L'homme et la bête

Hellow~ !

Je suis en retard sur mes planning, finalement U.U Surtout pour « Deux Cœurs brisés », mais mes deux dernières semaines de cours étaient éreintantes et mes premiers jours de repos nécessaires. Du coup, j'ai pas trop avancé (mais je vais y remédier ! Promis !) Donc, pour me débarrasser du syndrome de la page blanche de mon autre fic, j'ai avancé celle-là (et ça va mieux ! Je vais le finir ce chapitre 20, crénomdiou !)

Du coup, je réponds à vos reviews et… je vous ferais un dernier petit message d'intro avant de vous lâcher dans la cage aux lions~ !

Mimichan :

Tu dois être la seule à avoir apprécié ce twist scénaristique XD Le reste des reviews, c'était plutôt le contraire (des larmes et du sang, entre autre !) Et oui, Francis est mal, mais ce n'est qu'un moindre problème, finalement (la suite sera mieux, j'espère). Ahah ! Mais qui est le/la traite/traitresse ? La question se pose ici. Sinon, je te promets la visite surprise du mec de la compta, un jour ! Moi aussi, je le veux !

Geuimette :

Merci de ne pas m'avoir jeté de tomates à la figure ! Sinon, Romano nous aurait toutes les deux tué XP Oh voui, la fourberiiie ! C'est tellement drôle pour moi d'écrire ce genre de scène où tout le monde est à moitié bi-polaire (parce que le Thuthur, là… U.U) Merci pour ta review ! Je te nem !

Beyond :

Oh ! Une menace de mort ! Tu peux t'allier avec les autres pour me le faire payer au centuple, si tu veux. Je ne le prendrais pas mal (j'ai été méchante, désolée…) Prooooomis ! Je me fais pardonner dans ce chapitre ! Et j'ai eu une pensée pour toi en l'écrivant ! Je te jure ! è.é C'est le chapitre pour te laver les yeux du précédent !

Aelig :

Bon… on en a déjà parlé mais encore désolée pour le twist scénaristique XD (oui, je me marre allégrement, na !) J'aime bien te voir réagir au fil de la lecture, ça m'a fait rire de voir tes réactions face au plot qui commence à se mettre en place (puis tu me fais trop rire, darling) Ton lemon arrive, t'inquiète donc pas ! Tu crois que je t'oublie ou quoi ? U.U Rhalala ! Les enfants de nos jours ! Et oui, je refais apparaitre Tonio (j'le kiffe aussiiiii !) Keur sur toi !

Mad :

Tu es trop forte, je m'incline face à ton radar à citron (en même temps, vu l'odeur de ce fruit, c'est normal que tu ais réussi à… quoi ? Comment ça, « ta gueule » ? mais… mais laissez-moi répondre aux reviews ! Argh !) La blague « bonne foi » était voulue, et ça a bien marché ! XD Moi aussi, je ris seule devant mon écran quand je lis ça ! Merci pour tes encouragements !

Black-cherry :

Je ne sais pas où je vais avec cette fic XD c'est le problème d'avoir pleins d'éléments scénaristique mais pas de trame précise, j'avance à tâtons et, du coup, ça s'enchaine vite et de façon plus ou moins décousues… greuh ! Owww, Tonio te donne envie de faire des câlins ? Eh bah revoici un Tonio pour toi (oui, je le fous dans ce chapitre parce que yolo) ! Je te fais des bisous tout partout avec des cœurs en bonus qui tombent du ciel (si, si) ! Bizouuu !

Arsenall :

Ce qui est bien avec ta review, c'est qu'elle donne la pêche tellement elle semble dynamique ! XD J'adore ! Le SMS menaçant n'est pas pour tout de suite mais il faudra bien que je développe cette partie-là du scénar' un jour U.U Tss, mais j'ai aussi le secret d'Arthur à introduire… Rha ! Trop de choooses ! Toi aussi, je te rassure, j'en ai fini avec le Franada XD Vous avez tous pétez un câble en review (c'était très drôle à lire d'ailleurs) donc voilà, on va calmer les délires de l'auteure ! Kiiiiiss !

Flesh-Delirium :

T'inquiète, beauté ! Les lemons vont revenir pour ton plus grand plaisir ! :P Ton analyse des personnages était très juste et ça m'a fait plaisir que tu le soulève (je rougis et je rigole comme une teubée). Merci beaucoup ! Et j'ai tenté plusieurs fois de modifier mon résumé mais… je crois que ce n'est pas mon point fort. Merci en tout cas d'avoir pointé cette faiblesse du doigt ! (et pour répondre à ta question, je suis en prépa littéraire). Bizou, chéwiie !

Ambrecleo :

Je te sens très impliquée dans le scénario (c'est fou ce que les reviews peuvent traduire comme émotion !) Je te le juuuuure, on parlera bientôt de l'histoire d'Arthur avec les détails et la subtilité de mes deux et tout ! Faut juste que je pense à ne pas laisser l'histoire de Francis sur le carreau en échange !^^'' J'en suis capable ! (è.é) J'espère que ce chapitre te plaira plus que le précédent (trop de plot twist, j'en conviens) Alors merci et bisou !

Ahhhh ! Bon !

