L'homme et la bête
Je n'ai aucun rythme prédéfini de post pour cette fiction, du coup, je suis en train d'enchainer les chapitres XD Ca ne fait aucun sens mais osef !
Alors ! Franchement, vos réactions en réactions en reviews m'ont fait hurler de rire ! Y en a qui sont déjà en train d'imaginer la suite avec des délires de ouf ! Mais je vous adore tellement (Asahi, purée… XD j'en peux plus de toi !)
Du coup, je risque de vous choquer pas mal sur le scénar' mais c'est ça qui est bon ! Je suis trop contente que cette fiction vous plaisez ! Puis elle me prend moins la tête (pour l'instant) que Deux Cœurs brisés. En même temps, c'était le but. Après ce gros morceau, je voulais un truc plus cool à écrire et moins… euh… gore ? Ouais, bah vous comprenez ce que je veux dire, façon.
Reviews !
Guimette :
Oh oui, du lourd, mi amore~ ! Ça va être sale ! Si tu kiffes la fourberie de Francis, tu kifferas la suite (j'espè/se prend une brique parce que, merde, il faut maintenir la hype en ayant l'air sûr de soi/) Pas de soucis pour ta constructivité de minuit, ça m'a bien fait rire ! Merci et bisou !
Asahi et sa review-roman :
Continue à m'écrire des trucs comme ça, vraiment ! C'est un vrai plaisir de voir une analyse aussi poussée (avec un humour comme le tien, en plus). Je me doute que c'est pas compliqué à comprendre, je me casse un peu moins la tête, cette fois-ci, même si je n'ai pas prévu de bâcler le scénario pour autant. C'est vrai que je vais vite mais, pour installer la suite, je vois pas comment faire durer les choses X) Je ne peux pas réagir sur tes merveilleuses spéculations au risque de spoiler mais… c'était cool à lire. Vraiment ! Je t'adore de plus en plus, toi !
Beyond :
Et moi je t'adore du plus profond de mon ***** /blague sexuello-dégueulasse annulée/ Je sais pas trop si avoir Arthur en patron est une bonne chose XD C'est un vrai tyran ! En même temps, faut le comprendre, le pauvre, il a une vie de merde ! J'ai hâte de continuer à lire tes commentaires~ ! Gros poutou pour toi !
Nunaat :
Les conventions, on s'en balek' ! Yeah ! Relevez tous vos T-shirt pour danser la macarena ! Et fuck la morale ! On veut juste les voir baiser ! Ouais ! /brique/ Hum, hum, hum… Où est passé mon sens du service ? Je me souviens plus comment j'ai eu l'idée de cette fic… mais une chose est sûre, je continue d'en avoir n'importe quand pour l'embellir (je viens de m'imaginer un petit quelque chose qui serait… drôôôle…) Je te laisse lire oklm, beautyyy ! Kiiisss !
Mimichan :
Je t'offriais une baie vitrée tournée plein sud pour ton anniversaie U.U Nan, ne me remercie pas, chez Kurea-chanCorp, on a le sens du service (looool). Ah mais l'opportunisme de Francis, vous avez pas fini d'en entendre parler ! On ne change pas une équipe qui gagne ! Après, le délire va être de justifier son comportement et de voir s'il va évoluer un peu (et si oui, dans quel sens). Merci pour ta review, je te kiss sur les deux joues (deux fois, comme à Paris – NanParceQueDansDautresRégionsCestTroisOuQuatreTasVu)
Ambrecleo :
Ce pauvre Arthur a de quoi être indécis, il ne pige que dalle à sa vie ! Et c'est ça qu'on aime ! (parce que j'ai bien eu le temps de remarquer que mes lecteurs étaient des sadiques malades mentaux, donc ça leur plait). Oui, le Francis est pas net du tout pour l'instant, alors va falloir que je pense à insérer des indices sur… /se tait parce que risque de spoil/ Vive les phrases qui n'ont pas de sens ! Merci beaucoup pour ta review ! Je te souhaite une bonne journée ! Kiiiss !
Bon, dans la série « on continue sur notre lancée », on est pas mal là ! Ce chapitre met les choses en place (est supposé les mettre en place, plutôt). Et je ne vois pas trop quoi rajouter.
