Bon, je sais qu'il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, mais j'ai de plus en plus de mal à finir cette fic'. Il pourra vous sembler merdique, sans doute. Mais je déteste les fics inachevées, donc je vais commencer par terminer celle-ci, même si je n'en ai pas envie.
En espérant que vous apprécierez tout de même.
10h du matin. Je suis enroulé sous ma couverture, un thermos à disposition sur ma table de nuit. Les yeux dans le vide. J'écoute à moitié l'émission qui passe à la télévision. Quelques fois, j'entends ma mère qui descend les escaliers, les remontes, ou alors elle s'affaire dans la cuisine. La crise que j'ai piquée ce matin a dû être convaincante, car elle s'est empressée de contacter l'école pour les prévenir de mon absence aujourd'hui – et probablement pour le reste de la semaine – ainsi que le médecin pour prendre rendez-vous le lendemain.
Je ne sais pas exactement déterminer comment je me sens. Craig me manque. C'est étrange et en même temps parfaitement logique, je suis amoureux de lui. J'aurais tellement aimé que cette situation puisse s'arranger, de n'importe quelle manière que ce fut. Mais inutile de rêver. Ça ne serait jamais arrivé. Alors autant mettre fin à mes rêves maintenant, et de manière définitive.
Je m'enfonce davantage au fond du canapé. Ne pas penser à Craig, je ne dois surtout pas penser à lui !
Je peux bien penser à autre chose que lui. Je rejette la tête en arrière, remettant mes mèches blondes en place, constatant le nombre de nœuds fourmillant dans ma chevelure. Pour ne pas changer. Pour en revenir au sujet. Je peux penser à d'autres choses que j'aime bien – car oui, Craig entre en compte dans les choses que j'aime bien. Comme….
Le café ? Non. Ce n'était pas quelque chose à quoi je pouvais vraiment « penser ».
Ne trouvant rien d'autre, je bois une gorgée du liquide noir que j'affectionne tant, et reporte mon regard vers l'émission débile passant sur la télévision.
Ces journées seuls chez moi me paraissent déjà tellement longues…
POV CRAIG
Pause de midi. Pour pas changer, je suis à mon endroit habituel pour fumer ma clope habituelle. Mes, devrais-je dire, car je les fume les unes après les autres comme un gosse dévorerait des bonbons. Ou je ne sais quelle autre métaphore trouver.
Il n'est pas là.
Il n'est vraiment pas là, c'est la première fois depuis tout ce temps qu'il ne se pointe pas en cours. Et on peut dire que je me fais vraiment chier. Personne à qui vraiment parler, personne à enmerder. Enfin, c'est surtout que je ne communique qu'avec lui ici. Et par communiquer, j'entends poser des questions et attendre des réponses un tant soit peu satisfaisantes.
Pas que je n'aie pas de vie sociale. La plupart des meufs de ce lycée rêveraient – apparemment – que je les saute pendant toute une nuit durant. Mais je m'en fous de ça. Ce ne sont pas ces filles qui m'intéressent.
Pas que Tweek m'intéresse non plus hein.
Je ne suis pas pédé de toute façon, même si c'est ce que tout le monde à tendance à penser ces temps-ci (Ruby, le juif, McCormick, et j'en passe.)
C'est juste qu'être seul, sans lui, même une journée, ça fait bizarre. Le week-end, j'ai pour habitude de m'occuper comme je le peux, en sortant en ville avec Clyde ou Token, mais en journée d'école, là, ça fait vraiment chier. Je soupire. Écrase la clope que j'étais en train de fumer dans le peu de neige qu'il reste dans cette parcelle de l'extérieur du lycée. Il reste encore quelques heures avant que je ne puisse me casser chez moi, et glander.
Il est peut-être tombé malade. Quoique je m'en fous. Oui je m'en fous, je dois m'en foutre. Il ira mieux demain, il reviendra.
….
J'ai franchement l'impression que j'essaye de me convaincre tout seul.
