Coucou tout le monde ! Merci pour les commentaires, ça fait plaisir :)
Guest : Merci beaucoup. À vrai dire, Joffrey est un de mes personnages préférés par son caractère détestable. Je le trouve complexe et cruel, j'adore ça. Un peu comme Cersei, mais elle, encore c'est autre chose...
Mariana Ka-Fai : Oui, Sansa n'est pas la reine la plus chanceuse du monde ._. . C'est vrai que j'essaye d'écrire de sorte que cela ressemble le plus possible aux personnages qu'on voit dans la série. Je n'ai pas lu les livres, donc je m'inspire de ça. Je suis contente que tu le remarques, parce que ça demande beaucoup d'efforts. Merci :)
Lineson : Petyr/Sansa...Hum...J'ai lu une fiction Petyr/Sansa, et je dois avouer que je l'ai vraiment aimé. Ce n'est pas mon Ship préféré avec Sansa, si je devais faire un ordre. Je crois que mon premier c'est Sandor/Sansa, ensuite Sansa/Cersei (É.È), Sansa/Tyrion et Sansa/Petyr. Mais encore une fois, ça dépend de comment c'est écrit. Et j'aime vraiment pas les Sansa/Jaime. :I Ça, pour moi, je peux pas. Ça voudrait dire que Sansa aurait son beau chevalier, sauf qu'elle doit finir avec quelqu'un d'inattendu, moi je dis ! :D
Merci pour toutes vos reviews, ça fait vraiment plaisir, honnêtement. Et voici le chapitre 3, dites-moi ce que vous en pensez.
Bonne lecture.
Emma.
3. « The decision of a Queen »
"La décision d'une Reine"
Tyrion Lannister observa Margaery Tyrell fourrer une cerise bombée entre ses lèvres pulpeuses de jeune femme, elle releva ses yeux bleus vers lui et lui adressa un sourire.
-Ma lady, si je peux me le permettre, permettez-moi de vous dire à quel point vous êtes en beauté, aujourd'hui.
-Merci, mon seigneur, sourit Margaery, mais si je puis être directe, je n'aime pas tourner autour du pot. Arborons immédiatement le sujet que nous sommes venus abordés.
-Oui, siffla Tyrion, vous avez raison. Un mariage entre nos deux familles seraient plus que favorables pour chacune de nos familles, alors…Pourquoi non ?
-Pourquoi oui ?
-Vous semblez vouloir déterrer quelques secrets, lady Margaery.
-En aucun cas, mon seigneur, murmura presque innocemment Margaery.
-Avez-vous été déçu lorsque Joffrey a finalement choisi Sansa ?
Margaery haussa un sourcil et s'empara d'une olive verdâtre dans un bol de porcelaine avant de croquer un morceau de l'acide aliment.
-Plutôt soulagé, rétorqua sans hésitation Margaery, consciente d'avec qui elle se trouvait.
-Vous insultez sa grâce, s'outra faussement Tyrion, comment osez-vous ?
-J'ai entendu dire que vous avez insultiez plus d'une fois sa grâce, sourit narquoisement la dame, et que vous l'aviez même giflé !
-C'était lorsqu'il n'était qu'un simple prince pourri gâté.
-Au moins une personne a l'audace d'être honnête avec notre bon roi, sourit Margaery.
-C'est n'est pas réellement de l'audace. Je peux me le permettre, si je n'étais pas son oncle, il y a longtemps que j'aurais été décapité…
-Et en devenant sa tante, par alliance, pourrais-je me permettre cela ?
Tyrion observa avec amusement la jeune femme devant lui, et secoua doucement la tête:
-Non, malheureusement. J'en suis désolé, s'excusa faussement Tyrion, je suppose que vous souhaitiez vous mariez avec moi rien que pour cela, le souhaitez-vous encore malgré tout ?
-Et bien, vous êtes, paraît-il, un homme plein de surprises, Lord Tyrion, mais…Je me pose quelques questions…Pourquoi avez-vous accepté ? Essayez-vous réellement de rendre votre père fier ?
-Non, soupira Tyrion, j'ai abandonné cela lors de mes quatre ans, mais notre bonne reine, Sansa, et moi-même avons discuté de cela et elle m'a convaincu.