J'ai vu que le Franada ne faisait pas du tout l'unanimité mais je vous rassure, c'était provisoire. Le vrai Fruk pur et dur arrive même si… b-bref ! Je ne spoilerais pas le merdier qui suivra bientôt ! Vous vouliez du Fruk ? Place au Fruk, motherfucker ! J'entame une des branches de mon scénario multiple !

Bonne lecture !


Chapitre V :

Francis ouvrit les yeux en soupirant. La joue littéralement scotchée à sa table, devenue chaude de sa chaleur corporelle, dans son bureau silencieux, il regardait passer le temps sur sa grande horloge murale.

04 : 28.

Oh, la délicieuse nuit blanche qu'il passait ! Ça n'allait pas voler haut pour le reste du jour… Il avait intérêt à investir dans la machine à café s'il espérait survivre à cette journée de travail. Mais plutôt que de pourrir dans son bureau comme un déchet à côté de sa poubelle – que même les éboueurs ne verraient pas –, il se leva en s'étirant et en baillant allégrement, dénouant sa cravate et retirant sa veste. Consciencieux, il ferma la porte de son bureau à clé en partant (sait-on jamais) et arpenta les couloirs déserts et les open-space avec l'impression d'être complètement délaissé.

Il ne voulait plus rentrer chez lui, car il était rancunier et en voulait beaucoup à Matthieu. Sa propre maison lui rappellerait des mauvais souvenirs et ça le dégoûtait. De toute façon, les choses intéressantes se passaient à son travail. Pourquoi rentrer ?

Braginsky était le genre de patron honnête à prendre soin de ses adjoints – de toute façon, il avait assez de tune pour s'en foutre à la fois plein les poches et aider ses employés –, alors il avait fait installer, sous les conseils avisés des syndicats, un étage spécial pour tout ce qui était repos et hygiène. Bon, les douches étaient petites et les canapés de la salle de repos se faisaient un peu vieux, mais Francis ne connaissait pas beaucoup d'entreprises qui en feraient autant, donc il n'allait pas s'en plaindre.

C'était le meilleur endroit pour les âmes en peine comme lui. Surtout à cette heure-là.

Il descendit quelques étages dans le grand ascenseur de verre, complètement éreinté par les récents évènements. Le manque de sommeil allait bientôt se faire ressentir sur son travail, ce qui serait très mauvais pour les affaires (oui, les siennes) et la pérennité de l'entreprise, d'un même coup. Il allait devoir se reposer et préserver son reste d'énergie avant de s'endormir debout. Heureusement qu'il n'avait ni réunion, ni présentation à fournir dans les quelques jours à venir.

A son passage, il appuya sur le petit interrupteur collé au mur, pour allumer la lumière, puis se dirigea sans hésitation vers l'une des salles de repos, se frottant le visage pour y chasser le sommeil. Inutile de dormir maintenant, ça le briserait encore plus, et tant pis pour les cernes qu'il allait se choper en échange.

Cependant, il dut se frotter les yeux un peu trop fort car il perdit un instant sa vue, remplacée par des petits points de lumières multicolores qui dansaient sur sa rétine avec des mouvements hasardeux. Sous le choc de ces lumières et vertiges qui l'accablaient, il manqua de chuter au sol, perdant l'équilibre lorsqu'un petit tremblement s'empara de ses jambes. Fort heureusement, il eut le réflexe de s'accrocher au meuble le plus proche le temps que la crise ne passe, et lorsque cela fut fait, il capta son reflet dans la vitre, derrière laquelle la nuit noire faisait écran.

Il était livide.

Sentant poindre le malaise vagal, il alla s'asseoir sur un des fauteuils et bascula à l'envers. L'arrière des cuisses sur le dossier, les jambes battant l'air, le dos sur la base du meuble et la tête dans le vide, il attendit patiemment que le sang ne remonte à sa tête, en fermant les yeux pour ne pas voir des hallucinations gênantes. Maintenant, c'était sûr, il allait se ménager pour le reste de la journée.

Il lui sembla passer une éternité dans cette position, bien que ce ne fût que l'affaire de cinq à dix minutes, avant qu'une présence ne se place juste devant sa tête. Il vit un pantalon noir à l'envers puis remonta la piste jusqu'au visage, afin d'identifier l'individu. C'était peut-être le fait de son imagination, mais il crut s'entendre ronronner en reconnaissant Arthur, qui le fixait curieusement, les mains dans le dos comme un enfant, de son petit sourire intrigué. Le nouveau venu s'agenouilla devant sa tête pour faire se rencontrer leurs deux regards.

« Je ne suis pas le seul à être resté, constata ironiquement le Français. Toi aussi, tu fuis ?

_ Du tout. En fait, la lumière dans ton bureau était toujours allumée et je ne comprenais pas pourquoi tu t'acharnais à hiberner comme ça à une heure si avancée de la nuit.

_ Tu es resté parce que j'étais là ? »

Francis eut une tête étonnée alors qu'Arthur rougissait avec embarra, non sans rompre l'échange de regard.

« D'habitude, c'est moi qui part en dernier…

_ Pourquoi n'es-tu pas entré dans mon bureau pour me parler, dans ce cas ?

