Bonjour à tous

Merci de l'accueil réservé à cette nouvelle histoire, j'espère que la suite sera à la hauteur de vos attentes. J'espère n'avoir oublié personne dans mes réponses. Merci également aux Guest pour leur review

Bonne lecture

NA : L'histoire est découpée en 4 parties.

Pour répondre à ouldo1, je définis mon histoire en OS car il s'agit d'une histoire courte qui ne s'intègre pas dans une fiction ou un récit complet. Ça me permet de tester cette nouvelle idée et ce style que j'apprécie hors du contexte d'une histoire où l'on est obligé de tout expliciter. Si j'ai décidé de couper mon travail, c'est dut principalement à la longueur de celui-ci (30 pages) et simplement pour un peu de suspense. Mais merci tout de même pour le commentaire laissé et en espérant que la suite te plaise.


Ailleurs qu'au près d'elle

Partie 2

- Régina…

Tu souffles son prénom comme une plainte invisible de ton cœur. Allongée sur le lit de ta chambre, tu laisses court à ton chagrin. Elle ne t'a même pas reconnue. Le bruit dans les escaliers te laisse penser à la venue de Ruby et quand des coups sont portés au bois de ta porte, tu esquives.

- Laisse tomber Rub' ! J'ai pas envie ni de parler, ni de sortir de là.

Sauf que, comme à son habitude visiblement, elle n'écoute rien et ouvre quand même ta porte. Tu te relèves de ton lit pour lui demander de s'en aller mais tu fais face à ton fantôme. Elle est là, encore une fois devant toi ; sauf que cette fois, elle ne porte pas cet air condescendant qu'elle avait un peu plus tôt. Cette Régina là est celle de ton souvenir. Ne pouvant pas soutenir son regard, tu te détournes d'elle et tu files sur le balcon où tu fixes intensément la bannière lumineuse de l'autre côté de la rue.

- Emma…

Sa voix est brisée par l'émotion, toute de douleur et de langueur passée. Pourtant même si tu sais que tu n'as pas fait autant de bornes pour te défiler, tu ne sais pas si tu te sens capable de l'affronter. Quelques heures auparavant tu aurais pu mais maintenant tu ne sais plus. Visiblement, tu n'es pas la seule à ne pas savoir comment faire car elle est derrière toi et elle ne dit rien. Le temps s'égrène dans un silence que tu ne sais pas interpréter et tu finis par le rompre avec le seul sujet « sans risque »

- Henry a l'air d'être très bien élevé…

Cela semble la sortir de son immobilisme et elle vient se placer à côté de toi accoudée à la rambarde. Son air est tendu et lasse. Tu sais que rares sont les fois où elle laisse tomber cette seconde peau froide et distante.

- Oui, c'est un gentil garçon. Il apprend bien à l'école et il est attentif aux autres. Comme toi…

Elle soupire les derniers mots comme si elle était partie dans un très vieux souvenir. Tu ne sais pas vraiment quoi lui répondre, votre relation est devenue si compliquée. L'entendre te faire des compliments n'est pas assez pour boucher le trou dans ta poitrine.

- Tu sais, je ne sais pas si je suis une bonne mère pour lui. Il me reproche sans arrêt de ne pas être assez à la maison, qu'il ne compte pas.

- Est-ce qu'il sait ?

Ta question est pleine de sous-entendus mais tu sais qu'elle a très bien compris de quoi tu parles. Il est temps pour elle de te dire pourquoi elle t'a expressément demandé de venir. Au bout d'un temps que tu trouves interminable, elle finit par te dire que oui.

- Il a eu des soucis de santé dernièrement et quand le médecin a voulu faire des recherches génétiques, je n'ai pas eu le choix. J'ai contacté Neal et…

- Pardon ?!

Pour la première fois depuis le début de la discussion, tu te tournes vers elle. Une rage sans nom t'habite ! De quel droit s'était-elle permis de contacter Neal ! Et comment, Diable, avait-elle fait ?

- Tu es en train de me dire que tu as contacté Neal et tu lui as dit quoi ? « coucou c'est Régina Mills, tu sais la principale du lycée où tu as été, je suis désolée de t'apprendre que tu as eu un fils avec Emma mais que c'est moi qui l'élève ! » Putain ! Ça devait rester entre toi et moi !

- Et tu voulais que je fasse quoi, hein ? Tu as changé de numéro et tu m'as même bloquée de tes contacts. J'ai dû faire intervenir mes connaissances pour avoir ton mail professionnel ! Alors ce n'est pas la peine de m'en vouloir, Henry est sorti d'affaire mais pas grâce à toi !

