent ensemble, et le changement prit le groupe de court. L'homme courbé, faible et souffreteux qui les avait laissés était devenu un seigneur fort, fier et droit, au pas sûr et au regard perçant. Eowyn fit une profonde révérence et son regard ne quitta plus son père qu'elle avait enfin retrouvé. Eomer entra alors que Théoden s'était assis sur le trône, sans armure ni heaume, et présentant une épée nue au Seigneur.

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- Mon épée, murmura le roi. Mais quand me l'a-t-on prise?

- Grimma l'avait dans son coffre aux côtés d'autres de vos affaires personnelles, expliqua Eomer le visage baissé. Ce couard à quitté nos terres voilà deux jours déjà, emportant de l'or et un cheval. Elle n'appartient qu'à vous, fit Eomer en montrant l'épée, et ne demande qu'à servir à votre main.

Quand la poing se referma sur la garde, Théoden parla d'une voix emprunte de force.

- Plus jamais Gandalf ne sera affublé du surnom de messager de malheur, clama-t-il. Relève toi fils-sueur, car la crainte et le doute ne sont plus. J'aurais moi-même tué cet imposteur de Grimma si sa bêtise l'avait fait rester au sein de ce château, mais même si ce plaisir m'est retiré, je déclare ici que ma confiance est entièrement donné à vos conseils, mes enfants, Eomer, et Eowyn. J'ai une dette énorme envers vous.

- Notre seul espoir s'est réalisé, père, dit Eowyn, parlant pour la première fois de sa voix claire, nous n'attendions rien d'autre que le retour de notre roi.

- Il est temps, dit Gandalf. Minas Tirith nous attend, et il m'est avis que l'armée de Saroumane n'était absolument pas au complet, le gros de ses troupes était malheureusement déjà en marche lorsque nous avons quitté Orthanc, seulement nous ne les avons pas rencontrés en chemin. Mon intuition me dit qu'ils ont rejoint une autre armée. Une armée bien plus puissante.

- Il auraient pu simplement partir, je ne sais pas dans des terres vides? Demanda Remus. Une armée sans dirigeant se disperse généralement.

- Nous parlons ici d'orques, de gobelins et d'hybrides conçus uniquement pour tuer, dit Gandalf. Votre espoir est vain. Sans dirigeant, ils en cherchent un autre, et ne sont pas dénués d'intelligence. Ils savaient pour qui travaillait Saroumane et ont rejoint la cité-mère. La bataille que nous préparons rassemble bien des peuples mais nous n'auront pas l'avantage numérique. Nous devons partir sur le champ, Théoden. Êtes vous prêt à endosser votre rôle?

- Plus que jamais, dit le roi en se levant. Minas Tirith ne tomberas pas. Pas sans que je ne tombe moi-même.

- Et jamais elle n'oubliera votre geste, fit Aragorn en s'inclinant.

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Un conclave fut organisé qui dura une grosse demi journée. Rassembler des milliers d'hommes n'était pas chose aisée, surtout quand l'armée se la coulait douce depuis plusieurs mois et s'était plus ou moins dispersée. Severus, Sirius et Remus avaient participé au plan de bataille en tant que sorciers, accompagnés seulement d'Aragorn. Les autres durent rester au sein du château et les deux jeunes sorciers furent cordialement priés de ne toucher à rien et de veiller sur Merry.

Au bout des débats, et de dizaines de messagers convoqués et envoyés partout dans la cité, Gandalf ressortit aux côtés du roi à qui l'on fit mettre son armure. Aragorn ceint son épée et Legolas son arc. Gimli embrassa même sa hache trop longtemps séparée de lui mais quand Draco et Harry pensèrent qu'enfin ils en avaient finit avec des marches à crever d'ennui et des discours de six bras de long, on leur annonça qu'ils devaient rester à Edoras.

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- Pardon?

- Draco, commença Severus d'une voix froide. Vous ne pouvez nous accompagner. Miss Granger et Monsieur Weasley seront transférés ici pour leur sécurité. Il serait inutile de vous faire vivre une guerre vu ce que vous devez accomplir, vous en particulier monsieur Potter.

- Qu'on m'explique comment on les a « mit en sécurité » vu que la région va être encerclée d'orcs et...

- Harry!

- Sirius, je sais que vous voulez qu'on reste en vie mais on est plus des gamins! Tu crois que je vais encore risquer que toi ou Remus vous vous fassiez tuer pour «notre sécurité »? On a vécu autant de guerres et de combats que les autres, et il me semble que vous avez besoin d'aide!