_ J'abuse déjà suffisamment de toi, je ne voulais pas forcer plus que je ne le fais...

_ Tu sais bien que ça ne me dérange pas ».

Un sourire sincère fleurit sur les lèvres du Britannique, qui se pencha en avant pour déposer ses lèvres sur celles de son amant. Le contact, à l'envers, les fit un peu rire, avant qu'ils ne repartent à la charge. Leurs langues se trouvèrent, se mêlèrent, sortir puis re-rentrèrent de leurs bouches, les échauffant comme deux amoureux ne s'étant pas revus depuis des années. D'un geste doux, Arthur brossait les mèches tombantes de son cher partenaire, les yeux clos pour apprécier à sa juste valeur ce contact intime, délicat et chaleureux.

Puis il se recula et Francis en profita pour reprendre une place normale sur son siège, la crise de fatigue étant passée. Le fantôme du baiser sembla s'attarder sur la bouche entrouverte de l'Anglais, qui resta dans la même position, avec ses yeux clos comme s'il rêvait. Pour ne pas le laisser sur sa faim, le Français avança et se donna la tâche de continuer à le contenter de ses lèvres. En s'enlaçant, ils reprirent leur danse érotique en soupirant d'aise, foncièrement détendu par ce petit moment de tendresse volé. Cette fois, ce ne fut plus que le manque d'air qui les sépara, mais leur contact ne se brisa pas pour autant puisqu'Arthur baissa la tête pour la déposer sur les genoux de son amant, s'en servant comme d'un petit coussin pour se reposer.

« Fatigué ? »

A son tour, Arthur ronronna en lui enserrant la taille d'un geste doux.

« Je suis tellement bien, là… Je ne veux plus bouger…

_ Ta femme ne va pas s'indigner que tu ne rentres pas ?

_ La pauvre a bien d'autres préoccupations que moi. De toute manière, ce ne serait pas la première fois que je resterais « dormir » au travail. Quoique les autres fois, je travaillais plutôt que de la cocufier.

_ Méchant garçon~

_ Tu es le premier que ça arrange.

_ C'est vrai. Mais je me sens tout de même un minimum coupable vis-à-vis d'elle ».

Arthur rit à cette phrase comme s'il s'agissait d'une blague.

« Qu'y a-t-il de si drôle ?

_ Je ne te le dirais pas. Pas maintenant, en tout cas.

_ Tu me caches quelque chose.

_ Et toi tu ne me cache rien, peut-être ?

_ Un partout ».

Le visage dissimulé entre les cuisses de son compagnon, Arthur inspira profondément, avec l'air de se retenir de quelque chose. A vrai dire, passer un peu de temps avec une personne qui répondait à ses petites piques ironiques et qui ne le jugeait pas lui faisait le plus grand bien. Tous les deux noyés jusqu'au cou dans un crime charnel licencieux, ils ne pouvaient pas faire autrement que de croire l'un en l'autre, de s'accorder une confiance mutuelle face aux dangers qui pouvaient les menacer. Et malgré ça, ils continuaient de ne pas jouer franc-jeu l'un avec l'autre. Chacun son secret. Puis, ils s'en étaient déjà avouer un. Arthur avait reconnu n'être qu'une éponge face au monde, sans saveur, qui se laissait influencer par tous les « conseils » qu'on lui avait rentré dans le crâne pour le faire réussir, et Francis s'était dévoilé en tant qu'opportuniste amoral, offrant son corps comme si celui-ci n'avait pas de réel sens ou valeur. Et pourtant, c'était avec ce corps qui les avait déjà trahi dans leur honnêteté qu'ils s'étaient créés un lien étroit.

« Tu veux parler ? insista Francis en caressant les courtes mèches qui s'étalaient sur son pantalon. Je suis à toi, je te rappelle ».

L'expression « je suis à toi » fit sensiblement plaisir à l'Anglais, qui raffermit sa prise sur ses cuisses. Il se souvenait du ton acerbe qu'il avait employé envers Gilbert pour lui demander de relâcher Francis de sa poigne de fer. « Rend-le-moi », avec un regard noir et possessif. Arthur y avait repensé avec amertume, se disant qu'il tournait fou à se croire maître d'un autre homme, mais si Francis acceptait ce traitement sans broncher – et pire, y répondait avec plaisir –, il aurait bientôt le plus grand mal à se convaincre que Francis ne lui appartenait pas. Ça semblait tellement être le cas…

« Ne t'inquiète pas… Juste deux-trois bricoles qui me gavent.

_ Crache ton venin, ça me divertira et ça te calmera.

_ Ma belle-mère s'invite chez moi le week-end prochain ».

Francis commença à glousser de ce presque leitmotiv des couples occidentaux : l'affreuse belle-mère et le gendre agacé. Un grand classique ! Puis c'était crédible avec la situation émotionnelle d'Arthur. Pauvre enfant.

« Mes condoléances.

_ Je ne peux plus la supporter.

_ Laisse-moi deviner : elle critique le moindre détail de ta maison.

