Enfin je l'aurais pondu, ce chapitre ! Enfin, on se rapproche de plus en plus de la fin... J'espère qu'il vous plaira malgré la longueur qu'il y a (toujours) entre deux chapitres !

Gros bisous à vous tous, bonne rentrée et bonne lecture !

J'vais pas nier, j'aurais entendu ce cri jusqu'en Terre du Milieu, si j'y étais. J'vais lui laisser un peu de temps, mais demain il reviendra vers moi dès que je claquerais des doigts.

...Il a besoin de moi après tout.

...J'suis pas fait pour les sentiments. Je l'ai toujours su, et c'est pas ce type qui va me faire changer de mentalité du jour au lendemain. L'adorable, le mignon, le guimauve... Ces conneries c'est pas pour moi. Être amoureux encore moins . Je déteste la base même de ce sentiment. Regarder quelqu'un, ressentir des papillons dans le ventre, les joues qui chauffent, je trouve ça complètement ridicule. Et c'est ça qu'il voudrait me voir faire ? Mettre un mot sur ce qu'il est pour moi ?Être gentil avec lui ? Changer pour lui. On est pas dans un conte Disney, j'vais pas aller donner ma voix à la première pouffe tentaculaire qui passe pour pouvoir le rendre heureux. Ce n'est pas ce que je veux, le rendre heureux. Je ne sais même pas ce que je veux en fait.

Pour le moment j'ai juste envie de rien glander, de penser à rien, allongé sur mon lit, les yeux fermés, une cigarette à la main, Kurt et sa voix enjôleuse en background me demandant de venir comme je suis, et...

Attendez.

Non.

NON.

Putain.

Je ne viens pas de penser à ça, y a pas moyen que je viens juste de penser à lui.

À lui en train de siroter du café noir en fredonnant en rythme avec la chanson.

J'ai un rictus en me disant que Nirvana doit être bien éloigné des goûts de Tweek. Lui, il serait plus du genre à écouter de la pop, des trucs mièvres genre Kelly Clarkson...

Je manque de me claquer mentalement. Il y a même pas deux minutes je m'imaginais dans un petit havre de paix avec TWEEK TWEAK, et tout ce que je trouve à faire c'est réfléchir au sujet de ses goûts musicaux.

J'ai une putain de boule au ventre d'un coup je m'allonge. Adieu paradis indien, adieu clope...

POV Tweek

Je rentre à la maison, montant directement m'isoler dans ma chambre, une rage comme je n'en ai jamais ressentie dévorant mon ventre. Je le déteste. C'est fou à dire mais je le déteste. C'est vraiment la première fois que je ressens ça, et surtout pour lui. Je me sens mal. J'ai une énorme envie de vomir, mais heureusement rien ne sort. Tant mieux. Après m'être allongé sur mon lit, je parviens enfin à prendre une grande inspiration.

Bordel.

Je fixe le plafond. Les poings serrés, je fixe sa blancheur comme pour me calmer. Je devrais sans doute fermer les yeux, essayer de retrouver mon Nirvana intérieur... Mais je sais que ça ne marchera pas. Ce paradis est obstrué par Craig, ma tête entière, mon crâne tout entier !Je me force à ne pas fermer les yeux, des tremblements venant m'agiter le corps.

B-Bordel...

Je sens quelque chose de mouillé rouler sur ma joue, rejoindre le creux de mon menton. Bientôt, ça ne s'arrête plus de couler, si bien que je suis forcé de me redresser, quittant mon observation. Des sanglots irréguliers me secouent, et je laisse échapper de faibles gémissements. Putain, pourquoi suis-je aussi con ? POURQUOI, MERDE ? Ce n'était quand même pas bien compliqué. Dès le moment où il avait commencé, j'aurais dû me défaire de cette attirance. Mais non. Non. Comme un con, je m'étais embourbé dans cet amour, et quand je m'étais rendu compte de ce qu'il arrivait, c'était trop tard. J'étais dans ces sables mouvants jusqu'aux hanches, et je pouvais bien tenter de me détacher maintenant, je ne le pouvais plus.

Recroquevillé sur moi-même, le temps semble interminable. Je pleure, encore et encore, ça ne s'arrête pas. Je ne parviens à me calmer qu'au bout de ce qui me semble être un siècle, d'ailleurs la nuit est tombée à l'extérieur. J'essuie mes dernières larmes, ma gorge me serrant au plus haut point. Que faire maintenant ? Cette situation va se reproduire, je le sais parfaitement, je ne peux vraiment pas échapper à Craig. Je l'aime après tout, et c'est bien le problème... Si seulement ignorer ses sentiments pouvait être simple...

...Et c'est ce que je devrais faire.