Du coup : Bonne lecture !
Et rien ne m'appartient !
Chapitre III :
C'était chose faite. Francis s'était englué dans une situation assez critique, comme il l'avait fait quelques années auparavant. Soit, il devait maintenant s'y jeter à corps perdu. La moindre hésitation, le moindre doute, pourrait provoquer sa chute. Et celle d'Arthur. Et ça, c'était inadmissible. Déjà parce que Francis en avait beaucoup trop bavé pour que tous ses efforts soient réduits à néant, puis aussi parce que le pauvre Kirkland n'était qu'un enfant perdu, une victime de la malice de sa propre existence. Il ne recherchait que l'absolution de sa vie, quelque chose pour oublier qu'il s'était fait avoir à son propre piège. C'était presque un honneur que Francis obtienne le rôle du libérateur. Il n'en espérait pas tant.
Ils avaient signés un contrat, le lendemain de leur décision commune, qui ferait office de preuve, en quelques sortes. Ils se faisaient confiance, mais c'était toujours rassurant de savoir que si l'un tombait, il avait la possibilité d'emmener l'autre dans sa chute. Après tout, l'adultère peut être puni par la justice. Et ne parlons pas du proxénétisme dont avait fait preuve Francis depuis le début de sa carrière. Déjà qu'il était en désaccord avec la Justice, ne manquerait plus qu'on découvre son secret.
En tout cas, ils étaient maintenant liés par un lien atroce et avilissant mais qui, paradoxalement, les contenta tous deux. Francis avait accepté de répondre présent à toutes les demandes de son patron, en échange de quoi il recevrait de généreuses sommes d'argent. C'était exactement ce qu'ils désiraient tous deux. Donner du bon temps à quelqu'un, qui n'avait aucun regard critique sur lui, contre un bien monétaire. De la prostitution, donc ?
Francis haussa les épaules en y pensant. Rien ne l'avait obligé à accepter et le contrat pouvait être brisé facilement si les deux partis décidaient du jour au lendemain de tout arrêter. C'était un choix commun et Francis voyait plutôt ça comme un échange de services. La prostitution est une chose malheureuse, lui ne l'était pas.
Il n'y avait aucun problème.
Après trois jours, Francis avait entièrement achevé ce dossier qu'Elizaveta lui avait confié, prêt à aller le remettre à son cher patron frustré qui continuait d'entretenir sa réputation de râleur et de sorcier, ce qui faisait beaucoup rire le Français. Ô comme il allait s'amuser avec lui.
Il tapa à la porte de son bureau, après avoir reçu des encouragements de ses collègues parce que, franchement, « aller voir le sorcier avec un tel sourire aux lèvres, ça relève du miracle ! » et ils étaient si loin du compte que Francis en rit intérieurement. Il n'avait jamais craint Arthur et ça n'allait pas commencer maintenant.
« Entrez ».
Il s'exécuta avec sa démarche joyeuse. Lorsqu'il pénétra dans le bureau, tourné plein sud, un grand soleil montant lui explosa à la figure, d'un orange pétant, lumineux et aveuglant, le forçant à camoufler ses yeux fragiles. Ce bureau aussi n'était composé que de baies vitrées côté rue. La vue était magnifique, mais le soleil était atroce. Voilà pourquoi Francis préférait la nuit. Il se sentait bizarre de savoir que sa folie nocturne avait maintenant déteint sur sa vie diurne. Le sexe, l'argent, c'était pour la nuit. Le jour, il aurait dû continuer à être le petit ange parfait et efficace. Mais ses besoins l'auraient bien rattrapé à un moment ou un autre.
Assis sur son fauteuil à roulettes, Arthur cacha ses joues rougissantes dans le soleil violent qui colorait son visage de cette beauté chaude et étincelante. Il essaya de rester digne, donnant un coup de pied léger dans son bureau pour projeter son fauteuil plus loin et obtenir la place de se lever.