-C'est donc notre reine qui est votre principale motivation pour ce mariage ?
Tyrion secoua la tête sous le regard étonné de lady Tyrell.
-Elle m'a simplement convaincu d'un mariage entre les Tyrell et les Lannister, mais ma sœur et votre frère aurait pu faire la faire, mais la réelle motivation pour laquelle je souhaitais apprendre à vous connaître, lady Margaery est que, je sais que vous êtes une fille intelligente et je sais qu'un homme comme moi ne peut marier n'importe qui.
-C'est flatteur…Mais faux.
-Hum…Et vous ? Pourquoi avoir choisit le nain plutôt que le prince ?
-Je ne doute pas de la bonté du prince Tommen, mais il est si jeune, souffla Margaery, notre différence d'âge est trop flagrante, je ne peux pas faire cela, ce serait comme un pêché pour moi.
-Mais réellement, lady Margaery, pourquoi ? Répéta Tyrion en plissant les yeux.
-Chacun a différentes raisons, lord Tyrion, murmura Margaery en s'emparant de sa coupe de vin, je pense qu'aucun de nous ne veut réellement révéler ses réelles motivations, alors je propose que l'on les garde pour nous. Avons-nous un pacte ? Demanda la dame en plongeant son regard dans celui de Tyrion.
-Nous avons un pacte, accepta Tyrion en esquissant un large sourire.
Ce n'était pas un mariage d'amour, mais Tyrion sentait qu'il n'allait pas le regretter.
…
-La reine et moi pensions qu'il serait mieux si je restais à King's Landing et que je ne partais pas pour où-ne-sait-où. Comme ça, je pourrais rester avec Tommen et…Avec toi, murmura doucement Cersei en observant son fils aîné.
Joffrey avait la tête penchée sur son arbalète, l'essuyant avec un vieux tissu pour la faire briller de mille feux.
-Joffrey ?
-Hein ? Oui, mère. Faites comme il vous semble, rétorqua Joffrey sans même relever les yeux vers sa génitrice.
Cersei se leva de sa chaise et s'approcha vers le lit de son fils, où il était assit, nettoyant l'or de son arme avec application, elle prit le tissu, faisant enfin relever les yeux à Joffrey.
-Puis-je avoir toute ton attention ?
Joffrey poussa un soupir agacé et déposa son arbalète avant de se relever, en face de sa mère.
-Je te demande d'interdire ton grand-père de m'envoyer dans les contrées lointaines de Hautjardins !
-Un mariage avec les Tyrell serait bénéfique pour notre famille, réfléchit à haute-voix Joffrey.
-Je sais, mais tu comprends que je ne veux pas quitter ma famille, tu peux comprendre ? Tu ne souhaite pas que je te quitte, j'espère, car moi je ne souhaite pas te quit…
-Je souhaite que l'on gagne la guerre, rétorqua Joffrey, quand la guerre sera gagnée, tout ira mieux. Il y a des choses plus importantes à traiter que vos petits caprices, mère.
Cersei afficha un sourire froid à son fils, montrant son masque de mère aimante, malgré le venin caressant ses papilles.
-Oui, bien sûr, Joffrey, mais…
-Mais rien du tout, siffla le blondinet en reprenant le tissu des mains de sa mère, nous avons besoin d'alliances. J'ai refusé le mariage avec la Tyrell pour honorer le souhait de père, je me suis sacrifié, à vous d'en faire de même.
-Oui, mon fils, je comprends. Mais Tommen va être dévasté et…
-Tommen doit apprendre à grandir, il sera confié à une nourrice !
-Joffrey, c'est ton petit frère, tu ne peux…
-Je peux faire ce que je veux, cracha le blond, je suis le roi !
-Joffrey, j'ai dû quitter Castral Rock pour me marier avec ton père, ça a été un sacrifice aus…
-Insinuez-vous que marier mon père a été un sacrifice ?!
