Merci pour tous vos commentaires, comme d'hab je vous réponds :

Afsane : Tuer Sandor...Hum...Merci de m'avoir donné l'idée. Non je rigole, respire ! Je suis pas George R.R. Martin, lui c'est un sadique. Bien sûr que j'ai pensé à qui je pourrais tuer en fin d'histoire. Quelqu'un de pas trop prévisible ou alors avec un plus, quelque chose de surprenant, je ne sais. J'y réfléchis encore. Merci en tout cas pour ta review, ça fait vraiment plaisir :D

Marina Ka-Fai : Joffrey ne pourrait pas réellement interdire la prostitution, tous les hommes de son château seraient capables de se révolter pour cela. Ces hommes ne font que tuer et ne peuvent pas se marier, ils ont donc besoin de ça pour tenir le coup. Et oui, pauvre Rani. O_O, merci pour ta review en passant :D

La Plume d'Elena : Hahha, que serait Game of Thrones avec un Joffrey gentil ? :DD Rien du tout ! Et il faut savoir que j'adore être cruel avec mes personnages, mais je ne sais pas si je vais pouvoir les tuer, on verra. Mais je respecterais la règle de Game of Thrones, ce ne sera pas un magnifique Happy Ending. Ce sera sûrement plus une fin douce-amère...

Je suis désolé du temps pris pour sortir ce chapitre, je suis partis à San Francisco pendant deux semaines, puis je suis revenu au lycée et les examens de fin d'année me tombent dessus, le pire, c'est que ce chapitre était presque achevé, il manquait une dernière touche.

P-S : Une dernière chose, ce chapitre est légèrement mais très légèrement plus court que les autres, mais quand vous lirait la fin, vous comprendrez pourquoi j'ai dû abréger à ce moment. Je vous laisse avec ce chapitre qui marque un tournant dans l'histoire :P

Bonne lecture, laissez des reviews pour exprimer vos idées, vos désirs, tout est permis. À la prochaine !

Emma.


5. « Blood of my blood »

"Sang de mon sang"

Lorsque le bateau accosta, les yeux d'Arya s'ouvrirent, un soleil perçant traversait la petite fenêtre de la cabine du bateau, elle s'étira doucement et attrapa sa fine épée, qu'elle fourra dans le fourreau de sa ceinture. Elle sortit de la cabine et monta les marches menant au pont.

La lumière du fort soleil l'aveugla pendant un petit instant, puis elle s'y habitua et poussa un soupir d'horreur en voyant l'immense château rouge.

King's Landing. Port-Réal. Le Donjon Rouge.

Elle était à Port-Réal, cet homme en qui elle avait finit par avoir confiance l'avait emmené à Port-Réal, pour la livrer aux Lannister. Elle avait été trahie.

J'aurais dû me méfier. On ne peut faire confiance à personne sauf notre famille. Père me l'avait souvent dit.

Il était hors de question qu'elle retourne à la cour, pour subir les foudres de Joffrey et de la reine Cersei. Elle les détestait. Tous. Elle se retourna vers le pont, il était presque vide, personne ne faisait attention à elle. Mais c'était normal, son allure délabrée pouvait laisser penser qu'elle était un apprenti marin masculin et certainement pas Arya Stark de Winterfell, recherché par les manteaux d'or.

Si je dois crever de faim, alors ce sera le cas. Mais personne ne saura jamais qu'Arya Stark est ici, je suis Arry, maintenant.

-Hé petite ! Cria une voix familière dans son dos.

Arya se retourna vers son escorte et le fusilla du regard, elle siffla d'un ton furieux :

-Vous m'avez trahi. Vous m'avez ramené à Port-Réal pour me livrer !

-Écoutes-moi, petite, ce n'est pas ce que tu crois. Tu seras mieux au Donjon Rouge qu'à Castral Rock ou perdu quelque part sur la route du roi avec des fugitifs !

