Explication sur l'attente pour ce sixième chapitre à la fin !

Bonne lecture !


6. « The Monster of Westeros »

" Le Monstre de Westeros"

La chambre de la reine régente était illuminée par le soleil pénétrant par les larges fenêtres ouvertes, la chambre était silencieuse, pas un bruit excepté le sifflement du vent provenant de l'extérieur, n'était entendu dans l'immense chambre.

Le grand lit à baldaquin aux couvertures pourpres de la reine était recouvert d'une large couverture, recouvrant le corps d'une jeune femme, recroquevillée sur elle-même.

Les cheveux roux de Sansa, lâchés, s'éparpillaient sur l'oreiller de la reine, son visage était presque contre sa poitrine, tandis que ses yeux bleus fixaient droit devant elle.

Six jours après son accouchement, la reine n'avait toujours pas été revue à la cour et pour cause. Elle était restée enfermée dans ses appartements, dans son lit. Refusant catégoriquement de se nourrir.

Tous les Stark étaient-ils destinés à périr ?

Parfois, en fermant les yeux, Sansa imaginait, de chaque côté du trône de fer, non plus les bannières du lion et du cerf, mais les bannières d'un loup gris. Les Stark ne pouvaient pas périr, Sansa ne pourrait pas le permettre.

J'ai encore échoué…Je n'ai pas pu protéger mon bébé, mon bébé Stark. Pardonnez-moi, père, mère, Robb, Rickon, Bran, Arya…Pardon.

Sansa ne pouvait pas fermer ses paupières sans voir les yeux étincelants de son bébé, des yeux éteints à jamais. Elle sentait encore sa chaleur lorsqu'elle l'a bercé et de son souffle calme et régulier. Comment une vie, qui a été si difficile à faire venir au monde peut-il être enlevé, si facilement ?

Sansa ne voyait pas comment avancer, elle ne voyait que deux solutions. Sauter par la fenêtre de sa chambre ou simplement se laisser périr peu à peu. Et les deux finissaient par la mort.

L'ancienne Stark se releva dans son lit confortable et observa sa chambre, ses yeux rouges fatigués se posèrent sur une couverture ensanglantée posée sur son armoire à vin.

La couverture ayant enveloppé sa fille, son bébé. Son trésor.

La reine avait ordonné à ses gardes de renvoyer tous ceux qui viendraient la voir. En particuliers Sandor Clegane.

Les yeux de Sansa brillèrent de colère en pensant au cruel homme qu'elle avait tant apprécié. Désormais l'évocation du Chien ne faisait que provoquer un goût amer sur sa langue.

Elle n'aurait jamais cru aimé autant quelqu'un, un jour, et surtout pas une personne ayant quoi que ce soit en commun avec Joffrey…

Mais sa petite fille, fille de Joffrey ou pas, Sansa l'avait aimé, plus que jamais. Elle avait promis à son bébé de ne laisser personne lui faire du mal. Elle avait échoué.

Peut-être ne méritait-elle pas le bonheur, peut-être était-elle destinée à être malheureuse, à jamais, au Donjon Rouge.

Le seul ami, qui, j'ai cru ne me ferais jamais de mal ou alors que en me disant la vérité. Sandor, cet homme que j'ai tant apprécié est désormais qu'une pensée cruelle dans ma tête. Je n'arrive plus à voir ce que j'aimais en lui, simplement car il a planté son épée dans la poitrine de ma fille. Joffrey lui a ordonné, Joffrey est le responsable, et je le sais. Et pourtant…Je suis tellement en colère.

Sansa l'aurait appelé Lyanna. Lyanna Baratheon. Elle aurait sûrement eu de longues boucles dorées, comme sa grand-mère, mais elle aurait été dotée de prunelles bleues Tully qui n'aurait jamais permit qu'elle oublie qu'elle était du Nord.

Sansa roula sur le dos et observa le haut de son lit baldaquin, ses yeux bleus s'humidifiant à nouveau.

Ça ne sert à rien de pleurer. Joffrey se fiche que je pleure ou pas. L'époque où quand je versais une larme, maman et papa accouraient vers moi pour voir si j'allais bien est terminée. Plus personne ne viendra à mon secours de cette façon. Je dois arrêter de rêver et comprendre la réalité. Joffrey n'a pas besoin d'être respectueux avec moi, ma famille était puissante. Mais elle ne l'est plus. C'est du passé, désormais. Je n'ai aucune protection avec moi, Joffrey doit me sauvegarder en vie jusqu'à ce que je produise au moins un héritier, voir deux. Après cela, il continua de me battre, il continua de savourer ma souffrance. Il va finir par me tuer…

C'est un jeu, comprit Sansa.