-Non, quitter le lieu où j'avais grandis a été un sacrifice mais je ne regrette rien, j'ai aimé ton père de toute mon âme, je te le promets. Et j'aime mes enfants de toute mon âme…
-Nous ne sommes pas morts, mère. Mais en temps de guerre, il faut savoir faire des sacrifices, vous marierez Loras Tyrell. Ma décision est prise.
-Il y a déjà une alliance avec les Tyrell, laissa échapper Cersei en cause de désespoir, ton oncle, Tyrion, va épouser lady Margaery, je n'ai pas besoin de…
Joffrey plissa les yeux à la nouvelle information, mais ne broncha pas. Il regarda simplement sa mère et siffla cruellement, les yeux plongés dans ceux de la femme qui l'avait mis au monde :
-Vous allez marier ce crétin de chevalier des fleurs sanglantes, lui donnez de magnifiques héritiers et vivre paisiblement à Hautjardins, Myrcella, Tommen ainsi que moi-même viendrons vous rendre visite une fois par année. Vous aurez de nouveaux enfants à chouchouter et tout ira bien.
La voix de Joffrey s'était adoucit à la dernière phrase, son regard fou disparut et il s'éloigna de sa mère afin de s'asseoir de nouveau sur son lit et se remit à nettoyer son arbalète dorée.
-Vous pouvez partir, mère, j'aimerais bénéficier d'un peu de tranquillité, exigea Joffrey.
Cersei hocha la tête et quitta la pièce, le regard vide lorsqu'elle marcha dans les couloirs, elle aperçut à travers une fenêtre du couloir, une partie des immenses jardins qui étaient, étrangement, vides.
-Pourquoi est-ce si désert par un tel temps ? Siffla Cersei à l'attention de ses gardes.
-La reine a ordonné à ce qu'une partie du jardin soit réservé à elle et à ses invités, bien sûr, la famille royale y est incluse. Seuls les gens de la cour ne peuvent plus y accéder, répondit un des gardes
Cersei descendit les marches du Donjon Rouge et sortit dans le jardin d'un bon pas, toujours suivit par ses gardes pas très loin derrière elle. Elle traversa le jardin rapidement, tenant sa robe pour ne pas qu'elle traine, lorsqu'à un certain point du jardin, elle rencontra des gardes.
-Lady Cersei, la saluèrent respectueusement les deux gardes.
Ils se poussèrent et Cersei entra dans une partie du jardin magnifique mais malheureusement vide, elle plissa les yeux et s'avança, le soleil tapant sur sa peau claire et ses cheveux dorés brillant à chaque rayon de soleils les caressant, tout semblait assez vide, Cersei se tourna vers ses gardes et sentit la frustration l'envahir. Marier Loras Tyrell, elle, fille de l'homme le plus puissant et riche des sept couronnes, mère du roi et reine pendant plus de 17 ans, elle était condamnée à épouser Loras Tyrell qui avait, en plus de cela, une préférence pour les hommes.
-ma dame, est-ce que tout va bien ?
-Ser Virl, retournez à l'entrée du jardin, ordonna Cersei en serrant la dent, agacée par la fausse préoccupation du garde.
Le garde hocha la tête et laissa la reine avec le dernier garde, Cersei poussa un soupir de frustration et continua à avancer dans la végétation avant de s'enfoncer dans les parties sombres des jardins, où les feuilles des arbres protégeaient le chemin du soleil.
Cersei poussa un soupir et se mordit violement les lèvres, se demandant ce qui pourrait la relaxer.
Jaime pourrait me relaxer, dès que je suis avec lui, je me sens mieux, particulièrement quand on fait l'amour.
Mais Jaime avait été tellement distrait depuis son retour, elle ne l'avait vu que très peu de fois. Cersei se tourna vers l'homme derrière elle.
Il n'est qu'un pathétique Ser, pas aussi beau que mon frère, certes, mais il a un instrument qui pourrait me satisfaire…
-Dites-moi Ser Assos, aimez-vous les jardins ?
-Oui, lady Cersei. Ils sont magnifiques…
-Moi ce que j'aime, c'est la tranquillité des jardins. Mais c'est encore mieux maintenant que notre reine a demandé une partie privée, pour nous. On a du silence, de l'intimité, n'est-ce pas agréable ?
-Oui, ma dame.