L'après-midi passe à lenteur extrême, si bien que je finis par sécher la dernière heure. De toute façon, c'est bio, c'est pas comme si ça allait me servir dans ma vie ou quoi. Je rentre à pied, seul, flemme de prendre le bus scolaire. Pas envie d'entendre les gothiques à propos du fait que Tweek ne soit pas avec moi aujourd'hui. Même si ça n'importait pas vraiment, ce que ces tarlouzes en noir pensaient.
- De toute façon, me murmurais-je à moi-même, il reviendra demain.
Oui, il reviendrait, j'en étais plus que certain. D'une certaine façon, j'avais vraiment envie qu'il revienne. Pour l'enmerder davantage, le faire souffrir d'autant plus.
J'arrive finalement chez moi. Salutations de mes parents, celle un peu plus grossière de la rousse. Je lui fais un doigt sans trop y faire attention, grimpant ensuite les escaliers quatre à quatre pour atteindre ma chambre. Jetage de sac à travers la pièce, le malheureux heurte le mur et viens lamentablement s'échouer au sol. Je m'allonge sur mon lit, prêt à passer une soirée similaire aux autres. Une soirée d'un ennui invivable.
Le tictac de l'horloge murale ne fait qu'aggraver cette réalité.
Tic. Je m'ennuie. Tac. Je m'ennuie. Tic. Je m'ennuie. Tac. Idem. Tic. Je lève les yeux dans l'espoir de trouver quelque chose à faire dans ma chambre. Tac. Comme un livre, un jeu auquel jouer, un CD à écouter. Tic. Quoi que ce soit. Tac. En vain, ma chambre est toujours aussi vide que quand j'y suis rentré. Tic. Je trouve cette horloge vachement chiante au fond. Tac. Je devrais peut-être l'enlever. Tic. C'est une idée. Tac. Mais je préfère toujours me faire chier.
Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.
Sans mentir, ma vie a toujours été chiante. J'ai l'impression que mes parents s'en sont toujours foutus de moi. Peut-être auraient-ils voulu une fille à la base ? Je les ai toujours entendu radoter sur le fait que deux gosses, c'était trop à gérer. Pourtant, ils n'ont jamais manqué de montrer leur amour gnangnan à Ruby. Si on y réfléchit bien, je serais peut-être bien comme un de ces gosses qu'on dépose dans des paniers devant les maisons quand on veut les abandonner. Avec un petit mot épinglé à la couverture. Peut-être ma mère était-elle une junkie tombée enceinte, et ne voulant pas d'un gosse. Ça expliquerait ma différence avec cette famille.
….Cette théorie vaut des clous, sérieusement.
POV TWEEK
Plusieurs semaines passent, sans que je m'en rende vraiment compte. Je suis étonné, et sans doute un peu frustré, que Craig n'aie pas fait le moindre truc pour savoir ce qu'il m'arrivait. Peut-être qu'il s'en fout. Sûrement qu'il s'en fout, en fait.
Il y a trois jours, le docteur a dit que je devrais probablement retourner à l'école. Je n'ai pas trouvé la force d'objecter. Autant y aller était une vraie torture, autant rester dans l'enfer étouffant de ma maison risquait de me tuer. Et puis, je devais bien avouer que Kenny et Léopold me manquaient…
Je dois donc y retourner la semaine d'après. Appréhendant les réactions de tous les élèves, et en particulier celle de Craig. Mais comme ce dernier n'at semblé faire aucun mouvement pour savoir ce que je devenais… Peut-être a-t'il simplement changé de victime … ? Tant mieux pour lui, je suppose. Et puis, s'il m'ignore, cela m'aidera peut-être à oublier mes sentiments pour lui….
Quelques jours plus tard, « le » jour est arrivé. Je suis plus stressé que d'habitude c'est dire. Mais la perspective de sortir enfin de chez moi après toutes ces semaines passées enfermé à regarder des séries débiles à la télé. Je n'ai pas dormi, pour changer, pourtant je commençais à retrouver un rythme plus ou moins normal.