On lui a dit tant de fois. Rien de ce que l'on croit être vrai ne l'est à King's Landing. On ne peut faire confiance à personne sauf les siens. C'est une ville de mensonges et de cendres. Si Sansa voulait survivre, elle allait devoir se calquer aux désirs de son roi fou, si elle lui fait plaisir, il ne la punira avait tort, Joffrey ne vous aimera pas si vous lui montrez que vous l'aimez. Parce que Joffrey ne peut pas aimer.

Il est fou. La folie prend trop de place pour laisser place à quoi que ce soit d'autre et Sansa allait maintenant se servir de cela comme arme maitresse.

Sansa arrive dans le jeu et elle jouera bientôt avec les plus sournois.

La grande table en bois au centre de la pièce était entourée de plusieurs grandes chaises, dans une petite salle à proximité de la tour de la main. Plusieurs messages provenant d'ailleurs étaient disposés sur la table, un peu n'importe où. Une fine lumière passait à travers l'unique fenêtre de la salle, donnant sur la mer de King's Landing. La salle où se réunissait le conseil restreint comportait deux portes, chacune était décorée avec des motifs de lion gravé dans le bois de la porte.

Les yeux verts de Joffrey parcoururent le papier, un air crispé se peignant sur ses traits faciaux. Assit au bout de la table, le roi releva les yeux vers ses conseillers avisés et se mordit la lèvre. Il fronça les sourcils et secoua la tête plusieurs fois avant de siffler entre ses dents blanches :

-On devrait tous les faire prendre pour trahison…

Les personnes autour de la table restèrent silencieuses suite à la déclaration du roi, tous tournèrent le regard vers Tywin Lannister, observant sa réaction, mais le patriarche Lannister ne rétorqua rien aux paroles de son petit-fils.

Voyant que son géniteur ne prononcerait pas un mot, Cersei garda sa bouche fermée, elle aussi, faisant glisser discrètement ses doigts sur le bois lisse de la table, ses yeux verts n'exprimaient aucun intérêt pour ce qui se déroulait présentement, son petit jeu avec ses doigts semblait l'intéresser plus que la situation financière du royaume.

Varys, lui, garda les yeux sur le roi qui tremblait littéralement de fureur, scrutant l'adolescent qui portait la couronne d'or tant convoitée.

Mestre Pycelle, lui, fixait de manière inappropriée les courbes de l'unique femme présente dans la pièce, tentant d'être discret mais Lord Baelish l'avait remarqué depuis un moment cependant l'atmosphère était trop tendue pour faire remarquer cela, même si il aurait aimé voir Pycelle pataugé dans ses mots sous la colère de Cersei. Mais il devrait attendre pour s'amuser, il esquissa un sourire que personne ne vit et se décida de prendre la parole :

-La banque de fer est loyale, votre grâce, mais à l'argent. Et nos dettes s'accumulent de plus en plus, même si Renly Baratheon et Robb Stark ont été défaits, tant que Stannis est en vie la guerre ne peut pas être considéré comme terminée. Et nous avons encore deux mariages à mettre en place, celui de votre oncle, Tyrion, à lady Margaery et celui de Loras Tyrell à Lady Cersei.

-Ce n'est pas une raison, hurla le blondinet tapant son poing contre la table, ce sont des traîtres ! Comment osent-ils soutenir Stannis ?!

-Ils ne le soutiennent pas, totalement, ils lui ont prêtés une petite somme pour le moment, votre grâce, dit calmement Varys.

-10 000 dragons d'or ne me semblent pas une petite somme pour moi, marmonna Mestre Pycelle.

-Pour reconstruire une armée et une flotte comme celle qu'il avait, s'en est une, rétorqua Varys avec un léger sourire.

-Oui et ça commence avec 10 000 dragons d'or et bientôt 100 000, et avant qu'on ne le sache, Stannis sera là et tentera à nouveau d'assiéger la capitale, siffla Mestre Pycelle, et nos têtes seront sur des piqu-

-Nous allons gagner la guerre, dit finalement Tywin Lannister, la banque de fer le sait. Nous avons mis une Stark comme reine des sept royaumes, le Nord se ralliera à nous, les Boltons céderont le Nord, la banque de fer ne donnera plus un sous à Stannis Baratheon. Il n'a aucune chance de gagner. Nous avons le Nord grâce à Sansa, Dorne grâce à l'union de Myrcella, le Reach grâce au mariage de Tyrion avec Margaery, Riverlands appartient maintenant aux Frey. Les îles de fer et le Vale ne se mêleront pas du conflit.