- Vous avez un Lord à tuer, monsieur Potter, et ce n'est pas en vous sacrifiant dans un combat qui n'est pas le vôtre que vous y parviendrez. Nous aidons le roi Théoden et accessoirement la Terre du Milieu afin que vos chances de vaincre soient bien meilleures, reprit Severus.

- Et si Tu-Sais-Qui décide de lui passer par le crâne? On fait quoi on vous envoie un patronus et vous serez là genre... dans la semaine? Sans compter que cet endroit sera des plus faciles à prendre si les armées s'en vont à Minas Tirith, alors à moins que les deux gus qui nous collent soient stupides -et je doute qu'ils le soient à ce point- ils n'auront qu'a envoyer deux ou trois trolls et quelques orques ici pour nous pulvériser puisqu'on sera seuls et sans défense.

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Le silence qui s'ensuivit ne fut coupé que par un cri de corbeau venant du dehors Le Gryffondor avait ancré son regard dans celui de Gandalf (qui souriait) et n'en démordait pas. Seul Legolas avait déjà vu cela de son amant. À moins de l'enfermer et de l'assommer il n'en démordrait pas. Et encore. Un sourire apparut sur son visage fin malgré lui.

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- Nous ne pourrons garder l'œil sur vous, la guerre n'est pas un parcours de santé, livrés à vous même, vous aurez peut être encore moins de chances qu'ici...

- Comme tous ceux de Minas Tirith qui ne sont pas des soldats mais qui défendront quand même la cité! Faites nous donc un peu confiance, vous avez vu de quoi nous étions capables.

- Ils pourrons œuvrer auprès des troupes de Glorfindel, intervint Legolas. Ils seront ainsi au milieu des archers plutôt qu'en première ligne.

- Soit! Trancha Théoden. Qu'ils viennent donc, une telle ardeur à vouloir prouver sa valeur ne saurait être mise à défaut.

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Ils partirent donc le soir même, bannières au vent sur le dos de leurs montures, Théoden et Gandalf en avant. Merry, resté avec Eowyn comme écuyer serra les dents et regretta alors de ne pas être intervenu pour défendre sa propre cause. « Que ferez-vous dans une telle bataille? » avait demandé Théoden avant de se radoucir. Il serait écuyer et protecteur de sa fille.

On lui avait procuré alors une armure de cuir légère, que l'on avait ajustée, ainsi qu'un bouclier et une dague. Mais ses yeux s'étaient éteins. Pippin était seul à Minas Tirith et il ne brûlait qu'à le retrouver, à faire ce pourquoi il avait entrepris ce si long voyage. Eowyn elle-même lui serra les mains avec un sourire triste lorsqu'il lui fit part de sa tristesse, et lui assura que chacun avait son importance, sa tâche assignée. Mais quand elle partit, le hobbit cru entendre « sa cage ».

Il regardait avec amertume les chevaliers caresser leurs chevaux ou régler leurs sangles. Le temps ne sembla plus compter et c'est d'une petite voix qu'il adressa ses adieux au groupe avant de voir passer la volée de chevaux. Il y en avait un nombre infini, mais Merry préféra fermer les yeux face à cette marée armée partant vers la gloire et la victoire.

Il se sentit cependant hissé d'un coup sec et placé à l'abri des regards sous un manteau immense.

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- Mais! Que!

- Chut, intima une voix basse. Il vaudrait mieux que l'on ne se fasse pas repérer, vous et moi.

- Mais... Pourquoi?

- Où la volonté ne manque pas, une voie s'ouvre, disons-nous, fit l'homme mystérieux d'une voix basse. Vous voulez suivre le Seigneur-de-la-Marche, n'est-ce pas?

- C'est la mon plus grand souhait, répondit Merry sur le même ton. Mais comment avez-vous su?

- Je ne puis vous dire que ceci : notre condition et notre naissance ne font pas de nous ce que nous sommes, nous n'avons pas à suivre des préceptes sous le prétexte d'une tradition quelconque. En réalité, seuls nos actes et notre âme peuvent faire de nous des rois ou des pleutres. Et vous êtes un roi, Merry.

- Merci, monsieur, vous avez fait de moi un heureux. Je ne vous trahirais pas, et je ne vous ferais pas regretter mon choix, je vous le jure! Comment vous appeler, cependant?

- Je suis Dernhelm, reprit le cavalier. Et c'est à moi de vous remercier.


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Et voilà la fin du chapitre! Effectivement, la bataille du gouffre de Helm n'aura pas lieu, puisque Gandalf et sa troupe ont évincé Saroumane juste avant. Cependant son armée d'Uruk-hai rejoindra celle du Mordor pour en faire une encore plus grande et donc plus difficile à battre.

Alors? qu'en pensez-vous? ^^