-Avez-vous déjà baisé dans un jardin ?
Le chevalier s'arrêta et observa Cersei, pas certain d'avoir bien compris, elle esquissa un sourire et il avala difficilement.
-Heu…Non.
-Et avez-vous déjà baisé une reine dans un jardin ? Questionna à nouveau Cersei.
Cersei n'était plus reine, mais dans ces conditions, il n'oserait certainement pas la contredire et Cersei le savait.
Le garde secoua la tête, son instrument palpitant en dessous de son armure.
-Et bien…Il y a une première fois à tout. Enlevez votre armure et prenez-moi contre un arbre, ordonna Cersei en observant le garde obéir à toute vitesse.
Cersei se contenta de soulever sa robe et d'enlever le sous-vêtement protégeant le bas, elle le laissa tomber à ses pieds et s'accota contre l'arbre, l'homme ne portant plus de pantalon l'attrapa par les hanches et la plaqua contre l'arbre, s'insérant en elle, sa longue robe épaisse cachant l'union de leurs deux organes du plaisir.
Cersei poussa un long gémissement de plaisir et accrocha ses mains dans les cheveux courts auburn du garde tandis qu'elle montait et descendait contre le tronc d'arbre, elle rejeta la tête en arrière et laissa échapper un gémissement aigu.
-Jaime !
…
Je prie encore pour vous.
Je prie pour que vos âmes reposent en paix et aient rejointes les sept paradis.
Je prie pour que vous soyez ensembles, même dans la mort.
Je prie pour que désormais, vous ayez trouvé la paix dans cette mort tragique.
Vous êtes mieux où vous êtes, là où vous vous trouvez, il n'y a pas de tristesse, pas de colère, pas de jalousie, pas de mort. Il n'y a que le bonheur.
Je vous rejoindrais lorsque mon heure a sonné, je sais qu'à ce moment-là, je n'aurais pas peur, car j'irais vous rejoindre…
Mais je ne peux pas renoncer maintenant, j'ai une nouvelle vie en moi, un nouvel être, un nouveau Stark. Un Stark qui siègera sur le trône de fer et qui vous rendra fiers, peu importe où vous êtes…J'espère que vous êtes fiers de moi, vous me manquez.
-Sansa ?
Sansa ouvrit les yeux et aperçut Tommen Baratheon, escorté de quelques gardes, les yeux baissés.
-Prince Tommen ? Que se passe t-il ? Demanda Sansa en se relevant immédiatement et en s'avançant vers le jeune frère de son époux.
-J'ai suivit une longue conversation entre ma mère et mon frère, soupira le jeune prince, mère va partir pour Hautjardins car elle va se marier avec Loras Tyrell.
-Non, voyons, soupira Sansa, c'était une idée en l'air mais…Elle n'est plus d'actualité, c'est moi qui l'avait soumise mais Cersei et moi avons finalement décidés qu'il en serait mieux autrement.
-Vous en avez parler à grand-père, n'est-ce pas ? Murmura Tommen.
-Je…Oui, mais je peux aller retirer cette idée et le convaincre du contraire…
-C'est trop tard ! Cria le prince, les yeux brillants de colère, grand-père a surement, comme d'habitude, obligé mère qui pourtant ne se fait ordonner rien par personne sauf par lui ! Et elle…Elle comme une idiote est allé parler à Joffrey afin qu'il interdise qu'elle soit mariée à un Ser ! Mais Joffrey a réagi, comme je pensais qu'il réagirait et comme mère réclamait le contraire, Joffrey lui a ordonné de se marier à Loras Tyrell !
-Tommen, je…
-Vous avez ensorcelé mon grand-père de je ne sais quelle façon, mais il vous admire plus qu'il n'a jamais admiré sa fille. Et quand elle va s'en rendre compte, sa colère et sa jalousie seront un poison dans votre existence, Sansa. Je ne souhaite pas cela pour vous, je ne souhaite pas cela pour elle !
-Je n'ai jamais voulu ça et tu le sais…
-Lorsque Joffrey prend une décision, presque personne ne peut le faire changer d'avis, soupira Tommen en passant une main dans ses cheveux blonds.