-Êtes-vous absolument sûr de vous ? Demanda Joffrey en fixant son grand-père qui affichait un air confiance.

-Aucun doute, votre grâce.

-Très bien, très bien, murmura, Joffrey, soudainement calmé, si on est sûr d'avoir le Nord tout est gagné, nous en sommes sûr ?

-Si les Boltons désirent livrer combat, très bien. Mais toutes les maisons Nordiennes se rallieront à nous, votre héritier aura un peu de Stark dans son sang. Mais Roose Bolton n'est pas idiot, il ne va pas perdre bêtement des hommes pour un combat perdu d'avance. Mais c'est sûr que pour cela il faudrait avoir un héritier vivant, siffla entre ses dents Tywin.

-Cet enfant est un mort-né, s'écria immédiatement Cersei, Joffr- Sa grâce n'est en rien responsable.

-Je n'en suis pas plus responsable. La reine doit être enceinte à nouveau, rapidement.

-Je ne veux que lady Cersei et Lord Tywin dans cette pièce, ordonna brusquement Joffrey aux autres conseillers.

Lord Baelish, Varys et Mestre Pycelle sortirent de la salle tranquillement et lorsque la porte ferma, Joffrey déclara d'une voix ferme :

-Ma femme a donné naissance à une petite fille mort-née, c'est peut-être de sa faute, à elle. Elle est peut-être incapable de donner naissance. Dans ce cas-là, il me faudrait une nouvelle reine, il me faudrait Margaery Tyr-

-Margaery se mariera à Tyrion, Sansa doit rester impérativement reine. Elle doit pouvoir donner naissance, sinon, le Nord pourrait se rallier aux Boltons. Ils ont besoin d'un mâle Stark, Sansa n'est pas assez pour les garder auprès de nous, déclara d'une voix qui ne laissait pas matière à discuter, Tywin.

-Père, si Sansa s'avère être incapable de produire un garçon en bonne santé, nous serons obligé d'envisager une autre reine, on procédera à un échange. Sansa n'est plus une vierge, mais le nain qui vous sert de fils ne mérite aucunement la pureté d'une femme. Il prendra Sansa, si il le faut.

-Certainement, sourit Joffrey, cependant j'ordonnerais à Oncle Tyrion qu'il ne touche pas Margaery, même après le mariage, jusqu'à ce que je me sois assuré de la stérilité de Sansa, il est hors de question que je me contente des restes d'oncle Tyrion, si Margaery devient ma femme, elle devra être vier-

-Cela va de soi, Joffrey, le rassura d'une voix mielleuse, Cersei.

Tywin observa sa fille et son petit-fils, resta silencieux, puis finalement acquiesça :

-Très bien, si Sansa Stark s'avère être réellement stérile alors nous considérerons l'hypothèse de faire de Margaery Tyrell, la reine de Westeros.

Ces paroles fondirent dans le silence qui suivit comme une finalité, des paroles à ne pas remettre en cause.

L'odeur de viande grillé attira Arya, qui, affamé s'approcha du commerçant, faisant griller une viande alléchante. Peut-être du poulet, peut-être du sanglier, va savoir…

Le commerçant ne l'avait pas remarqué, trop occupé à sortir d'autres morceaux crus de cette belle pièce de viande. Sa main s'approcha dangereusement du bout de viande, au dessus du feu, mais une vive douleur sur son poignet l'en dissuada alors qu'elle croisa le regard noir du commerçant.

-Que crois-tu que tu fais, petit ?! Gronda t-il en se levant pour le saisir, il faut payer pour manger, ici. Tu sais ce qu'on fait aux voleurs, ici ? On leur coupe la main…

-Je ne vous conseille pas de me couper les mains !

-Pourquoi donc ?

Arya tira son épée de son fourreau et le pointa vers lui, désarmé, il fronça les sourcils et poussa un faible rire.

-Le petit garçon a une épée, une épée volée, je suppose. Pars, petit.

-Je veux de la viande, avant.

-Tu te crois en mesure de discut…

-Et bien, cela est un intéressant spectacle, constata une voix près d'eux.