-Pourquoi la reine me voudrait-elle ?! Mon frère est mort ! Ma mère aussi ! Je ne suis d'aucune valeur !

-Tu es dame de Winterfell, tu n'es pas d'aucune valeur. Et je peux t'assurer que la reine te veut.

-Je me fiche de ce que veut Cersei !

-Je ne parle pas de Cersei Lannister…

Arya fronça les sourcils mais avant que l'homme puisse en dire plus, elle secoua la tête et quitta le bateau, filant à travers les commerçants. Elle entendit vaguement son escorte l'appeler puis courir après elle. Mais elle état petite et agile, il la perdit de vue rapidement.

Si il ne parle pas de Cersei, de qui parle t-il ? Et que veut-il dire par je suis dame de Winterfell, je le suis mais…Sansa. Elle est la vraie dame de Winterfell à moins qu'elle soit…Morte.

Arya courut dans les rues de Port-Réal, ne sachant pas comment elle allait se nourrir, ni se loger. Mais pour sûr, elle n'irait pas se jeter dans la fosse aux lions.

Elle était une vraie louve et les loups se battent, ils ne se rendent pas.

Tommen Baratheon planta sa fourchette dans sa viande puis enfonça son couteau dedans avant de le bouger tranquillement. Un silence pesant régnait dans les chambres royales, où Tommen et son frère aîné mangeaient, en silence, seuls.

-Où est donc, mère ? Siffla Joffrey en posant sa coupe de vin sur la table.

Tommen ne dit rien, il savait que la question ne lui était pas réellement adressée. Joffrey ne lui parlait jamais. Presque jamais. Il lui parlait pour, en général, le rabaisser ou lui faire des remarques désagréables.

Joffrey serait le pire père qu'un enfant pourrait connaître et Tommen plaignait l'enfant dans le ventre de Sansa. Mais pas complètement. Cet enfant aurait aussi Sansa comme mère. Et Sansa a un caractère du Nord, un caractère de Stark. Un caractère honorable.

Cersei aimait ses enfants mais…Mais Tommen savait qu'elle avait toujours favorisé Joffrey, de sorte que lui et Myrcella s'étaient retrouvés sans aucune attention de leur père et très peu de leur mère. Ils se sont donc rapprochés et aidés seuls. Leur mère était sournoise, certainement pas un bon exemple pour eux, et leur père avait beau être un homme brave, il était trop souvent ivre et avec des prostitués.

Mais Joffrey était de loin le pire, depuis sa tendre enfance la cruauté avait été son hobby, sa joie. Et maintenant qu'il était roi, il en faisait sa distraction perpétuelle.

Joffrey était le garçon de sa mère, une petite merde sadique et cruelle, et malgré l'inattention de son frère aîné, Tommen s'est toujours sentit chanceux d'être invisible. Alors ainsi, Joffrey ne souhaitait pas le faire souffrir.

Mais Sansa Stark…Sansa avait été une réelle distraction pour Joffrey, peut-être l'était-elle encore. Dans tous en les cas, Joffrey avait été obsédé par elle, par la voir souffrir. Plus que jamais.

Et Tommen soupçonnait fort que Joffrey avait refusé Margaery Tyrell car il était obsédé par Sansa Stark.

La table était bien vide en ce soir. Habituellement, mère, Joffrey, Sansa, lui-même et grand-père mangeait toujours ensemble à la même heure. Mais trois personnes manquaient à l'appel. Grand-père était en retard, car il avait beaucoup de choses à faire. Mais Sansa ne se permettrait jamais de s'absenter alors va savoir ce qu'elle faisait, quant à mère, elle devait encore fouiner certaines choses.

La porte des chambres s'ouvrit et Cersei Lannister apparut dans une magnifique robe rouge, ses longues boucles d'or descendant le long de sa taille, ses yeux verts brillants à la lueur des bougies.

-Et bien, mère, il était temps !

