Jingle : Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "plateau" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Disclaimer : L'univers d'Hunger Games est à Suzanne Collins
Panem et Fabula
Le Chant du cygne
Katniss ne s'était jamais estimée très charismatique et on le lui avait souvent fait remarquer : Haymitch lors de la préparation de son entretien avec Caesar Flickerman ou Coin lors du tournage en studio des premiers spots du Geai Moqueur. Et pourtant, elle avait toujours plus ou moins occupé les devants de la scène, une véritable star dans tout Panem.
Lorsqu'elle était petite, elle s'était tenue devant toute sa classe pour chanter la Chanson de la vallée. Les geais moqueurs avaient repris en canon la mélodie et elle avait eu son premier fan, Peeta.
Lorsque le nom de Prim' avait été tiré au cours de la Moisson, elle s'était portée volontaire pour monter sur scène à sa place, dans son rôle de grande sœur. Le District tout entier lui avait alors rendu hommage et Panem avait découvert son visage.
Au Capitole, elle avait été en éternelle représentation. Elle avait joué son rôle devant le public pendant le défilé de présentation, devant les tributs lors des entraînements et devant les juges pendants les évaluations.
Elle était montée sur un plateau télé, une autre sorte de scène, et avait virevolté devant le monde entier. Le public saluait chacune de ses apparitions, faisant d'elle leur favorite.
Et dans l'arène aussi. L'immense terrain n'était lui aussi qu'une vaste scène de théâtre, où les pièces jouées n'étaient que des tragédies. Elle avait joué avec Haymitch et les sponsors. Elle avait joué avec Peeta. Jusqu'au bout, lorsqu'elle avait porté à sa bouche les baies de sureau mortel, elle avait tenue son rôle d'héroïne.
Et puis le retour dans le Douze, la Tournée de la Victoire, étaler ses compétences aux anciens vainqueurs, leur tenir la main. Katniss était toujours sous le feu des projecteurs, ne se rendant pas complètement compte que son rôle changeait, que son image devenait un symbole.
Le Geai Moqueur avait fini par écraser la simple Katniss Everdeen. Les scènes de batailles étaient devenues des spots de propagande. Ses amis et sa famille mourraient, mais elle avait perdu son libre arbitre. Elle était devenu la poupée de Coin, cédant à la nécessité télévisuelle et à son image d'égérie de la révolution.
Et la voici à présent sur son dernier plateau. Il devait s'agir de son apogée, de celle du Geai Moqueur, de celle de la Présidente Coin. Katniss allait enfin calmer le jeu en logeant son ultime flèche, en poussant son chant du cygne. Son ascension l'avait détruite intérieurement et elle n'était plus que l'automate qu'on attendait d'elle. Elle banda son arc, s'apprêtant à exécuter son script, et décida pour la première fois de finalement improviser. Sa représentation finale n'appartiendrait qu'à elle, qu'importent les huées du public. Elle n'avait jamais voulu être leur star ou leur héroïne, elle n'avait dans le cœur que la petite Katniss Everdeen, une anonyme qui chantait avec les oiseaux.
