HEY HEY!
Non, j'ai pas recommencé ma fuite, je vous avais dit que j'écrivais le chapitre suivant!
L'autre est aussi en cours d'écriture (car non ce n'est pas le dernier)
Merci encore à tous ceux qui m'ont encouragée à continuer merci merci! (et pardon pour les fautes qu'il reste malgré mes corrections)
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Chapitre XXII / Némésis
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La montagne du Destin. Là avait été forgé l'anneau, et là-bas ils devaient aller. A tout prix.
A tout prix, se répétait Sam, l'esprit engourdi. Il eu du mal à se relever, une migraine atroce avait prit son crâne, et ses souvenirs se remettaient mal. Gollum leur avait montré une grotte pour aller plus vite.
Gollum.
Sam senti des larmes de rage monter à ses yeux quand il repensait à cet être ignoble. Il se souvenait de la veille. Frodon se levait avec lui et cherchait du lembas pour retrouver quelques forces, pâle qu'il était. Il avait alors accusé Gollum qui s'était écrié que « lui » n'avait rien fait avant de montrer la joue de Sam. Il y avait des miettes. Il n'avait même rien avalé depuis deux jours, il avait conservé son lembas pour Frodon. Et avait accusé le coup des remontrances acerbes de son maître, pendant que Gollum riait. Ils avaient marché en silence, et Frodon avait retiré la corde. Sam restait alors en arrière, le cœur plus lourd que jamais, jusqu'à… La grotte.
Un passage méconnu de tous, disait la vile créature. Et à ce moment là, ils le perdirent. Sam avait vu l'horreur, il avait vu Frodon tomber à terre sous les assauts d'une énorme araignée, et il n'avait pas compris lui-même ce qu'il faisait, avant de sentir couler le sang verdâtre de la bête sur elle, et sa voix s'érailler sous ses hurlements. Son venin l'avait un peu touché et il s'était évanoui.
Il était en terre du Mordor, ils avaient presque terminé leur mission. Mais qu'est ce que cela importait si Monsieur Frodon était mort ? Il rampa comme il pu jusqu'au corps inanimé et se laissa aller sur son torse, les larmes coulant d'elles-mêmes, écoutant le cœur qui ne réagissait plus. Il ferma les yeux, et au bout de quelques minutes put se relever. Il embrassa tendrement le front de son ami, et lui parla avec douceur.
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- Pardonnez-moi Monsieur Frodon. J'aurais voulu quelque chose de décent pour vous. Adieu Monsieur Frodon. Adieu.
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Sous sa main, un faible battement se fit ressentir (1). Fou d'espoir, il colla son oreille sur le torse de son maître, retenant sa respiration, attentif. Une longue minute s'écoula avant qu'un autre battement, très faible se fasse entendre. Sam se refusa à pleurer et garda tout l'espoir qu'il pouvait en lui.
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- J'ai juré de vous amener à cette montagne, Monsieur Frodon, dussé-je vous porter. J'ai juré, et je le ferais. Mais pardonnez-moi, je devrais porter également votre fardeau, car avec lui vous n'aurez pas de repos de l'esprit qu'il vous faudrait, et par tous les dieux possibles je veux qu'il y ait une chance que vous vous remettiez sur pied.
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Avec un respect infini, Sam prit la chaîne qui portait l'anneau. Il semblait si lourd, si doré. Mais jamais Sam n'avait été si loin d'être tenté. Cet artefact était la chose la plus repoussante qu'il ait pu voir sur cette terre, mais pour Frodon, il passa la chaine autour de son cou, se sentant soudain accablé. Il fouilla alors le sac de Frodon et en sorti la fiole lumineuse de l'étoile que Galadriel avait offerte à Frodon, et la conserva dans sa poche intérieure, près de son cœur. Le pouvoir elfique eu du bon, il se sentit tout de suite mieux et retrouva une force que lui avait retiré la noirceur du lieu et les tourments passés. Il regarda alors son maître avec un sourire franc et un regard décidé, et le prit sur son dos. Frodon était léger, maigre qu'il était, mais sa foi avait grandi d'un coup et il se sentait l'âme d'un dragon. Quand il vit que le tunnel de l'affreuse araignée passait effectivement par l'endroit qu'ils devaient traverser, il se mit en route, doucement, mais le cœur et les jambes solides.