« Qu'y a-t-il… Francis ? »
Ah oui, autre chose notable : les noms. C'était devenu un mot de passe. « Bonnefoy » et « Kirkland », c'était pour la forme, quand quelqu'un était susceptible de les écouter, alors que « Francis » et « Arthur », c'était pour le privé, pour le contrat, signe qu'ils étaient seuls et pouvaient parler à cœur ouvert.
Francis lui raconta que leurs clients les plus prestigieux avaient été déçus du dossier de vente qu'ils avaient reçu – et l'énervement d'Arthur était palpable lorsqu'il entendit ça –, mais Francis rattrapa le coup lorsqu'il le vit blêmir (rien qu'à l'idée du travail que ça lui coûterait de tout recommencer) en lui montrant le nouveau qu'il venait de finir. Arthur cligna des yeux, recevant le dossier comme un enfant à qui on donnait un bonbon. Il avait un peu de mal à croire qu'il n'avait plus rien à faire pour arranger la situation.
Automatiquement, Kirkland alla se poser à son bureau, parcourant le dossier en diagonal pour se faire une idée globale du travail de son employé. Amusé par son air concentré et un peu revêche, Francis alla s'appuyer contre le bureau, les bras croisés, juste à quelques centimètres de lui, pour le pur plaisir de le voir se tendre et rougir. Kirkland était toujours un peu gêné par leur proximité mais ce ne serait plus qu'une question de temps avant qu'il ne chercher lui-même des contacts de plus en plus dangereux. Jusqu'au vertige.
Plus pour s'échapper de cette proximité qu'autre chose, Arthur posa les pieds sur son bureau comme si ses jambes tendues allaient servir de bouclier en cas d'attaque. Il était loin d'imaginer que c'était justement ce genre de position qui pouvait émoustiller. De toute façon, tout était susceptible d'émoustiller Francis.
Ce dernier s'amusa à le faire tourner en bourrique en caressant sa cheville du bout des doigts. Faisant mine de ne rien voir ni sentir, Arthur continua sa lecture, mais il peinait de plus en plus à se concentrer. Pour preuve, il lisait moins vite.
« Francis… Arrête ça…
_ Oui, monsieur ».
Arthur inspira profondément. Ce petit jeu des noms l'excitait. Puis « monsieur » inspirait un rapport de force qu'il appréciait. Francis était décidemment doué pour mettre ses interlocuteurs dans sa poche. Il savait ce qui faisait plaisir et ce qui lui attirerait des compliments. Un homme très dangereux.
Devenu tout silencieux et tout calme, comme le petit ange qu'il était, Francis regarda le ciel en laissant lire son boss, attendant le compte-rendu et l'avis qui en découlerait. Cinq minutes plus tard, une paire d'yeux verts allèrent à la rencontre de leurs homologues bleus.
« Alors~ ? susurra le Français. Verdict ?
_ Pas même une faute de frappe… Tout est… parfait… »
Et l'avouer sembla le statufier sur place. Francis ronronna de ce compliment avant de se redresser face à l'autre, le corps baigné dans cette lumière aveuglante qui le mettait bien plus en valeur qu'il ne l'imaginait. Le haut gradé contempla cette splendeur avec une lueur d'envie dans le regard, commençant à se lécher les lèvres subtilement.
« Que dois-je faire, maintenant ?
_ Ne bouge pas…, ordonna Arthur ».
Ce dernier se délecta de voir son objet lui obéir – avec le sourire en plus – et fixa ce corps parfait sans honte, se complaisant dans son voyeurisme avec la tête du fils de riche qui appréciait son trophée (tiens, peut-être parce que c'était le cas).
« Francis…
_ Oui ?
_ Viens… »
Il avait ouvert les cuisses avec un regard empli de luxure et un sourire de conquérant. Le message était clair. Ce dépravé attendait quelques cajoleries sous le bureau. Preuve était son début d'érection. En fait, un rien les excitait tous les deux. Ça promettait pour la suite.
Avec plaisir, Francis s'agenouilla, acceptant cette domination des passions. Il restait en position de force car étant celui qui procurait l'extase, mais laissait à Arthur cette sensation chérie de contrôler quelque chose dans sa vie. Il en avait tant besoin, et Francis était là pour lui faire plaisir, même intellectuellement ou psychologiquement. Et même, en quoi était-ce dérangeant ? Il assumait tous les rôles à merveille.