-J'avais certaines choses à régler avec ton Oncle Jaime, pardonne-moi. Je vois que notre petite colombe manque aussi à l'appel, murmura Cersei en observant la chaise à gauche de Joffrey, vide.

-Sansa n'est pas sortie de ses chambres aujourd'hui. Je lui ai permis de se reposer pour le bébé, elle ne sentait pas bien.

Cersei s'installa à la place de Sansa, et claqua des doigts afin qu'on lui apporte son plat et surtout son verre de vin. Elle fut servie dans l'instant et prit sa coupe, avant de se tourner vers Joffrey :

-J'ai eu des nouvelles de Myrcella, il semble qu'elle soit très bien à Dornes. Elle souhaite une longue vie à ton enfant…

-Elle ne m'a pas adressé un mot ? Osa demander Tommen.

Cersei se tourna vers son second fils et le couva de son regard maternel :

-Bien sûr. Tu lui manques beaucoup, Tommen.

-Tiens, je l'avais presque oublié, siffla Joffrey en buvant une gorgée de vin, elle n'a pas encore été tuée ?

-Joffrey !

-C'est une demi Lannister, mère. Les Martell détestent les Lannister et vice-versa. Ils ne cherchent pas d'alliance avec nous.

-Ils ne feront pas cela. Une alliance avec notre famille est la meilleure chose que l'on peut espérer en tant de guerre. La guerre est terminée, mais on ne sait jamais quand elle peut, à nouveau, éclater.

-J'aimerais aller rejoindre Myrcella.

Les paroles de Tommen arrêtèrent la discussion entre Cersei et son fils, Joffrey haussa un sourcil et fourra dans sa bouche un morceau de sanglier, puis reposa sa fourchette.

-Voyons, Tommen…

-Qu'il aille où il veut. Ça n'en sera que mieux, maintenant si seulement Oncle Tyrion pouvait partir, ce serait parf…Non. Oncle Tyrion devrait rester, on a besoin de lui, ici.

Cersei fronça les sourcils alors que Joffrey avala une nouvelle gorgée de vin, évitant le regard de sa mère.

Je ne laisserais certainement pas mon Oncle éloigner Margaery de moi ! Je veillerais à ce qu'il reste argentier du royaume.

-Donc…Je peux ?

Les yeux de Cersei s'écarquillèrent et elle secoua la tête, alors que Joffrey semblait indifférent.

-Voyons, Joffrey. Dis à ton frère qu'il ne peut pas. Tu es le roi, tu…

-Vous savez quoi, mère ? S'écria soudainement Joffrey, rien ne me ferait plus plaisir que Tommen parte pour de bon !

Cela aurait blessé n'importe qui. Mais Tommen savait qu'il n'avait pas à attendre une once d'amour de son frère. Il regarda Joffrey, puis sa mère.

Elle ne réagira pas. Pas devant Joffrey.

-Très bien. Alors je partirais après le mariage d'Oncle Tyrion, déclara Tommen calmement, si vous veuillez m'excuser je vais aller en parler avec grand-père.

Tommen quitta la salle, sans un mot et marcha dans les longs couloirs du Donjon Rouge.

La seule réelle famille que je n'ai jamais eue se trouve à Dorne. Myrcella, elle a trouvé des gens bien avec qui vivre. Je vais aller la rejoindre, et je n'aurais plus jamais à voir Joffrey ou mère !

-Prince Tommen ?

Les yeux de Tommen se relevèrent sur un crâne chauve familier. Varys. Il salua l'homme qui semblait troublé.

-Bonjour, Lord Varys. Heureux de vous voir. Vous êtes rarement présent à la cour…

-Moi de même, mon prince. Il est vrai que je ne suis pas vraiment à la cour, ces temps-ci. Trop occupé à écouter mes oiseaux chuchoter, je suppose.

-Et bien, si jamais je ne vous vois pas au mariage de mon oncle, dans quelques semaines, et bien. Je vous dis au revoir, maintenant.