Arya et le marchand tournèrent la tête afin de voir un homme, vêtu entièrement de noir, dont les yeux verts reflétaient une lueur malsaine.

-Un petit garçon pointant une épée sur un homme de deux fois sa taille, et pourquoi cette mise en scène ?

-Qui êtes-vous ? Gronda le marchand en fusillant l'homme du regard, et de quoi vous mêlez-vous ?!

-Je suis l'homme qu'on ne trouve jamais lorsque l'on le cherche mais aussi l'homme qui apparaît, sournois, comme un serpent dès qu'il le faut…

-Vous êtes de haute naissance, constata le marchand en observant les beaux habits qui recouvraient le corps du serpent venimeux devant lui.

-Et vous ne l'êtes pas. Et toi, petit, qui es-tu ?

-Mêlez-vous de vos affaires, rétorqua Arya, cinglante.

Petyr haussa un sourcil, et un sourire étira ses lèvres alors qu'il s'approchait du « petit garçon », il observa son visage, ses vêtements, puis sa lame et croisa les bras.

-Je ne crois pas être le seul de haute naissance. Tu n'as aucune égratignure, un garçon comme toi, devrait être bafoué, à force d'avoir travailler. Tu ne l'es pas. Tu n'es rien de ce que tu prétends. Quant à cette lame, son acier est remarquable, un acier que seul un noble peut se procurer, mais c'est une si fine lame, fine comme une…Aiguille, je dirais.

Arya fronça les sourcils et Petyr Baelish esquissa un sourire, elle rangea son épée et s'enfuit à toute vitesse à travers la foule sous les yeux brillants de malice de Littlefinger.

Le vent soufflait de manière agréable sur King's Landing. Au bord de la Néra, la famille royale était réunie avec leurs gardes royaux, leurs domestiques ainsi que les gens importants de la cour, pour assister à la mise en cendre de la princesse Baratheon mort-née.

La reine avait insisté pour que son corps soit incinéré sur la Néra, et ils étaient de retour sur cette place, avec une vingtaine de gardes de plus, pour éviter toute émeute semblable à celle de la dernière fois.

Comme lors du départ de Myrcella, un Septon récitait des prières pour l'âme de la princesse défunte, Sansa était debout aux côtés de Cersei Lannister, qui, les mains jointes, observait le cadavre de sa petite fille.

-J'ai perdu un petit garçon, un ange aux cheveux noirs, une année avant que Joffrey ne voit le jour, souffla Cersei, la fièvre l'a emporté et il a emporté une partie de mon cœur avec lui.

-Vous m'avez dit, un jour, de n'aimer personne d'autre que mes enfants.

-Plus que vraie, petite colombe.

-Je n'ai pas eu le temps de l'aimer, on ne m'a pas donné assez de temps !

La voix de Sansa tremblait, ses prunelles claires se perdirent dans l'océan qui s'étendait à perte de vue.

-Ce ne sera jamais assez, petite colombe…

Sansa s'avança vers le Septon et le dépassa, sans un mot. Elle s'arrêta au bord de la mer, où la petite planche contenant le cadavre de sa fille était posé, prêt à naviguer. Elle regarda le doux visage et s'accroupit sur le corps de son bébé. Dos au reste du monde, elle caressa d'une main tremblotante la joue de sa fille humide par les propres larmes de Sansa tombant sur son petit corps défunt.

-Je suis désolé, murmura presque silencieusement Sansa, je t'ai promis que personne ne te ferait du mal. J'ai échoué…Pardon. Pardon. Ma fille, mon sang. Pardon.

Joffrey observa sa reine penchée sur le corps de sa fille et resta étrangement silencieux, ses yeux verts observant la reine dont les épaules en mouvements démontraient qu'elle sanglotait.

Le Septon se retourna vers le roi, demandant silencieusement si il devait continuer les prières, mais Joffrey ne le regardait pas. Ce fut Sansa qui demanda d'une voix faible au Septon de continuer. Hésitant, il observa la reine et finit par obéir au bout de quelques secondes.

-Si les dieux ont décidés de prendre son âme, alors, son âme n'avait pas de place parmi nous. Les dieux sont justes et les dieux savent ce qu'ils font. Cette âme, qui a été, durant 9 longues lunes, la future princesse de Westeros est partit, sans même respirer l'air que les dieux nous ont permis de respirer…

Sansa détacha son collier en or de sa nuque et le déposa autour de la nuque du petit corps, recouvert d'un tissu blanc. Sur le médaillon du collier, un loup hurlant avait été gravé.

