Tout d'abord, je vous prie de m'excuser. 7 mois, je sais, 7 putain de mois que j'ai rien sorti, que j'ai même pas daigné donner une info. La raison principale ? Je ne sais pas. Je n'ai presque rien écrit du tout ces temps-ci. Si ce n'est quelques phrases sans grand sens. J'avais du mal à mettre mes idées dans l'ordre, d'écrire "bien" quoi (d'ailleurs ça risque de se voir dans ce chapitre). Je vais essayer dès maintenant d'avoir un rythme de publication plus régulier, même si je ne promets pas vraiment quelque chose.

Encore une fois, excusez-moi (ptet que vous vous en foutez mais sioksj) et j'espère que vous aimerez quand même un tant soit peu ce chapitre.


J'avais toujours imaginé que ma première expérience sexuelle se passerait dans le plus romantique des cadres. Comme dans les films. Lit blanc, repas en tête-à-tête, regards langoureux, toutes ces bêtises-là. Avec un Craig amoureux de moi. Le Craig de mes rêves. Et non pas celui devant lequel j'étais agenouillé. Je fermais les yeux, recommençant à trembler, attendant qu'il me dicte la suite. Même si j'arrivais assez bien à me l'imaginer tout seul.

- Suce-moi.

Je rouvrais mes paupières. Bien sûr, bien sûr. C'était évident. Comme s'il… Je secouais la tête, portais une main fébrile à sa braguette. Le cœur au bord des lèvres, je la descendais, avec une lenteur extrême. Puis je levais mes yeux. Il ne me regardait pas. Je déglutis, une boule coincée dans la gorge.

- C-Craig…

Un regard hautain me répondit. Je baissais la tête, abaissant son pantalon dans le même mouvement. Je n'avais aucune envie de lui obéir. Mais si je ne le faisais pas.. Qu'est-ce qui pouvait alors arriver ? Il pourrait bien ne plus me porter la moindre attention.

Et ça je n'en avais aucune envie.

Je relevais mes yeux vers la bosse déformant le tissu, et sentit mon visage prendre des couleurs d'un coup. Je n'osais plus faire un mouvement de plus. Je ne voulais pas, je ne voulais pas. Et je ne savais même pas comment m'y prendre. Je fermais les yeux, et d'un mouvement rapide, abaissait le boxer. Je sentis quelque chose frôler mon visage. Je ne voulais même pas y jeter un coup d'œil. J'entrouvris la bouche, le cœur au bord des lèvres. Je sentis sa main se poser sur ma joue, m'incitant à le prendre en bouche. Sa main, chaude, douce mais insistante, en un geste qui aurait pu se vouloir romantique.

C'en fut trop pour moi.

Le premier soubresaut me surprit, et je sentis que Craig retirait sa main. Je voulais la rattraper, rouvrit les yeux pour découvrir mon regard embué de larmes.

« Il va partir » Mon cerveau se mit à jouer en boucle cette phrase, et je savais parfaitement que c'est ce qui risquait d'arriver si je ne faisais rien.

Je me relevais péniblement, essuyait mes larmes d'un revers de la main, et me mit sur la pointe des pieds.

- C-Craig…

POV CRAIG

Je ne sais pas vraiment ce qui m'a pris de lui demander de faire ça. J'en sais foutrement rien. Pourtant, il m'obéit. Je me doute qu'il n'a jamais sucé quelqu'un de sa vie, donc je n'attends pas vraiment quelque chose de génial pour la suite. Juste le fait de le voir soumis à moi, de m'obéir quoi que je dise, et ce même si ça le rabaisse plus bas que terre, juste ça, c'est le seul truc dont j'ai réellement envie.

Mais bien vite il se relève, presque en train de pleurer. Il murmure mon prénom, s'accroche à mon t-shirt pour m'empêcher de partir. Je souris intérieurement. Il est sur la pointe des pieds maintenant, me donnant des baisers auxquels je ne réponds pas, me murmurant inlassablement de rester. Complétement soumis. Je pourrais le prendre sur ce lit d'infirmerie s'il m'en prenait l'envie, et il ne trouverait rien à redire.

- C-Craig s'il te plaît… je…je t'….