-Vous partez, mon prince ?

-Oui. Le roi m'a donné la permission de rejoindre ma sœur, Myrcella, à Dorme. J'ai hâte de lui annoncer la nouvelle…

-Vous avez toujours été si intelligent, mon prince. Vous avez raison de fuir le Donjon Rouge. Le jeu des trônes n'est pas pour vous.

-Je ne joue pas, je n'ai jamais joué et ne jouerais jamais.

-La partie a déjà commencé, hélas, mon prince. Vous êtes dedans sans même vous en rendre compte. Vous êtes un pion. Mais un simple pion peut devenir une pièce bien plus importante. Un fou, un cavalier ou un roi…

-Je ne comprends pas, Lord Varys.

-Vous n'avez pas à comprendre, mon prince. Pas maintenant. Mais la partie a déjà commencé, prince Tommen, et plusieurs pions vont tomber. Ne l'oubliez pas.

Les yeux de Sansa s'écarquillèrent lorsqu'une atroce douleur parcourut son estomac, elle laissa échapper un long gémissement de souffrance et se releva dans son lit, posant une main sur son ventre, quelques bougies illuminaient sa chambre noire par la nuit encore présente dehors.

Sansa se mit à haleter et cria à l'intention d'une quelconque domestique, ce fut les gardes devant sa porte qui entrèrent brutalement et qui virent la reine se tordre de douleur.

-Prévenez les sages femmes…et Shae !

Un des deux gardes hocha la tête et disparut alors que l'autre partit prévenir les sages femmes, alors que les cris étouffés de Sansa se poursuivirent.

Elle sentit une nouvelle douleur vive dans son ventre et se tortilla sur le lit, les dents serrées.

Les femmes sages arrivèrent, la douleur était abominable, Sansa aurait voulu les renvoyer, mais elle avait trop mal. Elle attendrait Shae pour cela…

Un gant trempé dans de l'eau chaude fut déposé sur son front et une sage femme retira les couvertures recouvrant le bas du corps de Sansa, les jetant hors du lit.

-Ma reine, vous devez écarter les jambes, murmura une femme en plaçant un tissus presque sous le postérieur de Sansa pour enrober le bébé dès qu'il serait sortit.

Sansa poussa un long cri et rejeta la tête en arrière alors qu'une autre des sages femmes prit le gant et le trempa à nouveau dans une bassine d'eau chaude afin de l'essorer et de le replacer sur le front de la reine.

-Sha-Shae, réussit à murmurer Sansa quelque part entre la réalité et l'inconscience provoquer par le douleur, Shae…Sandor, Sandor…

Une des sages femmes déchira la robe de nuit de Sansa, lui enlevant rapidement afin qu'elle puisse écarter correctement les jambes.

Nue sur son lit, Sansa sentait des douleurs qu'elle ne croyait pas un jour ressentir surgir par ses entrailles. Tout s'étirait en elle pour laisser place au bébé et elle le sentait.

Une brume entourait son cerveau lors des prochaines minutes, c'était long, le bébé allait sortir mais pas avant un long moment, la douleur parcourant tout son corps était insupportable.

Sansa avait les yeux fermés, les dents serrés, un sifflement s'échappant de ses lèvres, elle s'apprêtait à hurler de nouveau lorsque la porte s'ouvrit sur une Shae, affolée.

-Sansa !

Sansa papillonna des yeux et lorsqu'une des sages femmes voulut remettre un tissu chaud sur le front de Sansa, Shae la chassa vivement en sifflant furieusement avec son fort accent :

-Ça ne va pas plus l'aider, elle est déjà en sueur d'effort, plongez-le dans de l'eau froide !

Sansa attrapa la main de Shae et la serra fortement, plongeant ses yeux remplis de souffrance dans ceux de Shae, encourageants.

-Allez, Sansa. Vous devez expulser un joli garçon blond et ce sera terminé, vous serez heureuse, d'accord ?