...
La bataille faisait rage depuis des heures et chacun était épuisé, luttant pour emporter ne serait-ce qu'un ennemi dans sa mort. Alors quand Harry arriva sur son balai, Aragorn accroché à lui, emportant dans leur sillage une masse de spectres armés jusqu'aux dents, l'espoir brilla à nouveau dans les yeux des alliés. En quelques minutes à peine ils furent au cœur de la bataille, Harry continuant avec le futur Roi jusqu'aux portes qui venaient de céder. A ce moment, une bête immense, grise et furieuse contra les orcs. « Remus ! » hurla Harry.
Le survivant l'aida en lançant tous les sorts qu'il pouvait et Aragorn sauta du balai pour en découdre. Les quelques spectres qui avaient continué la route avec Harry se prirent dans la mêlée. Ce dernier remonta jusqu'à Draco et Ron qui avaient un large sourire, et fut rassuré sur le sort d'Hermione.
Ils n'eurent pas à lancer beaucoup de sorts. Les fantômes s'en donnaient à cœur joie (du moins autant que leur condition le leur permettaient) surtout sur les Uruk Hai. Les créatures ne pouvaient transplaner lorsqu'ils étaient assaillis, ni tuer des êtres qui étaient déjà morts. En quelques battements de cils, les chefs tombèrent, suivis par la totalité de l'armée noire. Des pirates avaient été vus au loin et devaient accosté, mais voyant qu'ils étaient en sous-nombre, ils préférèrent rebrousser chemin. Ce qui n'empêcha pas quelques membres de l'armée fantôme de les poursuivre, et de couler les bateaux.
Le silence fit place, tandis que chaque combattant regardait autour de lui la fin du calvaire. Ce fut alors que, sous une parole murmurée d'Aragorn, les spectres devinrent plus transparents encore, et disparurent complètement, libérés de leur malédiction.
Ils avaient gagné.
Les terres du Rohan étaient noires de cadavres fumants, d'armes brisées, d'hommes blessés. Certains vivaient leur dernier souffle, incapables de comprendre la situation, d'autres pleuraient ceux qu'ils venaient de perdre. Severus arriva alors auprès de Remus, un bras encore bandé. Il envoya son patronus auprès des autres sorciers, et tous rappliquèrent immédiatement, Aragorn, Legolas, Glorfindel, Gimli et Gandalf également. Remus restait sous sa forme de loup-garou, et avait agrandit sa baguette pour ne pas la briser.
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- Draco, Harry, Glorfindel, prenez les balais, et allez le plus à l'est possible... Au fond du terrain Monsieur Potter, si vous préférez, ajouta Severus après un court silence. Attention aux cadavres d'orcs, de gobelins et d'autres… trucs. Certains font seulement semblant d'être morts. Rassemblez les corps de nos alliés au centre, les soldats valides se chargeront de les recouvrir. Et surtout soignez les blessés graves avant d'envoyer le reste vers le château. Où est Miss Granger?
- Elle a usé de toutes ses forces, après nous avoir débarrassés de bon nombre d'ennemis, précisa Glorfindel. Mon bras droit veille sur elle, en haut du rempart, bien qu'elle soit hors de danger, je ne veux pas qu'elle reste seule. Les crevasses que vous voyez ici et là sont dus à sa seule volonté, ajouta-t-il, pas peu fier.