Un peu pour se donner l'illusion de ne pas être en train de commettre l'indécence absolue, Arthur fit mine de lire plus en détail le dossier qu'il avait parcouru, s'attirant un sourire amusé de son complice. Celui-ci le libéra de son pantalon pour débuter une caresse licencieuse. Son pouce entama quelques légères pressions sur le gland alors qu'il entourait le haut de la verge avec le reste de sa main. Lorsqu'il ôta son pouce pour descendre sa main à la base du sexe, une goutte de liquide pré-éjaculatoire les relia, témoin indiscutable du plaisir naissant de l'Anglais. Celui-ci commençait à respirer fort, et davantage lorsqu'une langue un peu râpeuse titilla son gland, récoltant ce liquide criminel qu'il dégusta avec volupté. Quel plaisir que de se noyer dans la luxure, surtout en sachant qu'on allait en récolter quelques bénéfices après.
Sa bouche s'attaqua donc au sexe, et sa main chatouilla les bourses pour diversifier les sensations. A voir les tremblements du Britannique, ce traitement ne le laissait pas de marbre. La verge coulissait dans sa gorge à un rythme qui alternait entre une lenteur aussi frustrante que profonde et une rapidité passionnée. N'étant pas novice dans ce domaine, Francis travaillait sa déglutition pour ne pas avoir de haut-le-cœur pendant l'acte. Il pouvait alors avaler l'intégralité de ce sexe turgescent pour maximiser les sensations. Dire que dans sa jeunesse, il avait fait la grimace à la simple mention du sexe « oral » et s'était juré de ne jamais faire cette chose qu'il avait jugée dégradante : la gorge profonde. Le genre de pratique à retrouver sur YouPorn en première page, et le voilà plusieurs années après, à sucer son patron, à genoux sous le bureau, pour du fric. Et sa mère qui le croyait presque vierge… Ironie du sort…
Et le pire, c'était qu'il se savait doué à force de pratiquer. Sauf que contrairement à un couple stable qui aurait appris au fil du temps à force de faire l'amour, lui avait appris d'une manière moins noble. C'était le seul bémol.
Une main caressa sa joue, attrapant quelques mèches de cheveux blonds dans le même coup. Francis releva les yeux sans modifier le rythme de sa bouche autour de la verge tendu à l'extrême. Ce petit regard libidineux en plein acte avait tout de vicieux et de malvenu, mais pourtant, c'était cette malice qui attirait tant Arthur. Ce jeu avec les règles, avec la morale, incarné dans ce visage montant et descendant sur son pénis, fit grimper sa jouissance plus vite.
Et puisqu'Arthur lui avait envoyé la veille même un document médical certifiant qu'il était totalement sain et n'avait aucune maladie sexuellement transmissible, Francis le laissa venir dans sa bouche, aspirant le liquide fuyard pour qu'aucune trace ne soit visible dans le bureau. Il ne fallait aucune preuve de ce crime.
Les mouvements répétitifs et la concentration extrême dont Francis avait dû faire preuve pour en arriver à ce résultat l'avaient fatigué un peu. Le sexe n'était pas sans inconvénient, aussi plaisant soit-il. Cependant, il n'allait pas s'enfuir comme ça. Avant tout, il s'appliqua à lécher consciencieusement le phallus ramolli de son patron pour y recueillir les dernières substances malfaisantes.
Et bien sûr ce fut à ce moment-là qu'on tapa à la porte. Francis se recula immédiatement sous le bureau et Arthur avança son siège pour que celui-ci cache son vêtement ouvert. Il ne pouvait pas trop faire attendre son visiteur, au risque de paraitre suspect. Il allait juste devoir éventuellement expliquer ses rougeurs et sa sueur.
Il n'eut même pas à prononcer une autorisation d'entrée puisque le visiteur se le permit de lui-même (heureusement qu'ils avaient eu le bon réflexe en se cachant).