Les yeux de l'enfant étaient fermés, mais Sansa pouvait encore voir, vivement dans son esprit, les yeux bleus brillants de sa fille.

Pardon…

Sansa poussa la planche de bois orné avec de la paille pour le corps de la défunte princesse et le poussa vers les flots de la Néra, alors que l'archer préparait sa flèche.

Lorsque la planche de bois fut à quelques mètres du bord, le roi donna l'ordre et l'archer trempa sa flèche dans le feu d'une torche et l'envoya, droit sur la poitrine de la princesse, enflammant le bout de bois au loin.

-Que son âme repose en paix, peu importe là où elle est, déclara le Septon. Un écho des mêmes mots résonna et un silence s'abattit pendant une minute sur le bord de la Néra.

Lorsque Sansa se releva, plusieurs filles de main lui appartenant accoururent pour recouvrir sur ses épaules une légère couverture. Sansa baissa la tête, et les filles la suivirent, alors que leur reine suivit le roi, remontant les escaliers en pierre, accompagné de ses gardes. Elle fut suivie par Cersei Lannister et de ses domestiques et le reste de la famille royale.

Le trajet jusqu'au Donjon Rouge était bien plus calme que la fois précédente. Le peuple savait que c'était un jour de deuil pour la reine et le roi. Et si ce n'était pas réellement le cas du roi, le peuple aimait leur reine.

Margaery Tyrell tourna la tête vers sa grand-mère, ses yeux bleus luisant de tristesse.

-Cet enfant n'était pas un enfant mort-né, déclara Olenna Tyrell à l'intention de sa petite-fille

-Que veux-tu dire ? Demanda Margaery.

-C'est Joffrey, chuchota la matriarche Tyrell, il a tué cet enfant lors de sa naissance.

Margaery ne répondit rien et continua de fixer sa grand-mère, Joffrey avait sûrement tué cet enfant sous un coup de tête impulsif et cruel propre à lui-même.

Il s'amusait bien avec Sansa, mais viendrait un temps où il commencerait à fatiguer d'avoir le même jouet et en voudrait un autre, un nouveau jouet.

Comme un enfant pourri-gâté.

Bientôt, il désirerait Margaery, trouverait un moyen de la faire sienne, de la faire reine.

Mais sous le règne de Joffrey, être reine était la pire des malédictions.

-Je suis simplement heureux que tu ne sois pas à la place de Sansa, chuchota Olenna en observant les nombreux gardes autour d'eux.

-Moi aussi, bonne maman, mais…

-...Mais, elle ne mérite pas cela, je sais, on ne peut pas laisser avec ce…Monstre, répondit Olenna.

-Que veux-tu faire ?

-Tu ne dois pas t'en occuper, prépare ton mariage avec Tyrion Lannister et ne t'inquiète de rien.

La question n'était pas ce que voulait faire Olenna Tyrell, mais qu'est qu'elle était en train de faire…

Lorsque la troupe atteint le Donjon Rouge, Joffrey prit congé de ses gardes sauf Ser Meryn, pour revenir à ses appartements.

Sandor Clegane observa le petit merdeux de roi s'éloigner et se tourna vers les nouveaux arrivants. La reine marchait, la tête haute suivie de ses domestiques et entourée par ses gardes. Elle était toujours aussi belle, vêtue d'une robe verte claire cachant son magnifique corps, ses cheveux roux avaient été coiffés dans un style du Nord et non du sud, deux simples tresses enroulé autour de son crâne. Ses cheveux de feu dansaient doucement par le vent présent en cette journée ensoleillée, ses yeux regardaient droit devant elle, ne brillant plus du tout. Ses yeux n'étaient plus comme le ciel mais comme la glace, ils avaient perdus tout leur éclat.

Mais la colère qu'il vit lorsque ses yeux gris rencontrèrent ceux de la reine, fit tomber son cœur de chien. Sansa passa devant le chien de son époux et l'ignora, ne lui adressant pas un seul regard.

-Votre grâce, l'interpella Sandor d'une voix rauque et froide, le roi m'a demandé de vous escortez à ses chambres. Il souhaite vous parlez.

Sansa se retourna, observant le chien, sa mâchoire se crispa, ses yeux se plissèrent, elle ne cachait pas sa fureur comme autrefois sous des bonnes manières, son regard le foudroyait.