Il semble hésiter. Il serait prêt à m'avouer – même si j'en ai à présent conscience – ses sentiments. Je jubile, le repousse légèrement. Il me fixe de ses yeux verts détrempés, serrant d'autant plus mon t-shirt. Sa bouche tremblote. Il a l'air prêt à faire une crise, mais je ne m'en formalise pas. Une larme roule sur sa joue gauche, une congénère l'imite sur la droite. Je m'écarte hors de sa portée. Il tombe au sol, son regard toujours rivé au mien.

- Ne pars pas…

Là, un sentiment étrange me traverse. Je le regarde davantage, son corps tremblant comme jamais, ses yeux dont les torrents qui en sortent ne semblent pas s'interrompre. Il a l'air tellement désemparé. Une sensation de froid m'envahit tandis que je referme mon pantalon. Je ne parviens pas à l'identifier tandis que je sors de la pièce, n'écoutant même plus ses suppliques incessantes.

Je traverse le couloir, sort par la porte principale et contourne le bâtiment pour aller m'assoir dans l'endroit qu'on pourrait qualifier de… De je ne sais pas quoi, j'ai même pas envie de réfléchir putain. L'image de Tweek tourne en boucle dans ma boîte crânienne, ça me fait chier à un point. Je me surprends à me demander ce qu'il est en train de faire sur le moment. Putain, je suis sensé m'en contre balancer de lui.

Je m'allume une clope. Dès la première taffe, je me détends quelque peu. Je souffle, mes yeux se ferment. Qu'est-ce que j'avais bien pu ressentir à cet instant ? Si ce n'est…

De l'empathie.

J'avais eu mal pour Tweek, je m'étais senti mal pour lui. Et même ça, je ne peux pas passer à côté et le masquer comme une vulgaire connerie. Parce que même au fond de moi, je sens que c'est vrai.

…Putain je commence à réfléchir comme une gamine.

POV TWEEK

Deux fois. Deux fois dans la même journée qu'il m'arrache à des personnes avec qui je me sens bien, qu'il me fait espérer, me soumettre à lui comme un vulgaire un chien… Puis qu'il part, me laisse avec mes appréhensions et mes incompréhensions. Je me suis mis à sangloter dès que j'ai senti ses pas s'éloigner. Je n'ai même pas eu la force de me trainer pour remonter sur le lit d'infirmerie. Je me suis simplement allongé par terre, les genoux ramenés sur le torse. Je me prends à espérer qu'il revienne, mais c'est complètement idiot. J'en ai déjà eu l'exemple ce matin, il ne reviendra pas. Je me mords la lèvre inférieure, qui tremble encore. Tout mon corps tremble encore.

Je sais que ça va recommencer. C'est bien ce que je pensais, il ne fait que me harceler, même si c'est d'une autre façon. Et il prend ses précautions en plus, évitant de me laisser être heureux trop longtemps.

Je me redresse quelque peu, m'adosse au mur. J'essuie mes larmes. Je n'ai pas envie de souffrir davantage. Il n'a même pas été dégouté par mes sentiments, il en a d'autant plus jubilé. Et tantôt, j'ai même failli les lui avouer… Quel minable je peux faire…

Je ne sais pas combien de temps passe pendant que je pense. J'entends plusieurs sonneries. Au bout d'un moment, je me décide enfin à regarde l'heure sur mon téléphone portable. 17h. Je me lève, remets de l'ordre dans mes vêtements. Comme un zombie, je me traine en dehors de l'infirmerie, en dehors de l'école. Que puis-je faire d'autre de toute façon. J'ai envie de pleurer, mes yeux me brûlent. Je ne sais même pas comment je fais pour retrouver le chemin de ma maison. Je salue vaguement mes parents, je monte dans ma chambre. Mon lit.

Une fois affalé en travers de ce dernier, je soupire. Je n'ai même pas envie de café, c'est pour dire à quel point je me sens vidé. Je m'engouffre sous le tas de couverture, retire maladroitement mon jeans. Mes yeux se ferment d'eux-mêmes. J'ai tellement envie de rester là pour l'éternité. De ne pas retourner en cours, de ne plus le voir.

…Ma décision était prise. Le lendemain, je ne me lèverais pas. Ma mère viendrait dans ma chambre pour me dire qu'il était temps de partir en cours. Je me mettrais à pleurer. Ou à piquer une crise peut-être. Je lui ferais comprendre que l'école ne fait que me stresser. On m'enverrait voir un médecin, un truc du genre. Et je ne le reverrais plus jamais.

Cette dernière idée, au lieu de me réconforter, ne me rends pourtant que d'autant plus vide..