-Et certainement pas moi…
-Et certainement pas vous, répéta Tommen, les yeux perdus dans l'océan bleu, mais je sais qui pourra et qui est assez concernée pour s'en mêler.
Sansa s'arrêta et observa le jeune prince, un air si mature flottant sur son visage de jeune enfant d'une treizaine d'années, tout au plus.
-Margaery Tyrell, dirent-ils à l'unisson.
-Margaery est votre amie, vous la convaincrez d'aller voir Joffrey et de lui dire que son frère n'approuve pas le mariage. Trouvez une histoire, n'importe quoi. Margaery saura convaincre Joffrey…
-Pourquoi tu te mêles de ce genre de choses, Tommen ? À ton âge, je ne voulais que coudre, chanter et danser, du moins j'étais une fille et à ton âge, mon frère, Robb, ne souhaitait qu'apprendre à tirer à l'arc, à se battre à l'épée et un peu à conquérir les filles…
-Je n'ai pas eu la chance de naître dans une famille comme la vôtre, Sansa. Mon père était un ivrogne, accro aux putes, ma mère est une femme froide et cruelle envers ceux qu'elle décide de ne pas aimer et mon frère…Mon frère aîné est un sadique et cruel roi. La seule personne à qui j'ai pu vraiment m'accrocher ça a été Myrcella, ma sœur, et quand elle est partie…J'ai vu mon monde s'effondrer. Malgré tout, j'aime ma famille…Mais si j'avais été à votre place, Sansa, j'aurais tout fait pour que ma famille reste dans son cocon. Vous n'auriez pas dû venir ici…
Les larmes étaient montées aux yeux de Sansa, elle observa le garçon si jeune qui ne devrait pas s'occuper de ce genre de chose pour son âge et se dit que si le reste de sa vie après avoir quitté Winterfell était une pure cruauté, son enfance avait été heureuse, au moins.
-Je le sais bien. Je suis sûre que tu reverras Myrcella, un jour.
-Je ne sais pas…Parfois j'aimerais ne pas être né dans cette famille, elle est puissante et crainte mais…Mais il y a de telles fissures à l'intérieur. La seule chose qui a pu séparer votre famille est…La guerre. Et même à travers la guerre, la mort. Vous vous aimez encore.
-Tu construiras ta propre famille, Tommen, avec ton épouse et vos enfants. Tu iras loin de King's Landing et tu seras heureux, d'accord ?
-Ouais…Mais n'oubliez de parler à Margaery, je ne souhaite pas que ma mère parte aussi, à son tour.
-Je lui parlerais, promit Sansa, parole de reine.
…
Les yeux de Sandor se perdirent dans sa boisson alcoolisée couleur miel, tandis que son reflet affreux lui revenait en plein visage.
Sa brulure, cachée par ses cheveux cacao enlaidissait son visage d'homme dur, le rendant plus effrayant. L'œil gauche de Sandor avait été affaissé par le feu dans lequel son frère l'avait plongé durant son enfance.
Et pourtant…Aujourd'hui, il désirait enfin quelque chose, quelqu'un, et l'obtenait, d'une certaine façon.
Sansa Stark, cette jeune fille innocente plus si innocente dont les yeux clairs l'envoutaient à chaque fois qu'elle le regardait, à chaque fois qu'elle plongeait ses magnifiques yeux dans les siens, marron.
Le cœur de Sandor se réchauffait à chaque fois qu'elle le regardait, sans frayeur, dans l'assurance absolue qu'il ne lui ferait pas de mal, qu'au contraire, il la protégerait.
Elle n'avait pas tort, Sandor ne pouvait imaginer poser la main sur son petit oiseau, du moins, pas pour lui faire mal. Pour ce qui était de poser la main sur elle dans un autre sens, Sandor ne pouvait pas nier qu'il n'avait jamais imaginé sa belle reine allongée sur son lit dans sa petite chambre. Ses cheveux de feu et de flammes éparpillés autour de son beau visage, ses yeux azur écarquillés dans le plaisir et la bouche ouverte, émettant de doux bruits dont il serait le déclencheur.