- Bien, fit le maître des potions sans sourciller. Mr Weasley, Legolas et moi-même irons vers l'ouest, tandis que vous Gandalf, Gimli et Remus partirez vers le sud. Aragorn, veillez à rassembler les hommes pour effectuer un rapatriement vers l'infirmerie et placer les blessés par catégories de gravité. Faramir se remet de ses blessures, il ne peut diriger les hommes depuis sa couche, donc j'imagine que ce devoir vous revient. D'ici deux heures maximum, il faudra impérativement que vous Legolas, vous Glorfindel et vous aussi Gandalf vous soyez revenus dans la salle du trône. Les autres suivront ensuite, venez dès que vos blessés sont en état d'aller vers l'infirmerie et que les morts alliés sont rassemblés, ne perdez pas vos forces à faire disparaître les corps ennemis, à réparer ou à soigner sauf si, encore une fois, c'est un cas vital. Des questions ?
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Devant un futur roi, un mage blanc, un prince et un chef guerrier, il avait organisé toute la troupe sans que ses paroles ne souffrent aucune riposte. Non. Personne ne perturberait jamais Snape. Gandalf sourit simplement et entoura les épaules de Gimli pour l'entraîner vers la zone dont ils devaient s'occuper. Les autres avaient de toutes façons approuvé, car c'était une bonne stratégie et chacun s'envola/marcha jusqu'aux limites de la bataille pour revenir vers le centre. Ça puait atrocement, la vue du sang, des membres coupés et des boyaux étalés un peu partout firent rendre leur déjeuner (ou ce qu'ils avaient pu garder dans leur estomac) aux plus jeunes, mais ils s'acquittèrent de leur tâche. Ils étaient heureux de pouvoir aider ceux qui, malgré les coups, étaient encore vivants, recollant les membres parfois arrachés, et réduisant les plaies qui pouvaient devenir mortelles si on attendait plus de quelques heures avant de s'en occuper. Certains orcs étaient encore effectivement en vie, mais un bon coup d'épée ou un sort bien placé les envoyaient dans l'au-delà pour de bon. Ils ne virent pas passer le temps et alors que les personnes citées par Severus durent faire demi-tour, ils avaient encore une bonne heure de travail devant eux.
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- Un orc éviscéré à l'épéééée, ça uuuse, ça uuuseuh, un orc éviscéré à l'épée, ça use les sorciers !
- Draco t'es dégueulasse.
- Glorfindel est parti, on peut bien tenter de s'amuser, non ? Harry s'arrêta sur le coup, dévisageant le serpentard.
- Tu viens de vivre une guerre, sans parler de tout ce qu'il y a eu avant et tu… chantes ? Sérieusement tu me fais flipper. J'ai juste envie d'un lit et de tout oublier, termina-t-il en dégageant le corps d'un gobelin.
- Et du fessier joli de ton chéri, fit Draco en chantonnant.
- Je vais t'éclater les dents continua Harry sur la même comptine.
- Ça rime pas. Bon. Y'a encore des blessés ?
- J'en ai pas retrouvé, même avec un sort de détection. Et là j'ai un… Ohputain, fit Harry, surpris.
- Pas tirer sur les mains qui dépassent. Tu peux pas savoir si c'est raccroché à quelque chose. Ou pas. Bon je crois qu'on a fini, conclu le serpentard. On retourne au château ?
- Vaut mieux aller aider les autres pour terminer plus vite. On rentrera après.
- Amen.
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Harry parti vers Remus et Gimli, et Draco rejoint Severus et Ron. Ensemble ils purent finir plus vite, et prient les balais pour rentrer. L'infirmerie était évidemment bondée, mais en passant au-dessus, ils purent voir que bon nombre de femmes et de jeunes hommes s'occupaient et avaient de quoi soigner les blessés. Il était à peine six heures du matin, et quand Harry entra dans le hall du château accompagné des autres, son ventre se vrilla. Tout le monde était présent, et Remus qui dépassait de plusieurs têtes tous les autres, se tenait plus en retrait. Ce hall conduisait à la grande salle, mais il était assez grand pour que Harry ait de longues secondes à marcher avant d'atteindre les autres. Ses pas raisonnaient sur le marbre noir et blanc, son coeur se mit à battre beaucoup plus vite devant le silence qui l'accueilli. Le regard inquiet que posa Legolas sur lui ne l'aida pas.