Le ton était monté dans la pièce et derrière cette discussion se cachait beaucoup plus de rancœur que tu aurais voulu l'admettre. Il y a des blessures qui saignent encore. Face à cette réalité douloureuse, tu finis par te calmer. Si tu as laissé ton fils à Régina il y a dix ans, c'est parce que tu savais qu'elle prendrait soin de lui.

- Je suis désolée… mais je ne comprends pas pourquoi tu m'as contacté si Henry va bien.

Son regard fixé vers toi se détourne et elle soupire de résignation.

- Henry savait que Robin, mon compagnon, n'était pas son père. Je ne l'ai rencontré qu'il y a quelques années. Alors quand il me posait des questions, je lui disais que c'était comme ça, que son père n'était pas là parce qu'il ne le connaissait pas. J'ai tout fait pour dévier les questions. C'était plus simple.

Tu ne peux pas t'empêcher de frissonner devant la tristesse et la fragilité de Régina. Malgré les années, tu ne peux pas restreindre ton cœur dans ses battements. Ta main se pose sur son épaule, essayant, comme tu le peux, d'être réconfortante.

- Sauf que Neal est venu pour les tests et Henry a vite compris que quelque chose clochait. Un jour, il a attendu que je doive m'absenter au travail pour poser des questions à Neal sur notre « histoire ». Evidemment nous n'avions rien préparé et on s'est fait griller. Il m'a rejeté, tu sais ! Pendant des mois, jusqu'à ce que je lui promette d'essayer de te retrouver.

Cette fois elle avait craqué et sans que tu ne t'en sois rendue compte, tes larmes coulent aussi sur tes joues quand tu la serres contre toi ; essayant comme tu le peux d'absorber sa détresse.

La lumière du soleil frappe sur ton visage, te faisant grimacer d'inconfort. Tu ouvres les yeux difficilement et tu te rends compte que la place à côté de toi est vide. Régina est partie et les draps sont froids au point où tu doutes des événements d'hier soir. Pourtant, tu te souviens parfaitement l'avoir allongée contre toi pour calmer ses larmes et épuisée elle s'est endormie la tête contre ta poitrine, tendue mais rassurée. Tu l'as regardée dormir un long moment, laissant ton cœur cogner dans ta poitrine tout contre son oreille avant de sombrer toi aussi.


Tu soupires en te levant, ravalant les effets que te procure encore le parfum de Régina sur tes vêtements. Tu finis par te décider pour un départ dans la journée mais lorsque tu te diriges vers la salle de bain, un mot sur ta commode t'interpelle.

« Emma, Merci… Je sais que tu n'as rien demandé mais pourrais-tu prendre un peu de temps pour discuter avec Henry. Désolée pour hier. R. »

Tu relis plusieurs fois le mot laissant tes yeux imprimer les lettres et quand tu files prendre ta douche ou même encore après, face à ton café, elles dansent encore au fond de tes yeux ; superposant les bribes d'un fantôme.

« Emma, nous avons commis une énorme erreur hier, j'espère que tu pourras me pardonner. R » Il neigeait ce jour-là… et tu m'as jetée au bord d'un volcan remplit de lave. Pourtant, après ton passage il ne restait que de la glace ! Un autre jour froid et glacé laissant le givre s'installer dans ton cœur. Personne d'autre n'a jamais plus eu cette place, tu ne l'as plus jamais donnée.

Le bruit d'une tasse posée sans délicatesse te fait sortir de tes souvenirs

- Eh bien ma grande ! J'attends !

Ruby te regarde avec un air convaincu sur le visage et un grand sourire qui en dit long. Evidemment avant que tu n'aies pu dire quoi que ce soit, elle enchaîne, ravie comme un enfant l'est devant le sapin de noël.

- Tu n'as pas mis de temps dis donc… Régina Mills et dès le deuxième soir en ville ! Chapeau ma vieille, il se dit partout que ce vieux beauf de Robin a dû la tanner pendant des mois avant de recevoir un baiser ; quand je pense que tu l'as sautée aussi rapidement, ça me bluff !

Cette fois tu bugs vraiment… deux secondes… rembobine !

- Je t'arrête tout de suite.

Ton expression est surement un peu sèche mais il est hors de question que tu laisses Ruby croire que Régina et toi ayez couché ensemble. Personne ne doit savoir ! Cependant, malgré le ton sec que tu as employé, la serveuse lève les yeux et te regarde avec un air de « c'est ça, prends moi pour une bille ! »

- Je l'ai vue sortir de ta chambre ce matin !