_ Et elle remarque tout ! Bon sang ! Dès qu'elle est là, ma femme et moi sommes obligés de marcher bras-dessus bras-dessous pour nous faire passer pour un couple modèle ! Je te jure, c'est un festival d'hypocrisie ! Juste pour lui faire plaisir ! Sauf qu'elle n'est jamais contente ! 'Oh Arthuuur… Mais vous ne saviez pas que ma fille aimait le chocolat noir à 46% de cacaoooo ? Mais êtes-vous vraiment mariés tous les deuuux ? Tout bon mari qui se respecte devrait connaitre les goûts de sa compaaaagne' mais je lui foutrais au cul des cacaos à 46%, moi ! Puis elle s'invite, elle s'invite, encore et toujours ! Même ma femme ne veut pas la voir !

_ A ce point ?

_ Et c'est à peine si on ne refait pas la déco pour la satisfaire. Madame n'aime pas trop nos choix d'agencement de la maison, ni la disposition de nos meubles. Alors elle engueule sa fille sur ses goûts.

_ Et que lui répond-elle ?

_ 'Mum, je suis mariée, je fais ce que je veux de ma maison', puis ça part en dispute.

_ Charmant ! Il faudra que tu penses à me présenter à ta belle épouse !

_ Un jour, sûrement ».

Francis fronça les sourcils. Il avait dit ça par humour, convaincu que jamais Arthur n'arrangerait une rencontre entre sa femme et son amant – sauf que là, il semblait considérer la question avec sérieux. Non, ce devait être une blague. Faire ça serait… pervers, compte tenu de la situation. Arthur n'était pas aussi… aussi…

Non, il se faisait des idées. Arthur n'était pas fou au point de risquer de les compromettre de la sorte, surtout qu'ils risquaient tous les deux gros – Francis devait vraiment se reposer et arrêter de sauter aux conclusions hâtives. La paranoïa n'était peut-être pas loin.

L'Anglais frotta sa tête contre les cuisses de son amant comme un petit chat en manque d'affection. Devant ce comportement adorable, Francis hésitait sur la marche à suivre, supposant que son patron n'allait psychologiquement pas bien à l'idée d'être à nouveau agacé par une belle-mère qui représentait à merveille la merde qu'était sa vie. Il appréhendait son week-end et le face-à-face, visiblement.

Dans un mouvement doux, le Français se releva, faisant glisser le jeune homme qui s'accrochait à lui jusque-là et qui se retrouva vraiment parterre, sur les fesses, le regardant avec un air vide et lasse. Arthur soupira en regardant le sol, déjà éreinté et ne prenant pas en compte ce qui s'apparentait à un rejet d'affection de la part de son partenaire qui, non content de l'avoir un peu bousculé, se dirigea vers la porte d'un pas silencieux. Cependant il s'arrêta au milieu de la salle pour lancer un regard de biais à son chef immobile.

« Alors, Arthur ? C'est pour aujourd'hui ou pour demain ? »

L'interpellé cligna des yeux en le fixant, étonné qu'il lui parle, et surtout avec un ton si tendre et joyeux.

« L'aube arrive, il va bien falloir qu'on aille prendre un petit-déjeuner. Je t'invite au café en face de l'agence, mais avant ça, il faut qu'on se fasse un brin de toilette tous les deux ».

Arthur comprit alors que Francis se dirigeait vers les douches et entendit avec écho la partie « tous les deux ». Ses joues rougirent et il se redressa d'un bon pour le rejoindre dans le couloir, accroché à son bras. Le Français souriait en voyant son visage se colorer d'une teinte passionnée, rien qu'à la pensée du moment qu'ils allaient passer ensembles. Au milieu du couloir, leurs lèvres commencèrent à se provoquer, presque innocemment, alors qu'ils marchaient pourtant tranquillement jusqu'alors.

Ils s'amusaient d'avoir le bâtiment pour eux seuls, laissant leurs mains glisser sans vergogne sur le corps de l'autre alors qu'ils s'échappaient, plus par souci de jeu que par rejet.

Ils ouvrirent la porte des douches et déjà, leurs mains s'acharnèrent sur leurs vêtements, les ôtant le plus rapidement possible. Sur le sol impeccable, leurs chemises et pantalons finirent abandonnés tandis que leur corps commençait à peine à coller l'autre.

Arthur émit une plainte en voyant son amant se baisser pour fouiller dans ses affaires. Il émergea avec un préservatif entre les dents, lui lançant un regard langoureux qui ne laissait pas le moindre doute quant à la suite des événements. Le désir montait avec délice dans leurs échines respectives et ils se recollèrent comme attirés l'un vers l'autre. D'un claquement de dents, Arthur attrapa la protection de sa bouche (non sans lui lancer un regard provocateur), puis la cracha au loin, sous le regard sceptique de son compagnon. Celui-ci subit le mouvement empressé du baiser qu'on lui imposait, sentant son corps être poussé vers les douches. La porte s'ouvrit et il se sentit frapper le mur froid et carrelé, caressé et embrassé de toute part.

A tâtons et les yeux clos pour mieux apprécier les douceurs de leur étreinte, Francis parvint à allumer la douche et à recouvrir leurs deux corps d'un voile humide qui fila de leurs cheveux à leurs pieds.