Sansa acquiesça, le souffle haché tandis que Shae s'emparait du gant, maintenant imbibé d'eau froide et essuya le visage suant de Sansa qui poussa un long cri de douleur.

-Dehors…

Le murmure de Sansa n'avait presque pas été entendu par les sages femmes qui continuaient de s'activer, mais bientôt un cri résonna :

-DEHORS !

Les sages femmes se retournèrent vers leur reine qui exigeait qu'elle parte, elles se consultèrent du regard et l'une d'entre elle osa contrer la reine :

-Votre grâce, vous avez besoin d'assistanc…

-Shae m'assistera, maintenant toutes dehors ou je vais m'assurer que vous croupissiez dans un cachot pour le reste de votre misérable existence !

Les sages femmes hochèrent la tête, un peu perdue et laissèrent Sansa avec sa domestique.

-Je n'ai jamais fais cela avant…

-On va le faire ensemble, haleta Sansa, si tu es là, j'y arriverais…

Shae hocha la tête et serra à nouveau fortement la main de Sansa, avant de lui dire de respirer profondément.

-Bon…Tu va pousser…Maintenant !

Sansa sentit tous ses muscles travailler lorsqu'elle poussa pour expulser son enfant, elle cria bruyamment, sentant quelques larmes de douleur humidifier ses yeux. Elle entendait vaguement la voix de Shae l'encourager.

Sansa reprit son souffle et se souvient des paroles de Cersei.

Joffrey m'a fait rester sur la table de travail toute une journée, mais dès que je l'ai vu, j'ai sus que je ne pourrais jamais cesser de l'aimer.

Un brouillard envahissait son cerveau, mais la louve trouva la force de pousser en imaginant des yeux verts identiques à ceux de Joffrey, reflétant une innocence enfantine.

Et puis tout fut finit, et un souffle échappa à Shae lorsqu'elle murmura d'une voix tremblante :

-Tu…Tu as réussis…

Sansa haletait alors qu'elle entendit un hurlement aigu percer ses oreilles, elle tendit ses bras tremblants alors que Shae enroulait le bébé dans un tissu, puis dans une petite couverture plus chaude, elle tendit à Sansa l'enfant et lui souffla doucement :

-Félicitation…

Dans les bras de la nordienne fut déposé un petit paquet léger, l'enfant se calma progressivement au contact de sa mère et Sansa ne put s'empêcher de laisser échapper quelques larmes de ses yeux bleus. Sa peau crème était si douce…

-Mon bébé…

Le nouveau-né ouvrit les yeux et Sansa fit face à des yeux bleus étincelants, parfaitement identiques aux siens, elle serra le plus précieux de ses cadeaux contre sa poitrine et embrassa le haut de la tête de son enfant.

-Sansa, murmura Shae, chancelante sous l'émotion, comment va-t-il s'appeler ?

-Il ?

-Oui…C'est un garçon…Non ?

La joie qui avait parcouru le cœur de Sansa pendant plusieurs minutes fut remplacée par un sentiment d'effroi et de peur. Si son trésor était une fille…

Sansa déballa la couverture du corps du bébé, le cœur au bord des lèvres, elle pria que cet ange soit un garçon.

-Ho mon dieu…

Shae écarquilla les yeux lorsqu'elle et Sansa firent face au sexe de l'enfant et le cœur de Sansa rata un battement.

Elle secoua la tête, la gorge nouée, de nouvelles larmes perlèrent au bord de ses yeux et elle serra son enfant contre elle, en continuant de secouer la tête. C'était sa fille, son bébé, son trésor, il était hors de question qu'elle la confie à une inconnue et que plus jamais elle ne la voit.

-Shae, ordonna Sansa d'une voix blanche, va chercher Sandor, maintenant !