Le lendemain je pars pour l'école trente minutes trop tôt, ça commence à devenir une habitude. Autant avant je restais à traîner chez moi, quitte à parfois arriver en retard... Autant tout ça me semble révolu. J'entre dans le lycée, allant directement vers mon casier. Je prie intérieurement de ne pas le croiser, je ne saurais absolument pas comment réagir. Être aussi froid qu'il l'est tout le temps, j'aimerais bien... Mais je sais parfaitement que je n'y arriverais pas. Entre mes tremblements incessants et mes sursauts dans la voix, je serais tout sauf crédible.

Malgré cela, j'attends devant la salle de classe où se donnera le premier cours de la journée. Je ne l'ai toujours pas vu mais ça ne saurait tarder, après tout le bahut n'est pas si grand que ça.

Et c'est chose faite moins d'une demi-heure après. Je le vois passer dans le couloir, jetant un regard dans ma classe, me cherchant probablement. Je me crispe, me remerciant intérieurement d'avoir pris psychologie, une des seuls options où je n'étais pas avec lui. Mais sa vision m'a fait frissonner. Non. Il ne doit plus me faire ressentir ce genre de choses. Je me suis promis que c'était fini. Enfin, je me doute bien que ça ne va pas se faire comme ça. M-Mais pour commencer, je devrais tenter de moins y penser, moins le regarder. Et pour ça, je devrais...

Tweak, peux-tu nous rappeler le point de vue de Freud par rapport à l'homosexualité, et tout ce qui tourne autour ?

Regard paniqué envers le prof. M-Mince. Je n'en savais strictement rien. Je pensais que nous en étions toujours au complexe d'Oedipe.

E-e-euh...

Regard désespéré vers Léopold. Celui-ci leva un léger pouce en l'air.

Hmh... Il est assez ok envers ça ?

Le professeur leva ses yeux au ciel, se tournant vers Kyle.

Broflovski, une réponse plus claire et concise ?

Eh bien, il ne le décrit pas comme un avantage mais n'en parle pas comme d'une maladie pour autant. Il s'oppose au fait d'écarter les homosexuels du reste de la population, car on ne doit pas en avoir honte. Il dit que c'est inconscient, et que la seule « maladie » qui peut en découler serait d'en avoir honte.

Sourire satisfait.

Excellent. Tweak, prenez donc un peu exemple sur lui au lieu de rêvasser. Très bien, maintenant nous allons parler de...

Mais il n'écoutait déjà plus. Kyle lui avait jeté un vague regard pour tenter de le rassurer, mais Tweek regardait déjà de nouveau par la fenêtre. Il allait devoir se changer les idées s'il voulait que ça aille mieux. Et il savait déjà parfaitement comment.

POV CRAIG

Mh. Il est 13 heures, et toujours pas de trace de l'autre. Bon, je l'ai entre-aperçut ce matin, et je sais très bien qu'il m'a vu, mais depuis plus rien. C'est silence radio. Bon, rien de très grave, je suppose que d'ici la fin de la journée il aura pointé le bout de son adorable – immonde – petit nez.

Balançant ma clope dans la poubelle au passage, je reprends le chemin vers l'intérieur du lycée, les cours ne vont pas tarder à recommencer de toute manière.

Je m'arrête.

Okay, okay, il est là, au détour de ce putain de couloir. Cette putain de chanson de Kelly Clarkson se joue à moitié dans ma tête. Because of you, j'crois. Mais on s'en fout, merde ! L'important c'est qu'il est train de discuter, UN PUTAIN DE SOURIRE QUE J'AI ENVIE D'EXPLOSER AUX LEVRES, avec Wendy Tasteaburger. Oui, elle, la meuf au nom de famille tellement stupide qu'elle se faisait harceler sans cesse en primaire. La plus jolie fille du lycée d'après certains, ou du moins, la plus naturelle. Celle qui était sorti avec Stan jusqu'à ce qu'il la plaque, probablement pour sortir en cachette avec Kyle.

Il discute avec cette pétasse. J'ai comme envie de l'écarter de lui et de l'emmener plus loin, mais je ne bouge pas. Étrangement.

Il ne me remarque même pas, contentant d'éclater d'un rire que je n'avais jamais entendu suite à une de ses remarques. J'ai envie de la frapper elle aussi.

Après quelques instants, il finit par me remarquer, tournant ses adorables yeux vers moi. Il m'observe, un sentiment indescriptible venant à peine caresser son visage. Puis il se retourne vers elle, reprenant leur discussion là où elle en était.

C'en est trop bordel. Je n'hésite même pas, je me barre, prenant le soin au passage de bousculer la demoiselle. Je sors du lycée, ignorant Mackey qui me demande poliment où je vais et je sors. De l'air, putain. J'ai juste l'air d'une gamine en pleine crise mais j'ai besoin d'air.