Francis se retenait de parler salement pour exiger des explications à cet abandon non seulement physique, mais aussi moral. Qu'ils le fassent dans la douche de l'agence, c'était normal, mais qu'Arthur rejette le préservatif, c'était un geste fort. Certes, ils étaient tous les deux sains et se l'étaient prouvés par des analyses, mais cette protection représentait plus qu'une barrière anti-maladie. C'était vraiment la dernière barrière concrète entre eux, celle qui séparait les preuves de leur crime, la semence coupable. Arthur espérait que la douche vienne laver les traces de leur passion lorsque leur baiser post-coïtal arrivera, mais pour au moins une seconde, le temps que l'eau ne glisse entre ses cuisses pour retirer les flux partagés de leur union, pour cette simple seconde qui n'en valait pas plus, il voulait le sentir en lui sans barrière et sans rien. Juste le membre qui entre, sors et marque sa possession de l'intérieur. L'adultère consommé jusqu'à l'extrême.

Le temps s'étira dans la douceur de leurs caresses, le nez d'Arthur glissait de la joue à la gorge, puis sur l'épaule de son partenaire, et il se mit à mordiller la peau avec la ferme intention d'y laisser une marque, suffisamment loin sur l'épaule pour que la chemise la cache, mais bien profonde malgré tout pour qu'Arthur ait la satisfaction d'être le possesseur chaque fois qu'il lui arracherait sa chemise et qu'il retomberait en face de cette marque (qu'il recréera sitôt qu'elle disparaitra, encore et encore, avec tout l'égoïsme dont il était capable).

Flatté dans ce geste pour le désir qu'il savait susciter chez son patron, Francis lui empoigna la cuisse pour la relever et l'enrouler autour de sa taille, puis ne fit pas de manière pour le prendre à même le mur, mettant fin au supplice de l'attente Il prit appui contre le mur de sa main libre, juste à côté des mèches humides de son partenaire, qui collaient au mur dégoulinant.

Exalté tant dans sa nouvelle vie de criminel que dans sa sexualité en tant qu'homme, Arthur se laissa pénétrer en gémissant son contentement sans aucune dissimulation, leurs quatre lèvres se retrouvant à l'occasion pour une danse endiablée. Le sexe pulsant en lui caressait les zones sensibles de son intériorité, et il aimât même cette main ferme qui entravait sa cuisse en l'air, offrant un angle d'attaque encore plus excitant. Le sentiment d'écartèlement était bien peu de chose par rapport à la joie d'être plein et non seul comme il l'avait été toutes ces années. Cette chaleur qu'il s'offrait participait activement à une grande satisfaction intérieur, il tuait ses peurs, ses angoisses, tout cela grâce à quelques baisers. Puis il oubliait ce qu'il était, ce qu'on attendait de lui, pour se concentrer uniquement sur l'union charnelle, sur ce déchainement des passions qui réveillait leurs instincts les plus primaires. Leurs cris d'extase déchirèrent peu à peu le silence, d'abord doux et profonds, puis de plus en plus saccadés et brefs, comme le crescendo d'une partition, les faisant jouer de la plus belle musique qui soit, la musique de l'orgasme et de la fusion des âmes.

Sous la violence de la passion, leurs lèvres s'arrondirent en un « o » plus ou moins parfait, qui gonflait et s'amenuisait en fonction de leurs inspirations, avant qu'un ultime baiser ne clôture les cris d'amour de leurs ébats. Le dos collé au mur, Arthur se sentit un peu écrasé sous la poitrine de son amant, qui s'était rapproché encore plus de lui pour que chaque parcelle de leur peau puisse toucher sa jumelle et poursuivre ce contact délicieux. Son pénis sursauta avant de se libérer de cette tension liquide qui avait tendu ses muscles, puis heureusement, il se re-détendit immédiatement cela fait, comme si son corps se réjouissait d'en être débarrassé. Entre ses cuisses ouvertes, une autre semence quittait un corps pour rejoindre le sien, coulisser sur ses murs interne avec toute l'indécence que cela pouvait traduire et provoquer en lui un sursaut d'étonnement, celui d'une nouvelle expérience.

« F-F-Fra… an… c-c-cis… L-là… je… »

Il commençait à glisser contre le mur, avant que le Français n'ait le réflexe de le retenir d'un bras, l'autre toujours sous sa cuisse afin de la maintenir en l'air – pour qu'il ressente bien le fruit de sa passion glisser contre ses parois internes. L'orgasme restait bloqué à ses lèvres, stérilisant ses mots et pensées. Francis se doutait que c'était la première fois qu'Arthur se donnait à un autre homme sans protection, et donc la première fois qu'il ressentait la chaleur du sperme en lui. Cette expérience devait être assez intense pour cet être si fragile, tant dans le plaisir qu'il avait retiré de son activité sexuelle que de la signification de cette nouveauté, de cette ouverture vers l'inconnu.

Compatissant de cette expérience qu'il n'espérait pas traumatisante, Francis relâcha sa cuisse et l'enlaça presque amoureusement pour lui offrir quelques caresses platoniques et rassurantes, juste de quoi lui montrer qu'il serait patient et resterait avec lui – en soi, c'était exactement le genre de chose qu'Arthur rêvait d'entendre.