Un colosse russe était entré, un léger sourire aux lèvres – comme d'habitude – et il s'avança vers Arthur d'une démarche assurée, apparemment détendu. Bon signe, déjà. Surtout que puisqu'il s'agissait du grand PDG de l'entreprise, il avait intérêt à être de bonne humeur. Ça semblait évident qu'un grand patron doive se déplacer de lui-même vers ses subordonnés pour les conseillers, mais là, ça tombait assez mal.
« Kirkland ! Comment allez-vous ?
_ Bien, monsieur. Je vous remercie.
_ Vous êtes sûr ? Vous me semblez un peu… souffrant.
_ J'ai appris une mauvaise nouvelle qui m'a mis en rogne, mais ça va mieux maintenant.
_ Bien, temps mieux dans ce cas ! Je suis désolé de passer sans prévenir mais j'ai entendu parler d'une histoire de client mécontent qui aurait ordonné à votre service de refaire un dossier de A à Z.
_ Effectivement. Et c'est chose faite.
_ Vraiment ? s'enthousiasma le Russe. Mais c'est merveilleux ! Moi qui pensais devoir redonner des consignes, je suis admiratif de votre travail, Kirkland.
_ Il n'est pas de moi mais de Francis Bonnefoy. J'ai reçu le dossier il y a une demi-heure environ ».
Véridique.
Francis salua intérieurement l'honnêteté intellectuelle de son patron qui ne s'attirait pas les mérites d'autrui pour se faire bien voir. Quelle charmante personne. Et que son nom soit prononcé devant le grand chef en personne… ça n'avait pas de prix.
« Il faut que j'aille de ce pas le féliciter pour son initiative, sourit Ivan Bradinsky. On lui doit une fière chandelle. Savez-vous où je peux le trouver à cette heure ? »
Entre mes cuisses, n'était peut-être pas la bonne réponse à donner.
« Soit dans son bureau, soit parti se chercher un café, je suppose ».
Ivan le remercia et s'en alla après avoir réglé deux-trois bricoles avec lui. Ce dernier soupira lorsqu'enfin, la porte se referma pour de bon. Francis en profita pour sortir de sa cachette, réajustant sa chemise. Que d'émotions pour si peu !
« Va vite à la machine à café, lui conseilla Arthur en s'étirant de tout son long. Il va sans doute vérifier ton bureau en premier.
_ A vos ordres, monseigneur ».
Un sourire complice leur échappa à tous les deux. Cette petite aventure allait devenir monnaie courante, alors autant s'y habituer dès maintenant.
Dans son attitude parfaite d'homme civilisé, la bête quitta le bureau avec un sourire joueur, puis reprit une figure d'imbécile heureux pendant tout le trajet, chantonnant presque avec amusement. Il fut cependant percuté sur le chemin par une tornade brune.
« Vee ! Je suis désolé !
_ Feli ? Mais où cours-tu ? »
L'Italien, qui avait à peine commencé à repartir après ses sincères excuses, vit volte-face en reconnaissant la voix de Francis. Il se jeta alors à son cou pour lui faire un câlin fraternel.
« Franciiis ! Je suis tellement désolé de t'avoir percuté ! Et en plus je ne t'ai pas reconnu tout de suite !
_ Tu ne regardais pas où tu allais, c'est normal. Alors ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
_ Eh bien tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé ! »
Francis eut peur.
« Euh… rien de grave, j'espère… ?
_ Non, bien sûr ! C'est même génial ! Figure-toi que j'ai été nommé délégué syndicat ! Je vais représenter tous les travailleurs du service devant le patronat pour améliorer leurs conditions de travail ! C'est pas génial, ça ? »
Francis avait eu raison d'avoir peur.
Mais qui, dans ce foutu monde, avait jugé intelligent de donner cette responsabilité à un enfant encore plus niais que lui ? Feliciano versus Arthur ? Mais quel massacre cela allait être ! Et contre Ivan, n'en parlons pas ! Feliciano était la gentillesse et la pureté incarnée (un peu dans le genre de Matthieu Williams mais à un niveau encore plus puissant). Alors, certes, ça faisait de lui le salarié le plus humain de l'entreprise, mais le foutre à la tête d'un syndicat… à quoi pensaient les gens ? C'était un défi ou quoi ?
« Alors, c'est cool, pas vrai ?