Sandor ne comptait plus les soirées qu'il passait, allongé dans son lit, fixant le plafond, imaginant son splendide petit oiseau crier son nom par pur bonheur. Chose que cette petite merde de Joffrey ne savait même pas faire.
Si Sandor avait la chance d'avoir Sansa comme femme, comme reine, il la traiterait mieux qu'elle ne l'a jamais été. Il la protégerait et l'aimerait, mais il se contenterait d'être le chien et de cacher ses sentiments. Sandor savait que Sansa l'aimait, mais comme un ami. Jamais son innocent oiseau n'aurait pensé à faire des choses sales avec lui, jamais…
-Hé, le limier ! L'apostropha un des chevaliers sur une table où la plupart des chevaliers de la garde royale buvaient ensembles, riant et contant des histoires absurdes.
Sandor releva à peine les yeux vers les hommes à quelques mètres de lui, il les toisa et les méprisa, comme presque tout le monde qu'il connaissait.
-Il paraît que tu es assez proche de la reine, sourit sournoisement ce même chevalier, ses yeux noisette brillants d'amusement ainsi que d'ivresse.
Sandor prit une grande gorgée de son baron de bière, laissant le liquide amer envahir ses papilles gustatives.
-Haaa, soupira un autre en tenant son verre entre ses mains, si j'avais la chance de baiser notre reine…Je serais un des hommes les plus heureux.
-Si j'avais la chance d'être roi ET donc, de baiser la reine, je serais l'homme le plus heureux, corrigea le premier Ser en buvant une grande gorgée de bière, et dis-nous, limier, comment elle est en dessous de ses robes luxueuses ?
-Elle t'a laissé la baiser malgré ta laideur ?! Aboya un autre tandis que ses compagnons, complètement ivres, hurlèrent de rire.
-Plutôt intelligent d'aider la pauvre future reine pour pouvoir la baiser après son mariage, je ne te croyais pas si malin, Clegane ! Siffla le premier homme, comment c'est de sentir sa petite chatte se serrer autour de ta queue, hein chien ?
Les yeux marron de Sandor brillèrent de colère et ses doigts se serrèrent autour de son baron de bière.
Comment osaient-ils parler de son petit oiseau de la sorte ?!
-Fermez-la…
-Qu'est-ce que tu as dis, chien ? Rigola le chevalier en s'approchant de lui, tu es frustré parce qu'elle n'a pas apprécié, alors que tu sais que moi, si je la baisais elle hurlerait si fort qu'on l'entendrait jusqu'à Esso…
Sandor se leva brusquement et tira son épée de son fourreau, ses yeux brûlants de fureur et de cruauté.
Le chevalier esquissa un léger sourire et sortit, à son tour, son épée, imités par ses compagnons.
-Vraiment ? Ricana Sandor, normalement un tel nombre contre un seul homme serait déloyal, mais vu vos corpulences de crevettes, vous équivaudrez à un homme de ma taille !
Sandor s'élança vers le premier chevalier, faisant claquer son épée contre la sienne dans un bruit métallique aigu, un autre se mit en tête de l'attaquer par derrière, mais fut le premier transpercé et tomba sur le sol, en sang, alors que le propriétaire de la taverne et ses employés s'empressèrent de quitter l'endroit, de peur de subir la colère du limier.
Le seul qui réussit à survivre jusqu'à la fin, fut le chevalier qui l'avait provoqué, Sandor plissa les yeux et claqua son épée vers sa tête, mais il fut arrêté par la lame de ce chevalier, qui tournoya pour s'éloigner, son épée en mains. Il était bon, mais l'alcool dans ses sens le ralentissait bien trop, et bientôt, il fut désarmé et couché à terre, le pied de Sandor à quelques centimètres de son crâne.
-P-pitié, siffla t-il, je vous prie d'être miséricordieux, limier, je…
-Un chien n'a jamais pitié, siffla Sandor avant d'abattre brutalement son pied sur le crâne du chevalier qui émit un bruit sourd effrayant tandis que le silence de la taverne revient.
Sandor essuya son épée ensanglanté puis la rangea avant de revenir à sa table.