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- Nous vous avons attendu, Mr Potter, bien que nous ayons fait le point sur la situation actuelle, il nous faut votre pensée sur ce qui va suivre, dit Gandalf.
- Je… Pourquoi ?
- Mr Potter, reprit Snape d'un ton étonnamment calme et prévenant. Nous avons certes gagné cette bataille. Mais vous savez ce qui doit arriver. Ce que la prophétie a annoncé.
- Je sais, répondit Harry. Je vais devoir affronter le Lord et mourir pour qu'on puisse le tuer. C'est maintenant, c'est ça ?
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Tous, sorciers mis à part, étaient choqués par le ton presque naturel de Harry. Il avait accepté depuis longtemps, et même si c'était une chose qu'il aurait voulu fuir, une force en lui le poussait à affronter ce qui l'attendait, et au plus vite. Ron posa sa main sur l'épaule de son ami. Comme beaucoup il aurait voulu le soulager de ce poids, partir à sa place, mais ils devaient ronger leur frustration et faire du mieux qu'ils pouvaient pour l'épauler maintenant.
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- Par vos actes, nous vous respecterons à travers les âges Harry Potter, vous et vos semblables, déclara Aragorn. Nous veillerons à ce que jamais le souvenir de ce que vous fîtes aujourd'hui ne disparaisse, afin que pour toujours votre esprit et votre bravoure demeure, autant que celle des courageux hobbits qui affrontent le Mordor pour nous sauver. Et c'est pour cette raison, continua le maraudeur, que nous devons agir dans l'instant. Ils sont dans les terres ennemies, à nous d'attirer l'œil du mal sur nous, peu importe ce qu'il en coûtera, afin qu'ils réussissent dans leur mission.
- Nous partons dans deux heures, des messagers réunissent déjà les hommes qui voudront nous suivre, afin qu'ils se préparent, annonça Severus. Nous partirons à pied, et faire en sorte que l'œil nous regarde.
- Pourquoi pas à balai?
- Les Nazgüls, Mr Weasley, reprit Snape. Un seul était présent à la bataille, les autres gardent le Mordor. Nous n'aurions pas beaucoup de chance contre eux, et dans l'état où nous sommes, ce serait un risque qu'il nous faudrait éviter de prendre. L'idée est que le reste de l'armée ennemie pose les yeux sur nous, et non uniquement ses généraux. Nous nous devons d'arriver sans être vus jusqu'aux Grandes Portes afin d'avoir un effet de surprise et accaparer toute Son attention. Donc aucune magie jusque là.
- Et Frodon?
- Nous ne savons pas exactement où il se trouve, dit Gandalf d'une voix teintée de tristesse. La seule indication que nous ayons, est que nous sommes en vie, ce qui signifie que l'Anneau n'est pas en possession de l'ennemi. Je gagerais pour la survie de nos amis dans les terres Noires, et c'est aussi pour cela que nous devons vider cette zone au maximum, afin qu'ils puissent passer sans rencontrer plus de difficultés, et que leur mission s'achève enfin. C'est la dernière carte que nous pouvons leur apporter.
- Et l'autre, Tom ? demanda Draco, l'air blasé. Il sera où à ce moment là?
- Si je m'en tiens à ce que je sais de lui... Tout près, dès qu'il saura que Harry est des nôtres. Il a suffisamment "insisté" toutes ces années pour avoir l'honneur d'être ton adversaire exclusif, répondit Severus en regardant le survivant, pensif. S'il se présente dès notre arrivée, nous ferons en sorte de l'affaiblir. La prophétie veut que tu le combattes, mais rien n'indique l'état dans lequel il est sensé se trouver à ce moment-là.