- Il ne s'est rien passé. Régina est venue pour qu'on discute car on se connaissait avant qu'elle n'arrive à Storybrook. Elle était fatiguée de sa journée et elle s'est endormie.

- Pour discuter ?! Et vous ne pouviez pas le faire devant un café… dans la journée !

Cette fois tu souffles sans vraiment savoir comment te sortir de ce pétrin. Ruby est tenace quand il s'agit de ragots croustillants et tu n'as aucune envie que la ville entière ou bien Robin sache que Régina était avec toi. Alors que tu allais essayer de faire comprendre à Ruby l'inutilité de son ragot, la cloche d'entrée du café sonne et la porte s'ouvre sur deux personnes : Henry et Régina. Bon sang, comment fait-elle pour être si…? Les mots te manquent. Vos regards se croisent et tu sens du feu monter le long de tes membres et venir se loger dans ton bas ventre. Heureusement Ruby n'a pas assisté à ce bref échange et finalement Régina détourne la tête pour s'adresser à la serveuse. Tu te sens relativement honteuse de te faire avoir à chaque fois par ces sentiments que tu n'arrives pas à éradiquer. Perdue dans tes pensées, tu es surprise quand Henry s'installe en face de toi.

- Bonjour Emma, ça va mieux ? Maman m'a dit qu'elle était restée avec toi hier soir car tu n'étais vraiment pas bien.

Il te prend par surprise le gamin et depuis que tu sais que c'est ton fils, tu ne sais pas vraiment comment te comporter avec lui.

- Henry ! On va y aller, je ne veux pas que tu embêtes Emma, c'est bien compris ?

- Il ne me gêne pas Régina. Te surprends tu à répondre.

- Bien… Nous allons y aller Henry, tu as ta leçon d'équitation aujourd'hui.

- Est-ce qu'Emma peut venir avec nous ?

Cette fois encore, il te prend par surprise mais visiblement Régina est aussi surprise que toi. Elle passe sa main dans ses cheveux, signe chez elle de grande nervosité. Tu te surprends encore à savoir déchiffrer ces petites choses de son comportement.

- Hé bien… Si Emma le souhaite, je pense que ça devrait être possible.


Tu étais un peu effrayée quand tu t'es approchée des chevaux mais là tu es carrément tétanisée à l'idée de monter dessus.

- Ne t'inquiète pas Emma, Maman dit que si tu as peur alors le cheval le ressentira.

S'il a raison, le canasson risque de se barrer dès qu'il approchera de ton espace vital. Régina est pourtant encore loin que tu sens que tes jambes n'ont qu'une envie ; foutre le camp ! Henry sens encore ta nervosité alors il te prend la main.

- Maman va monter avec toi si ça te rassure.

Heu… Pas sure du tout que ce soit une bonne idée de te retrouver avec le corps de Régina contre toi.

- C'est gentil gamin, mais je pense que je vais essayer de m'en sortir seule.

- Comme tu veux…

Il soulève les épaules, l'air indifférent et te conduit vers le paddock où Régina est en train de passer un filet autour du nez du cheval.

- Robin ne vient jamais avec nous faire du cheval.

La voix d'Henry te sort de ta contemplation. Décidément, tu ne peux pas t'empêcher de laisser ton regard errer dès qu'elle entre dans ton champ de vision. C'est franchement pas le moment de retomber amoureuse !

- Tu disais… pardon gamin.

- Je disais que Robin ne venait jamais avec nous ici.

- Ha bon et pourquoi ça ?

- Maman ne veut pas. Personne n'a le droit de venir ici à part moi, c'est son jardin secret. Mais toi elle te fait confiance, je le sais.

Et il part ! Juste comme ça, après avoir balancé tout ça, il file voir sa mère tandis que toi tu ne sais plus comment bouger. Dans quoi est-ce que tu t'es encore embarquée ?!


Le rire sonore de Régina et Henry te fait grogner davantage. Tes vêtements sont remplis de boue et tu n'as qu'une envie, disparaître. Ton cheval est un peu plus loin au pied de Régina. Elle a l'air si à l'aise avec les deux chevaux en main alors que toi tu ne sais même pas en gérer un seul. Ton ego souffre encore de cette chute mais son regard doux bien que rieur te couve et cela panse un peu le revers que tu viens d'avoir.

- Allez Emma, faut remonter maintenant.

- Ha non ça, hors de question !

Faut pas pousser non plus ! Elle croit que tu vas remonter ! Sur cette chose !