Observant le massacre il termina sa bière, ignorant la vive plaie dans son cou provoqué par l'un de ses merdeux, désormais morts.
…
Les jambes en feu, Arya Stark poussa un petit gémissement de douleur, s'attirant le regard de son escorte.
-Quoi ? Cracha t-elle, agressivement à l'homme devant elle.
Cela faisait plusieurs semaines que cet homme l'escortait soit disant chez quelqu'un prêt à payer un fort prix pour elle. Arya avait d'abord vivement refusé mais l'homme lui avait juré que ce serait le mieux pour elle et qu'une jeune fille de haute naissance ne devait pas rester seule en plein milieu de la guerre et tout le blabla dont Arya se fichait royalement.
Arya avait beau se creuser la tête toute la journée, elle ne voyait pas qui serait prêt à payer pour elle :
Son père était mort, sa mère et Robb aussi.
Jon était au mur…
Et Winterfell était dans le chaos.
Les Lannister paieraient sûrement généreusement la personne qui leur ramènerait Arya Stark, mais l'homme qui l'accompagnait avait promis, sur son honneur, qu'il ne la livrait pas aux Lannister. Tout ce que pouvait faire Arya, c'était d'espérer qu'il ne la trahisse pas. Elle ne connaissait pas son nom, ni sa profession. Il avait peut-être était chevalier dans le passé car son armure était de la plus grande qualité et le fer de son épée avait été forgé chez un forgeron de qualité aussi.
-On devrait se reposer ou trouver une auberge pour la nuit, déclara l'homme en tournant sa tête vers Arya.
-Dormir nous fait perdre un temps précieux, rétorqua sèchement Arya en croisant les bras sur sa poitrine.
-Je ne crois pas t'avoir demandé ton avis, siffla t-il en accélérant le pas, totalement conscient de la douleur d'Arya.
-Hé, je vous emmerde, je veux rester le moins longtemps avec vous et m'avancer vers ce fameux endroit dont vous refusez de me parler !
-Fillette, si tu continues comme ça, tes jambes vont te lâcher dans quelques heures tout au plus. Tu dois te reposer, sinon tu vas nous ralentir…
-On aurait besoin de chevaux, pour avancer plus rapidem…
-Dis-moi, tu es un géni, toi ! Des chevaux, je n'y avais pas pensé, siffla l'escorte d'Arya, dégoulinant de sarcasme, et dis-moi où est-ce qu'on va pouvoir acheter un cheval ? …Dans une auberge !
-Allez vous faire foutre, siffla Arya sans prendre la peine de marmonner.
-Allez avances et tais-toi !
Il s'écoula encore une quarantaine de minutes mais aucune auberge ne fut en vue, la nuit tombait, indiquant à l'homme sans nom de se préparer à dormir à la belle étoile.
Arya alluma le feu en silence, habituée depuis de nombreux soirs à dormir à la lueur des flammes. Ils mangèrent un lapin chacun, chassé quelques jours auparavant et cuit au feu de bois.
Arya resta silencieuse, une boule dans la gorge, comme à chaque fois avant de dormir.
Chaque nuit était annonciatrice d'un nouveau jour, d'une nouvelle occasion pour mourir ou pour tuer…
Elle s'allongea près du feu et regarde les flammes crépiter pendant quelques minutes, jusqu'à ce que le ronflement de l'homme en face d'elle retentit.
Sa voix s'éleva en un chuchotement et elle récita, presque comme une prière :
-Joffrey, Cersei, Tywin Lannister, Walder Frey, Meryn Tranc, la Femme Rouge, Le Chien, Thoros de Myr, Ilyn Payne, la Montagne…
Le silence de la nuit ajouta un certain poids sur ses paroles, Arya lécha ses lèvres et plissa ses yeux marron.
-Je me vengerais…Je le jure.
…
-Pourquoi, il faut toujours que tu te fourres dans des situations pas possibles ? Siffla Sansa en fusillant Sandor du regard.
-Je ne sais pas, grommela le chien avant de siffler l'air sous la douleur que lui provoquait Sansa en soignant sa blessure derrière son cou.
Et tu crois que tu vas t'en tirer en marmonnant des « je sais pas » ?! Aboya Sansa en appuyant plus fortement sur la blessure de Sandor avec son tissu, le faisant tressaillir.