L'eau continua de couler mais leurs corps étaient désormais immobiles, serrés l'un contre l'autre dans une consolante étreinte remplie de tendresse. Ils tinrent la position, puisqu'infiniment confortable, jusqu'à ce qu'ils ne décident silencieusement et d'un commun accord de bouger un peu. Ils s'embrassèrent pour poursuivre l'instant de tendresse, puis commencèrent à se nettoyer, les mains découvrant assez innocemment les courbes et douceurs de l'autre. Leur peau était toujours chaude et leur cœur battait toujours à tout rompre, mais ils purent vite se débarrasser de l'odeur spécifique du sexe, qui ne serait pas bien subtil pour tenir le reste de la journée.

Ils attrapèrent, en sortant, une serviette mise à leur disposition et s'enrobèrent dans la même. Arthur était accroché à lui pour apprécier ultimement sa chaleur, disparaissant sous la serviette comme dans un nuage, et Francis se sentit sursauter en sentant sous son pied le préservatif délaissé, dans lequel il donna un coup de pied léger pour l'envoyer valser au loin. A nouveau, leurs lèvres se trouvèrent comme une continuation à l'acte charnel.

« Il faut s'habiller, maintenant, susurra Francis à son oreille.

_ Nooo… Don't want to…, répondit-il d'une voix endormie.

_ Je t'ai promis un petit-déjeuner, tu ne veux pas qu'on y aille nu, non plus ? »

Arthur rit en passant ses bras autour de son cou, laissant tomber la serviette à leurs pieds.

« Mais je suis encore si sale, regarde-moi… Et il nous reste tellement de temps ! Viens me laver, Francis… Viens…

_ Tu l'auras voulu ».

En un baiser, ils étaient repartis sous le jet chaud et ne mirent pas longtemps à recommencer leurs soupirs de plaisir.

Une heure plus tard, ils étaient assis au café en face de leur entreprise, le ventre gargouillant comme un ogre dans une caverne. On ne le répétait jamais assez mais les rapports sexuels provoquent effectivement un appétit énorme, et après avoir repu sexuellement son amant, Francis était d'avis qu'il fallait le repaitre gustativement. Ils étaient donc tranquillement posés autour d'une table pour deux, côté vitre avec vue sur La Défense, où quelques rares passants déambulaient, les lèves-tôt de la région.

Le repas était copieux, mais ils en avaient énormément besoin après tous ces exercices physiques. Parfois, ils surprenaient l'autre en train de le fixer et souriaient en sirotant une tasse de café, car flattés d'être une telle source d'intérêt.

« Je viens de me souvenir…, débuta le Français en reposant sa tasse contre la coupole en verre. Antonio m'a parlé de quelque chose d'inquiétant dont tu devrais être au courant.

_ Allons bon ! Qu'est-ce que Carriedo a encore ait ?

_ Cette fois-ci, il n'y est pour rien !

_ Pour une fois…

_ Arthur, je te trouve bien agressif parfois. Tu m'as déjà fait le coup avec Matthieu et je te vois toujours hurler sur le dos de tout le monde. Je veux bien m'offrir tout entier à ta relaxation, que ce soit en te prenant ou en te touchant, mais il y a une limite aux dons de mon corps. Maitrises-toi un peu plus ».

Arthur avait laissé la tasse en suspend à une fine distance de ses lèvres, assez choqué de ce langage cru et plein de sous-entendu, dans un lieu public (à cet instant vide, heureusement). Ses joues rosirent lorsque des souvenirs frais lui revinrent en tête.

« Tu repenses à des choses sales~ ?

_ A qui la faute ?

_ Tu étais beaucoup plus tendre et docile tout à l'heure. A croire qu'il faut t'écarter les cuisses pour que tu perdes ton côté ronchon.

_ Tu me sembles souvent bien docile toi aussi. Je te rappelle que selon notre contrat, je n'ai qu'à t'appeler pour que tu deviennes ma proie et fasse absolument tout ce que je désire.

_ Et je le ferais avec joie.

_ Ton désir d'argent est plutôt extrême mais je serais bien idiot de m'en plaindre.

_ C'est ce que j'adore chez toi, Arthur. Tu ne me traites pas de trainer, tu ne me critique pas et tu as même l'air de t'amuser de mon comportement. C'est assez étonnant.

_ Ta vie et ce que tu en fais te regarde. Je suis intrigué par la raison qui te pousse à économiser autant mais soit, j'attendrais le bon moment pour te percer à jour.

_ C'est un défi, monsieur ?

_ J'aime m'amuser ».

L'échange de regard sembla s'intensifier. En se léchant les lèvres, Francis se retint de ne pas l'attraper pour lui faire l'amour dans les toilettes, juste histoire de lui montrer qu'il était tout autant capable de lui faire tourner la tête et de l'empêcher de découvrir son secret. Le rapport de force entre eux restait sensiblement ambigu. Et ça, c'était intéressant pour eux.

« Je voulais te parler d'un sujet un peu plus… sérieux, en vérité.

_ Je t'écoute ».