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Harry regarda son maître des potions, et sourit légèrement. Même lui le protégeait, à sa manière. Ils décidèrent de se ravitailler et de se remplir l'estomac, bien que peu aient faim, ils emportaient surtout de quoi ne pas mourir d'inanition sur la route. Hermione descendit plus tard au bras d'un elfe aux cheveux presque blancs et aux yeux verts, Faenorui. Après une brève accolade, elle annonça d'elle-même qu'elle devait rester soigner les blessés et tout mettre en ordre. Et bien sur, préparer une fuite si cela s'avérait nécessaire. Glorfindel l'accapara bientôt et l'emmena dans un lieu plus calme.
Les trois jeunes hommes étaient debout, ne disant rien, guettant simplement l'instant du départ. Au fond du hall, vidé de tous ses meubles, Legolas faisait de même, adossé à un mur. Le serpentard le vit et brisa le silence.
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- Je vais y aller, dit Draco d'une voix qui se voulait entendue. Voir si Severus n'a pas besoin de moi. Ou Black. Ou Gandalf...
- Ah ok, répondit Ron, les mains dans les poches, sans bouger d'un iota.
- Bouge ton cul et viens m'aider Weasley, soupira le serpentard en le tirant par la manche. Harry regardait intensément le bout de ses chaussures, remerciant silencieusement Draco.
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Il resta simplement debout, regardant le sol, attendant avec angoisse les mots qui viendraient, qui annonceraient la fin, bien plus difficile pour l'immortel que pour lui-même. Il cru attendre une éternité, l'âme en suspens, l'esprit vidé. Et sans qu'il entendit le moindre bruit de pas, il sentit sa chaleur, un seconde avant que deux bras ne l'entourent. Les premières larmes coulèrent, suivies par beaucoup d'autres, bercées par les murmures de l'elfe. Legolas attendit patiemment, caressant la tête du gryffondor, plus petit que lui, le pressant contre son cœur.
Harry se détacha finalement, et naturellement, prit les lèvres douces contre les siennes. Un instant, trop court, une simple bouffée d'air.
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- Je suis désolé, murmura Harry.
- Non. J'ai choisi ce chemin, et je savais ce qu'il adviendrait. J'ai pu voir cet instant, grâce aux dons de la Dame, et il m'a été donné de prendre une autre vie. Et me voici.
- J'aurais préféré que tu ne te retrouves pas seul. quand je serais parti, dit-il après un silence.
- Et j'aurais infiniment préféré prendre ta place. Savoir ce que tu te dois de faire m'est insupportable, mais comme tous, je dois me résigner et être fier de ta détermination.
- Je t'aime, murmura Harry avant de l'embrasser de nouveau.
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Ils restèrent un long moment enlacés, avant que l'elfe n'entende un bruit, et ne les sépare. Il savait que Harry tenait à cette intimité. Gandalf ouvrit la grande porte de bois et comme s'il craignait les oreilles indiscrètes, la referma prudemment derrière lui.
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- Mithrandir?
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La vieux mage sembla chercher ses mots, tout en s'avançant. Il s'adressa directement à Harry.
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- Les hommes du Rohan ont prêté la totalité de leurs bêtes en état. Nous passerons directement par les grandes portes. Et plus de huit mille hommes nous suivront, de nombreuses compagnies se formes sous les ordres d'Aragorn.
- Mais...? Demanda le gryffondor.
- Mais malgré tout, nous ne savons pas quand Il apparaîtra pour toi, Harry Potter. Et nous ne savons pas de quels pouvoirs il dispose. Sans compter qu'il n'est pas seul Seigneur Noir sur l'Arda.
- Vous voulez dire qu'il pourrait attaquer n'importe quand?