- Non, tu sais quoi, c'était pas une bonne idée. Je vais vous laisser en famille. Je ramène cet animal à son box et puis je rentre à l'hôtel.

- Arrête un peu tes bêtises, le centre est à plus d'une demi-heure de cheval, autant te dire que nous serons rentrés avant toi si tu rentres à pied.

- Hors de question de remonter sur lui.

Tu boudes. Evidemment ce n'est pas la manière la plus mature de réagir mais tu ne peux pas t'en empêcher. Tu l'entends dire à Henry d'avancer et qu'on le rattrapera. Elle attache les deux canassons à un arbre et elle s'approche de toi. Sa main écarte une mèche de cheveux sans boue de ton visage. Son air est doux et envoûtant. Bon sang, elle te fait encore perdre les pédales. Elle le sait, elle le voit dans tes yeux.

- Tu sais que j'ai Robin dans ma vie.

Oh oui que tu le sais. C'est d'ailleurs pour cela que retomber amoureuse d'elle n'est vraiment pas une bonne idée.

- Je ne veux pas m'immiscer dans votre couple, toi et moi c'était une erreur. Je vais parler à Henry et après je partirai.

Son air envoûtant laisse place à de la lassitude associé à une touche de peine si tu y avais fait attention, sauf que tu es trop occupée à t'écarter d'elle. Monter sur le cheval te parait moins risqué que de t'approcher de Régina. Elle ne bouge pas le temps que tu sois montée puis elle finit par te rejoindre et vous retrouvez Henry un peu plus loin.


Arrivés au centre, tu débarrasses ton cheval et tu restes le plus éloignée possible de Régina. Tu la regardes apprendre à Henry comment prendre soin de son animal, elle porte sur lui un regard d'amour et de fierté que seule une maman peut avoir. Toi aussi, tu aurais aimé que quelqu'un prenne soin de toi de cette manière. Prise d'un courage, tu invites la petite famille à venir prendre une glace au Granny's avec toi cependant, Robin appelle et ils ne peuvent pas accepter ta proposition car Régina doit rentrer. Néanmoins, elle te propose de passer pour le diner et elle ajoute discrètement que Robin ne sera pas là.


Le dîner est dans le four quand tu arrives chez Régina. Tu as pris le temps de sortir un jean et un chemisier propre de ta valise, histoire d'être un peu présentable. Rapidement, tu as fait un détour par le magasin de vin que tu as croisé sur ta route et tu tends la bouteille à Régina lorsque celle-ci te laisse entrer. Ton regard longe le corps de ton ancienne amante dévorant la robe simple mais élégante qu'elle porte. Une bonne odeur règne dans le salon et la chaleur du foyer est agréable comparée au froid de l'extérieur.

- Enlève ta veste Emma, te dit-elle avec un sourire. Je reviens, je vais surveiller mon plat.

Tu hoches la tête en la regardant disparaître derrière ce qui semble être le mur de la cuisine. Une fois ta veste enlevée, tu en profites pour laisser ton regard errer dans la pièce. De nombreuses photos d'Henry sont accrochées, certaines où il apparaît seul, d'autres aux côtés de sa mère ou d'amis. Bizarrement, tu constates que Robin n'apparaît qu'une seule fois.

- Tu souhaites quelque chose à boire ?

Sans que tu ne l'aies remarquée, Régina est déjà dans le salon à tes côtés et tu rougis d'avoir été prise en plein instant de voyeurisme. Sa main est posée délicatement sur ton épaule, elle ne semble même pas relever ton manque de manière et te souris en attendant ta réponse.

- Ce que tu as, je ne suis pas difficile.

- Tu dois te rappeler que j'ai toujours le meilleur cidre chez moi.

- Effectivement

Vous échangez un profond regard, empli de souvenirs. Ses pupilles noisette se reflètent dans les tiennes et ton souffle se raccourcit face aux émotions qui passent actuellement dans ces yeux que tu sais si froids parfois. Régina est proche, trop proche pour qu'elle ne perçoive pas le bruit de ton cœur.

- Régina… Je…

Sa main se déplace pour venir caresser une mèche de cheveux. Comme dans l'après-midi, sauf que ce soir, son geste est accentué. Ses doigts glissent et effleurent ton cou, provoquant une décharge dans tout ton être. Bon sang, qu'est-ce qui as changé ?

- Robin…

Tu souffles le prénom de son amant en espérant qu'elle se rende compte. Dieu que Hadès est cruel, elle incarne ton plus grand fantasme mais aussi le pire des interdits !

- Je ne t'ai pas oublié tu sais.