-Je me ferais escorter par mes propres gardes, chien, siffla sèchement la reine.

Sansa ne l'avait jamais appelé le chien, elle lui avait toujours dit de ne pas se désigner comme cela. Qu'il n'était pas un chien, qu'il était un garde. Sans être un Ser, il n'était pas pour autant un chien. Un chien était soumis, un chien obéissait mais un chien savait grogner aussi. Sandor voyait toutes les ressemblances entre lui et l'animal représentant sa maison et Sansa venait de comprendre la vérité.

Sandor n'était pas un héro, il n'était qu'un chien. Le chien qui avait tué sa fille sous ordre de son maitre.

-Non. Le roi tenait à ce que ce soit moi qui vous escorte, ma reine.

-Que cela peut-il changer ?

-Ordre du roi, votre grâce.

Sansa poussa un soupir agacé et fit signe à ses gardes et domestiques de la laisser. Elle traversa le couloir, suivie de Sandor, silencieux comme une ombre.

Avant qu'il ne pénètre dans la partie du château appartenant au roi, Sandor plaqua Sansa contre le mur et plongea ses yeux dans les siens, la gorge sèche.

-Tu ne peux pas être en colère contre moi, Sansa. Tu crois que j'avais le choix ?!

-Lâche-moi, Sandor. Tout de suite.

-Non ! Si je ne l'avais pas fais, il aurait fait tué le bébé par un autre garde, puis il t'aurait fait tué, puis moi ! Est-ce que tout cela en aurait valu la peine ?! L'enfant était condamné, Sansa. Et que tu le veuilles ou non, cette fille aurait été une petite merde, comme son pè…

La main de Sansa rencontra violement la joue de Sandor, le faisant taire brusquement. Il releva ses yeux gris vers son petit oiseau, qui bouillonnait de colère.

-Cette colère, murmura t-il d'une voix presque trop douce pour lui, cette colère que tu ressens. Elle n'est pas pour moi. Elle est pour Joffrey, petit oiseau. C'est lui le responsable et tu le sais.

-Lâche-moi, articula t-elle d'une voix si calme que s'en était presque menaçant.

-Depuis que mon frère m'a plongé le visage dans le feu, je n'ai jamais ressentit de sentiments et puis…Tu es arrivé. Un petit oiseau innocent, et je croyais que les chiens mangeaient les oiseaux, les chassaient, les tuaient. Rien de cela ne m'est arrivé, j'ai commencé à apprécier tes gazouillis un peu trop pour mon propre bien…Et puis, quand tu les cessais, j'ai commencé à m'inquiéter et maintenant, maintenant que tu ne veux plus gazouiller pour moi, je me sens comme un chien errant, abandonné, cherchant quelque chose…Te cherchant…et cette pourriture de Joffrey, lui qui a la chance de t'avoir à ses côtés, de t'écouter jour et nuit, ne se rend compte de rien et continue de casser tes ailes, mais tu finis toujours par guérir, petit oiseau. Toujours. Même dans la fosse aux lions, tu as continués de chanter de ton magnifique gazouillis et j'ai compris que tu es plus forte que tu en avais l'air et que tu ne le pensais. Tu arrives à éblouir tout le monde, y compris moi, le pauvre chien solitaire et dans mon existence sombre, j'ai besoin de ta luminosité, petit oiseau…

Sandor avait baissé le visage, ne regardant plus Sansa dans les yeux, mais la rousse avait compris ce qu'essayait de dire cet homme en face d'elle.

-Tu m'aimes.

Sandor ne le nia pas, il n'acquiesça pas non plus et se contenta de garder son nez dans la nuque de son petit oiseau.