_ Oui… Oui, bien sûr ! répliqua le Français. Mais ça va être compliqué de tenir ce poste. Tu vas y arriver ?
_ Evidemment ! Je te défendrais contre Kirkland si tu es en danger ! Promis ! »
Cette naïveté était absolument adorable. Francis ne trouva pas la force de lui faire part de ses inquiétudes, il préféra le laisser gambader dans les couloirs, des fleurs se dégageant presque de son visage. Au moins, il était motivé.
« Ah ! Bonnefoy ! Enfin, je vous trouve !
_ Monsieur Braginsky, fit mine de s'étonner le Français. Quel bon vent vous amène ?
_ Je voulais vous féliciter au sujet de votre participation bénévole à la reprise intégrale du fameux dossier dont tout le monde parle depuis hier. C'était une très bonne initiative de votre part, je vous en félicite.
_ Oh ! M-merci, monsieur… C'était avec plaisir ».
Fier de la bonté naturelle qui se dégageait de son interlocuteur, le PDG échangea quelques mots pour faire plus ample connaissance, agréablement surpris de la gentillesse et de l'intelligence de cet homme. Coup de maître pour Francis. Il grimpait dans son estime. Il avait donc bien eu raison de penser que travailler ce dossier lui apporterait des avantages. L'art était de tirer son épingle du jeu. Il aurait peut-être une prime ou une augmentation pour son effort. Enfin, il espérait. Avec un peu de chance, Arthur l'y aiderait…
En parlant de ça, Francis entendit une petite sonnerie venant de sa poche et s'aperçut qu'il avait reçu un courriel de sa banque. Un versement venait d'avoir lieu sur son compte, et bien entendu, sa banque le prévenait. Pour ne pas paraitre trop suspect, Arthur y allait par petites vagues. Il n'allait pas lui envoyer des sommes astronomiques en un coup, il fallait de la subtilité pour ne pas se retrouver avec un contrôleur fiscal au cul. Surtout qu'Arthur avait joué au plus malin en rendant le versement légal, comme une grosse prime – et vu les bonnes actions que Francis faisait et sa récente implication avec ce dossier parfait, le versement en devenait crédible. Arthur était son patron, c'était « normal » qu'il le paye.
Jackpot intégral.
Mais ce n'était guère assez pour l'instant. L'argent entrerait avec le temps, il fallait être patient.
Francis se connaissait. Pour l'instant, il pataugeait un peu dans des incertitudes mais bientôt, très bientôt, il prendrait le coup de main et s'habituerait à ce style de vie. Il se lèverait le matin, heureux et conquérant, travaillerait honnêtement la journée et entrecouperait ce travail d'une partie de jambes en l'air contre le mur, et avec l'efficacité d'Arthur, il recevrait son argent le soir même et s'endormirait comblé. Et s'il doutait ou se plaignait d'être trop attaché à la prise de fer du Kirkland, il fuirait au bar le soir afin de changer de partenaire, et de s'oublier un peu. De toute façon, il était écrit noir sur blanc sur le contrat que tous les deux gardaient une liberté totale sur leur sexualité et vie privé, en-dehors des moments où Arthur exigeait sa présence. C'était la seule occasion où Francis avait l'extrême obligation de laisser tomber tout ce qu'il faisait pour accourir vers son patron et accepter ses demandes.
Mais à part ça, il était libre comme l'air. Si demain, il lui prenait l'envie de retourner Elizaveta contre la photocopieuse – ce dont il n'avait pas spécialement envie, actuellement –, Kirkland n'y pourrait rien et devrait juste se taire. C'était encore plus jouissif comme situation. Une liberté sous contrainte.
« Francis… ».
L'interpelé fit volte-face, trouvant un petit Matthieu tout timide devant lui, les joues un peu rouges et le regard fuyant.
« Quelque chose ne va pas, mon petit ?
_ Non, je… je voulais juste te remercier… pour ton aide de la dernière fois… Heureusement que tu as parlé à Beilschmidt… et à Kirkland aussi… Et aussi merci à ton aide pour la reprise de mon dossier. Kirkland était satisfait… Enfin… Il y a tellement de choses qui nécessitent que je te remercie… Tu m'as protégé et aidé… Kirkland est même venu s'excuser, un petit peu, et… ça m'a fait plaisir. Merci, Francis ».
