BON pour une fois j'ai pas mis trop de temps à sortir un chapitre (mais c'est assez court XwX)
Bref, vous remarquerez que le passage traitant de Tweek est écrit en tant que narrateur omniscient. J'aimerais vraiment que dans vos reviews vous me donniez votre avis sur ça, si c'est mieux ou moins bien, ce qui cloche, vouali vouala.
Sinon, bonne lecture~
Obsédé. Tweek était complétement obsédé par Craig. Il avait déjà essayé maintes et maintes fois d'ignorer ses sentiments, mais ils revenaient à chaque tentative à la charge, avec plus d'intensité à chaque fois. Comme un coup en pleine poitrine. C'était inévitable. Il aimait cet adolescent qui semblait le détester, qui le martyrisait dès qu'il en avait l'occasion, qui prenait un malin plaisir à le détruire à petit feu. Jusqu'à la veille au soir, il avait toujours cru que ses sentiments ne seraient jamais reconnus. Mais à présent il avait de sérieux doutes. Craig l'avait embrassé. À trois reprises. Et le dernier baiser l'avait laissé pour le moins sur le cul tellement il avait été vertigineux. Après quoi il l'avait laissé seul, avec ses doutes, ses questionnements et les produits d'entretien. Craig ne l'aimait pas. Et s'il l'aimait, ce n'était certainement pas de ce genre d'amour-là. Tweek agrippa sa chemise et tira dessus, ses sanglots se faisant plus faibles. Craig lui avait dit qu'il lui appartenait. Comment interpréter ses paroles ? Tweek ne comprenait plus rien à rien. Sa tête lui faisait horriblement mal, faute d'avoir trop pleuré. Il se releva péniblement, vacillant quelque peu. Il remit un peu d'ordre dans ses vêtements, tentant d'arranger sa crinière blonde avant de renoncer, agrippa son sac, et il sortit du placard.
La deuxième heure allait bientôt commencer. Tweek devait avoir chimie. Le destin semblait se jouer contre lui, car il avait ce cours en horreur. Pour lui, les expériences chimiques et autres analyses étaient une épreuve insupportable – enfin, ce n'était pas pire que la biologie et ses disséquations.
Il se rendit dans la salle où se déroulerait son cours, et s'assit à sa place habituelle, rangée du mur, siège du fond. Là, il pouvait écouter le cours sans être trop dérangé par les fouteurs de merdes –autrement dit, Kenny, Cartman et Stan. Il ouvrit son classeur et cala sa tête dans sa paume droite. Sa tête lui faisait de plus en plus mal, et il n'arrivait pas à se concentrer sur ce que blablatait le prof. Il se mordit la lèvre, sa boîte crânienne lui donnait l'impression d'être mutilée par un marteau piqueur. Si la douleur ne s'estompait pas vite, il serait obligé de demander à aller à l'infirmerie, se faisant une fois de plus remarquer par les autres. Et Craig ? Si Craig ne le trouvait pas à la cantine comme chaque midi, que ferait-il ? Cette simple pensée fit rougir Tweek et il ferma les yeux, tentant de se concentrer. Il n'avait plus envie de voir Craig de la journée, le simple souvenir de leur baiser échangé dans le placard – ou plutôt donné de vive force – suffisant à le faire devenir rouge comme les cheveux de Red. Hésitant un long moment entre sa raison, sa peur et son mal de crâne incessant, il finit par lever timidement la main.
POV CRAIG
Je me suis posté près des poubelles de la cafét, le regard perdu dans le vide, à fumer comme à mon habitude une clope – une des dernières survivantes du paquet entamé la veille. Ce que ce connard de McCormick m'a dit semble être vrai, même si ça me coûte de l'avouer. Je suis vachement obsédé par Tweek. En même temps ça me dérange, et en même temps ça me plaît. Je veux dire, j'ai toujours considéré qu'il était à moi. Apprendre qu'il en pinçait pour ma personne m'a énervé au début, mais au fond, n'est-ce pas une forme de dépendance totale ? Tweek Tweak m'appartient corps, âme et cœur, et j'adore ça. Je dois passer pour un putain de psychopathe. Tant pis.