- Surtout attendre, en réalité, répondit le mage à Legolas. Une prophétie est telle qu'on ne peux la contrer. Mais rien ne dit quand elle doit se passer. Notre ennemi est immortel de par son ancienne nature elfique et la magie noire qui a engendré ce qu'il est devenu. Je crains que le vôtre n'use de cette source pour se donner également une vie plus longue, au-delà du morceau d'âme ancré dans l'Objet Unique. Il lui serait alors plus profitable d'attendre dans l'ombre, et de ne frapper que lorsque nous serions en peine.
- Ce n'est pas le cas? Demanda Harry.
- Vous êtes entouré, et notre armée à vaincu. L'un de ses généraux est mort, et nous allons en ce moment même à ses portes tandis qu'il ignore où se trouve son atout le plus précieux, expliqua Gandalf. Mon dilemme se trouve en cela que je crains de vous voir partir à la mort dans les jours qui viennent, et que je crains encore plus une victoire de votre ennemi, sinon des deux nôtres dans un futur plus éloigné.
- Pas la peine de vous culpabiliser, dit le brun avec un sourire faible. Je préfère qu'on n finisse vite. S'il ne sors pas, c'est moi qui irais le chercher.
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Comme l'avait dit Gandalf, plus de douze mille hommes étaient partis de Minas Tirith, battant la terre, en direction du Mordor. Fiers et apeurés à la fois, ils revendiquaient des territoires qui longtemps étaient restés aux mains des orcs. Ils allaient directement sur la porte du nord, laissant Minas Morgul afin que Sauron n'y prête aucune attention, puisque c'était par là que Frodon et Sam étaient entrés. Quatre jours furent nécessaires pour rallier le pays de cendres et de fumée, quatre jours durant lesquels aucun sorcier ne fut capable d'apporter la moindre joie.
Tout allait se finir. Ils se jetaient das la gueule du loup, sans même l'espoir ou l'intention de revenir. Et si Harry restait le plus souvent près de Legolas, et Draco près de Severus ou Sirius, Ron rongeait son frein. Il n'avait pas réellement besoin de compagnie, mais c'était à présent qu'il le voyait. Il avait accompagné Harry dans ce voyage fou, et jamais il ne le lui reprocherais, mais... Le Terrier lui manquait. Bien plus fort qu'il n'aurait dû en cette situation tragique, il lui semblait qu'il allait à la mort sans cette partie de son âme restée dans cet autre monde. Il aurait pu mourir à Poudlard, il aurait été en paix. Mais ici... Ce n'était pas sa patrie, et cela ne le deviendrais jamais, si futur il y aurait.
Au dernier carrefour, Aragorn libéra les hommes qui flanchaient, des fermiers et des artisans pour la plupart, et ne tenaient plus de peur face à la menace que représentait Sauron et son armée. Il leur laissa le soin de parcourir la contrée, et de défendre les villes proches du Mordor contre les orcs, afin qu'ils puissent s'en aller sans honte.
Six mille hommes restèrent.
Quand les elfes virent au loin les grandes portes, ils surent que la nuit qu'il restait serait leur dernière. De nombreux feus de camps furent montés, et la garde devait se relayer de sorte qu'aucun ne ferait plus d'une garde, et pas plus d'une heure chacun.
Harry, Draco et Ron restèrent un moment, nullement dérangés, et alors que cela lui pesait trop, plutôt que de laisser l'angoisse lui nouer la gorge, Draco se leva, et se tourna vers Harry qui fit de même. Il tendit simplement son bras et Harry accepta cette poignée de main comme autant de mots qui n'auraient pu traduire leurs sentiments respectifs. Ils se regardèrent dans les yeux une longue seconde, avant que le blond ne parte sans un mot. Ron soupira, et baissa la tête. Il se leva, et sans autre cérémonie, prit son meilleur ami dans ses bras. Il lui semblait déjà avoir vécu cette scène, bien trop tôt, avec ce même sentiment de tout détruire, d'en dire trop, ou pas assez s'il parlait. Il serra un peu plus fort, un peu plus longtemps, et retient les larmes qui grossissaient. Il posa simplement sa main sur l'épaule de Harry. Sa main terreuse, écorchée et abimée. Il sourit avant d'aller sous sa tente. Harry détourna les yeux en voyant les épaules de son ami se secouer légèrement.