Celui-ci se sentit fondre sous ces délicieux remerciements. Quel plaisir que d'être adulé par un être aussi adorable. Oui, parce que, en plus d'avoir mis Gilbert sur le coup, Francis avait parlé (innocemment bien sûr) de ce pauvre petit Matthieu, si gentil et si mignon, à son supérieur. Arthur, n'étant pas un idiot, avait vite compris le message et avait pris sur lui pour reconnaitre qu'effectivement, le jeune Williams ne méritait pas autant de remontrances.
Comme quoi, sauter son patron pouvait aussi être un avantage pour les autres, même s'ils n'en avaient pas conscience.
Et voilà.
A nouveau, Francis s'était fait bien voir. Et cet acte philanthrope allait passer de bouche-à-oreille à la cantine ou dans les salles de détentes ou autour de la machine à café, candidement, au cours d'une discussion ou d'une autre. Et petit à petit, sans même y penser ou s'en apercevoir, tout le monde finirait par connaitre Francis, au moins de nom, et il gagnerait le respect de tous. Le plan était là.
Par réflexe, il tapota sa poitrine pour sentir son pendentif fétiche, celui avec lequel il se promenait partout, son porte-bonheur, caché sous sa chemise.
Son plan. Son but dans la vie. Un pas de plus.
« Je peux te payer un verre ? demanda le Canadien en souriant avec espoir ».
Et il voulait le remercier en l'invitant. Avec Feliciano, on tenait le duo de gentillets de la boite. Matthieu était très respectueux et reconnaissant, doué d'une vraie politesse comme on en faisait plus. Gilbert devrait s'inspirer un peu de lui plutôt que de le faire tourner en bourrique et lui demande de ramener un café chaque matin.
Avec un air paternel, Francis caressa le haut du crâne de son petit protégé, le décoiffant un peu à cette occasion, mais cela les fit rire tous les deux. Il avait accepté cette soirée qui promettait d'être divertissante, même s'ils n'allaient sûrement que boire un peu et discuter gaiement de tout et de rien, à refaire le monde ou à se souvenir de leur passé.
Leur rire mourut en un instant.
La silhouette fantomatique d'Arthur Kirkland leur passa devant, sortie de nulle part comme s'il s'était caché derrière un mur pendant tout ce temps – ce qui ne tenait pas debout comme supposition – pour glisser dans le couloir sans un mot. Les deux amis se figèrent à son passage, se sentant pris dans une ambiance soudainement froide. Ils se demandèrent d'une pensée commune s'il ne s'agissait pas d'un fantôme, un vrai. Le passage était silencieux, le pas d'Arthur ne faisait aucun bruit sur le sol et son regard était perdu dans le vague, face au sol. Il n'y eut plus un bruit.
Matthieu baissa les yeux sur ses chaussures en se dandinant légèrement de gauche à droite, par stress, comme s'il reconnaissait sa soumission face à cette divinité intouchable. Sa gêne se traduisait dans ses mains, qu'il triturait dans tous les sens.
Francis resta visage levé vers la pendule murale, l'iris suivant le passage des secondes dans ce silence pesant. C'était comme s'il était persuadé que ne pas bouger les sauverait… comme si Kirkland était une bête féroce rôdant autour de sa proie. Arthur passa dans son dos, lentement, sans le regarder, et frôla au passage, du bout des doigts, le creux de ses reins. Son index partit de la hanche gauche puis glissa en horizontal jusqu'à la droite, avant de se retirer comme de rien. Francis sentit son dos se tendre délicieusement sous ce contact osé mais discret.
Pourquoi ça ?
Le Français avait l'impression que ce geste signifiait la mainmise d'Arthur sur lui, comme s'il lui disait « va où tu veux, fais ce qu'il te plait, mais n'oublie pas qui te maîtrise et te possède ». Le désir de contrôle de l'Anglais n'était peut-être pas à sous-estimer. Il fallait que Francis se rentre dans le crâne que son patron avait « besoin » de contrôler quelque chose dans sa vie, c'était même la source de son problème. Il ne devait pas trop agir comme s'il lui échappait. Dur allait être la tâche de doser chacune de ses actions. Peut-être que s'il était plus complice avec Arthur, il obtiendrait sa confiance totale et quelques libertés supplémentaires… ou au moins, Arthur se sentirait soutenu et semblerait moins… sur les dents.