Sansa resta immobile et silencieuse, dans sa tête, des visions d'elle dans sa chambre à Winterfell, cousant un tissus quelconque, imaginant la déclaration d'un chevalier charmant proclamant son amour éternel pour elle. Ou encore mieux, d'un prince. Un beau prince qui lui promettrait le titre de reine, un jour. Elle s'était souvent imaginée dans un jardin au Sud, son prince se serait agenouillé devant elle, une fleur en main, et aurait réciter un poème de son invention, la comparant avec une fleur, avec un oiseau délicat. Elle aurait retourné sa déclaration d'amour par un sourire et il aurait baisé sa main alors qu'un doux sourire aurait étiré son beau visage. Elle ne s'était certainement pas imaginée contre un mur, en face d'un homme au regard effrayant, au visage brûlé, défiguré, à la voix rauque et bourrue et aux paroles vulgaires, elle avait rêvé d'un prince, d'un chevalier, pas d'un chien. Elle aurait voulu baisser la tête, elle aurait voulu se libérer de l'étreinte de Sandor, elle aurait voulu beaucoup de choses, mais elle lui devait une réponse, maintenant. Son cœur battait dans sa poitrine, fortement, et une haine sans limite circulait dans tout son corps, elle mordit sa lèvre et, quelque chose se produit, quelque chose qui la surprit, elle-même. Elle laissa échapper un rire. Pas un réel rire, un rire cynique, comme ceux de Cersei. Comme ses paroles avaient été vraies…

Les Dieux adoraient s'adonner à leurs jeux tordus et sadiques.

Elle était la reine des sept couronnes, elle détenait le pouvoir absolu sur tous ceux qui l'entouraient sauf son mari et sa main. Elle pouvait faire tuer quelqu'un d'un claquement de doigt, faire emprisonner quelqu'un d'un simple geste, elle détenait ce que presque tous ceux dans cette cour voulaient. Le pouvoir. C'était aussi simple que cela. Le Pouvoir.

Mais cet homme en face d'elle, lui avouait presque silencieusement qu'il aimait. Cet homme qui avait planté sa lame dans la poitrine de sa petite fille, dans la poitrine de celle qui avait son sang, dans la poitrine de celle, qui, pendant l'instant où elle était en vie, a été le centre du monde de Sansa.

-Co-Comment…

Sansa tentait de contrôler son rire nerveux et sec, mais elle ne pouvait pas.

-Petit oiseau…

-Comment peux-tu…Comment peux-tu espérer que…Que…

-Sansa, tu dois comprendre que…

-Je te déteste, Sandor. Je te haïs. Joffrey a donné l'ordre, certes, mais tu es celui qui a arraché la vie à ma progéniture…

-San-

-Tu m'avais promis, promis que tu m'aiderais à tirer ma fille des griffes de mon mari. Il n'en n'est rien. Ma fille est morte, comme me l'avait promis Joffrey. Lui, au moins, tient ses promesses, cracha la reine.

-Tu as raison. Pardon. Je suis désolé.

C'est tout ce qu'il pouvait dire, tout ce qu'il pourrait répéter à longueur de journée, mais « désolé » ne serait pas suffisant. Jamais Sandor ne s'est sentit si horrible pour avoir tué quelqu'un. Il avait tué beaucoup de personnes dans sa vie, et persuadé que la culpabilité n'était qu'un sentiment pour les faibles, il ne se souciait pas de son manque de cœur.

Elle appuya sa main contre le plastron de son armure et le poussa sèchement loin d'elle. Malgré lui, Sandor fit quelques pas en arrière, surprit par le mouvement brusque de Sansa.

Il chercha à croiser son regard et il obtenu ce qu'il voulait, mais il vit encore plus de haine qu'avant, il vit un désir de vengeance, un désir de meurtre. Ce fut elle qui s'approcha de lui, à nouveau :

-Fais attention à toi, chien. Cela pourrait être ta poitrine qui sera transpercé d'une épée la prochaine fois, Sansa siffla cela si froidement, si sèchement que Sandor se demanda si devant lui se trouvait réellement Sansa Stark.

-Je serais prêt à mourir pour excuser mes fautes…

-Rien n'excusera cette faute, pas même la mort. Fais en sorte que je n'ai plus à te voir et ton cœur de pierre continuera à battre dans ta poitrine.

-Sansa…

-C'est votre grâce, chien, corrigea froidement Sansa, votre grâce.

Elle lui tourna le dos et s'éloigna de lui, traversant le long couloir jusqu'à disparaître du champ de vision du garde royal.

Ce ton glacé et plein de mépris laissait un goût amer sur la langue de Sandor, il aurait tellement préféré qu'elle s'énerve, qu'elle pleure. Il aurait réellement préféré cela. Mais cette froideur, ces menaces. C'était si loin de son oiseau. Il en avait presque eu peur tellement ce n'était pas elle. Elle avait vécu toutes les plus horribles choses que quelqu'un pouvait vivre. La mort de presque l'intégralité de sa famille, le mariage avec un monstre, le viol par ce monstre, l'humiliation de se faire battre et de se faire découvrir en public et la perte de son enfant.