Son corps se colle au tien et tu es complètement pétrifiée alors que tu sens son souffle juste auprès de ton oreille. Elle souffle le chaud et le froid et tout cela te déstabilise. Pourtant, qu'il est bon de la sentir enfin contre toi mais tu refuses de retomber dans ce piège et tu t'écartes d'elle délicatement.

- Je vais aller parler à Henry.

C'est relativement bas de fuir de cette manière mais tu n'as pas mieux pour t'éloigner d'elle.


Tu trouves Henry installé devant une bande dessinée que tu ne connais pas et vous engagez la conversation là-dessus. Tu sens à quel point toutes ces histoires le passionnent et à quel point son imaginaire est grand. Il t'explique qu'il doit apprendre à monter à cheval pour devenir le meilleur chevalier et comme ça il pourra sauver la Méchante Reine de sa tristesse.

- Pourquoi imagines tu ta mère en Méchante Reine ?

Il soulève les épaules et se lève de son lit pour aller chercher un bout de papier. Une fois qu'il se réinstalle auprès de toi tu remarques qu'en réalité il s'agit d'une photo dont les bords sont légèrement abîmés. Tu reconnais facilement Henry, habillé d'une blouse d'hôpital ainsi que Régina, un bras posé autour des épaules de son fils. La troisième personne te semble familière et tu percutes qu'il ne peut s'agir que de Neal.

- C'est mon père, dit finalement Henry en te désignant Neal. Il ne savait pas que j'existais quand maman l'a appelé lorsque je suis tombé malade. J'ai eu une maladie génétique et j'ai découvert que maman n'étais pas ma mère biologique.

Tu sens ton ventre se serrer, tu te doutes de la perspicacité de ton fils quant à ta présence chez lui. Il est temps de lui donner les réponses qu'il attend. La discussion n'est pas simple mais au bout de longues minutes, les reproches que te fait ton fils s'atténuent pour essayer de comprendre.

- J'ai compris pourquoi tu ne pouvais pas me garder mais pourquoi tu m'as confié à maman ?

- Je ne peux pas tout expliquer. Elle a été là quand j'ai eu besoin d'elle alors j'étais persuadée qu'elle serait la personne parfaite pour prendre soin de toi.

Il hoche la tête dans un mouvement de réflexion et pendant ce temps tu te dis que toute la vérité n'est pas bonne à dire. Parfois une simple partie suffit. Le silence d'Henry est long, cela te met mal à l'aise mais c'est toujours mieux que de se retrouver face à ton fantôme.

La voix d'Henry te sort de ta réflexion ; le temps que tu assimiles les mots qui sortent de sa bouche, ce qu'il te demande te percute comme un poignard. Les larmes coulent sur tes yeux. Pourtant tu ne devrais pas te sentir comme ça mais c'est plus fort que toi.

- Dis Emma, tu penses que Maman sera heureuse en se mariant avec Robin ?


Cette fois quand tu claques la porte de la maison de Régina, tu as le cœur lourd et les yeux noyés de larmes. Tu files rapidement vers ta voiture et alors que tu t'énerves sur la serrure, Régina sort de chez elle et t'appelle. Tu te dépêches d'ouvrir ta portière mais cette salope de voiture refuse de céder. Rageusement tu casses le rétroviseur d'un coup de poing et ta main dégouline de sang quand Régina arrive auprès de toi et te la prend. Tu la repousses brutalement.

- Laisse-moi !

- Emma, je suis désolée, je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça.

- Alors quoi, je dois te dire quoi ? Félicitations ?! Tu sais quoi, je suis vraiment trop conne d'avoir pu penser une seule seconde que je comptais pour toi. Quand j'ai reçu ton mail qui me disait que mon fils souhaitait me rencontrer, je m'étais dit que quelque part, toi aussi tu voudrais me revoir. Tous ces signes que tu laisses planer…

- Emma…

Des gouttes d'eau tombent et tu te dis qu'il ne manquait plus que ça pour gâcher un peu plus les choses.

- En tout cas, voilà, Henry sait. Je lui ai dit que je te l'ai laissé pour son bien. Il ne sait pas pour nous deux… ne t'inquiète pas. Je ne voudrais pas briser l'image de la famille parfaite que tu incarnes si bien.

Ca y est, enfin ta porte cède mais avant que tu n'aies pu faire un geste, Régina te retourne contre la portière et t'embrasse avec autant de désespoir que de passion liée.


TBC

Et voilà… on commence le SQ ! J'espère que ça vous a plu !

A lundi prochain