Le fantôme disparut au coin d'un couloir, toujours silencieux, mais Francis se doutait qu'un petit sourire victorieux avait dû éclore sur ses lèvres.
« Kirkland est… un peu effrayant…, avoua le Canadien.
_ Tu t'y feras vite ».
Ils se donnèrent donc rendez-vous pour le soir-même, vers 19h, dans une brasserie voisine. En attendant, la journée évolua tranquillement, sans vrai changement du quotidien, mis à part qu'Antonio faisait des blagues téléphoniques à Francis pour passer le temps.
« T'en branle pas une, Tonio…, avait-il soupiré au téléphone alors que l'Espagnol s'esclaffait à l'autre bout du fil.
_ Oh tu ne crois pas si bien dire ! Déjà, il m'arrive de me toucher allégrement, comme tu t'en doute, puis franchement, le petit Lovino de la compta se laisse branler aussi !
_ Bordel, Tonio ! Je me passerais de ce genre de jeu de mots !
_ Tu l'as cherché, camarado ! »
Pas sûr.
Pourquoi personne à part Francis et Arthur ne semblait réellement sérieux au sujet de l'avenir de l'entreprise ? Bon si, il y avait Matthieu qui s'investissait et Feliciano s'amusait de sa promotion au syndicat. Mais sinon, Gilbert s'en battait les couilles, Antonio s'en battait les couilles et pleins d'autres aussi s'en battaient violemment les couilles. Personne ne prenait ça autant au sérieux que Francis. En même temps, il s'investissait « corps et âme », littéralement, dans son travail. Quand à Arthur, on avait plutôt l'impression qu'il faisait tout ça par devoir, sans passion.
Ça se tenait, vu son état mental.
La soirée s'entama et, pour une fois depuis deux jours, Francis quitta le bureau de bonne heure, alors que le soleil n'était même pas encore couché. Il avait l'impression de briser quelque chose en s'en allant comme ça, dans la brillance divine d'un soleil carmin et couchant. Mais Arthur ne l'avait pas appelé, et lui ne faisait rien allant à l'encontre du contrat.
Et pourtant, il sentait un petit malaise à abandonner son patron à son triste sort. Puis le souvenir de sa main courant le bas de son dos continuait de lui trottiner à l'esprit. « Amuse-toi mais rappelle-toi de moi… »
L'ascenseur glissa vers la terre, faisant disparaitre un à un les immeubles observables à l'horizon. Le soleil finit par disparaitre à son tour derrière les gratte-ciel immense, plongeant la cage de verre dans une atmosphère morne. Le soleil n'était peut-être pas encore complètement tombé, mais la ville dormait déjà à travers les rues sombres et les passages succincts des employés pressés de quitter les lieux.
Matthieu l'attendait en bas, tout sourire, sa mallette de travail à la main. Après un dernier sourire aux secrétaires qui baillaient à l'accueil, les deux hommes quittèrent enfin l'entreprise, pour une soirée sans prise de tête, loin des désagréments de la vie.
Enfin une soirée normale qui ne finirait pas en partie de baise.
Et maintenant je fous des fantômes. Okaaaayyyy ! Encore un truc qui est venu au fil de la plume. Vous noterez les subtiles apparitions saccadées des personnages que je ne sais absolument pas comment introduire pour que ça passe bien ! XD
J'ai hâte de lire vos réactions sur ce… truc… ? O_O Tu parle d'une mise en place du scénario ! Cette fic sent le lemon à chaque tous les coins ! En même temps, le thème de la fic, c'est la sexualité alors bon… vous avez pas fini d'en avoir des lemons ! Et je sais que vous aimez ça, bande de cochons U.U
Allez ! Je vous laisse sur ces bonnes paroles !
Encore un immense merci à vos commentaires (et même à votre simple présence) ! Je vous embrasse fort !
Biz' !