La cloche de midi sonne, et des élèves risquent de débarquer dans moins de deux. Je claque la langue, écrase ma clope contre le mur et la laisse choir au sol, puis je me relève et entre dans le lycée. Le tout étant à présent de trouver mon petit blond préféré. J'ignore une fois de plus les regards qui se posent sur moi à mon passage, un léger sourire aux lèvres. Mais je déchante rapidement, ne trouvant le petit blond nulle part, même pas en compagnie de son meilleur pote le soumis et du pauvre. Mais hors de question de leur demander où il se trouve. Je monte sur le toit, redescend tout aussi vite en découvrant un couple faisant des choses…. Pas très catholiques. J'arpente la cantine, passe devant notre table habituelle. Nulle part. Je vais même jusqu'à aller vérifier chaque cabine de toilettes. Mais non, je ne croise nulle part la chemise bleue de Tweek.
Je finis par interpeller une fille qui est apparemment dans sa classe. Une blondasse banale, je ne prête même pas attention au décolleté plongeant qu'elle m'offre en se penchant vers moi.
-Tu sais pas où est Tweek ?
Elle se passe la main dans les cheveux et secoue négligemment la tête, avant de m'offrir un grand sourire.
-Peut-être bien…. Tu as quelque chose à m'offrir en échange ?
Je tique. Elle me fait du chantage, mais je me retiens de l'insulter. Elle sait où se trouve mon petit blond préféré. J'affiche un de ces faux sourires qu'arborent quotidiennement d'autres adolescents à qui je pourrais ressembler…..si je portais des casquettes à l'envers et des baggys trois fois trop grand pour moi.
- Et qu'est-ce que tu voudrais ?
-On m'a dit que tu t'y prenais bien.
Je contiens mon air dégouté. Je ne sais pas qui a été raconter ces conneries sur moi, mais un jour je le retrouverais et lui ferais la peau. Je n'ai jamais couché que deux fois, je ne vois pas pourquoi deux expériences m'auraient instantanément fait devenir un dieu au pieu.
- Peut-être bien….Tu me le dis maintenant ?
-Si on le fait après…
Elle me donne envie de vomir. Sa voix haute qui insiste sur les mots à double sens, son maquillage qui a dû mettre 2 heures à être appliqué, ses vêtements qui pourrait à peine faire figure de sous-vêtements, ses talons 10 cm sensés la faire grandir. En ce qui concerne ce dernier point, je préfère les personnes de petite taille. Genre…
Non, oubliez, je n'ai pas pensé à qui vous croyez.
-C'est d'accord….
Je croise mentalement mes doigts derrière mon dos, tandis qu'elle se redresse, un air satisfait plaqué à la face. Profites-en, bientôt tu déchanteras.
-Il est à l'infirmerie depuis ce matin avec Philipp…tu sais le français…..
Tout en parlant elle s'est rapprochée de moi, collant sa poitrine probablement toute plate, voire inexistante sous ce soutien-gorge rembourré, posant ses mains sur mes épaules.
-C'est bon maintenant ?
Je tourne ma tête vers elle, sourit un instant puis prends mon air le plus dégouté possible, accompagné d'un rictus. Elle penche sa tête sur le côté, se mordant la lèvre, essayant de paraître mignonne. Je me décolle de son emprise étrangère.
-Craig !
Son nom prononcé par ses lèvres piailleuses achève de me dégouter.
-Je sais pas qui t'as raconté ces conneries, mais même si j'étais ce genre de mec je ne m'abaisserais pas à coucher avec toi.
Je la laisse en plan, je peux l'entendre rager et m'insulter de loin, mais je m'en fiche complétement. Tweek est à l'infirmerie. Et en plus de ça, il n'est pas seul. Cette simple pensée me donne des envies d'assasinat.