La brune hocha la tête et quitta la salle aux pas de courses, alors que Sansa continuait de serrer sa pierre précieuse qu'elle enroula de nouveau dans la couverture et qu'elle serra contre sa poitrine.

-Je ne vais laisser personne te faire du mal…Et sûrement pas ton père ! Chuchota t-elle tendrement à l'oreille de sa fille.

Sansa revêtit une nouvelle robe de nuit, pour se couvrir, prit son bébé et sortit de la chambre discrètement, se dirigeant vers la chambres de Sandor. Elle descendit les escaliers du Donjon Rouge mais lorsqu'elle atteint la fin des escaliers, elle resserra son emprise sur son bébé et sentit son cœur s'affoler en apercevant Joffrey, deux gardes et Sandor, le regard vide.

-Vous me croyez stupide, ma reine ?

Sansa sentait sa langue brûler dans sa bouche, elle secoua vivement la tête, s'attirant le regard noir de Joffrey :

-Vous avez finalement mis au monde mon fils. N'est-ce pas ? Ser Meryn !

Le garde s'approcha de Sansa et mit les mains autour du bébé pour le prendre, Sansa arracha brutalement sa fille des mains de cette brute, mais il attrapa ses cheveux roux et les tira, la faisant crier de douleur. Malgré tout, ses mains ne voulaient pas lâcher sa petite fille, elle refusait.

Elle reçut un douloureux coup dans le ventre et lâcha enfin l'enfant qui fut donné à Joffrey. Il enleva brutalement la couverture et observa l'entre jambe du bébé.

-Une fille. Votre salope de mère a donné naissance à trois garçons Stark, votre tante a accouché une seule fois, elle a eu un garçon. Quel est le problème avec vous, Sansa ?!

-Votre grâce, supplia Sansa, je vous en prie, laissez-moi la garder, je vous ferais un fils, non deux. Autant que vous voudrez ! Mais laissez-moi la garder !

-Tenez la, empêchez-la de faire le moindre mouvement, ordonna Joffrey en regardant avec dégoût le bébé entre ses mains.

Sansa fut maintenue fermement contre Ser Meryn, la lame de son épée contre sa gorge, pour s'assurer qu'elle ne puisse bouger.

Mais Sansa n'avait de yeux que pour sa fille, et lorsque Joffrey sortit son épée après avoir posé sa fille au sol, alors que la petite princesse pleurait et hurlait, quémandant sa mère, Sansa ne peut s'empêcher de hurler auprès de son mari :

-JOFFREY, ARRÊTE ! C'EST TA FILLE, TON SANG ! TU NE PEUX PAS FAIRE ÇA !

-Vous savez quoi, ma reine ? Vous avez raison. Je ne dois pas faire ça, après tout. Les dieux ne me pardonneront pas, c'est pourquoi…Mon Chien va s'en occuper.

Sansa releva immédiatement les yeux vers ceux de Sandor, horrifiés, il toussota et tenta de raisonner le roi :

-Je ne peux pas faire ça. Tuer la princesse serait un crime pour un Chien dévoué…

Joffrey fronça les sourcils et secoua vivement la tête, un sourire aux lèvres :

-C'est bien ce que je pensais. Mon chien tient plus à notre reine qu'il ne le devrait. Et il ne veut pas faire de mal à la fille de sa bien-aimée ! Maintenant, chien, écoutez attentivement, c'est soit le bébé, soit la reine.

Joffrey posa le bébé sur le dos, au sol.

-Vous mettez votre épée dans la poitrine du bébé, sinon, Sansa perd sa tête !

Les yeux de Sandor s'écarquillèrent et la lueur d'excitation dans les yeux de Joffrey lui donna envie de vomir et de tuer cette petite merde sadique.

-Je vous laisse 10 secondes…

Joffrey commença le décompte, ne lâchant pas du regard son chien, n'attendant que ce qu'il savait qui se produirait.