-Ils m'ont énervés, marmonna Sandor dans sa barbe, et si il y a une chose que je déteste c'est qu'on m'énerve, particulièrement quand je bois tranquillement ma bière !
-Ils t'ont énervés ? Répéta Sansa, interloquée, non, mais je rêve…C'est une blague ?! Tu as tués 6 chevaliers de la garde royale parce qu'ils t'ont énervés ?
-Je ne regrette rien, déclara presque fièrement Sandor.
-Et bien, tu devrais, rétorqua Sansa en appliquant délicatement une pommade recommandée par le mestre avec un petit coton-tige.
Sansa s'éloigna de Sandor et ferma le pot de pommade avant de le ranger dans une armoire, silencieusement. Sandor aperçut quelques carafes en cristal, dont certaines remplies d'un liquide bordeaux.
-Je prendrais bien un verre de vin…
Sansa se tourna vers le chien et le foudroya du regard, faisant regretter à Sandor d'avoir ouvert sa bouche.
-Écoute-moi bien, tu vas…Non, je t'ordonne, en tant que reine régente des sept couronnes de ne plus boire, ni d'aller dans de tavernes ou même des bordels jusqu'à nouvel ordre, si j'apprends que tu m'as désobéis, je te fais mettre au cachot pendant quelques jours pour que tu tiennes tranquille, c'est clair ?!
Sandor poussa un gémissement d'exaspération, mais se tut rapidement sous le regard de Sansa, il hocha la tête et ne broncha pas.
Sansa s'assit près de lui et prit sa main dans la sienne, avant de plonger son regard bleu magnifique dans le sien.
-Sandor, je fais cela parce que je m'inquiète pour toi. Je tiens beaucoup à toi, tu le sais, n'est-ce pas ? Tu es l'ami le plus loyal, le plus fidèle et le plus honnête que j'ai et je ne pourrais jamais avoir. Je sais que tu aimes…Tuer mais, je t'en prie, débarrasses-toi de cette haine qui bouillonne en toi, ça va finir par te tuer et, si tu meurs, ce sera trop pour moi. Tu n'as pas le droit de me faire cela, pas après tout ce que j'ai vécu.
-Me débarrasser de cette haine ?
-Oui, souffla Sansa, est-ce que…Est-ce que si je fais tuer ton frère, tu te sentiras mieux ?
Sandor ne broncha pas, malgré que personne ne fût censé savoir que son frère était à l'origine de sa brûlure, il ne dit rien et observa son petit oiseau rongé par l'anxiété.
-Non, je ne me sentirais pas mieux.
Sansa afficha un petit air déçu et hocha tranquillement la tête, essayant de trouver un moyen d'apaiser la fureur de Sandor pour un long moment, si ça ne serait toujours…
-Je veux le tuer, moi-même. De mes propres mains. Dans un combat à mort…
-Mais Sandor, si il gagne, tu…
-Je veux un combat à mort, la coupa le limier.
-Je peux le dépouiller de ses armes, cela amusera grandement Joffrey, il ne refusera pas et…
-Un combat loyal, petit oiseau. Je ne pourrais savourer cette victoire, qu'en sachant, qu'il avait des chances de me tuer et qu'il les a raté !
Sansa fronça les sourcils et malgré ses efforts pour la camoufler, laissa l'inquiétude envahir ses magnifiques traits.
-Bien, si c'est ce que tu veux, je convaincrais Joffrey d'organiser un tournoi en l'honneur du futur mariage entre Tyrion et Margaery. Un combat entre les deux frères Clegane l'amusera grandement, donc…Je lui en parlerais.
Sandor hocha la tête et observa son petit oiseau, il caressa sa joue et sans un mot, lui demanda d'arrêter de s'inquiéter.
Sansa aurait bien voulu, mais elle ne pouvait pas. Elle força un sourire au chien de son mari et se promit que si le combat allait en la défaveur de Sandor, elle ferait tout ce qui était en son pouvoir de reine pour le sauver.
Elle tenait trop à lui pour le laisser mourir comme cela…