Harry se dirigea naturellement vers la tente où Legolas dormait. C'était sa dernière nuit, les gens ne faisaient pas attention à ce genre de détails. Il n'avait pas peur, en tout cas, pas pour lui. Il imaginait l'elfe encerclé d'Uruks, et finir blessé. Il savait que cela arriverait, et qu'il n'y pourrait rien. Pas même être simplement là pour sa fin. Alors il comprit la pensée de l'immortel à son égard.
Il retira ses baskets, et poussa la toile. Il l'avait réveillé, il le savait, mais Legolas restait allongé sur sa couche, tournant le dos à l'entrée. Enfin ce qu'il nommait une couche. Le sol, en fait. près de lui, un fin matelas de plumes, avec une couverture chaude et un oreiller attendaient. Harry sourit, et retira ses vêtements, lentement, conscient que l'elfe savait exactement ce qu'il faisait. Demain, ils combattraient Sauron, demain, il mourraient et demain, ce serait leur dernier lever de soleil. Mais demain n'était pas encore là.
Le sorcier garda son caleçon noir, et s'assit près du corps délicat. Il laissa glisser ses doigts le long de la cuisse, remonta jusqu'à la tunique argentée qu'il accrocha pour la relever. Legolas se tourna alors, plongeant ses yeux océan dans les prunelles vertes, et sans un mot, s'assit à demi pour retirer le vêtement. Harry ne se priva pas pour détailler les muscles étirés sous le mouvement, les abdominaux qui se contractaient au rythme de la respiration, et surtout... cette chevelure qui redescendait en cascade sur les épaules solides de l'immortel. L'elfe s'allongea de nouveau, attirant le gryffondor à lui pour un baiser profond. Harry en profita pour basculer au dessus de lui, et se retrouver finalement allongé sur la couche. Il attira son amant entre ses cuisses, mais Legolas, au lieu de les déshabiller, mima simplement l'acte, frottant leurs peaux au travers des tissus, esquissant un sourire en voyant le caleçon absorber les perles de pré-sperme qui s'échappaient. Arqué au dessus du corps couleur de miel, l'elfe continuait de donner des coups de reins, les muscles tendus, le visage à quelques centimètres de celui de Harry.
Le brun voulu parler, supplier, mais un baiser possessif, presque violent le fit taire. Il ne voulait pas que cela se finisse trop vite, il n'y aurait plus d'autres occasions, et pour sa dernière nuit, il comptait bien réveiller Sauron en personne.
Il donna un nouveau coup de rein, son pantalon gonflé buttant contre le caleçon trempé à présent, et senti les ongles de Harry lui griffer les reins. Il s'appuya simplement sur un coude et tient fermement le sexe du gryffondor à sa base, arrachant un cri au sorcier.
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- Pas tout de suite, Harry. Retiens toi.
- Legolas... Viens... s'il te plaît...
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L'elfe ne répondit pas, et la main toujours sur le membre prêt à exploser, se baissa simplement. Harry ouvrit grand les yeux en voyant la chevelure lui caresser le torse. Il ne pourrais pas tenir. Il cru mourir de plaisir en sentant la bouche presser son sexe au travers du tissu, il avait l'impression de venir à chaque seconde, mais la main qui l'entourait l'en empêchait, le frustrant, et l'excitant plus encore.
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- Legolas...