Le sac prêt, j'attends dans la cuisine qu'il soit l'heure de partir, ou plutôt j'attends le moment où je me déciderais à lever mon cul, lâcher ma tasse et aller vers l'école.
Les cours.
Craig.
Argh !
Je finis par me remplir un thermos, le fourre dans mon sac, avant d'enfin sortir.
Je constate distraitement que le temps commence à se réchauffer doucement, enfin autant qu'il peut se réchauffer à South Park. Je me mets en marche vers l'arrêt de bus, je ne sais pas s'il sera là…
Mais je m'en fous.
Je dois m'en foutre.
…vive l'auto persuasion.
Pourtant, chose rare, il n'y a personne à l'arrêt de bus. Je soupire intérieurement, une étrange impression d'être déçu en moi. Le bus ne tarde pas à arriver, je grimpe dedans, m'assieds au premier rang histoire de me faire remarquer le moins possible.
Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas pris le bus dans des conditions aussi calmes.
Le bus se stoppe une dizaine de minutes plus tard sur le parking de l'école, j'en descends le plus vite possible, me hâtant d'entrer dans le bâtiment. Ne pas se faire remarquer aujourd'hui, certainement pas aujourd'hui.
Je consulte rapidement mon horaire, j'ai mathématiques en première heure avec Adler. Je traverse les couloirs en rasant les murs, arrive enfin dans celui où se trouve la salle où aura lieu le cours.
Je m'adosse de tout mon poids sur le mur, poussant un énorme soupir silencieux. Cette journée se promet d'être riche en remarques et questionnements en tout genre.
Mais tant que Craig ne m'embête pas.
J'ai vraiment tout sauf envie de le voir…
…..
Nouveau soupir.
La cloche sonne, du monde commence à s'amasser devant la salle de classe. Je reconnais certains visages connus, Clyde qui me lance un sourire qui trahit une certaine gêne. Je réponds de même. Barbara et Wendy discutent de leur côté, des coups d'œil vers moi de temps à autre. Je baisse les yeux.
Soudainement une main se pose sur mon épaule et m'entraîne en arrière. Je retiens un cri, de peur ou de surprise mélangées. Pas ça, je vous en prie pas ça…
- Tweek !
Une masse blonde m'enserre de toutes ses forces. Léopold. Je lève maladroitement mon regard vers la personne l'accompagnant, Kenny évidemment. Je ne peux pas m'empêcher de sourire, c'est plus fort que moi. J-je veux dire, ils m'avaient vachement manqués, sans que je m'en rende compte. J'étais tellement absorbé par Craig.
Une fois l'effusion d'amour interrompue je reçois une tonne de questions, auxquelles je n'ai pas l'occasion de répondre, M. Adler arrivant. Kenny me dit qu'on en parlera après le cours et nous rentrons en classe.
La première journée depuis un moment qui pourrait être qualifiée de normale. Sauf que moi je la trouve parfaite.
Je ne me cache plus, je ne rase plus les murs en craignant une certaine personne, je ne suis plus seul, je parle avec mes amis, je mange avec eux à la cafétéria, je traine avec eux.
Un sourire ineffaçable décore mon visage aujourd'hui.
La journée s'achève bientôt, je dois reprendre le bus pour rentrer chez moi. Léo me propose de venir dormir chez lui le lendemain. Sans Kenny, précise-t-il. Je ne peux m'empêcher de rire en voyant le regard déçu de Kenny, et j'accepte.
J'attends maintenant le bus, ce stupide sourire toujours agrafé à mon visage. Je n'ai même pas bu plus de trois tasses de café aujourd'hui, un exploit en somme !
Et je n'ai presque pas pensé à Craig en plus !
Peut-être les choses vont-elles enfin commencer à s'arranger…
Oui pour une fois Tweek ne pleure pas dans un chapitre, wouhouuu. Mais pas pour longtemps *sadisme*
Review ?