Francis baissa d'un ton pour ne pas trop risquer d'être espionner. Il partagea les inquiétudes d'Antonio à bout de lèvres, reprenant une attitude professionnelle et sérieuse. Kirkland reposa sa tasse en l'écoutant attentivement, les sourcils froncés. La nouvelle ne lui faisait pas du tout plaisir et se retrouver avec du travail en plus sur les bras ne le tentait pas trop. Saloperie de vie de merde.

« Il faut qu'on trouve le traître, affirma l'Anglais avec détermination. C'est inacceptable qu'on nous vole nos dossiers, surtout pour les donner à la concurrence.

_ Je vais me pencher sur la question. Antonio aussi est sur le coup.

_ On est donc trois à être au courant.

_ Tout à fait.

_ Comment allons-nous faire pour le coincer ?

_ Je ne sais pas encore. Pour l'instant, je dois me contenter d'étudier les profils de mes subordonnés, si tu m'en donnes l'accès, mais on va réfléchir à un plan plus efficace entre temps. Je fais confiance à l'imagination débordante de mon cher Antonio pour nous concocter une vraie tactique de combat. Il a toujours aimé faire ce genre de chose ».

Arthur gonfla un peu les joues en sirotant son thé, un peu jaloux de l'apparente débrouillardise de l'Espagnol, qui avait l'air de pousser le respect de Francis. Ce fichu latino avait réussi l'exploit de s'accaparer toute l'attention du Français sans être présent, et alors qu'Arthur était en face de lui. Il allait lui montrer à quel point son cerveau leur serait utile dans cette affaire. Et par pur orgueil, il ne laisserait pas Carriedo avoir le dernier mot et obtenir tous les honneurs. Et surtout pas l'attention de Francis. Il avait trop besoin de lui, surtout en ce moment où la simple idée de la mort l'avait caressée. Depuis qu'il avait Francis, le poids de sa condition avait semblé moins insupportable.

Parce qu'en fait, ça l'excitait de mener une double-vie.

« Il faut qu'on aille voir Carriedo le plus tôt possible. Je dois m'entretenir avec lui pour qu'il me montre comment il en est arrivé à cette conclusion. Puis nous devons nous mettre d'accord sur la marche à suivre. Si on ne se synchronise pas les uns avec les autres, on risque de se trahir et de ne pas être efficace.

_ Quel sens du patronat, Arthur ! Tu es vraiment incroyable quand tu rentres dans cette attitude de travail ».

Arthur rougit en finissant son thé, traitant son amant d'idiot de beau-parleur.

« Par contre, il va falloir attendre parce que Tonio n'arrive qu'autour de 9h ».

Et en effet, à 9h pile, l'Espagnol quitta sa voiture en sifflotant, sacoche sous le bras et mains dans les poches. Dans le genre « imbécile heureux », lui aussi n'était pas trop mal – sauf que par rapport à Francis, Antonio était sincère. Ce dernier fit son petit chemin tranquille dans les locaux jusqu'à gagner son bureau. En entrant il sursauta en criant comme une jouvencelle avant de mettre la main sur son cœur pour se remettre.

« Vengeance~ !

_ Francis, bordel ! T'es fou ?!

_ Tu m'as fait le même coup récemment !

_ Et comment t'es rentré ?

_ J'ai suivi ton conseil et j'ai forcé la serrure ».

Le choc passé, les deux compères rirent de bon cœur, fermant la porte derrière eux. Puis un petit toussotement força Antonio à tourner la tête sur la gauche. Il eut alors sa deuxième frayeur de la journée.

« Kirkland ?! »

Arthur était accoudé au mur de gauche, les bras croisés, dans un angle justifiant que le latin ne l'ait pas vu tout de suite en entrant. A voir sa tête, il n'était pas spécialement de bonne humeur, surtout pas devant la complicité des deux hommes face à lui. C'était son côté enfant jaloux qui ressortait.

« Carriedo, faut qu'on parle de cette histoire de taupe.

_ Je m'en doute bien. Sur ce coup-là, Francis, t'as été efficace ! Je ne m'attendais pas à ce que tu lui en parles aussi vite.

_ Je te rappelle que j'ai de très bonnes compétences en social, chéri~ ! »

Arthur tiqua du sourcil. « Chéri » ? C'était quoi encore ce délire ?

Antonio rigola de bon cœur en allumant son ordinateur. Son attitude montrait que ce genre de surnom idiot ne lui était pas inconnu, et à voir la tête de Francis, c'était même tout à fait normal. Le genre de petit surnom affectif stupide que deux amis se donnent pour se moquer de l'autre, juste histoire de rigoler. D'ailleurs, ça donnait une ambiance de vieux frères entre eux.

En jetant un coup d'œil faussement intéressé vers le ciel, Arthur prit sur lui pour ne pas ressentir cette jalousie qui lui crevait la poitrine. Il n'avait personne à aimer à ce point-là, lui. Ni ami, ni frère. Et il avait cru être la personne la plus proche de Francis – parce qu'il ne fallait pas se leurrer : être amant, c'est un statut très intime et particulier – mais finalement, il s'était encore fait avoir. Les voir aussi proches le mettait mal à l'aise parce que ça le poussait à revoir ce qu'il croyait être acquis. Et il se demandait maintenant d'où ces deux-là se connaissaient.

Arthur se sentait vraiment seul. Autant dans sa vie que dans ce petit bureau fermé.