- noch enni... (2)
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Harry ancra son regard dans celui de Legolas, qui avait cessé son traitement, l'empêchant cependant toujours d'arriver à ses fins. Il comprenait en un sens ce que l'elfe lui demandait, et dans les deux lacs glacés qu'il voyait, il sentait un trouble intense, une peur qu'il refuse, son âme toute entière mise à nue, capable d'accepter qu'il la poignarde. Le survivant sourit simplement avant de murmurer.
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- Depuis toujours. Jusqu'à la fin.
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Le sourire de Legolas lui fit battre le cœur un peu plus vite. Le moment l'avait un peu calmé, mais l'elfe ne se soucia pas de son état, et libéra sa prise. Il n'eut qu'à se mettre assis entre les cuisses du survivant pour que ce dernier retrouve sa vigueur. L'immortel les déshabilla, avec beaucoup de douceur, embrassant la peau sous lui à chaque geste, laissant Harry jouer avec ses cheveux et ses oreilles. Il se remit entre les cuisses de son amant, mais n'eut pas à mimer. Harry vit Legolas prendre son propre sexe pour le diriger, Les traits tendus, partagé entre l'excitation et la prudence. Harry n'eut qu'à relever une jambe pour sentir ses chairs s'écarter de la manière la plus délicieuse qui soit.
Dès qu'il fut en lui, Legolas se coucha sur Harry, donnant de lents et puissants coups de reins, arrachant un cri au plus jeune à chaque fois. Il entourait sa tête de ses bras, et leurs visages, en plein effort, se touchaient par le front.
Le bruit de leurs chairs dégoulinantes de sueur, qui s'entrechoquaient, achevait de les exciter, et même l'elfe ne retenait plus ses gémissements. Une fine buée se formait devant sa bouche alors qu'il haletait, et Harry senti qu'il viendrait pour de bon quand la main de son amant accrocha son fessier, glissant légèrement sur la sueur qui recouvrait sa peau. Legolas souleva légèrement les reins du survivant, et accéléra légèrement, cambré, la tête en arrière. Harry le senti plus profondément encore, et il se laissa à écarter largement les cuisses, relevant encore plus ses fesses. Il ne fallut que quelques coups de plus pour qu'il gémisse dans sa jouissance, recouvrant son ventre de son propre sperme. Legolas profita de l'état de son amant pour buter avec force dans le fourreau contracté, avant de se répandre en lui dans un cri rauque.
Il fallut de longues secondes à l'elfe, agenouillé, le corps recouvert de sueur, pour reprendre ses esprits. Il se retira lentement, avant de se coucher près de Harry, le lovant dans ses bras. Dehors, une sentinelle s'éventa le visage, rouge de confusion.
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Sirius regarda son protégé dormir et rajusta les couvertures. Il avait du concocter un breuvage de sommeil avec les plantes à disposition pour que Draco s'endorme et se repose un peu. Maintenant il voyait enfin le visage d'ange qui se cachait sous le poids des épreuves. Il ne voulait que graver cette image avant que le soleil se lève de nouveau.
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Sous sa main, un faible battement se fit ressentir (1) : Dans le livre, Sam ne découvre que longtemps après que Frodon n'est pas mort, et ça m'arrange pas xD
noch enni... (2) : Sois à moi (impératif, j'ai du batailler avec les voyelles et les règles grammaticales elfiques mais bref c'est BEAU QUOI )
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Vouala! Non, c'est pas encore la fin, je pensais pouvoir la faire en un chapitre mais spa possible en vrai. Du coup faudra attendre le chapitre suivant pour la fin et un autre pour l'épilogue ^^
Encore pardon pour l'attente de QUATRE ans, mais cette fin était dans ma tête et je voulais vraiment la poster =)
des poutoux quand même ^^
Et merci aux reviews, je les lis toujours, j'ai juste beaucoup de choses à faire (commandes, et travail, je préfère que vous ayez un chapitre à lire, à choisir) du coup je peux pas forcément répondre mais MERCI vraiment du fond du coeur!
à très vite pour la suite!