Sandor sentit un goût amer sur sa langue lorsqu'il souleva la lame puis l'abaissa, la pointe vers le bas, vers la poitrine de la fille de celle pour qui il aurait tout fait, les cris du bébé agonisant ne durèrent que quelques secondes, puis le nouveau-né, dont la vie venait à peine d'être offerte par les dieux cessa d'hurler, et un silence lourd prit place.

Puis, seul le murmure de Sansa fut entendu. Elle fut lâchée et s'écroula sur le sol, sanglotant. Le corps du bébé à quelques centimètres d'elle, elle observa sa fille, une épée dans la poitrine et tendit son bras vers elle.

Mais Joffrey s'approcha de Sansa et attrapa brutalement ses cheveux avant d'approcher son visage à quelques centimètres du sien :

-Je vous avais dis, un garçon. Je suis en colère contre vous, Sansa. Non seulement vous avez donné naissance à une inutile fille mais en plus, vous avez essayé de me désobéir. De me cacher la réalité. Vous n'êtes qu'une salope. Nous essayerons à nouveau de me faire un héritier, mais pas maintenant. Je ne veux plus vous voir, siffla furieusement Joffrey à son oreille avant de la lâcher.

Il quitta l'endroit en compagnie de ses deux gardes et laissa Sandor et Sansa, seuls.

L'épée de Sandor était toujours dans la poitrine de l'enfant, cet homme dur, dit sans cœur, sentit une larme, une seule, couler le long de sa joue, il ne pensait plus un jour pleurer depuis ce terrible jour où son frère l'a plongé dans le feu…Mais comment aurait-il pu réagir autrement en cette circonstance ?

-Je suis désolé…

Sandor murmure en une excuse à l'intention de son petit oiseau.

Mais elle n'était plus son petit oiseau, elle ne lui appartenait plus. Elle ne lui avait jamais appartenu, en réalité. Elle ne voudra plus jamais lui parler, le voir. La seule chose bien dans sa misérable existence de chien, il venait de la perdre.

Pour l'instant, elle ne lui prêtait aucune attention, elle était focalisée sur son bébé, sur sa fille. Mais il savait que tôt ou tard, elle revivrait les évènements et sentirait une haine sans pareille remonter lorsqu'elle penserait à lui, au chien. Sandor retira sa lame du petit corps qui saignait abondamment. Sansa rampa jusqu'au cadavre de son enfant et le berça dans ses bras, pleurant sans pouvoir s'arrêter. Sandor voudrait dire mille excuses, mais peu importe le nombre de fois qu'il s'excusera, rien ne sera réparable.

Pardonne-moi, petit oiseau. Pardon. Je t'aime.

Car oui, il l'aimait. Il le savait mais maintenant qu'il l'a perdu, plus que jamais, il peut affirmer être fou d'elle, mais c'est trop tard, maintenant…Elle le détestera à jamais, tout comme elle détestera Joffrey. Peut-être même plus…

Sansa enfouit son nez dans le cou de son bébé plein de sang et trembla sur le sol en pleurant. Que pouvait-elle bien faire d'autre ?

Le corps froid de sa petite fille contre le sien, Sansa sut que cette vision de sa fille, morte, ne la quitterait jamais de toute sa vie. Jamais.

C'est comme si mon cœur venait de lâcher, et pourtant…Je suis encore là. Je n'ai plus rien, maintenant. Rien sauf le cadavre de ma fille, sauf le sang de ma fille, de celle pour qui j'aurais tout fait. Cersei avait raison. Dès que je l'ai vu, j'ai sus que je ne pourrais arrêter de l'aimer. Fille de Joffrey ou non. Et même morte, je l'aime encore. Et c'est si douloureux…Ma fille…Ma princesse…Ma chérie…

Le cœur de Sansa semble être en miettes et elle crie, elle crie de rage, elle crie de tristesse puis elle s'effondre sur le sol, dans le sang de sa fille.

Elle était le sang de mon sang…


"Not everyone has a happy ending".