Elle, une femme de sang noble issue d'une ancienne grande famille, elle la reine des sept couronnes, celles dont toutes les femmes enviaient son statut. Mais Sansa était malheureuse et Sandor venait d'accentuer son malheur, alors qu'au contraire, il avait tant souhaité la rendre heureuse. Et tout ça, tout ça, à cause de Joffrey. Ce merdeux de Joffrey.

-Sandor Clegane ?

Sandor se retourna, prêt à grogner tel un vrai chien, lorsqu'il fit face à l'araignée, Varys, toujours si calme et étrangement assuré. Cet homme avait-il vu ce qui venait de se passer ? Avait-il entendu leur conversation ?

-Que fais-tu là, eunuque ?! Gronda t-il, tirant déjà son épée de sou fourreau, qu'as-tu entendu ?!

-Calmez-vous. Rapporter ce que j'ai vu et entendu ne me serait d'aucune utilité, par contre, je peux vous aider à obtenir ce que vous voulez…

Sandor fronça les sourcils lorsque Varys esquissa un sourire presque sincère.

-Que sais-tu de ce que je veux ?

-Je sais que vous désirez une jolie et délicate fleur, mais, dorénavant, vous ne pouvez plus la cueillir, n'est-ce pas ?

Sandor resta silencieux, invitant l'homme à continuer de parler.

-Mais quelle fleur veut d'un chien ? Surtout une fleur coincée avec un lion. Cette pauvre fille a vécu tellement, ne mériterait-elle pas d'être heureuse, enfin ? N'est-ce pas ce qu'un bon sujet devrait désirer pour sa reine ?

-Qu'en est-il du roi ? Bougonna Sandor les yeux braqués sur l'homme chauve.

-Le roi est comprit dans la partie, mais pas dans le même but que la reine.

-En quoi votre plan tordu va m'être favorable ?

-Elle sera heureuse et vous le serez aussi. Croyez-moi.

Sandor observa l'homme, il regarda sur le côté, dans la direction où Sansa avait disparu, il observa à nouveau l'eunuque et prit la parole, décidé :

-Que dois-je faire ?


Avant de commenter le chapitre voici des explications

Enfin ! Je sais, je n'ai pas posté depuis Mai ! Je sais que c'est exagéré, alors ce n'est vraiment pas par manque d'inspiration, alors je sais que c'est du déjà-vu mais c'est vrai, j'ai eu un gros examen à la fin de mon année dernière, c'était stressant mais j'ai réussis. Cette année j'en ai encore un, cette année je passe mon brevet, alors je sais que ce n'est pas difficile et que tout le monde l'a - c'est ce qu'on dit - mais il faut quand même qu'on bosse, mine de rien. Mais je trouverais toujours du temps pour écrire, ne vous en faites pas ;)

Au pire des cas, maintenant je me débrouillerais pour vous écrire un mot si je sais que je vais avoir du retard.

Fin des explications

Oooooouh. Encore des complots. :)

Je vous ai promis de Sansan et je ne vous ai pas mentis, seulement, rien n'est simple dans Game of Thrones. )

R.I.P petite princesse Baratheon. _ . Honnêtement, j'ai longuement hésité à la faire vivre puis je me suis rappelé qu'on était dans Game of Thrones. Désolé, mais la mort de cette petite fille ne sera pas vaine !

En plus ça permet de compliquer les choses entre Sansa et Sandor. Et j'aime ce qui est compliqué. É.È. Et puis c'est logique que Sansa soit plus qu'en colère, même, si, nous, d'un point de vue objectif, on sait que c'est de la faute de Joffrey. Mais on va, savoir, bientôt pourquoi Sandor n'a pas pu respecter sa promesse envers Sansa et surtout comment Joffrey a su que sa femme accouchait à ce moment précis.

En ce qui concerne Joffrey/Cersei, Joffrey est un caractère complexe que j'adore – oui, j'adore Joffrey – et j'aime encore plus Cersei. Oui, je sais, Les Lannister sont des enfoirés (Sauf Tyrion ! Et Jaime quand il apprend la réelle vie après son…Accident.) et c'est pour ça que je les aime d'ailleurs :P – et c'est important quand même de se dire que Joffrey tient, un minimum, à sa mère. Il ne l'avouera certainement jamais, mais c'est sa mère et même le plus cruel des hommes aime sa maman. :33

Dites à votre maman que vous l'aimez. Et à votre papa aussi

Emma.