Pendant ce temps, Antonio commença à taper sur son clavier, marmonnant quelque chose comme quoi il cherchait un dossier dans lequel il avait répertorié ses preuves et pistes. Le petit malin pouvait se montrer travailleur quand il le voulait – plutôt que de faire des canulars téléphoniques à son ami.

« Et j'ai aussi quelques documents papiers. Attendez juste que je les retrouve… »

Antonio se baissa, probablement pour ouvrir le dernier tiroir de son bureau et, à la seconde même où Arthur le vit disparaitre de leur vue, il passa sa main sur le visage de Francis pour l'embrasser sauvagement. Lui ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait et, à peine eut-il réalisé qu'Arthur lui dévastait sensuellement les lèvres alors que son meilleur ami était juste à deux mètres d'eux que, déjà, Arthur se recula en se léchant les lèvres, le regard tourné ailleurs.

Antonio réapparut, dossier en main et sourire aux lèvres.

« Jetez un coup d'œil à ça et vous verrez que j'ai des raisons de m'inquiéter ».

Encore troublé de ce qu'il venait de se produire, Francis se pencha sur les documents, aux côtés de son patron, alors que Carriedo expliquait chaque pièce du dossier et chacune de ses théories. Il fallait bien avouer que les arguments tenaient la route. Cette histoire possédait trop de « hasard » et de mystérieuses « coïncidences » pour que ça en soit vraiment. Il y avait donc fort à parier qu'ils avaient effectivement un traître à trouver. Dans l'équipe de Francis.

Ils convinrent tous les trois de se tenir informer des avancées de leur petite enquête privée. Antonio avait prévu de fouiller dans tout ce qui était caméra et comptabilité, pour tenter de remonter numériquement jusqu'au traître. Arthur s'était proposé pour éplucher les relevés bancaires de ses employés, grâce à l'aide d'un ami qui travaillait dans la police (mais comme la manœuvre était illégale, il ne préféra pas donner de nom). Puis Francis avait pour mission de surveiller les comportements de ses subordonnés et de lire leur CV de temps à autre pour voir si l'un d'entre eux avait un bon mobile.

Les prochains jours allaient être compliqués…

Arthur et Francis quittèrent plus tard le bureau d'Antonio, fatigués d'avance de cette affaire qui leur prenait déjà la tête.

« Y a-t-il des suspects qui te viennent en tête ? demanda nonchalamment Arthur en marchant à ses côtés, le regard tourné ailleurs pour ne pas le regarder dans les yeux.

_ Non, aucun. Je les pensais tous loyaux.

_ Je vois… Dommage.

_ Ar… Kirkland.

_ Oui ?

_ Quand Antonio s'est baissé… qu'est-ce qui vous a pris ?

_ Rien. Juste une pulsion.

_ Pourquoi ne me regardez-vous pas dans les yeux ?

_ Pourquoi devrais-je te regarder ? Tu manques d'attention ?

_ Kirkland…

_ Laisse tomber, Bonnefoy. De toute façon, j'ai eu ce que je voulais et je suis rassuré. Si tu n'avais pas voulu, tu m'aurais repoussé ».

Le Britannique accéléra soudainement le pas pour le distancer, prenant Francis de court. Il n'arrivait vraiment pas à savoir s'il se rapprochait d'Arthur ou s'il s'en éloignait. Si un instant, il semblait fondre dans ses bras et tenir à lui comme à la prunelle de ses yeux, il devenait une sorte d'iceberg cinq minutes après, sans explication. Pourtant, leur relation devrait les rapprocher plus que ça. Qu'est-ce qui n'allait pas entre eux ?

Francis compris bien vite qu'il essayait de soigner Arthur de sa dépression sans en connaitre les subtilités. Il lui fallait comprendre un peu mieux où vivait son patron avant de se proclamer sauveur de son âme, ou une connerie dans le genre. Le problème était que, de ce qu'il savait de lui, les choses étaient placés sous le signe de la simplicité.

Il était marié depuis trois ans à une belle jeune femme (impossible de se souvenir de son nom) devenue mannequin l'année suivant son mariage. Il avait étudié dans une école prestigieuse et s'en était bien sorti. Puis il vivait avec son épouse dans les quartiers chics de Paris.

Simple.

Alors où résidait la complexité de l'histoire ? Quelque chose là-dedans paraissait louche, même pour quelqu'un comme Arthur Kirkland. C'était plus qu'évident qu'il ne lui avait pas tout dit lors de son aveu de la dernière fois. Il ne maitrise pas sa vie, n'aime pas sa femme, très bien. Mais pourquoi ne divorce-t-il pas ? Contrainte familiale ? Budgétaire ? sociale ? Quel était le fin mot de l'histoire ?


*fait la danse des bras* Alors ? Vous avez le gwaak de pas savoir, hein ? Mouahaha ! *se mange un poteau* Ok, je note « ne pas se moquer des gentls lecteurs qui sont tous beaux et tout mignon » U.U''

Mon Arthur est un peu trop froid parfois... J'ai du mal à foutre des paroles dans sa bouche avec ses changements d'humeur. Pfff...

J'espère que ce chapitre vous aura plu !

Biz' !